{"id":338116,"date":"2018-05-04T02:00:00","date_gmt":"2018-05-04T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/prevention-des-recidives-en-cas-de-lithiase-renale\/"},"modified":"2018-05-04T02:00:00","modified_gmt":"2018-05-04T00:00:00","slug":"prevention-des-recidives-en-cas-de-lithiase-renale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/prevention-des-recidives-en-cas-de-lithiase-renale\/","title":{"rendered":"Pr\u00e9vention des r\u00e9cidives en cas de lithiase r\u00e9nale"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les patients souffrant de calculs r\u00e9naux doivent \u00eatre divis\u00e9s en un groupe \u00e0 faible risque et un groupe \u00e0 haut risque en termes de taux de r\u00e9cidive. Le bilan de base et l&#8217;analyse des calculs servent de base. Les patients \u00e0 haut risque doivent faire l&#8217;objet d&#8217;une \u00e9valuation m\u00e9tabolique \u00e9largie et d&#8217;un traitement sp\u00e9cifique.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les calculs r\u00e9naux sont fr\u00e9quents et peuvent \u00eatre associ\u00e9s \u00e0 une morbidit\u00e9 importante [1]. L&#8217;ablation urologique r\u00e9p\u00e9t\u00e9e des calculs ne r\u00e9duit pas le taux \u00e9lev\u00e9 de r\u00e9cidive. Des mesures conservatrices permettent toutefois de r\u00e9duire le nombre de r\u00e9cidives [2]. Il est donc n\u00e9cessaire d&#8217;\u00e9valuer le risque de r\u00e9cidive et, en cas de risque significatif, de mettre en place une prophylaxie appropri\u00e9e des r\u00e9cidives (m\u00e9taphylaxie). Il convient de distinguer les patients \u00e0 faible risque des patients \u00e0 haut risque. Les \u00e9tapes d&#8217;\u00e9valuation sous-jacentes dans notre centre sont essentiellement bas\u00e9es sur les directives de l&#8217;Association europ\u00e9enne d&#8217;urologie (EAU) [3]. Avec des connaissances sur la composition des calculs et un bilan de base, les patients peuvent g\u00e9n\u00e9ralement \u00eatre class\u00e9s dans l&#8217;une des deux cat\u00e9gories de risque. La m\u00e9taphylaxie qui s&#8217;ensuit consiste d&#8217;une part en des mesures alimentaires, mais peut \u00e9galement inclure un traitement m\u00e9dicamenteux. Nous souhaitons, par le biais de cet article, transmettre au prestataire de soins primaires les aspects essentiels \u00e0 prendre en compte.<\/p>\n<h2 id=\"epidemiologie-et-taux-de-recidive\">\u00c9pid\u00e9miologie et taux de r\u00e9cidive<\/h2>\n<p>La lithiase r\u00e9nale est tr\u00e8s pr\u00e9valente dans le monde occidental et au-del\u00e0, avec une augmentation significative des taux d&#8217;incidence [1,4]. Les taux de r\u00e9cidive sont g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9lev\u00e9s, mais varient consid\u00e9rablement. Dans les dix ans suivant le premier \u00e9pisode, pr\u00e8s de 30% des patients atteints d&#8217;un calcul d&#8217;oxalate de calcium r\u00e9cidivent, alors que ce chiffre atteint 70% pour les calculs de brushite (hydrog\u00e9nophosphate de calcium). Cependant, certains patients ne subissent qu&#8217;un seul \u00e9v\u00e9nement lithiasique dans leur vie. Apr\u00e8s une r\u00e9cidive, le risque d&#8217;autres \u00e9v\u00e9nements augmente consid\u00e9rablement. En cas de cystinurie non trait\u00e9e, le risque de r\u00e9cidive est m\u00eame de 85%, et on suppose que les taux de r\u00e9cidive sont \u00e9galement \u00e9lev\u00e9s pour les calculs d&#8217;acide urique et les calculs infectieux [5].<\/p>\n<h2 id=\"classification-des-risques-analyse-des-calculs-et-bilan-de-base\">Classification des risques : analyse des calculs et bilan de base<\/h2>\n<p>L&#8217;analyse des calculs et un simple bilan de base permettent dans la plupart des cas de classer les patients dans un groupe \u00e0 faible ou \u00e0 haut risque en termes de probabilit\u00e9 de r\u00e9cidive. Malgr\u00e9 le risque g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9lev\u00e9 de r\u00e9cidive, il existe des diff\u00e9rences consid\u00e9rables dans ce domaine et tous les patients ne n\u00e9cessitent pas un bilan m\u00e9tabolique \u00e9tendu chez un sp\u00e9cialiste ou un traitement sp\u00e9cifique. Pour de nombreux patients, des mesures g\u00e9n\u00e9rales de m\u00e9taphylaxie suffisent. Lors de l&#8217;\u00e9valuation initiale, il convient donc de filtrer les patients pr\u00e9sentant un risque particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9 de r\u00e9cidive et ceux qui n\u00e9cessitent un traitement sp\u00e9cifique. Les facteurs de risque qui conduisent \u00e0 une classification dans le groupe \u00e0 haut risque sont \u00e9num\u00e9r\u00e9s dans l <strong>&#8216;aper\u00e7u&nbsp;1<\/strong>. La composition des pierres et la gravit\u00e9 de la maladie sont essentielles \u00e0 cet \u00e9gard.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-10049\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/uebersicht1_hp4_s28.png\" style=\"height:1018px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1866\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"analyse-des-pierres\">Analyse des pierres<\/h2>\n<p>Si disponible, un calcul r\u00e9nal pr\u00e9lev\u00e9 doit \u00eatre analys\u00e9 pour conna\u00eetre sa composition exacte. Ces informations pr\u00e9cieuses peuvent indiquer l&#8217;\u00e9tiologie et influencent consid\u00e9rablement la classification des risques et les recommandations de m\u00e9taphylaxie. Les patients sont donc encourag\u00e9s \u00e0 uriner \u00e0 travers un tamis en cas de coliques afin de recueillir les concr\u00e9tions qui s&#8217;en \u00e9chappent. Les concr\u00e9tions r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es par l&#8217;urologue doivent \u00e9galement \u00eatre analys\u00e9es en laboratoire. Il arrive que les patients aient conserv\u00e9 chez eux des calculs provenant d&#8217;\u00e9pisodes ant\u00e9rieurs. Ils peuvent \u00eatre facilement envoy\u00e9s pour analyse ult\u00e9rieurement. Les m\u00e9thodes d&#8217;analyse de choix sont la diffraction des rayons X et la spectrom\u00e9trie infrarouge. En revanche, les analyses chimiques par voie humide sont obsol\u00e8tes [6].<\/p>\n<p>S&#8217;il n&#8217;y a pas de concr\u00e9tions \u00e0 analyser, un examen microscopique du s\u00e9diment urinaire peut \u00e9ventuellement donner des indications sur la nature des calculs. Certains cristaux, comme les cristaux de cystine, pr\u00e9sentent une morphologie caract\u00e9ristique. C&#8217;est pourquoi, en cas de cystinurie par exemple, le s\u00e9diment peut \u00eatre diagnostique<strong> (Fig.&nbsp;1).<\/strong> De plus, le comportement aux rayons X peut donner des indications indirectes sur la composition des calculs et servir \u00e0 la classification. Alors que les calculs contenant du calcium (calculs d&#8217;oxalate et de phosphate de calcium) sont radio-opaques, les calculs d&#8217;acide urique, par exemple, sont perm\u00e9ables aux rayons X. Les calculs d&#8217;acide urique sont des calculs qui ne sont pas radio-opaques. Pour les concr\u00e9tions plus importantes, une mesure de la densit\u00e9 par tomographie informatis\u00e9e ou des techniques sp\u00e9ciales peuvent fournir des indications sur le type de calcul [7\u20139]. Il est important de noter que le s\u00e9diment urinaire et l&#8217;imagerie ne remplacent g\u00e9n\u00e9ralement pas une analyse directe des calculs. Si ce n&#8217;est pas le cas, l&#8217;\u00e9valuation du risque de r\u00e9cidive se limite \u00e0 d\u00e9terminer si d&#8217;autres facteurs de risque sont pr\u00e9sents.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10050 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/abb1_hp4_s27.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1171;height:639px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1171\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les calculs r\u00e9naux peuvent \u00eatre constitu\u00e9s d&#8217;un ou plusieurs composants. L&#8217;oxalate de calcium est de loin le composant le plus courant, qu&#8217;il soit pr\u00e9sent dans des calculs mixtes ou seul. Le phosphate de calcium, l&#8217;acide urique et la struvite sont les composants les plus fr\u00e9quents, tandis que la cystine et d&#8217;autres sont moins fr\u00e9quents [10,11].<\/p>\n<p>Outre leur composition chimique, les calculs r\u00e9naux peuvent \u00eatre class\u00e9s en fonction de leur \u00e9tiologie. Certains types de calculs sont li\u00e9s \u00e0 des infections des reins ou des voies urinaires (calculs de phosphate d&#8217;ammonium de magn\u00e9sium, d&#8217;apatite de carbonate, d&#8217;urate d&#8217;ammonium), appel\u00e9s calculs infectieux. D&#8217;autres calculs (par exemple, les calculs d&#8217;oxalate de calcium, d&#8217;hydrog\u00e9nophosphate de calcium, d&#8217;acide urique) apparaissent ind\u00e9pendamment. C&#8217;est pourquoi ils sont appel\u00e9s &#8220;calculs non infectieux&#8221;. Il faut distinguer les calculs qui ont clairement une cause g\u00e9n\u00e9tique (par exemple, les calculs de cystine, de xanthine, de 2,8-dihydroxyad\u00e9nine). Plus l&#8217;apparition est pr\u00e9coce, en cas d&#8217;ant\u00e9c\u00e9dents familiaux positifs et plus le ph\u00e9notype est s\u00e9v\u00e8re, plus il faut penser \u00e0 des causes g\u00e9n\u00e9tiques qui n\u00e9cessitent un examen et un traitement diff\u00e9renci\u00e9s. Les m\u00e9dicaments peuvent \u00e9galement \u00eatre lithog\u00e8nes (cristallisation directe ou par modification de la composition de l&#8217;urine).<\/p>\n<h2 id=\"evaluation-de-base\">\u00c9valuation de base<\/h2>\n<p><strong>Anamn\u00e8se, examen clinique et imagerie :<\/strong> une anamn\u00e8se approfondie permet d&#8217;identifier un grand nombre des facteurs de risque \u00e9num\u00e9r\u00e9s dans l <strong>&#8216;aper\u00e7u&nbsp;1<\/strong>. Une attention particuli\u00e8re doit \u00eatre port\u00e9e aux ant\u00e9c\u00e9dents de calculs, \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de la premi\u00e8re manifestation, aux coliques ant\u00e9rieures et aux interventions urologiques. Les infections urinaires et les py\u00e9lon\u00e9phrites, les troubles gastro-intestinaux (comme la diarrh\u00e9e chronique, les pancr\u00e9atites, les ulc\u00e8res gastriques) et la goutte doivent faire l&#8217;objet d&#8217;une enqu\u00eate cibl\u00e9e. Outre les ant\u00e9c\u00e9dents familiaux et m\u00e9dicamenteux (y compris les substances de la m\u00e9decine alternative, les suppl\u00e9ments vitaminiques), le mode de vie, les habitudes alimentaires et les interventions chirurgicales ant\u00e9rieures (en particulier la chirurgie bariatrique ou d&#8217;autres interventions abdominales) doivent \u00eatre clarifi\u00e9s.<\/p>\n<p>L&#8217;imagerie est g\u00e9n\u00e9ralement r\u00e9alis\u00e9e lors d&#8217;un \u00e9pisode aigu de calculs urinaires ou pour contr\u00f4ler l&#8217;\u00e9volution\/bilan des calculs. Les deux principales m\u00e9thodes sont l&#8217;\u00e9chographie et la tomodensitom\u00e9trie h\u00e9lico\u00efdale dite &#8220;\u00e0 faible dose&#8221;. Outre les informations ayant un impact sur le traitement urologique des calculs, telles que la taille des concr\u00e9tions, leur localisation et la charge des calculs, il est \u00e9galement possible de trouver et de diagnostiquer des anomalies anatomiques. Apr\u00e8s un traitement urologique, l&#8217;imagerie sert \u00e0 d\u00e9terminer l&#8217;absence de calculs ou la pr\u00e9sence de concr\u00e9tions r\u00e9siduelles et \u00e0 surveiller l&#8217;\u00e9volution. Des consid\u00e9rations telles que l&#8217;exposition aux radiations, l&#8217;expertise de l&#8217;examinateur, la sensibilit\u00e9, la sp\u00e9cificit\u00e9, la disponibilit\u00e9 et le co\u00fbt jouent un r\u00f4le dans le choix de la m\u00e9thode. L&#8217;\u00e9chographie a toujours sa place dans le diagnostic aigu (avec une exposition moindre aux radiations) [12].<\/p>\n<ul>\n<li>Laboratoire : Le bilan de base doit inclure les d\u00e9terminations suivantes dans l&#8217;examen de laboratoire et \u00eatre effectu\u00e9 chez tous les patients souffrant de calculs r\u00e9naux :<\/li>\n<li>Urine : bandelettes urinaires avec leucocytes, h\u00e9moglobine, nitrites, pH ; si n\u00e9cessaire, culture d&#8217;urine en cas de signes d&#8217;infection ; s\u00e9diment urinaire microscopique<\/li>\n<li>Sang : cr\u00e9atinine, calcium (ionis\u00e9 ou corrig\u00e9 \u00e0 l&#8217;albumine), acide urique<\/li>\n<\/ul>\n<h2 id=\"evaluation-metabolique-avancee-chez-les-patients-a-haut-risque\">\u00c9valuation m\u00e9tabolique avanc\u00e9e chez les patients \u00e0 haut risque<\/h2>\n<p>Il est recommand\u00e9 aux patients du groupe \u00e0 haut risque <strong>(aper\u00e7u&nbsp;1) <\/strong>de proc\u00e9der \u00e0 un bilan m\u00e9tabolique \u00e9tendu aupr\u00e8s d&#8217;un sp\u00e9cialiste. Dans ce cas, l&#8217;accent est mis sur une collecte d&#8217;urine de 24 heures (id\u00e9alement deux jours cons\u00e9cutifs) sous un r\u00e9gime quotidien, sous lequel les calculs se sont \u00e9galement form\u00e9s. Elle ne devrait donc pas \u00eatre effectu\u00e9e \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital et ne devrait pas non plus avoir lieu avant trois \u00e0 quatre semaines apr\u00e8s l&#8217;\u00e9vacuation du calcul ou un traitement urologique [13]. Le volume et le pH urinaires, la cr\u00e9atinine, le sodium et l&#8217;ur\u00e9e, entre autres, sont d\u00e9termin\u00e9s. Le dosage de la cr\u00e9atinine permet de calculer la clairance de la cr\u00e9atinine et d&#8217;estimer l&#8217;exhaustivit\u00e9 de la collecte. L&#8217;excr\u00e9tion des substances \u00e9tudi\u00e9es est mise en relation avec la cr\u00e9atinine et donc corrig\u00e9e. Le dosage du sodium permet d&#8217;estimer la consommation quotidienne de sel de cuisine, tandis que le dosage de l&#8217;ur\u00e9e permet d&#8217;estimer l&#8217;apport quotidien en prot\u00e9ines. Chez les jeunes enfants, le recueil des urines n&#8217;est pas effectu\u00e9 et les analyses sont r\u00e9alis\u00e9es dans l&#8217;urine de spot.<\/p>\n<p>Les autres valeurs de laboratoire suivantes sont g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9termin\u00e9es \u00e0 partir de l&#8217;urine : Calcium, oxalate, citrate, phosphate, acide urique et \u00e9ventuellement magn\u00e9sium, potassium et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, cystine.<\/p>\n<p><strong>Le tableau 1<\/strong> donne un aper\u00e7u des param\u00e8tres pertinents en fonction du type de pierre. En plus des param\u00e8tres du bilan de base, le dosage du bicarbonate, de la parathormone et de la 25-OH-vitamine D3 dans le sang s&#8217;av\u00e8re utile. Cela permet de diagnostiquer des causes telles que l&#8217;hyperparathyro\u00efdie primaire, l&#8217;acidose tubulaire r\u00e9nale (avec le pH urinaire) ou l&#8217;hypervitaminose D3.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10051 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/tab1_hp4_s29.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1011;height:551px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1011\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, un contr\u00f4le de l&#8217;\u00e9volution des urines sur 24 heures est effectu\u00e9 apr\u00e8s trois mois, en particulier lorsque la m\u00e9taphylaxie m\u00e9dicamenteuse a \u00e9t\u00e9 entam\u00e9e. D&#8217;autres examens de suivi seront d\u00e9termin\u00e9s en fonction de la constellation de risques.<\/p>\n<h2 id=\"traitement\">Traitement<\/h2>\n<p>Les mesures g\u00e9n\u00e9rales sont en principe recommand\u00e9es \u00e0 tous les patients souffrant de calculs r\u00e9naux. Tous les lithiasiques doivent respecter une <em>consommation<\/em> \u00e9lev\u00e9e <em>d&#8217;eau<\/em> [2,14]. L&#8217;objectif est d&#8217;obtenir un volume d&#8217;urine sup\u00e9rieur \u00e0 2-2,5 litres\/jour afin d&#8217;\u00e9viter une sursaturation de l&#8217;urine en substances provoquant des calculs. L&#8217;urine doit toujours \u00eatre de couleur jaune p\u00e2le et son poids sp\u00e9cifique doit \u00eatre inf\u00e9rieur \u00e0 1,010&nbsp;g\/ml. Pour cela, il faut g\u00e9n\u00e9ralement boire au moins 2,5 \u00e0 3&nbsp;litres\/jour, et davantage en cas d&#8217;activit\u00e9 physique avec transpiration. Il faut \u00e9galement boire avant d&#8217;aller se coucher afin d&#8217;\u00e9viter la nycturie et les sursaturations urinaires nocturnes. Toutes les boissons ne se valent pas en mati\u00e8re de m\u00e9taphylaxie. Il existe des preuves \u00e9pid\u00e9miologiques d&#8217;un risque accru de calculs associ\u00e9s aux boissons sucr\u00e9es (peut-\u00eatre en raison de l&#8217;augmentation de la teneur en fructose) [1,15]. Pour certains groupes professionnels, tels que les chauffeurs de bus, il n&#8217;est pas facile de mettre en \u0153uvre une consommation \u00e9lev\u00e9e d&#8217;alcool avec des passages fr\u00e9quents aux toilettes. Dans ce cas, des strat\u00e9gies doivent \u00eatre \u00e9labor\u00e9es avec le patient.<\/p>\n<p>Une alimentation mixte et \u00e9quilibr\u00e9e est g\u00e9n\u00e9ralement recommand\u00e9e [1]. De nombreuses \u00e9tudes ont montr\u00e9 une r\u00e9duction du risque en r\u00e9duisant la consommation de sel (un apport \u00e9lev\u00e9 en sodium et la natriurie qui en r\u00e9sulte entra\u00eenent une augmentation de l&#8217;excr\u00e9tion urinaire de calcium et une diminution de l&#8217;excr\u00e9tion urinaire de citrate) [1]. Les recommandations actuelles de l&#8217;OMS incluent un apport en sel inf\u00e9rieur \u00e0 5&nbsp;g\/jour pour les adultes. Cela est \u00e9galement recommand\u00e9 aux patients souffrant de calculs. Comme alternative au sel de cuisine, les patients peuvent utiliser des herbes et des \u00e9pices pour la pr\u00e9paration de leurs repas. L&#8217;opinion qui pr\u00e9valait autrefois, selon laquelle la r\u00e9duction de la <em>consommation de calcium<\/em> permettait d&#8217;\u00e9viter les calculs, s&#8217;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e \u00eatre une croyance erron\u00e9e. Une \u00e9tude de Borghi et al. a montr\u00e9 qu&#8217;un r\u00e9gime limitant l&#8217;apport en sel et en prot\u00e9ines, mais avec un apport normal en calcium, entra\u00eenait une r\u00e9duction significative du risque de r\u00e9cidive \u00e0 cinq ans par rapport \u00e0 un r\u00e9gime pauvre en calcium [16]. D&#8217;autres \u00e9tudes d&#8217;observation sugg\u00e8rent \u00e9galement un lien entre une faible consommation de calcium et un risque accru de calculs [1,17]. Il en d\u00e9coule une recommandation pour une consommation normale de calcium de 1-1,2&nbsp;g\/jour. L&#8217;apport en calcium doit \u00eatre couvert par des sources naturelles. Les suppl\u00e9ments de calcium ne sont g\u00e9n\u00e9ralement recommand\u00e9s qu&#8217;en cas d&#8217;hyperoxalurie ent\u00e9rique. 250&nbsp;mg de calcium correspondent par exemple \u00e0 2&nbsp;dl de lait entier, 180&nbsp;g de yaourt, 30&nbsp;g de fromage \u00e0 p\u00e2te dure, 50&nbsp;g de fromage \u00e0 p\u00e2te molle ou 250&nbsp;g de fromage blanc. Les recommandations concernant les b\u00e9n\u00e9fices d&#8217;une r\u00e9duction de l&#8217;<em>apport en oxalate<\/em> ne sont pas encore clairement \u00e9tablies, m\u00eame si cela semble utile en cas de d\u00e9tection d&#8217;une hyperoxalurie [1]. Il est probablement plus important de r\u00e9duire l&#8217;absorption ent\u00e9rale d&#8217;oxalate. Ceci peut \u00eatre obtenu par un apport simultan\u00e9 de calcium, par exemple sous forme de fromage ou d&#8217;eau min\u00e9rale riche en calcium (&gt;400&nbsp;mg\/l). Le calcium complexe l&#8217;oxalate dans l&#8217;intestin en oxalate de calcium, qui ne peut pas \u00eatre absorb\u00e9 dans le sang sous cette forme [18].<\/p>\n<p>Les prot\u00e9ines, en particulier <em>les<\/em> <em>prot\u00e9ines<\/em> <em>animales<\/em> <em>,<\/em> entra\u00eenent une augmentation de la charge acide. Cela implique une r\u00e9duction de la citraturie et un pH urinaire acide. Le citrate et le calcium dans l&#8217;urine se complexent, ce qui rend le calcium indisponible pour la formation de calculs. L&#8217;hypocitraturie favorise donc la formation de calculs de calcium [19]. Il est donc recommand\u00e9 de consommer des prot\u00e9ines animales avec mod\u00e9ration, \u00e0 raison de 0,8 \u00e0 1&nbsp;g\/jour\/kg de poids corporel. Une <em>alimentation riche en fibres, en fruits et en l\u00e9gumes<\/em> est g\u00e9n\u00e9ralement recommand\u00e9e (teneur \u00e9lev\u00e9e en citrate, pH urinaire \u00e9lev\u00e9) [20]. Il est conseill\u00e9 de r\u00e9partir l&#8217;apport en citrate sur la journ\u00e9e. <em>Les aliments riches en purines<\/em> (hyperuricosurie), tels que les abats, doivent \u00eatre \u00e9vit\u00e9s, en particulier pour les personnes qui produisent des calculs d&#8217;acide urique.<\/p>\n<p>Comme il existe une association positive entre l&#8217;IMC et le risque de calculs, il est recommand\u00e9 de viser un <em>IMC <\/em>normal. Des \u00e9tudes d&#8217;observation sugg\u00e8rent \u00e9galement que la <em>pratique <\/em>r\u00e9guli\u00e8re <em>d&#8217;une activit\u00e9 physique <\/em>mod\u00e9r\u00e9e est associ\u00e9e \u00e0 une r\u00e9duction du risque de calculs.<\/p>\n<h2 id=\"specificites-des-calculs-et-options-de-traitement\">Sp\u00e9cificit\u00e9s des calculs et options de traitement<\/h2>\n<p><strong>Calculs calciques (oxalate et phosphate de calcium) : <\/strong>Certaines maladies telles que l&#8217;hyperparathyro\u00efdie, l&#8217;acidose tubulaire r\u00e9nale, les maladies granulomateuses, l&#8217;hyperoxalurie primaire (maladie g\u00e9n\u00e9tique n\u00e9cessitant une prise en charge sp\u00e9cialis\u00e9e) et l&#8217;hyperoxalurie ent\u00e9rique sont associ\u00e9es aux calculs calciques et doivent \u00eatre explor\u00e9es ou trait\u00e9es de mani\u00e8re cibl\u00e9e. Les mesures th\u00e9rapeutiques sont :<\/p>\n<ul>\n<li>R\u00e9duction de l&#8217;apport en sel<\/li>\n<li>Diminution de l&#8217;apport en prot\u00e9ines animales (non laiti\u00e8res)<\/li>\n<li>Apports normaux en calcium<\/li>\n<li>Pas d&#8217;exc\u00e8s d&#8217;oxalates (aliments et boissons)<\/li>\n<li>Apport \u00e9lev\u00e9 de citrate : di\u00e9t\u00e9tique ou sous forme de citrate de potassium. L&#8217;administration de citrate de potassium peut r\u00e9duire le risque de calculs d&#8217;oxalate de calcium idiopathiques, tant en cas d&#8217;hypocitraturie que de citraturie normale [1,2]. Les effets secondaires tels que les naus\u00e9es, le m\u00e9t\u00e9orisme et la diarrh\u00e9e sont malheureusement fr\u00e9quents, en particulier \u00e0 fortes doses, et r\u00e9duisent l&#8217;adh\u00e9sion au traitement. Alternativement, si l&#8217;alcalinisation de l&#8217;urine est la priorit\u00e9, le bicarbonate de sodium peut \u00eatre utilis\u00e9 [21]. Il convient de noter que l&#8217;alcalinisation du pH urinaire avec du bicarbonate de sodium pourrait augmenter le risque de calculs de phosphate de calcium [21,22].<\/li>\n<li>Les diur\u00e9tiques thiazidiques : Un grand nombre d&#8217;\u00e9tudes ont montr\u00e9 une r\u00e9duction significative du taux de r\u00e9cidive gr\u00e2ce aux diur\u00e9tiques thiazidiques. Une r\u00e9duction de moiti\u00e9 du taux de r\u00e9cidive a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite [2]. Une augmentation de l&#8217;absorption tubulaire proximale du calcium et une diminution cons\u00e9cutive de l&#8217;excr\u00e9tion du calcium jouent un r\u00f4le essentiel dans ce processus [1]. Les effets secondaires incluent l&#8217;hypotension, l&#8217;hyponatr\u00e9mie et l&#8217;hypkali\u00e9mie ainsi que l&#8217;hyperuric\u00e9mie. Actuellement, une \u00e9tude est men\u00e9e dans presque tous les grands h\u00f4pitaux de n\u00e9phrologie de Suisse pour rem\u00e9dier aux d\u00e9ficits m\u00e9thodologiques des \u00e9tudes plus anciennes et pour tester l&#8217;efficacit\u00e9 de l&#8217;hydrochlorothiazide en fonction de la posologie (www.nostone.ch). Les \u00e9tudes anciennes ont surtout utilis\u00e9 des doses \u00e9lev\u00e9es de thiazide, alors qu&#8217;en pratique clinique, on utilise g\u00e9n\u00e9ralement des doses beaucoup plus faibles. Les r\u00e9sultats de cette \u00e9tude sont attendus en 2022.<\/li>\n<li>L&#8217;allopurinol est b\u00e9n\u00e9fique chez les patients hyperuricosuriques souffrant de lithiase calcique [23]. Le f\u00e9buxostat \u00e0 haute dose r\u00e9duit davantage l&#8217;uricosurie que l&#8217;allopurinol \u00e0 dose normale, mais n&#8217;a pas montr\u00e9 d&#8217;avantage en termes de lithiase sur une p\u00e9riode de six mois d&#8217;\u00e9tude [24]. Cependant, le r\u00f4le de l&#8217;hyperuricosurie chez les patients souffrant de lithiase calcique n&#8217;est pas encore d\u00e9finitivement \u00e9tabli. Selon les donn\u00e9es in vitro, l&#8217;hyperuricosurie peut r\u00e9duire la solubilit\u00e9 de l&#8217;oxalate de calcium, mais les donn\u00e9es \u00e9pid\u00e9miologiques sont contradictoires [1].<\/li>\n<\/ul>\n<p>Forme particuli\u00e8re d&#8217;hyperoxalurie ent\u00e9rique comme cause de calculs d&#8217;oxalate de calcium : diff\u00e9rentes conditions\/maladies telles que les interventions bariatriques (en particulier les interventions malabsorptives comme le bypass gastrique), le syndrome de l&#8217;intestin court, l&#8217;insuffisance pancr\u00e9atique exocrine, la maladie c\u0153liaque ainsi que la maladie de Crohn peuvent entra\u00eener une hyperoxalurie ent\u00e9rique. Sur le plan physiopathologique, une saponification des acides gras non absorb\u00e9s avec du calcium dans l&#8217;intestin joue un r\u00f4le essentiel. Le calcium n&#8217;est alors plus disponible pour la fixation intestinale de l&#8217;oxalate, ce qui entra\u00eene une augmentation de l&#8217;absorption d&#8217;oxalate dans le sang et une hyperoxalurie marqu\u00e9e [25]. Une r\u00e9duction de la consommation d&#8217;oxalates et de graisses semble judicieuse en raison du m\u00e9canisme de la pathologie. Ces patients doivent augmenter leur consommation de calcium en association avec les repas pour atteindre plusieurs grammes par jour. La plupart des ch\u00e9lateurs du phosphate fixent \u00e9galement l&#8217;oxalate dans la lumi\u00e8re intestinale et peuvent \u00eatre utilis\u00e9s [7]. Les pertes ent\u00e9riques de bicarbonate en cas de diarrh\u00e9e entra\u00eenent en outre une acidose intracellulaire des cellules tubulaires r\u00e9nales, ce qui augmente la r\u00e9absorption de citrate et provoque ainsi une hypocitraturie d\u00e9favorable [26]. C&#8217;est pourquoi un traitement suppl\u00e9mentaire au citrate alcalin est souvent utile. En outre, les enzymes pancr\u00e9atiques peuvent \u00eatre utilis\u00e9es si elles sont indiqu\u00e9es. Les substances qui se complexent avec les acides biliaires peuvent \u00e9galement r\u00e9duire l&#8217;absorption d&#8217;oxalate, si elles sont indiqu\u00e9es. La colestyramine ou le colestipol fixent \u00e9galement l&#8217;oxalate [7]. D&#8217;apr\u00e8s notre exp\u00e9rience, les patients ne sont souvent pas suffisamment inform\u00e9s de ce risque avant une intervention bariatrique.<\/p>\n<p>En substance, les calculs de phosphate de calcium sont trait\u00e9s comme les calculs d&#8217;oxalate de calcium [1]. Le phosphate de calcium est pr\u00e9sent dans les roches brushites (hydrog\u00e9nophosphate de calcium) et les roches carbonat\u00e9es apatitiques. Les deux se forment pr\u00e9f\u00e9rentiellement dans les urines alcalines. Les calculs de phosphate de calcium peuvent \u00eatre dus \u00e0 une acidose tubulaire r\u00e9nale (compl\u00e8te ou incompl\u00e8te) ou \u00e0 une hyperparathyro\u00efdie. Ces causes doivent \u00eatre clarifi\u00e9es et, si possible, trait\u00e9es. Les calculs de carbonate apatitique sont typiquement associ\u00e9s \u00e0 des infections urinaires.<\/p>\n<p><strong>Les calculs d&#8217;acide urique :<\/strong> Les calculs d&#8217;acide urique sont associ\u00e9s \u00e0 un pH urinaire bas, \u00e0 une faible consommation d&#8217;eau et \u00e0 une hyperuricosurie [1,27]. Il existe une association avec le syndrome m\u00e9tabolique et la pr\u00e9valence est plus \u00e9lev\u00e9e chez les ob\u00e8ses et les diab\u00e9tiques de type 2 [27]. Les mesures th\u00e9rapeutiques sont :<\/p>\n<ul>\n<li>Alcalinisation de l&#8217;urine avec du citrate alcalin ou du bicarbonate de sodium afin d&#8217;obtenir un pH urinaire de 6,2-6,8 pour la pr\u00e9vention ou de 6,5-7,2 pour la chimiolitholyse [3].<\/li>\n<li>Consommer mod\u00e9r\u00e9ment des prot\u00e9ines animales pour r\u00e9duire la charge acide.<\/li>\n<li>R\u00e9duction des aliments contenant des purines<\/li>\n<li>R\u00e9duction de poids<\/li>\n<li>Allopurinol dans l&#8217;hyperuricosurie et l&#8217;hyperuric\u00e9mie [3]<\/li>\n<li>B\u00e9n\u00e9fice limit\u00e9 de l&#8217;allopurinol et du f\u00e9buxostat en cas d&#8217;urine acide [7,28].<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Calculs infectieux :<\/strong> les calculs de struvite (phosphate d&#8217;ammonium de magn\u00e9sium ou triple phosphate), d&#8217;apatite de carbonate et d&#8217;urate d&#8217;ammonium sont g\u00e9n\u00e9ralement li\u00e9s \u00e0 des infections urinaires dues \u00e0 des bact\u00e9ries produisant de l&#8217;ur\u00e9ase dans une urine alcaline et peuvent rapidement augmenter de taille. Le traitement des pierres s&#8217;av\u00e8re souvent tr\u00e8s difficile.<\/p>\n<ul>\n<li>Un traitement antibiotique seul (\u00e0 court terme ou permanent) n&#8217;est pas suffisant en cas de calculs infectieux.<\/li>\n<li>Il faut viser un assainissement urologique complet des calculs (absence de calculs).<\/li>\n<li>Parfois, une acidification de l&#8217;urine, par exemple avec de la m\u00e9thionine ou du chlorure d&#8217;ammonium, est \u00e9galement utilis\u00e9e pour dissoudre les concr\u00e9tions [3]. Le traitement doit \u00eatre limit\u00e9 dans le temps et soumis \u00e0 une surveillance \u00e9troite de l&#8217;acidose m\u00e9tabolique, de l&#8217;hypercalciurie et de l&#8217;hypocitraturie.<\/li>\n<li>Les inhibiteurs de l&#8217;ur\u00e9ase (par ex. l&#8217;acide ac\u00e9tohydroxamique) peuvent \u00eatre envisag\u00e9s dans les cas graves, bien qu&#8217;ils ne soient pas encore autoris\u00e9s dans certains pays europ\u00e9ens [3] et en Suisse.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Calculs de cystine :<\/strong> la cystinurie repr\u00e9sente une cause g\u00e9n\u00e9tique importante de la lithiase r\u00e9nale (transmission autosomique r\u00e9cessive). En raison d&#8217;un d\u00e9faut de la prot\u00e9ine de transport tubulaire, les concentrations de cystine dans l&#8217;urine sont \u00e9lev\u00e9es. Les mesures th\u00e9rapeutiques sont :<\/p>\n<ul>\n<li>Volume d&#8217;urine de &gt;3 l\/jour \u00e0 l&#8217;\u00e2ge adulte<\/li>\n<li>R\u00e9duction du sel de cuisine<\/li>\n<li>Le pH urinaire doit \u00eatre ajust\u00e9 \u00e0 &gt;7,5 (solubilit\u00e9 accrue de la cystine), par exemple avec du citrate de potassium ou du bicarbonate de sodium [3].<\/li>\n<li>Consommation mod\u00e9r\u00e9e de prot\u00e9ines animales (r\u00e9duit la charge acide et l&#8217;apport en m\u00e9thionine)<\/li>\n<li>La p\u00e9nicillamine peut \u00eatre utilis\u00e9e pour ch\u00e9later la cystine en cas de cystinurie sup\u00e9rieure \u00e0 3 mmol\/jour sous surveillance th\u00e9rapeutique \u00e9troite. L&#8217;objectif est d&#8217;obtenir une cystinurie &lt;1 mmol\/l [7].<\/li>\n<li>L&#8217;utilisation du captopril, un inhibiteur de l&#8217;ECA, doit \u00eatre envisag\u00e9e chez les patients hypertendus, car il se lie \u00e0 la cystine et le compos\u00e9 est plusieurs fois plus soluble que la cystine seule [29]. Toutefois, les b\u00e9n\u00e9fices n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 clairement d\u00e9montr\u00e9s jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pour r\u00e9duire le taux de r\u00e9cidive des calculs r\u00e9naux et la morbidit\u00e9 qui en d\u00e9coule, il convient d&#8217;en d\u00e9terminer les causes possibles et de prendre des mesures de m\u00e9taphylaxie g\u00e9n\u00e9rales et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, sp\u00e9cifiques. Un traitement optimal n\u00e9cessite une bonne interaction interdisciplinaire entre le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste qui suit le patient, le m\u00e9decin urgentiste, l&#8217;urologue et le n\u00e9phrologue.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>Les calculs r\u00e9naux ont un taux de r\u00e9cidive \u00e9lev\u00e9, qui n&#8217;est pas r\u00e9duit par la seule ablation urologique des calculs.<\/li>\n<li>Les mesures de m\u00e9taphylaxie peuvent r\u00e9duire le taux de r\u00e9cidive.<\/li>\n<li>Les patients doivent \u00eatre class\u00e9s dans un groupe \u00e0 faible risque et un groupe \u00e0 haut risque en termes de taux de r\u00e9cidive, sur la base de l&#8217;\u00e9valuation de base et de l&#8217;analyse des calculs.<\/li>\n<li>Alors que des mesures g\u00e9n\u00e9rales de m\u00e9taphylaxie sont recommand\u00e9es pour les patients du groupe \u00e0 faible risque en fonction du type de calcul, les patients du groupe \u00e0 haut risque doivent faire l&#8217;objet d&#8217;une \u00e9valuation m\u00e9tabolique \u00e9largie et, si possible, d&#8217;un traitement sp\u00e9cifique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Zisman AL : Efficacit\u00e9 des modalit\u00e9s de traitement sur la r\u00e9cidive des calculs r\u00e9naux. Clin J Am Soc Nephrol 2017 ; 12(10) : 1699-1708.<\/li>\n<li>Fink HA, et al : Medical management to prevent recurrent nephrolithiasis in adults : a systematic review for an American College of Physicians Clinical Guideline. Ann Intern Med 2013 ; 158(7) : 535-543.<\/li>\n<li>T\u00fcrk C, et al. : EAU Guidelines on Urolithiasis. https:\/\/uroweb.org\/guideline\/urolithiasis\/2017 (01.03.2018).<\/li>\n<li>Romero V, Akpinar H, Assimos DG : Kidney stones : a global picture of prevalence, incidence, and associated risk factors. Rev Urol 2010 ; 12(2-3) : e86-96.<\/li>\n<li>Tiselius HG : Metabolic risk-evaluation and prevention of recurrence in stone disease : does it make sense ? Urolithiase 2016 ; 44(1) : 91-100.<\/li>\n<li>Siener R, et al : Quality Assessment of Urinary Stone Analysis : Results of a Multicenter Study of Laboratories in Europe. PLoS One 2016 ; 11(6) : e0156606.<\/li>\n<li>Mabillard HR, Tomson CRV : Investigation and management of renal stone disease. Nephrol Dial Transplant 2017 ; 32(12) : 1984-1986.<\/li>\n<li>Stolzmann P, et al : Identification in vivo des calculs d&#8217;acide urique avec la tomodensitom\u00e9trie \u00e0 double \u00e9nergie : \u00e9valuation des performances diagnostiques chez les patients. Abdom Imaging 2010 ; 35(5) : 629-635.<\/li>\n<li>Stolzmann P, et al : Caract\u00e9risation des calculs urinaires avec la tomodensitom\u00e9trie \u00e0 double \u00e9nergie : am\u00e9lioration de la diff\u00e9renciation gr\u00e2ce \u00e0 un filtre \u00e0 tin. Invest Radiol 2010 ; 45(1) : 1-6.<\/li>\n<li>Ferraro PM, et al. : A London experience 1995-2012 : demographic, dietary and biochemical characteristics of a large adult cohort of patients with renal stone disease. QJM 2015 ; 108(7) : 561-568.<\/li>\n<li>Seeger H, et al. : Changes in urinary risk profile after short low sodium and low calcium diet in recurrent Swiss kidney stone formers. BMC nephrology 2017 ; 18(1) : 349.<\/li>\n<li>Smith-Bindman R, et al : Ultrasonographie versus tomographie assist\u00e9e par ordinateur pour une n\u00e9phrolithiase suspect\u00e9e. N Engl J Med 2014 ; 371(12) : 1100-1110.<\/li>\n<li>Gambaro G, et al : Diagnostic m\u00e9tabolique et pr\u00e9vention m\u00e9dicale de la n\u00e9phrolithiase calcique et de ses manifestations syst\u00e9miques : une d\u00e9claration de consensus. J Nephrol 2016 ; 29(6) : 715-734.<\/li>\n<li>Borghi L, et al : Volume urinaire, eau et r\u00e9currences dans la n\u00e9phrolithiase calcique idiopathique : une \u00e9tude prospective randomis\u00e9e de 5 ans. J Urol 1996 ; 155(3) : 839-843.<\/li>\n<li>Ferraro PM, et al : Soda and other beverages and the risk of kidney stones. Clin J Am Soc Nephrol 2013 ; 8(8) : 1389-1395.<\/li>\n<li>Borghi L, et al : Comparaison de deux r\u00e9gimes alimentaires pour la pr\u00e9vention des calculs r\u00e9currents dans l&#8217;hypercalciurie idiopathique. N Engl J Med 2002 ; 346(2) : 77-84.<\/li>\n<li>Curhan GC, et al : A prospective study of dietary calcium and other nutrients and the risk of symptomatic kidney stones. N Engl J Med 1993 ; 328(12) : 833-838.<\/li>\n<li>Hess B, et al : Une prise de calcium \u00e9lev\u00e9e supprime l&#8217;hyperoxalurie et r\u00e9duit la cristallisation urinaire lors d&#8217;une charge en oxalate 20 fois normale chez l&#8217;homme. Nephrol Dial Transplant 1998 ; 13(9) : 2241-2247.<\/li>\n<li>Ferraro PM, et al : Dietary Protein and Potassium, Diet-Dependent Net Acid Load, and Risk of Incident Kidney Stones. Clin J Am Soc Nephrol 2016 ; 11(10) : 1834-1844.<\/li>\n<li>Taylor EN, Fung TT, Curhan GC : DASH-style diet associates with reduced risk for kidney stones. J Am Soc Nephrol 2009 ; 20(10) : 2253-2259.<\/li>\n<li>Pinheiro VB, et al : The effect of sodium bicarbonate upon urinary citrate excretion in calcium stone formers. Urologie 2013 ; 82(1) : 33-37.<\/li>\n<li>Parks JH, et al : Implications cliniques de l&#8217;abondance de phosphate de calcium dans les calculs r\u00e9naux analys\u00e9s en routine. Kidney Int 2004 ; 66(2) : 777-785.<\/li>\n<li>Ettinger B, et al : Randomized trial of allopurinol in the prevention of calcium oxalate calculi. N Engl J Med 1986 ; 315(22) : 1386-1389.<\/li>\n<li>Goldfarb DS, et al : Essai contr\u00f4l\u00e9 randomis\u00e9 de febuxostat versus allopurinol ou placebo chez des individus ayant une excr\u00e9tion urinaire d&#8217;acide urique plus \u00e9lev\u00e9e et des calculs calciques. Clin J Am Soc Nephrol 2013 ; 8(11) : 1960-1967.<\/li>\n<li>Asplin JR : La prise en charge des patients atteints d&#8217;hyperoxalurie ent\u00e9rique. Urolithiase 2016 ; 44(1) : 33-43.<\/li>\n<li>Hess B : Syndrome m\u00e9tabolique, ob\u00e9sit\u00e9 et calculs r\u00e9naux. Arab J Urol 2012 ; 10(3) : 258-264.<\/li>\n<li>Sakhaee K : \u00c9pid\u00e9miologie et physiopathologie clinique des calculs r\u00e9naux \u00e0 l&#8217;acide urique. J Nephrol 2014 ; 27(3) : 241-245.<\/li>\n<li>Asplin JR : Uric acid stones. Semin Nephrol 1996 ; 16(5) : 412-424.<\/li>\n<li>Sloand JA, Izzo JL : Captopril reduces urinary cystine excretion in cystinuria. Arch Intern Med 1987 ; 147(8) : 1409-1412.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2018 ; 13(4) : 26-31<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les patients souffrant de calculs r\u00e9naux doivent \u00eatre divis\u00e9s en un groupe \u00e0 faible risque et un groupe \u00e0 haut risque en termes de taux de r\u00e9cidive. Le bilan de&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":76848,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"N\u00e9phrolithiase","footnotes":""},"category":[11531,11315,11434,11549,11514],"tags":[22111,33965,30249,33937,33949,33953,33957,33940,33964,33966,33962,33958,33944,29851,17072,33956,33960],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-338116","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-formation-continue","category-medecine-interne-generale","category-nephrologie-fr","category-rx-fr","category-urologie-fr","tag-acide-urique","tag-analyse-des-pierres","tag-calcium-fr-2","tag-calcul-renal","tag-categorie-de-risque","tag-cristal-fr","tag-cystine","tag-cystinurie-fr","tag-evaluation-de-base","tag-metaphylaxie","tag-nephrolithiase","tag-oxalate-fr","tag-pierre-dinfection","tag-prophylaxie-des-recidives","tag-risque-fr","tag-sediments","tag-sel-de-cuisine","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-06-20 09:23:33","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":338121,"slug":"profilassi-della-recidiva-per-la-malattia-renale","post_title":"Profilassi della recidiva per la malattia renale","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/profilassi-della-recidiva-per-la-malattia-renale\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":338122,"slug":"profilaxia-de-recaida-para-a-doenca-da-pedra-nos-rins","post_title":"Profilaxia de reca\u00edda para a doen\u00e7a da pedra nos rins","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/profilaxia-de-recaida-para-a-doenca-da-pedra-nos-rins\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":338076,"slug":"profilaxis-de-la-recaida-en-la-enfermedad-de-calculos-renales","post_title":"Profilaxis de la reca\u00edda en la enfermedad de c\u00e1lculos renales","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/profilaxis-de-la-recaida-en-la-enfermedad-de-calculos-renales\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/338116","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=338116"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/338116\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=338116"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=338116"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=338116"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=338116"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}