{"id":339147,"date":"2017-10-25T02:00:00","date_gmt":"2017-10-25T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/aspects-therapeutiques-actuels\/"},"modified":"2017-10-25T02:00:00","modified_gmt":"2017-10-25T00:00:00","slug":"aspects-therapeutiques-actuels","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/aspects-therapeutiques-actuels\/","title":{"rendered":"Aspects th\u00e9rapeutiques actuels"},"content":{"rendered":"<p><strong>Une mise \u00e0 jour sur les th\u00e9rapies actuellement disponibles pour le psoriasis en plaques. L&#8217;introduction des produits biologiques a chang\u00e9 la mani\u00e8re de traiter les patients atteints de psoriasis mod\u00e9r\u00e9 \u00e0 s\u00e9v\u00e8re, avec des cons\u00e9quences importantes sur la qualit\u00e9 de vie \u00e0 long terme.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique de la peau qui touche environ 2% de la population caucasienne [1]. Compte tenu de la fr\u00e9quence de cette dermatose, il est important que les m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes soient \u00e9galement inform\u00e9s r\u00e9guli\u00e8rement des nouvelles possibilit\u00e9s de traitement. Le psoriasis peut r\u00e9duire consid\u00e9rablement la qualit\u00e9 de vie des patients, en particulier dans les formes s\u00e9v\u00e8res, lorsque les mains, y compris les ongles, la plante des pieds ou les articulations sont touch\u00e9es (arthrite psoriasique). Le diagnostic du psoriasis est g\u00e9n\u00e9ralement clinique. Elle se base sur les efflorescences typiques et leur r\u00e9partition particuli\u00e8re. Cet article fait le point sur les traitements actuellement disponibles pour le psoriasis en plaques <strong>(Fig. 1, 2)<\/strong>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-9194\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/abb1-2_dp5_s9.jpg\" style=\"height:428px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"784\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/abb1-2_dp5_s9.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/abb1-2_dp5_s9-800x570.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/abb1-2_dp5_s9-120x86.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/abb1-2_dp5_s9-90x64.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/abb1-2_dp5_s9-320x228.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/abb1-2_dp5_s9-560x399.jpg 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&#8217;introduction des produits biologiques a chang\u00e9 la mani\u00e8re de traiter les patients atteints de psoriasis mod\u00e9r\u00e9 \u00e0 s\u00e9v\u00e8re, avec des cons\u00e9quences importantes sur la qualit\u00e9 de vie \u00e0 long terme. Les facteurs de risque du psoriasis sont examin\u00e9s ci-dessous et les traitements locaux, phototh\u00e9rapeutiques et enfin syst\u00e9miques sont pr\u00e9sent\u00e9s <strong>(tab.&nbsp;1).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9195 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/tab1_dp5_s9.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 878px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 878\/1241;height:848px; width:400px\" width=\"878\" height=\"1241\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/tab1_dp5_s9.png 878w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/tab1_dp5_s9-800x1131.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/tab1_dp5_s9-120x170.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/tab1_dp5_s9-90x127.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/tab1_dp5_s9-320x452.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/tab1_dp5_s9-560x792.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 878px) 100vw, 878px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 id=\"facteurs-de-risque\">Facteurs de risque<\/h3>\n<p>Bien qu&#8217;il n&#8217;y ait aucun doute sur l&#8217;origine polyg\u00e9nique du psoriasis, l&#8217;environnement et le mode de vie jouent \u00e9galement un r\u00f4le important. Avant de commencer une th\u00e9rapie, il est important de mettre en lumi\u00e8re tous ces aspects. Parmi les principaux facteurs d\u00e9clenchants, on trouve les infections virales et bact\u00e9riennes, qui peuvent \u00e0 la fois induire une premi\u00e8re manifestation du psoriasis et aggraver un psoriasis pr\u00e9existant. Le psoriasis guttata cons\u00e9cutif \u00e0 une angine caus\u00e9e par des streptocoques ss-h\u00e9molytiques en est un exemple. Dans ce cas, le traitement du psoriasis comprend \u00e9galement un traitement antibiotique.<\/p>\n<p>Il serait erron\u00e9 de d\u00e9finir le psoriasis simplement comme une maladie de la peau et des articulations. Il s&#8217;agit d&#8217;une maladie inflammatoire syst\u00e9mique qui affecte l&#8217;ensemble de l&#8217;organisme. Les \u00e9v\u00e9nements cardiovasculaires, le diab\u00e8te sucr\u00e9 et l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 sont des comorbidit\u00e9s connues du psoriasis. La perte de poids chez les patients ob\u00e8ses a souvent un effet positif sur le psoriasis. La litt\u00e9rature r\u00e9cente montre \u00e9galement un risque accru de cancer blanc de la peau, de lymphome et de cancer du poumon [2]. En outre, les personnes atteintes de psoriasis souffrent plus souvent de d\u00e9pression et de consommation de substances nocives (alcool et nicotine). Le climat a \u00e9galement une influence sur les l\u00e9sions cutan\u00e9es, avec une am\u00e9lioration en \u00e9t\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;exposition accrue \u00e0 la lumi\u00e8re du soleil et \u00e0 l&#8217;humidit\u00e9, et une aggravation pendant les saisons froides et s\u00e8ches. Il ne faut pas oublier les m\u00e9dicaments qui peuvent avoir un impact n\u00e9gatif sur le psoriasis, comme le lithium, les b\u00eatabloquants, les antipalud\u00e9ens et l&#8217;interf\u00e9ron [3].<\/p>\n<h2 id=\"considerations-generales-sur-la-therapie\">Consid\u00e9rations g\u00e9n\u00e9rales sur la th\u00e9rapie<\/h2>\n<p>Pour d\u00e9terminer le traitement optimal, il est n\u00e9cessaire de prendre en compte les facteurs suivants :<\/p>\n<ul>\n<li>Type de psoriasis (psoriasis en plaques, arthrite psoriasique, psoriasis pustuleux)<\/li>\n<li>Caract\u00e9ristiques du patient (\u00e2ge, grossesse)<\/li>\n<li>Comorbidit\u00e9s (ob\u00e9sit\u00e9, h\u00e9patopathie, insuffisance cardiaque ou r\u00e9nale)<\/li>\n<li>Gravit\u00e9 de la maladie<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pour d\u00e9finir la gravit\u00e9 de la maladie, on utilise le PASI (Psoriasis Area and Severity Index), le BSA (surface corporelle) et le DLQI (Dermatology Life Quality Index) [1,4]. En tenant compte de tous ces facteurs et avec certaines exceptions (psoriasis palmo-plantaire, atteinte des ongles, par exemple), on pr\u00e9f\u00e9rera un traitement local ou \u00e9ventuellement une phototh\u00e9rapie en cas de psoriasis l\u00e9ger. En cas de psoriasis mod\u00e9r\u00e9 \u00e0 s\u00e9v\u00e8re, un traitement syst\u00e9mique est plut\u00f4t indiqu\u00e9 [1].<\/p>\n<h2 id=\"la-therapie-topique\">La th\u00e9rapie topique<\/h2>\n<p>Les corticost\u00e9ro\u00efdes puissants (par exemple la mom\u00e9tasone et le propionate de clob\u00e9tasol) constituent l&#8217;\u00e9pine dorsale du traitement local du psoriasis. Ces pr\u00e9parations sont efficaces et doivent \u00eatre appliqu\u00e9es sur les l\u00e9sions une fois par jour, de pr\u00e9f\u00e9rence le soir [1]. Apr\u00e8s une phase d&#8217;induction d&#8217;environ deux semaines, la fr\u00e9quence d&#8217;utilisation est r\u00e9duite \u00e0 1-3 fois par semaine. Le choix de la gal\u00e9nique du produit est tr\u00e8s important : en cas de peau tr\u00e8s s\u00e8che et squameuse ou dans la r\u00e9gion g\u00e9nitale, on pr\u00e9f\u00e9rera une pommade. Une cr\u00e8me ou un gel est utilis\u00e9 pour traiter les l\u00e9sions aigu\u00ebs et exsudatives, tandis qu&#8217;une lotion est plut\u00f4t pr\u00e9f\u00e9rable pour les zones pileuses. L&#8217;utilisation excessive de corticost\u00e9ro\u00efdes topiques peut entra\u00eener, entre autres, une atrophie cutan\u00e9e, des t\u00e9langiectasies, une hypopigmentation ainsi qu&#8217;une dermatite p\u00e9riorale. L&#8217;application sur de grandes surfaces du corps peut \u00e9galement entra\u00eener des effets secondaires syst\u00e9miques (par exemple, le syndrome de Cushing iatrog\u00e8ne).<\/p>\n<p>Les d\u00e9riv\u00e9s de la vitamine D (calcitriol et tacalcitol) sont \u00e9galement efficaces pour le traitement topique du psoriasis. Ils sont appliqu\u00e9s 1 \u00e0 2 fois par jour. Il peut y avoir une irritation locale, qui est elle-m\u00eame att\u00e9nu\u00e9e par l&#8217;utilisation simultan\u00e9e de corticost\u00e9ro\u00efdes. C&#8217;est pourquoi la combinaison des deux substances susmentionn\u00e9es constitue une excellente option de traitement local et est \u00e9galement disponible sous forme de produit correspondant (calcipotriol et b\u00e9tam\u00e9thasone). L&#8217;utilisation topique d&#8217;inhibiteurs de la calcineurine (pim\u00e9crolimus, tacrolimus) pour le psoriasis est &#8220;off-label&#8221; et, en cons\u00e9quence, les co\u00fbts ne sont souvent pas pris en charge par l&#8217;assurance maladie. Ils n&#8217;ont pas d&#8217;effet antiprolif\u00e9ratif sur les k\u00e9ratinocytes et leur efficacit\u00e9 est inf\u00e9rieure \u00e0 celle des corticost\u00e9ro\u00efdes topiques. L&#8217;utilisation de ces pr\u00e9parations doit \u00eatre \u00e9valu\u00e9e et r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 des localisations particuli\u00e8res (par exemple le visage) [1].<\/p>\n<p>Le psoriasis se caract\u00e9rise par un dysfonctionnement de la barri\u00e8re cutan\u00e9e et une hyperprolif\u00e9ration des k\u00e9ratinocytes. Les \u00e9mollients et les substances k\u00e9ratolytiques comme l&#8217;acide salicylique 3-10% ou l&#8217;ur\u00e9e 3-12% ont donc un effet positif [1] et facilitent la p\u00e9n\u00e9tration des corticost\u00e9ro\u00efdes. \u00c9vitez d&#8217;utiliser trop g\u00e9n\u00e9reusement l&#8217;acide salicylique chez les enfants en raison de sa n\u00e9phrotoxicit\u00e9 et de sa neurotoxicit\u00e9 potentielles, ainsi que de l&#8217;associer \u00e0 la vitamine D, car celle-ci est inactiv\u00e9e par l&#8217;acide salicylique.<\/p>\n<h2 id=\"la-phototherapie\">La phototh\u00e9rapie<\/h2>\n<p>La phototh\u00e9rapie est un excellent traitement du psoriasis et peut \u00eatre associ\u00e9e \u00e0 des traitements topiques ou syst\u00e9miques (par ex. acitr\u00e9tine, psoral\u00e8ne) dans les cas r\u00e9sistants. Le spectre UVB \u00e0 bande \u00e9troite (UVB TL01) est le plus utilis\u00e9. Il existe \u00e9galement la PUVA (psoral\u00e8ne plus UVA), qui combine la phototh\u00e9rapie avec des substances photosensibilisantes. On distingue ici la photochimioth\u00e9rapie topique (par exemple la th\u00e9rapie par bain de PUVA) avec par exemple le photosensibilisateur 8-m\u00e9thoxypsoral\u00e8ne et la photochimioth\u00e9rapie syst\u00e9mique, dans laquelle le photosensibilisateur est pris par voie orale. Les principales limites de la phototh\u00e9rapie sont la charge logistique (g\u00e9n\u00e9ralement trois s\u00e9ances par semaine pendant au moins six semaines) et le potentiel canc\u00e9rog\u00e8ne cutan\u00e9, les UVB TL01 pr\u00e9sentant un meilleur profil de s\u00e9curit\u00e9 que les cabines de lumi\u00e8re UVA.<\/p>\n<h2 id=\"la-therapie-systemique\">La th\u00e9rapie syst\u00e9mique<\/h2>\n<p>Environ 20% des patients atteints de psoriasis en plaques n\u00e9cessitent un traitement syst\u00e9mique ou une phototh\u00e9rapie. m\u00e9thotrexate (MTX), l&#8217;acitr\u00e9tine, la ciclosporine, l&#8217;apr\u00e9milast et les produits biologiques [4]. Comme il s&#8217;agit principalement d&#8217;immunosuppresseurs, des examens cliniques et des analyses de laboratoire sont n\u00e9cessaires au pr\u00e9alable. Pour la plupart de ces th\u00e9rapies, il est n\u00e9cessaire d&#8217;exclure une maladie infectieuse chronique latente (VIH, h\u00e9patite B, h\u00e9patite C, tuberculose) et de v\u00e9rifier que le carnet de vaccination est complet. Un cancer qui n&#8217;est pas en r\u00e9mission constitue \u00e9galement une contre-indication \u00e0 l&#8217;utilisation de m\u00e9dicaments biologiques.<\/p>\n<p>Nous n&#8217;aborderons pas ici les traitements syst\u00e9miques conventionnels bien connus (m\u00e9thotrexate, acitr\u00e9tine et ciclosporine) au profit de la pr\u00e9sentation de nouvelles mol\u00e9cules (apremilsate et produits biologiques). Afin de mieux \u00e9valuer les performances de ces nouveaux m\u00e9dicaments, le PASI75 est indiqu\u00e9 pour chaque produit. Il exprime le pourcentage de patients ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&#8217;une r\u00e9duction d&#8217;au moins 75% de leur PASI de base au cours du traitement. Un PASI75 de 43 \u00e0 la semaine 12 signifie qu&#8217;apr\u00e8s trois mois de traitement, 43% des patients trait\u00e9s ont vu leur psoriasis s&#8217;am\u00e9liorer d&#8217;au moins 75% par rapport \u00e0 leur valeur initiale.<\/p>\n<p>L&#8217;apr\u00e9milast (<sup>Otezla\u00ae<\/sup>) est un d\u00e9riv\u00e9 de la thalidomide, autoris\u00e9 en Suisse depuis plus de deux ans. L&#8217;apr\u00e9milast pr\u00e9sente les avantages d&#8217;une gestion simple du traitement (pas d&#8217;analyses de laboratoire r\u00e9guli\u00e8res obligatoires), d&#8217;un bon profil de s\u00e9curit\u00e9 et d&#8217;une administration par voie orale. Les \u00e9tudes &#8220;ESTEEM 1&#8221; ont montr\u00e9 une r\u00e9duction de 75% de la valeur PASI apr\u00e8s 16&nbsp;semaines, soit 33% (contre 5% chez les patients recevant le placebo) [5]. Les effets secondaires les plus fr\u00e9quents sont les naus\u00e9es et les diarrh\u00e9es, qui surviennent respectivement chez 14% \u00e0 16% des patients trait\u00e9s. Le co\u00fbt est d&#8217;environ 1225 CHF par mois, par exemple, contre environ 161 CHF par mois pour un traitement par MTX ayant un effet similaire.<\/p>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les m\u00e9dicaments biologiques ont radicalement chang\u00e9 la qualit\u00e9 de vie des patients atteints de psoriasis mod\u00e9r\u00e9 \u00e0 s\u00e9v\u00e8re. En effet, les traitements immunosuppresseurs classiques se caract\u00e9risent par un effet toxique cumulatif sur les organes internes (le MTX sur le foie et la ciclosporine sur les reins). Ainsi, des interruptions de la th\u00e9rapie syst\u00e9mique ont souvent \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaires (th\u00e9rapie de rotation). Les produits biologiques ne pr\u00e9sentent pas de risque toxique cumulatif et sont prescrits de mani\u00e8re continue avec une r\u00e9duction des exacerbations g\u00eanantes de la dermatose. Ces m\u00e9dicaments ont des effets secondaires potentiellement graves et, selon les produits, ils peuvent favoriser ou provoquer des infections graves (tuberculose, h\u00e9patite), des maladies d\u00e9my\u00e9linisantes et des insuffisances cardiaques graves [6].<\/p>\n<p>Des conditions particuli\u00e8res doivent \u00eatre remplies pour que ces m\u00e9dicaments soient rembours\u00e9s par l&#8217;assurance maladie : Le patient doit avoir un psoriasis mod\u00e9r\u00e9 \u00e0 s\u00e9v\u00e8re (PASI&gt;10, BSA&gt;10 ou DLQI&gt;10) et ne pas pr\u00e9senter de r\u00e9ponse \u00e0 la phototh\u00e9rapie ou \u00e0 un traitement syst\u00e9mique conventionnel. En Suisse, les inhibiteurs du TNF-\u03b1 (\u00e9tanercept, adalimumab et infliximab) et les anticorps monoclonaux ustekinumab et secukinumab sont disponibles :<\/p>\n<ul>\n<li>Etanercept (<sup>Enbrel\u00ae<\/sup>) : injection s.c. Injection, qui est g\u00e9n\u00e9ralement prescrite chez les adultes \u00e0 la dose de 50&nbsp;mg 1\u00d7\/semaine. Le d\u00e9but de l&#8217;effet est plus lent par rapport aux autres inhibiteurs du TNF-\u03b1, mais l&#8217;\u00e9tanercept peut d\u00e9j\u00e0 \u00eatre utilis\u00e9 chez les enfants \u00e0 partir de six ans. Le PASI75 \u00e0 12&nbsp;semaines est d&#8217;environ 34% [7].<\/li>\n<li>Adalimumab (<sup>Humira\u00ae<\/sup>) : anticorps monoclonal humain qui se lie au TNF-\u03b1. La posologie est de 40 mg s.c. toutes les deux semaines. Les effets th\u00e9rapeutiques commencent plus t\u00f4t qu&#8217;avec l&#8217;\u00e9tanercept, le PASI75 \u00e0 12 semaines est d&#8217;environ 53% [8].<\/li>\n<li>Infliximab (<sup>Remicade\u00ae<\/sup>) : anticorps monoclonal chim\u00e9rique. Compar\u00e9 aux produits biologiques mentionn\u00e9s ci-dessus, l&#8217;infliximab agit le plus rapidement (effets observ\u00e9s apr\u00e8s 1 \u00e0 2 semaines seulement). Le dosage d\u00e9pend du poids corporel et convient donc aux personnes ayant un IMC&gt;30, l&#8217;inconv\u00e9nient \u00e9tant la voie d&#8217;administration intraveineuse. Le PASI75 \u00e0 10&nbsp;semaines est d&#8217;environ 75% [9].<\/li>\n<li>Ustekinumab (<sup>Stelara\u00ae<\/sup>) : inject\u00e9 tous les 3 mois seulement en phase d&#8217;entretien, c&#8217;est un antagoniste des interleukines 12 et 23. L&#8217;\u00e9tude ACCEPT a compar\u00e9 l&#8217;ust\u00e9kinumab 45 mg (semaines 0 et 4) \u00e0 l&#8217;\u00e9tanercept 50&nbsp;mg\/2\u00d7 par semaine. A la semaine 12, le PASI75 \u00e9tait de 68% (contre 57% pour l&#8217;\u00e9tanercept) [10].<\/li>\n<li>Secukinumab (<sup>Cosentyx\u00ae<\/sup>) : anticorps monoclonal dirig\u00e9 contre l&#8217;interleukine 17A. Cette pr\u00e9paration montre des r\u00e9sultats prometteurs \u00e9galement par rapport \u00e0 d&#8217;autres produits biologiques, avec un PASI75 de 80% \u00e0 la 12e semaine&nbsp;. Les effets secondaires sont des infections des voies respiratoires sup\u00e9rieures et des infections \u00e0 candida, staphylocoques et herp\u00e8s. La dose recommand\u00e9e est de 300&nbsp;mg en injection sous-cutan\u00e9e avec des doses de d\u00e9part aux semaines 0, 1, 2 et 3, suivies de doses d&#8217;entretien mensuelles commen\u00e7ant \u00e0 la semaine 4. Le co\u00fbt mensuel de ce m\u00e9dicament en phase d&#8217;entretien est d&#8217;environ 3085 CHF.<\/li>\n<li>Ixekizumab (<sup>Taltz\u00ae<\/sup>) : le dernier m\u00e9dicament autoris\u00e9 n&#8217;est disponible en Suisse que depuis quelques mois. Il s&#8217;agit, comme le s\u00e9cukinumab, d&#8217;un agent biologique anti-IL-17. Les deux se caract\u00e9risent par la rapidit\u00e9 d&#8217;action et donc par un succ\u00e8s th\u00e9rapeutique tr\u00e8s rapide. Dans l&#8217;\u00e9tude UNCOVER-2, l&#8217;ixekizumab (80&nbsp;mg par voie sous-cutan\u00e9e toutes les 2 semaines) a permis d&#8217;obtenir un PASI75 chez 50 % des patients d\u00e8s 4 semaines. Apr\u00e8s 12 semaines, 89,7% des patients sous ixekizumab ont obtenu un PASI75, contre 41,6% dans le groupe \u00e9tanercept (50&nbsp;mg 2\u00d7 par semaine). Les effets secondaires sont similaires \u00e0 ceux du s\u00e9cukinumab [11].<\/li>\n<\/ul>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, chez les patients atteints de psoriasis l\u00e9ger, on pr\u00e9f\u00e8re un traitement topique \u00e9ventuellement associ\u00e9 \u00e0 une phototh\u00e9rapie, alors que dans les formes s\u00e9v\u00e8res, un traitement syst\u00e9mique est plut\u00f4t indiqu\u00e9. Comme expliqu\u00e9 ci-dessus, les m\u00e9dicaments biologiques sont tr\u00e8s efficaces pour le psoriasis. Leur effet th\u00e9rapeutique est tellement sup\u00e9rieur \u00e0 celui des traitements classiques que la litt\u00e9rature ne parle plus de PASI75 mais de PASI90 (c&#8217;est-\u00e0-dire une r\u00e9mission presque compl\u00e8te des l\u00e9sions psoriasiques) ! Cependant, ces pr\u00e9parations ont un large \u00e9ventail d&#8217;effets secondaires possibles et leur co\u00fbt est beaucoup plus \u00e9lev\u00e9 que celui des traitements traditionnels. Il convient donc d&#8217;examiner soigneusement au pr\u00e9alable quels m\u00e9dicaments sont utiles pour quels patients.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>Le traitement du psoriasis d\u00e9pend de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9, du type clinique et des facteurs li\u00e9s au patient (tels que l&#8217;\u00e2ge, la grossesse\/l&#8217;allaitement et les comorbidit\u00e9s).<\/li>\n<li>En cas de psoriasis l\u00e9ger, le traitement local est efficace et g\u00e9n\u00e9ralement suffisant.<\/li>\n<li>L&#8217;introduction des produits biologiques a chang\u00e9 la mani\u00e8re de traiter les patients atteints de psoriasis mod\u00e9r\u00e9 \u00e0 s\u00e9v\u00e8re.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Litt\u00e9rature :&nbsp;&nbsp; &nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li>M\u00fcller SM, et al : Traitement du psoriasis en plaques. Forum M\u00e9dical Suisse 2013 ; 13(06) : 105-111.<\/li>\n<li>Chiesa Fuxench ZC, et al : The Risk of Cancer in Patients With Psoriasis : A Population-Based Cohort Study in the Health Improvement Network. JAMA Dermatol 2016 ; 152(3) : 282-290.<\/li>\n<li>Takeshita J, et al : Psoriasis et maladies comorbides : Implications pour la prise en charge. Am Acad Dermatol. 2017 ; 76(3) : 393-403.<\/li>\n<li>Kolios AGA, et al : Swiss S1 Guidelines on the Systemic Treatment of Psoriasis Vulgaris. Dermatology 2016 ; 232(4) : 385-406.<\/li>\n<li>Papp K, et al : Apremilast, un inhibiteur oral de la phosphodiest\u00e9rase 4 (PDE4), chez les patients atteints de psoriasis en plaques mod\u00e9r\u00e9 \u00e0 s\u00e9v\u00e8re : r\u00e9sultats d&#8217;un essai contr\u00f4l\u00e9 randomis\u00e9 de phase III (Efficacy and Safety Trial Evaluating the Effects of Apremilast in Psoriasis [ESTEEM] 1). J Am Acad Dermatol. 2015;73(1) : 37-49.<\/li>\n<li>Oussedik E, et al : Les complications graves et aigu\u00ebs des m\u00e9dicaments biologiques dans le psoriasis. G Ital Dermatol Venereol. 2017 ; 12 doi : 10.23736\/S0392-0488.17.05750-9.  [Epub ahead of print]<\/li>\n<li>Nguyen TU, Koo : L&#8217;\u00e9tanercept dans le traitement du psoriasis en plaques. Clin Cosmet Investig Dermatol. 2009 ; 2 : 77-84.<\/li>\n<li>Mease PJ, et al : Adalimumab pour le traitement \u00e0 long terme de l&#8217;arthrite psoriasique : donn\u00e9es \u00e0 2 ans de l&#8217;\u00e9tude ADEPT (Adalimumab Effectiveness in Psoriatic Arthritis Trial). Ann Rheum Dis. 2009 ; 68(5) : 702-709.<\/li>\n<li>Leman JA, Burden AD : Traitement du psoriasis s\u00e9v\u00e8re par infliximab. Ther Clin Risk Manag. 2008 ; 4(6) : 1165-1176<\/li>\n<li>Young MS, et al:The ACCEPT study : ustekinumab versus etanercept in moderate-to-severe psoriasis patients. Expert Rev Clin Immunol 2011 ; 7(1) : 9-13.<\/li>\n<li>Leonardi CL, et al : Am\u00e9liorations rapides de la qualit\u00e9 de vie li\u00e9e \u00e0 la sant\u00e9 et de la d\u00e9mangeaison avec un traitement par ixekizumab dans des essais randomis\u00e9s de phase 3 : r\u00e9sultats d&#8217;UNCOVER-2 et UNCOVER-3. J Eur Acad Dermatol Venereol 2017 ; doi : 10.1111\/jdv.14211 [Epub ahead of print].<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>DERMATOLOGIE PRATIQUE 2017 ; 27(5) : 8-12<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une mise \u00e0 jour sur les th\u00e9rapies actuellement disponibles pour le psoriasis en plaques. 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