{"id":339788,"date":"2017-05-26T02:00:00","date_gmt":"2017-05-26T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/le-cancer-de-la-vulve-necessite-une-collaboration-multidisciplinaire\/"},"modified":"2017-05-26T02:00:00","modified_gmt":"2017-05-26T00:00:00","slug":"le-cancer-de-la-vulve-necessite-une-collaboration-multidisciplinaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/le-cancer-de-la-vulve-necessite-une-collaboration-multidisciplinaire\/","title":{"rendered":"Le cancer de la vulve n\u00e9cessite une collaboration multidisciplinaire"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le carcinome de la vulve est un carcinome plut\u00f4t rare. L\u00e0 encore, la pr\u00e9vention est pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 la th\u00e9rapie. En cas de d\u00e9couverte d&#8217;une vulve anormale, il convient toujours de proc\u00e9der \u00e0 un examen colposcopique minutieux de l&#8217;ensemble de la vulve. Le traitement est effectu\u00e9 dans un centre de traitement des tumeurs par une \u00e9quipe multidisciplinaire.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Avec &lt;300 nouveaux cas par an, le carcinome de la vulve est un carcinome plut\u00f4t rare en Suisse [1]. Au total, 71,9% des patientes survivent cinq ans ou plus. A l&#8217;\u00e9tat localis\u00e9, ils sont 86,1%, 57,1% en cas d&#8217;essaimage tumoral r\u00e9gional et 17,4% en cas de m\u00e9tastases \u00e0 distance. Le cancer de la vulve est class\u00e9 selon le syst\u00e8me de classification FIGO et\/ou TNM et est localis\u00e9 dans 59% des cas, \u00e9tendu aux ganglions lymphatiques r\u00e9gionaux inguinof\u00e9moraux dans 31% des cas et d\u00e9j\u00e0 m\u00e9tastas\u00e9 \u00e0 distance dans 5% des cas. L&#8217;\u00e2ge moyen de survenue de la maladie est de 68 ans, le cancer de la vulve \u00e9tant le plus souvent diagnostiqu\u00e9 entre 75 et 84 ans. Dans 15% des nouveaux cas, il appara\u00eet d\u00e9j\u00e0 entre 45 et 54 ans.<\/p>\n<p>50% des cancers de la vulve sont associ\u00e9s au papillomavirus humain (HPV), l&#8217;HPV&nbsp;16 \u00e9tant le type le plus fr\u00e9quent [2]. Les carcinomes HPV positifs sont plus fr\u00e9quents chez les jeunes patientes. Le fait qu&#8217;un cancer soit associ\u00e9 ou non \u00e0 l&#8217;HPV semble \u00e9galement jouer un r\u00f4le dans le pronostic, les patientes atteintes de tumeurs HPV n\u00e9gatives ayant un moins bon pronostic que les patientes dont la tumeur est HPV positive [3,4]. Les carcinomes HPV n\u00e9gatifs sont souvent associ\u00e9s \u00e0 des dermatoses vulvaires.<\/p>\n<h2 id=\"prevention\">Pr\u00e9vention<\/h2>\n<p>La pr\u00e9vention d&#8217;un carcinome est toujours pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 son traitement. Cela ne vaut pas seulement, mais aussi pour le cancer de la vulve. Il n&#8217;existe pas de m\u00e9thode de d\u00e9pistage reconnue pour la d\u00e9tection des l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses de la vulve. Cependant, un contr\u00f4le gyn\u00e9cologique annuel comprend obligatoirement une anamn\u00e8se concernant les sympt\u00f4mes vulvaires tels que le prurit ou les br\u00fblures et l&#8217;inspection de toute la r\u00e9gion anog\u00e9nitale, y compris la vulve, le p\u00e9rin\u00e9e, la r\u00e9gion p\u00e9rianale et le vagin.<\/p>\n<p>Les carcinomes vulvaires associ\u00e9s \u00e0 l&#8217;HPV se d\u00e9veloppent par l&#8217;interm\u00e9diaire de pr\u00e9curseurs, comme le carcinome du col de l&#8217;ut\u00e9rus. Le traitement de ces stades pr\u00e9canc\u00e9reux permet d&#8217;\u00e9viter la formation d&#8217;un carcinome. Cependant, moins de 10% de toutes les l\u00e9sions intra\u00e9pith\u00e9liales vulvaires de haut grade \u00e9voluent vers un carcinome [5] et il manque toujours un marqueur pour identifier les patientes \u00e0 haut risque de d\u00e9velopper un carcinome. Pour cette raison, toutes les l\u00e9sions intra\u00e9pith\u00e9liales de haut grade de la vulve doivent \u00eatre trait\u00e9es. Le traitement de choix est aujourd&#8217;hui l&#8217;immunomodulateur imiquimod, m\u00eame si ce traitement reste un &#8220;off label use&#8221;.<\/p>\n<p>Comme pour le cancer du col de l&#8217;ut\u00e9rus, la consommation de nicotine et l&#8217;immunosuppression sont des facteurs de risque importants pour les cancers de la vulve associ\u00e9s \u00e0 l&#8217;HPV. Et comme pour le cancer du col de l&#8217;ut\u00e9rus, la vaccination contre le HPV permettrait d&#8217;\u00e9viter une grande partie des cancers de la vulve.<\/p>\n<p>Outre la multifocalit\u00e9, avec souvent plusieurs sites dysplasiques sur la vulve, il faut \u00e9galement tenir compte de la multicentricit\u00e9. Pour exclure les dysplasies de l&#8217;anus, du p\u00e9rin\u00e9e, du vagin et du col de l&#8217;ut\u00e9rus, celles-ci doivent \u00e9galement \u00eatre \u00e9valu\u00e9es par colposcopie et faire l&#8217;objet d&#8217;examens compl\u00e9mentaires appropri\u00e9s, comme la cytologie cervicale.<\/p>\n<p>En revanche, les l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses de la vulve HPV n\u00e9gatif sont difficiles \u00e0 d\u00e9tecter, car elles sont rapidement et beaucoup plus souvent \u00e9volutives. Les carcinomes vulvaires qui se d\u00e9veloppent sur le terrain d&#8217;une dermatose vulvaire (le plus souvent le lichen scl\u00e9reux) peuvent \u00eatre pr\u00e9venus par un traitement d&#8217;entretien \u00e0 long terme avec des corticost\u00e9ro\u00efdes locaux d&#8217;intensit\u00e9 moyenne [6], comme le recommandent les lignes directrices europ\u00e9ennes pour le lichen scl\u00e9reux.<\/p>\n<h2 id=\"diagnostic\">Diagnostic<\/h2>\n<p>En cas de d\u00e9couverte d&#8217;une vulve anormale, il convient toujours de proc\u00e9der \u00e0 un examen colposcopique minutieux de l&#8217;ensemble de la vulve. Toutes les l\u00e9sions suspectes sont biopsi\u00e9es s\u00e9par\u00e9ment. Dans le cas des carcinomes vulvaires associ\u00e9s \u00e0 l&#8217;HPV en particulier, on trouve souvent des dysplasies multifocales de haut grade. Il faut alors proc\u00e9der \u00e0 ce que l&#8217;on appelle une &#8220;cartographie de la vulve&#8221; avec des poin\u00e7ons de peau sur toutes les zones suspectes. L&#8217;histologie de la biopsie \u00e0 l&#8217;emporte-pi\u00e8ce doit \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e par un laboratoire d&#8217;anatomie pathologique exp\u00e9riment\u00e9 et doit inclure l&#8217;indication du type histologique et de la profondeur de l&#8217;invasion. La pr\u00e9paration pr\u00e9op\u00e9ratoire comprend \u00e9galement une documentation claire de l&#8217;emplacement de la l\u00e9sion, y compris sa taille, sa distance par rapport \u00e0 la ligne m\u00e9diane, au clitoris, \u00e0 l&#8217;anus, au vagin et \u00e0 l&#8217;ur\u00e8tre. Pour identifier une \u00e9ventuelle extension lymphog\u00e8ne, il est utile de proc\u00e9der \u00e0 une palpation clinique approfondie et, en l&#8217;absence d&#8217;atteinte clinique des ganglions lymphatiques de l&#8217;aine, soit \u00e0 une \u00e9chographie, soit \u00e0 un PET-CT, soit \u00e0 une IRM. En cas de m\u00e9tastases \u00e0 distance, l&#8217;examen par scanner thorax\/abdomen\/bassin est d\u00e9terminant pour exclure une \u00e9ventuelle maladie avanc\u00e9e. Une patiente atteinte d&#8217;un cancer de la vulve doit \u00eatre prise en charge dans un centre anti-tumoral par une \u00e9quipe multidisciplinaire de gyn\u00e9cologie et d&#8217;oncologie [7].<\/p>\n<h2 id=\"therapie\">Th\u00e9rapie<\/h2>\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, le traitement de choix est l&#8217;excision locale radicale jusqu&#8217;au fascia profond avec une marge sans tumeur \u00e0 une distance macroscopique de 1&nbsp;cm. Pour s&#8217;en assurer, le tra\u00e7age de l&#8217;excisat doit \u00eatre effectu\u00e9 dans un \u00e9tat non tendu et, dans cet \u00e9tat, \u00eatre trac\u00e9 avec un espacement d&#8217;au moins 1&nbsp;cm. En cas de petites l\u00e9sions, une fermeture directe peut \u00eatre effectu\u00e9e. En raison de la situation souvent tendue de la peau, une plastie par lambeau, par exemple un lambeau de Limberg, est parfois n\u00e9cessaire dans la r\u00e9gion du p\u00e9rin\u00e9e. Cette technique consiste \u00e0 faire pivoter les tissus lat\u00e9ralement dans le d\u00e9faut. La plastie en V-Y est une autre possibilit\u00e9 de fermeture. Ce lambeau est particuli\u00e8rement adapt\u00e9 aux d\u00e9fauts de la r\u00e9gion ant\u00e9rieure de la vulve, car le tissu adipeux pr\u00e9sent dans la r\u00e9gion des mons pubis permet de bien couvrir le d\u00e9faut. Dans les d\u00e9fauts tr\u00e8s importants ou en situation de r\u00e9cidive, il peut \u00eatre n\u00e9cessaire de proc\u00e9der \u00e0 une fermeture par lambeau p\u00e9dicul\u00e9, qui mobilise non seulement le tissu adipeux sous-cutan\u00e9 et son apport sanguin, mais fait \u00e9galement pivoter une partie du muscle et son apport sanguin. Les exemples incluent le lambeau fasciocutan\u00e9 axial (par exemple du muscle gluteus maximus) ou les lambeaux myocutan\u00e9s (par exemple le tenseur du fascia latae ou le lambeau de Gracilis). En g\u00e9n\u00e9ral, l&#8217;excision doit toujours \u00eatre bien marqu\u00e9e et document\u00e9e par une photo, de sorte que le pathologiste puisse d\u00e9crire sans probl\u00e8me le r\u00e9sultat, y compris les bords de la s\u00e9dimentation.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9tude multicentrique r\u00e9trospective AGO-CaRE-1 a port\u00e9 sur 1681 patientes atteintes d&#8217;un cancer de la vulve et provenant de 29 centres de tumeurs gyn\u00e9cologiques. Aucun b\u00e9n\u00e9fice en termes de survie n&#8217;a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 pour une distance de r\u00e9section inf\u00e9rieure ou sup\u00e9rieure \u00e0 8&nbsp;mm [8,9], mais la tendance est \u00e0 un taux de r\u00e9cidive locale plus \u00e9lev\u00e9 pour une distance inf\u00e9rieure \u00e0 8 mm. Ces r\u00e9sultats n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9s en ce qui concerne l&#8217;augmentation du taux de r\u00e9cidive locale dans l&#8217;analyse multivari\u00e9e de l&#8217;\u00e9tude [10].<\/p>\n<p>On peut donc en conclure qu&#8217;une excision locale radicale est recommand\u00e9e, mais qu&#8217;elle peut \u00eatre plus petite au niveau du clitoris, de l&#8217;ur\u00e8tre ou de l&#8217;anus. Si la marge d&#8217;ex\u00e9r\u00e8se est envahie par la tumeur, la r\u00e9-ex\u00e9r\u00e8se est le premier choix pour la suite du traitement. En cas de maladie invasive multifocale, il faut proc\u00e9der soit \u00e0 une excision radicale de chaque l\u00e9sion, soit, dans de rares cas, \u00e0 une vulvectomie. Les stades avanc\u00e9s du cancer de la vulve doivent \u00eatre discut\u00e9s dans un cadre multidisciplinaire. Le traitement optimal doit \u00e9ventuellement \u00eatre trouv\u00e9 dans le sens d&#8217;une modalit\u00e9 th\u00e9rapeutique combin\u00e9e.<\/p>\n<h2 id=\"lymphonodectomie\">Lymphonodectomie<\/h2>\n<p>Un examen des ganglions lymphatiques inguinaux doit \u00eatre effectu\u00e9 pour tout cancer de la vulve d\u00e9passant le stade FIGO IA. Si la tumeur est situ\u00e9e dans la zone de la ligne m\u00e9diane, &lt;1&nbsp;cm par rapport \u00e0 la ligne m\u00e9diane, des petites l\u00e8vres ou du clitoris, les ganglions lymphatiques inguinaux doivent \u00eatre examin\u00e9s des deux c\u00f4t\u00e9s. Dans tous les autres cas, une lymphad\u00e9nectomie inguinof\u00e9morale ipsilat\u00e9rale est suffisante. Une lymphad\u00e9nectomie inguinof\u00e9morale implique toujours l&#8217;ablation des ganglions lymphatiques inguinaux et f\u00e9moraux superficiels et profonds, la conservation de la grande veine saph\u00e8ne \u00e9tant recommand\u00e9e.<\/p>\n<p>La lymphonectomie sentinelle est une technique dont la fr\u00e9quence augmente. Il s&#8217;agit d&#8217;une injection p\u00e9rivulvaire d&#8217;une substance radioactive ou, en option, d&#8217;une substance color\u00e9e. Le ganglion lymphatique sentinelle est ensuite identifi\u00e9. La vulve semble \u00eatre un endroit id\u00e9al pour une cartographie dite lymphatique, car la tumeur est facilement accessible et le drainage lymphatique primaire se dirige toujours vers l&#8217;aine. Les avantages de la lymphonectomie sentinelle sont \u00e9galement une r\u00e9duction de la dur\u00e9e de l&#8217;op\u00e9ration, une diminution des pertes de sang, une r\u00e9duction de la formation de lymphoc\u00e8les postop\u00e9ratoires et une r\u00e9duction du pourcentage d&#8217;\u0153d\u00e8me lymphatique. Cependant, la morbidit\u00e9 du lymph\u0153d\u00e8me d\u00e9pend g\u00e9n\u00e9ralement du site de la lymphonectomie et augmente \u00e9galement en raison de la n\u00e9cessit\u00e9 de poursuivre la radioth\u00e9rapie postop\u00e9ratoire [11].<\/p>\n<p>Dans l&#8217;\u00e9tude GROINSS-V, Van der Zee a examin\u00e9 403 patientes atteintes d&#8217;une petite tumeur pT1\/2. 259 patientes avaient un stade pN0 selon Sentinel. 42% des ganglions lymphatiques positifs ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9s par \u00e9chographie et 2,3% des patientes ont pr\u00e9sent\u00e9 des r\u00e9cidives inguinales. Cependant, les patientes pr\u00e9sentaient globalement une morbidit\u00e9 significativement plus faible en termes de troubles de la cicatrisation, d&#8217;infections, de dur\u00e9e m\u00e9diane d&#8217;hospitalisation et de lymph\u0153d\u00e8me [12,13]. Il existe quelques \u00e9tudes comparables, \u00e0 savoir le GOG 173 [14], qui a montr\u00e9 un taux de d\u00e9tection de faux n\u00e9gatifs de 4,4% chez 403 patientes, et une \u00e9tude AGO [15], qui a montr\u00e9 un taux de faux n\u00e9gatifs de 7,7% chez 127 patientes. Deux autres \u00e9tudes GROINSS ont donc \u00e9t\u00e9 men\u00e9es, GROINSS VI et GROINSS VII, qui ont examin\u00e9 l&#8217;\u00e9volution \u00e0 long terme et les m\u00e9tastases au moment de la r\u00e9cidive et n&#8217;ont pas montr\u00e9 d&#8217;augmentation du risque \u00e0 ce jour [16]. Les tumeurs multifocales ont toutefois \u00e9t\u00e9 exclues dans la plupart des \u00e9tudes.<\/p>\n<p>Le grand dilemme dans la d\u00e9cision d&#8217;une lymphonectomie sentinelle est que, d&#8217;un c\u00f4t\u00e9, les patientes dont les ganglions lymphatiques sont positifs mais manqu\u00e9s ont une tr\u00e8s grande probabilit\u00e9 de mourir de leur cancer de la vulve. D&#8217;autre part, les patientes dont l&#8217;aine n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 op\u00e9r\u00e9e de mani\u00e8re ad\u00e9quate d\u00e9c\u00e8dent \u00e9galement dans 87% des cas. L&#8217;\u00e9tude multicentrique AGO-CaRE-1 a \u00e9galement d\u00e9montr\u00e9 de mani\u00e8re impressionnante une diminution statistiquement significative de la survie chez les patientes dont les ganglions lymphatiques inguinaux \u00e9taient atteints par rapport \u00e0 celles qui ne l&#8217;\u00e9taient pas [17,18].<\/p>\n<p>Les lignes directrices d&#8217;ESGO ont \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9es en cons\u00e9quence. Pour les tumeurs unifocales de moins de 4&nbsp;cm sans ganglions lymphatiques inguinaux suspects cliniquement et\/ou \u00e0 l&#8217;imagerie, une lymphonectomie sentinelle peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e. Il est toutefois important de v\u00e9rifier initialement les ganglions lymphatiques faussement n\u00e9gatifs, ce qui est recommand\u00e9 \u00e0 tous les centres qui commencent \u00e0 pratiquer la lymphonectomie sentinelle, c&#8217;est-\u00e0-dire \u00e0 r\u00e9aliser \u00e0 la fois la lymphonectomie sentinelle et la lymphonectomie inguinof\u00e9morale.<\/p>\n<h2 id=\"radio-et-chimiotherapie\">Radio- et chimioth\u00e9rapie<\/h2>\n<p>La radioth\u00e9rapie adjuvante est la norme pour les cancers de la vulve m\u00e9tastas\u00e9s au niveau inguinal ou \u00e9tendus de mani\u00e8re extracapsulaire. L&#8217;\u00e9tude CaRE-1 montre de mani\u00e8re impressionnante qu&#8217;une radioth\u00e9rapie adjuvante entra\u00eene une am\u00e9lioration de la survie sans progression (p=0,004) [17]. La m\u00eame tendance s&#8217;applique \u00e0 la survie globale, mais la diff\u00e9rence n&#8217;est plus statistiquement significative. La radioth\u00e9rapie doit \u00eatre effectu\u00e9e le plus rapidement possible apr\u00e8s le traitement chirurgical et, dans tous les cas, l&#8217;intervalle entre les deux doit \u00eatre inf\u00e9rieur \u00e0 six semaines. Si l&#8217;examen anatomopathologique r\u00e9v\u00e8le des marges de r\u00e9section positives et qu&#8217;une r\u00e9section chirurgicale ult\u00e9rieure ne semble pas possible, une radioth\u00e9rapie postop\u00e9ratoire est recommand\u00e9e.<\/p>\n<p>La radioth\u00e9rapie adjuvante pour les ganglions lymphatiques inguinaux positifs doit couvrir l&#8217;aine ipsilat\u00e9rale et les ganglions lymphatiques pelviens. Le champ de rayonnement doit alors atteindre le niveau de la bifurcation de l&#8217;art\u00e8re iliaque commune. Bien que cela ne soit pas \u00e9tabli, d&#8217;autres carcinomes \u00e9pidermo\u00efdes, tels que les carcinomes du col de l&#8217;ut\u00e9rus, ORL et anal, pourraient sugg\u00e9rer qu&#8217;une chimioth\u00e9rapie radiosensibilisante avec du cisplatine en compl\u00e9ment pourrait \u00eatre b\u00e9n\u00e9fique.<\/p>\n<p>La chimioradiation n\u00e9oadjuvante constitue un nouvel aspect du traitement des cancers avanc\u00e9s de la vulve. Les donn\u00e9es d&#8217;une \u00e9tude r\u00e9cente montrent de mani\u00e8re impressionnante que la survie globale apr\u00e8s l&#8217;administration hebdomadaire de cisplatine et de radioth\u00e9rapie dans le cadre d&#8217;un traitement n\u00e9oadjuvant pr\u00e9sente une diff\u00e9rence statistiquement significative par rapport \u00e0 une r\u00e9ponse incompl\u00e8te en cas de r\u00e9mission pathologique compl\u00e8te [19]. La r\u00e9ponse \u00e0 la chimioradiation n\u00e9oadjuvante est donc un bon indicateur du pronostic de la patiente. La chimioradiation n\u00e9oadjuvante constitue donc une bonne option pour \u00e9viter une intervention exent\u00e9rative \u00e9ventuellement lourde mais inefficace.<\/p>\n<p>Il n&#8217;existe pas d&#8217;\u00e9tude de phase III pour la chimioradioth\u00e9rapie en situation adjuvante (niveau de preuve C). Cependant, la chimioradiatio avec une escalade de radioth\u00e9rapie est le choix de traitement pour les patientes dont la maladie n&#8217;est pas r\u00e9s\u00e9cable. Le m\u00e9dicament de chimioth\u00e9rapie de premi\u00e8re intention n&#8217;a pas fait l&#8217;objet d&#8217;une \u00e9tude prospective randomis\u00e9e. Pour cette question, il existe toutefois de grandes donn\u00e9es issues d&#8217;une \u00e9tude US National Cancer Database, qui a compar\u00e9 des analyses r\u00e9trospectives bas\u00e9es sur la population de 1324 patientes sans chimioth\u00e9rapie contre 473 patientes avec chimioth\u00e9rapie. Il y avait une diff\u00e9rence statistiquement significative dans la survie (p&lt;0,001) [20]. La substance th\u00e9rapeutique pr\u00e9sentant le plus de preuves est le cisplatine [21], mais des substances telles que la mitamycine\/le fluorouracile, le carboplatine\/l&#8217;ifosfamide, l&#8217;erlotinib et le b\u00e9vacizumab sont \u00e9galement en discussion [22,23]. Il convient toutefois de noter que les donn\u00e9es relatives au traitement syst\u00e9mique sont si insuffisantes que les guidelines ne proposent pas de pr\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<h2 id=\"suivi-des-tumeurs\">Suivi des tumeurs<\/h2>\n<p>Le suivi optimal des tumeurs en cas de cancer de la vulve n&#8217;est pas scientifiquement prouv\u00e9. Les directives ESGO 2016 recommandent, apr\u00e8s un traitement chirurgical primaire, un premier contr\u00f4le apr\u00e8s six \u00e0 huit semaines, puis tous les trois mois pendant deux ans, tous les six mois jusqu&#8217;\u00e0 cinq ans et ensuite tous les ans \u00e0 vie, car des r\u00e9cidives tardives peuvent survenir. L&#8217;examen clinique pendant ces contr\u00f4les de suivi doit toujours inclure toute la r\u00e9gion anog\u00e9nitale, y compris la vulve, le p\u00e9rin\u00e9e, la r\u00e9gion p\u00e9rianale, le vagin, le col de l&#8217;ut\u00e9rus et la r\u00e9gion inguinale des deux c\u00f4t\u00e9s.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>Le carcinome de la vulve est un carcinome plut\u00f4t rare.<\/li>\n<li>50% des cancers de la vulve sont associ\u00e9s au papillomavirus humain (HPV), l&#8217;HPV 16 \u00e9tant le type le plus fr\u00e9quent.<\/li>\n<li>Dans le cas du cancer de la vulve, la pr\u00e9vention vaut \u00e9galement mieux que la th\u00e9rapie.<\/li>\n<li>En cas de d\u00e9couverte d&#8217;une vulve anormale, il convient toujours de proc\u00e9der \u00e0 un examen colposcopique minutieux de l&#8217;ensemble de la vulve. Toutes les l\u00e9sions suspectes sont biopsi\u00e9es s\u00e9par\u00e9ment.<\/li>\n<li>Une patiente atteinte d&#8217;un cancer de la vulve doit \u00eatre prise en charge dans un centre anti-tumoral par une \u00e9quipe multidisciplinaire de gyn\u00e9cologie et d&#8217;oncologie.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\nLitt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>NICER : www.nicer.org<\/li>\n<li>Jemal A, et al : Rapport annuel \u00e0 la nation sur la situation du cancer, 1975-2009, pr\u00e9sentant la charge et les tendances des cancers associ\u00e9s au papillomavirus humain (HPV) et les niveaux de couverture de la vaccination contre le HPV. J Natl Cancer Inst 2013 ; 105 (3) : 175-201.<\/li>\n<li>Monk BJ, et al : Signification pronostique de l&#8217;ADN du papillomavirus humain dans le carcinome vulvaire. Obstet Gynecol 1995 ; 85 : 709-715.<\/li>\n<li>Rodrigues IS, et al. : \u00c9v\u00e9nements de type transition \u00e9pith\u00e9lio-m\u00e9senchymateuse dans le cancer vulvaire et sa relation avec l&#8217;HPV. Br J Cancer 2013 ; 109(1) : 184-194.<\/li>\n<li>Van Seters M, van Beurden M, de Craen AJ : Is the assumed natural history of vulvar intraepithelial neoplasia III based on enough evidence ? A systematic review of 3322 published patients. Gynecol Oncol 2005 ; 97(2) : 645-651.<\/li>\n<li>Lee A, Bradford J, Fischer G : Gestion \u00e0 long terme du lichen scl\u00e9reux vulvaire adulte. Jama Dermatol 2015 ; 151(10) : 1061-1067.<\/li>\n<li>Lignes directrices ESGO 2016 : https:\/\/guidelines.esgo.org\/vulvar-cancer\/<\/li>\n<li>Woelber L, et al : Prise en charge clinique du cancer primaire de la vulve. Eur J Cancer 2011 ; 47(15) : 2315-2321.<\/li>\n<li>Mahner S, W\u00f6lber L : Surgery or topical therapy for vulval intraepithelial neoplasia. Lancet Oncol 2014 ; 15 (12) : 1287-1288.<\/li>\n<li>Woelber L, et al : Role of tumour-free margin distance for loco-regional control in vulvar cancer-a subset analysis of the Arbeitsgemeinschaft Gyn\u00e4kologische Onkologie CaRE-1 multicenter study. Eur J Cancer 2016 ; 69 : 180-188.<\/li>\n<li>Ryan M, et al : Aetiology and prevalence of lower limb lymphoedema following treatment for gynaecological cancer. Aust NZ Obstet Gynaecol 2003 ; 43(2) : 148-151.<\/li>\n<li>Van der Zee AG, et al : La dissection du ganglion sentinelle est sans danger dans le traitement du cancer vulvaire pr\u00e9coce. J Clin Oncol 2008 ; 26(6) : 884-889.<\/li>\n<li>Oonk MH, et al : Taille des m\u00e9tastases du ganglion sentinelle et chances d&#8217;implication du ganglion non sentinelle et de survie dans le cancer vulvaire au stade pr\u00e9coce : r\u00e9sultats de GROINSS-V, une \u00e9tude observationnelle multicentrique. Lancet Oncol 2010 ; 11(7) : 646-652.<\/li>\n<li>Levenbeck CF, et al : Lymphatic mapping and sentinel lymph node biopsiy in women with squamous cell carcinoma of the vulva : a gynecologic oncology group study. J Clin Oncol 2012 Nov 1 ; 30(31) : 3786-3791.<\/li>\n<li>Hampl M, et al : New aspects of vulvar cancer : changes in localization and age of onset. Gynecol Oncol 2008 ; 109(3) : 340-345.<\/li>\n<li>Te Grootenhuis NC, et al : Sentinel nodes in vulvar cancer : Long-term follow-up of the GROningen INternational Study on Sentinel nodes in Vulvar cancer (GROINSS-V) I. Gynecol Oncol 2016 ; 140(1) : 8-14.<\/li>\n<li>Mahner S, et al : Adjuvant therapy in lymph node-positive vulvar cancer : the AGO-CaRE-1 study. J Natl Cancer Inst 2015 ; 107(3) : pii : dju426.<\/li>\n<li>Woelber L, et al : R\u00f4le pronostique des m\u00e9tastases ganglionnaires dans le cancer de la vulve et implications pour le traitement adjuvant. Int J Gynecol Cancer 2012 ; 22(3) : 503-508.<\/li>\n<li>Moore DH, et al : A phase II trial of radiation therapy and weekly cisplatin chemotherapy for the treatment of locally-avanced squamous cell carcinoma of the vulva : a gynecologic oncology group study. Gynecol Oncol 2012 ; 124(3) : 529-533.<\/li>\n<li>Gil BS, et al : Impact de la chimioth\u00e9rapie adjuvante avec radioth\u00e9rapie pour le cancer vulvaire \u00e0 ganglions positifs : une analyse de la base de donn\u00e9es nationale sur le cancer. Gynecol Oncol 2015 ; 137(3) : 365-372.<\/li>\n<li>Rose PG, Bundy BN, Watkins EB : Radioth\u00e9rapie et chimioth\u00e9rapie concomitantes \u00e0 base de cisplatine pour le cancer cervical localement avanc\u00e9. N Engl J Med 1999 ; 340 : 1144-1153.<\/li>\n<li>Horowitz NS, et al : Phase II trial of erlotinib in women with squamous cell carcinoma of the vulva. Gynecol Oncol 2012 ; 127(1) : 141-146.<\/li>\n<li>Monk BJ, et al : Phase II trial of bevacizumab in the treatment of persistent or recurrent squamous cell carcinoma of the cervix : a gynecologic oncology group study. J Clin Oncol 2009 ; 27(7) : 1069-1074.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c9MATOLOGIE 2017 ; 5(2) : 16-19<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le carcinome de la vulve est un carcinome plut\u00f4t rare. L\u00e0 encore, la pr\u00e9vention est pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 la th\u00e9rapie. 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