{"id":337894,"date":"2018-06-19T02:00:00","date_gmt":"2018-06-19T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/le-d-mannose-dans-la-prophylaxie-des-infections-urinaires-recidivantes\/"},"modified":"2018-06-19T02:00:00","modified_gmt":"2018-06-19T00:00:00","slug":"le-d-mannose-dans-la-prophylaxie-des-infections-urinaires-recidivantes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/le-d-mannose-dans-la-prophylaxie-des-infections-urinaires-recidivantes\/","title":{"rendered":"Le D-mannose dans la prophylaxie des infections urinaires r\u00e9cidivantes"},"content":{"rendered":"<p><strong>La r\u00e9sistance des micro-organismes aux substances antimicrobiennes, telles que les antibiotiques, constitue un probl\u00e8me croissant dans le traitement m\u00e9dical des maladies infectieuses. Deux \u00e9tudes donnent un aper\u00e7u de la possibilit\u00e9 d&#8217;utiliser le D-mannose comme traitement alternatif dans le cadre de la prophylaxie des infections urinaires r\u00e9cidivantes.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>L&#8217;infection urinaire non compliqu\u00e9e (IUC) est l&#8217;une des infections bact\u00e9riennes les plus courantes. Le plus souvent, il se produit de mani\u00e8re sporadique. On parle d&#8217;infections urinaires r\u00e9currentes lorsqu&#8217;il y a deux \u00e9pisodes ou plus sur une p\u00e9riode de six mois ou trois \u00e9pisodes ou plus sur une p\u00e9riode de 12 mois, typiquement chez les jeunes femmes sexuellement actives ou post-m\u00e9nopaus\u00e9es.&nbsp;  La r\u00e9currence des infections des voies urinaires est un probl\u00e8me assez fr\u00e9quent chez les femmes jeunes et en bonne sant\u00e9. L&#8217;incidence est de 1-5% dans ce groupe de personnes [3]. Les Escherichia coli sont responsables de la plupart des infections de cette r\u00e9gion, avec 75-95% [4]. Cependant, ces agents pathog\u00e8nes pr\u00e9sentent une r\u00e9sistance de plus en plus marqu\u00e9e aux agents antibiotiques habituellement utilis\u00e9s. Selon une \u00e9tude suisse, 76 \u00e0 80% des E. coli sont encore sensibles au trim\u00e9thoprime\/sulfam\u00e9thoxazole [5], l&#8217;un des trois m\u00e9dicaments mentionn\u00e9s dans les directives de la Soci\u00e9t\u00e9 suisse d&#8217;infectiologie comme traitement empirique de premier choix pour les femmes trait\u00e9es en ambulatoire et souffrant de cystite aigu\u00eb non compliqu\u00e9e [6]. Afin de r\u00e9duire l&#8217;utilisation d&#8217;antibiotiques (et donc, si possible, le d\u00e9veloppement de r\u00e9sistances), les guidelines mentionnent, apr\u00e8s consultation de la patiente, la prescription du traitement antibiotique en r\u00e9serve ou une prescription diff\u00e9r\u00e9e comme proc\u00e9dure possible [6]. De telles consid\u00e9rations seraient particuli\u00e8rement importantes pour le traitement des infections urinaires r\u00e9currentes ou dans le cadre de la prophylaxie de ces derni\u00e8res.<\/p>\n<h2 id=\"prophylaxie-des-ihm-recidivantes\">Prophylaxie des IHM r\u00e9cidivantes<\/h2>\n<p>En cas d&#8217;infections urinaires r\u00e9currentes, il convient d&#8217;abord de rechercher les causes sous-jacentes et de les traiter si n\u00e9cessaire. Si aucune anomalie n&#8217;est constat\u00e9e, il est possible d&#8217;essayer de r\u00e9duire le risque d&#8217;infection par des mesures simples d&#8217;hygi\u00e8ne mictionnelle, g\u00e9nitale et sexuelle. Les recommandations les plus fr\u00e9quentes sont les suivantes : Faire une miction apr\u00e8s les rapports sexuels, \u00e9viter une hygi\u00e8ne g\u00e9nitale excessive, boire suffisamment, \u00e9viter l&#8217;hypothermie (toutes ces mesures n&#8217;ont pas un effet scientifiquement prouv\u00e9). L&#8217;alternative est la prophylaxie antibiotique en traitement continu \u00e0 faible dose, en dose unique post-co\u00eftale ou en auto-traitement initi\u00e9 par le patient. En raison des effets secondaires et de l&#8217;augmentation de la r\u00e9sistance, les th\u00e9rapies alternatives font l&#8217;objet d&#8217;une attention croissante dans ce domaine. Deux \u00e9tudes comparent l&#8217;efficacit\u00e9 du mannoiside D-mannose \u00e0 celle d&#8217;une prophylaxie antibiotique.<\/p>\n<p><strong>Kranjcec et al. 2014 [7] :  <\/strong>308 femmes (ayant des ant\u00e9c\u00e9dents d&#8217;infections urinaires r\u00e9currentes) ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9parties en trois groupes apr\u00e8s un traitement initial r\u00e9ussi d&#8217;une IHA aigu\u00eb \u00e0 la ciprofloxacine. Le premier a re\u00e7u 2 g de poudre de D-mannose 1x\/jour, le deuxi\u00e8me 50 mg de nitrofuranto\u00efne 1\u00d7\/jour et le troisi\u00e8me n&#8217;a re\u00e7u aucune prophylaxie. Le traitement s&#8217;est \u00e9tal\u00e9 sur six mois. 14,6% des femmes du groupe D-mannose ont eu un nouvel \u00e9pisode d&#8217;infection urinaire au cours de la p\u00e9riode de suivi. Dans le groupe nitrofuranto\u00efne, ce chiffre \u00e9tait de 20,4% et de 60,8% dans le groupe de patients non trait\u00e9s. Les groupes nitrofuranto\u00efne et D-mannose \u00e9taient donc significativement sup\u00e9rieurs au groupe t\u00e9moin (p&lt;0,001). Le risque relatif de r\u00e9cidive pendant la dur\u00e9e du traitement \u00e9tait \u00e9galement significativement plus faible dans les groupes trait\u00e9s que dans le groupe t\u00e9moin (Nitrofuranto\u00efne RR 0,335 ; D-Mannose RR 0,239 ; p&lt;0,0001). Des effets secondaires l\u00e9gers ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s par 17,9% des sujets dans les deux groupes de traitement. Avec un RR de 0,276, les femmes du groupe D-mannose avaient un risque significativement plus faible (p&lt;0,0001) de d\u00e9velopper des effets secondaires par rapport \u00e0 celles du groupe nitrofuranto\u00efne. Les auteurs pr\u00e9cisent toutefois que cette diff\u00e9rence n&#8217;est pas d\u00e9terminante lorsque la nitrofuranto\u00efne est bien tol\u00e9r\u00e9e cliniquement. D&#8217;un point de vue statistique, les r\u00e9sultats \u00e9taient donc comparables pour les groupes D-mannose et nitrofuranto\u00efne.<\/p>\n<p><strong>Porru et al. 2014 [8] :  <\/strong>Dans cette \u00e9tude randomis\u00e9e en cross-over, 60 patientes pr\u00e9sentant un statut apr\u00e8s des infections urinaires r\u00e9cidivantes au cours des 12 derniers mois et une infection urinaire aigu\u00eb actuellement pr\u00e9sente ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9parties en deux groupes. Les uns ont re\u00e7u du D-mannose 1&nbsp;g trois fois par jour pendant deux semaines, avec une r\u00e9duction ult\u00e9rieure \u00e0 1&nbsp;g deux fois par jour pendant 22 semaines, les autres ont re\u00e7u du D-mannose 2\u00d7\/jour. trim\u00e9thoprime\/sulfam\u00e9thoxazole pendant cinq jours, puis une dose unique de l&#8217;antibiotique une fois par jour pendant une semaine toutes les quatre semaines pendant 23 semaines. Apr\u00e8s 24 semaines, les sujets ont chang\u00e9 de groupe. Dans le groupe D-mannose, il a fallu 200 jours (moyenne) pour que l&#8217;infection urinaire r\u00e9apparaisse, contre 52,7 jours dans le groupe antibiotique (p&lt;0,0001). 8,3% des femmes du groupe antibiotique et 80% de celles du groupe D-mannose n&#8217;ont pas eu de r\u00e9cidive au cours des 24 semaines. Il est possible que la prise \u00e0 long terme de l&#8217;antibiotique ait eu une influence n\u00e9gative sur la flore vaginale. Les auteurs concluent que le D-mannose est s\u00fbr et efficace dans le traitement des IHM r\u00e9currentes chez les femmes adultes.<\/p>\n<h2 id=\"d-mannose\">D-Mannose<\/h2>\n<p>Le D-mannose est un sucre simple que l&#8217;on trouve dans la nature et qui est extrait du ma\u00efs. En tant que m\u00e9dicament, il se pr\u00e9sente sous la forme d&#8217;une poudre blanche qui peut \u00eatre dissoute dans de l&#8217;eau et qui a un go\u00fbt sucr\u00e9.<\/p>\n<p>Selon les fabricants, l&#8217;utilisation du D-mannose repose sur la capacit\u00e9 du rem\u00e8de \u00e0 inhiber l&#8217;adh\u00e9sion des bact\u00e9ries aux cellules de l&#8217;\u00e9pith\u00e9lium v\u00e9sical [9,10]. Il est cens\u00e9 emp\u00eacher la liaison habituelle de la FimH, une lectine des bact\u00e9ries, avec des structures de type mannose, ce qui permet aux bact\u00e9ries de ne pas adh\u00e9rer et d&#8217;\u00eatre \u00e9limin\u00e9es dans l&#8217;urine [11,12]. Dans un mod\u00e8le murin, l&#8217;utilisation de mol\u00e9cules de type mannose a entra\u00een\u00e9 une r\u00e9duction de deux fois des unit\u00e9s formant des colonies dans l&#8217;urine et de quatre fois dans la vessie [12].<\/p>\n<p>Le D-mannose semble avoir une bonne efficacit\u00e9 et une bonne tol\u00e9rance dans la prophylaxie des infections urinaires r\u00e9cidivantes, de sorte que, selon les r\u00e9sultats, la clinique individuelle et le souhait du patient, son utilisation peut \u00eatre envisag\u00e9e dans cette situation, surtout en ce qui concerne l&#8217;\u00e9conomie possible d&#8217;un antibiotique.<\/p>\n<p>\nLitt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Commission europ\u00e9enne : Action de l&#8217;UE sur la r\u00e9sistance antimicrobienne. https:\/\/ec.europa.eu\/health\/amr\/antimicrobial-resistance_en (\u00e9tat au 13.03.2018)<\/li>\n<li>Plan en 10 points du minist\u00e8re f\u00e9d\u00e9ral de la Sant\u00e9 de 03\/2015 : www.bundesgesundheitsministerium.de\/fileadmin\/Dateien\/3_Downloads\/A\/Antibiotika-Resistenz-Strategie\/10-Punkte_Antibiotika-Resistenzen.pdf (mise \u00e0 jour 14\/03\/2018)<\/li>\n<li>Programme de lignes directrices DGU : Ligne directrice S3 interdisciplinaire : \u00c9pid\u00e9miologie, diagnostic, traitement, pr\u00e9vention et prise en charge des infections urinaires bact\u00e9riennes non compliqu\u00e9es acquises en ambulatoire chez les patients adultes. Version longue 1.1-2, 2017 Num\u00e9ro de registre AWMF : 043\/044, www.awmf.org\/uploads\/tx_szleitlinien\/043-044l_S3_Harnwegsinfektionen_2017-05.pdf (consult\u00e9 le : 15.03.2018).<\/li>\n<li>Gupta K, et al : Directives de pratique clinique internationale pour le traitement de la cystite aigu\u00eb non compliqu\u00e9e et de la py\u00e9lon\u00e9phrite chez la femme : une mise \u00e0 jour 2010 par la Soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine des maladies infectieuses et la Soci\u00e9t\u00e9 europ\u00e9enne de microbiologie et de maladies infectieuses. Clin Infect Dis 2011 ; 52(5) : e103-20.<\/li>\n<li>Kronenberg A, et al : Active surveillance of antibiotic resistance prevalence in urinary tract and skin infections in the outpatient setting. Clin Microbiol Infect 2011 ; 17(12) : 1845-1851.<\/li>\n<li>Soci\u00e9t\u00e9 Suisse d&#8217;Infectiologie : Guidelines Urinary Tract Infections (UTI) &#8211; May 2014 : Traitement des IHE en Suisse. www.sginf.ch\/files\/behandlung_von_unkomplizierten_harnwegsinfektionen.pdf (\u00e9tat au 14.03.18)<\/li>\n<li>Kranj\u010dec B, Pape\u0161 D, Altarac S : Poudre de D-mannose pour la prophylaxie des infections urinaires r\u00e9currentes chez les femmes : un essai clinique randomis\u00e9. World J Urol 2014 ; 32(1) : 79-84.<\/li>\n<li>Porru D, et al. : Oral D-mannose in recurrent urinary tract infections in women : A pilot study. Journal of Clinical Urology 2014 ; 7(3) : 208-213.<\/li>\n<li>Kim J, et al. : Glyco-pseudopolyrotaxanes : roues carbohydrates thread\u00e9es sur une cha\u00eene polym\u00e8re et leur inhibition de l&#8217;adh\u00e9sion bact\u00e9rienne. Chemistry 2010 ; 16(40) : 12168-12173.<\/li>\n<li>Pak J, et al : La prot\u00e9ine Tamm-Horsfall se lie \u00e0 Escherichia coli fimbri\u00e9 de type 1 et emp\u00eache E. coli de se lier aux r\u00e9cepteurs d&#8217;uroplakine Ia et Ib. J Biol Chem 2001 ; 276(13) : 9924-9930.<\/li>\n<li>Information du fabricant Femannose. www.femannose.ch\/Inhaltsstoff-d-mannose-Zucker-gegen-blasenentzuendung.html (\u00e9tat au 15.03.18)<\/li>\n<li>Klein T, et al : FimH antagonists for the oral treatment of urinary tract infections : from design and synthesis to in vitro and in vivo evaluation. J Med Chem 2010 ; 53(24) : 8627-8641.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2018 ; 13(5) : 7-8<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La r\u00e9sistance des micro-organismes aux substances antimicrobiennes, telles que les antibiotiques, constitue un probl\u00e8me croissant dans le traitement m\u00e9dical des maladies infectieuses. 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