{"id":339472,"date":"2017-08-11T02:00:00","date_gmt":"2017-08-11T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/lembarras-du-choix-2\/"},"modified":"2017-08-11T02:00:00","modified_gmt":"2017-08-11T00:00:00","slug":"lembarras-du-choix-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/lembarras-du-choix-2\/","title":{"rendered":"L&#8217;embarras du choix"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le traitement du cancer bronchique est fortement modifi\u00e9 par l&#8217;immunoth\u00e9rapie. Les d\u00e9veloppements actuels conduiront \u00e0 une adaptation de nos algorithmes th\u00e9rapeutiques dans les prochains mois.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>On peut se repr\u00e9senter le syst\u00e8me immunitaire comme une balance, avec d&#8217;un c\u00f4t\u00e9 des m\u00e9canismes de stimulation et de l&#8217;autre des m\u00e9canismes de blocage qui sont finement ajust\u00e9s et qui permettent ainsi de se prot\u00e9ger contre les structures pathog\u00e8nes (virus, bact\u00e9ries et substances \u00e9trang\u00e8res) tout en \u00e9vitant l&#8217;auto-immunit\u00e9. Depuis les ann\u00e9es 2000, de plus en plus de ces m\u00e9canismes ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s des deux c\u00f4t\u00e9s de la balance. En particulier, les mol\u00e9cules appartenant au groupe des &#8220;immune regulatory checkpoints&#8221; semblent jouer un r\u00f4le important dans l&#8217;\u00e9quilibre du syst\u00e8me immunitaire. Les anticorps qui permettent d&#8217;activer le syst\u00e8me immunitaire en bloquant les mol\u00e9cules inhibitrices des points de contr\u00f4le de r\u00e9gulation de l&#8217;immunit\u00e9 font actuellement fureur. Ces anticorps sont disponibles, par exemple, dans le traitement du cancer du poumon m\u00e9tastas\u00e9 et sont devenus une partie int\u00e9grante du r\u00e9pertoire th\u00e9rapeutique. Leur utilisation part du principe que la tumeur peut \u00eatre reconnue par le syst\u00e8me immunitaire et que cette r\u00e9ponse immunitaire est au moins partiellement bloqu\u00e9e par les &#8220;immune regulatory checkpoints&#8221; PD-1\/PDL-1.<br \/>\nSur la base des donn\u00e9es disponibles, on peut estimer que ce sc\u00e9nario physiopathologique se produit chez 15 \u00e0 25% de tous les patients (chez ces patients, un contr\u00f4le \u00e0 long terme de la maladie m\u00e9tastatique s&#8217;installe). Ceci est consid\u00e9r\u00e9 comme une indication indirecte d&#8217;un contr\u00f4le par le syst\u00e8me immunitaire et signifie \u00e9galement, \u00e0 l&#8217;inverse, que d&#8217;autres m\u00e9canismes immunosuppresseurs sont actifs chez environ 80% des patients ou que le syst\u00e8me immunitaire ne reconna\u00eet pas ces tumeurs par principe et qu&#8217;aucune r\u00e9ponse immunitaire ne peut donc \u00eatre &#8220;d\u00e9bloqu\u00e9e&#8221; <strong>(Fig.&nbsp;1).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-8839\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/abb1_oh3_s15.png\" style=\"height:494px; width:600px\" width=\"862\" height=\"709\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour l&#8217;instant, il n&#8217;existe pas de tests satisfaisants pour pr\u00e9dire la r\u00e9ponse au blocage de PD-1\/PD-L1.<\/p>\n<h2 id=\"cancer-du-poumon-metastase\">Cancer du poumon m\u00e9tastas\u00e9<\/h2>\n<p>Dans le cas du cancer du poumon m\u00e9tastas\u00e9, des anticorps sont d\u00e9j\u00e0 autoris\u00e9s (tab.&nbsp;1), qui emp\u00eachent l&#8217;activation des points de contr\u00f4le PD-1\/PDL-1 et peuvent ainsi lib\u00e9rer les cellules T du blocage de la tumeur maligne. Les anticorps monoclonaux peuvent \u00eatre divis\u00e9s en deux groupes : dirig\u00e9s contre PD-1 ou contre PD-L1.<\/p>\n<p>Tout d&#8217;abord, le nivolumab (anti-PD-1) a obtenu une autorisation de mise sur le march\u00e9 en deuxi\u00e8me ligne dans le cancer bronchique m\u00e9tastatique, ind\u00e9pendamment de l&#8217;expression de PD-L1 (Checkmate 057 et Checkmate 017). Par rapport \u00e0 une chimioth\u00e9rapie par doc\u00e9taxel, la survie globale \u00e0 2 ans s&#8217;est am\u00e9lior\u00e9e d&#8217;environ 15% (median overall survival, &#8220;non-squamous&#8221; : 9,5 vs. 12,2 mois ; &#8220;squamous&#8221; : 6,0 vs. 9,2 mois). L&#8217;\u00e9tude Checkmate 057 a \u00e9galement montr\u00e9 qu&#8217;en l&#8217;absence d&#8217;expression de PD-L1, une am\u00e9lioration de la survie globale \u00e0 2 ans pouvait n\u00e9anmoins \u00eatre obtenue par rapport au doc\u00e9taxel (&lt;1% des cellules tumorales : 25% vs 18%). C&#8217;est pourquoi l&#8217;autorisation de mise sur le march\u00e9 a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e ind\u00e9pendamment du statut d&#8217;expression de PD-L1. Cela montre clairement les limites de l&#8217;expression de PD-L1 en tant que biomarqueur dans le cancer bronchique, car m\u00eame les patients sans expression de PD-L1 dans la tumeur tirent un avantage clinique d&#8217;un traitement de deuxi\u00e8me ligne avec le nivolumab.<\/p>\n<p>Le d\u00e9veloppement du pembrolizumab (anti-PD-1) part du principe que, m\u00eame si PD-L1 n&#8217;est pas un biomarqueur parfait, l&#8217;expression de PD-L1 dans le tissu tumoral est biologiquement si importante qu&#8217;il est n\u00e9cessaire de la d\u00e9terminer pour justifier l&#8217;inhibition du point de contr\u00f4le. Par cons\u00e9quent, seuls les patients chez lesquels l&#8217;expression de PD-L1 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9e (&gt;1% des cellules tumorales) ont \u00e9t\u00e9 inclus dans les \u00e9tudes r\u00e9glementaires. L&#8217;\u00e9tude Keynote 010 a montr\u00e9 un avantage de survie significatif par rapport \u00e0 une chimioth\u00e9rapie par doc\u00e9taxel (median overall survival, &#8220;non-squamous&#8221; : 8,5 vs. 10,4 mois).<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats des \u00e9tudes sur le nivolumab et le pembrolizumab montrent que plus l&#8217;expression de PD-L1 est \u00e9lev\u00e9e, plus la survie globale est am\u00e9lior\u00e9e lorsqu&#8217;on utilise une inhibition de point de contr\u00f4le (monoth\u00e9rapie) avec un anticorps anti-PD-1. Les deux anticorps monoclonaux soulignent ainsi le r\u00f4le biologique important du point de contr\u00f4le PD-1\/PDL-1, mais ne permettent pas, au vu des r\u00e9sultats, de l&#8217;utiliser comme seul biomarqueur, car les patients sans expression de PD-L1 dans la tumeur en b\u00e9n\u00e9ficient \u00e9galement.<\/p>\n<p>L&#8217;atezolizumab, le durvalumab et l&#8217;avelumab sont dirig\u00e9s contre PD-L1 et ont th\u00e9oriquement un profil immunologique l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rent. Les anticorps anti-PD-L1 ne bloquent que l&#8217;interaction entre PD-L1 et PD-1, et non entre PD-L1\/-L2 et PD-1 comme le ferait un anticorps anti-PD-1. Cette diff\u00e9rence pourrait se traduire par un profil d&#8217;effets secondaires plus favorable. De plus, il y a th\u00e9oriquement plus de r\u00e9cepteurs stimulants disponibles pour les cellules T, qui sont utilis\u00e9s par l&#8217;interaction de B7.1 et PD-L1. Cependant, \u00e9tant donn\u00e9 qu&#8217;aucune \u00e9tude comparative entre les anticorps anti-PD-1 et anti-PD-L1 n&#8217;a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 ce jour, l&#8217;avantage clinique postul\u00e9 en termes de meilleure efficacit\u00e9 et de r\u00e9duction des effets secondaires ind\u00e9sirables n&#8217;est pas prouv\u00e9. L&#8217;atezolizumab a d\u00e9montr\u00e9 un avantage significatif en termes de survie par rapport au doc\u00e9taxel dans une \u00e9tude de phase III (\u00e9tude OAK) (m\u00e9diane de survie globale, &#8220;non-squamous&#8221; : 11,2 contre 15,6 mois ; &#8220;squamous&#8221; : 7,7 contre 8,9 mois). Des donn\u00e9es d&#8217;une \u00e9tude de phase II (\u00e9tude ATLANTIC) sont disponibles pour le durvalumab en monoth\u00e9rapie. Cette \u00e9tude est compos\u00e9e de trois cohortes de patients apr\u00e8s \u00e9chec du traitement de seconde ligne, dont la survie globale a \u00e9t\u00e9 analys\u00e9e en fonction du niveau d&#8217;expression de PD-L1 (median overall survival, &lt;25% des cellules tumorales : 9,3 mois ; &gt;25% des cellules tumorales : 10,9 mois ; &gt;90% des cellules tumorales : non atteint \u00e0 douze mois). L&#8217;avelumab a montr\u00e9 un &#8220;taux de r\u00e9ponse global&#8221; de 11,6 semaines pour les tumeurs PD-L1-positives (&gt;25% des cellules tumorales) et de 6,0 semaines pour les tumeurs PD-L1-n\u00e9gatives (&lt;25% des cellules tumorales) dans une \u00e9tude de phase IB (JAVELIN Solid Tumor) en deuxi\u00e8me ligne de traitement.<\/p>\n<p>Tous les inhibiteurs de point de contr\u00f4le PD-1\/PD-L1 ont un profil d&#8217;effets secondaires similaire. Les effets secondaires de grade 3-4 sont survenus chez 2 \u00e0 5% de tous les patients dans toutes les \u00e9tudes et comprenaient notamment des pneumonites, une augmentation des transaminases et des troubles de la fonction thyro\u00efdienne.<\/p>\n<h2 id=\"resume\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n<p>Au final, les oncologues traitants n&#8217;auront que l&#8217;embarras du choix, car plusieurs inhibiteurs de points de contr\u00f4le seront rapidement disponibles \u00e0 partir de la deuxi\u00e8me ligne dans le cancer bronchique m\u00e9tastatique. Tous les anticorps pr\u00e9sentent un spectre d&#8217;action ou d&#8217;effets secondaires similaire. A premi\u00e8re vue, les anticorps se distinguent cliniquement surtout par les doses et la fr\u00e9quence d&#8217;application <strong>(tableau&nbsp;1).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8840 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/tab1_oh3_s15.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/403;height:293px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"403\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En outre, l&#8217;utilisation des inhibiteurs de point de contr\u00f4le PD-1\/PD-L1 va encore consid\u00e9rablement \u00e9voluer dans les semaines \u00e0 venir, puisque le pembrolizumab est d\u00e9sormais autoris\u00e9 en Suisse en premi\u00e8re ligne pour les cancers bronchiques exprimant &gt;50% de PD-L1. Ainsi, en deuxi\u00e8me ligne, la chimioth\u00e9rapie devrait retrouver une place plus importante et le test PD-L1 devrait devenir un diagnostic central avant le traitement de premi\u00e8re ligne avec une grande pertinence th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<p>En outre, on peut s&#8217;attendre \u00e0 ce que des th\u00e9rapies combin\u00e9es puissent \u00eatre utilis\u00e9es dans un avenir proche, soit sous forme d&#8217;inhibition de point de contr\u00f4le avec chimioth\u00e9rapie, soit sous forme de combinaison de deux inhibiteurs de point de contr\u00f4le. Ainsi, la monoth\u00e9rapie de deuxi\u00e8me ligne du blocage de PD-1\/PD-L1 dans le cancer bronchique m\u00e9tastatique perdra \u00e9galement de son importance.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>Le traitement du cancer bronchique sans mutation Driver d\u00e9tectable est actuellement fortement modifi\u00e9 par l&#8217;immunoth\u00e9rapie.<\/li>\n<li>Les d\u00e9veloppements actuels conduiront \u00e0 une adaptation de nos algorithmes th\u00e9rapeutiques dans les prochains mois.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c9MATOLOGIE 2017 ; 5(3) : 14-16<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le traitement du cancer bronchique est fortement modifi\u00e9 par l&#8217;immunoth\u00e9rapie. Les d\u00e9veloppements actuels conduiront \u00e0 une adaptation de nos algorithmes th\u00e9rapeutiques dans les prochains mois.<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":68054,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"PD1\/PD-L1 dans le traitement de seconde ligne du NSCLC m\u00e9tastatique","footnotes":""},"category":[11531,11389,11477,11549],"tags":[15485,13157,17882,13586,37480,17883],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-339472","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-formation-continue","category-oncologie","category-pneumologie-fr","category-rx-fr","tag-cancer-bronchique","tag-cancer-du-poumon","tag-deuxieme-ligne","tag-immunotherapie-fr","tag-pd-1-pd-l1-fr","tag-premiere-ligne","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-06-17 10:52:00","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":339478,"slug":"lagonia-della-scelta-2","post_title":"L'agonia della scelta","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/lagonia-della-scelta-2\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":339503,"slug":"a-agonia-da-escolha-2","post_title":"A agonia da escolha","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/a-agonia-da-escolha-2\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":339510,"slug":"la-agonia-de-la-eleccion-2","post_title":"La agon\u00eda de la elecci\u00f3n","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/la-agonia-de-la-eleccion-2\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/339472","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=339472"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/339472\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=339472"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=339472"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=339472"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=339472"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}