{"id":338963,"date":"2017-11-27T01:00:00","date_gmt":"2017-11-27T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/des-progres-grace-a-une-meilleure-stratification-des-risques\/"},"modified":"2017-11-27T01:00:00","modified_gmt":"2017-11-27T00:00:00","slug":"des-progres-grace-a-une-meilleure-stratification-des-risques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/des-progres-grace-a-une-meilleure-stratification-des-risques\/","title":{"rendered":"Des progr\u00e8s gr\u00e2ce \u00e0 une meilleure stratification des risques"},"content":{"rendered":"<p><strong>La leuc\u00e9mie aigu\u00eb lymphoblastique est le cancer le plus fr\u00e9quent chez l&#8217;enfant. Elle fait l&#8217;objet d&#8217;un traitement adapt\u00e9 au risque et est curable dans la majorit\u00e9 des cas. De nouveaux m\u00e9dicaments innovants, comme les immunoth\u00e9rapies, sont en cours d&#8217;essais cliniques.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>La leuc\u00e9mie aigu\u00eb lymphoblastique (LAL) est le cancer le plus fr\u00e9quent chez l&#8217;enfant, avec une proportion d&#8217;environ 30% et 3,3 nouveaux cas pour 100 000 habitants de moins de 15 ans. Le pic d&#8217;\u00e2ge se situe autour de cinq ans. En Suisse, environ 50 \u00e0 60 enfants sont atteints de LAL chaque ann\u00e9e. Le sous-type le plus fr\u00e9quent sur le plan immunologique chez l&#8217;enfant est la LAL pr\u00e9curseur B, qui se d\u00e9veloppe \u00e0 partir de cellules immatures de la s\u00e9rie B du syst\u00e8me lymphatique. Les ALL de lymphopo\u00ef\u00e8se T sont plus rares. Une forme particuli\u00e8re est la leuc\u00e9mie \u00e0 cellules B matures, qui est due \u00e0 une transformation maligne des cellules B matures et est consid\u00e9r\u00e9e comme une manifestation leuc\u00e9mique d&#8217;un lymphome de Burkitt. La LAL est une maladie h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne qui se caract\u00e9rise par une prolif\u00e9ration incontr\u00f4l\u00e9e de cellules prog\u00e9nitrices lympho\u00efdes dans la moelle osseuse et le sang p\u00e9riph\u00e9rique [1]. Elle est d\u00e9sormais consid\u00e9r\u00e9e comme une maladie qui, bien que pr\u00e9sentant souvent de grandes similitudes morphologiques, peut pr\u00e9senter des sous-entit\u00e9s tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes sur le plan cytog\u00e9n\u00e9tique ou mol\u00e9culaire [2], ce qui est \u00e9galement corr\u00e9l\u00e9 \u00e0 une r\u00e9ponse clinique h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne au traitement. Les techniques modernes de s\u00e9quen\u00e7age permettent de montrer l&#8217;\u00e9norme h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 clonale de cette maladie.<\/p>\n<h2 id=\"causes\">Causes<\/h2>\n<p>La cause de l&#8217;apparition de la leuc\u00e9mie n&#8217;est toujours pas claire. Les facteurs connus, mais peu fr\u00e9quents, sont les radiations ionisantes et les syndromes cong\u00e9nitaux. Toutefois, cela explique moins de 10% de toutes les maladies. Les enfants atteints du syndrome de Down ont environ 20 fois plus de risques de d\u00e9velopper une leuc\u00e9mie (LAL ou leuc\u00e9mie my\u00e9loblastique aigu\u00eb) au cours des cinq premi\u00e8res ann\u00e9es de leur vie, par rapport aux enfants sains non atteints. Cependant, une my\u00e9loprolif\u00e9ration n\u00e9onatale transitoire est encore plus fr\u00e9quente chez ces enfants (3-10%) et peut parfois \u00e9voluer vers une leuc\u00e9mie. D&#8217;autres alt\u00e9rations cong\u00e9nitales rares pr\u00e9sentant un risque accru de leuc\u00e9mie sont l&#8217;ataxie t\u00e9langiectasique, le syndrome de Fanconi et d&#8217;autres syndromes associ\u00e9s \u00e0 un d\u00e9ficit immunitaire ou \u00e0 une fragilit\u00e9 chromosomique accrue. Le fait que l&#8217;ALL survienne plus fr\u00e9quemment entre la deuxi\u00e8me et la cinqui\u00e8me ann\u00e9e de vie, que l&#8217;on constate une augmentation de la maladie dans les pays industrialis\u00e9s et que l&#8217;on ait observ\u00e9 par le pass\u00e9 des regroupements de cas, en particulier dans les r\u00e9gions de nouvelles agglom\u00e9rations, a conduit \u00e0 diff\u00e9rentes hypoth\u00e8ses de leuc\u00e9mie associ\u00e9es \u00e0 des infections [3,4].<\/p>\n<h2 id=\"symptomes\">Sympt\u00f4mes<\/h2>\n<p>La multiplication des blastes leuc\u00e9miques dans la moelle osseuse entra\u00eene le d\u00e9placement de l&#8217;h\u00e9matopo\u00ef\u00e8se normale, ce qui explique les sympt\u00f4mes les plus courants tels que la p\u00e2leur et la fatigue dues \u00e0 l&#8217;an\u00e9mie ou la tendance aux saignements due aux thrombocytop\u00e9nies. Les infiltrations provoquent souvent des douleurs osseuses diffuses et des arthropathies variables, qui se manifestent parfois chez les jeunes enfants par une r\u00e9ticence \u00e0 bouger, voire un refus de marcher. En outre, il peut y avoir un gonflement des ganglions lymphatiques et des organom\u00e9galies.<\/p>\n<h2 id=\"diagnostic\">Diagnostic<\/h2>\n<p>Dans le sang, on observe souvent des modifications d&#8217;au moins deux s\u00e9ries de cellules sanguines, le plus souvent une thrombocytop\u00e9nie accompagn\u00e9e d&#8217;une an\u00e9mie. Le nombre de leucocytes peut \u00eatre normal, abaiss\u00e9 ou augment\u00e9. La morphologie de l&#8217;h\u00e9mogramme fournit des indications diagnostiques importantes, le diagnostic final \u00e9tant \u00e9tabli par ponction de moelle osseuse. Outre l&#8217;\u00e9tude de la morphologie, elle permet de d\u00e9terminer l&#8217;immunoph\u00e9notype des blastes leuc\u00e9miques par cytom\u00e9trie de flux (FACS) et de r\u00e9aliser une analyse chromosomique. L&#8217;immunoph\u00e9notypage permet de d\u00e9terminer le stade de d\u00e9veloppement du clone cellulaire correspondant. Le sous-type de leuc\u00e9mie le plus fr\u00e9quent chez les enfants, appel\u00e9 &#8220;common-ALL&#8221;, se caract\u00e9rise par l&#8217;expression des marqueurs de cellules B CD10 et CD19. L&#8217;expression d&#8217;antig\u00e8nes my\u00e9lo\u00efdes, qui n&#8217;a g\u00e9n\u00e9ralement pas de signification pronostique, peut \u00eatre d\u00e9tect\u00e9e dans la moiti\u00e9 des LAL. De nos jours, les analyses cytog\u00e9n\u00e9tiques et mol\u00e9culaires occupent une place de plus en plus importante. Il s&#8217;agit d&#8217;identifier les sous-groupes les plus importants, car ils ont des implications th\u00e9rapeutiques. D&#8217;une part, on recherche aussi bien des modifications chromosomiques num\u00e9riques telles que l&#8217;hyperdiplo\u00efdie ou l&#8217;hypodiplo\u00efdie que des modifications structurelles telles que des translocations, par exemple t(12;21) (fusion des g\u00e8nes ETV6\/RUNX1) ou t(9;22) (fusion de BCR\/ABL1), des r\u00e9arrangements MLL (MLL 11q23) et d&#8217;autres modifications.<\/p>\n<p>Classiquement, la d\u00e9tection de ces modifications se fait par cytog\u00e9n\u00e9tique conventionnelle (G-banding) et\/ou par hybridation in situ fluorescente (FISH) dans les cellules leuc\u00e9miques. Dans le cadre du diagnostic \u00e9volutif visant \u00e0 \u00e9valuer la r\u00e9ponse de la leuc\u00e9mie au traitement, la mesure de la maladie r\u00e9siduelle minimale (&#8220;minimal residual disease&#8221;, MRD) \u00e0 partir de la moelle osseuse s&#8217;est \u00e9tablie au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es. La r\u00e9ponse au traitement s&#8217;est d\u00e9sormais r\u00e9v\u00e9l\u00e9e \u00eatre l&#8217;un des param\u00e8tres pronostiques les plus importants. Pour le diagnostic de l&#8217;\u00e9volution, on utilise aujourd&#8217;hui essentiellement deux m\u00e9thodes qui se compl\u00e8tent dans la pratique clinique quotidienne. La m\u00e9thode la plus sensible est le suivi des r\u00e9arrangements des immunoglobulines et des r\u00e9cepteurs des lymphocytes T. Les r\u00e9arrangements clonaux sp\u00e9cifiques \u00e0 la leuc\u00e9mie sont initialement recherch\u00e9s et suivis par PCR quantitative \u00e0 des moments pr\u00e9cis du traitement. La limite de d\u00e9tection ainsi atteinte est d&#8217;environ une cellule leuc\u00e9mique sur 100 000 cellules normales de la moelle osseuse. Une technique de mesure de la MRD moins sensible d&#8217;environ un niveau log repose sur le suivi du ph\u00e9notype immunitaire associ\u00e9 \u00e0 la leuc\u00e9mie par FACS. Une sensibilit\u00e9 de 0,001% peut \u00eatre atteinte [5].<\/p>\n<h2 id=\"traitement\">Traitement<\/h2>\n<p>Dans les ann\u00e9es 70, moins de 30% des enfants survivaient \u00e0 la maladie, alors qu&#8217;aujourd&#8217;hui, pr\u00e8s de 85% des patients peuvent \u00eatre gu\u00e9ris \u00e0 long terme <strong>(Fig.&nbsp;1). <\/strong>Les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s en mati\u00e8re de survie au cours des dix \u00e0 quinze derni\u00e8res ann\u00e9es sont principalement dus \u00e0 une meilleure stratification des risques et, par cons\u00e9quent, \u00e0 un traitement adapt\u00e9 \u00e0 ces risques. Le traitement de premi\u00e8re ligne actuel de la LAL consiste essentiellement en l&#8217;association de corticost\u00e9ro\u00efdes, d&#8217;une d\u00e9pl\u00e9tion en acides amin\u00e9s ou en substrats (asparaginase, m\u00e9thotrexate), de substances alkylantes, d&#8217;antim\u00e9tabolites, de bloqueurs de m\u00e9taphases classiques et d&#8217;anthracyclines [6]. Les nouvelles substances, appel\u00e9es th\u00e9rapies &#8220;cibl\u00e9es&#8221;, n&#8217;ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es que de mani\u00e8re tr\u00e8s limit\u00e9e dans le traitement de la LAL p\u00e9diatrique, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s, comme les inhibiteurs de tyrosine kinase dans la LAL \u00e0 chromosome Philadelphie positif. Plus r\u00e9cemment, de nouveaux sous-groupes rares d&#8217;ALL pr\u00e9curseurs B ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s, appel\u00e9s &#8220;Philadelphia like&#8221; (ou &#8220;BCR-ABL like&#8221;), qui pr\u00e9sentent d&#8217;une part un risque de r\u00e9cidive nettement plus \u00e9lev\u00e9, mais qui pourraient d&#8217;autre part \u00eatre des candidats potentiels pour des th\u00e9rapies cibl\u00e9es [7]. Cependant, pour la plupart des nouveaux crit\u00e8res g\u00e9n\u00e9tiques \u00e0 haut risque, il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que leur influence varie en fonction de la r\u00e9ponse th\u00e9rapeutique mesurable.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-9342\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/abb1_oh5_s31.png\" style=\"height:926px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1698\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La plupart des centres d&#8217;oncologie p\u00e9diatrique suisses traitent leurs patients dans le cadre d&#8217;\u00e9tudes du groupe d&#8217;\u00e9tude ALL-BFM, une association de centres d&#8217;oncologie p\u00e9diatrique allemands, autrichiens et suisses qui, depuis 1976, a largement contribu\u00e9 \u00e0 l&#8217;am\u00e9lioration du traitement de la LAL dans le cadre de nombreux essais th\u00e9rapeutiques randomis\u00e9s \u00e0 grande \u00e9chelle. Alors que les \u00e9tudes ALL-BFM pr\u00e9c\u00e9dentes ont permis de r\u00e9aliser la plupart des progr\u00e8s en adaptant la classification des groupes \u00e0 risque et en individualisant le traitement, l&#8217;\u00e9tude de suivi AIEOP-BFM ALL 2017, actuellement en cours de planification, utilisera pour la premi\u00e8re fois de nouveaux m\u00e9dicaments prometteurs. Les m\u00e9dicaments classiques mentionn\u00e9s pour le traitement de la LAL constituent la &#8220;colonne vert\u00e9brale&#8221; du traitement. En outre, les nouveaux m\u00e9dicaments innovants sont \u00e9valu\u00e9s de mani\u00e8re randomis\u00e9e pour leur b\u00e9n\u00e9fice potentiel. L&#8217;\u00e9tude AIEOP-BFM-2017 pr\u00e9vue d\u00e9finit de nouveaux groupes cytog\u00e9n\u00e9tiques \u00e0 haut risque <strong>(aper\u00e7u&nbsp;1)<\/strong> qui auront acc\u00e8s \u00e0 de nouvelles approches th\u00e9rapeutiques innovantes. L&#8217;un de ces nouveaux sous-groupes est d\u00e9fini par la pr\u00e9sence d&#8217;une d\u00e9l\u00e9tion IKZF1 associ\u00e9e \u00e0 une d\u00e9l\u00e9tion CDKN2A, CDKN2B, PAX5 ou PAR1 en l&#8217;absence de d\u00e9l\u00e9tion ERG et est appel\u00e9 IKZF1plus. Dans des \u00e9tudes ant\u00e9rieures, environ 10 \u00e0 15% des patients ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s comme IKZF1plus et ces patients pr\u00e9sentaient un taux de r\u00e9cidive significativement plus \u00e9lev\u00e9 que les patients IKZF1plus-n\u00e9gatifs [8]. L&#8217;un de ces nouveaux m\u00e9dicaments, qui sera utilis\u00e9 dans un petit groupe de groupes \u00e0 haut risque et au pronostic particuli\u00e8rement d\u00e9favorable, est le blinatumomab, un anticorps bisp\u00e9cifique contre les cellules T (BiTE) qui cible simultan\u00e9ment le r\u00e9cepteur CD3 des cellules T et la prot\u00e9ine de surface CD19 des cellules B [9]. Le blinatumomab devrait combiner deux effets potentiels : R\u00e9duire les toxicit\u00e9s aigu\u00ebs et \u00e0 long terme en \u00e9conomisant la chimioth\u00e9rapie conventionnelle et traiter plus efficacement les patients qui n&#8217;ont jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent r\u00e9pondu que de mani\u00e8re insatisfaisante \u00e0 la th\u00e9rapie \u00e0 haut risque.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9343 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/uebersicht1_oh5_s32.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 896px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 896\/1385;height:618px; width:400px\" width=\"896\" height=\"1385\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le bort\u00e9zomib, un inhibiteur du prot\u00e9asome, est un autre nouveau m\u00e9dicament dot\u00e9 d&#8217;un nouveau mode d&#8217;action dans le traitement de premi\u00e8re ligne de la LAL. \u00c9tant donn\u00e9 que les tentatives pr\u00e9c\u00e9dentes d&#8217;intensification tardive du traitement chez les patients \u00e0 haut risque n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 couronn\u00e9es de succ\u00e8s et en raison des toxicit\u00e9s d\u00e9j\u00e0 \u00e9lev\u00e9es des traitements \u00e0 haut risque (HR), le bort\u00e9zomib sera utilis\u00e9 de mani\u00e8re randomis\u00e9e d\u00e8s la phase post-r\u00e9induction pr\u00e9coce chez les patients HR dans l&#8217;\u00e9tude \u00e0 venir.<\/p>\n<h2 id=\"systeme-nerveux-central-snc\">Syst\u00e8me nerveux central (SNC)<\/h2>\n<p>La pr\u00e9vention d&#8217;une r\u00e9cidive du SNC se fait aujourd&#8217;hui majoritairement par voie m\u00e9dicamenteuse, d&#8217;une part par des injections intrath\u00e9cales de m\u00e9thotrexate, d&#8217;autre part par l&#8217;administration de cytostatiques \u00e0 action syst\u00e9mique qui s&#8217;infiltrent dans le cerveau (par ex. m\u00e9thotrexate \u00e0 haute dose). Ainsi, l&#8217;ancienne radioth\u00e9rapie du SNC, qui a certes permis une r\u00e9duction spectaculaire des r\u00e9cidives du SNC, mais qui \u00e9tait associ\u00e9e \u00e0 des s\u00e9quelles non n\u00e9gligeables, a pu \u00eatre limit\u00e9e \u00e0 des situations \u00e0 risque tr\u00e8s particuli\u00e8res [10,11].<\/p>\n<h2 id=\"transplantation-de-cellules-souches\">Transplantation de cellules souches<\/h2>\n<p>Les r\u00e9sultats du traitement primaire et des protocoles de r\u00e9cidive des leuc\u00e9mies se sont nettement am\u00e9lior\u00e9s au fil du temps, ce qui a conduit \u00e0 une adaptation continue des indications des th\u00e9rapies \u00e0 haute dose avec r\u00e9injection de cellules souches. L&#8217;indication actuelle d&#8217;une transplantation de cellules souches (TCS) dans le cadre du traitement primaire est r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 certains sous-groupes cytog\u00e9n\u00e9tiques de mauvais pronostic tels que t(9;22), les hypodiplo\u00efdies avec moins de 44 chromosomes dans les blastes ainsi que IKZF1plus en combinaison avec une r\u00e9ponse th\u00e9rapeutique insuffisante (MRD) au fil du temps [12]. L&#8217;exp\u00e9rience du groupe BFM a montr\u00e9 que le succ\u00e8s du traitement des r\u00e9cidives d\u00e9pend du moment de la survenue de la r\u00e9cidive, du type d&#8217;atteinte de la leuc\u00e9mie et du sous-type de leuc\u00e9mie [13]. Mais l\u00e0 encore, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que la r\u00e9ponse au traitement apr\u00e8s une nouvelle induction th\u00e9rapeutique, et donc la dynamique de la diminution de la maladie r\u00e9siduelle minimale, rev\u00eat une importance pronostique particuli\u00e8re et que d&#8217;autres \u00e9l\u00e9ments th\u00e9rapeutiques, tels que le recours \u00e0 une TSE, peuvent \u00eatre orient\u00e9s en cons\u00e9quence [14].<\/p>\n<h2 id=\"nouvelles-therapies\">Nouvelles th\u00e9rapies<\/h2>\n<p>A quelques exceptions pr\u00e8s (clofarabine, nelarabine, imatinib), il n&#8217;y a pas eu de nouvelles autorisations de mise sur le march\u00e9 pour les LAL p\u00e9diatriques au cours des 10 \u00e0 15 derni\u00e8res ann\u00e9es. Cependant, plusieurs approches th\u00e9rapeutiques int\u00e9ressantes sont actuellement en cours d&#8217;\u00e9valuation clinique dans le cadre d&#8217;essais de phase I-III. Outre le blinatumomab susmentionn\u00e9, il s&#8217;agit notamment de cellules T chim\u00e9riques du r\u00e9cepteur de l&#8217;antig\u00e8ne (CAR), qui ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es avec succ\u00e8s pour traiter des r\u00e9cidives de LAL CD19 positives. Il s&#8217;agit l\u00e0 encore d&#8217;une immunoth\u00e9rapie qui exploite le potentiel des lymphocytes T cytotoxiques autologues, capables de reconna\u00eetre et de d\u00e9truire les cellules de la lign\u00e9e des lymphocytes B. D&#8217;autres immunoth\u00e9rapies prometteuses, parfois coupl\u00e9es \u00e0 des cytostatiques, sont actuellement en phase I\/II d&#8217;essais. Outre les immunoth\u00e9rapies, les th\u00e9rapies cibl\u00e9es apr\u00e8s test pr\u00e9alable in vitro dans des mod\u00e8les de x\u00e9nogreffes ou de lign\u00e9es cellulaires, ou les inhibiteurs sp\u00e9cifiques contre les g\u00e8nes de fusion d\u00e9tect\u00e9s par cytog\u00e9n\u00e9tique, constituent des options th\u00e9rapeutiques int\u00e9ressantes et prometteuses.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>La leuc\u00e9mie lymphoblastique aigu\u00eb, le cancer le plus fr\u00e9quent chez l&#8217;enfant, est trait\u00e9e de mani\u00e8re adapt\u00e9e au risque et peut \u00eatre gu\u00e9rie dans la majorit\u00e9 des cas.<\/li>\n<li>La d\u00e9termination de la maladie r\u00e9siduelle minimale apr\u00e8s induction du traitement est l&#8217;un des facteurs pronostiques les plus importants, en plus des marqueurs biologiques tels que le sous-type leuc\u00e9mique et les modifications cytog\u00e9n\u00e9tiques et mol\u00e9culaires des blastes leuc\u00e9miques.<\/li>\n<li>Les d\u00e9veloppements actuels visent \u00e0 traiter plus efficacement et de mani\u00e8re plus cibl\u00e9e les sous-types de leuc\u00e9mie jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent r\u00e9sistants et \u00e0 r\u00e9duire la toxicit\u00e9 du traitement.<\/li>\n<li>De nouveaux m\u00e9dicaments innovants, tels que les immunoth\u00e9rapies et les approches th\u00e9rapeutiques individualis\u00e9es, sont en cours d&#8217;essais cliniques.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Jabbour E, et al : New insights into the pathophysiology and therapy of adult acute lymphoblastic leukemia. Cancer 2015 ; 121(15) : 2517-2528.<\/li>\n<li>Pui CH, et al : Biologie, stratification des risques, et traitement des leuc\u00e9mies aigu\u00ebs p\u00e9diatriques : une mise \u00e0 jour. J Clin Oncol 2011 ; 29(5) : 551-565.<\/li>\n<li>Kinlen L, et al : Infections et facteurs immunitaires dans le cancer : le r\u00f4le de l&#8217;\u00e9pid\u00e9miologie. Oncogene 2004 ; 23 : 60-75.<\/li>\n<li>Greaves M, et al : Infection, r\u00e9ponses immunitaires et l&#8217;\u00e9tiologie de la leuc\u00e9mie infantile. Nat Rev Cancer 2006 ; 6(3) : 193-203.<\/li>\n<li>Campano D, et al : Minimal residual disease monitoring in childhood acute lymphoblastic leukemia. Curr Opin Hematol 2012 ; 19 : 313-318.<\/li>\n<li>Conter V, et al : La r\u00e9ponse mol\u00e9culaire au traitement red\u00e9finit tous les facteurs pronostiques chez les enfants et les adolescents atteints de leuc\u00e9mie lymphoblastique aigu\u00eb \u00e0 pr\u00e9curseurs de cellules B : r\u00e9sultats chez 3184 patients de l&#8217;\u00e9tude AIEOP-BFM ALL 2000. Blood 2010 ; 115(16) : 3206-3214.<\/li>\n<li>Loh ML, et al : Tyrosine kinome sequencing of pediatric acute lymphoblastic leukemia : a report from the Children&#8217;s Oncology Group TARGET Project. Blood 2013 ; 121(3) : 485-488.<\/li>\n<li>Hinze L, et al : Impact pronostique des d\u00e9l\u00e9tions d&#8217;IKZF1 en association avec les pulses de vincristine-dexam\u00e9thasone pendant le traitement d&#8217;entretien de la leuc\u00e9mie aigu\u00eb lymphoblastique de l&#8217;enfant sur le trial ALL-BFM 95. Leuc\u00e9mie 2017 ; 31 : 1840-1842.<\/li>\n<li>Brentjens RJ, et al : S\u00e9curit\u00e9 et persistance des cellules T autologues cibl\u00e9es par CD19 transf\u00e9r\u00e9es de mani\u00e8re adoptive chez les patients atteints de leuc\u00e9mie \u00e0 cellules B en rechute ou r\u00e9fractaire \u00e0 la chimioth\u00e9rapie. Blood 2011 ; 118(18) : 4817-4828.<\/li>\n<li>M\u00f6ricke A, et al : Risk-adjusted therapy of acute lymphoblastic leukemia can decrease treatment burden and improve survival : treatment results of 2169 unselected pediatric and adolescent patients enrolled in the trial ALL-BFM 95. Blood 2008 ; 111(9) : 4477-4489.<\/li>\n<li>Kamps WA, et al : BFM-oriented treatment for children with acute lymphoblastic leukemia without cranial irradiation and treatment reduction for standard risk patients : results of DCLSG protocol ALL-8 (1991-1996). Leuc\u00e9mie 2002 ; 16(6) : 1099-1111.<\/li>\n<li>Balduzzi A, et al : Chimioth\u00e9rapie versus transplantation allog\u00e9nique pour la leuc\u00e9mie lymphoblastique aigu\u00eb \u00e0 tr\u00e8s haut risque de l&#8217;enfant en premi\u00e8re r\u00e9mission compl\u00e8te : comparaison par randomisation g\u00e9n\u00e9tique dans une \u00e9tude prospective internationale. Lancet 2005 ; 366 : 635-642.<\/li>\n<li>Tallen G, et al : Long-term outcome in children with relapsed acute lymphoblastic leukemia after time-point and site-of-relapse stratification and intensified short-course multidrug chemotherapy : results of trial ALL-REZ BFM 90. J Clin Oncol 2010 ; 28 : 2339-2347.<\/li>\n<li>Eckert C, et al : Minimal residual disease after induction is the strongest predictor of prognosis in intermediate risk relapsed acute lymphoblastic leukaemia &#8211; Long-term results of trial ALL-REZ BFM P95\/96. Eur J Cancer 2013 Apr ; 49(6) : 1346-1355.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\n<em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c4MATOLOGIE 2017 ; 5(5) : 30-33<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La leuc\u00e9mie aigu\u00eb lymphoblastique est le cancer le plus fr\u00e9quent chez l&#8217;enfant. Elle fait l&#8217;objet d&#8217;un traitement adapt\u00e9 au risque et est curable dans la majorit\u00e9 des cas. 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