{"id":339145,"date":"2017-10-28T02:00:00","date_gmt":"2017-10-28T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/que-peuvent-nous-apprendre-les-rapports-de-cas\/"},"modified":"2017-10-28T02:00:00","modified_gmt":"2017-10-28T00:00:00","slug":"que-peuvent-nous-apprendre-les-rapports-de-cas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/que-peuvent-nous-apprendre-les-rapports-de-cas\/","title":{"rendered":"Que peuvent nous apprendre les rapports de cas ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>L&#8217;angiosarcome associ\u00e9 aux radiations est plus fr\u00e9quent qu&#8217;on ne le pense intuitivement. Le diagnostic initial doit \u00eatre pos\u00e9 le plus t\u00f4t possible. Paradoxalement, m\u00eame pour cette tumeur radio-induite, la r\u00e9-irradiation est une bonne option th\u00e9rapeutique.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>L&#8217;angiosarcome associ\u00e9 aux radiations (RAAS) est si rare qu&#8217;il n&#8217;existe aucune \u00e9tude prospective. C&#8217;est pourquoi toutes les connaissances acquises jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent reposent sur des s\u00e9ries de cas r\u00e9trospectives et des rapports de cas. En raison de la publication s\u00e9lective des cas, les recommandations th\u00e9rapeutiques bas\u00e9es sur ces donn\u00e9es ne doivent \u00eatre faites qu&#8217;avec prudence. D&#8217;autre part, il faut s&#8217;en contenter jusqu&#8217;\u00e0 ce que l&#8217;on dispose d&#8217;un plus grand nombre de cas et d&#8217;observations \u00e0 long terme provenant en partie de registres de tumeurs en cours de cr\u00e9ation.<\/p>\n<p>Les angiosarcomes sont des tumeurs hautement malignes des cellules endoth\u00e9liales, qui ne repr\u00e9sentent qu&#8217;environ 1 \u00e0 2 % de tous les sarcomes des tissus mous [1]. L&#8217;angiosarcome du sein peut \u00eatre primaire ou secondaire \u00e0 un lymph\u0153d\u00e8me chronique apr\u00e8s mastectomie (syndrome de Stewart-Treves) [2] ou dans le cadre d&#8217;un RAAS au sein d&#8217;un champ d&#8217;irradiation ant\u00e9rieur [3]. Les angiosarcomes primaires semblent avoir un meilleur pronostic que les RAAS [4\u20136]. Pour les distinguer, on utilise g\u00e9n\u00e9ralement les crit\u00e8res modifi\u00e9s de Cahan [7,8]. Il s&#8217;agit notamment de<\/p>\n<ul>\n<li>Histologie diff\u00e9rente de la tumeur primaire initiale et de la tumeur secondaire<\/li>\n<li>Apparition de la tumeur secondaire dans le champ d&#8217;irradiation pr\u00e9c\u00e9dent<\/li>\n<li>Latence entre la tumeur primaire et la tumeur secondaire de plus de trois ans.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, on indique une latence m\u00e9diane de six ans entre la radioth\u00e9rapie (RT) de la tumeur primaire et l&#8217;apparition du RAAS [1,9]. Ce d\u00e9lai est nettement plus court que celui des autres sarcomes associ\u00e9s aux radiations, qui ne se manifestent g\u00e9n\u00e9ralement qu&#8217;apr\u00e8s 10 \u00e0 20 ans [10,11]. On peut supposer une certaine pr\u00e9disposition g\u00e9n\u00e9tique, m\u00eame si elle n&#8217;est pas prouv\u00e9e [12].<\/p>\n<p>Une analyse de la base de donn\u00e9es SEER portant sur pr\u00e8s de 275 000 patientes atteintes d&#8217;un cancer du sein a montr\u00e9 une incidence cumul\u00e9e du RAAS de 0,09% \u00e0 15 ans [9]. Celle-ci semble augmenter en raison de la RT adjuvante pratiqu\u00e9e en routine apr\u00e8s un traitement conservateur du sein (BET) en cas de carcinome mammaire ou de DCIS [1]. On ne sait pas dans quelle mesure les th\u00e9rapies syst\u00e9miques intensifi\u00e9es contribuent \u00e0 la gen\u00e8se.<\/p>\n<p>Le taux de survie \u00e0 5 ans est faible et est estim\u00e9 \u00e0 27-35% sur la base de la base de donn\u00e9es SEER [9]. Les raisons de ce mauvais pronostic sont multiples. Les d\u00e9colorations rouge\u00e2tres-vives, parfois \u00e9tendues, qui apparaissent dans l&#8217;ancien champ d&#8217;irradiation attirent trop tard l&#8217;attention de la patiente. Outre l&#8217;atteinte macroscopique, une m\u00e9tastase microscopique occulte en forme de &#8220;saut de puce&#8221; se produit t\u00f4t dans la peau. Il est difficile d&#8217;y rem\u00e9dier chirurgicalement, car elle peut se manifester \u00e0 nouveau rapidement apr\u00e8s l&#8217;excision de la l\u00e9sion macroscopique \u00e0 un autre endroit [10,13,14].<\/p>\n<p>Il n&#8217;existe pas de recommandations th\u00e9rapeutiques uniformes. L&#8217;approche chirurgicale est au premier plan. La plus grande revue \u00e0 ce jour, bas\u00e9e sur 222 patients avec un RAAS, montre un intervalle sans r\u00e9cidive locale \u00e0 5 ans de 32% et un taux de survie \u00e0 5 ans de 43% [1], ce qui est sup\u00e9rieur \u00e0 la base de donn\u00e9es SEER (27-35%). Cela est probablement d\u00fb au fait que les patients analys\u00e9s provenaient de rapports de cas et de s\u00e9ries de cas avec principalement des r\u00e9ponses exceptionnelles et des th\u00e9rapies combin\u00e9es, et que le pronostic est donc sur\u00e9valu\u00e9 en raison du &#8220;biais de publication&#8221;. Inversement, cela peut indiquer une possible am\u00e9lioration du pronostic gr\u00e2ce \u00e0 des th\u00e9rapies combin\u00e9es.<\/p>\n<h2 id=\"rapport-de-cas\">Rapport de cas<\/h2>\n<p>Nous rapportons le cas d&#8217;une patiente aujourd&#8217;hui \u00e2g\u00e9e de 79 ans et souffrant d&#8217;un SARA. 11\/2006, un carcinome mammaire invasif et canalaire gauche a \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9. Une BET a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e avec une tumorectomie et une lymphad\u00e9nectomie axillaire sentinelle avec un stade pT1c pN0 (0\/1&nbsp;sn) cMO ER\/PR positif, HER2 n\u00e9gatif. En postop\u00e9ratoire, la RT adjuvante normofractionn\u00e9e de l&#8217;ensemble du sein a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e avec des champs tangentiels allant jusqu&#8217;\u00e0 50 Gy et un boost local de 16&nbsp;Gy, suivi d&#8217;une hormonoth\u00e9rapie.<\/p>\n<p>En 08\/2011, la patiente a remarqu\u00e9 une large coloration jaune livide sur tout le sein gauche, avec des nodules qui s&#8217;ouvrent et un d\u00e9but d&#8217;ulc\u00e9ration. Le mamelon n&#8217;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 plus reconnaissable <strong>(Fig.&nbsp;1).<\/strong> L&#8217;histologie a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un h\u00e9mangiosarcome mal diff\u00e9renci\u00e9 (G3), qui a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 par une seconde \u00e9valuation.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-9171\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/abb1-2_oh4_s29.jpg\" style=\"height:299px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"549\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Une discussion pr\u00e9op\u00e9ratoire a eu lieu au sein du tumor board concernant la strat\u00e9gie th\u00e9rapeutique, au cours de laquelle une mastectomie suivie d&#8217;une r\u00e9-irradiation (re-RT) combin\u00e9e \u00e0 une hyperthermie \u00e0 grande \u00e9chelle (HT) a \u00e9t\u00e9 recommand\u00e9e. En postop\u00e9ratoire, une r\u00e9section R1\/R2 a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e dans la zone de la cicatrice et vers le pectoral <strong>(Fig.&nbsp;2). <\/strong>Aucune r\u00e9section ult\u00e9rieure n&#8217;a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e. Ensuite, par analogie avec un sch\u00e9ma th\u00e9rapeutique \u00e9tabli pour les r\u00e9cidives du sein et de la paroi thoracique, [15] a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une re-RT hypofractionn\u00e9e de 5\u00d7 4&nbsp;Gy, 1\u00d7\/semaine, en concomitance avec une TH de surface <strong>(fig.&nbsp;3) <\/strong>.  <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9172 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/abb3_oh4_s30.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1024;height:559px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1024\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Celle-ci a toujours \u00e9t\u00e9 administr\u00e9e le m\u00eame jour, avant la RT, avec de l&#8217;infrarouge A filtr\u00e9 \u00e0 l&#8217;eau (wIRA) contr\u00f4l\u00e9 par thermographie pendant 45 minutes. La RT a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e dans les deux minutes suivant la fin de l&#8217;HT, avec 4&nbsp;Gy (9&nbsp;MeV d&#8217;\u00e9lectrons) \u00e0 chaque fois et une dose totale de 20&nbsp;Gy. L&#8217;objectif principal \u00e9tait la r\u00e9gion R1\/R2, avec une large irradiation de toute la paroi thoracique gauche dans une intention prophylactique pour traiter les m\u00e9tastases occultes. Ce traitement a \u00e9t\u00e9 bien tol\u00e9r\u00e9, avec pour seul effet secondaire une l\u00e9g\u00e8re rougeur cutan\u00e9e transitoire (CTCAE grade 1). Quatre ans plus tard, une r\u00e9mission compl\u00e8te a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e <strong>(Fig.&nbsp;4), <\/strong>qui s&#8217;est maintenue jusqu&#8217;\u00e0 six ans plus tard (08\/2017). Ceci est exceptionnel dans la mesure o\u00f9 des param\u00e8tres pertinents (r\u00e9section R1\/2, tumeur &gt;10&nbsp;cm, multifocalit\u00e9, G3) plaideraient pour un risque tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 de r\u00e9cidive locale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9173 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/abb4_oh4_s30.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 925px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 925\/812;height:351px; width:400px\" width=\"925\" height=\"812\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"discussion\">Discussion<\/h2>\n<p>En raison de sa raret\u00e9, le RAAS du sein est g\u00e9n\u00e9ralement diagnostiqu\u00e9 trop tard et n&#8217;est souvent pas discut\u00e9 de mani\u00e8re interdisciplinaire au d\u00e9part\/en pr\u00e9op\u00e9ratoire. Le standard est une r\u00e9section chirurgicale R0 dans le cadre d&#8217;une mastectomie ou d&#8217;une r\u00e9section locale de la paroi thoracique avec des marges de s\u00e9curit\u00e9 g\u00e9n\u00e9reuses, mais malgr\u00e9 une radicalit\u00e9 R0, le risque de r\u00e9cidive locale est consid\u00e9rable, jusqu&#8217;\u00e0 66% [13]. Diff\u00e9rentes approches visant \u00e0 r\u00e9duire le risque de r\u00e9cidive locale ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites, avec des r\u00e9sections encore plus \u00e9tendues (&#8220;superradicales&#8221;\/&#8221;wide-margins&#8221;) et les d\u00e9ficits fonctionnels et les mutilations correspondants. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 qu&#8217;une r\u00e9section R0 est d\u00e9terminante pour le pronostic, tant lors de la premi\u00e8re op\u00e9ration qu&#8217;en cas de r\u00e9cidive, mais que de nouvelles r\u00e9cidives peuvent survenir malgr\u00e9 une r\u00e9section R0 \u00e0 partir de cellules microscopiques diss\u00e9min\u00e9es [13,14,16]. Il n&#8217;est pas clair dans quelle mesure la distance de r\u00e9section chez les sujets sains est un facteur d\u00e9terminant. Il existe des rapports qui n&#8217;ont pas pu d\u00e9montrer de diff\u00e9rence de pronostic entre une marge de r\u00e9section libre &lt;1 cm et &gt;1 cm [14]. Une \u00e9tude chirurgicale r\u00e9trospective r\u00e9cente portant sur 76 patients montre qu&#8217;une chirurgie &#8220;radicale&#8221;, qui consiste \u00e0 retirer au moins toute la peau pr\u00e9c\u00e9demment irradi\u00e9e, a un bien meilleur pronostic qu&#8217;une chirurgie &#8220;conservatrice&#8221; (taux de r\u00e9cidive locale \u00e0 5 ans de 23% vs 76%) [16]. Cependant, les complications li\u00e9es aux plaies \u00e9taient plus fr\u00e9quentes. Il convient \u00e9galement de mentionner que, dans le cas des op\u00e9rations &#8220;radicales&#8221;, le nombre de chimioth\u00e9rapies concomitantes (ChT) \u00e9tait \u00e9galement significativement plus \u00e9lev\u00e9, ce qui pourrait avoir agi comme un facteur de confusion.<\/p>\n<p>En fin de compte, c&#8217;est surtout le contr\u00f4le des m\u00e9tastases microscopiques occultes dans la &#8220;zone \u00e0 risque&#8221; qui semble d\u00e9terminer le pronostic en tant que base pour la r\u00e9cidive suivante.&nbsp;  La question se pose donc de savoir si le contr\u00f4le de la &#8220;zone \u00e0 risque&#8221; \u00e9tendue doit \u00eatre obligatoirement chirurgical et s&#8217;il n&#8217;existe pas d&#8217;autres possibilit\u00e9s moins mutilantes. Les options sont donc une chimioth\u00e9rapie n\u00e9oadjuvante et une chimioth\u00e9rapie adjuvante (ChT). Dans la plus grande analyse avec RAAS et ChT portant sur 95 patients, une chirurgie seule a \u00e9t\u00e9 r\u00e9trospectivement compar\u00e9e \u00e0 une ChT (n\u00e9o)adjuvante suppl\u00e9mentaire. Une nouvelle RT a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme contre-indiqu\u00e9e. En cas de faible chance de r\u00e9section R0\/R1 en pr\u00e9op\u00e9ratoire, la TC n\u00e9oadjuvante a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e. En postop\u00e9ratoire, la TC adjuvante a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e en cas de l\u00e9sions tumorales importantes, de G3 ou de distances de r\u00e9section &lt;1&nbsp;cm. De fa\u00e7on surprenante, le groupe de mauvais pronostic avec chirurgie et TC a montr\u00e9 une am\u00e9lioration significative de la survie sans r\u00e9cidive locale \u00e0 5 ans de 62,8% par rapport \u00e0 la chirurgie seule avec 36,9%, mais sans influence significative sur les taux de survie \u00e0 5 ans [10]. Sur la base de ces donn\u00e9es, il n&#8217;est malheureusement pas possible d&#8217;\u00e9mettre une recommandation s\u00fbre concernant la ChT, d&#8217;une part parce qu&#8217;aucun r\u00e9gime de ChT uniforme n&#8217;a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 et d&#8217;autre part parce qu&#8217;une analyse de sous-groupe n&#8217;est pas possible en raison du trop petit nombre de cas. Il faut \u00e9galement tenir compte du fait qu&#8217;un grand nombre de marraines, en raison de leur \u00e2ge et de leur \u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral, ne supporteraient pas une ChT agressive.<\/p>\n<p>Peut-on proposer une nouvelle RT malgr\u00e9 des ant\u00e9c\u00e9dents importants ? Pour plusieurs cliniques et tumor boards, les ant\u00e9c\u00e9dents m\u00e9dicaux sont encore consid\u00e9r\u00e9s \u00e0 tort comme une contre-indication en raison des toxicit\u00e9s possibles [10,14,16]. Comme l&#8217;a montr\u00e9 l&#8217;exemple de la re-RT (avec HT) des r\u00e9cidives mammaires et de la paroi thoracique, cela n&#8217;est pas justifi\u00e9 [15,17\u201320]. Le profil d&#8217;effets secondaires d\u00e9pend du fractionnement, de la dose totale et de la latence entre la RT primaire et la re-RT planifi\u00e9e. Les donn\u00e9es disponibles \u00e0 ce jour semblent plaider en faveur de l&#8217;utilisation d&#8217;une re-RT dans le RAAS [21]. De mani\u00e8re analogue aux r\u00e9cidives classiques de la paroi thoracique, il est int\u00e9ressant de combiner une re-RT avec l&#8217;hyperthermie de surface (HT).<\/p>\n<p>Dans le cas du cancer du sein r\u00e9cidivant, une m\u00e9ta-analyse portant sur 2110 patients a montr\u00e9 un taux de r\u00e9mission compl\u00e8te de 60% avec un faible taux d&#8217;effets secondaires lorsque la re-RT et l&#8217;HT sont combin\u00e9es [19]. L&#8217;hyperthermo\/re-radioth\u00e9rapie (HTreRT) en cas de r\u00e9cidive mammaire ou de la paroi thoracique est incluse dans les directives du NCCN comme &#8220;category 3 evidence&#8221;. L&#8217;HT est d\u00e9finie comme un r\u00e9chauffement contr\u00f4l\u00e9 des tissus jusqu&#8217;\u00e0 une temp\u00e9rature de 39-43\u00b0C et agit principalement comme un radiosensibilisateur gr\u00e2ce \u00e0<\/p>\n<ul>\n<li>Inhibition de la r\u00e9paration des dommages \u00e0 l&#8217;ADN induits par les radiations<\/li>\n<li>Am\u00e9lioration de la microperfusion tumorale avec sensibilisation des cellules hypoxiques et donc radior\u00e9sistantes [19].<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette derni\u00e8re est particuli\u00e8rement utile dans le cas d&#8217;une paroi thoracique fibros\u00e9e et donc moins bien irrigu\u00e9e par les capillaires en raison d&#8217;un ant\u00e9c\u00e9dent radiog\u00e9nique [15].<\/p>\n<p>Dans une revue de 222 patients atteints de RAAS, la chirurgie avec re-RT adjuvante a permis d&#8217;obtenir un meilleur contr\u00f4le local que la chirurgie seule. Cependant, dans 30% des cas, l&#8217;HT a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9e \u00e0 la re-RT [1].<\/p>\n<p>Dans le cas du SRAA, une bonne r\u00e9ponse \u00e0 la HTreRT combin\u00e9e mentionn\u00e9e est d\u00e9crite, avec d&#8217;autres sch\u00e9mas de RT et une application HT diff\u00e9rente de celle utilis\u00e9e chez nous [22,23]. Des patients ont \u00e9t\u00e9 inclus apr\u00e8s de multiples r\u00e9cidives, ce qui explique le faible taux de survie \u00e0 5 ans de 11% \u00e0 un \u00e2ge m\u00e9dian de 70 ans, mais un bon effet palliatif avec des taux de contr\u00f4le \u00e0 3 ans de 46% (postop\u00e9ratoire) et 22% (HTreRT seule).<\/p>\n<h2 id=\"conclusion\">Conclusion<\/h2>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, une comparaison directe des diff\u00e9rentes options th\u00e9rapeutiques n&#8217;est pas r\u00e9alisable de mani\u00e8re fiable en raison du faible nombre de cas et de la collecte r\u00e9trospective des donn\u00e9es. Dans le cas d&#8217;une entit\u00e9 telle que le SRAA du sein, o\u00f9 l&#8217;on &#8220;court&#8221; souvent apr\u00e8s la maladie sur le plan chirurgical, il faut viser un traitement interdisciplinaire proactif et bien coordonn\u00e9. Il serait avantageux de discuter d&#8217;une HTreRT postop\u00e9ratoire d\u00e8s la pose du diagnostic afin de couvrir la &#8220;zone \u00e0 risque&#8221; de mani\u00e8re pr\u00e9coce. Le RAAS rel\u00e8ve d&#8217;un tumor board sp\u00e9cialis\u00e9.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>L&#8217;angiosarcome associ\u00e9 aux radiations (RAAS) est plus fr\u00e9quent qu&#8217;intuitivement chez les patientes atteintes d&#8217;un cancer du sein irradi\u00e9, avec une incidence d&#8217;environ 0,1%.<\/li>\n<li>et survient beaucoup plus t\u00f4t que les autres sarcomes associ\u00e9s aux radiations.<\/li>\n<li>Le diagnostic initial doit \u00eatre pos\u00e9 le plus t\u00f4t possible et le traitement combin\u00e9 doit \u00eatre planifi\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9part de mani\u00e8re interdisciplinaire lors d&#8217;un tumor board exp\u00e9riment\u00e9.<\/li>\n<li>Paradoxalement, m\u00eame pour cette tumeur radio-induite, la r\u00e9-irradiation est une bonne option th\u00e9rapeutique avec un faible profil d&#8217;effets secondaires.<\/li>\n<li>Dans le cas du RAAS du sein\/de la paroi thoracique, de nombreux arguments plaident en faveur d&#8217;un traitement interdisciplinaire comprenant une intervention chirurgicale et une radioth\u00e9rapie adjuvante hyperthermique \u00e0 grand champ semi-prophylactique.<\/li>\n<li>L&#8217;int\u00e9r\u00eat d&#8217;une th\u00e9rapie syst\u00e9mique n\u00e9o- ou adjuvante suppl\u00e9mentaire doit \u00eatre \u00e9valu\u00e9 plus avant.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\nLitt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Depla AL, et al : Treatment and prognostic factors of radiation-associated angiosarcoma (RAAS) after primary breast cancer : a systematic review. Eur J Cancer 2014 ; 50 : 1779-1788.<\/li>\n<li>Stewart FW, Treves N : Lymphangiosarcoma in postmastectomy lymphedema ; a report of six cas in elephantiasis chirurgica. Cancer 1948 ; 1 : 64-81.<\/li>\n<li>Huang J, Mackillop WJ : Risque accru de sarcome des tissus mous apr\u00e8s radioth\u00e9rapie chez les femmes atteintes d&#8217;un cancer du sein. Cancer 2001 ; 92 : 172-180.<\/li>\n<li>Fraga-Guedes C, et al : Angiosarcomes primaires et secondaires du sein : une exp\u00e9rience \u00e0 institution unique. Breast Cancer Res Treat 2012 ; 132 : 1081-1088.<\/li>\n<li>Fury MG, et al : A 14-year retrospective review of angiosarcoma : clinical characteristics, prognostic factors, and treatment outcomes with surgery and chemotherapy. Cancer J 2005 ; 11 : 241-247.<\/li>\n<li>Vorburger SA, et al : Angiosarcoma of the breast. Cancer 2005 ; 104 : 2682-2688.<\/li>\n<li>Cahan WG, et al : Sarcoma arising in irradiated bone ; report of 11 cas. Cancer 1948 ; 1 : 3-29.<\/li>\n<li>Arlen M, et al : Radiation-induced sarcoma of bone. Cancer 1971 ; 28 : 1087-1099.<\/li>\n<li>Yap J, et al : Sarcoma as a second malignancy after treatment for breast cancer. Int J Radiat Oncol Biol Phys 2002 ; 52 : 1231-1237.<\/li>\n<li>Torres KE, et al : R\u00e9sultats \u00e0 long terme chez les patients atteints d&#8217;angiosarcomes du sein associ\u00e9s \u00e0 une radioth\u00e9rapie apr\u00e8s une chirurgie et une radioth\u00e9rapie pour un cancer du sein. Ann Surg Oncol 2013 ; 20 : 1267-1274.<\/li>\n<li>Manner J, et al : L&#8217;amplification du g\u00e8ne MYC de haut niveau est une caract\u00e9ristique distinctive des angiosarcomes apr\u00e8s irradiation ou lymphad\u00e9ma chronique. Am J Pathol 2010 ; 176 : 34-39.<\/li>\n<li>Nestle-Kramling C, et al : [Hemangiosarcoma after breast-conserving therapy of breast cancer : report of four cases with molecular genetic diagnosis and literature review]. Strahlenther Onkol 2011 ; 187 : 656-664.<\/li>\n<li>Seinen JM, et al : Angiosarcome radio-associ\u00e9 apr\u00e8s un cancer du sein : taux de r\u00e9cidive \u00e9lev\u00e9 et faible survie malgr\u00e9 un traitement chirurgical avec r\u00e9section R0. Ann Surg Oncol 2012 ; 19 : 2700-2706.<\/li>\n<li>Lehnhardt M, et al. : [Radiation-induced angiosarcoma of the breast]. Handchir Mikrochir Plast Chir 2017 ; 49 : 103-110.<\/li>\n<li>Notter M, Piazena H, Vaupel P : R\u00e9-irradiation hypofractionn\u00e9e des cancers du sein r\u00e9currents de grande taille par hyperthermie infra-rouge-A contr\u00f4l\u00e9e par thermographie et sans contact avec l&#8217;eau : une \u00e9tude r\u00e9trospective de 73 patients. Int J Hyperthermia 2016 ; 1-10.<\/li>\n<li>Li GZ, et al : Angiosarcome mammaire cutan\u00e9 li\u00e9 \u00e0 la radioth\u00e9rapie : la radicalit\u00e9 de la chirurgie affecte la survie. Ann Surg 2017 ; 265 : 814-820.<\/li>\n<li>Wahl AO, et al : Multi-institutional review of repeat irradiation of chest wall and breast for recurrent breast cancer. Int J Radiat Oncol Biol Phys 2008 ; 70 : 477-484.<\/li>\n<li>Vernon CC, et al : Radioth\u00e9rapie avec ou sans hyperthermie dans le traitement du cancer du sein localis\u00e9 superficiel : r\u00e9sultats de cinq essais randomis\u00e9s et contr\u00f4l\u00e9s. International Collaborative Hyperthermia Group. Int J Radiat Oncol Biol Phys 1996 ; 35 : 731-744.<\/li>\n<li>Datta NR, et al : Hyperthermia and Radiation Therapy in Locoregional Recurrent Breast Cancers : A Systematic Review and Meta-analysis. Int J Radiat Oncol Biol Phys 2016 ; 94 : 1073-1087.<\/li>\n<li>Datta NR, et al : Hyperthermia and reirradiation for locoregional recurrences in preirradiated breast cancers : a single institutional experience. Swiss Med Wkly 2015 ; 145 : w14133.<\/li>\n<li>Ghareeb ER, et al : Angiosarcome du sein primaire et radio-induit : Pr\u00e9dicteurs clinicopathologiques des r\u00e9sultats et l&#8217;impact de la radioth\u00e9rapie adjuvante. Am J Clin Oncol 2016 ; 39 : 463-467.<\/li>\n<li>Linthorst M, et al : Effet d&#8217;une chirurgie, d&#8217;une r\u00e9-irradiation et d&#8217;une th\u00e9rapie hyperthermique combin\u00e9es sur le taux de contr\u00f4le local dans l&#8217;angiosarcome radio-induit de la paroi thoracique. Strahlenther Onkol 2013 ; 189 : 387-393.<\/li>\n<li>de Jong MA, et al : Reirradiation et hyperthermie pour les sarcomes associ\u00e9s aux radiations. Cancer 2012 ; 118 : 180-187.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c4MATOLOGIE 2017 ; 5(4) : 28-32<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;angiosarcome associ\u00e9 aux radiations est plus fr\u00e9quent qu&#8217;on ne le pense intuitivement. 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