{"id":338042,"date":"2018-05-13T02:00:00","date_gmt":"2018-05-13T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/un-doux-reglement-de-comptes\/"},"modified":"2018-05-13T02:00:00","modified_gmt":"2018-05-13T00:00:00","slug":"un-doux-reglement-de-comptes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/un-doux-reglement-de-comptes\/","title":{"rendered":"Un doux r\u00e8glement de comptes"},"content":{"rendered":"<p><strong>41% de la population suisse est en surpoids. L&#8217;Association suisse du diab\u00e8te estime que pr\u00e8s de 500 000 personnes en Suisse sont atteintes de diab\u00e8te. Les diab\u00e9tiques ob\u00e8ses r\u00e9sistants \u00e0 l&#8217;insuline ont un risque accru de contracter une arm\u00e9e de maladies chroniques. Une analyse critique des causes de ces circonstances et de leurs relations.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>On attribue souvent cette citation \u00e0 Charles Darwin : &#8220;Ce n&#8217;est pas la plus forte des esp\u00e8ces qui survit, ni la plus intelligente. C&#8217;est celle qui est la plus adaptable au changement&#8221;.<br \/>\nDans son original de 1859 &#8220;On the Origin of Species&#8221;, on ne trouve effectivement pas cette citation, mais l&#8217;affirmation suivante : &#8220;Whatever the cause may be of each slight difference in the offspring from their parents &#8211; and a cause for each must exist &#8211; it is the steady accumulation, through natural selection, of such differences, when beneficial to the individual, that gives rise to all the more important modifications of structure, by which the innumerable beings face of this earth are enabled to struggle with each other, and the best adapted to survive&#8221;.<\/p>\n<p>Quoi qu&#8217;il en soit, l&#8217;adaptation ou la capacit\u00e9 d&#8217;adaptation semble \u00eatre une condition essentielle pour survivre sainement \u00e0 des changements environnementaux inhospitaliers ou destructeurs. L&#8217;adaptation prend toutefois beaucoup de temps.<\/p>\n<h2 id=\"les-maladies-jumelles-que-sont-lobesite-et-le-diabete\">Les maladies jumelles que sont l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 et le diab\u00e8te<\/h2>\n<p>Selon l&#8217;Enqu\u00eate suisse sur la sant\u00e9 de 2012, 41% de la population est en surpoids, 51% des hommes et 32% des femmes. En ce qui concerne l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 totale, les diff\u00e9rences entre hommes et femmes sont moins prononc\u00e9es (11 contre 9%). En l&#8217;espace de 20 ans, la proportion de personnes ob\u00e8ses a presque doubl\u00e9. Il est pass\u00e9 de 6 \u00e0 11% chez les hommes et de 5% \u00e0 9% chez les femmes. Les jeunes de 15 \u00e0 24 ans sont particuli\u00e8rement touch\u00e9s par cette augmentation [1].<br \/>\nL&#8217;Association suisse du diab\u00e8te rapporte des chiffres alarmants [2]. Elle estime que pr\u00e8s de 500 000 personnes sont atteintes de diab\u00e8te en Suisse, dont environ 40 000 sont des diab\u00e9tiques de type 1. Dans le monde, 415 millions de personnes sont atteintes de diab\u00e8te, ce qui repr\u00e9sente environ 5,6% de la population mondiale. En t\u00eate, on trouve la Chine avec environ 109, l&#8217;Inde avec 69, les \u00c9tats-Unis avec 29, le Br\u00e9sil avec 14 et la Russie avec 12 millions de diab\u00e9tiques. D&#8217;ici 2040, selon les estimations de la F\u00e9d\u00e9ration internationale du diab\u00e8te, environ 642 millions de personnes dans le monde seront atteintes de diab\u00e8te, soit une personne sur dix.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-10114\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/tab1_cv2_s27.png\" style=\"height:388px; width:400px\" width=\"901\" height=\"875\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans la seconde moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle, les populations occidentales et, plus r\u00e9cemment, les populations asiatiques et indig\u00e8nes ont connu une augmentation \u00e9pid\u00e9mique de l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 et du diab\u00e8te de type 2, qui constituent d\u00e9sormais certaines des maladies dominantes des temps modernes. La r\u00e9sistance \u00e0 l&#8217;insuline joue un r\u00f4le important dans les deux maladies. Les diab\u00e9tiques ob\u00e8ses r\u00e9sistants \u00e0 l&#8217;insuline ont un risque accru de contracter une arm\u00e9e de maladies chroniques. Le <strong>tableau 1<\/strong> pr\u00e9sente les &#8220;Western Diseases&#8221; d\u00e9crites par Burkitt &amp; Trowell et associ\u00e9es \u00e0 la r\u00e9sistance \u00e0 l&#8217;insuline.<\/p>\n<p>Comment expliquer ces observations ? Qu&#8217;est-ce qui a permis l&#8217;\u00e9mergence d&#8217;une \u00e9pid\u00e9mie aussi grave ?<\/p>\n<h2 id=\"le-syndrome-metabolique-et-vasculaire\">Le syndrome m\u00e9tabolique et vasculaire<\/h2>\n<p>Lechner et al. r\u00e9sument les recommandations nutritionnelles en cas de syndrome m\u00e9tabolique et vasculaire dans un article de synth\u00e8se tr\u00e8s int\u00e9ressant [4]. Ils postulent que le syndrome m\u00e9tabolique, les maladies cardiovasculaires, la st\u00e9atose h\u00e9patique non alcoolique (NAFLD) et les cancers les plus fr\u00e9quents (cancer du c\u00f4lon, du sein et de la prostate) ont des causes communes et les regroupent sous le nom de &#8220;syndrome m\u00e9tabolique-vasculaire&#8221;. La r\u00e9sistance \u00e0 l&#8217;insuline, qui s&#8217;accompagne d&#8217;une hyperinsulin\u00e9mie compensatoire, jouerait un r\u00f4le physiopathologique central. Gary Taubes, dans son livre &#8220;The Case Against Sugar&#8221; [5], d\u00e9crit l&#8217;hypoth\u00e8se ultime du &#8220;si\/si&#8221; : &#8220;Si ces maladies occidentales sont associ\u00e9es \u00e0 l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9, au diab\u00e8te, \u00e0 la r\u00e9sistance \u00e0 l&#8217;insuline et au syndrome m\u00e9tabolique, que beaucoup d&#8217;entre elles sont, alors ce qui provoque la r\u00e9sistance \u00e0 l&#8217;insuline et le syndrome m\u00e9tabolique est susceptible d&#8217;\u00eatre le d\u00e9clencheur alimentaire n\u00e9cessaire pour ces maladies, ou du moins un acteur cl\u00e9 dans la voie causale&#8221;.<\/p>\n<h2 id=\"recommandations-pour-la-reduction-des-graisses\">Recommandations pour la r\u00e9duction des graisses<\/h2>\n<p>En raison de l&#8217;augmentation des maladies cardiovasculaires, les autorit\u00e9s am\u00e9ricaines en 1977 et anglaises en 1983 ont introduit des recommandations nutritionnelles, toutes deux ax\u00e9es sur la limitation des graisses alimentaires. En particulier, sur la base de l&#8217;hypoth\u00e8se d&#8217;Ancel Keys sur les graisses, il a \u00e9t\u00e9 recommand\u00e9 de r\u00e9duire l&#8217;apport total en graisses \u00e0 &lt;30 pour cent \u00e9nerg\u00e9tique, les acides gras satur\u00e9s \u00e0 &lt;10 pour cent \u00e9nerg\u00e9tique et le cholest\u00e9rol \u00e0 &lt;300 mg\/jour. Cela a entra\u00een\u00e9, par compensation, une augmentation de la consommation d&#8217;aliments riches en amidon et en sucre [4]. Il n&#8217;y avait aucune preuve scientifique de l&#8217;introduction de ce &#8220;r\u00e9gime Step 1&#8221; pour 220 millions d&#8217;Am\u00e9ricains et 56 millions d&#8217;Anglais [6]. En 1956 [7], Ancel Keys, dans une analyse minutieuse de la litt\u00e9rature et de sa propre \u00e9tude m\u00e9tabolique contr\u00f4l\u00e9e, est arriv\u00e9 \u00e0 la conclusion suivante : &#8220;Il est conclu que chez les hommes adultes, le niveau de cholest\u00e9rol s\u00e9rique est essentiellement ind\u00e9pendant de l&#8217;apport en cholest\u00e9rol sur l&#8217;ensemble de la gamme des r\u00e9gimes alimentaires humains naturels&#8221;.<\/p>\n<p>Le cholest\u00e9rol alimentaire est d\u00e9sormais consid\u00e9r\u00e9 comme un nutriment s\u00fbr, y compris dans les derni\u00e8res directives di\u00e9t\u00e9tiques am\u00e9ricaines, et contrairement \u00e0 une opinion largement r\u00e9pandue, le niveau de l&#8217;apport total en graisses ne constitue pas un facteur de risque pour le d\u00e9veloppement de maladies m\u00e9taboliques et vasculaires [8,9]. Dans une analyse de l&#8217;\u00e9tude PURE r\u00e9cemment publi\u00e9e (Prospective Urban Rural Epidemiology, [10]), qui a examin\u00e9 les habitudes alimentaires de 135 335 personnes de 18 pays&nbsp;sur cinq continents&nbsp;, un r\u00e9gime alimentaire riche en graisses \u00e9tait associ\u00e9 au risque de mortalit\u00e9 le plus faible. En revanche, une teneur \u00e9lev\u00e9e en glucides \u00e9tait associ\u00e9e \u00e0 une mortalit\u00e9 globale plus \u00e9lev\u00e9e. Il convient de noter que cette grande \u00e9tude de cohorte portant sur des personnes \u00e2g\u00e9es de 35 \u00e0 70 ans sans ant\u00e9c\u00e9dents cardiovasculaires a \u00e9galement port\u00e9, pour la premi\u00e8re fois, sur des pays \u00e0 faible revenu. Lorsque l&#8217;on \u00e9tudie la litt\u00e9rature sur les graisses, ces r\u00e9sultats ne sont pas surprenants et il n&#8217;est donc pas \u00e9tonnant que les auteurs sugg\u00e8rent que les directives alimentaires mondiales devraient \u00eatre revues \u00e0 la lumi\u00e8re de ces r\u00e9sultats.<\/p>\n<h2 id=\"sucre-raffine-le-principal-suspect\">Sucre raffin\u00e9 &#8211; le principal suspect<\/h2>\n<p>Gary Taubes soutient dans son livre que la consommation croissante de sucre et de &#8220;high-fructose corn syrup&#8221; (sirop de ma\u00efs, sirop de glucose-fructose) est le d\u00e9clencheur nutritionnel responsable des &#8220;Western diseases&#8221;, c&#8217;est-\u00e0-dire d&#8217;une multitude de maladies chroniques. D\u00e8s 1950, Peter Cleave a fait \u00e9tat de ce qu&#8217;il a appel\u00e9 la &#8220;saccharine disease&#8221; : l&#8217;augmentation effrayante de la pourriture des dents constitue une cl\u00e9 \u00e9vidente pour expliquer les causes des &#8220;Western diseases&#8221;. &#8220;Ce serait une co\u00efncidence extraordinaire&#8221;, \u00e9crivait-il, &#8220;si ces carbohydrates raffin\u00e9s, qui sont connus pour provoquer de tels ravages sur les dents, n&#8217;avaient pas \u00e9galement des r\u00e9percussions profondes sur d&#8217;autres parties du canal alimentaire lors de leur passage le long de celui-ci, et sur d&#8217;autres parties du corps apr\u00e8s absorption par le canal&#8221;.<\/p>\n<p>En 150 ans, la consommation de sucre raffin\u00e9 a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9e par plus de treize en Suisse <strong>(tableau&nbsp;2).<\/strong> Selon Gastromed Suisse, les Suisses ont m\u00eame consomm\u00e9 52&nbsp;kg de sucre par habitant en 2014\/2015 [11].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10115 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/tab2_cv2_s28_0.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 921px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 921\/521;height:226px; width:400px\" width=\"921\" height=\"521\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/tab2_cv2_s28_0.png 921w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/tab2_cv2_s28_0-800x453.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/tab2_cv2_s28_0-120x68.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/tab2_cv2_s28_0-90x51.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/tab2_cv2_s28_0-320x181.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/tab2_cv2_s28_0-560x317.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 921px) 100vw, 921px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Du point de vue de l&#8217;\u00e9volution, 150 ans est une p\u00e9riode tr\u00e8s courte pour les processus d&#8217;adaptation de l&#8217;organisme. L&#8217;\u00e9pid\u00e9mie de maladies chroniques li\u00e9es \u00e0 une consommation excessive de glucides et \u00e0 une mauvaise qualit\u00e9 des glucides, combin\u00e9e \u00e0 l&#8217;inactivit\u00e9 musculaire largement r\u00e9pandue de nos jours, contribue \u00e0 la r\u00e9sistance \u00e0 l&#8217;insuline [12].<\/p>\n<h2 id=\"metabolisme-du-sucre\">M\u00e9tabolisme du sucre<\/h2>\n<p>Les glucides digestibles fournissent au corps des monosaccharides pour la production d&#8217;\u00e9nergie, les glucides non digestibles sont disponibles pour la fermentation dans le c\u00f4lon par les bact\u00e9ries intestinales <strong>(tableau&nbsp;3). <\/strong>Les fibres alimentaires interagissent avec le &#8220;microbiote&#8221; intestinal, r\u00e9duisent l&#8217;inflammation et ont ainsi une influence favorable sur le m\u00e9tabolisme des graisses. Le monosaccharide glucose peut \u00eatre absorb\u00e9 par n&#8217;importe quelle cellule du corps et br\u00fbl\u00e9 pour produire de l&#8217;\u00e9nergie. Tant que nous ne nous suralimentons pas durablement, le glucose ne pose pas non plus de probl\u00e8me. En revanche, le fructose est presque exclusivement absorb\u00e9 par le foie&nbsp;&nbsp; . Le processus de d\u00e9gradation produit du glucose, du lactate et des acides gras. Les r\u00e9gimes riches en fructose peuvent augmenter la lipogen\u00e8se h\u00e9patique de novo et la concentration plasmatique de triglyc\u00e9rides.<\/p>\n<h2 id=\"\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"-2\"><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10116 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/tab3_cv2_s28.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 849px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 849\/477;height:225px; width:400px\" width=\"849\" height=\"477\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/h2>\n<h2 id=\"-3\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"qualite-des-glucides\">Qualit\u00e9 des glucides<\/h2>\n<p>Lechner et al. [4] expliquent dans leur article que la qualit\u00e9 des glucides est d&#8217;une importance capitale en ce qui concerne le risque m\u00e9tabolique et vasculaire. Elle influence &#8211; en partie ind\u00e9pendamment des calories &#8211; les signaux endocriniens tels que la faim et la sati\u00e9t\u00e9, la lipogen\u00e8se h\u00e9patique de novo, le syst\u00e8me central de r\u00e9compense et le microbiome intestinal. L&#8217;apport en glucides provenant d&#8217;aliments transform\u00e9s, riches en sucres ajout\u00e9s et en amidon raffin\u00e9, est nettement plus insulinog\u00e8ne que l&#8217;apport en glucides provenant d&#8217;aliments naturels, qui sont g\u00e9n\u00e9ralement riches en fibres. Un bon marqueur pour \u00e9valuer la qualit\u00e9 des glucides est le quotient des glucides et de la teneur en fibres (fibres alimentaires). Un ratio &lt;5:1 indique des sources de glucides de tr\u00e8s bonne qualit\u00e9, tandis qu&#8217;un ratio de &gt;10:1 indique des sources de glucides non recommand\u00e9es.<\/p>\n<p>La qualit\u00e9 et la digestibilit\u00e9 des glucides peuvent influencer la concentration de glucose plasmatique postprandiale et la r\u00e9ponse inflammatoire qui, selon le volume d&#8217;ingestion des glucides, peuvent favoriser le d\u00e9veloppement de la r\u00e9sistance \u00e0 l&#8217;insuline, du syndrome m\u00e9tabolique et du diab\u00e8te de type 2. Les aliments \u00e0 index glyc\u00e9mique (IG) et charge glyc\u00e9mique (CG) \u00e9lev\u00e9s sont associ\u00e9s \u00e0 un risque accru de &#8220;Western Diseases&#8221;, comme indiqu\u00e9 ci-dessus. La r\u00e9duction de l&#8217;IG et des GL am\u00e9liore le contr\u00f4le m\u00e9tabolique, l&#8217;augmentation du rapport prot\u00e9ines\/glucides r\u00e9duit la glyc\u00e9mie, l&#8217;inflammation peut \u00eatre att\u00e9nu\u00e9e par des modifications nutritionnelles [12].<\/p>\n<h2 id=\"du-metaboliquement-sain-au-metaboliquement-malade\">Du m\u00e9taboliquement sain au m\u00e9taboliquement malade<\/h2>\n<p>Le contenu lipidique intrah\u00e9patique est associ\u00e9 au d\u00e9veloppement du diab\u00e8te de type 2 ainsi qu&#8217;\u00e0 la dyslipid\u00e9mie ath\u00e9rog\u00e8ne (HDL bas, triglyc\u00e9rides \u00e9lev\u00e9s). L&#8217;apport excessif de certains glucides entra\u00eene une augmentation de la lipogen\u00e8se h\u00e9patique de novo et de la &#8220;sortie&#8221; du foie de particules VLDL riches en triglyc\u00e9rides, qui fournissent des graisses, du cholest\u00e9rol et des antioxydants essentiels \u00e0 tous les tissus. Les triglyc\u00e9rides sont davantage stock\u00e9s de mani\u00e8re ectopique dans les organes visc\u00e9raux apr\u00e8s \u00e9puisement de la capacit\u00e9 de stockage des adipocytes en expansion. L&#8217;hypertrophie des adipocytes est \u00e0 son tour associ\u00e9e \u00e0 l&#8217;accumulation de macrophages dans le tissu adipeux blanc, ce qui entra\u00eene finalement la mort des adipocytes avec une lib\u00e9ration accrue de cytokines pro-inflammatoires. Cela entra\u00eene, selon un cercle vicieux, une augmentation de la graisse du foie (NAFLD), ce qui favorise la r\u00e9sistance \u00e0 l&#8217;insuline. Un exc\u00e8s de glucose et de fructose dans le sang entra\u00eene des dommages de glycation des prot\u00e9ines, qui ne peuvent plus assurer leur fonction. Avec le temps, des &#8220;d\u00e9bris prot\u00e9iques&#8221; glyqu\u00e9s (advanced glycation end products, AGE) s&#8217;accumulent. Ils jouent un r\u00f4le critique dans certains processus de vieillissement, dans l&#8217;ath\u00e9roscl\u00e9rose et dans les cons\u00e9quences \u00e0 long terme du diab\u00e8te de type 2 [13]. Cette spirale n\u00e9gative est d\u00e9crite par Seneff et al.  [13]  renforc\u00e9e dans le cadre d&#8217;un r\u00e9gime pauvre en graisses et en cholest\u00e9rol mais riche en fructose.<\/p>\n<p>Une r\u00e9sistance \u00e0 l&#8217;insuline&nbsp;&nbsp; du foie repr\u00e9sente une perturbation massive de l&#8217;ensemble du m\u00e9tabolisme des glucides. L&#8217;organisme s\u00e9cr\u00e8te trop d&#8217;insuline et ne parvient pourtant plus \u00e0 faire varier le taux de glucose dans le sang en fonction des besoins. Cela favorise non seulement l&#8217;apparition du diab\u00e8te de type 2, mais peut \u00e9galement entra\u00eener une ob\u00e9sit\u00e9 et, au fil du temps, une hypertension et une dyslipid\u00e9mie ath\u00e9rog\u00e8ne typique avec un exc\u00e8s de triglyc\u00e9rides et un faible taux de HDL. Lorsque tous ces \u00e9l\u00e9ments sont r\u00e9unis, on parle de&nbsp;syndrome m\u00e9tabolique. Ces d\u00e9veloppements peuvent constituer une base sur laquelle de nombreuses &#8220;Western Diseases&#8221; peuvent se d\u00e9velopper particuli\u00e8rement t\u00f4t et rapidement.<\/p>\n<p>L&#8217;exc\u00e8s de nourriture et le manque d&#8217;exercice sont souvent mis en avant pour expliquer l&#8217;augmentation inqui\u00e9tante des &#8220;Western Diseases&#8221;. D&#8217;apr\u00e8s ce qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit, une r\u00e9ponse beaucoup plus simple et probable ne pourrait-elle pas \u00eatre correcte &#8211; le sucre ?<\/p>\n<h2 id=\"quels-sont-les-modeles-alimentaires-a-recommander\">Quels sont les mod\u00e8les alimentaires \u00e0 recommander ?<\/h2>\n<p>Une strat\u00e9gie alimentaire optimale ou des mod\u00e8les alimentaires sains devraient pr\u00e9server la sant\u00e9 et \u00eatre efficaces en termes de pr\u00e9vention primaire contre les maladies chroniques. Id\u00e9alement, ils devraient convenir aux personnes en bonne sant\u00e9 m\u00e9tabolique, emp\u00eacher la progression des changements m\u00e9taboliques infracliniques vers la maladie manifeste, tout en constituant un traitement optimal pour les personnes d\u00e9j\u00e0 atteintes.<\/p>\n<p>La meilleure strat\u00e9gie nutritionnelle fond\u00e9e sur des preuves pour la pr\u00e9vention et le traitement du diab\u00e8te sucr\u00e9 doit r\u00e9duire la glyc\u00e9mie et l&#8217;insulin\u00e9mie postprandiales sans avoir d&#8217;effets n\u00e9gatifs sur les autres facteurs de risque. Les r\u00e9gimes m\u00e9diterran\u00e9ens sains et les r\u00e9gimes \u00e0 faible IG\/GL (par exemple, les r\u00e9gimes v\u00e9g\u00e9tariens) peuvent \u00eatre recommand\u00e9s \u00e0 la place des r\u00e9gimes conventionnels \u00e0 faible teneur en graisses.<\/p>\n<h2 id=\"conclusions\">Conclusions<\/h2>\n<p>Manger sainement doit conduire automatiquement, sans compter les calories, \u00e0 un apport nutritionnel \u00e9quilibr\u00e9 et plus faible en \u00e9nergie. Mais la &#8220;bonne alimentation&#8221; doit r\u00e9pondre \u00e0 bien d&#8217;autres exigences : Elle doit \u00eatre savoureuse, r\u00e9alisable sans interdits, vari\u00e9e, savoureuse, sensuelle, adaptable aux habitudes socioculturelles et individuelles, adapt\u00e9e aux jeunes et aux moins jeunes, aux personnes en bonne sant\u00e9 et aux malades, et fond\u00e9e sur des donn\u00e9es probantes.<\/p>\n<p>Le r\u00e9gime m\u00e9diterran\u00e9en est recommand\u00e9 comme exemple de r\u00e9gime sain, car il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 qu&#8217;il entra\u00eenait une r\u00e9duction significative de la mortalit\u00e9 par infarctus du myocarde [14] et qu&#8217;il \u00e9tait associ\u00e9 \u00e0 une r\u00e9duction de la mortalit\u00e9 totale et par cancer [15].<\/p>\n<p>En fin de compte, il s&#8217;agit d&#8217;un mode de vie sain qui ne met pas l&#8217;accent sur la nourriture, mais sur le plaisir mod\u00e9r\u00e9. La question de savoir si le mode de vie m\u00e9diterran\u00e9en est en soi bon pour la sant\u00e9 reste ouverte. Pourquoi ne pas r\u00e9introduire la sieste et laisser l&#8217;agitation quotidienne derri\u00e8re nous ? Car comme le dit un vieux proverbe allemand : &#8220;Avoir v\u00e9cu joyeusement et \u00eatre mort b\u00e9atement, c&#8217;est avoir g\u00e2ch\u00e9 le compte du diable&#8221;.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>Une bonne qualit\u00e9 alimentaire a une influence favorable sur le risque m\u00e9tabolique et vasculaire.<\/li>\n<li>En pr\u00e9sence d&#8217;une r\u00e9sistance \u00e0 l&#8217;insuline, la r\u00e9duction de la charge glyc\u00e9mique est la mesure nutritionnelle th\u00e9rapeutique la plus judicieuse.<\/li>\n<li>Compter les calories et se concentrer sur des nutriments isol\u00e9s est d\u00e9pass\u00e9.<\/li>\n<li>Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que l&#8217;adaptation de mod\u00e8les alimentaires m\u00e9diterran\u00e9ens entra\u00eene une r\u00e9duction significative de la mortalit\u00e9 par infarctus du myocarde et est associ\u00e9e \u00e0 une r\u00e9duction de la mortalit\u00e9 totale et par cancer.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>L&#8217;auteur n&#8217;a pas de d\u00e9pendance financi\u00e8re par rapport \u00e0 l&#8217;article.<\/em><\/p>\n<p>\nLitt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique : Enqu\u00eate suisse sur la sant\u00e9 2012. www.bfs.admin.ch\/bfs\/de\/home\/statistiken\/gesundheit\/erhebungen\/sgb.html<\/li>\n<li>DiabetesSchweiz : Facts + Figures. www.diabetesschweiz.ch\/diabetes\/facts-figures\/<\/li>\n<li>Hugh Trowell et Denis Burkitt, Western Diseases : Their Emergence and Prevention, 1981.<\/li>\n<li>Lechner K, et al : Recommandations nutritionnelles en cas de syndrome m\u00e9tabolique et vasculaire. Dtsch Med Wochenschr 2017 ; 142 : 1613-1626.<\/li>\n<li>Gary Taube : The Case Against Sugar. Premi\u00e8re \u00e9dition. Bouton, New York, 2016.<\/li>\n<li>Harcombe Z, et al : Evidence from randomized controlled trials did not support introduction of dietary fat guidelines in 1977 and 1983 : a systematic review and metaanalysis. Open Heart 2015 ; 2 : e000196.<\/li>\n<li>Keys A, et al : Diet and serum cholesterol in man. Absence d&#8217;effet du cholest\u00e9rol alimentaire. J Nutr 1956 ; 59(1) : 39-56<\/li>\n<li>Mozaffarian D, Ludwig DS : The 2015 US Dietary Guidelines : Lifting the ban on total dietary fat. J Am Med Assoc 2015 ; 313 : 2421-2422.<\/li>\n<li>Mozaffarian D : Aliments, nutriments et sant\u00e9 : quand nos politiques seront-elles en phase avec la science de la nutrition ? Lancet Diabetes Endocrinology 2016 ; 5(2) : 85-88.<\/li>\n<li>Dehghan M, et al : Associations of fats and carbohydrate intake with cardiovascular disease and mortality in 18 countries from five continents (PURE) : a prospective cohort study. Lancet 2017 ; 390(10107) : 2050-2062.<\/li>\n<li>Gastromed Suisse : Nutrition. Sant\u00e9 : Quelle est la nocivit\u00e9 du sucre, 2015. www.gastromed-suisse.ch<\/li>\n<li>Barazzoni R, et al : Carbohydrates and insulin resistance in clinical nutrition : Recommendations from the ESPEN expert group. Clin Nutr 2017 ; 36 : 355-363.<\/li>\n<li>Seneff S, et al. : Le syndrome m\u00e9tabolique est-il caus\u00e9 par un r\u00e9gime riche en fructose, et relativement pauvre en graisses et en cholest\u00e9rol ? Arch Med Sci 2011 ; 1 : 8-20.<\/li>\n<li>de Lorgeril M, et al : R\u00e9gime m\u00e9diterran\u00e9en, facteurs de risque traditionnels et taux de complications cardiovasculaires apr\u00e8s infarctus du myocarde. Rapport final de l&#8217;\u00e9tude Lyon Diet Heart Study. Circulation 1999 ; 99 : 779-785.<\/li>\n<li>Vormund K, et al : Mediterranean diet and mortality in Switzerland : an alpine paradox ? Eur J Nutr 2015 ; 54(1) : 139-148.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>CARDIOVASC 2018 ; 17(2) : 26-30<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>41% de la population suisse est en surpoids. L&#8217;Association suisse du diab\u00e8te estime que pr\u00e8s de 500 000 personnes en Suisse sont atteintes de diab\u00e8te. 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