{"id":338996,"date":"2017-11-23T01:00:00","date_gmt":"2017-11-23T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/les-survivants-du-cancer-chutent-plus-souvent\/"},"modified":"2017-11-23T01:00:00","modified_gmt":"2017-11-23T00:00:00","slug":"les-survivants-du-cancer-chutent-plus-souvent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/les-survivants-du-cancer-chutent-plus-souvent\/","title":{"rendered":"Les survivants du cancer chutent plus souvent"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les chutes sont jusqu&#8217;\u00e0 un quart plus fr\u00e9quentes chez les survivants du cancer que dans la population g\u00e9n\u00e9rale. Les neuropathies d\u00e9clench\u00e9es par les chimioth\u00e9rapies semblent jouer un r\u00f4le d\u00e9cisif. Les patients luttent parfois pendant des mois, voire des ann\u00e9es, comme le montre une \u00e9tude.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>La neuropathie p\u00e9riph\u00e9rique induite par la chimioth\u00e9rapie (CIPN) est une affection parfois douloureuse r\u00e9sultant du traitement du cancer, qui touche jusqu&#8217;\u00e0 deux tiers des personnes trait\u00e9es et qui est difficile \u00e0 pr\u00e9venir. Les sympt\u00f4mes possibles sont nombreux et vont de la d\u00e9ficience sensorielle et de la douleur \u00e0 la faiblesse musculaire et \u00e0 la limitation des r\u00e9flexes propres aux muscles. Dans les cas aigus prononc\u00e9s, il ne reste parfois que la r\u00e9duction de la dose ou l&#8217;arr\u00eat du traitement. La situation devient particuli\u00e8rement difficile lorsque la neuropathie persiste.<\/p>\n<p>En ce qui concerne la pr\u00e9valence, une revue syst\u00e9matique r\u00e9alis\u00e9e en 2014 [1] a conclu que 30% des patients pr\u00e9sentaient encore une NPC au moins six mois apr\u00e8s la chimioth\u00e9rapie. Il y avait bien s\u00fbr des diff\u00e9rences entre les substances actives et, sans surprise non plus, diff\u00e9rents facteurs de risque jouaient un r\u00f4le, \u00e0 la fois clinique et g\u00e9n\u00e9tique. Dans leur nouvelle \u00e9tude sur le sujet, Winters-Stone et ses coll\u00e8gues ne se sont toutefois pas concentr\u00e9s sur l&#8217;\u00e9tude de la maladie en tant que telle, mais plut\u00f4t sur une approche &#8220;pratique&#8221;. Les objectifs de la r\u00e9\u00e9ducation fonctionnelle devaient \u00eatre identifi\u00e9s en \u00e9valuant et en comparant subjectivement, mais aussi objectivement (contrairement \u00e0 de nombreuses \u00e9tudes ant\u00e9rieures), la fonction physique des personnes concern\u00e9es.<\/p>\n<h2 id=\"effets-des-symptomes-du-ricp-sur-le-fonctionnement-de-lorganisme\">Effets des sympt\u00f4mes du RICP sur le fonctionnement de l&#8217;organisme<\/h2>\n<p>L&#8217;analyse des donn\u00e9es a compar\u00e9 un total de 512 femmes \u00e2g\u00e9es d&#8217;environ 60 ans dont le cancer avait \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9 il y a plus de six ans (appel\u00e9es survivantes), selon qu&#8217;elles d\u00e9claraient ou non pr\u00e9senter des sympt\u00f4mes de NCPI, en fonction des facteurs suivants :<\/p>\n<ul>\n<li>Auto-d\u00e9claration de la fonction physique ou de la limitation et des chutes au cours de l&#8217;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente<\/li>\n<li>\u00c9valuation objective de la force maximale dans les jambes, test chronom\u00e9tr\u00e9 &#8220;chair stand&#8221;, batterie de tests sur la fonction physique, la d\u00e9marche (vitesse, nombre de pas, vitesse, longueur, soutien).<\/li>\n<\/ul>\n<p>En effet, les femmes pr\u00e9sentant des sympt\u00f4mes du RICP &#8211; et c&#8217;\u00e9tait encore le cas de la moiti\u00e9 d&#8217;entre elles (47%) six ans apr\u00e8s le traitement &#8211; avaient des scores fonctionnels objectifs et subjectifs moins bons (\u00e0 l&#8217;exception de deux param\u00e8tres : la force maximale dans les jambes et le soutien pendant une marche normale). Concr\u00e8tement, les NPIC ont d\u00e9clar\u00e9 une augmentation hautement significative du risque de chute d&#8217;un facteur de 1,8, ainsi qu&#8217;une augmentation significative de la fr\u00e9quence des sympt\u00f4mes d&#8217;incapacit\u00e9 physique (y compris dans les activit\u00e9s quotidiennes). Objectivement, la d\u00e9marche \u00e9tait plus lente et les pas \u00e9taient significativement plus nombreux, mais plus petits.<\/p>\n<p>La s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 des sympt\u00f4mes \u00e9tait associ\u00e9e de mani\u00e8re lin\u00e9aire \u00e0 la d\u00e9t\u00e9rioration fonctionnelle, \u00e0 la limitation physique et au risque accru de chute.<\/p>\n<h2 id=\"pertinence-clinique-des-resultats\">Pertinence clinique des r\u00e9sultats<\/h2>\n<p>Les chutes repr\u00e9sentent tout d&#8217;abord un danger pour la personne concern\u00e9e, parfois avec des cons\u00e9quences mortelles. D&#8217;autre part, ils repr\u00e9sentent une charge consid\u00e9rable en termes d&#8217;\u00e9conomie de la sant\u00e9. Les patients\/rescap\u00e9s du cancer sont particuli\u00e8rement touch\u00e9s [2,3], et ce, comme l&#8217;a montr\u00e9 l&#8217;\u00e9tude, m\u00eame des ann\u00e9es apr\u00e8s le traitement. Si l&#8217;on veut s&#8217;attaquer efficacement au probl\u00e8me des chutes associ\u00e9es au RICP [4], des changements profonds dans la pratique clinique quotidienne sont n\u00e9cessaires. Un d\u00e9pistage pr\u00e9coce des risques avec un triage dans des programmes appropri\u00e9s, qui entra\u00eenent l&#8217;\u00e9quilibre, la marche, la proprioception et la stabilit\u00e9 posturale de mani\u00e8re cibl\u00e9e et adapt\u00e9e aux activit\u00e9s quotidiennes du patient, pourrait att\u00e9nuer le probl\u00e8me des limitations fonctionnelles. L&#8217;id\u00e9al serait de proc\u00e9der \u00e0 une \u00e9valuation de base des signes et sympt\u00f4mes de neuropathie, par exemple des troubles sensoriels ou des d\u00e9ficits de mobilit\u00e9 et d&#8217;\u00e9quilibre, avant le d\u00e9but de la chimioth\u00e9rapie, puis \u00e0 un monitoring pendant le traitement afin de d\u00e9tecter pr\u00e9cocement les \u00e9ventuels probl\u00e8mes. Winters-Stone et al. fournissent des informations importantes sur les zones concern\u00e9es (comme l&#8217;allure). En m\u00eame temps, ils fournissent des strat\u00e9gies d&#8217;enqu\u00eate pour la clinique.<\/p>\n<p>Si l&#8217;on passe en revue les recommandations sur le sujet, par exemple celles du National Comprehensive Cancer Network am\u00e9ricain, qui a publi\u00e9 d\u00e8s 2009 sur le traitement m\u00e9dicamenteux et non m\u00e9dicamenteux des sympt\u00f4mes du RICP [5], ou encore des travaux plus r\u00e9cents [6], il semble important, au vu des donn\u00e9es de Winters-Stone, de ne pas limiter la prise en charge du RICP uniquement ou principalement aux m\u00e9dicaments. Les entra\u00eenements th\u00e9rapeutiques et les programmes pr\u00e9ventifs avec les personnes \u00e0 risque de chute sont des mesures prometteuses, bien que co\u00fbteuses, et mettent l&#8217;accent sur la pr\u00e9vention des complications plut\u00f4t que sur la gestion purement m\u00e9dicamenteuse du RICPC. L&#8217;efficacit\u00e9 et le rapport co\u00fbt-efficacit\u00e9 des programmes de pr\u00e9vention sp\u00e9cifiques deviennent de plus en plus importants et font l&#8217;objet d&#8217;\u00e9tudes futures. Il ne faut pas non plus oublier d&#8217;autres facteurs de risque de chute chez les (anciens) patients canc\u00e9reux, comme les m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales ou les chutes ant\u00e9rieures, qui doivent \u00eatre \u00e9tudi\u00e9s plus en d\u00e9tail [2].<\/p>\n<h2 id=\"combinaison-de-parametres-objectifs-et-subjectifs\">Combinaison de param\u00e8tres objectifs et subjectifs<\/h2>\n<p>Comme dans certaines \u00e9tudes pr\u00e9c\u00e9dentes, certains param\u00e8tres ont \u00e9t\u00e9 collect\u00e9s par auto-d\u00e9claration, ce qui peut limiter la fiabilit\u00e9 des donn\u00e9es. La combinaison avec des param\u00e8tres objectifs tels que la d\u00e9marche, la force dans les jambes, etc. a donc servi, d&#8217;une part, \u00e0 \u00e9tayer les d\u00e9clarations personnelles et, d&#8217;autre part, \u00e0 montrer o\u00f9 se situe le potentiel concret pour la pr\u00e9vention. O\u00f9 faut-il agir pour pr\u00e9venir les chutes ? Les r\u00e9ponses seraient l\u00e0, il s&#8217;agit maintenant de les mettre syst\u00e9matiquement en pratique.<\/p>\n<h2 id=\"en-bref\">En bref<\/h2>\n<ul>\n<li>Une neuropathie p\u00e9riph\u00e9rique peut appara\u00eetre sous chimioth\u00e9rapie.<\/li>\n<li>Celle-ci peut avoir un impact sur la fonction physique, avec un risque accru de chute pour la personne concern\u00e9e.<\/li>\n<li>La pr\u00e9vention des chutes peut \u00eatre utile dans ce contexte.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Source : Winters-Stone KM, et al : Journal of Clinical Oncology 2017 ; 35(23) : 2604-2612.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Seretny M, et al : Incidence, pr\u00e9valence, et pr\u00e9dicteurs de la neuropathie p\u00e9riph\u00e9rique induite par la chimioth\u00e9rapie : une revue syst\u00e9matique et une m\u00e9ta-analyse. Pain 2014 ; 155(12) : 2461-2470.<\/li>\n<li>Wildes TM, et al : Systematic review of falls in older adults with cancer. J Geriatr Oncol 2015 Jan ; 6(1) : 70-83.<\/li>\n<li>Mohile SG, et al : Association of Cancer With Geriatric Syndromes in Older Medicare Beneficiaries. J Clin Oncol 2011 avr 10 ; 29(11) : 1458-1464.<\/li>\n<li>Tofthagen C, Overcash J, Kip K : Chutes chez les personnes atteintes de neuropathie p\u00e9riph\u00e9rique induite par la chimioth\u00e9rapie. Support Care Cancer 2012 Mar ; 20(3) : 583-589.<\/li>\n<li>Stubblefield MD, et al : NCCN task force report : management of neuropathy in cancer. J Natl Compr Canc Netw 2009 Sep ; 7(Suppl 5) : S1-S26 ; quiz S27-28.<\/li>\n<li>Hershman DL, et al : Prevention and Management of Chemotherapy-Induced Peripheral Neuropathy in Survivors of Adult Cancers : American Society of Clinical Oncology Clinical Practice Guideline. J Clin Oncol 2014 ; 32 : 1941-1967.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c4MATOLOGIE 2017 ; 5(5) : 5<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les chutes sont jusqu&#8217;\u00e0 un quart plus fr\u00e9quentes chez les survivants du cancer que dans la population g\u00e9n\u00e9rale. Les neuropathies d\u00e9clench\u00e9es par les chimioth\u00e9rapies semblent jouer un r\u00f4le d\u00e9cisif. 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