{"id":338967,"date":"2017-12-04T00:00:00","date_gmt":"2017-12-03T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/formes-de-traitement-psychotherapeutique\/"},"modified":"2017-12-04T00:00:00","modified_gmt":"2017-12-03T23:00:00","slug":"formes-de-traitement-psychotherapeutique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/formes-de-traitement-psychotherapeutique\/","title":{"rendered":"Formes de traitement psychoth\u00e9rapeutique"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les troubles li\u00e9s \u00e0 la consommation de substances (TCS) sont tr\u00e8s r\u00e9pandus dans le monde. Selon l&#8217;Organisation mondiale de la sant\u00e9, la pr\u00e9valence mondiale est d&#8217;environ 4 \u00e0 5 %. Pour que le traitement soit efficace, il faut non seulement abaisser le seuil d&#8217;entr\u00e9e pour les premiers traitements, mais aussi mettre en place une th\u00e9rapie int\u00e9gr\u00e9e et modulaire adapt\u00e9e \u00e0 chaque patient, qui tienne compte non seulement du traitement sp\u00e9cifique \u00e0 la substance, mais aussi des comorbidit\u00e9s psychiatriques.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les troubles li\u00e9s \u00e0 la consommation de substances (TCS)<strong> (tableau&nbsp;1) <\/strong>sont largement r\u00e9pandus dans le monde [1]. Selon l&#8217;Organisation mondiale de la sant\u00e9, la pr\u00e9valence du SGS dans le monde est d&#8217;environ 4 \u00e0 5 % [2]. En Suisse, selon l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique, environ 250 000 personnes sont d\u00e9pendantes de l&#8217;alcool \u00e0 elles seules [3]. Les cons\u00e9quences directes et indirectes de la consommation entra\u00eenent des co\u00fbts socio-\u00e9conomiques \u00e9lev\u00e9s. L&#8217;abus d&#8217;alcool repr\u00e9sente \u00e0 lui seul un co\u00fbt annuel d&#8217;environ 4,2&nbsp;milliards de francs suisses en Suisse [4]. La caract\u00e9ristique principale du SGS est la consommation continue, souvent compulsive, de substances malgr\u00e9 les cons\u00e9quences n\u00e9gatives [5]. Les SGS sont souvent caract\u00e9ris\u00e9s par une \u00e9volution chronique avec des rechutes r\u00e9p\u00e9t\u00e9es. En ce qui concerne l&#8217;\u00e9tiologie, une interaction complexe entre les facteurs bio-psycho-sociaux et les propri\u00e9t\u00e9s de la substance est postul\u00e9e [6].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-9401\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/tab1_np6_s4_0.png\" style=\"height:501px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"919\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/tab1_np6_s4_0.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/tab1_np6_s4_0-800x668.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/tab1_np6_s4_0-120x100.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/tab1_np6_s4_0-90x75.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/tab1_np6_s4_0-320x267.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/tab1_np6_s4_0-560x468.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"deficit-dapprovisionnement-de-sgs\">D\u00e9ficit d&#8217;approvisionnement de SGS<\/h2>\n<p>Bien que les personnes atteintes de SGS fassent souvent appel au syst\u00e8me de sant\u00e9, on constate un net d\u00e9ficit de soins, en ce sens que les personnes concern\u00e9es ne sont pas trait\u00e9es du tout ou tr\u00e8s tardivement. Par exemple, le d\u00e9ficit de couverture pour les troubles li\u00e9s \u00e0 l&#8217;usage de l&#8217;alcool (AGS) est en moyenne de 76% [7]. Une \u00e9tude am\u00e9ricaine a montr\u00e9 que, malgr\u00e9 la prise de conscience de la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;un traitement, pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des personnes souffrant d&#8217;AGS n&#8217;\u00e9taient pas pr\u00eates \u00e0 suspendre leur consommation d&#8217;alcool, mais \u00e0 la r\u00e9duire [8].<\/p>\n<p>Les directives th\u00e9rapeutiques anglaises et allemandes [9] proposent une r\u00e9duction de la consommation d&#8217;alcool comme objectif th\u00e9rapeutique, \u00e9galement dans le sens d&#8217;une &#8220;r\u00e9duction des dommages&#8221;. Malgr\u00e9 la lourde charge de morbidit\u00e9 que repr\u00e9sentent les SGS [10], ils sont stigmatis\u00e9s dans la soci\u00e9t\u00e9 et leur d\u00e9finition en tant que maladie est souvent remise en question [11]. C&#8217;est pourquoi le d\u00e9pistage pr\u00e9coce, le travail sur la motivation et la r\u00e9duction de la stigmatisation jouent un r\u00f4le important dans l&#8217;abaissement du seuil d&#8217;entr\u00e9e en traitement. En outre, il est essentiel d&#8217;articuler diff\u00e9rentes offres afin de garantir un traitement aussi efficace et durable que possible.<\/p>\n<h2 id=\"comorbidite-psychiatrique-dans-le-sgs\">Comorbidit\u00e9 psychiatrique dans le SGS<\/h2>\n<p>Malgr\u00e9 des approches de traitement du SGS de plus en plus fond\u00e9es sur des preuves, 50 \u00e0 60% des personnes atteintes r\u00e9cidivent dans l&#8217;ann\u00e9e qui suit leur traitement [12]. De plus, la pratique clinique montre que les personnes atteintes de SGS pr\u00e9sentent souvent des pathologies complexes et souffrent de troubles psychologiques suppl\u00e9mentaires (patients \u00e0 double diagnostic). La pr\u00e9valence de la comorbidit\u00e9 psychiatrique se situe entre 30 et 45% pour les patients atteints d&#8217;AGS et entre 45 et 72% pour ceux atteints de SGS de substances illicites [13,14]. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 qu&#8217;une approche de traitement int\u00e9grative et multiprofessionnelle, qui prend en compte les troubles mentaux suppl\u00e9mentaires en plus du SGS, est sup\u00e9rieure aux traitements non int\u00e9gr\u00e9s [15]. Tous les patients \u00e0 double diagnostic ne b\u00e9n\u00e9ficient pas des m\u00eames interventions. C&#8217;est pourquoi l&#8217;offre de traitement doit \u00eatre adapt\u00e9e \u00e0 chaque patient [16,17].<\/p>\n<p>Comme l&#8217;ont montr\u00e9 des \u00e9tudes r\u00e9centes, les patients atteints de SGS vivent plus souvent des \u00e9v\u00e9nements traumatiques, et ces traumatismes sont \u00e9galement plus graves que dans la population normale [18]. La pr\u00e9valence de l&#8217;\u00e9tat de stress post-traumatique (ESPT) chez les patients atteints de SGS se situe entre 25 et 51% [19-21]. Les patients souffrant de traumatismes et de SGS ont plus souvent des rechutes et des interruptions de traitement et sont souvent exclus des traitements sp\u00e9cifiques aux traumatismes en raison de leur SGS [22,23]. Il faut toutefois s&#8217;efforcer d&#8217;inclure le trouble post-traumatique dans le traitement de la SGS. C&#8217;est pourquoi il est n\u00e9cessaire de proposer des traitements th\u00e9rapeutiques int\u00e9gr\u00e9s afin de fournir aux patients des strat\u00e9gies flexibles et efficaces \u00e0 long terme.<\/p>\n<h2 id=\"\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"-2\"><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9402 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/tab2_np6_s6.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1172;height:639px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1172\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/h2>\n<h2 id=\"-3\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"approches-therapeutiques-fondees-sur-des-preuves-pour-le-sgs-et-les-comorbidites-psychiatriques\">Approches th\u00e9rapeutiques fond\u00e9es sur des preuves pour le SGS et les comorbidit\u00e9s psychiatriques<\/h2>\n<p>Le &#8220;National Institute on Drug Abuse&#8221; (NIDA) a postul\u00e9 treize aspects centraux pour un traitement efficace du SGS <strong>(tableau&nbsp;2) <\/strong>[24]. L&#8217;accent est mis sur le fait que le traitement du SGS doit \u00eatre adapt\u00e9 \u00e0 chaque patient et \u00e0 ses \u00e9ventuelles comorbidit\u00e9s. Ci-dessous, un programme de traitement modulaire int\u00e9gr\u00e9 est esquiss\u00e9 \u00e0 titre d&#8217;exemple, montrant l&#8217;encha\u00eenement des diff\u00e9rentes unit\u00e9s de traitement <strong>(fig.&nbsp;1).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9403 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/abb1_np6_s5.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 888px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 888\/911;height:410px; width:400px\" width=\"888\" height=\"911\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/abb1_np6_s5.png 888w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/abb1_np6_s5-800x821.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/abb1_np6_s5-120x123.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/abb1_np6_s5-90x92.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/abb1_np6_s5-320x328.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/abb1_np6_s5-560x575.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 888px) 100vw, 888px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"traitement-multimodal-pour-les-sgs-et-les-doubles-diagnostics\">Traitement multimodal pour les SGS et les doubles diagnostics<\/h2>\n<p>Dans l&#8217;id\u00e9al, il existe une offre de traitement modulaire pouvant \u00eatre combin\u00e9e individuellement, tant en hospitalisation qu&#8217;en semi-hospitalisation. Outre les \u00e9ventuels traitements somatom\u00e9dicaux et pharmacologiques, les th\u00e9rapies de groupe psychoth\u00e9rapeutiques jouent un r\u00f4le important. Une combinaison d&#8217;offres de groupes sp\u00e9cifiques au diagnostic, de groupes bas\u00e9s sur les comp\u00e9tences, d&#8217;art-th\u00e9rapie et d&#8217;ergoth\u00e9rapie, ainsi que de groupes d&#8217;activation et de mouvement s&#8217;est av\u00e9r\u00e9e tr\u00e8s pr\u00e9cieuse dans la pratique.<\/p>\n<p>Un <em>cadre de traitement r\u00e9sidentiel <\/em>peut \u00eatre n\u00e9cessaire pour prendre de la distance par rapport au comportement de consommation, loin de l&#8217;environnement habituel, et pour effectuer un traitement de sevrage et\/ou une intervention de crise. Dans ces situations, le traitement dans des conditions ambulatoires ou de semi-hospitalisation n&#8217;est g\u00e9n\u00e9ralement pas possible. Le traitement r\u00e9sidentiel, qui varie d&#8217;une personne \u00e0 l&#8217;autre, peut \u00e9galement comprendre des examens diagnostiques plus pouss\u00e9s (maladies psychiques et somatiques suppl\u00e9mentaires), des approches motivationnelles ainsi qu&#8217;un traitement psychoth\u00e9rapeutique intensif des troubles li\u00e9s \u00e0 la consommation de substances et d&#8217;autres troubles psychiques, en individuel ou en groupe.<\/p>\n<p>Un <em>traitement semi-hospitalier<\/em> ult\u00e9rieur dans une clinique de jour correspond \u00e0 un &#8220;level of care&#8221; interm\u00e9diaire et permet de consolider l&#8217;abstinence ou la r\u00e9duction de la consommation de substances obtenue en milieu hospitalier ainsi que d&#8217;approfondir le traitement des comorbidit\u00e9s psychiques. Pour les patients ambulatoires, l&#8217;objectif peut \u00e9galement \u00eatre d&#8217;\u00e9viter les interventions hospitali\u00e8res en proposant un traitement intensif. Les objectifs g\u00e9n\u00e9raux importants sont, comme dans tous les settings, le r\u00e9tablissement de la sant\u00e9 et l&#8217;int\u00e9gration sociale et professionnelle (recovery). Par rapport \u00e0 un traitement ambulatoire, le setting semi-hospitalier offre une mise en \u0153uvre plus intensive des objectifs th\u00e9rapeutiques, motive par le biais du setting de groupe et sert \u00e0 \u00e9largir le r\u00e9seau social. De plus, il existe un lien plus \u00e9troit entre le contenu de la th\u00e9rapie et les activit\u00e9s quotidiennes.<\/p>\n<h2 id=\"-4\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"-5\"><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9404 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/fallbeispiel_0.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/623;height:340px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"623\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/fallbeispiel_0.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/fallbeispiel_0-800x453.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/fallbeispiel_0-120x68.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/fallbeispiel_0-90x51.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/fallbeispiel_0-320x181.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/fallbeispiel_0-560x317.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/h2>\n<h2 id=\"-6\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"therapies-de-groupe-psychotherapeutiques-selectionnees\">Th\u00e9rapies de groupe psychoth\u00e9rapeutiques s\u00e9lectionn\u00e9es<\/h2>\n<p><em>La pr\u00e9vention des rechutes<\/em> devrait intervenir t\u00f4t dans le traitement des personnes atteintes de SGS et avoir pour objectif, outre la gestion des rechutes, de faire des personnes concern\u00e9es des experts de leur maladie. La pr\u00e9vention de la rechute pr\u00e9voit de r\u00e9duire le risque de rechute en am\u00e9liorant la fonction de contr\u00f4le de soi. Les situations \u00e0 risque doivent \u00eatre identifi\u00e9es et des strat\u00e9gies de gestion doivent \u00eatre enseign\u00e9es. Il s&#8217;agit \u00e9galement d&#8217;apprendre des strat\u00e9gies pour g\u00e9rer les envies de substances (craving). La limitation des dommages apr\u00e8s les rechutes est centrale [25].<\/p>\n<p><em>L&#8217;entra\u00eenement \u00e0 la pleine conscience <\/em>permet de mieux contr\u00f4ler les comportements \u00e9motionnels impulsifs et montre un impact positif sur les capacit\u00e9s cognitives des personnes atteintes de SGS. L&#8217;objectif est d&#8217;aider le patient \u00e0 passer d&#8217;un mode de r\u00e9action passif et automatis\u00e9 \u00e0 un mode d&#8217;action actif et autod\u00e9termin\u00e9, condition pr\u00e9alable \u00e0 l&#8217;application d&#8217;autres strat\u00e9gies de gestion de la rechute [26,27].<\/p>\n<p>Un <em>entra\u00eenement interactif aux comp\u00e9tences<\/em> peut aider \u00e0 am\u00e9liorer les troubles profonds de la r\u00e9gulation des \u00e9motions et de l&#8217;estime de soi [28]. La formation vise \u00e0 faire prendre conscience aux patients des comp\u00e9tences qu&#8217;ils poss\u00e8dent d\u00e9j\u00e0, afin qu&#8217;ils puissent les utiliser dans des situations de crise. De plus, de nouvelles comp\u00e9tences doivent \u00eatre apprises, entra\u00een\u00e9es et automatis\u00e9es.<\/p>\n<p> <em>Seeking Safety <\/em>est un programme de traitement int\u00e9gratif pour les personnes atteintes de SGS qui souffrent des cons\u00e9quences d&#8217;exp\u00e9riences traumatiques [29]. L&#8217;approche stabilisatrice et ax\u00e9e sur les ressources consiste en des interventions cognitives, comportementales et interpersonnelles. Les patients apprennent des strat\u00e9gies pour g\u00e9rer les sympt\u00f4mes du traumatisme (&#8220;flashbacks&#8221;, cauchemars, sentiments n\u00e9gatifs), s&#8217;entra\u00eenent \u00e0 vivre sans consommer, apprennent \u00e0 bien s&#8217;occuper d&#8217;eux-m\u00eames et \u00e0 se sentir en s\u00e9curit\u00e9, trouvent des personnes fiables, se lib\u00e8rent de la violence domestique et \u00e9vitent les comportements autodestructeurs.<\/p>\n<p><em>La th\u00e9rapie par les sch\u00e9mas <\/em>a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue pour les patients souffrant de troubles de la personnalit\u00e9 et de troubles post-traumatiques complexes [30]. L&#8217;hypoth\u00e8se de base est que lorsque les besoins de l&#8217;enfant ne sont pas satisfaits\/bless\u00e9s, des sch\u00e9mas inadapt\u00e9s se mettent en place et conduisent \u00e0 des strat\u00e9gies d&#8217;adaptation dysfonctionnelles. Outre les interventions cognitivo-comportementales et d&#8217;activation des \u00e9motions, la &#8220;r\u00e9assurance limit\u00e9e&#8221; et la confrontation empathique jouent un r\u00f4le important. Les patients devraient apprendre \u00e0 modifier leurs sentiments douloureux et leurs comportements dysfonctionnels dans le cadre d&#8217;un processus de post-maturation.<\/p>\n<p>Le <em>Cognitive Behavioral Analysis System of Psychotherapy (CBASP) <\/em>[31] a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9 pour les patients souffrant de d\u00e9pression chronique. Les objectifs sont la reconnaissance des cons\u00e9quences de son propre comportement, l&#8217;acquisition d&#8217;une empathie authentique, l&#8217;apprentissage de comp\u00e9tences sociales de r\u00e9solution de probl\u00e8mes et de strat\u00e9gies d&#8217;adaptation, et un processus de gu\u00e9rison interpersonnelle des traumatismes ant\u00e9rieurs. Ceci est r\u00e9alis\u00e9 par des analyses de situation et de discrimination, ainsi que par &#8220;l&#8217;implication personnelle disciplin\u00e9e&#8221; du th\u00e9rapeute.<\/p>\n<h2 id=\"conclusion-pour-la-pratique\">Conclusion pour la pratique<\/h2>\n<p>Pour permettre une prise en charge optimale des personnes atteintes de SGS, il est essentiel d&#8217;abaisser le seuil d&#8217;entr\u00e9e pour les premiers traitements. Pour que le traitement soit efficace, il faut une th\u00e9rapie int\u00e9gr\u00e9e et modulaire, adapt\u00e9e \u00e0 chaque patient, qui tienne compte non seulement du traitement sp\u00e9cifique \u00e0 la substance, mais aussi des comorbidit\u00e9s psychiatriques. Dans ce contexte, la th\u00e9rapie sp\u00e9cifique aux traumatismes joue un r\u00f4le particuli\u00e8rement important chez les patients atteints de SGS. Pour faire face \u00e0 la complexit\u00e9 des SGS et des doubles diagnostics et pour promouvoir la durabilit\u00e9, il est essentiel d&#8217;\u00e9tablir des liens \u00e9troits et une continuit\u00e9 entre les diff\u00e9rents niveaux de traitement (&#8220;level of care&#8221;). Dans l&#8217;id\u00e9al, il existe donc un lien \u00e9troit entre les offres de th\u00e9rapie hospitali\u00e8re, semi-hospitali\u00e8re et ambulatoire. Cela permet, en plus d&#8217;un suivi et d&#8217;un soutien continus des patients, de consolider le contenu de la th\u00e9rapie sur l&#8217;ensemble du setting.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>Afin de permettre une prise en charge optimale des personnes souffrant de troubles li\u00e9s \u00e0 l&#8217;usage de substances, il est essentiel d&#8217;abaisser le seuil d&#8217;entr\u00e9e pour les premiers traitements.<\/li>\n<li>Pour que le traitement soit efficace, il faut une th\u00e9rapie int\u00e9gr\u00e9e et modulaire adapt\u00e9e \u00e0 chaque patient,<\/li>\n<li>qui, outre le traitement sp\u00e9cifique \u00e0 la substance, prend en compte les comorbidit\u00e9s psychiatriques.<\/li>\n<li>La th\u00e9rapie sp\u00e9cifique au traumatisme chez les patients atteints de SGS a un r\u00f4le important \u00e0 jouer.<\/li>\n<li>Un lien \u00e9troit entre les offres de th\u00e9rapie hospitali\u00e8re, semi-hospitali\u00e8re et ambulatoire permet de consolider le contenu de la th\u00e9rapie \u00e0 travers les settings.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>ONUDC. Rapport mondial sur les drogues 2012 : (publication des Nations unies, n\u00b0 de vente E.12.XI.1).<\/li>\n<li>Wittchen HU, Jacobi F, et al. : The size and burden of mental disorders and other disorders of the brain in Europe 2010. Eur Neuropsychopharmacol 2011 ; 21(9) : 655-679.<\/li>\n<li>Kuendig H (2010) : Estimation du nombre de personnes alcoolo-d\u00e9pendantes dans la population helv\u00e9tique (Rapport de recherche, 56). Lausanne : Addiction Info Suisse.<\/li>\n<li>Fischer B, Telser H, et al. (2014) : Co\u00fbts li\u00e9s \u00e0 l&#8217;alcool en Suisse. Rapport final command\u00e9 par l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique Contrat n\u00b0 12.00466. Olten (Allemagne) :&nbsp; Polynomics.<\/li>\n<li>Volkow ND, Koob GF, McLellan AT : Neurobiologic Advances from the Brain Disease Model of Addiction. N Engl J Med 2016 ; 374 (4) : 363-371.<\/li>\n<li>Volkow ND, Morales M : The Brain on Drugs : From Reward to Addiction. Cell 2015 ; 162 (4) : 712-725.<\/li>\n<li>Kohn R et al : The treatment gap in mental health care. Bull World Health Organ 2004 ; 82 (11) : 858-66.<\/li>\n<li>Administration des services de sant\u00e9 mentale et de lutte contre l&#8217;abus de substances (SAMHSA), R\u00e9sultats de l&#8217;Enqu\u00eate nationale 2012 sur la consommation de drogues et la sant\u00e9 : r\u00e9sum\u00e9 des conclusions nationales, NSDUH Series H-46, HHS Publication No (SMA) 13-4795. Rockville, MD : SAMHSA &#8211; Fed. Agence gouvernementale, 2013.<\/li>\n<li>NICE. Alcohol-use disorders : diagnosis, assessment and management of harmful drinking and alcohol dependence (CG 115). Institut national de la sant\u00e9 et de l&#8217;excellence clinique 2011.<\/li>\n<li>Lim SS, Vos T, et al. : A comparative risk assessment of burden of disease and injury attributable to 67 risk factors and risk factor clusters in 21 regions, 1990-2010 : a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2010. Lancet 2012 ; 380 (9859) : 2224-2260.<\/li>\n<li>Yang LH, Wong LY, et al : Stigma and substance use disorders : an international phenomenon. Curr Opin Psychiatry 2017 ; 30 (5) : 378-388.<\/li>\n<li>Sinha R : Modeling relapse situations in the human laboratory. Curr Top Behav Neurosci 2013 ; 13 : 379-402.<\/li>\n<li>Regier DA, Farmer ME et al : Comorbidit\u00e9 des troubles mentaux avec l&#8217;alcool et d&#8217;autres toxicomanies. R\u00e9sultats de l&#8217;Epidemiologic Catchment Area&nbsp; (ECA) Study. JAMA 1990 ; 264 (19) : 2511-2518.<\/li>\n<li>Farrell M et al : Substance misuse and psychiatric comorbidity. Int Rev Psychiatry 2003 ; 15 (1-2) : 43-49.<\/li>\n<li>Worley MJ et al. : Utilisation des services pendant et apr\u00e8s le traitement \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur pour les troubles li\u00e9s \u00e0 la consommation de substances et la d\u00e9pression. J Subst Abuse 2010 ; 39 (2) : 124-131.<\/li>\n<li>Brunette MF, Mueser KT : Interventions psychosociales pour la gestion \u00e0 long terme des patients atteints de maladie mentale grave et de troubles concomitants li\u00e9s \u00e0 l&#8217;utilisation de substances. J Clin Psychiatry 2006 ; 67 Suppl 7:10-17.<\/li>\n<li>Moggi F, Donati R : Troubles mentaux et addiction : Les doubles diagnostics. G\u00f6ttingen, Allemagne : Hogrefe, 2004.<\/li>\n<li>Khoury L, Tang YL, et al : Substance use, childhood traumatic experience, and posttraumatic stress disorder in an urban civilian population. Depress Anxiety 2010 ; 27 (12) : 1077-1086.<\/li>\n<li>Reynolds M, Mezey G, et al : Co-morbid post-traumatic stress disorder in a substance misusing clinical population. Drug Alcohol Depend 2005 ; 77 (3) : 251-258.<\/li>\n<li>Ouimette P, Read J, Brown PJ : Consistency of retrospective reports of DSM-IV criterion A traumatic stressors among substance use disorder patients. J Trauma Stress 2005 ; 18 (1) : 43-51.<\/li>\n<li>Kok T, de Haan HA et al. : Screening of current post-traumatic stress disorder in patients with substance use disorder using the Depression, Anxiety and Stress Scale (DASS-21) :&nbsp; a reliable and convenient measure. Eur Addict Res 2015 ; 21(2) : 71-77.<\/li>\n<li>Westermeyer J, Wahmanholm K, Thuras P : Effects of childhood physical abuse on course and severity of substance abuse. Am J Addict 2001 ; 10 (2) : 101-110.<\/li>\n<li>Hien DA, Nunes E, et al : Posttraumatic stress disorder and short-term outcome in early methadone treatment. J Subst Abuse Treat 2000 ; 19 (1) : 31-37.<\/li>\n<li>Institut national sur l&#8217;abus des drogues. Principes du traitement de la toxicomanie. (Troisi\u00e8me \u00e9dition) R\u00e9vis\u00e9 d\u00e9c. 2012. www.drugabuse.gov\/publications\/principles-drug-addiction-treatment-research-based-guide-third-edition\/principles-effective-treatment.<\/li>\n<li>Curry SJ, Marlatt GA, et al : A comparison of alternative theoretical approaches to smoking cessation and relapse. Health Psychol 1988 ; 7 (6) : 545-556.<\/li>\n<li>Hosseinzadeh Asl N, Barahmand U : Efficacit\u00e9 de la th\u00e9rapie cognitive bas\u00e9e sur la pleine conscience pour la d\u00e9pression co-morbide chez les hommes toxicomanes. Arch Psychiatr Nurs 2014 ; 28 (5) : 314-318.<\/li>\n<li>Garland EL, Roberts-Lewis A, et al. : Mindfulness-Oriented Recovery Enhancement versus CBT for co-occurring substance dependence, traumatic stress, and psychiatric disorders :&nbsp; Proximal outcomes from a pragmatic randomized trial. Behav Res Ther 2016 ; 77 : 7-16.<\/li>\n<li>Dimeff LA, Linehan MM : Dialectical behavior therapy for substance abusers. Addict Sci Clin Pract 2008 ; 4 (2):39-47.<\/li>\n<li>Najavits LM, Weiss RD, et al : &#8220;Seeking safety&#8221; : outcome of a new cognitive-behavioral psychotherapy for women with posttraumatic stress disorder and substance dependence. J Trauma Stress 1998 ; 11 (3) : 437-456.<\/li>\n<li>Young JE, Klosko JS, Weishaar ME : Th\u00e9rapie par les sch\u00e9mas. Un manuel pratique. Junfermann Verlag, 2008.<\/li>\n<li>McCullough JP : Traitement de la d\u00e9pression chronique : Syst\u00e8me d&#8217;analyse cognitivo-comportementale de psychoth\u00e9rapie (CBASP). Guilford Press, 2000.<\/li>\n<li>Rumpf H, Kiefer F : DSM-5 : La suppression des diff\u00e9rences entre d\u00e9pendance et abus et l&#8217;ouverture aux addictions comportementales. Addiction 2011 ; 57 (1):45-48.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2017 ; 15(6) : 3-8<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les troubles li\u00e9s \u00e0 la consommation de substances (TCS) sont tr\u00e8s r\u00e9pandus dans le monde. 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