{"id":339016,"date":"2017-11-21T01:00:00","date_gmt":"2017-11-21T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/la-lumiere-au-bout-du-tunnel\/"},"modified":"2017-11-21T01:00:00","modified_gmt":"2017-11-21T00:00:00","slug":"la-lumiere-au-bout-du-tunnel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/la-lumiere-au-bout-du-tunnel\/","title":{"rendered":"La lumi\u00e8re au bout du tunnel"},"content":{"rendered":"<p><strong>L&#8217;introduction de th\u00e9rapies combin\u00e9es sans interf\u00e9ron avec des &#8220;antiviraux \u00e0 action directe&#8221; (DAA) a constitu\u00e9 une perc\u00e9e. Sur le plan m\u00e9dical, un traitement avec les m\u00e9dicaments actuels peut \u00eatre recommand\u00e9 \u00e0 tous les patients atteints d&#8217;une infection active par le VHC. Depuis le 1er octobre 2017, plusieurs th\u00e9rapies sont prises en charge par l&#8217;assurance maladie, quel que soit le stade de la fibrose.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>L&#8217;h\u00e9patite C chronique est l&#8217;une des causes les plus fr\u00e9quentes de cirrhose et de cancer du foie dans le monde. En Suisse, selon les estimations de l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique, 0,7% de la population est infect\u00e9e par le virus de l&#8217;h\u00e9patite C (VHC). L&#8217;infection se produit par voie parent\u00e9rale, g\u00e9n\u00e9ralement dans le cadre de l&#8217;utilisation de drogues par voie intraveineuse. Dans les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dant 1980, le VHC \u00e9tait \u00e9galement souvent transmis par transfusion de produits sanguins.<\/p>\n<p>L&#8217;infection aigu\u00eb est g\u00e9n\u00e9ralement oligo- ou asymptomatique, et 60 \u00e0 80% des patients d\u00e9veloppent une h\u00e9patite C chronique (CHC) [1]. L&#8217;\u00e9volution clinique de l&#8217;h\u00e9patite C chronique est variable. De nombreux patients restent asymptomatiques, d&#8217;autres souffrent de fatigue, de manque de concentration ou de douleurs articulaires. Chez la plupart des patients, une certaine fibrose du foie s&#8217;installe au fil des ann\u00e9es et des d\u00e9cennies. La pr\u00e9valence de la cirrhose du foie caus\u00e9e par le VHC est de 10 \u00e0 20 % apr\u00e8s 20 ans d&#8217;inflammation chronique [2]. Les patients atteints de cirrhose du foie ont un risque nettement accru d&#8217;insuffisance h\u00e9patique et de carcinome h\u00e9patocellulaire [3]. Au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, la CHC a \u00e9t\u00e9 l&#8217;une des causes les plus fr\u00e9quentes de transplantation h\u00e9patique en Europe et en Am\u00e9rique du Nord. Mais l&#8217;infection par le VHC peut \u00e9galement provoquer des maladies extra-h\u00e9patiques telles que la vascularite, la glom\u00e9rulon\u00e9phrite et le lymphome non hodgkinien \u00e0 cellules B. De plus, la CHC est associ\u00e9e \u00e0 la r\u00e9sistance \u00e0 l&#8217;insuline, au diab\u00e8te sucr\u00e9 et \u00e0 l&#8217;ath\u00e9roscl\u00e9rose, et \u00e0 un risque accru d&#8217;\u00e9v\u00e9nements cardiovasculaires [4].<\/p>\n<h2 id=\"histoire-du-traitement-du-vhc\">Histoire du traitement du VHC<\/h2>\n<p>Avant m\u00eame la d\u00e9couverte effective du virus de l&#8217;h\u00e9patite C en 1989, les patients atteints d&#8217;une h\u00e9patite dite non A non B \u00e9taient trait\u00e9s avec de l&#8217;interf\u00e9ron alpha recombinant (IFN\u03b1). L&#8217;IFN\u03b1 se lie \u00e0 des r\u00e9cepteurs sp\u00e9cifiques \u00e0 la surface des cellules des h\u00e9patocytes et stimule l&#8217;expression de plusieurs centaines de g\u00e8nes ayant une activit\u00e9 antivirale. Le succ\u00e8s de ces monoth\u00e9rapies \u00e0 base d&#8217;IFN\u03b1 a toutefois \u00e9t\u00e9 modeste, seuls 15 \u00e0 20 % des patients ayant pu \u00eatre gu\u00e9ris<strong> (figure&nbsp;1).<\/strong> L&#8217;association de l&#8217;IFN\u03b1 \u00e0 la ribavirine a augment\u00e9 les chances de gu\u00e9rison de 15 \u00e0 20%, et l&#8217;introduction de l&#8217;IFN\u03b1 p\u00e9gyl\u00e9 en 2001 de 10% suppl\u00e9mentaires. Au cours des dix ann\u00e9es suivantes, le traitement combin\u00e9 par IFN\u03b1 p\u00e9gyl\u00e9 et ribavirine est devenu le &#8220;standard of care&#8221; (SOC) dans le monde entier. Les patients atteints d&#8217;une h\u00e9patite chronique caus\u00e9e par le VHC de g\u00e9notype 2 ou 3 ont \u00e9t\u00e9 gu\u00e9ris \u00e0 75% avec un traitement de six mois. Chez les patients infect\u00e9s par le VHC de g\u00e9notype 1, le taux de gu\u00e9rison n&#8217;\u00e9tait que de 45% malgr\u00e9 une dur\u00e9e de traitement prolong\u00e9e \u00e0 douze mois <strong>(Fig.&nbsp;1).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-9297\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/abb1_hp10_s29.png\" style=\"height:368px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"674\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/abb1_hp10_s29.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/abb1_hp10_s29-800x490.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/abb1_hp10_s29-120x74.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/abb1_hp10_s29-90x55.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/abb1_hp10_s29-320x196.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/abb1_hp10_s29-560x343.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&#8217;introduction des premiers antiviraux \u00e0 action directe (DAA) en 2011 a constitu\u00e9 une \u00e9tape d\u00e9cisive. Les deux inhibiteurs de la prot\u00e9ase du VHC, le t\u00e9lapr\u00e9vir et le boc\u00e9pr\u00e9vir, ont encore \u00e9t\u00e9 administr\u00e9s en association avec l&#8217;IFN\u03b1 p\u00e9gyl\u00e9 et la ribavirine. Tous les traitements \u00e0 base d&#8217;IFN\u03b1 (p\u00e9gyl\u00e9) ont eu des effets secondaires marqu\u00e9s tels que fatigue, myalgies, fi\u00e8vre, perte de cheveux et d\u00e9pression. La perc\u00e9e dans le traitement de la CHC a finalement eu lieu avec l&#8217;introduction de th\u00e9rapies combin\u00e9es sans interf\u00e9ron avec deux ou plusieurs AAD. Les taux de gu\u00e9rison des traitements actuels sont sup\u00e9rieurs \u00e0 95% et ils sont tous tr\u00e8s bien tol\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<h2 id=\"options-therapeutiques-actuelles-pour-lhepatite-c-chronique\">Options th\u00e9rapeutiques actuelles pour l&#8217;h\u00e9patite C chronique<\/h2>\n<p>Les traitements actuels sans IFN\u03b1 sont bas\u00e9s sur des m\u00e9dicaments qui inhibent la fonction de trois prot\u00e9ines virales n\u00e9cessaires \u00e0 la r\u00e9plication virale : la prot\u00e9ase du VHC (NS3), la polym\u00e9rase du VHC (NS5B) et une prot\u00e9ine dont la fonction n&#8217;est pas encore totalement d\u00e9finie, appel\u00e9e prot\u00e9ine NS5A.  <strong>(Fig.&nbsp;2).<\/strong>  La d\u00e9signation des substances actives suit une convention qui les associe \u00e0 ces trois prot\u00e9ines virales : Les inhibiteurs de prot\u00e9ase se terminent par -previr, les inhibiteurs de polym\u00e9rase par -buvir et les inhibiteurs NS5A par -asvir.<strong> (Fig.2). <\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9298 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/abb2_hp10_s29.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/505;height:275px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"505\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Aucune des substances actuellement disponibles ne devrait \u00eatre administr\u00e9e en monoth\u00e9rapie, soit parce qu&#8217;elles ne sont pas suffisamment efficaces en tant que substances isol\u00e9es, soit parce que les r\u00e9sistances se d\u00e9veloppent trop rapidement. <strong>Le tableau&nbsp;1<\/strong> pr\u00e9sente une s\u00e9lection des m\u00e9dicaments actuellement (et probablement dans un avenir proche) autoris\u00e9s et rembours\u00e9s en Suisse.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9299 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/tab1_hp10_s30.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/596;height:325px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"596\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le choix d&#8217;une pr\u00e9paration sp\u00e9cifique, la dur\u00e9e du traitement et la d\u00e9cision d&#8217;associer ou non une pr\u00e9paration \u00e0 la ribavirine doivent \u00eatre d\u00e9termin\u00e9s individuellement pour chaque patient. Les facteurs pris en compte sont le g\u00e9notype du VHC, le fait que le patient ait d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u des traitements sans succ\u00e8s (et lesquels), la pr\u00e9sence ou non d&#8217;une cirrhose (et si oui, si elle est compens\u00e9e ou d\u00e9compens\u00e9e), les comorbidit\u00e9s et le co\u00fbt du traitement. Les prix des m\u00e9dicaments n&#8217;ont cess\u00e9 de baisser ces derni\u00e8res ann\u00e9es et il vaut vraiment la peine de comparer les prix actuels des m\u00e9dicaments \u00e0 chaque fois. Les traitements contre le VHC continuant \u00e0 \u00e9voluer rapidement, il est conseill\u00e9 de d\u00e9terminer le traitement individuel pour chaque patient en se basant sur des recommandations mises \u00e0 jour (par exemple sur le site web de la Swiss Association for the Study of the Liver, SASL, www.sasl.ch) ou encore via des applications pour smartphone (par exemple l&#8217;application SASL HCV advisor app, https:\/\/hcvadvisor.com).<\/p>\n<p>Les traitements actuels sont tous tr\u00e8s bien tol\u00e9r\u00e9s. Avant de commencer un traitement, il convient de v\u00e9rifier les interactions m\u00e9dicamenteuses possibles avec les m\u00e9dicaments permanents existants. L\u00e0 encore, les outils \u00e9lectroniques appropri\u00e9s, qui utilisent des bases de donn\u00e9es continuellement mises \u00e0 jour via Internet (par exemple Epocrates, www.hep-drug interactions.org), sont d&#8217;une grande aide.<\/p>\n<h2 id=\"comment-et-qui-tester-pour-le-vhc-et-qui-traiter\">Comment et qui tester pour le VHC, et qui traiter ?<\/h2>\n<p>Le &#8220;d\u00e9pistage&#8221; du VHC est bas\u00e9 sur la d\u00e9termination des anticorps anti-VHC (anti-HCV) \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;un immunodosage. Les r\u00e9sultats positifs (r\u00e9actifs) doivent \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9s par la d\u00e9tection de l&#8217;ARN du VHC pour confirmer le diagnostic d&#8217;infection par le VHC.<\/p>\n<p>Qui doit \u00eatre test\u00e9 pour les anticorps anti-VHC ? En principe, certainement tous les patients pr\u00e9sentant des signes cliniques ou de laboratoire d&#8217;une maladie du foie. Cela s&#8217;applique \u00e9galement lorsqu&#8217;il existe une forte suspicion d&#8217;une autre cause, telle qu&#8217;une maladie alcoolique du foie. Ensuite, les personnes appartenant \u00e0 un groupe pr\u00e9sentant un risque accru d&#8217;infection par le VHC devraient \u00e9galement \u00eatre test\u00e9es ( <strong>aper\u00e7u&nbsp;1)<\/strong> [5].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9300 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/uebersicht1_s30.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 879px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 879\/516;height:235px; width:400px\" width=\"879\" height=\"516\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il existe \u00e9galement des arguments tout \u00e0 fait valables pour d\u00e9pister toutes les personnes n\u00e9es entre 1955 et 1974, ind\u00e9pendamment des risques identifi\u00e9s. On estime que plus de 60% des infections par le VHC en Suisse surviennent dans ces classes d&#8217;\u00e2ge. Aux \u00c9tats-Unis, de tels d\u00e9pistages de cohortes de naissance sont \u00e9tablis, tandis qu&#8217;en Suisse, une telle recommandation est encore en discussion. En ce qui concerne l&#8217;indication du traitement, l&#8217;opinion selon laquelle tous les patients atteints de CHC doivent \u00eatre trait\u00e9s, quel que soit le degr\u00e9 de fibrose h\u00e9patique, s&#8217;est impos\u00e9e au niveau international. Il est certain que plus la fibrose h\u00e9patique est avanc\u00e9e, plus le traitement est urgent. La question de savoir s&#8217;il est n\u00e9cessaire de traiter les patients qui ne pr\u00e9sentent pas de fibrose h\u00e9patique significative, m\u00eame apr\u00e8s des d\u00e9cennies de CHC, reste controvers\u00e9e. Chez certains de ces patients, le traitement am\u00e9liore les manifestations dites extra-h\u00e9patiques de l&#8217;infection par le VHC. Il est \u00e9galement possible que l&#8217;\u00e9radication du VHC r\u00e9duise pr\u00e9ventivement le risque de maladies extra-h\u00e9patiques telles que le d\u00e9veloppement d&#8217;une maladie coronarienne. Enfin, il existe des arguments pr\u00e9ventifs concernant l&#8217;\u00e9pid\u00e9mie de VHC, en particulier pour les groupes de patients qui courent un risque important d&#8217;infecter d&#8217;autres personnes avec le VHC.<\/p>\n<p>Pour toutes ces raisons et d&#8217;autres encore [6], on peut recommander, d&#8217;un point de vue m\u00e9dical, un traitement de tous les patients atteints d&#8217;une infection active par le VHC avec les m\u00e9dicaments actuels, notamment parce qu&#8217;ils sont tr\u00e8s bien tol\u00e9r\u00e9s et tr\u00e8s s\u00fbrs, du moins dans l&#8217;\u00e9tat actuel des connaissances. La question de savoir si une telle strat\u00e9gie est \u00e9conomiquement judicieuse au vu du prix actuel des m\u00e9dicaments reste controvers\u00e9e et constitue probablement, en fin de compte, une question d&#8217;appr\u00e9ciation.<\/p>\n<h2 id=\"avant-pendant-et-apres-la-therapie\">Avant, pendant et apr\u00e8s la th\u00e9rapie<\/h2>\n<p>Avant de commencer un traitement, il convient de faire le point sur l&#8217;infection par le VHC, en plus de la d\u00e9tection g\u00e9n\u00e9rale des comorbidit\u00e9s. Cela inclut la d\u00e9termination de l&#8217;h\u00e9mogramme, des tests h\u00e9patiques, y compris la bilirubine, ainsi que l&#8217;albumine et l&#8217;INR. Le g\u00e9notype du VHC et la &#8220;charge virale&#8221; du VHC doivent \u00eatre d\u00e9termin\u00e9s. Il est tr\u00e8s important de d\u00e9terminer s&#8217;il y a une cirrhose. La pr\u00e9sence d&#8217;une cirrhose peut avoir un impact sur le choix des m\u00e9dicaments et la dur\u00e9e du traitement. Mais surtout, le risque de carcinome h\u00e9patocellulaire est significativement plus \u00e9lev\u00e9 chez les patients atteints de cirrhose du foie. Par pr\u00e9caution, ces patients doivent \u00eatre d\u00e9pist\u00e9s par des \u00e9chographies du foie tous les six mois. Selon les connaissances actuelles, le risque de carcinome h\u00e9patocellulaire reste significativement \u00e9lev\u00e9 chez les cirrhotiques, m\u00eame apr\u00e8s un traitement r\u00e9ussi de l&#8217;infection par le VHC. Le traitement des patients atteints de CHC sans v\u00e9rification pr\u00e9alable de la pr\u00e9sence ou non d&#8217;une cirrhose doit donc clairement \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une mauvaise pratique m\u00e9dicale.<\/p>\n<p>Le stade de fibrose h\u00e9patique et la pr\u00e9sence d&#8217;une cirrhose peuvent \u00eatre d\u00e9termin\u00e9s par diff\u00e9rentes m\u00e9thodes. La biopsie du foie reste l&#8217;\u00e9talon-or. Comme il s&#8217;agit d&#8217;un examen invasif, d&#8217;autres proc\u00e9dures sont \u00e9galement largement utilis\u00e9es. En Suisse, c&#8217;est surtout l&#8217;\u00e9lastographie transitoire par <sup>Fibroscan\u00ae<\/sup> qui s&#8217;est impos\u00e9e. Cet examen est propos\u00e9 dans de nombreux centres d&#8217;h\u00e9patologie et cabinets sp\u00e9cialis\u00e9s. Il est indolore pour le patient, ne pr\u00e9sente aucun risque de complication et a une sensibilit\u00e9 et une sp\u00e9cificit\u00e9 raisonnables pour d\u00e9tecter et exclure une cirrhose du foie.<\/p>\n<h2 id=\"la-lumiere-au-bout-du-tunnel\">La lumi\u00e8re au bout du tunnel<\/h2>\n<p>Apr\u00e8s presque trois d\u00e9cennies d&#8217;options th\u00e9rapeutiques tr\u00e8s limit\u00e9es, au cours desquelles la CHC a \u00e9t\u00e9 l&#8217;une des causes les plus fr\u00e9quentes de cirrhose du foie en Europe et aux \u00c9tats-Unis, les perspectives pour les patients atteints de CHC se sont consid\u00e9rablement am\u00e9lior\u00e9es au cours des trois \u00e0 cinq derni\u00e8res ann\u00e9es. Le d\u00e9veloppement de m\u00e9dicaments antiviraux tr\u00e8s puissants et sp\u00e9cifiques doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une r\u00e9ussite unique de la recherche m\u00e9dicale. Le VHC est la seule infection virale chronique qui peut \u00eatre gu\u00e9rie virologiquement (\u00e9radication du virus) par un traitement m\u00e9dicamenteux. Peu apr\u00e8s leur introduction sur le march\u00e9 en 2015, les traitements AAD \u00e9taient exorbitants : par exemple, un traitement de 6 mois d&#8217;une infection de g\u00e9notype 3 par <sup>Sovaldi\u00ae<\/sup> et <sup>Daklinza\u00ae<\/sup> co\u00fbtait plus de 180 000 CHF. Les prix \u00e9lev\u00e9s ont fait craindre \u00e0 l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique (OFSP) une nouvelle flamb\u00e9e des co\u00fbts de la sant\u00e9. En r\u00e9action, les nouvelles th\u00e9rapies ont \u00e9t\u00e9 assorties d&#8217;une limitation. Au d\u00e9part, seuls les patients pr\u00e9sentant une fibrose tr\u00e8s avanc\u00e9e pouvaient \u00eatre trait\u00e9s (stades de fibrose 3 et 4 sur une \u00e9chelle de 0 \u00e0 4 ; stade 0 = pas de fibrose, stade 4 = cirrhose). Lors de la mise sur le march\u00e9 de m\u00e9dicaments suppl\u00e9mentaires, la limite a \u00e9t\u00e9 \u00e9tendue au stade 2 de la fibrose. La limitation de ces traitements tr\u00e8s efficaces aux patients pr\u00e9sentant des stades avanc\u00e9s de fibrose a suscit\u00e9 la d\u00e9ception et l&#8217;indignation des patients atteints de fibrose plus profonde. L&#8217;ensemble du processus de d\u00e9tection d&#8217;un stade de fibrose plus avanc\u00e9 et les proc\u00e9dures de garantie de prise en charge ont consomm\u00e9 des ressources financi\u00e8res et humaines consid\u00e9rables.<\/p>\n<p>Heureusement, les derni\u00e8res n\u00e9gociations entre l&#8217;OFSP et les entreprises pharmaceutiques impliqu\u00e9es ont conduit \u00e0 une baisse significative du prix des m\u00e9dicaments, ce qui a apparemment permis \u00e0 l&#8217;OFSP de lever la limitation concernant le stade de fibrose. Depuis le 1er octobre 2017, plusieurs traitements sont rembours\u00e9s pour tous les patients atteints de CHC, quel que soit le stade de fibrose du foie.<\/p>\n<p>Une autre lueur d&#8217;espoir est la simplification croissante de la th\u00e9rapie. Dans un avenir proche, au moins deux pr\u00e9parations seront disponibles et pourront \u00eatre utilis\u00e9es pour tous les g\u00e9notypes, chez les patients avec ou sans cirrhose, et chez les patients avec ou sans traitement pr\u00e9alable (ceci avec certaines restrictions) (tab.&nbsp;1). En fait, il serait alors temps de supprimer la derni\u00e8re limitation : la restriction de la prescription aux sp\u00e9cialistes en gastroent\u00e9rologie ou en infectiologie (ainsi qu&#8217;\u00e0 des m\u00e9decins s\u00e9lectionn\u00e9s ayant une exp\u00e9rience en addictologie et dans le traitement des CHC). La plupart des traitements contre l&#8217;h\u00e9patite C pourraient d\u00e9j\u00e0 \u00eatre facilement dispens\u00e9s par les m\u00e9decins de premier recours. Les patients non pr\u00e9trait\u00e9s, sans cirrhose et sans comorbidit\u00e9s importantes, n&#8217;ont pas besoin d&#8217;un suivi m\u00e9dical sp\u00e9cialis\u00e9 pour le traitement du VHC. Il faut esp\u00e9rer que la limitation de la prescription \u00e0 quelques sp\u00e9cialistes sera \u00e9galement bient\u00f4t lev\u00e9e par l&#8217;OFSP.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>L&#8217;introduction de th\u00e9rapies combin\u00e9es sans interf\u00e9ron avec deux ou plusieurs &#8220;antiviraux \u00e0 action directe&#8221; (DAA) a constitu\u00e9 une perc\u00e9e. Les taux de gu\u00e9rison sont sup\u00e9rieurs \u00e0 95%, et ce avec une tr\u00e8s bonne tol\u00e9rance. Le VHC est la seule infection virale chronique qui peut \u00eatre gu\u00e9rie virologiquement par un traitement m\u00e9dicamenteux.<\/li>\n<li>Le choix de la pr\u00e9paration, la dur\u00e9e du traitement et la d\u00e9cision d&#8217;associer une pr\u00e9paration \u00e0 la ribavirine doivent \u00eatre d\u00e9termin\u00e9s individuellement. Dans un avenir proche, au moins deux pr\u00e9parations seront disponibles et pourront \u00eatre utilis\u00e9es pour tous les g\u00e9notypes, chez les patients avec\/sans cirrhose, avec\/sans traitement pr\u00e9alable (ceci avec certaines restrictions).<\/li>\n<li>Sur le plan m\u00e9dical, on peut recommander un traitement de tous les patients atteints d&#8217;une infection active par le VHC avec les m\u00e9dicaments actuels.<\/li>\n<li>Heureusement, depuis le 1er octobre 2017, plusieurs traitements sont pris en charge par l&#8217;assurance maladie pour tous les patients atteints d&#8217;h\u00e9patite C chronique, quel que soit le stade de fibrose.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\nLitt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Heim MH, Bochud PY, George J : Host &#8211; hepatitis C viral interactions : The role of genetics. J. Hepatol 2016 ; 65 : S22-32.<\/li>\n<li>Thein HH, et al : Estimation of stage-specific fibrosis progression rates in chronic hepatitis C virus infection : a meta-analysis and meta-regression. Hepatology 2008 ; 48 : 418-431.<\/li>\n<li>El-Serag HB : Epid\u00e9miologie de l&#8217;h\u00e9patite virale et du carcinome h\u00e9patocellulaire. Gastroenterology 2012 ; 142 : 1264-1273.<\/li>\n<li>Negro F, et al : Morbidit\u00e9 et mortalit\u00e9 extra-h\u00e9patiques de l&#8217;h\u00e9patite C chronique. Gastroenterology 2015 ; 149 : 1345-1360.<\/li>\n<li>Fretz R, et al : Hepatitis B and C in Switzerland &#8211; healthcare provider initiated testing for chronic hepatitis B and C infection. Swiss Med Wkly 2013 ; 143 : w13793.<\/li>\n<li>Bruggmann P : L&#8217;\u00e9pid\u00e9miologie de l&#8217;h\u00e9patite C en Suisse et le r\u00f4le des soins primaires. Pratique 2016 ; 105 : 885-889.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2017 ; 12(10) : 28-32<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;introduction de th\u00e9rapies combin\u00e9es sans interf\u00e9ron avec des &#8220;antiviraux \u00e0 action directe&#8221; (DAA) a constitu\u00e9 une perc\u00e9e. 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