{"id":339388,"date":"2017-09-27T02:00:00","date_gmt":"2017-09-27T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/normes-actuelles-de-traitement-adjuvant-par-sous-type-de-tumeur\/"},"modified":"2017-09-27T02:00:00","modified_gmt":"2017-09-27T00:00:00","slug":"normes-actuelles-de-traitement-adjuvant-par-sous-type-de-tumeur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/normes-actuelles-de-traitement-adjuvant-par-sous-type-de-tumeur\/","title":{"rendered":"Normes actuelles de traitement adjuvant par sous-type de tumeur"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le traitement adjuvant syst\u00e9mique am\u00e9liore la survie et l&#8217;absence de r\u00e9cidive dans le cancer du sein pr\u00e9coce. Les analyses g\u00e9n\u00e9tiques de la tumeur peuvent aider \u00e0 choisir le traitement. Un suivi de soutien est \u00e9galement utile des ann\u00e9es apr\u00e8s la fin du traitement adjuvant.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Le traitement adjuvant du cancer du sein pr\u00e9coce a fait de grands progr\u00e8s depuis ses d\u00e9buts il y a un peu plus de 40 ans. Aujourd&#8217;hui, plus de 80% des femmes atteintes d&#8217;un cancer du sein en Europe peuvent \u00eatre gu\u00e9ries <strong>(Fig.&nbsp;1).<\/strong> Ce progr\u00e8s est d\u00fb \u00e0 plusieurs facteurs, notamment l&#8217;am\u00e9lioration du d\u00e9pistage, les programmes de d\u00e9pistage par mammographie, les nouvelles options de chirurgie et de radioth\u00e9rapie, mais aussi le d\u00e9veloppement continu des traitements m\u00e9dicamenteux syst\u00e9miques suppl\u00e9mentaires, appel\u00e9s adjuvants. Cette r\u00e9ussite est le r\u00e9sultat d&#8217;\u00e9tudes internationales randomis\u00e9es et de leur mise en \u0153uvre dans la pratique clinique quotidienne, un processus qui est loin d&#8217;\u00eatre \u00e9vident. Dans certains pays d&#8217;Asie, par exemple, la survie \u00e0 long terme apr\u00e8s un cancer du sein nouvellement d\u00e9tect\u00e9 n&#8217;est aujourd&#8217;hui que d&#8217;environ 40%, pour diverses raisons.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-9101\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/abb1_oh4_s11_0.png\" style=\"height:437px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"801\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/abb1_oh4_s11_0.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/abb1_oh4_s11_0-800x583.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/abb1_oh4_s11_0-120x87.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/abb1_oh4_s11_0-90x66.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/abb1_oh4_s11_0-320x233.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/abb1_oh4_s11_0-560x408.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les conf\u00e9rences de Saint-Gall sur le traitement du cancer du sein pr\u00e9coce, organis\u00e9es r\u00e9guli\u00e8rement et d\u00e9sormais \u00e0 intervalles de deux ans, illustrent bien l&#8217;\u00e9volution scientifique depuis les ann\u00e9es 80. Ces congr\u00e8s sont toujours accompagn\u00e9s d&#8217;un consensus d&#8217;experts en cancer du sein de renomm\u00e9e internationale, qui est suivi dans le monde entier et fait l&#8217;objet d&#8217;une publication importante.<\/p>\n<p>Dans les r\u00e9unions interdisciplinaires des tumorboards r\u00e9guliers, les directives reconnues sont mises en \u0153uvre dans le cadre d&#8217;une planification th\u00e9rapeutique optimis\u00e9e et individualis\u00e9e, une proc\u00e9dure institutionnalis\u00e9e dans les centres du sein qui contribue de mani\u00e8re significative \u00e0 l&#8217;am\u00e9lioration des r\u00e9sultats th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<p>&nbsp;Le 15e congr\u00e8s de Saint-Gall sur le th\u00e8me du traitement primaire du cancer du sein pr\u00e9coce s&#8217;est tenu pour la deuxi\u00e8me fois \u00e0 Vienne du 15 au 18 mars 2017, sous le th\u00e8me de la planification individualis\u00e9e des traitements. Celle-ci doit \u00eatre aussi peu invasive que possible, mais aussi forte que n\u00e9cessaire (&#8220;de-escalating and escalating treatments for early stage breast cancer&#8221;). Les recommandations consensuelles formul\u00e9es par la suite peuvent \u00eatre consult\u00e9es dans les Annals of Oncology [1]. Les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes, l&#8217;accent avait \u00e9t\u00e9 mis sur la personnalisation du traitement en fonction des diff\u00e9rentes biologies des tumeurs. Les recommandations g\u00e9n\u00e9rales doivent en outre \u00eatre adapt\u00e9es aux valeurs individuelles, aux souhaits et aux possibilit\u00e9s des patientes concern\u00e9es, ainsi qu&#8217;aux possibilit\u00e9s \u00e9conomiques. Dans le consensus, le panel note \u00e9galement que les essais randomis\u00e9s ne peuvent pas fournir des r\u00e9ponses ad\u00e9quates dans tous les cas individuels et \u00e0 toutes les questions cliniques pertinentes.<\/p>\n<p>Avec l&#8217;augmentation de la survie \u00e0 long terme des patientes atteintes d&#8217;un cancer du sein (&#8220;survivors&#8221;), d&#8217;autres aspects prennent de l&#8217;importance, par exemple les cons\u00e9quences \u00e0 long terme des th\u00e9rapies et les questions sociales telles que la r\u00e9insertion professionnelle.<\/p>\n<p>La possibilit\u00e9 et la pertinence d&#8217;un traitement syst\u00e9mique suppl\u00e9mentaire d\u00e9pendent en premier lieu de la biologie du carcinome, mais aussi du staging, et donc de la probabilit\u00e9 d&#8217;une rechute ou d&#8217;une m\u00e9tastase.<\/p>\n<p>La biologie mol\u00e9culaire permet de distinguer diff\u00e9rents types de carcinomes mammaires, une classification qui, en pratique, peut \u00eatre effectu\u00e9e de mani\u00e8re similaire \u00e0 l&#8217;aide de m\u00e9thodes immunohistochimiques largement r\u00e9pandues, conform\u00e9ment \u00e0 des recommandations consensuelles ant\u00e9rieures [2]. Ces sous-types sont appel\u00e9s Luminal A, Luminal B, HER 2 positif et triple n\u00e9gatif et pr\u00e9sentent des comportements diff\u00e9rents avec des recommandations de traitement correspondantes.<\/p>\n<h2 id=\"therapies-a-base-dhormones\">Th\u00e9rapies \u00e0 base d&#8217;hormones<\/h2>\n<p>En cas de d\u00e9tection de r\u00e9cepteurs d&#8217;\u0153strog\u00e8nes dans les cellules tumorales par immunohistochimie, une hormonoth\u00e9rapie adjuvante est recommand\u00e9e, souvent comme seul traitement syst\u00e9mique dans le cas des tumeurs luminal A ou en plus d&#8217;une chimioth\u00e9rapie, selon la constellation. Une faible expression des r\u00e9cepteurs d&#8217;\u0153strog\u00e8nes suffit \u00e9galement pour cette indication.<\/p>\n<p>Chez les femmes m\u00e9nopaus\u00e9es, l&#8217;un des inhibiteurs de l&#8217;aromatase, le l\u00e9trozole, l&#8217;anastrozole ou l&#8217;ex\u00e9mestane, est pr\u00e9f\u00e9rable au tamoxif\u00e8ne en raison d&#8217;une efficacit\u00e9 l\u00e9g\u00e8rement sup\u00e9rieure. En cas de probl\u00e8mes de tol\u00e9rance ou de comorbidit\u00e9s, le tamoxif\u00e8ne peut \u00eatre utilis\u00e9 comme alternative en raison de son profil d&#8217;effets secondaires diff\u00e9rent, en particulier lorsque le risque de r\u00e9cidive est faible.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes cliniques ont montr\u00e9 qu&#8217;une hormonoth\u00e9rapie adjuvante de dix ans, qu&#8217;il s&#8217;agisse de tamoxif\u00e8ne [3], d&#8217;un inhibiteur de l&#8217;aromatase [4] ou d&#8217;une s\u00e9quence, est l\u00e9g\u00e8rement sup\u00e9rieure \u00e0 la dur\u00e9e de traitement de cinq ans qui \u00e9tait jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent la norme. Cette dur\u00e9e de traitement plus longue a une signification clinique, surtout chez les femmes pr\u00e9sentant un risque accru de r\u00e9cidive.<\/p>\n<p>Chez les femmes pr\u00e9m\u00e9nopaus\u00e9es, le tamoxif\u00e8ne en monoth\u00e9rapie reste une bonne option th\u00e9rapeutique reconnue. Un traitement suppl\u00e9mentaire par agoniste de la LHRH ou un inhibiteur de l&#8217;aromatase et un agoniste de la LHRH sont l\u00e9g\u00e8rement plus efficaces, comme l&#8217;ont montr\u00e9 des \u00e9tudes randomis\u00e9es, mais ils sont associ\u00e9s \u00e0 des effets secondaires consid\u00e9rablement plus importants [5]. Cela se justifie g\u00e9n\u00e9ralement en cas de risque de r\u00e9cidive plus \u00e9lev\u00e9, par exemple chez les femmes de moins de 35 ans, en cas de tumeurs avec un moins bon degr\u00e9 de diff\u00e9renciation et en cas d&#8217;atteinte d&#8217;au moins quatre ganglions lymphatiques axillaires ; des situations qui ont g\u00e9n\u00e9ralement aussi conduit au choix d&#8217;une chimioth\u00e9rapie adjuvante suppl\u00e9mentaire.<\/p>\n<h2 id=\"chimiotherapie-pour-le-cancer-du-sein-avec-recepteurs-positifs\">Chimioth\u00e9rapie pour le cancer du sein avec r\u00e9cepteurs positifs<\/h2>\n<p>Une chimioth\u00e9rapie adjuvante suppl\u00e9mentaire pour les tumeurs \u00e0 r\u00e9cepteurs positifs est indiqu\u00e9e en cas de risque de r\u00e9cidive plus \u00e9lev\u00e9, ce qui est g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9j\u00e0 le cas pour le type Luminal B.<\/p>\n<p>Le risque de r\u00e9cidive peut \u00eatre d\u00e9duit de la biologie et d\u00e9pend en outre du stade de la tumeur, notamment du nombre de ganglions lymphatiques axillaires atteints. Les facteurs importants sont le degr\u00e9 de diff\u00e9renciation et le taux de prolif\u00e9ration, qui peut \u00eatre mesur\u00e9 par immunohistochimie \u00e0 l&#8217;aide du marqueur Ki-67. La standardisation et la reproductibilit\u00e9 de ce facteur quantitatif ont constitu\u00e9 un d\u00e9fi pour les pathologistes.  &nbsp;<\/p>\n<p>Un autre param\u00e8tre pronostique int\u00e9ressant est le degr\u00e9 d&#8217;infiltration de la tumeur par les lymphocytes. Un nombre plus \u00e9lev\u00e9 de TIL (lymphocytes infiltrant les tumeurs) indique une r\u00e9ponse immunitaire antitumorale plus prononc\u00e9e et est associ\u00e9 \u00e0 un meilleur pronostic. Cependant, ce facteur n&#8217;est actuellement pas encore suffisamment standardis\u00e9 pour \u00eatre utilis\u00e9 dans les d\u00e9cisions th\u00e9rapeutiques de routine.<\/p>\n<p>Il existe \u00e9galement des possibilit\u00e9s bas\u00e9es sur Internet qui permettent d&#8217;obtenir une indication sur le pronostic \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;un algorithme bas\u00e9 sur des donn\u00e9es cliniques\/pathologiques, ce qui peut \u00eatre une aide pour conseiller les patientes (www.adjuvantonline.com ou Predict www.predict.nhs.uk). Ce dernier algorithme prend \u00e9galement en compte le degr\u00e9 de prolif\u00e9ration Ki-67 et le statut HER 2.<\/p>\n<p>Des tests g\u00e9n\u00e9tiques valid\u00e9s et reproductibles sur le mat\u00e9riel tumoral peuvent influencer davantage la d\u00e9cision de recourir ou non \u00e0 une chimioth\u00e9rapie adjuvante suppl\u00e9mentaire. Cela vaut surtout pour les cancers du sein \u00e0 r\u00e9cepteurs positifs avec pas ou peu d&#8217;atteinte des ganglions lymphatiques axillaires, lorsque le r\u00e9sultat du test indique un tr\u00e8s bon pronostic et permet donc de renoncer \u00e0 une chimioth\u00e9rapie suppl\u00e9mentaire. Il existe plusieurs tests concurrents bien \u00e9tablis \u00e0 la disposition des cliniciens, comme <sup>Oncotype\u00ae<\/sup>, <sup>Endopredict\u00ae<\/sup> ou <sup>Mammaprint\u00ae<\/sup>. L&#8217;utilisation de tels tests dans ces situations est explicitement soutenue par le Consensus de Saint-Gall.<\/p>\n<h2 id=\"tumeurs-her-2-positives\">Tumeurs HER 2 positives<\/h2>\n<p>Une ann\u00e9e de traitement par trastuzumab, actuellement disponible sous forme sous-cutan\u00e9e, en plus d&#8217;une chimioth\u00e9rapie et \u00e9ventuellement d&#8217;un traitement antihormonal, am\u00e9liore substantiellement la survie sans r\u00e9cidive. La chimioth\u00e9rapie peut \u00eatre un traitement \u00e0 base d&#8217;anthracyclines et de taxanes, mais dans le cas de petites tumeurs avec un faible risque de r\u00e9cidive, elle peut \u00eatre limit\u00e9e aux taxanes seuls.<\/p>\n<p>En situation pr\u00e9op\u00e9ratoire, l&#8217;administration combin\u00e9e des anticorps anti-HER-2 trastuzumab et pertuzumab permet en outre d&#8217;am\u00e9liorer substantiellement la r\u00e9ponse [6]. Cela a \u00e9galement sugg\u00e9r\u00e9 une utilisation adjuvante postop\u00e9ratoire. Les donn\u00e9es tr\u00e8s attendues des \u00e9tudes Aphinity ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es au congr\u00e8s de l&#8217;ASCO 2017 et ont certes montr\u00e9 une am\u00e9lioration statistiquement significative de l&#8217;absence de r\u00e9cidive, mais en chiffres absolus dans une petite fourchette de 1% [7]. Ce traitement suppl\u00e9mentaire co\u00fbteux n&#8217;apportera donc probablement un b\u00e9n\u00e9fice suppl\u00e9mentaire cliniquement pertinent en situation adjuvante que pour un groupe restreint de patients pr\u00e9sentant un risque accru de r\u00e9cidive.<\/p>\n<h2 id=\"carcinomes-triple-negatifs\">Carcinomes triple-n\u00e9gatifs<\/h2>\n<p>Ces tumeurs, qui n&#8217;expriment pas les r\u00e9cepteurs des \u0153strog\u00e8nes et de la progest\u00e9rone et ne surexpriment pas les r\u00e9cepteurs HER 2, constituent un groupe biologiquement h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. Si un traitement adjuvant est choisi, seule une chimioth\u00e9rapie est envisageable, g\u00e9n\u00e9ralement une combinaison d&#8217;anthracyclines\/alkylants et de taxanes.<\/p>\n<p>Les cancers du sein avec des mutations BRCA 1 ou 2 sont plus fr\u00e9quents, mais ne sont pas toujours des cancers triples n\u00e9gatifs. Chez ces patientes, une chimioth\u00e9rapie \u00e0 base de platine peut \u00eatre choisie. En dehors des \u00e9tudes actuellement en cours, l&#8217;utilisation des inhibiteurs de la PARP ne se justifie pas (encore ?) dans cette situation.<\/p>\n<h2 id=\"traitements-neoadjuvants\">Traitements n\u00e9oadjuvants<\/h2>\n<p>Il n&#8217;y a certes pas d&#8217;avantage de survie lorsqu&#8217;un traitement syst\u00e9mique n\u00e9cessaire est administr\u00e9 avant une op\u00e9ration du cancer du sein (donc n\u00e9oadjuvant). Toutefois, l&#8217;op\u00e9ration doit alors porter uniquement sur la zone r\u00e9siduelle de la tumeur, et non sur son extension initiale. Si l&#8217;examen du ganglion sentinelle r\u00e9alis\u00e9 apr\u00e8s la chimioth\u00e9rapie ne r\u00e9v\u00e8le pas d&#8217;atteinte tumorale, le curage axillaire peut \u00eatre \u00e9vit\u00e9. L&#8217;avantage d&#8217;un traitement n\u00e9oadjuvant est donc la possibilit\u00e9 d&#8217;un traitement chirurgical moins invasif, qui peut m\u00eame \u00e9ventuellement \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 en conservant le sein malgr\u00e9 une tumeur initialement importante.<\/p>\n<p>Un traitement n\u00e9oadjuvant donne \u00e9galement du temps pour la planification de l&#8217;op\u00e9ration, ce qui peut \u00eatre important chez les femmes suspect\u00e9es de mutations BRCA, afin de pouvoir r\u00e9aliser le conseil g\u00e9n\u00e9tique et l&#8217;analyse g\u00e9n\u00e9tique, puis de discuter de l&#8217;option d&#8217;une mastectomie, \u00e9ventuellement m\u00eame bilat\u00e9rale.<\/p>\n<p>Le consensus recommande des traitements n\u00e9oadjuvants pour les cancers du sein HER 2 positifs et triples n\u00e9gatifs.<\/p>\n<h2 id=\"therapies-antiresorptives\">Th\u00e9rapies antir\u00e9sorptives<\/h2>\n<p>En se basant sur les \u00e9tudes autrichiennes qui indiquent que le zol\u00e9dronate ou le d\u00e9nosumab prot\u00e8gent non seulement contre l&#8217;ost\u00e9oporose, mais r\u00e9duisent \u00e9galement le risque de r\u00e9cidive [8,9], le panel de consensus a accept\u00e9 qu&#8217;en cas de statut hormonal post-m\u00e9nopausique, un traitement suppl\u00e9mentaire par bisphosphonates (pas encore d\u00e9nosumab) soit indiqu\u00e9.<\/p>\n<h2 id=\"therapies-de-soutien\">Th\u00e9rapies de soutien<\/h2>\n<p>De nombreuses patientes sont tr\u00e8s r\u00e9ceptives aux recommandations nutritionnelles. Le fait de pouvoir contribuer soi-m\u00eame \u00e0 la gu\u00e9rison dans un domaine g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s discut\u00e9 et de garder le contr\u00f4le du traitement, du moins dans certains domaines, est motivant. Bien qu&#8217;il n&#8217;existe pas de v\u00e9ritable r\u00e9gime alimentaire esp\u00e9r\u00e9 par les patientes ayant un effet sur une tumeur existante, des conseils nutritionnels sont utiles. Tant la chimioth\u00e9rapie que les traitements (anti)hormonaux peuvent parfois entra\u00eener une prise de poids marqu\u00e9e. Un conseil proactif est donc utile pour cette raison, ainsi qu&#8217;une information \u00e9quilibr\u00e9e sur le fait qu&#8217;un r\u00e9gime sans sucre, sans lactose ou sans gluten est une mesure non prouv\u00e9e dans le traitement du cancer. Cependant, l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 a une efficacit\u00e9 prouv\u00e9e dans le d\u00e9veloppement du cancer et les patientes atteintes d&#8217;un cancer du sein sans ob\u00e9sit\u00e9 peuvent esp\u00e9rer une r\u00e9duction de la mortalit\u00e9 [10] et du taux de rechute.<\/p>\n<p>Un autre aspect important est une activit\u00e9 physique suffisante. Il existe de plus en plus de donn\u00e9es indiquant que l&#8217;activit\u00e9 physique peut r\u00e9duire le taux de r\u00e9cidive [11]. Une orientation appropri\u00e9e et des indications sur les offres r\u00e9gionales doivent \u00eatre fournies.<\/p>\n<p>En 2010, la Suisse comptait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e8s de 300 000 &#8220;survivants&#8221; de diff\u00e9rents types de tumeurs, dont le cancer du sein constitue le groupe le plus important [12]. En raison de l&#8217;augmentation continue de ces chiffres, ils seraient aujourd&#8217;hui environ 350 000. Il existe des programmes sp\u00e9ciaux, comme celui de la Ligue contre le cancer de Suisse orientale, qui conseillent les femmes dans ces domaines apr\u00e8s la fin du traitement de la tumeur. Un autre service important est le soutien psycho-oncologique. Il faut \u00e9galement veiller \u00e0 pr\u00e9venir activement l&#8217;ost\u00e9oporose, en particulier sous inhibiteurs de l&#8217;aromatase (\u00e9valuation de la densit\u00e9 osseuse, apport suffisant de calcium et de vitamine D, et si n\u00e9cessaire de <sup>Prolia\u00ae<\/sup>).<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un traitement adjuvant intensif, un nombre consid\u00e9rable de patientes souffrent de sympt\u00f4mes souvent durables de fatigue (fatigue), mais aussi d&#8217;une diminution de la capacit\u00e9 de concentration, de difficult\u00e9s \u00e0 trouver ses mots et d&#8217;oublis (&#8220;chemo brain&#8221;). Ces troubles ne doivent pas \u00eatre simplement \u00e9tiquet\u00e9s comme psychog\u00e8nes. Il existe des preuves qui indiquent des changements organiques mesurables dans le cerveau et qui ont pr\u00e9sent\u00e9 des processus inflammatoires dans le cerveau comme \u00e9tant causaux [13].<\/p>\n<h2 id=\"perspectives\">Perspectives<\/h2>\n<p>D&#8217;autres nouveaux m\u00e9dicaments feront leur entr\u00e9e dans le traitement adjuvant, notamment peut-\u00eatre les inhibiteurs des kinases 4 et 6 cycline-d\u00e9pendantes (palbociclib) et les inhibiteurs de PARP chez les patientes pr\u00e9sentant des mutations BRCA. Le traitement par n\u00e9ratinib des patientes atteintes d&#8217;un cancer HER 2 positif apr\u00e8s trastuzumab a permis de r\u00e9duire le taux de r\u00e9cidive [14]. Les nouvelles immunoth\u00e9rapies constituent un espoir potentiel pour les cancers du sein triple n\u00e9gatifs.<\/p>\n<p>Dans les traitements n\u00e9oadjuvants modernes du cancer du sein HER 2 positif, une r\u00e9ponse compl\u00e8te sans tumeur r\u00e9siduelle peut \u00eatre observ\u00e9e lors de l&#8217;op\u00e9ration dans plus de la moiti\u00e9 des situations. La question de savoir s&#8217;il est possible de renoncer totalement \u00e0 la chirurgie dans de telles situations fera l&#8217;objet d&#8217;\u00e9tudes cliniques. Dans ce cas, le traitement m\u00e9dicamenteux ne serait plus un traitement adjuvant, mais le traitement principal du cancer du sein pr\u00e9coce.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>Le traitement adjuvant syst\u00e9matique am\u00e9liore de mani\u00e8re significative la survie et l&#8217;absence de r\u00e9cidive dans le cancer du sein pr\u00e9coce.<\/li>\n<li>Une \u00e9quipe de traitement interdisciplinaire avec des tumor boards r\u00e9guliers est un facteur important pour une recommandation th\u00e9rapeutique optimale.<\/li>\n<li>Les analyses g\u00e9n\u00e9tiques de la tumeur peuvent aider \u00e0 choisir un traitement adjuvant ou conduire \u00e0 l&#8217;\u00e9limination des chimioth\u00e9rapies.<\/li>\n<li>Un accompagnement de soutien, m\u00eame des ann\u00e9es apr\u00e8s la fin du traitement adjuvant, repr\u00e9sente une partie importante du traitement (&#8220;survivorship programme&#8221;).<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Curigliano G, et al : De-escalating and Escalating Treatments for Early Stage Breast Cancer : The St. Gallen International Expert Consensus Conference on the Primary Therapy of Early Breast Cancer 2017. Annals of Oncology 2017 ; 28(8) : 1700-1712.<\/li>\n<li>Goldhirsch A, et al : Strategies for sub-types &#8211; dealing with the diversity of breast cancer : highlights of the St Gallen International Expert Consensus on the Primary Therapy of Early Breast Cancer 2011. Ann Oncol 2011 ; 22(8) : 1736-1747.<\/li>\n<li>Davies C, et al : Effets \u00e0 long terme de la poursuite du tamoxif\u00e8ne en adjuvant pendant 10 ans versus son arr\u00eat \u00e0 5 ans apr\u00e8s le diagnostic d&#8217;un cancer du sein avec r\u00e9cepteurs d&#8217;\u0153strog\u00e8nes positifs : ATLAS, un essai randomis\u00e9. Lancet 2013 ; 381(9869) : 805-816.<\/li>\n<li>Goss PE, et al : Extending Aromatase-Inhibitor Adjuvant Therapy to 10 Years. N Engl J Med 2016 ; 375(3) : 209-219.<\/li>\n<li>Pagani O, et al : Adjuvant exemestane with ovarian suppression in premenopausal breast cancer. N Engl J Med 2014 ; 371 : 107-118.<\/li>\n<li>Gianni L, et al : 5-year analysis of neoadjuvant pertuzumab and trastuzumab in patients with locally advanced, inflammatory, or early-stage HER2-positive breast cancer (NeoSphere) : a multicentre, open-label, phase 2 randomised trial. Lancet Oncol 2016 ; 17(6) : 791-800.<\/li>\n<li>von Minckwitz G, et al : Adjuvant pertuzumab and trastuzumab in Early HER2-Positive Breast Cancer. N Engl J Med 2017 ; 377 : 122-131.<\/li>\n<li>Gnant M, et al : Zoledronic acid combined with adjuvant endocrine therapy of tamoxifen versus anastrozol plus ovarian function suppression in premenopausal early breast cancer : final analysis of the Austrian Breast and Colorectal Cancer Study Group Trial 12. Ann Oncol 2015 ; 26 : 313-320.<\/li>\n<li>Gnant M, et al : Adjuvant denosumab in breast cancer (ABCSG-18) : a multicentre, randomised, double-blind, placebo-controlled trial. Lancet 2015 ; 386 : 433-443.<\/li>\n<li>Chan DS, et al : Body mass index and survival in women with breast cancer &#8211; systematic literature review and meta-analysis of 82 follow-up studies. Annals Oncology 2014 ; 25(10) : 1901-1914.<\/li>\n<li>Dieli-Conwright CM : R\u00e9duction du risque de r\u00e9cidive du cancer du sein : une \u00e9valuation des effets et des m\u00e9canismes de l&#8217;alimentation et de l&#8217;exercice. Curr Breast Cancer Rep 2016 ; 8(3) : 139-150.<\/li>\n<li>Herrmann C : Cancer survivors in Switzerland : a rapidly growing population to care for. BMC Cancer 2013 ; 13 : 287.<\/li>\n<li>Morant R : D\u00e9ficit cognitif associ\u00e9 \u00e0 la chimioth\u00e9rapie. Info @ oncologie 2016 ; 6 : 14-17.<\/li>\n<li>Chan A, et al : Neratinib apr\u00e8s traitement adjuvant \u00e0 base de trastuzumab chez les patientes atteintes d&#8217;un cancer du sein HER2-positif (ExteNET) : un essai de phase 3, multicentrique, randomis\u00e9, en double aveugle, contr\u00f4l\u00e9 par pl ac\u00e9bo. Lancet Oncology 2016 ; 17 : 367-377.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\n<em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c9MATOLOGIE 2017 ; 5(4) : 10-13<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le traitement adjuvant syst\u00e9mique am\u00e9liore la survie et l&#8217;absence de r\u00e9cidive dans le cancer du sein pr\u00e9coce. Les analyses g\u00e9n\u00e9tiques de la tumeur peuvent aider \u00e0 choisir le traitement. 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