{"id":337847,"date":"2018-07-02T08:25:49","date_gmt":"2018-07-02T06:25:49","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/leczema-chronique-des-mains\/"},"modified":"2018-07-02T08:25:49","modified_gmt":"2018-07-02T06:25:49","slug":"leczema-chronique-des-mains","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/leczema-chronique-des-mains\/","title":{"rendered":"L&#8217;ecz\u00e9ma chronique des mains"},"content":{"rendered":"<p><strong>L&#8217;ecz\u00e9ma chronique des mains persiste pendant plus de trois mois et est consid\u00e9r\u00e9 comme une maladie importante pour la soci\u00e9t\u00e9. Les facteurs de risque incluent une diath\u00e8se cutan\u00e9e atopique et une pr\u00e9disposition g\u00e9n\u00e9tique. Quelles en sont les formes et les possibilit\u00e9s de traitement ?<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>L&#8217;ecz\u00e9ma chronique des mains est une maladie tr\u00e8s fr\u00e9quente et socialement importante. Pr\u00e8s d&#8217;un cinqui\u00e8me de toutes les maladies professionnelles affectent la peau, dont environ 90%, selon les statistiques de la Caisse nationale suisse d&#8217;assurance en cas d&#8217;accidents (SUVA), sont dues \u00e0 des ecz\u00e9mas de contact allergiques et toxi-irritatifs, principalement sur les mains et les avant-bras. La pr\u00e9valence dans la population est d&#8217;environ 10%, mais elle est nettement plus \u00e9lev\u00e9e dans certains groupes professionnels (coiffeurs, boulangers, professions de soins, etc.) [1]. Tant la qualit\u00e9 de vie que la capacit\u00e9 de travail des patients s&#8217;en trouvent fortement r\u00e9duites. Les facteurs de risque incluent la diath\u00e8se cutan\u00e9e atopique et les facteurs g\u00e9n\u00e9tiques. L&#8217;exposition \u00e0 des irritants sur le lieu de travail, tels que l&#8217;eau, les d\u00e9tergents, la salet\u00e9 ou d&#8217;autres allerg\u00e8nes, contribue \u00e0 leur apparition et \u00e0 leur entretien [2\u20134].<\/p>\n<h2 id=\"definition\">D\u00e9finition<\/h2>\n<p>Les ecz\u00e9mas aigus et subaigus des mains sont d\u00e9finis comme des l\u00e9sions cutan\u00e9es inflammatoires et non infectieuses des mains qui durent moins de trois mois et qui ne surviennent pas plus d&#8217;une fois par an. L&#8217;ecz\u00e9ma chronique des mains est d\u00e9fini comme un ecz\u00e9ma des mains qui persiste pendant plus de trois mois ou qui appara\u00eet au moins trois fois par an malgr\u00e9 un traitement appropri\u00e9 et la coop\u00e9ration du patient [1].<\/p>\n<h2 id=\"leczema-chronique-des-mains-clinique\">L&#8217;ecz\u00e9ma chronique des mains &#8211; Clinique<\/h2>\n<p>L&#8217;ecz\u00e9ma chronique des mains se manifeste parfois de mani\u00e8re tr\u00e8s diff\u00e9rente sur le plan clinique. La morphologie peut \u00e9voluer au cours de la maladie : Au stade aigu, on observe une rougeur intense, un gonflement, des v\u00e9sicules et des d\u00e9mangeaisons parfois intenses. Au fur et \u00e0 mesure de l&#8217;\u00e9volution, des signes typiques d&#8217;inflammation chronique apparaissent, tels que l&#8217;\u00e9ryth\u00e8me, l&#8217;hyperk\u00e9ratose, la desquamation, les rhagades, la lich\u00e9nification et le prurit. Les sympt\u00f4mes cliniques orientent rarement clairement vers la cause. Par exemple, l&#8217;ecz\u00e9ma dyshidrosiforme des mains est d\u00e9crit de mani\u00e8re purement morphologique, car les causes peuvent \u00eatre diff\u00e9rentes.<\/p>\n<h2 id=\"classification-selon-letiologie\">Classification selon l&#8217;\u00e9tiologie<\/h2>\n<p>De plus, l&#8217;ecz\u00e9ma chronique des mains est rarement monocausal, il existe g\u00e9n\u00e9ralement des formes mixtes. On distingue l&#8217;ecz\u00e9ma irritatif des mains (IHE), l&#8217;ecz\u00e9ma allergique de contact (KHE) et l&#8217;ecz\u00e9ma atopique des mains (AHE) <strong>(tab.&nbsp;1).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-10344\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/tab1_dp3_s10.png\" style=\"height:307px; width:400px\" width=\"915\" height=\"703\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Ecz\u00e9ma des mains d\u00fb \u00e0 une allergie de contact : <\/strong>l&#8217;ecz\u00e9ma des mains d\u00fb \u00e0 une allergie de contact est localis\u00e9 au point d&#8217;exposition \u00e0 l&#8217;allerg\u00e8ne de contact. Toutefois, des ph\u00e9nom\u00e8nes de dispersion peuvent \u00e9galement se produire. Cliniquement, il se manifeste initialement par des rougeurs, des \u0153d\u00e8mes, des v\u00e9sicules et un prurit important. Par la suite, on observe une lich\u00e9nification, des hyperk\u00e9ratoses, des rhagades et des d\u00e9mangeaisons chroniques. Les allerg\u00e8nes de contact les plus fr\u00e9quemment d\u00e9clench\u00e9s sont les suivants : nickel, parfums, baume du P\u00e9rou, cobalt, bichromate de potassium, produits de coiffure, ingr\u00e9dients en caoutchouc, conservateurs et r\u00e9sines \u00e9poxydes <strong>(Fig. 1) <\/strong>[6].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10345 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/abb1_dp3_s10.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/360;height:196px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"360\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Ecz\u00e9ma irritatif\/subtoxique cumulatif des mains : <\/strong>l&#8217;ecz\u00e9ma irritatif des mains commence g\u00e9n\u00e9ralement sur le dos des mains et des doigts et affecte \u00e9galement les paumes des mains au fur et \u00e0 mesure de son \u00e9volution. Il n&#8217;y a pas de ph\u00e9nom\u00e8nes de dispersion. Cliniquement, la peau est rugueuse, s\u00e8che et squameuse au stade initial, puis lich\u00e9nification, rougeurs, hyperk\u00e9ratoses, rhagades et prurit apparaissent au cours de l&#8217;\u00e9volution. Les facteurs d\u00e9clencheurs sont le travail en milieu humide, le lavage fr\u00e9quent des mains, les substances irritantes (par ex. solvants, produits chimiques, r\u00e9frig\u00e9rants\/lubrifiants, savons, produits de nettoyage) ou le port prolong\u00e9 de gants en caoutchouc ou en plastique <strong>(fig.&nbsp;2).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10346 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/abb2_dp3_s10.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 889px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 889\/693;height:312px; width:400px\" width=\"889\" height=\"693\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Ecz\u00e9ma atopique des mains :<\/strong> l&#8217;ecz\u00e9ma atopique des mains touche le dos et la paume des mains, les poignets, les parties lat\u00e9rales des doigts, les espaces interdigitaux et parfois le bout des doigts sous la forme d&#8217;une pulpite sicca. Au d\u00e9but, on observe des v\u00e9sicules ainsi qu&#8217;une s\u00e9cheresse, des rougeurs et une desquamation, ainsi qu&#8217;un prurit important, puis une infiltration, des rougeurs, des hyperk\u00e9ratoses, des rhagades et une lich\u00e9nification. D&#8217;autres manifestations de la dermatite atopique peuvent appara\u00eetre \u00e0 d&#8217;autres endroits <strong>(fig.&nbsp;3 et 4).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10347 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/abb3_dp3_s11.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 940px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 940\/673;height:286px; width:400px\" width=\"940\" height=\"673\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10348 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/abb4_dp3_s11.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 649px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 649\/618;height:381px; width:400px\" width=\"649\" height=\"618\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Ecz\u00e9ma dyshidrosiforme des mains : <\/strong>on observe des rougeurs, des v\u00e9sicules dyshidrosiformes, des papules, des \u0153d\u00e8mes et parfois une desquamation, surtout au niveau palmaire et sur les bords lat\u00e9raux des doigts <strong>(figure 5).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10349 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/abb5_dp3_s11.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/358;height:195px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"358\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"diagnostic\">Diagnostic<\/h2>\n<p>Il convient de proc\u00e9der \u00e0 une anamn\u00e8se minutieuse ainsi qu&#8217;\u00e0 une \u00e9valuation de l&#8217;\u00e9tat clinique de la localisation et de la morphologie. Il est notamment important de s&#8217;enqu\u00e9rir de l&#8217;activit\u00e9 professionnelle (contact de la peau avec certaines substances de contact, port de gants, activit\u00e9s humides), de l&#8217;exposition domestique et des hobbies (activit\u00e9s de bricolage). Il est \u00e9galement important de conna\u00eetre l&#8217;\u00e9volution de la maladie pendant les p\u00e9riodes de repos et de vacances, car cela peut donner des informations sur le contexte professionnel. Il est \u00e9galement important d&#8217;avoir une anamn\u00e8se pr\u00e9cise des autres maladies de la peau (en particulier l&#8217;ecz\u00e9ma atopique, le psoriasis) et d&#8217;examiner soigneusement le reste du t\u00e9gument.<\/p>\n<p>En outre, les patients atteints d&#8217;ecz\u00e9ma des mains qui persistent pendant plus de trois mois et\/ou qui pr\u00e9sentent une \u00e9volution r\u00e9currente doivent subir des tests \u00e9picutan\u00e9s afin de d\u00e9terminer le r\u00f4le d&#8217;\u00e9ventuels allerg\u00e8nes de contact. Il convient d&#8217;effectuer la s\u00e9rie standard et, en fonction de l&#8217;exposition collect\u00e9e, d&#8217;autres s\u00e9ries de tests s\u00e9lectionn\u00e9es [7]. Si le r\u00e9sultat est positif, un ROAT (Repeated Open Application Test) peut \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9 pour \u00e9valuer la pertinence. Un prick-test et, en fonction de l&#8217;anamn\u00e8se, un dosage des IgE sp\u00e9cifiques peuvent \u00eatre utiles pour \u00e9valuer une diath\u00e8se atopique. Une confirmation histologique du diagnostic peut \u00eatre effectu\u00e9e pour exclure certains diagnostics diff\u00e9rentiels. Cependant, la distinction histologique, par exemple avec le psoriasis palmoplantaire, est souvent tr\u00e8s difficile [8]. Un examen mycologique doit exclure une infection fongique d\u00e8s le d\u00e9but du diagnostic.<\/p>\n<h2 id=\"diagnostics-differentiels\">Diagnostics diff\u00e9rentiels<\/h2>\n<p>Les principaux diagnostics diff\u00e9rentiels de l&#8217;ecz\u00e9ma chronique des mains sont le psoriasis palmoplantaire, le psoriasis pustuleux, la tinea manuum, les k\u00e9ratoses palmoplantaires, le lichen plan ainsi que les n\u00e9oplasies \u00e9pith\u00e9liales comme les k\u00e9ratoses actiniques ou la maladie de Bowen. Il faut \u00e9galement penser aux artefacts dus \u00e0 la manipulation de la peau. Il existe en outre des diagnostics diff\u00e9rentiels rares tels que la scabiose, le stade secondaire de la lues ou l&#8217;acrodermatite psoriasiforme paran\u00e9oplasique (\u00e9galement connue sous le nom de syndrome de Basex).<\/p>\n<h2 id=\"\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"-2\"><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10350 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/tab2_dp3_s12.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/917;height:500px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"917\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/h2>\n<h2 id=\"-3\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"prevention-par-la-protection-et-les-soins-de-la-peau\">Pr\u00e9vention par la protection et les soins de la peau<\/h2>\n<p>Des mesures de pr\u00e9vention primaire sont recommand\u00e9es afin de r\u00e9duire l&#8217;incidence de l&#8217;ecz\u00e9ma des mains. Il s&#8217;agit notamment de formations sur la protection et les soins de la peau (voir \u00e9galement www.suva.ch\/hautschutz). En cas de l\u00e9sions minimes, des strat\u00e9gies de pr\u00e9vention secondaires doivent \u00eatre mises en \u0153uvre tr\u00e8s t\u00f4t, notamment l&#8217;\u00e9ducation des patients, l&#8217;information sur l&#8217;utilisation correcte des mesures de protection de la peau <strong>(tableau&nbsp;2)<\/strong> et l&#8217;\u00e9vitement des allerg\u00e8nes de contact [7]. Des produits de soins cutan\u00e9s sont recommand\u00e9s pour tous les patients souffrant d&#8217;ecz\u00e9ma des mains <strong>(tab.&nbsp;3).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10351 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/tab3_dp3_s12.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/835;height:455px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"835\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"therapie\">Th\u00e9rapie<\/h2>\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, il est conseill\u00e9 de traiter rapidement et syst\u00e9matiquement l&#8217;ecz\u00e9ma aigu des mains afin d&#8217;\u00e9viter le d\u00e9veloppement d&#8217;un ecz\u00e9ma chronique des mains.<\/p>\n<p><strong>Les glucocorticost\u00e9ro\u00efdes topiques<\/strong> jouent un r\u00f4le important dans le traitement de l&#8217;ecz\u00e9ma des mains. Comme leur efficacit\u00e9 est fond\u00e9e sur des preuves [10], ils sont recommand\u00e9s comme traitement de premi\u00e8re ligne. Ils sont tr\u00e8s efficaces dans les traitements aigus. Pour obtenir un effet th\u00e9rapeutique rapide, il doit \u00eatre administr\u00e9 avec au moins un comprim\u00e9 par jour. La premi\u00e8re classe de force 2 peut \u00eatre commenc\u00e9e. L&#8217;horizon temporel du traitement d\u00e9pend de la puissance d&#8217;action du produit, mais ne devrait pas d\u00e9passer six semaines de traitement continu. Pour un traitement \u00e0 long terme, il est possible d&#8217;utiliser un traitement par intervalles de deux \u00e0 trois jours de traitement et de quatre \u00e0 cinq jours de pause. L&#8217;\u00e9vidence de l&#8217;efficacit\u00e9 d&#8217;un traitement intermittent \u00e0 long terme avec la cr\u00e8me de furoate de mom\u00e9tasone a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e dans des \u00e9tudes cliniques [11]. Toutefois, une utilisation \u00e0 long terme peut entra\u00eener des troubles de la fonction de barri\u00e8re et une atrophie de la peau. Dans de rares cas, des allergies de contact aux glucocorticost\u00e9ro\u00efdes topiques ou aux composants des produits externes peuvent \u00e9galement survenir [1].<\/p>\n<p>Les <strong>inhibiteurs topiques de la calcineurine, le takrolimus et le pim\u00e9crolimus <\/strong>, sont autoris\u00e9s pour le traitement de l&#8217;ecz\u00e9ma atopique. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que le takrolimus est aussi efficace que le furoate de mom\u00e9tasone (glucocortico\u00efde), tandis que le pim\u00e9crolimus ne semble pas \u00eatre inf\u00e9rieur \u00e0 un corticost\u00e9ro\u00efde topique de faible puissance [12,13]. Ils conviennent comme traitement compl\u00e9mentaire ou de suivi des glucocorticost\u00e9ro\u00efdes topiques et sont immunomodulateurs et sans potentiel atrophiant.<\/p>\n<p><strong>Phototh\u00e9rapie UV : <\/strong>si des ecz\u00e9mas chroniques et r\u00e9currents des mains apparaissent chez des patients adultes malgr\u00e9 un traitement de premi\u00e8re ligne par glucocorticost\u00e9ro\u00efdes topiques, il est possible de recourir \u00e0 la phototh\u00e9rapie. Des \u00e9tudes cliniques ont montr\u00e9 une am\u00e9lioration de l&#8217;ecz\u00e9ma chronique des mains en dix semaines gr\u00e2ce \u00e0 la phototh\u00e9rapie UVB [14]. Dans ce contexte, la PUVAth\u00e9rapie s&#8217;est av\u00e9r\u00e9e sup\u00e9rieure dans certaines \u00e9tudes, mais pas toutes. Cependant, l&#8217;utilisation \u00e0 long terme de la phototh\u00e9rapie peut augmenter le risque de tumeurs malignes cutan\u00e9es [15]. Dans le cas de la luminoth\u00e9rapie, la disponibilit\u00e9 ainsi que la charge de travail pour le patient jouent un r\u00f4le important.<\/p>\n<p><strong>Radioth\u00e9rapie :<\/strong> en cas d&#8217;ecz\u00e9ma des mains tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8re et ne r\u00e9pondant pas aux topiques et \u00e0 la phototh\u00e9rapie, un traitement par rayons X mous peut \u00eatre envisag\u00e9. Cependant, les effets secondaires \u00e0 long terme de ce traitement, y compris les effets de l&#8217;alcool, ne sont pas connus. de d\u00e9veloppement de n\u00e9oplasies cutan\u00e9es, de sorte qu&#8217;un tel traitement est plut\u00f4t d\u00e9conseill\u00e9 apr\u00e8s \u00e9valuation du rapport b\u00e9n\u00e9fice\/risque [7].<\/p>\n<p><strong>L&#8217;alitr\u00e9tino\u00efne<\/strong> (<sup>Toctino\u00ae<\/sup>) est un traitement syst\u00e9mique fond\u00e9 sur des donn\u00e9es probantes et approuv\u00e9 pour le traitement de l&#8217;ecz\u00e9ma chronique s\u00e9v\u00e8re des mains qui dure depuis plus de trois mois et qui est pr\u00e9sent depuis au moins trois ans. ne r\u00e9pond pas ou pas suffisamment aux glucocorticost\u00e9ro\u00efdes topiques pendant quatre semaines. Il est consid\u00e9r\u00e9 comme un traitement de seconde ligne. L&#8217;alitr\u00e9tino\u00efne a une action anti-inflammatoire et immunomodulatrice et r\u00e9gule l&#8217;hyperprolif\u00e9ration des k\u00e9ratinocytes. La posologie standard est de 30&nbsp;mg\/jour, la dur\u00e9e du traitement est de trois \u00e0 six mois. Une mise en \u0153uvre pr\u00e9coce du traitement permet d&#8217;obtenir des r\u00e9sultats plus rapides. Les effets secondaires typiques des r\u00e9tino\u00efdes, notamment la t\u00e9ratog\u00e9nicit\u00e9, doivent \u00eatre strictement respect\u00e9s. La dur\u00e9e de la poursuite de la contraception apr\u00e8s l&#8217;arr\u00eat est d&#8217;un mois.<\/p>\n<p><strong>L&#8217;acitr\u00e9tine<\/strong> est un r\u00e9tino\u00efde autoris\u00e9 en Suisse pour le traitement des troubles graves de la k\u00e9ratinisation, mais pas pour l&#8217;ecz\u00e9ma des mains. Le niveau de preuve de l&#8217;efficacit\u00e9 est faible. Il peut \u00eatre envisag\u00e9 en cas d&#8217;ecz\u00e9ma palmaire hyperk\u00e9ratosique pour les patients n\u00e9cessitant un traitement \u00e0 long terme et pour lesquels les traitements de premi\u00e8re ou deuxi\u00e8me intention ne sont pas suffisamment efficaces ou sont contre-indiqu\u00e9s [7]. Il est important avec l&#8217;acitr\u00e9tine de maintenir une contraception stricte pendant deux ann\u00e9es suppl\u00e9mentaires apr\u00e8s la fin du traitement.<br \/>\nLes glucocorticost\u00e9ro\u00efdes syst\u00e9miques peuvent \u00eatre utilis\u00e9s pour le traitement aigu de courte dur\u00e9e de l&#8217;ecz\u00e9ma s\u00e9v\u00e8re des mains. Ils ne sont toutefois pas adapt\u00e9s \u00e0 un traitement \u00e0 long terme, car ils peuvent entra\u00eener les effets secondaires \u00e0 long terme connus tels que l&#8217;ost\u00e9oporose, le glaucome, etc.<\/p>\n<p><strong>Immunosuppresseurs :<\/strong> la ciclosporine est utilis\u00e9e en cas d&#8217;ecz\u00e9ma chronique s\u00e9v\u00e8re des mains r\u00e9fractaire. Il convient de surveiller attentivement les \u00e9ventuels effets secondaires graves, y compris la n\u00e9phrotoxicit\u00e9, les tumeurs malignes, l&#8217;hypertension et l&#8217;augmentation du risque d&#8217;infection. Il est autoris\u00e9 dans le traitement de l&#8217;ecz\u00e9ma atopique. L&#8217;azathioprine, le m\u00e9thotrexate (MTX), le myoph\u00e9nolate mof\u00e9til et les antagonistes du TNF-alpha sont parfois utilis\u00e9s hors \u00e9tiquette. Une am\u00e9lioration des r\u00e9sultats a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e sous azathioprine dans l&#8217;ecz\u00e9ma atopique et le pompholyx (ecz\u00e9ma dyshidrotique) [16]. Des rapports de cas ont montr\u00e9 une am\u00e9lioration ou une gu\u00e9rison de l&#8217;ecz\u00e9ma des mains gr\u00e2ce \u00e0 de faibles doses de MTX, et le besoin de glucocorticost\u00e9ro\u00efdes syst\u00e9miques a pu \u00eatre r\u00e9duit [17]. Pour tous ces traitements syst\u00e9miques immunosuppresseurs, les examens n\u00e9cessaires doivent \u00eatre effectu\u00e9s, notamment les param\u00e8tres chimiques de laboratoire.<\/p>\n<h2 id=\"resume\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n<p>L&#8217;ecz\u00e9ma chronique des mains est une maladie fr\u00e9quente et importante sur le plan soci\u00e9tal et dermatologique professionnel. Ils sont plus fr\u00e9quents dans certains groupes professionnels et se d\u00e9veloppent souvent au cours de la vie professionnelle. Il existe diff\u00e9rentes formes d&#8217;ecz\u00e9ma des mains, souvent combin\u00e9es entre elles, ce qui rend difficile une classification pr\u00e9cise. Une anamn\u00e8se et un diagnostic pr\u00e9cis sont \u00e9l\u00e9mentaires. La formation \u00e0 la pr\u00e9vention est \u00e9galement importante et devrait \u00eatre davantage mise en \u0153uvre. Diverses options th\u00e9rapeutiques sont disponibles en fonction du type d&#8217;ecz\u00e9ma des mains, de sa gravit\u00e9, des souhaits individuels et des comorbidit\u00e9s du patient.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>L&#8217;ecz\u00e9ma des mains est fr\u00e9quent et a une grande importance sociale.<\/li>\n<li>Elles sont class\u00e9es en fonction de leur \u00e9tiologie, de leur morphologie et de leur \u00e9volution dans le temps.<\/li>\n<li>La protection et les soins de la peau sont essentiels et constituent la base de la th\u00e9rapie.<\/li>\n<li>Les prick-tests, les tests \u00e9picutan\u00e9s et le diagnostic d&#8217;exclusion mycologique font partie du diagnostic de l&#8217;ecz\u00e9ma chronique des mains.<\/li>\n<li>Pour le traitement pr\u00e9coce et intensif de l&#8217;ecz\u00e9ma des mains, il existe des possibilit\u00e9s de traitement topique et syst\u00e9mique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Ballmer-Weber BK, et al. : Prise en charge de l&#8217;ecz\u00e9ma chronique des mains : consensus suisse. Derm Hel 2012 ; 24 : 28-36.<\/li>\n<li>Apfelbacher CJ, et al. : Determinants of current hand eczema : results from case-control studies nested in the PACO follow-up study (PACO II). Contact Dermatitis 2010 ; 62(6) : 363-370.<\/li>\n<li>Molin S, et al : Les mutations de la filaggrine peuvent conf\u00e9rer une susceptibilit\u00e9 \u00e0 l&#8217;ecz\u00e9ma chronique des mains caract\u00e9ris\u00e9 par des dermatites de contact allergiques et irritantes combin\u00e9es. Br J Dermatol 2009 ; 161(4) : 801-807.<\/li>\n<li>Josefson A, et al : Nickel allergy as risk factor for hand eczema : a population-based study. Br J Dermatol 2009 ; 160(4) : 828-834.<\/li>\n<li>Mahler V : Protection de la peau dans le cadre des soins de sant\u00e9. Curr Probl Dermatol 2007 ; 34 : 120-132.<\/li>\n<li>Janach M, et al. : Changing delayed-type sensitizations to the baseline series allergens over a decade at the Zurich University Hospital. Contact Dermatitis 2010 ; 63(1) : 42-48.<\/li>\n<li>Diepgen TL, et al. : Lignes directrices pour le diagnostic, la pr\u00e9vention et le traitement de l&#8217;ecz\u00e9ma des mains &#8211; version courte. JDDG 2015 ; 13(1) : 77-85.<\/li>\n<li>Aydin O, et al : Psoriasis palmoplantaire non pustuleux : est-il possible de le diff\u00e9rencier histologiquement de la dermatite ecz\u00e9mateuse ? J Cutan Pathol 2008 ; 35(2) : 169-173.<\/li>\n<li>Agner T, Held E : Programmes de protection de la peau. Dermatite de contact 2002 ; 47(5) : 253-256.<\/li>\n<li>Coenraads PJ, et al : Interventions for hand eczema. Cochrane Database, resubmitted to the Cochrane Database of Systematic Reviews June 2014.<\/li>\n<li>Veien NK, et al : Traitement intermittent \u00e0 long terme de l&#8217;ecz\u00e9ma chronique des mains avec le furoate de mometasone. Br J Dermatol 1999 ; 140(5) : 882-886.<\/li>\n<li>Krejci-Manwaring J, et al : Topical tacrolimus 0,1% improves symptoms of hand dermatitis in patients treated with a prednisone taper. J Drugs Dermatol 2008 ; 7(7) : 643-646.<\/li>\n<li>Belsito DV, et al : Pimecrolimus cream 1% : a potential new treatment for chronic hand dermatitis. Cutis 2004 ; 73(1) : 31-38.<\/li>\n<li>Sjovall P, Christensen OB : Traitement de l&#8217;ecz\u00e9ma chronique des mains par UV-B Handylux en clinique et \u00e0 domicile. Dermatite de contact 1994 ; 31(1) : 5-8.<\/li>\n<li>Nijsten TE, Stern RS : Le risque accru de cancer de la peau est persistant apr\u00e8s l&#8217;arr\u00eat du psoral\u00e8ne plus ultraviolet A : une \u00e9tude de cohorte. J Invest Dermatol 2003 ; 121(2) : 252-258.<\/li>\n<li>Scerri L : Azathioprine in dermatological practice. An overview with special emphasis on its use in non-bullous inflammatory dermatoses. Adv Exp Med Biol 1999 ; 455 : 343-348.<\/li>\n<li>Egan CA, et al : Low-dose oral methotrexate treatment for recalcitrant palmoplantar pompholyx. J Am Acad Dermatol 1999 ; 40(4) : 612-614.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\n&nbsp;<\/p>\n<p><em>DERMATOLOGIE PRATIQUE 2018 ; 28(3) : 9-13<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;ecz\u00e9ma chronique des mains persiste pendant plus de trois mois et est consid\u00e9r\u00e9 comme une maladie importante pour la soci\u00e9t\u00e9. Les facteurs de risque incluent une diath\u00e8se cutan\u00e9e atopique et&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":79111,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Modifications inflammatoires de la peau","footnotes":""},"category":[11349,11362,11531,11549],"tags":[32956,15868,33090,33095],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-337847","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-allergologie-et-immunologie-clinique","category-dermatologie-et-venerologie","category-formation-continue","category-rx-fr","tag-allergie-de-contact","tag-eczema-atopique","tag-eczema-chronique-des-mains","tag-protection-de-la-peau","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-04-22 18:18:49","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":337854,"slug":"eczema-cronico-delle-mani","post_title":"Eczema cronico delle mani","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/eczema-cronico-delle-mani\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":337861,"slug":"eczema-cronico-da-mao","post_title":"Eczema cr\u00f3nico da m\u00e3o","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/eczema-cronico-da-mao\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":337832,"slug":"eccema-cronico-de-las-manos","post_title":"Eccema cr\u00f3nico de las manos","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/eccema-cronico-de-las-manos\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/337847","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=337847"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/337847\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/79111"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=337847"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=337847"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=337847"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=337847"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}