{"id":339495,"date":"2017-08-21T02:00:00","date_gmt":"2017-08-21T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/la-fievre-chez-les-enfants-souvent-synonyme-dinquietude-et-dincertitude\/"},"modified":"2017-08-21T02:00:00","modified_gmt":"2017-08-21T00:00:00","slug":"la-fievre-chez-les-enfants-souvent-synonyme-dinquietude-et-dincertitude","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/la-fievre-chez-les-enfants-souvent-synonyme-dinquietude-et-dincertitude\/","title":{"rendered":"La fi\u00e8vre chez les enfants &#8211; souvent synonyme d&#8217;inqui\u00e9tude et d&#8217;incertitude"},"content":{"rendered":"<p><strong>La fi\u00e8vre est un sympt\u00f4me fr\u00e9quent chez les enfants et ne constitue g\u00e9n\u00e9ralement pas une source d&#8217;inqui\u00e9tude si leur \u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral est par ailleurs bon. L&#8217;objectif principal est d&#8217;abord de d\u00e9terminer la cause de la fi\u00e8vre. La r\u00e9duction de la fi\u00e8vre par des m\u00e9dicaments doit d\u00e9pendre en premier lieu de l&#8217;\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;enfant et non de la temp\u00e9rature.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>La fi\u00e8vre chez les enfants est l&#8217;une des raisons les plus fr\u00e9quentes pour lesquelles les parents demandent un avis m\u00e9dical. Une forte fi\u00e8vre est toujours source d&#8217;inqui\u00e9tude et d&#8217;incertitude, m\u00eame pour les professionnels de sant\u00e9. Pourtant, la fi\u00e8vre n&#8217;est pas une maladie, mais seulement un sympt\u00f4me qui peut m\u00eame avoir une influence positive sur la d\u00e9fense contre les infections. La question de savoir s&#8217;il faut traiter la fi\u00e8vre et comment le faire d\u00e9pend donc moins du niveau de la temp\u00e9rature que de la cause de la fi\u00e8vre et de l&#8217;\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;enfant.<\/p>\n<h2 id=\"physiologie-de-la-thermoregulation\">Physiologie de la thermor\u00e9gulation<\/h2>\n<p>La temp\u00e9rature du corps humain varie entre 35,6 et 37,5\u00b0C en fonction de l&#8217;\u00e2ge, du moment de la journ\u00e9e et de l&#8217;activit\u00e9 physique. Bien que la fi\u00e8vre soit un sympt\u00f4me courant, il n&#8217;existe pas de d\u00e9finition universelle de la temp\u00e9rature \u00e0 partir de laquelle on parle de fi\u00e8vre. Cependant, la plupart du temps, la limite est fix\u00e9e \u00e0 38 ou 38,5 \u00b0C.<\/p>\n<p>Les interleukines, l&#8217;interf\u00e9ron et le facteur de n\u00e9crose tumorale lib\u00e9r\u00e9s en p\u00e9riph\u00e9rie entra\u00eenent une augmentation de la synth\u00e8se des prostaglandines (en particulier de la PGE2) dans l&#8217;hypothalamus, ce qui entra\u00eene une hausse de la temp\u00e9rature corporelle jusqu&#8217;\u00e0 ce que la nouvelle valeur cible soit atteinte. Cette augmentation de la temp\u00e9rature est obtenue par des frissons (tremblements musculaires pouvant aller jusqu&#8217;\u00e0 des frissons, etc.), une diminution de l&#8217;irrigation sanguine de la peau et une augmentation de l&#8217;activit\u00e9 m\u00e9tabolique. On se demande si la fatigue associ\u00e9e \u00e0 la fi\u00e8vre, souvent observ\u00e9e, peut s&#8217;expliquer par l&#8217;augmentation des taux d&#8217;IL-1 et les douleurs musculaires et articulaires par l&#8217;augmentation des taux de PGE2. Une l\u00e9g\u00e8re tachycardie en cas de fi\u00e8vre est normale [1].<\/p>\n<h2 id=\"mesure-de-la-temperature-corporelle\">Mesure de la temp\u00e9rature corporelle<\/h2>\n<p>La temp\u00e9rature rectale est g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9e comme l&#8217;\u00e9talon-or de la mesure de la temp\u00e9rature. Alors que cette mesure est facile \u00e0 r\u00e9aliser et la plus fiable chez les nourrissons, elle est souvent per\u00e7ue comme tr\u00e8s inconfortable par les enfants plus \u00e2g\u00e9s. Dans la pratique, je pense que la hauteur exacte de la temp\u00e9rature ne joue pas un r\u00f4le si d\u00e9cisif qu&#8217;il faille insister sur une mesure rectale. Ma d\u00e9cision th\u00e9rapeutique d\u00e9pend d&#8217;autres facteurs que le niveau exact de la temp\u00e9rature. Il est n\u00e9anmoins recommand\u00e9 de demander aux parents la temp\u00e9rature qu&#8217;ils ont prise, car la perception subjective de ce qu&#8217;est la fi\u00e8vre est tr\u00e8s variable : les parents anxieux interpr\u00e8tent souvent comme inqui\u00e9tante une temp\u00e9rature m\u00eame inf\u00e9rieure \u00e0 39\u00b0C et indiquent dans l&#8217;anamn\u00e8se que l&#8217;enfant a eu une &#8220;forte fi\u00e8vre&#8221;.<\/p>\n<h2 id=\"determiner-la-cause-de-la-fievre\">D\u00e9terminer la cause de la fi\u00e8vre<\/h2>\n<p>La fi\u00e8vre est un sympt\u00f4me tr\u00e8s fr\u00e9quent et typique, en particulier chez les enfants. Dans la plupart des cas, il s&#8217;agit d&#8217;un sympt\u00f4me associ\u00e9 aux maladies infectieuses qui est en fait b\u00e9nin et qui ne n\u00e9cessite que rarement un traitement. Le fait que ce soit le cas d\u00e9pend de la cause et d&#8217;\u00e9ventuelles maladies associ\u00e9es. Lors de la prise en charge m\u00e9dicale d&#8217;enfants fi\u00e9vreux, il est essentiel d&#8217;\u00e9tablir un diagnostic diff\u00e9rentiel de la cause de la fi\u00e8vre. Si l&#8217;on parvient \u00e0 traiter la maladie sous-jacente, la temp\u00e9rature corporelle se normalise \u00e9galement dans presque tous les cas. En cas d&#8217;apparition d&#8217;une nouvelle fi\u00e8vre, il est important de d\u00e9terminer si elle est due \u00e0 une infection virale, bact\u00e9rienne ou \u00e0 d&#8217;autres causes rares. Cependant, il n&#8217;existe qu&#8217;une faible corr\u00e9lation entre le niveau et la dur\u00e9e de la fi\u00e8vre et la gravit\u00e9 ou le risque de complications de la maladie.<\/p>\n<p>En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, la fi\u00e8vre elle-m\u00eame n&#8217;est pas dangereuse et la r\u00e9tention de la fi\u00e8vre ne r\u00e9duit pas la morbidit\u00e9 d&#8217;une maladie. Au contraire, il existe des preuves que le syst\u00e8me immunitaire fonctionne m\u00eame mieux en cas de fi\u00e8vre mod\u00e9r\u00e9e (jusqu&#8217;\u00e0 40\u00b0C), ce qui signifie que la fi\u00e8vre a \u00e9galement une fonction physiologique. Les exceptions \u00e0 cette r\u00e8gle sont les situations dans lesquelles l&#8217;augmentation du m\u00e9tabolisme dans le cadre de la fi\u00e8vre impose une charge suppl\u00e9mentaire trop importante au syst\u00e8me cardiopulmonaire. En l&#8217;absence de r\u00e9serves, l&#8217;augmentation du m\u00e9tabolisme atteint beaucoup plus rapidement un seuil critique. Cela peut \u00eatre le cas en cas de choc aigu ou de certaines maladies sous-jacentes rares telles que les troubles m\u00e9taboliques, les traumatismes cr\u00e2niens ou les maladies cardio-pulmonaires. Des troubles de l&#8217;\u00e9quilibre hydrique et \u00e9lectrolytique ou une sensation de maladie grave accompagn\u00e9e d&#8217;un fort malaise peuvent \u00e9galement n\u00e9cessiter un traitement symptomatique [2].<\/p>\n<p>Dans certaines situations \u00e0 haut risque d&#8217;infection grave, une \u00e9valuation rapide et compl\u00e8te ainsi qu&#8217;un traitement g\u00e9n\u00e9reux et pr\u00e9coce sont n\u00e9cessaires, par exemple chez les enfants atteints de neutrop\u00e9nie, d&#8217;infection par le VIH ou chez les nourrissons pendant les trois premiers mois de leur vie.<\/p>\n<p>Les explications suivantes concernent la fi\u00e8vre fr\u00e9quente dans le groupe d&#8217;enfants pr\u00e9c\u00e9demment en bonne sant\u00e9 et sans maladie sous-jacente importante pr\u00e9existante [3].<\/p>\n<h2 id=\"fievre-sans-focalisation\">Fi\u00e8vre sans focalisation<\/h2>\n<p>Du point de vue du m\u00e9decin, la fi\u00e8vre sans foyer est en fait la constellation la plus pr\u00e9occupante, car il ne faut pas passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&#8217;une infection bact\u00e9rienne invasive grave et\/ou d&#8217;une septic\u00e9mie pouvant \u00eatre trait\u00e9e par antibiotiques, et la distinction entre l&#8217;origine bact\u00e9rienne et l&#8217;origine virale est d&#8217;une importance cruciale sur le plan th\u00e9rapeutique. Le diagnostic diff\u00e9rentiel devrait donc distinguer entre<\/p>\n<ul>\n<li>une infection virale trait\u00e9e uniquement de mani\u00e8re symptomatique (\u00e0 l&#8217;exception d&#8217;une infection \u00e0 herp\u00e8s simplex),<\/li>\n<li>d&#8217;une infection bact\u00e9rienne invasive grave pouvant aller jusqu&#8217;\u00e0 la septic\u00e9mie et<\/li>\n<li>une infection bact\u00e9rienne focale (principalement une m\u00e9ningite, une pneumonie ou une infection urinaire)<\/li>\n<\/ul>\n<p>doit \u00eatre effectu\u00e9.<\/p>\n<p>L&#8217;infection urinaire \u00e9tant la deuxi\u00e8me cause de fi\u00e8vre non focalis\u00e9e apr\u00e8s les infections virales, en particulier chez les nourrissons (mais aussi \u00e0 tous les \u00e2ges de la vie), un examen correct de l&#8217;urine doit absolument faire partie de l&#8217;\u00e9valuation clinique. Une urine en poche n&#8217;est exploitable que si les r\u00e9sultats sont normaux, car si les faux positifs sont tr\u00e8s nombreux, les faux n\u00e9gatifs sont rares. En revanche, si l&#8217;urine de la poche est anormale, il faut \u00e0 nouveau pr\u00e9lever de l&#8217;urine de la mani\u00e8re la plus st\u00e9rile possible (recueil st\u00e9rile d&#8217;une urine de milieu de jet, cath\u00e9t\u00e9risme v\u00e9sical ou ponction sus-pubienne) et l&#8217;analyser soigneusement.<\/p>\n<p>Dans l&#8217;ensemble, les bact\u00e9ri\u00e9mies occultes ou les septic\u00e9mies d\u00e9butantes sont tr\u00e8s rares, et l&#8217;incidence des m\u00e9ningites \u00e0 Haemophilus influenzae de type B, \u00e0 pneumocoques et \u00e0 m\u00e9ningocoques de type C est \u00e9galement en nette diminution depuis l&#8217;introduction des vaccins. Un enfant qui semble gravement malade et en mauvais \u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral doit n\u00e9anmoins \u00eatre hospitalis\u00e9 pour observation. Le risque le plus \u00e9lev\u00e9 concerne clairement les nouveau-n\u00e9s ou les enfants dans les trois premiers mois de leur vie, qui doivent donc \u00eatre surveill\u00e9s tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9reusement en milieu hospitalier [4,5]. En cas d&#8217;aggravation aigu\u00eb ou d&#8217;apparition de nouveaux sympt\u00f4mes suppl\u00e9mentaires, un traitement antibiotique calcul\u00e9 peut alors \u00eatre rapidement mis en place, le cas \u00e9ch\u00e9ant.<\/p>\n<p>\u00c0 l&#8217;exception de l&#8217;analyse d&#8217;urine, les examens de laboratoire ne sont pas obligatoires. Le dosage de la CRP et l&#8217;h\u00e9mogramme peuvent \u00e9tayer l&#8217;\u00e9valuation clinique, mais ne sont pas probants dans un sens ou dans l&#8217;autre. Certaines maladies virales peuvent \u00e9galement s&#8217;accompagner d&#8217;une CRP \u00e9lev\u00e9e ; \u00e0 l&#8217;inverse, une CRP basse n&#8217;exclut pas une infection bact\u00e9rienne si la maladie \u00e9volue depuis peu (moins de douze heures). Si l&#8217;\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral est bon et qu&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;ant\u00e9c\u00e9dents m\u00e9dicaux ou de facteurs de risque, il est possible de convenir d&#8217;une observation ambulatoire avec une nouvelle pr\u00e9sentation le lendemain [4].<\/p>\n<h2 id=\"therapie-selon-letat-general-de-lenfant\">Th\u00e9rapie selon l&#8217;\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;enfant<\/h2>\n<p>Pour les enfants qui sont par ailleurs en bonne sant\u00e9, la fi\u00e8vre ne constitue g\u00e9n\u00e9ralement pas un risque suppl\u00e9mentaire pour la sant\u00e9. Il n&#8217;influence pas n\u00e9gativement l&#8217;\u00e9volution ou l&#8217;issue d&#8217;une maladie. L&#8217;objectif premier d&#8217;un traitement ne peut donc pas \u00eatre simplement de ramener la temp\u00e9rature corporelle \u00e0 des valeurs normales. Un traitement antipyr\u00e9tique n&#8217;est indiqu\u00e9 que s&#8217;il am\u00e9liore le bien-\u00eatre de l&#8217;enfant. Si les valeurs sont inf\u00e9rieures \u00e0 38,5\u00b0C, un traitement antipyr\u00e9tique n&#8217;est indiqu\u00e9 que dans de rares cas exceptionnels.<\/p>\n<p>De m\u00eame, l&#8217;administration prophylactique d&#8217;antipyr\u00e9tiques ne r\u00e9duit pas le risque de convulsions f\u00e9briles (une crainte fr\u00e9quente des parents, surtout si une convulsion f\u00e9brile s&#8217;est d\u00e9j\u00e0 produite), ce qui ne constitue donc pas une indication de m\u00e9dicament antipyr\u00e9tique. En revanche, une bonne information des parents est essentielle.<\/p>\n<p>Souvent, aucun diagnostic ou traitement sp\u00e9cifique n&#8217;est n\u00e9cessaire. Tant que l&#8217;enfant boit et joue, il est possible d&#8217;attendre la gu\u00e9rison normale d&#8217;une infection. D&#8217;autres examens ne sont n\u00e9cessaires que si l&#8217;\u00e9tat de l&#8217;enfant s&#8217;aggrave consid\u00e9rablement ou si l&#8217;enfant ne s&#8217;hydrate plus suffisamment.<\/p>\n<p>Les mesures visant \u00e0 faire baisser la fi\u00e8vre peuvent \u00eatre utiles si l&#8217;augmentation de la temp\u00e9rature corporelle s&#8217;accompagne d&#8217;un fort malaise physique ou d&#8217;une sensation de maladie, si l&#8217;\u00e9quilibre de l&#8217;eau et du sel est perturb\u00e9 ou si l&#8217;enfant souffre d&#8217;une maladie sous-jacente grave. Il est important de mettre en place un traitement de soutien accompagn\u00e9 d&#8217;un apport suffisant en liquide, car d&#8217;une part les besoins en liquide sont accrus en cas de fi\u00e8vre, et d&#8217;autre part la d\u00e9shydratation elle-m\u00eame peut \u00eatre la cause d&#8217;une temp\u00e9rature \u00e9lev\u00e9e (&#8220;fi\u00e8vre de soif&#8221;) [2].<\/p>\n<h2 id=\"medicaments\">M\u00e9dicaments<\/h2>\n<p>Pour faire baisser la fi\u00e8vre chez les enfants, les m\u00e9dicaments les plus utilis\u00e9s sont le parac\u00e9tamol et l&#8217;ibuprof\u00e8ne. Ils peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme s\u00fbrs en raison de leur longue exp\u00e9rience. M\u00eame si d&#8217;autres m\u00e9dicaments tels que le m\u00e9tamizole ou les st\u00e9ro\u00efdes sont \u00e9galement efficaces, ils restent r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 des cas exceptionnels en raison de leur spectre d&#8217;effets secondaires. L&#8217;acide ac\u00e9tylsalicylique (AAS) ne doit pas \u00eatre utilis\u00e9 en raison du risque de syndrome de Reye, malgr\u00e9 sa grande efficacit\u00e9 [6].<\/p>\n<p>La fi\u00e8vre est toujours l&#8217;une des conditions les plus redout\u00e9es par les parents, car elle est associ\u00e9e \u00e0 des maladies graves, des l\u00e9sions c\u00e9r\u00e9brales, des convulsions et la mort. De facto, la toxicit\u00e9 des m\u00e9dicaments antipyr\u00e9tiques (notamment en cas d&#8217;erreur de dosage) constitue en r\u00e9alit\u00e9 le probl\u00e8me le plus pertinent [7]. L&#8217;utilisation altern\u00e9e de parac\u00e9tamol et d&#8217;ibuprof\u00e8ne, souvent encore recommand\u00e9e, est donc d\u00e9conseill\u00e9e depuis longtemps, m\u00eame si elle permet de faire baisser un peu plus la temp\u00e9rature : D&#8217;une part, parce que les erreurs de dosage ou les surdosages sont plus fr\u00e9quents, et d&#8217;autre part, parce que cela s&#8217;accompagne d&#8217;une toxicit\u00e9 potentiellement plus \u00e9lev\u00e9e &#8211; sans am\u00e9lioration significative du bien-\u00eatre de l&#8217;enfant [8]. De plus, cette recommandation pourrait alimenter la &#8220;phobie de la fi\u00e8vre&#8221; g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<h2 id=\"paracetamol\">Parac\u00e9tamol<\/h2>\n<p>Le parac\u00e9tamol est tr\u00e8s efficace pour faire baisser la fi\u00e8vre et, bien dos\u00e9, il n&#8217;a pratiquement pas d&#8217;effets secondaires (en cas de surdosage ou de troubles pr\u00e9existants de la fonction h\u00e9patique, il peut toutefois entra\u00eener une intoxication grave avec insuffisance h\u00e9patique). Il est recommand\u00e9 d&#8217;utiliser une dose de 10-15&nbsp;mg\/kg\/dose toutes les quatre \u00e0 six heures maximum. Par jour, la dose totale ne doit pas d\u00e9passer 75(-90&nbsp;mg\/kg de poids corporel si le traitement dure moins de trois jours). Un effet antipyr\u00e9tique mesurable appara\u00eet au bout de 30 \u00e0 60 minutes environ, atteint son maximum au bout de trois heures environ et persiste pendant quatre \u00e0 six heures.<\/p>\n<h2 id=\"ibuprofene\">Ibuprof\u00e8ne<\/h2>\n<p>L&#8217;ibuprof\u00e8ne a un effet anti-inflammatoire en plus de son effet antipyr\u00e9tique. Cependant, comme il peut affecter la fonction r\u00e9nale, il ne devrait pas \u00eatre utilis\u00e9 du tout chez les enfants de moins de six mois. Personnellement, je ne l&#8217;utilise qu&#8217;avec mod\u00e9ration, m\u00eame chez les enfants plus \u00e2g\u00e9s, pour des raisons toxicologiques ou de n\u00e9phroprotection, et je recommande plut\u00f4t le parac\u00e9tamol comme antipyr\u00e9tique primaire. Cependant, si un effet antiphlogistique est \u00e9galement souhait\u00e9, par exemple en cas d&#8217;otite moyenne, l&#8217;ibuprof\u00e8ne semble pr\u00e9senter un l\u00e9ger avantage. De plus, sous forme d&#8217;<sup>Algifor\u00ae<\/sup>, de nombreux parents aiment l&#8217;administrer, car la plupart des enfants aiment son go\u00fbt et le prennent donc volontiers. La posologie recommand\u00e9e est de 7,5-10&nbsp;mg\/kgKG\/dose toutes les six \u00e0 huit heures maximum. Les effets commencent \u00e0 se manifester dans l&#8217;heure qui suit l&#8217;ingestion, atteignent leur maximum apr\u00e8s trois ou quatre heures et durent environ six \u00e0 huit heures [1,6].<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>La fi\u00e8vre est un sympt\u00f4me fr\u00e9quent chez les enfants et n&#8217;est pas inqui\u00e9tante si leur \u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral est par ailleurs bon.<\/li>\n<li>L&#8217;objectif principal est d&#8217;abord de d\u00e9terminer la cause de la fi\u00e8vre afin de pouvoir, le cas \u00e9ch\u00e9ant, mettre en place le traitement de la maladie sous-jacente.<\/li>\n<li>La baisse de la fi\u00e8vre par des m\u00e9dicaments n&#8217;est qu&#8217;un traitement symptomatique et doit d\u00e9pendre en premier lieu de l&#8217;\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;enfant et non de la temp\u00e9rature.<\/li>\n<li>Chez les enfants de moins de six mois, seul le parac\u00e9tamol doit \u00eatre utilis\u00e9. Chez les enfants plus \u00e2g\u00e9s, l&#8217;ibuprof\u00e8ne peut \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9, mais l&#8217;administration altern\u00e9e n&#8217;est plus recommand\u00e9e.<\/li>\n<li>En cas de fi\u00e8vre non focalis\u00e9e, une analyse d&#8217;urine correcte doit toujours \u00eatre effectu\u00e9e pour exclure une infection urinaire.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Ward MA, Edwards MS, Torchia MM : Fever in infants and childran : Pathophysiology and management. Uptodate.com 2017 May 17.<\/li>\n<li>Kowalzik F, Zepp F : L&#8217;enfant f\u00e9brile &#8211; Principes de base du traitement. Monatschr Kinderheilkd 2013 ; 161 : 196-203.<\/li>\n<li>Kayman H : Management of Fever : making evidence-based decisions. Clin Pediatr (Phila) 2003 ; 42(5) : 383-392.<\/li>\n<li>Huppertz HI : Fi\u00e8vre sans foyer. Monatsschr Kinderheilkd 2013 ; 161 : 204-210.<\/li>\n<li>Huppler AR, Eickhoff JC, Wald ER : Performance of low-risk criteria in the evaluation of young infants with fever : review of the literature. P\u00e9diatrie 2010 ; 125 : 228-233.<\/li>\n<li>Sullivan JE, Farrar HC : Fever and antipyretic use in children. P\u00e9diatrie 2011 ; 127(3) : 580-587.<\/li>\n<li>Sherman JM, Sood SK : D\u00e9fis actuels dans le diagnostic et la gestion de la fi\u00e8vre. Curr Opin Pediatr 2012 ; 24(3) : 400-406.<\/li>\n<li>Wong T, et al : Combined and alternating paracetamol and ibuprofen therapy for febrile children. Cochrane Database Syst Rev 2013 ; (10) : CD009572.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2017 ; 12(8) : 12-14<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La fi\u00e8vre est un sympt\u00f4me fr\u00e9quent chez les enfants et ne constitue g\u00e9n\u00e9ralement pas une source d&#8217;inqui\u00e9tude si leur \u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral est par ailleurs bon. 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