{"id":338758,"date":"2018-01-13T01:00:00","date_gmt":"2018-01-13T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/le-monde-voit-violet\/"},"modified":"2018-01-13T01:00:00","modified_gmt":"2018-01-13T00:00:00","slug":"le-monde-voit-violet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/le-monde-voit-violet\/","title":{"rendered":"Le monde voit violet"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le cancer du pancr\u00e9as a un taux de mortalit\u00e9 tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9. En Suisse, 1172 personnes en sont atteintes chaque ann\u00e9e et 1080 en meurent. Lors du point presse de Shire, un aper\u00e7u complet de la maladie a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9, ainsi que les options th\u00e9rapeutiques actuelles, y compris la nouvelle autorisation d&#8217;Onivyde en Suisse, et une personne atteinte de la maladie a parl\u00e9 de son histoire \u00e9mouvante.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>&#8220;En d\u00e9cembre de cette ann\u00e9e, cela fera cinq ans que j&#8217;ai re\u00e7u le diagnostic de cancer &#8230; un tr\u00e8s mauvais moment &#8230; le pire jour de ma vie&#8221;, des mots \u00e9mouvants par lesquels une jeune femme introduit l&#8217;histoire de son cancer du pancr\u00e9as. Elle avait 35 ans au moment du diagnostic. Le nombre de patients plus jeunes augmente pour des raisons inexpliqu\u00e9es, constate \u00e9galement le professeur Markus Borner, ONCOCARE, H\u00f4pital Engeried du groupe Lindenhof \u00e0 Berne. Il n&#8217;y aurait gu\u00e8re de facteurs de risque causaux pour le cancer du pancr\u00e9as. On peut citer par exemple le tabagisme, la consommation excessive d&#8217;alcool, l&#8217;\u00e2ge croissant, les contraintes familiales. Aucun d&#8217;entre eux n&#8217;\u00e9tait pr\u00e9sent chez la jeune patiente. Les sympt\u00f4mes typiques de cette maladie, qui ne se manifestent g\u00e9n\u00e9ralement que par une progression locale ou des m\u00e9tastases, \u00e9taient \u00e9galement absents. Mais ce sont souvent les douleurs abdominales, la perte de poids, la jaunisse, les selles grasses ou le diab\u00e8te qui sont des sympt\u00f4mes non sp\u00e9cifiques du cancer. Lorsque le diagnostic est pos\u00e9, 80% des patients sont d\u00e9j\u00e0 au stade inop\u00e9rable [3]. Dans 10 \u00e0 20% des cas, il existe une approche th\u00e9rapeutique curative avec la r\u00e9section chirurgicale, qui peut faire passer la survie \u00e0 5 ans de 5 \u00e0 10% [4]. Pour les 80% restants (et en partie comme traitement adjuvant), une chimioth\u00e9rapie contenant de la gemcitabine est jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent disponible comme traitement de premi\u00e8re ligne. En raison des quantit\u00e9s r\u00e9siduelles de cellules tumorales microscopiques, il y a malgr\u00e9 tout une forte proportion de progression locale et de m\u00e9tastases [4].<\/p>\n<h2 id=\"nouvel-agrement-onivyde\">Nouvel agr\u00e9ment Onivyde<\/h2>\n<p>Depuis juillet 2017, les patients adultes atteints d&#8217;un ad\u00e9nocarcinome pancr\u00e9atique m\u00e9tastatique et dont la maladie a progress\u00e9 apr\u00e8s un traitement de premi\u00e8re ligne \u00e0 base de gemcitabine disposent en Suisse d&#8217;une option th\u00e9rapeutique, Onivyde, qui peut am\u00e9liorer de mani\u00e8re significative la survie globale dans cette situation. L&#8217;autorisation de Swissmedic \u00e9tait bas\u00e9e sur l&#8217;\u00e9tude NAPOLI-1, une \u00e9tude mondiale de phase III en libre acc\u00e8s qui a compar\u00e9 la prise d&#8217;irinot\u00e9can liposomal (nal-IRI, 80&nbsp;mg\/m2) associ\u00e9e au 5-fluorouracile (5-FU) et \u00e0 la leucovorine (LV) toutes les deux semaines \u00e0 l&#8217;administration d&#8217;une monoth\u00e9rapie par Onivyde (120&nbsp;<sup>mg\/m2<\/sup>) toutes les trois semaines et \u00e0 un groupe t\u00e9moin prenant uniquement du 5-FU\/LV [5]. Le traitement combin\u00e9 Onivyde plus 5-FU\/LV a montr\u00e9 une survie globale m\u00e9diane de 6,1 mois contre 4,2 mois (p=0,012) par rapport au traitement par 5-FU\/LV seul. Il n&#8217;y a pas eu de diff\u00e9rence significative dans la survie globale entre la monoth\u00e9rapie Onivyde et le groupe t\u00e9moin 5-FU\/LV (4,9 vs 4,2 mois, p=0,94). La survie sans progression a \u00e9t\u00e9 de 3,1 mois sous Onivyde plus 5-FU\/LV, alors qu&#8217;elle \u00e9tait de 1,5 mois sous 5FU\/LV seul (p=0,0001).<\/p>\n<p>Selon les auteurs de l&#8217;\u00e9tude, le traitement par Onivyde plus 5-FU\/LV pr\u00e9sentait un profil d&#8217;effets secondaires g\u00e9rable. Des effets secondaires toxiques de grade 3 et 4 ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s, les plus fr\u00e9quents \u00e9tant la neutrop\u00e9nie (27%), la diarrh\u00e9e (13%), la fatigue (14%) et les vomissements (11%). Au total, 11% des patients ont interrompu le traitement par Onivyde plus 5-FU\/LV.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-9553\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/kasten_inkuerze_s6.png\" style=\"height:232px; width:400px\" width=\"726\" height=\"421\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le principe d&#8217;action d&#8217;Onivyde repose sur l&#8217;encapsulation de la substance active irinot\u00e9can avec une bicouche lipidique p\u00e9gyl\u00e9e [6], ce qui devrait am\u00e9liorer le transport et prolonger la dur\u00e9e d&#8217;exposition de la tumeur \u00e0 la substance active. De plus, cela devrait permettre de r\u00e9duire la dose n\u00e9cessaire et de diminuer les effets secondaires, selon le professeur Borner.<br \/>\nLa jeune patiente a \u00e9galement indiqu\u00e9 que les effets secondaires pouvaient \u00eatre si violents que le traitement devait \u00eatre bri\u00e8vement interrompu pour &#8220;reprendre son souffle&#8221;. Outre le traitement m\u00e9dical, le soutien mutuel entre les personnes concern\u00e9es, par exemple dans le cadre de groupes d&#8217;entraide, est d&#8217;autant plus important. La Ligue suisse contre le cancer peut vous mettre en contact avec des groupes d&#8217;entraide et r\u00e9pondre \u00e0 toutes vos questions sur le sujet (www.krebsliga.ch). C&#8217;est notamment gr\u00e2ce \u00e0 ce soutien que la jeune femme, apr\u00e8s cinq ans et 55 \u00e0 58 cycles de chimioth\u00e9rapie, sait qu&#8217;elle veut continuer \u00e0 se battre et &#8220;faire exploser toutes les statistiques&#8221;.<\/p>\n<p><em>Source : conf\u00e9rence de presse World Pancreatic Cancer Day 2017 \u00e0 Berne, 16 novembre 2017<\/em><\/p>\n<p>\nLitt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Worlwide date. Site web du Fonds mondial de recherche sur le cancer. www.wcrf.org\/int\/cancer-facts-figures\/worldwide-data (situation au 20.11.17).<\/li>\n<li>Agence internationale pour la recherche sur le cancer. http:\/\/eco.iarc.fr\/EUCAN\/Country.aspx?ISOCountryCd=756 (situation au 20.11.17).<\/li>\n<li>Hidalgo M : Cancer du pancr\u00e9as. N Engl J Med 2010 ; 362(17) : 1605-1617.<\/li>\n<li>Jones OP, Melling JD, Ghaneh P : Traitement adjuvant dans le cancer du pancr\u00e9as. World J Gastroenterol 2014 ; 20 : 14733-14746.<\/li>\n<li>Wang-Gillam A, et al : Nanoliposomal irinotecan with fluorouracil and folinic acid in metastatic pancreatic cancer after previous gemcitabine-based therapy (NAPOLI-1) : a global, randomised, open-label, phase 3 trial. Lancet 2016 ; 387(10018) : 545-557.<\/li>\n<li>Compendium des m\u00e9dicaments. https:\/\/compendium.ch\/mpro\/mnr\/28140\/html\/de (situation au 20.11.17).<\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le cancer du pancr\u00e9as a un taux de mortalit\u00e9 tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9. En Suisse, 1172 personnes en sont atteintes chaque ann\u00e9e et 1080 en meurent. 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