{"id":337901,"date":"2018-06-22T02:00:00","date_gmt":"2018-06-22T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/la-tachycardie-a-complexes-etroits\/"},"modified":"2018-06-22T02:00:00","modified_gmt":"2018-06-22T00:00:00","slug":"la-tachycardie-a-complexes-etroits","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/la-tachycardie-a-complexes-etroits\/","title":{"rendered":"La tachycardie \u00e0 complexes \u00e9troits"},"content":{"rendered":"<p><strong>La tachycardie \u00e0 complexes \u00e9troits est d\u00e9finie par une fr\u00e9quence cardiaque \u2265100 bpm et une dur\u00e9e de QRS \u22640,12 sec. Le site d&#8217;origine est g\u00e9n\u00e9ralement supraventriculaire. Les tachycardies \u00e0 complexes \u00e9troits sont souvent r\u00e9cidivantes et constituent un motif fr\u00e9quent de consultation aux urgences ou en m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>La tachycardie \u00e0 complexes \u00e9troits est d\u00e9finie par une fr\u00e9quence cardiaque \u2265100&nbsp;bpm et une dur\u00e9e de QRS \u22640,12&nbsp;secondes. Le lieu d&#8217;origine d&#8217;une tachycardie \u00e0 complexes \u00e9troits est g\u00e9n\u00e9ralement supraventriculaire, c&#8217;est-\u00e0-dire au-dessus du faisceau de His. Les tachycardies \u00e0 complexes \u00e9troits sont souvent r\u00e9cidivantes et constituent donc un motif fr\u00e9quent de consultation aux urgences ou en m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale. Des chiffres provenant des \u00c9tats-Unis estiment l&#8217;incidence des tachycardies complexes \u00e9troites \u00e0 35 cas\/100 000 patients\/an (\u00e0 l&#8217;exception de la fibrillation auriculaire, du flutter auriculaire et des tachycardies auriculaires multifocales, qui ne font pas l&#8217;objet de cet article) [1]. L&#8217;ECG \u00e0 12 d\u00e9rivations et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, une bande de rythme plus longue constituent toujours la base de la d\u00e9termination du diagnostic.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-10304\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/fallvignette_cv3.png\" style=\"height:239px; width:400px\" width=\"881\" height=\"526\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"formes-de-tachycardies-a-complexes-etroits\">Formes de tachycardies \u00e0 complexes \u00e9troits<\/h2>\n<p><strong>Le tableau 1<\/strong> et <strong>la figure&nbsp;2<\/strong> donnent un aper\u00e7u des tachycardies \u00e0 complexes \u00e9troits les plus fr\u00e9quentes. La plupart des tachycardies \u00e0 complexes \u00e9troits r\u00e9guli\u00e8res sont dues \u00e0 des excitations circulaires (r\u00e9entr\u00e9es) et sont class\u00e9es en fonction de la localisation du cercle de r\u00e9entr\u00e9e. Dans la tachycardie par r\u00e9entr\u00e9e du n\u0153ud AV (AVNRT), la pr\u00e9sence de ce que l&#8217;on appelle une &#8220;double conduction du n\u0153ud AV&#8221; est responsable de l&#8217;apparition d&#8217;un m\u00e9canisme de r\u00e9entr\u00e9e. On entend par l\u00e0 deux voies de conduction fonctionnellement s\u00e9par\u00e9es ; une voie de conduction lente avec une p\u00e9riode r\u00e9fractaire courte (&#8220;slow pathway&#8221;) et une voie de conduction rapide avec une p\u00e9riode r\u00e9fractaire longue (&#8220;fast pathway&#8221;). D\u00e9clench\u00e9e par une extrasystole, elle provoque une excitation circulaire et, dans la majorit\u00e9 des cas, une tachycardie avec conduction ant\u00e9rograde par la voie lente vers les ventricules et r\u00e9trograde par la voie rapide vers l&#8217;oreillette (&#8220;slow-fast&#8221;). Dans l&#8217;AVNRT, la forme la plus courante de tachycardie supraventriculaire r\u00e9guli\u00e8re (environ 60% de tous les cas), l&#8217;\u00e2ge de la premi\u00e8re manifestation se situe g\u00e9n\u00e9ralement entre 18 et 40 ans&nbsp; [2,3] . Les femmes sont plus souvent touch\u00e9es.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10305 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/tab1_cv3_s14.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/602;height:328px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"602\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/tab1_cv3_s14.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/tab1_cv3_s14-800x438.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/tab1_cv3_s14-120x66.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/tab1_cv3_s14-90x49.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/tab1_cv3_s14-320x175.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/tab1_cv3_s14-560x306.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me cause la plus fr\u00e9quente (30% des cas) est la tachycardie par r\u00e9entr\u00e9e AV (AVRT) [2,3], qui a pour substrat une voie de conduction auriculo-ventriculaire (&#8220;accessoire&#8221;) cong\u00e9nitale. On distingue le syndrome de pr\u00e9excitation ou WPW, dans lequel la voie de conduction accessoire se manifeste par une excitation ant\u00e9rograde pr\u00e9coce du ventricule (onde delta), m\u00eame en rythme sinusal normal, de la voie de conduction strictement r\u00e9trograde, dans laquelle l&#8217;ECG est normal dans l&#8217;intervalle. Bien que ces voies soient strictement r\u00e9trogrades, elles peuvent maintenir une AVRT rapide.<\/p>\n<p>Les tachycardies auriculaires sont responsables des 10% de cas restants et ont souvent une origine focale [2,3]. Plus rarement, les m\u00e9canismes de r\u00e9entr\u00e9e intra-auriculaire li\u00e9s aux cicatrices, par exemple apr\u00e8s une intervention de chirurgie cardiaque, d\u00e9clenchent la tachycardie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10306 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/abb2_cv3_s15_0.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/590;height:322px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"590\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/abb2_cv3_s15_0.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/abb2_cv3_s15_0-800x429.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/abb2_cv3_s15_0-120x64.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/abb2_cv3_s15_0-90x48.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/abb2_cv3_s15_0-320x172.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/abb2_cv3_s15_0-560x300.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"clinique\">Clinique<\/h2>\n<p>Sur le plan anamnestique, les tachycardies paroxystiques AVNRT et AVRT se distinguent essentiellement par trois caract\u00e9ristiques :<\/p>\n<ol>\n<li>Elles surviennent soudainement (d\u00e9clench\u00e9es comme par l&#8217;actionnement d&#8217;un interrupteur), durent de quelques secondes \u00e0 plusieurs minutes, rarement des heures, et se terminent g\u00e9n\u00e9ralement de mani\u00e8re abrupte. Les fr\u00e9quences cardiaques typiques sont de 150-230&nbsp;bpm.<\/li>\n<li>Les palpitations sont per\u00e7ues au niveau de la poitrine ou plus souvent au niveau du cou, dans la r\u00e9gion des carotides. L&#8217;examen clinique peut \u00e9ventuellement r\u00e9v\u00e9ler un &#8220;frog sign&#8221;. Il s&#8217;agit d&#8217;une pulsation des veines du cou due \u00e0 la contraction de l&#8217;oreillette contre la valve tricuspide ferm\u00e9e.<\/li>\n<li>Si les tachycardies se prolongent, le patient doit effectuer des mictions plus fr\u00e9quentes (augmentation de la lib\u00e9ration d&#8217;ANP dans l&#8217;oreillette en raison de la dilatation).<\/li>\n<\/ol>\n<h2 id=\"strategie-dinterpretation-de-lecg-12-derivations\">Strat\u00e9gie d&#8217;interpr\u00e9tation de l&#8217;ECG 12 d\u00e9rivations<\/h2>\n<p><strong>1. r\u00e9gularit\u00e9 : <\/strong>une fois la tachycardie \u00e0 complexes \u00e9troits identifi\u00e9e, la r\u00e9gularit\u00e9 doit \u00eatre \u00e9valu\u00e9e, ce qui permet dans la plupart des cas de la diff\u00e9rencier de la fibrillation auriculaire. Une tachycardie r\u00e9guli\u00e8re varie &lt;5% d&#8217;un battement \u00e0 l&#8217;autre. Si elle est connue, par exemple lors de la surveillance t\u00e9l\u00e9m\u00e9trique aux urgences ou lors de l&#8217;ECG \u00e0 long terme, une attention particuli\u00e8re doit \u00eatre port\u00e9e au d\u00e9but et \u00e0 la fin de la tachycardie.<\/p>\n<p><strong>2. fr\u00e9quence cardiaque : <\/strong>il n&#8217;est en principe pas possible d&#8217;\u00e9tablir une relation de cause \u00e0 effet sur la base de la fr\u00e9quence cardiaque. Elle donne toutefois des indications importantes pour l&#8217;interpr\u00e9tation correcte de l&#8217;arythmie. En cas de tachycardie sinusale, la fr\u00e9quence cardiaque maximale est en principe de 220 bpm moins l&#8217;\u00e2ge du patient. Dans le cas d&#8217;un flutter auriculaire typique, la fr\u00e9quence auriculaire du circuit de macro-r\u00e9entr\u00e9e dans l&#8217;oreillette droite est g\u00e9n\u00e9ralement de 250-300&nbsp;bpm. Comme le flutter auriculaire tachycardique est souvent transf\u00e9r\u00e9 2:1 aux ventricules, une fr\u00e9quence ventriculaire de 120-150&nbsp;bpm est caract\u00e9ristique. En cas de fr\u00e9quences ventriculaires tr\u00e8s rapides (par ex. 240-260&nbsp;bpm), il faut donc \u00e9galement penser \u00e0 un flutter auriculaire avec conduction 1:1 sur les ventricules. Mais la fr\u00e9quence ventriculaire n&#8217;est pas la seule \u00e0 fournir des informations importantes : La variabilit\u00e9 de la longueur des cycles auriculaires et la morphologie des ondes de battement donnent des indications suppl\u00e9mentaires pour distinguer la fibrillation auriculaire. Si la longueur du cycle auriculaire est inf\u00e9rieure \u00e0 200 ms, il n&#8217;y a presque jamais de flutter auriculaire typique et il faut plut\u00f4t penser \u00e0 une fibrillation auriculaire.<\/p>\n<p><strong>3. excitation auriculaire :<\/strong> des ondes P visibles avant le complexe QRS sont pr\u00e9sentes dans la tachycardie sinusale,&nbsp; la tachycardie auriculaire et la tachycardie auriculaire multifocale. Les ondes P apr\u00e8s le complexe QRS sont pr\u00e9sentes dans l&#8217;AVNRT et l&#8217;AVRT <strong>(tableau&nbsp;1). <\/strong>Cependant, les ondes P peuvent \u00eatre cach\u00e9es dans le complexe QRS, notamment en cas de tachycardie supraventriculaire tr\u00e8s rapide. Dans notre exemple <strong>(Fig.&nbsp;1) <\/strong>, une onde P appara\u00eet \u00e0 la fin du complexe QRS, le mieux visible dans la d\u00e9rivation V1. Cette configuration est appel\u00e9e pseudo-rSr&#8217;, par analogie avec le bloc de branche droit incomplet. Une onde P r\u00e9trograde peut \u00e9galement \u00eatre identifi\u00e9e dans certains cas comme un pseudo-S dans les d\u00e9rivations inf\u00e9rieures. La pr\u00e9sence d&#8217;une onde P \u00e0 la fin du complexe QRS traduit une conduction ventriculo-atriale (temps VA) tr\u00e8s rapide et constitue donc un indice d&#8217;AVNRT. \u00c9tant donn\u00e9 qu&#8217;une voie accessoire ne prend un chemin plus long que sur l&#8217;ensemble de l&#8217;activation ventriculaire, un temps VA aussi court n&#8217;est pas possible avec l&#8217;AVRT. Il en r\u00e9sulte que l&#8217;onde P est plus \u00e9loign\u00e9e du complexe QRS <strong>(Fig.&nbsp;3)<\/strong> que dans l&#8217;AVNRT.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10307 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/abb3_cv3_s15.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/799;height:436px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"799\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>4. r\u00e9ponse aux man\u0153uvres vagales ou \u00e0 l&#8217;ad\u00e9nosine :<\/strong> la r\u00e9ponse aux man\u0153uvres vagales ou \u00e0 l&#8217;ad\u00e9nosine est extr\u00eamement utile non seulement sur le plan th\u00e9rapeutique, mais aussi sur le plan diagnostique, raison pour laquelle elle doit imp\u00e9rativement \u00eatre effectu\u00e9e sous monitorage ECG continu. Les man\u0153uvres vagales les plus courantes sont le massage du sinus carotidien (cave st\u00e9nose carotidienne, auscultation obligatoire) et la man\u0153uvre de Valsalva. Le principe est simple : le n\u0153ud AV est innerv\u00e9 par voie vagale. La stimulation vagale entra\u00eene un ralentissement de la conduction (ou bloc AV), ce qui termine une tachycardie d\u00e9pendante du n\u0153ud AV (AVNRT, AVRT) ou d\u00e9masque le rythme auriculaire sous-jacent (flutter auriculaire, tachycardie auriculaire, tachycardie sinusale). Il est essentiel que la pression soit maintenue pendant au moins 15 secondes lors du massage de la carotide. En cas de tachycardie prolong\u00e9e ou de stress endog\u00e8ne \u00e9lev\u00e9, il peut \u00eatre difficile d&#8217;effectuer des man\u0153uvres vagales avec succ\u00e8s (taux de r\u00e9ussite d&#8217;environ 50%), raison pour laquelle l&#8217;ad\u00e9nosine peut \u00eatre utilis\u00e9e comme alternative. L&#8217;ad\u00e9nosine est un nucl\u00e9oside purine \u00e0 tr\u00e8s courte dur\u00e9e d&#8217;action qui a un effet dromotrope n\u00e9gatif sur le n\u0153ud AV et entra\u00eene g\u00e9n\u00e9ralement un bloc AV complet pendant quelques secondes. Outre l&#8217;AVNRT et l&#8217;AVRT, plus de 50% des tachycardies auriculaires sont \u00e9galement termin\u00e9es par l&#8217;ad\u00e9nosine.<br \/>\n5. l&#8217;ECG de repos : apr\u00e8s la conversion en un rythme sinusal normocardique, l&#8217;ECG de repos doit \u00eatre examin\u00e9 \u00e0 la recherche de signes de pr\u00e9excitation. Si la voie de conduction accessoire conduit de mani\u00e8re ant\u00e9rograde et que cela entra\u00eene un raccourcissement du temps PQ (&lt;120&nbsp;ms) et l&#8217;apparition d&#8217;une onde delta, il s&#8217;agit d&#8217;une pr\u00e9excitation. Lorsqu&#8217;une tachycardie est \u00e9galement pr\u00e9sente, on parle de syndrome de Wolff-Parkinson-White (WPW). La <strong>figure 4<\/strong> montre l&#8217;ECG de repos d&#8217;un patient atteint du syndrome WPW et pr\u00e9sentant un trajet ant\u00e9ro-lat\u00e9ral gauche. Important : si la voie accessoire est exclusivement r\u00e9trograde (&#8220;concealed pathway&#8221;), on observe au repos un ECG normal sans onde delta.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10308 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/abb4_cv3_s16.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/702;height:383px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"702\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"therapie-dans-les-services-durgence\">Th\u00e9rapie dans les services d&#8217;urgence<\/h2>\n<p>Sur le plan th\u00e9rapeutique, la man\u0153uvre vagale ou l&#8217;administration d&#8217;ad\u00e9nos est la premi\u00e8re mesure \u00e0 prendre en cas de tachycardie r\u00e9guli\u00e8re \u00e0 complexes \u00e9troits. L&#8217;ad\u00e9nosine est administr\u00e9e par paliers de 6 mg par voie intraveineuse, en flush (demi-vie de 1,5 seconde). Occasionnellement, une administration r\u00e9p\u00e9t\u00e9e \u00e0 une dose plus \u00e9lev\u00e9e, jusqu&#8217;\u00e0 18 mg, est n\u00e9cessaire [4]. Le patient doit \u00eatre inform\u00e9 que le m\u00e9dicament peut avoir un effet tr\u00e8s d\u00e9sagr\u00e9able pendant quelques secondes (dyspn\u00e9e, sensation d&#8217;oppression, maux de t\u00eate). Une fibrillation auriculaire peut \u00eatre induite dans jusqu&#8217;\u00e0 12% des cas et, plus rarement, des tachycardies ventriculaires non soutenues [4], c&#8217;est pourquoi le monitoring ECG est obligatoire et un d\u00e9fibrillateur doit \u00eatre disponible. Un effet secondaire \u00e9galement redout\u00e9 est une bronchoconstriction s\u00e9v\u00e8re, raison pour laquelle l&#8217;ad\u00e9nosine est contre-indiqu\u00e9e chez les patients asthmatiques et la prudence est de mise en cas de BPCO s\u00e9v\u00e8re. Les antagonistes calciques \u00e0 action cardiaque v\u00e9rapamil ou diltiazem peuvent \u00eatre utilis\u00e9s comme alternative dans ce cas, bien qu&#8217;un traitement b\u00eatabloquant pr\u00e9existant constitue une contre-indication relative (risque de d\u00e9veloppement d&#8217;un bloc AV). La cardioversion \u00e9lectrique est r\u00e9serv\u00e9e aux patients pr\u00e9sentant une instabilit\u00e9 h\u00e9modynamique, qui est toutefois tr\u00e8s rare chez les patients atteints de tachycardie supraventriculaire.<\/p>\n<h2 id=\"therapie-en-laboratoire-de-catheterisme\">Th\u00e9rapie en laboratoire de cath\u00e9t\u00e9risme<\/h2>\n<p>Si les man\u0153uvres vagales et les m\u00e9dicaments sont inefficaces, si les crises se multiplient, se prolongent et entra\u00eenent des consultations r\u00e9p\u00e9t\u00e9es aux urgences ou au cabinet m\u00e9dical, un examen \u00e9lectrophysiologique (EPU) est indiqu\u00e9. Le diagnostic peut y \u00eatre confirm\u00e9 et une ablation par radiofr\u00e9quence (RFA) de la &#8220;voie lente&#8221; dans l&#8217;AVNRT ou de la voie accessoire dans l&#8217;AVRT peut y \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e avec une forte probabilit\u00e9 de succ\u00e8s (&gt;95%) [5,6]. Les complications de l&#8217;EPU sont rares et comprennent des saignements locaux dans l&#8217;aine, des l\u00e9sions vasculaires ou des complications thromboemboliques. Les voies accessoires situ\u00e9es \u00e0 proximit\u00e9 imm\u00e9diate du faisceau de His pr\u00e9sentent un risque suppl\u00e9mentaire de l\u00e9sion du n\u0153ud AV dans le cadre de l&#8217;ablation. Il existe \u00e9galement un risque l\u00e9g\u00e8rement plus \u00e9lev\u00e9 en cas de voie accessoire gauche, car une ponction transseptale doit \u00eatre effectu\u00e9e dans ce cas. Il est \u00e9galement possible de recourir \u00e0 un traitement pharmacologique antiarythmique chez les patients pr\u00e9sentant une tachycardie \u00e0 complexes \u00e9troits r\u00e9guli\u00e8re sans pr\u00e9excitation, ce qui est extr\u00eamement rare de nos jours en raison du taux de r\u00e9ussite \u00e9lev\u00e9 de l&#8217;EPU\/RFA. Il existe des preuves de l&#8217;efficacit\u00e9 des m\u00e9dicaments du groupe des b\u00eatabloquants, du v\u00e9rapamil et de la digoxine. Dans 30 \u00e0 60% des cas, ces m\u00e9dicaments r\u00e9duisent la fr\u00e9quence et la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 des tachycardies [7], mais une suppression totale est extr\u00eamement rare. Les antiarythmiques de classe Ic ou III seraient th\u00e9oriquement envisageables en cas d&#8217;\u00e9chec des m\u00e9dicaments bloquant l&#8217;AV, mais un traitement \u00e0 long terme n&#8217;est g\u00e9n\u00e9ralement pas souhaitable en raison du profil d&#8217;effets secondaires.<\/p>\n<h2 id=\"conclusion\">Conclusion<\/h2>\n<p>Chez les patients pr\u00e9sentant une tachycardie \u00e0 complexes \u00e9troits, comme celle de notre patiente dans la vignette de cas, la clinique et l&#8217;ECG 12 d\u00e9rivations fournissent d\u00e9j\u00e0 des informations importantes pour la d\u00e9termination du diagnostic. L&#8217;\u00e9valuation initiale au service des urgences ou au cabinet m\u00e9dical doit inclure la r\u00e9gularit\u00e9 et le d\u00e9but de la tachycardie (sur l&#8217;ECG ou par le biais de l&#8217;anamn\u00e8se). Les diagnostics diff\u00e9rentiels d&#8217;une tachycardie \u00e0 complexes \u00e9troits r\u00e9guli\u00e8re incluent une TRNV, une TRNV, une tachycardie auriculaire et un flutter auriculaire. La fr\u00e9quence cardiaque peut fournir des indications suppl\u00e9mentaires. En cas de d\u00e9but soudain, ainsi que d&#8217;absence ou d&#8217;ondes P r\u00e9trogrades, une AVNRT est probable. L&#8217;\u00e9tape suivante consiste \u00e0 effectuer une man\u0153uvre vagale ou \u00e0 administrer de l&#8217;ad\u00e9nosine sous surveillance ECG continue. Une fois l&#8217;arythmie programm\u00e9e, l&#8217;ECG de repos doit \u00eatre examin\u00e9 \u00e0 la recherche de signes de pr\u00e9-excitation. Un examen \u00e9lectrophysiologique assure le diagnostic, l&#8217;ablation par radiofr\u00e9quence qui s&#8217;ensuit a une probabilit\u00e9 de succ\u00e8s de gu\u00e9rison du trouble du rythme de &gt;95%.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>Chez les patients pr\u00e9sentant une tachycardie \u00e0 complexes \u00e9troits, d\u00e9finie par une fr\u00e9quence cardiaque \u2265100 bpm (&#8220;battements par minute&#8221;) et une dur\u00e9e de QRS \u22640,12 seconde, la clinique et l&#8217;ECG 12 d\u00e9rivations fournissent d\u00e9j\u00e0 des indications importantes pour la recherche du diagnostic.<\/li>\n<li>Les diagnostics diff\u00e9rentiels d&#8217;une tachycardie \u00e0 complexes \u00e9troits r\u00e9guli\u00e8re comprennent une tachycardie par r\u00e9entr\u00e9e du n\u0153ud AV (AVNRT), une tachycardie par r\u00e9entr\u00e9e AV (AVRT), une tachycardie auriculaire et un flutter auriculaire. En cas de d\u00e9but soudain, ainsi que d&#8217;absence ou d&#8217;ondes P r\u00e9trogrades, une AVNRT est probable.<\/li>\n<li>La r\u00e9ponse aux man\u0153uvres vagales ou \u00e0 l&#8217;administration d&#8217;ad\u00e9nosine est extr\u00eamement utile non seulement sur le plan th\u00e9rapeutique, mais aussi sur le plan diagnostique, raison pour laquelle elle doit imp\u00e9rativement \u00eatre effectu\u00e9e sous monitorage ECG continu. Une fois l&#8217;arythmie programm\u00e9e, l&#8217;ECG de repos doit \u00eatre examin\u00e9 \u00e0 la recherche de signes de pr\u00e9-excitation.<\/li>\n<li>Un examen \u00e9lectrophysiologique permet de confirmer le diagnostic. L&#8217;ablation par radiofr\u00e9quence a une probabilit\u00e9 de succ\u00e8s de gu\u00e9rison du trouble du rythme de &gt;95%. Les complications sont extr\u00eamement rares.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Delacr\u00e9taz E : Tachycardie supraventriculaire. N Engl J Med 2006 ; 354(10) : 1039-1051.<\/li>\n<li>Link MS : Evaluation et traitement initial de la tachycardie supraventriculaire. N Engl J Med 2012 ; 367(15) : 1438-1448.<\/li>\n<li>Gonz\u00e1lez-Torrecilla E, et al. : EGC Diagnostic des tachycardies supraventriculaires paroxystiques chez les patients sans pr\u00e9-excitation. Ann Noninvasive Electrocardiol 2011 ; 16(1) : 85-95.<\/li>\n<li>Riccardi A, et al. : L&#8217;ad\u00e9nosine dans le traitement de la tachycardie supraventriculaire : 5 ans d&#8217;exp\u00e9rience (2002-2006). American Journal of Emergency Medicine 2008 ; 26 : 879-882.<\/li>\n<li>Kuck KH, et al : Radiofrequency current catheter ablation of accessory atrioventricular pathways. Lancet 1991 ; 337 : 1557-1561.<\/li>\n<li>Calkins H, et al : Diagnostic et traitement du syndrome de Wolff-Parkinson-White ou des tachycardies supraventriculaires paroxystiques lors d&#8217;un test \u00e9lectrophysiologique unique. N Engl J Med 1991 ; 324 : 1612-1618.<\/li>\n<li>Winniford MD, Fulton KL, Hillis LD : Traitement \u00e0 long terme de la tachycardie supraventriculaire paroxystique : une comparaison randomis\u00e9e en double aveugle de la digoxine, du propranolol et du v\u00e9rapamil. Am J Cardiol 1984 ; 54 : 1138-1139.<br \/>\n\t&nbsp;<\/li>\n<\/ol>\n<p>Litt\u00e9rature compl\u00e9mentaire :<\/p>\n<ul>\n<li>Arya A, et al : Diff\u00e9rencier la tachycardie auriculo-ventriculaire nodale r\u00e9entrante de la tachycardie via la voie accessoire cach\u00e9e. Am J Cardiol 2005 ; 95(7) : 875-878.<\/li>\n<li>Orejarena LA, et al : Paroxysmal supraventricular tachycardia in the general population. J Am Coll Cardiol 1998 ; 31(1) : 150-157.<\/li>\n<li>Katritsis DG, Camm AJ : Classification et traitement diff\u00e9rentiel des<\/li>\n<li>diagnostic de la tachycardie auriculo-ventriculaire nodale r\u00e9entrante. Europace 2006 ; 8(1) : 29-36.<\/li>\n<li>Page RL, et al : 2015 ACC\/AHA\/HRS Guideline for the Management of Adult Patients With Supraventricular Tachycardia : A Report of the American College of Cardiology\/American Heart Association Task Force on Clinical Practice Guidelines and the Heart Rhythm Society. Circulation 2016 ; 133(14) : e506-74.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>CARDIOVASC 2018 ; 17(3) : 12-17<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La tachycardie \u00e0 complexes \u00e9troits est d\u00e9finie par une fr\u00e9quence cardiaque \u2265100 bpm et une dur\u00e9e de QRS \u22640,12 sec. Le site d&#8217;origine est g\u00e9n\u00e9ralement supraventriculaire. 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