{"id":338645,"date":"2018-01-31T03:00:00","date_gmt":"2018-01-31T02:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/le-coude-de-la-ligne-de-vie\/"},"modified":"2018-01-31T03:00:00","modified_gmt":"2018-01-31T02:00:00","slug":"le-coude-de-la-ligne-de-vie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/le-coude-de-la-ligne-de-vie\/","title":{"rendered":"Le &#8220;coude de la ligne de vie"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le d\u00e9but des psychoses schizophr\u00e9niques est g\u00e9n\u00e9ralement insidieux et atypique. Leur d\u00e9tection pr\u00e9coce a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e au centre de la recherche sur la psychose. Un aper\u00e7u des sympt\u00f4mes psychotiques au stade prodromique et de leur expression ult\u00e9rieure au stade pr\u00e9coce.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Le d\u00e9but des psychoses schizophr\u00e9niques est g\u00e9n\u00e9ralement insidieux et atypique. La d\u00e9tection et le traitement pr\u00e9coces de ces troubles ont pris de l&#8217;importance au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies et sont devenus le point de mire de la recherche sur la psychose. La mise en place de centres de d\u00e9pistage sp\u00e9cialis\u00e9s permet d&#8217;\u00e9valuer de mani\u00e8re approfondie les patients suspect\u00e9s de pr\u00e9senter un risque de psychose et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, de les traiter ou de les orienter en cons\u00e9quence. Une intervention pr\u00e9coce peut am\u00e9liorer l&#8217;\u00e9volution de mani\u00e8re d\u00e9cisive [1\u20135].<\/p>\n<h2 id=\"symptomes\">Sympt\u00f4mes<\/h2>\n<p>La plupart des maladies psychotiques sont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es d&#8217;un<em> stade prodromique<\/em> non sp\u00e9cifique qui dure en moyenne environ cinq ans, mais qui peut \u00eatre beaucoup plus court ou plus long. Les personnes concern\u00e9es, g\u00e9n\u00e9ralement jeunes, se comportent &#8220;bizarrement&#8221;, ne sont &#8220;tout simplement plus comme avant&#8221;, pr\u00e9sentent des troubles tels qu&#8217;une perte d&#8217;int\u00e9r\u00eat, un retrait social ou une moindre r\u00e9sistance dans les situations quotidiennes et ne peuvent plus remplir les r\u00f4les qu&#8217;elles jouaient auparavant dans leur formation\/travail, leur couple et leur famille. Il se produit ce que l&#8217;on appelle un &#8220;pli dans la ligne de vie&#8221;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-9620\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/abb1_np1_s4.jpg\" style=\"height:394px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"722\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/abb1_np1_s4.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/abb1_np1_s4-800x525.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/abb1_np1_s4-120x79.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/abb1_np1_s4-90x59.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/abb1_np1_s4-320x210.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/abb1_np1_s4-560x368.jpg 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les premiers sympt\u00f4mes pr\u00e9psychotiques sp\u00e9cifiques apparaissent en moyenne un \u00e0 deux ans avant la d\u00e9compensation psychotique <strong>(figure&nbsp;1).<\/strong> On peut distinguer les &#8220;sympt\u00f4mes psychotiques att\u00e9nu\u00e9s&#8221; (APS) et les &#8220;sympt\u00f4mes psychotiques intermittents&#8221; (BLIPS : de l&#8217;anglais &#8220;brief limited intermittent psychotic symptoms&#8221;). Le terme APS d\u00e9signe des sympt\u00f4mes pr\u00e9psychotiques dont la qualit\u00e9, l&#8217;intensit\u00e9 et la fr\u00e9quence sont moindres que celles des sympt\u00f4mes psychotiques, c&#8217;est-\u00e0-dire des formes sous-jacentes de d\u00e9lire, d&#8217;hallucinations ou de troubles du moi. Les BLIPS, en revanche, sont des sympt\u00f4mes psychotiques transitoires, de m\u00eame intensit\u00e9 que les sympt\u00f4mes d&#8217;une d\u00e9compensation psychotique, mais d&#8217;une dur\u00e9e extr\u00eamement courte (une semaine au maximum) et qui r\u00e9sident spontan\u00e9ment sans aucun traitement<strong> (tableau 1).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9621 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/tab1_np1_s4.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/850;height:464px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"850\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/tab1_np1_s4.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/tab1_np1_s4-800x618.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/tab1_np1_s4-120x93.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/tab1_np1_s4-90x70.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/tab1_np1_s4-320x247.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/tab1_np1_s4-560x433.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&#8217;objectif du d\u00e9pistage pr\u00e9coce de la psychose est d&#8217;identifier et de traiter le plus t\u00f4t possible les patients pr\u00e9sentant un stade prodromique. Les patients qui viennent chercher de l&#8217;aide dans une consultation de d\u00e9pistage et qui pr\u00e9sentent une certaine combinaison de caract\u00e9ristiques symptomatiques diff\u00e9rentes lors d&#8217;entretiens de d\u00e9pistage sp\u00e9cialement con\u00e7us \u00e0 cet effet sont consid\u00e9r\u00e9s comme des patients \u00e0 risque. En anglais, ce statut de risque est \u00e9galement connu sous le nom de &#8220;at-risk mental state&#8221;. On parle de patients &#8220;\u00e0 haut risque&#8221; ou &#8220;\u00e0 haut risque clinique&#8221;.<\/p>\n<h2 id=\"facteurs-de-risque-de-transition-vers-la-psychose-chez-les-patients-a-risque\">Facteurs de risque de transition vers la psychose chez les patients \u00e0 risque<\/h2>\n<p>Au total, environ un tiers des patients pr\u00e9sentant un statut de risque identifi\u00e9 transitent dans les 36 mois suivant leur pr\u00e9sentation initiale [6]. Cela signifie que la pr\u00e9cision pr\u00e9dictive de ces entretiens de d\u00e9pistage est d\u00e9j\u00e0 relativement \u00e9lev\u00e9e. Cependant, la recherche actuelle continue de d\u00e9ployer de grands efforts pour am\u00e9liorer encore la pr\u00e9cision de la pr\u00e9diction, en essayant de trouver des pr\u00e9dicteurs d&#8217;un risque de transition particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9 chez ces patients \u00e0 risque.<\/p>\n<p>Il s&#8217;est av\u00e9r\u00e9 que les caract\u00e9ristiques cliniques pr\u00e9sentes \u00e0 la ligne de base sont hautement pr\u00e9dictives d&#8217;une transition. Ainsi, les patients atteints de BLIPS ont un risque de transition nettement plus \u00e9lev\u00e9 que les patients atteints de SPA (39% contre 19% \u00e0 24 mois). En outre, on constate qu&#8217;un faible niveau de fonctionnement global ou social \u00e0 la baseline est un pr\u00e9dicteur suppl\u00e9mentaire d&#8217;une transition ult\u00e9rieure.<\/p>\n<p><em>Charge g\u00e9n\u00e9tique :<\/em> le r\u00f4le de l&#8217;h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9 comme tr\u00e8s important dans les psychoses schizophr\u00e9niques. N\u00e9anmoins, des \u00e9tudes ont pu montrer que les personnes ayant une pr\u00e9disposition g\u00e9n\u00e9tique \u00e0 la maladie ont toujours un risque nettement plus faible de transition \u00e0 court terme que les patients atteints de SPA ou de BLIPS. Le risque g\u00e9n\u00e9tique a manifestement des effets \u00e0 plus long terme. D&#8217;autres facteurs influen\u00e7ant une \u00e9ventuelle transition peuvent \u00eatre des modifications de la m\u00e9thylation de l&#8217;ADN ou certains syndromes de d\u00e9l\u00e9tion (par exemple 22q11.2) [6].<\/p>\n<p><em>Les substances psychotropes : <\/em>Les amph\u00e9tamines, les hallucinog\u00e8nes ou les cannabino\u00efdes peuvent \u00eatre des d\u00e9clencheurs de psychose aigu\u00eb. Ils peuvent parfois aussi \u00eatre des d\u00e9clencheurs d&#8217;une psychose schizophr\u00e9nique persistante (voir aussi &#8220;Beck et al. : Cannabis et psychose d\u00e9butante&#8221; dans ce num\u00e9ro) [6].<\/p>\n<p><em>Les variables sociod\u00e9mographiques : <\/em>Le sexe des patients et le statut socio-\u00e9conomique des parents ne se sont pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9s pr\u00e9dictifs d&#8217;une transition ult\u00e9rieure vers la psychose dans diverses \u00e9tudes. En revanche, les \u00e9tudes concernant l&#8217;\u00e9ducation, la formation des parents et l&#8217;\u00e2ge sont mitig\u00e9es [6].<\/p>\n<p><em>Traumatismes de l&#8217;enfance : <\/em>certaines \u00e9tudes plus anciennes ont rapport\u00e9 des abus sexuels dans l&#8217;enfance comme un facteur pr\u00e9dictif de la transition chez les patients \u00e0 risque. Cependant, des \u00e9tudes plus r\u00e9centes n&#8217;ont pas pu reproduire cette constatation [6].<\/p>\n<p><em>Stigmatisation et discrimination : <\/em>la discrimination v\u00e9cue et la stigmatisation ont toutes deux \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9es comme facteurs de risque pr\u00e9dictifs [6].<\/p>\n<p><em>Neurocognition : <\/em>Dans tous les domaines cognitifs, on a constat\u00e9 une performance nettement moins bonne chez les patients ayant subi une transition tardive que chez les patients non transidentitaires [7,8].<\/p>\n<p><em>Neuroimagerie :<\/em> Des modifications du volume de diverses structures c\u00e9r\u00e9brales, telles que le lobe temporal m\u00e9dian, le cortex pr\u00e9frontal et cingulaire, l&#8217;int\u00e9grit\u00e9 des voies de la substance blanche ainsi que des modifications de l&#8217;activation du cortex pr\u00e9frontal, du lobe temporal m\u00e9dian ou du noyau caud\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9es plus fr\u00e9quemment chez les patients ayant subi une transition tardive que chez les patients n&#8217;ayant pas subi de transition vers la psychose [6].<\/p>\n<p><em>Neurophysiologie : <\/em>divers param\u00e8tres issus de l&#8217;\u00e9lectroenc\u00e9phalogramme (EEG) clinique et quantitatif, la n\u00e9gativit\u00e9 de mismatch ou le potentiel corr\u00e9l\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9v\u00e9nement P300 ont pu contribuer de mani\u00e8re significative \u00e0 la pr\u00e9diction de la psychose dans des \u00e9tudes [6].<\/p>\n<p><em>Param\u00e8tres sanguins : <\/em>De plus en plus, les param\u00e8tres sanguins tels que l&#8217;augmentation des marqueurs plasmatiques de l&#8217;inflammation, le stress oxydatif ou les troubles de l&#8217;axe hypothalamo-hypophysaire sont pris en compte pour pr\u00e9dire une \u00e9ventuelle transition [6].<\/p>\n<p><em>Mod\u00e8les multi-domaines : <\/em>Dans le cadre des mod\u00e8les pr\u00e9dictifs, diff\u00e9rents niveaux de risque peuvent \u00eatre analys\u00e9s et \u00e9valu\u00e9s simultan\u00e9ment en termes de pr\u00e9dictivit\u00e9. Cette approche permet de classer les facteurs de risque en fonction de leur poids dans la pr\u00e9diction. Ainsi, des \u00e9tudes men\u00e9es par notre groupe de recherche ont montr\u00e9 que la prise en compte des sympt\u00f4mes positifs et n\u00e9gatifs ainsi que des performances neurocognitives am\u00e9liorait la pr\u00e9diction. Dans ce cas, une combinaison des trois facteurs mentionn\u00e9s pr\u00e9c\u00e9demment fournit la meilleure pr\u00e9diction <strong>(figure&nbsp;2)<\/strong> [8].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9622 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/abb2_np1_s4.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 876px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 876\/1100;height:502px; width:400px\" width=\"876\" height=\"1100\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/abb2_np1_s4.jpg 876w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/abb2_np1_s4-800x1005.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/abb2_np1_s4-120x151.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/abb2_np1_s4-90x113.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/abb2_np1_s4-320x402.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/abb2_np1_s4-560x703.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 876px) 100vw, 876px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Des m\u00e9thodes plus r\u00e9centes permettent \u00e9galement de faire des pr\u00e9dictions au niveau individuel. Nous avons par exemple effectu\u00e9 de tels calculs \u00e0 l&#8217;aide du machine learning sur la base de donn\u00e9es de neuroimagerie. Elles sont actuellement r\u00e9pliqu\u00e9es et affin\u00e9es dans de grandes \u00e9tudes multicentriques europ\u00e9ennes [6].<\/p>\n<h2 id=\"consequences-des-psychoses-non-traitees\">Cons\u00e9quences des psychoses non trait\u00e9es<\/h2>\n<p>Si les maladies psychotiques ne sont pas diagnostiqu\u00e9es et trait\u00e9es \u00e0 un stade pr\u00e9coce, elles peuvent avoir des cons\u00e9quences graves d\u00e8s les premiers stades de la maladie. Il peut notamment en r\u00e9sulter une r\u00e9mission retard\u00e9e ou incompl\u00e8te des sympt\u00f4mes, une observance moindre ainsi qu&#8217;un taux de r\u00e9hospitalisation et des co\u00fbts de traitement plus \u00e9lev\u00e9s. En outre, la qualit\u00e9 de vie peut \u00eatre r\u00e9duite en raison de l&#8217;impact sur le d\u00e9veloppement psychologique, social et professionnel. L&#8217;environnement familial est souvent mis \u00e0 rude \u00e9preuve et les patients pr\u00e9sentent un risque accru de d\u00e9pression, de suicide, d&#8217;homicide, de d\u00e9linquance et d&#8217;abus d&#8217;alcool ou de drogues [1,9].<\/p>\n<h2 id=\"detection-precoce\">D\u00e9tection pr\u00e9coce<\/h2>\n<p>L&#8217;\u00e9valuation du statut de risque ou de la maladie psychotique initiale se fait par des examens cliniques et comprend des entretiens standardis\u00e9s, des tests neuropsychologiques, des analyses de sang, des mesures EEG et IRM [9,10]. Dans la premi\u00e8re consultation de d\u00e9pistage de Suisse \u00e0 B\u00e2le (FePsy), le &#8220;Basel Screening Instrument for Psychoses&#8221; (BSIP) a \u00e9t\u00e9 sp\u00e9cialement d\u00e9velopp\u00e9 pour le relev\u00e9 du statut de risque [11]. Le BSIP pr\u00e9sente une tr\u00e8s bonne fiabilit\u00e9 inter-rapports et une tr\u00e8s bonne validit\u00e9 pr\u00e9dictive, et il est facile \u00e0 utiliser pour les psychiatres exp\u00e9riment\u00e9s. Le tableau 1 r\u00e9sume les cat\u00e9gories de risques utilis\u00e9es pour l&#8217;enqu\u00eate sur l&#8217;\u00e9tat des risques.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9623 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/tab2_np1_s6.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1851;height:1010px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1851\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/tab2_np1_s6.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/tab2_np1_s6-800x1346.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/tab2_np1_s6-120x202.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/tab2_np1_s6-90x151.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/tab2_np1_s6-320x538.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/tab2_np1_s6-560x942.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les listes de contr\u00f4le des risques aident les praticiens \u00e0 d\u00e9tecter les sympt\u00f4mes \u00e0 un stade pr\u00e9coce. Dans le cadre du projet FePsy, la liste de contr\u00f4le des risques <strong>(tab.&nbsp;2) <\/strong>a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e pour permettre aux premiers intervenants et aux psychiatres lib\u00e9raux de v\u00e9rifier rapidement et facilement si une personne pr\u00e9sente un risque potentiel de psychose. La liste de contr\u00f4le des risques peut \u00eatre remplie et \u00e9valu\u00e9e par le m\u00e9decin. Le patient remplit l&#8217;auto-screen-prodrome <strong>(tab.&nbsp;3) <\/strong>. Si une personne remplit les crit\u00e8res de risque selon la liste de contr\u00f4le ou le syndrome d&#8217;autoscreening, elle doit \u00eatre adress\u00e9e \u00e0 un psychiatre ou \u00e0 un centre de d\u00e9pistage.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9624 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/tab3_np1_s7.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1266;height:691px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1266\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/tab3_np1_s7.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/tab3_np1_s7-800x921.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/tab3_np1_s7-120x138.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/tab3_np1_s7-90x104.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/tab3_np1_s7-320x368.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/tab3_np1_s7-560x645.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&#8217;information ouverte par le psychiatre sur le statut de risque ainsi que l&#8217;explication de l&#8217;\u00e9volution possible de la maladie et des autres possibilit\u00e9s de prophylaxie et de traitement sont une priorit\u00e9 absolue et n\u00e9cessitent un certain tact. Il est important d&#8217;impliquer activement le patient et de l&#8217;informer de toutes les \u00e9tapes ult\u00e9rieures, afin de ne pas donner le sentiment que quelque chose se passe dans son dos, ce qui pourrait engendrer de la m\u00e9fiance [10,12].<\/p>\n<h2 id=\"intervention-precoce\">Intervention pr\u00e9coce<\/h2>\n<p>Le d\u00e9pistage et l&#8217;intervention pr\u00e9coce visent en premier lieu \u00e0 traiter la symptomatologie pr\u00e9sente. En m\u00eame temps, elle peut pr\u00e9venir une d\u00e9compensation psychotique ou une chronicisation de la maladie. Un traitement sp\u00e9cifique \u00e0 chaque stade est propos\u00e9 dans le cadre de programmes d&#8217;intervention pr\u00e9coce. Celle-ci comprend avant tout l&#8217;\u00e9tablissement d&#8217;une relation th\u00e9rapeutique solide, des entretiens de soutien, une psycho\u00e9ducation ainsi qu&#8217;une gestion de cas cognitivo-comportementale ou une th\u00e9rapie cognitivo-comportementale. Dans tous les cas, la relation th\u00e9rapeutique avec le patient et ses proches est essentielle [4,9,12].<\/p>\n<p>Les personnes pr\u00e9sentant un risque accru de d\u00e9velopper une psychose ne doivent pas (encore) prendre de m\u00e9dicaments antipsychotiques et les interventions doivent \u00eatre mises en \u0153uvre avec pr\u00e9caution. La psychoth\u00e9rapie y occupe une place importante. L&#8217;utilisation de m\u00e9dicaments doit \u00eatre exclusivement ax\u00e9e sur le syndrome, par exemple pour rem\u00e9dier aux troubles du sommeil ou \u00e0 l&#8217;humeur d\u00e9pressive. Les mesures de r\u00e9duction du stress et les instructions sur la mani\u00e8re de g\u00e9rer le stress sont d&#8217;une grande importance. L&#8217;aide en cas de stress psychologique aigu peut \u00e9galement \u00eatre fournie par des travailleurs sociaux. En cas de maladie initiale clairement diagnostiqu\u00e9e ou de d\u00e9compensation psychotique, l&#8217;utilisation d&#8217;antipsychotiques est indiqu\u00e9e. Des entretiens de soutien, une psycho\u00e9ducation et, si n\u00e9cessaire, des programmes d&#8217;entra\u00eenement neuropsychologique doivent \u00eatre propos\u00e9s au patient. L&#8217;implication des proches est essentielle et peut aider \u00e0 r\u00e9duire le stress, \u00e0 garantir la prise des m\u00e9dicaments et \u00e0 r\u00e9duire le risque de rechute.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>Les premiers signes de psychose d\u00e9butante apparaissent typiquement \u00e0 l&#8217;adolescence ou au d\u00e9but de l&#8217;\u00e2ge adulte.<\/li>\n<li>Le praticien et le patient disposent de deux questionnaires de d\u00e9pistage simples en cas de suspicion de risque de psychose.<\/li>\n<li>Le diagnostic de d\u00e9pistage ambulatoire comprend, outre l&#8217;examen clinique, l&#8217;analyse de l&#8217;ADN de la m\u00e8re et de l&#8217;enfant.<\/li>\n<li>L&#8217;examen clinique comprend des param\u00e8tres neuropsychologiques et de laboratoire ainsi que des techniques d&#8217;imagerie.<\/li>\n<li>Une d\u00e9tection et une intervention pr\u00e9coces en cas de sympt\u00f4mes psychotiques peuvent influencer positivement l&#8217;\u00e9volution et pr\u00e9venir la chronicit\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Riecher-R\u00f6ssler A, McGorry P (Eds) : Early detection and intervention in psychosis. Etat de l&#8217;art et perspectives d&#8217;avenir. Questions cl\u00e9s en sant\u00e9 mentale, vol. 181. B\u00e2le, Karger ; 2016.<\/li>\n<li>McGorry PD, et al : Intervention in individuals at ultra high risk for psychosis : a review and future directions. J Clin Psychiatry 2009 ; 70(9) : 1206-1212.<\/li>\n<li>Van der Gaag M, et al : Preventing a first episode of psychosis : meta-analysis of randomized controlled prevention trials of 12 month and longer-term follow-up. Schizophrenia research 2013 ; 149(1-3) : 56-62.<\/li>\n<li>Schmidt SJ, et al : EPA guidance on the early intervention in clinical high risk states of psychoses. European psychiatry : the journal of the Association of European Psychiatrists 2015 ; 30(3) : 388-404.<\/li>\n<li>Fusar-Poli P, et al : Improving outcomes of first-episode psychosis : an overview. World psychiatry : official journal of the World Psychiatric Association 2017 ; 16(3) : 251-265.<\/li>\n<li>Riecher-R\u00f6ssler A, Studerus E : Prediction of conversion to psychosis in individuals with an at-risk mental state : a brief update on recent developments. Curr Op Psychiatry 2017 ; 30(3) : 209-219.<\/li>\n<li>Hauser M, et al : Performance des tests neuropsychologiques pour am\u00e9liorer l&#8217;identification des sujets \u00e0 haut risque clinique de psychose et pour \u00eatre les plus prometteurs pour les algorithmes pr\u00e9dictifs de conversion \u00e0 la psychose : une m\u00e9ta-analyse. J Clin Psychiatry 2017 ; 78(1) : 28-40.<\/li>\n<li>Riecher-R\u00f6ssler A, et al : Efficacit\u00e9 de l&#8217;utilisation de l&#8217;\u00e9tat cognitif dans la pr\u00e9diction de la psychose : un suivi de 7 ans. Biol Psychiatry 2009 ; 66(11) : 1023-1030.<\/li>\n<li>Riecher-R\u00f6ssler A et al. : Pr\u00e9diction des psychoses par une \u00e9valuation progressive \u00e0 plusieurs niveaux &#8211; Le projet Fepsy de B\u00e2le. Fortschr Neurol Psychiatr 2013 ; 81(5) : 265-275.<\/li>\n<li>Schultze-Lutter F, et al : EPA guidance on the early detection of clinical high risk states of psychoses. European psychiatry : the journal of the Association of European Psychiatrists 2015 ; 30(3) : 405-416.<\/li>\n<li>Riecher-R\u00f6ssler A, et al. : L&#8217;instrument de d\u00e9pistage des psychoses de B\u00e2le (BSIP) : d\u00e9veloppement, structure, fiabilit\u00e9 et validit\u00e9. Fortschr Neurol Psychiatr 2008 ; 76(4) : 207-216.<\/li>\n<li>Riecher-R\u00f6ssler A, et al. : D\u00e9tection et intervention pr\u00e9coces dans les psychoses d\u00e9butantes. Neurotransmetteurs 2015 ; 26(1) : 50-54.<\/li>\n<li>Kammermann J, Stieglitz RD, Riecher-R\u00f6ssler A : &#8220;Self-screen prodrome&#8221; &#8211; auto-\u00e9valuation pour la d\u00e9tection pr\u00e9coce des troubles mentaux et des psychoses. Fortschr Neurol Psychiatr 2009 ; 77(5) : 278-284.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>D&#8217;autres ouvrages peuvent \u00eatre demand\u00e9s aux auteurs.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2018 ; 16(1) : 3-8<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le d\u00e9but des psychoses schizophr\u00e9niques est g\u00e9n\u00e9ralement insidieux et atypique. Leur d\u00e9tection pr\u00e9coce a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e au centre de la recherche sur la psychose. 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