{"id":338053,"date":"2018-05-17T02:00:00","date_gmt":"2018-05-17T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/role-du-btx-dans-la-prevention-des-rides\/"},"modified":"2018-05-17T02:00:00","modified_gmt":"2018-05-17T00:00:00","slug":"role-du-btx-dans-la-prevention-des-rides","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/role-du-btx-dans-la-prevention-des-rides\/","title":{"rendered":"R\u00f4le du BTX dans la pr\u00e9vention des rides"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>Question :<\/em> Quel est l&#8217;effet de la toxine botulique (BTX) lorsqu&#8217;elle est utilis\u00e9e \u00e0 titre prophylactique ?<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p><strong>Contexte :<\/strong> l&#8217;activit\u00e9 mim\u00e9tique entra\u00eene des rides d&#8217;expression qui peuvent &#8220;s&#8217;incruster&#8221; dans la peau au fil du temps. En cas de forte activit\u00e9 mim\u00e9tique, souvent m\u00eame inconsciente, ce processus est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9. De Maio parle de patients &#8220;hyperkin\u00e9tiques&#8221; [1]. Il s&#8217;agit de &#8220;victimes de la mimique involontaire&#8221;, elles bougent les muscles sans s&#8217;en rendre compte, par exemple en fron\u00e7ant les sourcils ou en les contractant lorsqu&#8217;elles doivent lire ou se concentrer d&#8217;une autre mani\u00e8re. Les rides d&#8217;expression s&#8217;inscrivent ainsi plus rapidement dans l&#8217;apparence de la peau et restent visibles m\u00eame lorsque le mouvement d&#8217;expression en question n&#8217;a pas lieu (c&#8217;est-\u00e0-dire au repos).<\/p>\n<p>La toxine botulique A r\u00e9duit l&#8217;activit\u00e9 mim\u00e9tique et donc le risque de rides. Les rides d&#8217;expression, c&#8217;est-\u00e0-dire les rides dues \u00e0 une hyperactivit\u00e9 musculaire, peuvent \u00eatre trait\u00e9es de mani\u00e8re satisfaisante [2]. Il est important de s&#8217;adapter \u00e0 l&#8217;activit\u00e9 musculaire [3]. La dur\u00e9e d&#8217;action d\u00e9pend \u00e9galement de l&#8217;activit\u00e9 musculaire et de la dose utilis\u00e9e.<\/p>\n<p>L&#8217;utilisation du BTX en situation pr\u00e9ventive, c&#8217;est-\u00e0-dire chez des patients plus jeunes qui n&#8217;ont pas encore de rides d&#8217;expression &#8220;creus\u00e9es&#8221; cliniquement visibles, sera discut\u00e9e dans les paragraphes suivants. Avec le score de Glogau [4], on pourrait les qualifier de patients de type I &#8211; ceci par rapport \u00e0 ceux dont les rides sont &#8220;creus\u00e9es&#8221; m\u00eame au repos (Glogau III) <strong>(Fig. 1).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-10126\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/abb1_dp2_s27_0.jpg\" style=\"height:227px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"416\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/abb1_dp2_s27_0.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/abb1_dp2_s27_0-800x303.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/abb1_dp2_s27_0-120x45.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/abb1_dp2_s27_0-90x34.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/abb1_dp2_s27_0-320x121.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/abb1_dp2_s27_0-560x212.jpg 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Patients et m\u00e9thodologie : <\/strong>deux s\u0153urs jumelles identiques de 38 ans ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9es. L&#8217;une des deux (patiente &#8220;pr\u00e9ventive&#8221;) avait re\u00e7u deux \u00e0 trois traitements BTX par an dans la r\u00e9gion du front et de la glabelle au cours des 13 derni\u00e8res ann\u00e9es. En outre, deux traitements BTX au total dans la r\u00e9gion des &#8220;pattes d&#8217;oie&#8221; (yeux lat\u00e9raux) au cours des deux derni\u00e8res ann\u00e9es. Sa derni\u00e8re injection avant l&#8217;\u00e9valuation du front, de la glabelle et de la partie lat\u00e9rale de l&#8217;\u0153il au repos remontait \u00e0 quatre mois. L&#8217;\u00e9valuation en \u00e9tat de rire a eu lieu sept mois apr\u00e8s la derni\u00e8re injection.<\/p>\n<p>L&#8217;autre jumelle (patiente &#8220;trait\u00e9e sporadiquement&#8221;) a re\u00e7u exclusivement deux traitements BTX dans la r\u00e9gion frontale et glabellaire, l&#8217;un remontant \u00e0 sept ans et l&#8217;autre \u00e0 trois ans.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sultats :<\/strong> La th\u00e9rapie BTX n&#8217;a pas entra\u00een\u00e9 d&#8217;effets secondaires chez les deux jumeaux.<\/p>\n<p>Compar\u00e9 au jumeau trait\u00e9 sporadiquement, le jumeau trait\u00e9 pr\u00e9ventivement ne pr\u00e9sentait pas de rides d&#8217;expression visibles au repos dans la r\u00e9gion du front et de la glabelle.<br \/>\nComme on pouvait s&#8217;y attendre, aucune diff\u00e9rence n&#8217;a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9e au repos entre les deux patientes au niveau de la &#8220;patte d&#8217;oie&#8221; &#8211; apr\u00e8s tout, le traitement de la jumelle pr\u00e9ventive n&#8217;avait commenc\u00e9 que deux ans auparavant. Le visage souriant, l&#8217;infirmi\u00e8re trait\u00e9e montrait alors nettement moins de rides.<\/p>\n<p>Afin d&#8217;exclure ou de &#8220;contr\u00f4ler&#8221; d&#8217;autres facteurs de vieillissement de la peau et de formation de rides, la r\u00e9gion naso-labiale a servi de comparaison. Ici, les rides \u00e9taient au moins aussi prononc\u00e9es chez le jumeau trait\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement que chez le jumeau trait\u00e9 sporadiquement, m\u00eame au repos. Selon l&#8217;auteur, on peut donc supposer un vieillissement de la peau comparable.<\/p>\n<p><strong>Conclusion de l&#8217;auteur : <\/strong>la comparaison de vrais jumeaux prouve qu&#8217;un traitement \u00e0 long terme au BTX peut emp\u00eacher le d\u00e9veloppement de rides d&#8217;expression &#8220;incrust\u00e9es&#8221; (appel\u00e9es rides de col\u00e8re, rides d&#8217;inqui\u00e9tude et rides du sourire). Il est possible que les patients &#8220;s&#8217;habituent&#8221; \u00e0 ne pas ou peu contracter les muscles concern\u00e9s, ce qui emp\u00eache l&#8217;hyperactivit\u00e9 musculaire et donc les rides de se former au repos.<\/p>\n<p><strong>Suivi : <\/strong>une mise \u00e0 jour apr\u00e8s six ann\u00e9es suppl\u00e9mentaires [5] a confirm\u00e9 les r\u00e9sultats initiaux. La patiente &#8220;pr\u00e9ventive&#8221; avait continu\u00e9 \u00e0 recevoir deux \u00e0 trois traitements BTX dans le front\/la glabelle (pendant 19 ans au total) et, depuis huit ans, dans la r\u00e9gion de la &#8220;patte d&#8217;oie&#8221;. La dose a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es. L&#8217;autre jumeau avait alors re\u00e7u un total de quatre traitements (il y a deux, neuf et treize ans). Six mois apr\u00e8s le dernier traitement, il n&#8217;y avait toujours pas de rides d&#8217;expression &#8220;incrust\u00e9es&#8221; au repos sur le jumeau &#8220;pr\u00e9ventif&#8221; (glabelle et front). Ceci contrairement \u00e0 l&#8217;autre jumeau. Des diff\u00e9rences \u00e9taient \u00e9galement visibles au niveau de la &#8220;patte d&#8217;oie&#8221;, avec des rides plus profondes chez la patiente &#8220;trait\u00e9e sporadiquement&#8221;. Aucun des jumeaux ne consommait de tabac, les deux avaient un r\u00e9gime alimentaire sain comparable et les deux travaillaient dans des conditions de bureau similaires, selon les auteurs. De plus, l&#8217;exposition aux UV serait plus forte chez le jumeau &#8220;pr\u00e9ventif&#8221; (Los Angeles) que chez l&#8217;autre (Munich).<\/p>\n<h2 id=\"commentaire-du-professeur-rzany-la-prevention-prend-du-temps\">Commentaire du professeur Rzany : &#8220;La pr\u00e9vention prend du temps&#8221;.<\/h2>\n<p>La pr\u00e9vention n&#8217;est pas la m\u00eame pour tous. Il faut distinguer la pr\u00e9vention primaire, la pr\u00e9vention secondaire et la pr\u00e9vention tertiaire. La pr\u00e9vention tertiaire consiste davantage \u00e0 traiter qu&#8217;\u00e0 pr\u00e9venir, c&#8217;est-\u00e0-dire que si l&#8217;on prend l&#8217;exemple des plis de la glabelle, la pr\u00e9vention tertiaire implique un pli fibrotique profond qui ne peut plus \u00eatre r\u00e9duit manuellement. Proposer ici la toxine botulique comme seul traitement n&#8217;a gu\u00e8re de sens. La situation est tr\u00e8s diff\u00e9rente chez les patients qui ne pr\u00e9sentent pas de rides statiques au niveau de la glabelle, mais des rides actives qui ne se forment que lorsque les muscles mim\u00e9tiques se contractent. Dans ce cas, la toxine botulique A est le produit de choix.<\/p>\n<p>La toxine botulique A est le rem\u00e8de de choix &#8211; bien que les preuves soient maigres. Il n&#8217;y a que l&#8217;\u00e9tude de jumeaux de Binder mentionn\u00e9e plus haut qui, en comparant deux s\u0153urs, montre nettement moins de rides chez l&#8217;une des s\u0153urs qui a suivi un traitement r\u00e9gulier \u00e0 la toxine botulique. Pourquoi y a-t-il si peu de donn\u00e9es ?<\/p>\n<p>La pr\u00e9vention prend du temps, c&#8217;est-\u00e0-dire que la dur\u00e9e habituelle d&#8217;une \u00e9tude d&#8217;un an, voire de deux ans, n&#8217;est pas suffisante pour mettre en \u00e9vidence des diff\u00e9rences cliniquement tangibles. Mener une \u00e9tude clinique &#8211; l&#8217;\u00e9talon-or des preuves &#8211; sur une p\u00e9riode aussi longue est un d\u00e9fi logique qui soul\u00e8ve en outre des questions \u00e9thiques : Si les experts s&#8217;accordent \u00e0 dire que la toxine botulique A emp\u00eache la formation des rides de la glabelle, peut-on encore mener une \u00e9tude randomis\u00e9e sur cinq \u00e0 dix ans ?<\/p>\n<p>Et c&#8217;est l\u00e0 que nous en sommes au consensus, c&#8217;est-\u00e0-dire \u00e0 l&#8217;expertise. Il existe un consensus parmi les coll\u00e8gues qui ont des ann\u00e9es d&#8217;exp\u00e9rience dans l&#8217;utilisation de la toxine botulique A, selon lequel les rides glabellaires statiques peuvent \u00eatre \u00e9vit\u00e9es par un traitement pr\u00e9coce \u00e0 la toxine botulique [6]. Et si l&#8217;on veut aller plus loin, un traitement pr\u00e9coce permet non seulement de r\u00e9duire les rides de la glabelle, mais aussi de renforcer un sentiment de vie positif. En effet, la toxine botulique dans la zone glabellaire a &#8211; plusieurs \u00e9tudes le montrent clairement &#8211; un effet antid\u00e9presseur [7].<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, la toxine botulique A peut donc \u00eatre utilis\u00e9e pour la pr\u00e9vention ou le traitement des troubles de l&#8217;humeur. \u00e9viter les rides statiques (cr\u00e9\u00e9es \u00e0 l&#8217;origine par des mouvements d&#8217;expression). Son utilisation est particuli\u00e8rement indiqu\u00e9e pour les indications o\u00f9 les rides &#8211; comme dans la zone de la glabelle &#8211; sont associ\u00e9es \u00e0 des \u00e9motions n\u00e9gatives. Utilis\u00e9 \u00e0 un stade pr\u00e9coce, il permet non seulement de r\u00e9duire les rides statiques, mais aussi probablement d&#8217;obtenir une personne plus \u00e9quilibr\u00e9e et plus positive face \u00e0 la vie.<\/p>\n<h2 id=\"commentaire-du-dr-zenker-considerer-le-patient-dans-sa-globalite\">Commentaire du Dr Zenker : &#8220;Consid\u00e9rer le patient dans sa globalit\u00e9&#8221;.<\/h2>\n<p>La &#8220;pr\u00e9vention des rides&#8221; avec le BTX (chez les patients de type Glogau I, c&#8217;est-\u00e0-dire sans rides cliniquement visibles) est un domaine relativement difficile d&#8217;acc\u00e8s pour les \u00e9tudes. D&#8217;une part, chaque patient d\u00e9veloppe des rides de mani\u00e8re individuelle. Outre des facteurs externes tels que l&#8217;exposition aux UV et la pr\u00e9disposition g\u00e9n\u00e9tique, cela est \u00e9galement li\u00e9 au comportement mim\u00e9tique individuel. En raison de cette individualit\u00e9 et de la grande amplitude, il manque souvent un groupe de comparaison dans la situation d&#8217;\u00e9tude. Comment \u00e9valuer comment l&#8217;aspect des rides de chaque patient aurait \u00e9volu\u00e9 si le BTX n&#8217;avait pas \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 &#8220;pr\u00e9ventivement&#8221;, mais plus tard ? Binder \u00e9chappe \u00e0 ce dilemme en observant des jumeaux identiques. Implicitement, l&#8217;\u00e9tude suppose que les jumeaux se ressemblent tellement dans le d\u00e9veloppement naturel des rides (et que tous les autres facteurs mentionn\u00e9s pour la formation des rides sont donc contr\u00f4l\u00e9s) qu&#8217;il devient possible de comparer un traitement BTX &#8220;pr\u00e9ventif&#8221; et un traitement largement absent. Outre les variables individuelles du patient, celles du m\u00e9decin traitant (dosage, technique d&#8217;injection, etc.) jouent \u00e9galement un r\u00f4le, ce qui rend encore plus difficile la comparaison au niveau de l&#8217;\u00e9tude.<\/p>\n<p>Dans l&#8217;utilisation clinique quotidienne du BTX, notamment \u00e0 titre &#8220;pr\u00e9ventif&#8221;, c&#8217;est-\u00e0-dire chez les patients atteints de la maladie de Glogau I, certains aspects me semblent importants. Tout d&#8217;abord, le patient doit toujours \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 dans sa globalit\u00e9 : Pour quelles raisons souhaite-t-il \u00eatre trait\u00e9 ? Qu&#8217;esp\u00e8re-t-il en retirer ? Quelle est son image de soi et sa vision de la vie ? Quels moyens financiers est-il pr\u00eat \u00e0 investir dans son apparence ? Ce qui est s\u00fbr, c&#8217;est que le BTX a une dur\u00e9e d&#8217;action d\u00e9termin\u00e9e et qu&#8217;il s&#8217;agit donc d&#8217;un m\u00e9dicament qui exige une fr\u00e9quence de traitement r\u00e9guli\u00e8re (qu&#8217;il soit utilis\u00e9 &#8220;pr\u00e9ventivement&#8221; ou non). Cela &#8220;co\u00fbte cher&#8221; et peut entra\u00eener chez certains patients &#8211; en particulier chez les plus vuln\u00e9rables &#8211; une sorte de &#8220;comportement addictif&#8221; (on g\u00e9n\u00e8re un besoin qui n&#8217;est pas &#8220;n\u00e9cessaire&#8221; d&#8217;un point de vue curatif !) Les facteurs qui conditionnent la satisfaction de sa propre vie sont si nombreux et complexes qu&#8217;il faut \u00eatre conscient que la pr\u00e9vention des rides &#8211; si elle existe &#8211; ne peut contribuer que partiellement \u00e0 une attitude et une image positives de la vie. En tant que m\u00e9decin, il est de la responsabilit\u00e9 du praticien d&#8217;\u00e9tablir de mani\u00e8re ad\u00e9quate la situation diagnostique et personnelle du patient avant tout traitement et d&#8217;en tenir compte dans le choix de la th\u00e9rapie.<\/p>\n<p>Outre ses effets, toute th\u00e9rapie comporte des effets secondaires et des risques. Dans le cas du BTX, il peut s&#8217;agir d&#8217;\u00e9v\u00e9nements temporaires tels que des piq\u00fbres, des maux de t\u00eate, des h\u00e9matomes, etc. L\u00e0 encore, il faut bien entendu le mentionner lors de l&#8217;entretien avec le patient.<\/p>\n<p>En outre, il y a toujours des cas qui ne r\u00e9agissent plus de mani\u00e8re ad\u00e9quate (c.-\u00e0-d. insuffisamment ou moins longtemps qu&#8217;auparavant) \u00e0 des doses de BTX en fait &#8220;raisonnables&#8221; &#8211; ceci est particuli\u00e8rement pertinent dans le contexte de la question de la formation \u00e9ventuelle d&#8217;anticorps. Il se peut que ces patients vous &#8220;abandonnent&#8221; en vous disant &#8220;que cela a mieux fonctionn\u00e9 chez un autre m\u00e9decin et que l&#8217;effet a donc dur\u00e9 plus longtemps&#8221; (ce qui s&#8217;av\u00e8re g\u00e9n\u00e9ralement inexact apr\u00e8s un examen plus approfondi). Ainsi, les changements de m\u00e9decins peuvent \u00eatre fr\u00e9quents. La dose de BTX administr\u00e9e est en somme beaucoup trop \u00e9lev\u00e9e et n&#8217;a pas d&#8217;effet th\u00e9rapeutique ad\u00e9quat ; la situation r\u00e9elle est ainsi souvent m\u00e9connue : En effet, il faudrait se demander &#8211; et le prouver par la formation d&#8217;anticorps dans le sang &#8211; s&#8217;il ne s&#8217;agit pas ici de cas &#8220;r\u00e9sistants&#8221; au BTX, c&#8217;est-\u00e0-dire d&#8217;une v\u00e9ritable formation d&#8217;anticorps contre la toxine botulinique de type A. En effet, la toxine botulinique de type A n&#8217;est pas une substance chimique, mais un produit chimique. La formation d&#8217;anticorps peut tout \u00e0 fait se produire apr\u00e8s quelques traitements avec le BTX (comme je l&#8217;ai constat\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises au cours de mon activit\u00e9).<\/p>\n<p>Il faut \u00e9galement se demander si une pr\u00e9vention des rides par BTX commenc\u00e9e t\u00f4t, qui peut impliquer une fr\u00e9quence de traitement consid\u00e9rable et donc une dose cumul\u00e9e \u00e9lev\u00e9e pendant de nombreuses ann\u00e9es, voire des d\u00e9cennies, est &#8220;justifiable&#8221; d&#8217;un point de vue m\u00e9dical et \u00e9thique pour une indication esth\u00e9tique. Enfin, outre le traitement des rides, il existe de nombreuses autres indications m\u00e9dicales (entre autres neurologiques, gyn\u00e9cologiques, hyperhidrose, etc.) Dans ce cas, une perte d&#8217;efficacit\u00e9 du BTX serait bien plus probl\u00e9matique !<\/p>\n<p>Bien entendu, les aspects mentionn\u00e9s ne s&#8217;appliquent pas uniquement \u00e0 la situation &#8220;pr\u00e9ventive&#8221;. Il est toutefois important, en particulier avec les jeunes patients, d&#8217;attirer l&#8217;attention sur la perspective \u00e0 long terme de ce traitement, sur son profil d&#8217;efficacit\u00e9 et d&#8217;effets secondaires, sur les aspects financiers et sur le risque, au moins th\u00e9orique, d&#8217;une \u00e9ventuelle r\u00e9ponse insuffisante. En effet, c&#8217;est la seule fa\u00e7on d&#8217;utiliser le m\u00e9dicament de mani\u00e8re responsable.<\/p>\n<p>Pour conclure, je recommanderais de parler d&#8217;un &#8220;accompagnement&#8221; pr\u00e9coce du patient plut\u00f4t que de &#8220;pr\u00e9vention des rides&#8221; : Gr\u00e2ce \u00e0 des concepts de traitement esth\u00e9tique individuels et professionnels, nous pouvons accompagner les patients qui souhaitent &#8220;se sentir bien dans leur peau&#8221; et les aider \u00e0 retrouver une apparence naturelle, tout \u00e0 fait &#8220;jeune&#8221;, c&#8217;est-\u00e0-dire qui ne correspond pas directement \u00e0 leur \u00e2ge.<\/p>\n<p><em>Source : Binder W : Long-Term Effects of Botulinum Toxin Type A (Botox) on Facial Lines. A Comparison in Identical Twins. Arch Facial Plast Surg 2006 ; 8(6) : 426-431.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>De Maio M, Rzany B : S\u00e9lection du patient. In : De Maio M, Rzany B (\u00e9d.) : Botulinum Toxin in Aesthetic Medicine. Springer 2007 ; 11-21.<\/li>\n<li>Kreyden OP : Cours de formation continue en dermatologie esth\u00e9tique. Botulinum II &#8211; Pratique : tiers sup\u00e9rieur du visage. Pratique de la dermatologie 2016 ; 26(2) : 30-33.<\/li>\n<li>Kane MA, et al. : Evaluation du traitement \u00e0 dose variable avec une nouvelle toxine botulique am\u00e9ricaine de type A (Dysport) pour la correction des lignes glabellaires mod\u00e9r\u00e9es \u00e0 s\u00e9v\u00e8res : r\u00e9sultats d&#8217;une \u00e9tude de phase III, randomis\u00e9e, en double aveugle, contr\u00f4l\u00e9e par placebo. Plast Reconstr Surg 2009 Nov ; 124(5) : 1619-1629.<\/li>\n<li>Glogau RG, Matarasso SL : Peaux chimiques. Acide trichloroac\u00e9tique et ph\u00e9nol. Dermatol Clin 1995 ; 13 : 263-276.<\/li>\n<li>Rivkin A, Binder W : Long-Term Effects of OnabotulinumtoxinA on Facial Lines : A 19-Year Experience of Identical Twins. Dermatol Surg 2015 ; 41 : S64-S66.<\/li>\n<li>Landau M, et al : First Consensus on Primary Prevention and Early Intervention in Aesthetic Medicine. J Drugs Dermatol 2017 Sep 1 ; 16(9) : 846-854.<\/li>\n<li>Chugh S, et al : Botulinum Toxin as a Treatment for Depression in a Real-world Setting. J Psychiatr Pract 2018 Jan ; 24(1) : 15-20.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>DERMATOLOGIE PRATIQUE 2018 ; 28(2) : 26-28<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Question : Quel est l&#8217;effet de la toxine botulique (BTX) lorsqu&#8217;elle est utilis\u00e9e \u00e0 titre prophylactique ?<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":77457,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Traitement prophylactique \u00e0 la toxine botulique","footnotes":""},"category":[11362,11527,11531,11539,11549],"tags":[33708,24470,33696,33701,33724,33714,33719,25150],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-338053","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-dermatologie-et-venerologie","category-etudes","category-formation-continue","category-interviews-fr","category-rx-fr","tag-activite-mimetique","tag-botox-fr","tag-btx-fr","tag-prevention-des-rides","tag-rides-de-colere","tag-rides-de-la-glabelle","tag-rides-du-sourire","tag-vieillissement-de-la-peau","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-05-14 16:57:15","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":338064,"slug":"ruolo-del-btx-nella-prevenzione-delle-rughe","post_title":"Ruolo del BTX nella prevenzione delle rughe","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/ruolo-del-btx-nella-prevenzione-delle-rughe\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":338069,"slug":"o-papel-do-btx-na-prevencao-de-rugas","post_title":"O papel do BTX na preven\u00e7\u00e3o de rugas","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/o-papel-do-btx-na-prevencao-de-rugas\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":338030,"slug":"papel-del-btx-en-la-prevencion-de-arrugas","post_title":"Papel del BTX en la prevenci\u00f3n de arrugas","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/papel-del-btx-en-la-prevencion-de-arrugas\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/338053","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=338053"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/338053\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/77457"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=338053"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=338053"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=338053"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=338053"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}