{"id":339839,"date":"2017-05-16T02:00:00","date_gmt":"2017-05-16T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/recherche-sur-les-changements-structurels-et-fonctionnels-du-cerveau\/"},"modified":"2017-05-16T02:00:00","modified_gmt":"2017-05-16T00:00:00","slug":"recherche-sur-les-changements-structurels-et-fonctionnels-du-cerveau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/recherche-sur-les-changements-structurels-et-fonctionnels-du-cerveau\/","title":{"rendered":"Recherche sur les changements structurels et fonctionnels du cerveau"},"content":{"rendered":"<p><strong>Dans le cas des douleurs lombaires chroniques, des modifications structurelles et fonctionnelles du cerveau ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9es, qui sont li\u00e9es \u00e0 la dur\u00e9e de la douleur. Les signatures neurologiques identifi\u00e9es \u00e0 l&#8217;aide de l&#8217;imagerie moderne devraient \u00e0 l&#8217;avenir jouer un r\u00f4le de soutien dans la pr\u00e9vention des lombalgies chroniques.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Pourquoi certaines personnes souffrent-elles souvent de maux de dos alors qu&#8217;il ne semble pas y avoir de blessure ou de maladie apparente ? Ce mal de dos non sp\u00e9cifique, g\u00e9n\u00e9ralement une douleur dans la r\u00e9gion lombaire et souvent aussi dans les fesses (en anglais &#8220;non-specific low back pain&#8221;), repr\u00e9sente la forme la plus courante de mal de dos : Dans 85% des cas, il n&#8217;est pas possible de poser un diagnostic pr\u00e9cis et bas\u00e9 sur l&#8217;anatomie pathologique [1]. Il est important de noter que la pr\u00e9sence de douleurs dorsales non sp\u00e9cifiques ne signifie pas qu&#8217;il s&#8217;agit de douleurs d&#8217;origine psychosomatique, mais simplement que des maladies physiques s\u00e9rieuses peuvent \u00eatre exclues comme cause. Il est compr\u00e9hensible que de nombreux patients et cliniciens ne soient pas satisfaits du diagnostic de &#8220;lombalgie non sp\u00e9cifique&#8221;, alors qu&#8217;il est commun\u00e9ment admis que la lombalgie peut \u00eatre trait\u00e9e sp\u00e9cifiquement en fonction de son origine pr\u00e9sum\u00e9e (par exemple, \u00e0 partir d&#8217;un disque, d&#8217;une facette ou d&#8217;une articulation sacro-iliaque). Bien que le traitement soit souvent utile, il n&#8217;existe \u00e0 ce jour aucune preuve claire qu&#8217;une &#8220;classification&#8221; bas\u00e9e sur l&#8217;origine augmente significativement le succ\u00e8s du traitement [2]. De plus, les sympt\u00f4mes d&#8217;un mal de dos aigu s&#8217;am\u00e9liorent g\u00e9n\u00e9ralement spontan\u00e9ment, avec ou sans traitement. Cependant, chez 10 \u00e0 15% des patients, le probl\u00e8me se chronicise. On parle de lombalgie chronique lorsque la douleur dure plus de trois mois. La plupart des directives de traitement recommandent, pour les lombalgies chroniques, l&#8217;\u00e9ducation du patient \u00e0 la douleur, l&#8217;activit\u00e9 physique et la physioth\u00e9rapie, les interventions pharmacologiques avec des anti-inflammatoires non st\u00e9ro\u00efdiens et des opio\u00efdes (pour une courte p\u00e9riode) et la manipulation spinale (par exemple, la chiropratique) [3]. Le taux de r\u00e9ussite des interventions invasives (par ex. spondylod\u00e8se) pour les douleurs dorsales chroniques n&#8217;est g\u00e9n\u00e9ralement pas meilleur que celui des traitements conservateurs [4].<\/p>\n<p>Les co\u00fbts de la sant\u00e9 li\u00e9s aux maux de dos sont \u00e9galement int\u00e9ressants : Selon une \u00e9tude de l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique (2011), les maladies de l&#8217;appareil locomoteur occupent la premi\u00e8re place en termes de co\u00fbts indirects sur&nbsp;avec plus de 12&nbsp;milliards de francs par an, dont environ 7,5 milliards pour les maux de dos chroniques. Une r\u00e9cente conf\u00e9rence internationale sur la sant\u00e9 a d\u00e9fini le mal de dos comme la plus grande souffrance au monde, mesur\u00e9e par le nombre d'&#8221;ann\u00e9es de vie avec un handicap&#8221; [5]. Ces faits indiquent qu&#8217;il est urgent de mener des recherches pour mieux comprendre la lombalgie chronique, en particulier la transition de l&#8217;\u00e9tat aigu \u00e0 l&#8217;\u00e9tat chronique et ses causes, afin de pouvoir proposer \u00e0 terme des programmes de pr\u00e9vention et des th\u00e9rapies plus efficaces.<\/p>\n<h2 id=\"sans-cerveau-pas-de-douleur\">Sans cerveau, pas de douleur<\/h2>\n<p>En raison des causes souvent non sp\u00e9cifiques, outre des facteurs p\u00e9riph\u00e9riques inconnus, il est possible que le cerveau soit impliqu\u00e9 dans la pathogen\u00e8se du mal de dos. La perception humaine de la douleur est un ph\u00e9nom\u00e8ne complexe qui r\u00e9sulte d&#8217;un traitement du syst\u00e8me nerveux central. Sans le cerveau et ses m\u00e9canismes complexes de traitement et de modulation de la douleur, la sensation subjective de douleur ne serait pas possible, car le cerveau n&#8217;est pas un simple r\u00e9cepteur passif d&#8217;informations nociceptives. Pourtant, le postulat du scientifique et philosophe fran\u00e7ais Ren\u00e9 Descartes, vieux de pr\u00e8s de 400 ans et aujourd&#8217;hui d\u00e9pass\u00e9, selon lequel une piq\u00fbre dans le doigt d\u00e9clenche une r\u00e9action de douleur toujours identique dans le cerveau, est toujours tenace. De plus, si la cause de la douleur est inconnue, on fait encore souvent appel \u00e0 la dichotomie de Descart entre le corps et l&#8217;\u00e2me, ce qui oriente les soup\u00e7ons vers une douleur imaginaire ou simul\u00e9e. Nous savons aujourd&#8217;hui que la douleur peut \u00eatre ressentie sans la pr\u00e9sence d&#8217;une source nociceptive &#8211; mais l&#8217;inverse peut \u00e9galement se produire. En outre, il est de plus en plus \u00e9vident que la douleur (dorsale) chronique est li\u00e9e non seulement \u00e0 d&#8217;\u00e9ventuels facteurs p\u00e9riph\u00e9riques, mais aussi \u00e0 des changements dans le cerveau. Mais comment ? Ces modifications sont-elles pertinentes par rapport \u00e0 la douleur ou ne sont-elles que des effets secondaires ?<\/p>\n<h2 id=\"modifications-cerebrales-dans-la-douleur-chronique\">Modifications c\u00e9r\u00e9brales dans la douleur chronique<\/h2>\n<p>Ci-dessous, les modifications du cerveau sont divis\u00e9es en modifications structurelles et fonctionnelles, sachant que cette division ne peut pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme strictement dichotomique et que, par exemple, des modifications fonctionnelles peuvent aller de pair avec des modifications structurelles.<\/p>\n<p><strong>Modifications structurelles : <\/strong>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, un grand nombre d&#8217;\u00e9tudes ont montr\u00e9 que des modifications structurelles du cerveau sous forme de changements de volume de la substance grise et de la substance blanche se produisent chez les patients souffrant de douleurs chroniques. Dans la suite de cet article, nous nous concentrerons sur les modifications de la mati\u00e8re grise, car il existe beaucoup plus de preuves scientifiques \u00e0 ce sujet. Par rapport \u00e0 des contr\u00f4les sains, les patients souffrant de douleurs chroniques pr\u00e9sentent des modifications de la mati\u00e8re grise dans plusieurs r\u00e9gions du cerveau. Des modifications sont souvent rapport\u00e9es dans le cortex pr\u00e9frontal dorsolat\u00e9ral, le thalamus, le tronc c\u00e9r\u00e9bral, l&#8217;\u00eelot de Langerhans, le cortex somatosensoriel primaire (S1) et le cortex pari\u00e9tal<strong> (Fig.&nbsp;1).<\/strong> Le consensus des chercheurs s&#8217;arr\u00eate toutefois \u00e0 cette observation. Beaucoup de choses restent floues et sp\u00e9culatives.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-8589\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/abb1_np3_s5.jpg\" style=\"height:519px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"713\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/abb1_np3_s5.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/abb1_np3_s5-800x519.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/abb1_np3_s5-120x78.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/abb1_np3_s5-90x58.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/abb1_np3_s5-320x207.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/abb1_np3_s5-560x363.jpg 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans ce contexte, une \u00e9tude de l&#8217;universit\u00e9 de Hambourg [6] a examin\u00e9 deux questions importantes : 1.&nbsp;Ces changements observ\u00e9s sont-ils r\u00e9versibles et 2. ces changements sont-ils la cons\u00e9quence ou la cause de la douleur chronique ? Pour r\u00e9pondre \u00e0 ces questions, les auteurs ont utilis\u00e9 la morphom\u00e9trie bas\u00e9e sur les voxels des donn\u00e9es d&#8217;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique du cerveau (scanners c\u00e9r\u00e9braux structurels), une m\u00e9thode fr\u00e9quemment utilis\u00e9e pour \u00e9tudier l&#8217;\u00e9paisseur\/la densit\u00e9 de la mati\u00e8re grise. Pour ce faire, nous avons examin\u00e9 des patients (n=32) souffrant d&#8217;arthrose de la hanche, une plainte dont l&#8217;origine p\u00e9riph\u00e9rique est clairement \u00e9tablie et qui s&#8217;am\u00e9liore g\u00e9n\u00e9ralement apr\u00e8s la pose d&#8217;une proth\u00e8se articulaire (88% des patients ne ressentent aucune douleur apr\u00e8s la pose d&#8217;une proth\u00e8se articulaire) [7]. Les r\u00e9sultats ont confirm\u00e9 les constatations sur la neuroplasticit\u00e9 d&#8217;autres tableaux de douleur chronique : Par rapport \u00e0 un groupe t\u00e9moin, les patients ont pr\u00e9sent\u00e9 des changements significatifs dans la mati\u00e8re grise dans une vari\u00e9t\u00e9 de r\u00e9gions du cerveau. Un autre groupe de patients (n=10) a \u00e9t\u00e9 examin\u00e9 \u00e0 nouveau 16 \u00e0 18 semaines apr\u00e8s l&#8217;op\u00e9ration de la hanche et ces scanners c\u00e9r\u00e9braux ont \u00e9t\u00e9 compar\u00e9s aux scanners c\u00e9r\u00e9braux pr\u00e9op\u00e9ratoires. Dans ce cas, les chercheurs ont d\u00e9couvert une augmentation de la mati\u00e8re grise dans des r\u00e9gions du cerveau qui pr\u00e9sentaient une atrophie de la mati\u00e8re grise en pr\u00e9op\u00e9ratoire et qui ont \u00e0 nouveau augment\u00e9 en postop\u00e9ratoire. Cela sugg\u00e8re que certaines des modifications c\u00e9r\u00e9brales observ\u00e9es sont r\u00e9versibles, mais cela ne concernait pas toutes les r\u00e9gions du cerveau \u00e9tudi\u00e9es. De plus, il aurait \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire de comparer le groupe de patients postop\u00e9ratoires avec les contr\u00f4les sains afin de montrer qu&#8217;il n&#8217;y a plus de changement entre ces groupes en termes de densit\u00e9 de la mati\u00e8re grise. Cependant, les auteurs concluent raisonnablement que les changements dans la mati\u00e8re grise sont une cons\u00e9quence de la douleur chronique et non la cause. Il convient toutefois d&#8217;\u00eatre prudent car, comme les auteurs le soulignent \u00e0 juste titre, l&#8217;\u00e9limination du &#8220;g\u00e9n\u00e9rateur nociceptif p\u00e9riph\u00e9rique&#8221; ne modifie pas seulement la perception de la douleur chez les patients, mais \u00e9galement leur mode de vie, avec des activit\u00e9s sociales et sportives. On ne peut donc pas affirmer de mani\u00e8re d\u00e9finitive que l&#8217;inversion des modifications de la substance grise est une cons\u00e9quence de la r\u00e9duction de la douleur. N\u00e9anmoins, sur la base de ces \u00e9tudes et d&#8217;autres similaires, de plus en plus d&#8217;\u00e9l\u00e9ments indiquent que ces changements sont r\u00e9versibles avec un traitement efficace. De telles modifications de la substance grise sont \u00e9galement rapport\u00e9es dans des tableaux de douleur sans source nociceptive \u00e9vidente, par exemple dans la douleur fant\u00f4me, la fibromyalgie, la migraine ou le syndrome douloureux r\u00e9gional complexe. Par exemple, dans un groupe de patients souffrant de diff\u00e9rents types de douleurs chroniques, il a \u00e9t\u00e9 montr\u00e9 qu&#8217;une th\u00e9rapie cognitivo-comportementale de onze semaines entra\u00eenait une augmentation de la mati\u00e8re grise dans diff\u00e9rentes r\u00e9gions du cerveau (cortex pr\u00e9frontal, cingulum, cortex pari\u00e9tal et somatosensoriel). Ces changements \u00e9taient \u00e9troitement li\u00e9s au succ\u00e8s du traitement, notamment \u00e0 la r\u00e9duction de la douleur et \u00e0 son importance (catastrophisme) [8]. De plus, chez les patients souffrant de lombalgie chronique, l&#8217;entra\u00eenement \u00e0 la discrimination sensorielle, qui consiste \u00e0 effectuer des exercices tactiles et sensori-moteurs cibl\u00e9s, semble avoir des effets positifs sur la neuroplasticit\u00e9 et la perception de la douleur [9].<\/p>\n<p><strong>changements fonctionnels :<\/strong> Il y a quatre ans, une \u00e9quipe de chercheurs de l&#8217;Universit\u00e9 de Chicago a publi\u00e9 des r\u00e9sultats fascinants [10]. Gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique fonctionnelle (IRMf), les chercheurs ont compar\u00e9 l&#8217;activit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale de patients souffrant de douleurs dorsales depuis environ deux mois (aigu\u00ebs\/subaigu\u00ebs, n=94) \u00e0 celle de patients souffrant de douleurs dorsales depuis plus de dix ans (chroniques, n=59). En cas de douleur aigu\u00eb, on observe toujours un sch\u00e9ma d&#8217;activit\u00e9 c\u00e9r\u00e9bral particulier (\u00e9galement connu sous le nom de matrice de la douleur ou de signature neurologique de la douleur). Les patients souffrant de douleurs dorsales aigu\u00ebs pr\u00e9sentaient le sch\u00e9ma d&#8217;activit\u00e9 connu associ\u00e9 aux douleurs aigu\u00ebs. En comparaison, les patients souffrant de douleurs chroniques pr\u00e9sentaient un sch\u00e9ma d&#8217;activit\u00e9 diff\u00e9rent : Les r\u00e9gions du cerveau li\u00e9es \u00e0 la douleur aigu\u00eb ont montr\u00e9 moins d&#8217;activit\u00e9 neuronale, alors qu&#8217;une activit\u00e9 nettement plus importante a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e dans les r\u00e9gions associ\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u00e9motion (cortex pr\u00e9frontal, amygdale). Les auteurs ont \u00e9galement pu d\u00e9montrer le m\u00eame effet dans une \u00e9tude longitudinale : L&#8217;activit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale li\u00e9e \u00e0 la douleur a \u00e9volu\u00e9 vers une activit\u00e9 associ\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e9motion chez les patients qui sont devenus chroniques, mais pas chez ceux qui se sont r\u00e9tablis apr\u00e8s la phase aigu\u00eb. L&#8217;\u00e9tude a donc pu d\u00e9montrer concr\u00e8tement pour la premi\u00e8re fois que le mal de dos pr\u00e9sente des sch\u00e9mas d&#8217;activit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale diff\u00e9rents au stade aigu et au stade chronique. De plus, une signature neurologique changeante pourrait servir de biomarqueur pour identifier les personnes qui ont tendance \u00e0 devenir chroniques (mais il faut souligner que c&#8217;est encore de la musique d&#8217;avenir pour le moment).<\/p>\n<p>Ces r\u00e9sultats sont \u00e9tay\u00e9s par le fait que l&#8217;on sait que les facteurs psychosociaux jouent un r\u00f4le important dans la chronicisation des douleurs dorsales et que les facteurs somatiques passent de plus en plus au second plan. Le mod\u00e8le peur-\u00e9vitement, qui d\u00e9crit comment des croyances et des repr\u00e9sentations cognitives d\u00e9favorables peuvent influencer n\u00e9gativement le d\u00e9veloppement de la maladie en cas de douleurs li\u00e9es au mouvement, est particuli\u00e8rement important. Nous sommes d\u00e9sormais en mesure d&#8217;\u00e9tudier et de cartographier ces processus dans le cerveau.<\/p>\n<p>Dans la derni\u00e8re \u00e9tude IRMf de notre groupe de recherche, nous avons examin\u00e9 20 patients souffrant de lombalgie chronique et pr\u00e9sentant des comportements d&#8217;\u00e9vitement de la peur d&#8217;intensit\u00e9 variable (mesur\u00e9s \u00e0 l&#8217;aide de questionnaires bien valid\u00e9s) et nous nous sommes concentr\u00e9s sur la connectivit\u00e9 de deux r\u00e9gions c\u00e9r\u00e9brales fortement impliqu\u00e9es dans la modulation supraspinale de la douleur <strong>(Fig.&nbsp;2) :<\/strong> Le gris p\u00e9riaquatique (PAG) et l&#8217;amygdale. Pendant les enregistrements IRMf, des vid\u00e9os standardis\u00e9es (d&#8217;une dur\u00e9e de 4 secondes) de mouvements potentiellement dangereux pour le dos dans la vie quotidienne (par exemple, passer l&#8217;aspirateur, ramasser un pot de fleurs lourd) ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es aux participants. Des mouvements neutres, tels qu&#8217;une marche confortable dans les escaliers, constituaient la condition de contr\u00f4le. L&#8217;analyse a montr\u00e9 que les patients pr\u00e9sentaient une connectivit\u00e9 amygdale-PAG significativement plus faible par rapport aux sujets t\u00e9moins sains. Toutefois, cela ne se produit que pendant le visionnage des vid\u00e9os potentiellement dangereuses, et non en condition neutre. De m\u00eame, l&#8217;intensit\u00e9 de cette connectivit\u00e9 \u00e9tait n\u00e9gativement corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 du comportement d&#8217;\u00e9vitement de la peur des patients : Plus le score au questionnaire \u00e9tait \u00e9lev\u00e9, plus la connectivit\u00e9 entre l&#8217;amygdale et le PAG \u00e9tait faible. Il s&#8217;agit probablement des premi\u00e8res indications sur la mani\u00e8re dont les comportements d&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 et d&#8217;\u00e9vitement, en tant que composante psychologique, influencent les syst\u00e8mes biologiques de modulation de la douleur et contribuent ainsi \u00e9ventuellement \u00e0 la chronicit\u00e9 des douleurs dorsales.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8590 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/abb2_np3_s6_0.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1102;height:801px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1102\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/abb2_np3_s6_0.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/abb2_np3_s6_0-800x800.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/abb2_np3_s6_0-80x80.png 80w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/abb2_np3_s6_0-120x120.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/abb2_np3_s6_0-90x90.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/abb2_np3_s6_0-320x320.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/abb2_np3_s6_0-560x560.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"questions-en-suspens-et-regard-vers-lavenir\">Questions en suspens et regard vers l&#8217;avenir<\/h2>\n<p>De nombreuses questions restent en suspens : Y a-t-il des changements sp\u00e9cifiques dans le cerveau en fonction du tableau de douleur chronique ou ces changements refl\u00e8tent-ils un effet g\u00e9n\u00e9ral dans tout type de douleur chronique ? Existe-t-il des changements qui peuvent \u00eatre caract\u00e9ris\u00e9s comme des facteurs de vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e0 la douleur chronique ?<\/p>\n<p>Les preuves actuelles indiquent clairement que le cerveau subit des modifications structurelles et fonctionnelles en cas de lombalgie chronique, mais nous ne savons pas encore exactement ce que ces modifications signifient. L&#8217;un des auteurs de cet article (PS) a dirig\u00e9 une \u00e9tude qui indique que plusieurs m\u00e9canismes peuvent entra\u00eener des modifications de la mati\u00e8re grise et que les processus neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratifs sont peu susceptibles d&#8217;en \u00eatre la cause [11]. De plus, la plupart des r\u00e9sultats des \u00e9tudes proviennent d&#8217;analyses de corr\u00e9lation qui ne permettent pas de tirer des conclusions causales. N\u00e9anmoins, ces signatures neurologiques pourraient \u00eatre utiles \u00e0 l&#8217;avenir pour identifier des sous-groupes de patients souffrant de lombalgie chronique ou encore pour d\u00e9terminer des facteurs de risque. Mais l&#8217;imagerie moderne pourrait \u00e9galement permettre de quantifier l&#8217;effet potentiel de la manipulation spinale sur le cerveau dans le cas de douleurs dorsales chroniques. Outre d&#8217;autres m\u00e9thodes prometteuses comme la spectroscopie fonctionnelle dans le proche infrarouge [12], la m\u00e9thodologie de l&#8217;imagerie fonctionnelle, en particulier l&#8217;IRMf, s&#8217;affine de plus en plus. De r\u00e9centes \u00e9tudes d&#8217;IRMf montrent des changements dans la structure du r\u00e9seau c\u00e9r\u00e9bral des patients souffrant de douleurs chroniques, qui se modifient sp\u00e9cifiquement en fonction de la dur\u00e9e de la douleur [13]. Il est d\u00e9sormais possible d&#8217;identifier les patients souffrant de lombalgie chronique uniquement \u00e0 l&#8217;aide de sch\u00e9mas d&#8217;activit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale et d&#8217;algorithmes sp\u00e9cifiques, avec une pr\u00e9cision de pr\u00e9diction de plus de 90% [14]. Si ces \u00e9tudes sont confirm\u00e9es dans plusieurs laboratoires de recherche \u00e0 travers le monde, de nouvelles conclusions et questions pourraient \u00eatre g\u00e9n\u00e9r\u00e9es au niveau individuel.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>Jusqu&#8217;\u00e0 85% des patients souffrant de lombalgie ne peuvent pas \u00eatre diagnostiqu\u00e9s avec pr\u00e9cision. Outre des facteurs p\u00e9riph\u00e9riques inconnus, le cerveau joue un r\u00f4le important.<\/li>\n<li>En cas de douleurs dorsales chroniques, des modifications structurelles et fonctionnelles du cerveau ont \u00e9t\u00e9 signal\u00e9es, qui sont li\u00e9es \u00e0 la dur\u00e9e de la douleur.<\/li>\n<li>Ces changements dans le cerveau sont r\u00e9versibles avec un traitement appropri\u00e9 et sont en corr\u00e9lation avec la r\u00e9duction de la douleur.<\/li>\n<li>Les signatures neurologiques identifi\u00e9es \u00e0 l&#8217;aide de l&#8217;imagerie moderne, qui sont sensibles au d\u00e9veloppement et \u00e0 l&#8217;\u00e9volution des douleurs dorsales, devraient jouer \u00e0 l&#8217;avenir un r\u00f4le de soutien dans la pr\u00e9vention des douleurs dorsales chroniques.&nbsp;<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Deyo RA, Weinstein JN : Low back pain. The New England journal of medicine 2001 ; 344 : 363-370.<\/li>\n<li>Kamper SJ, et al. : Treatment-based subgroups of low back pain : a guide to appraisal of research studies and a summary of current evidence. Meilleure pratique et recherche. Clinical rheumatology 2010 ; 24 : 181-191.<\/li>\n<li>Dagenais S, Tricco AC, Haldeman S : Synth\u00e8se des recommandations pour l&#8217;\u00e9valuation et la prise en charge de la lombalgie \u00e0 partir de lignes directrices r\u00e9centes de pratique clinique. The spine journal : official journal of the North American Spine Society 2010 ; 10 : 514-529.<\/li>\n<li>Maher C, Underwood M, Buchbinder R : Non-specific low back pain. Lancet (Londres, Angleterre) 2017 ; 389 : 736-747.<\/li>\n<li>Hoy D, et al : The global burden of low back pain : estimates from the Global Burden of Disease 2010 study. Annals of the rheumatic diseases 2014 ; 73 : 968-974.<\/li>\n<li>Rodriguez-Raecke R, et al. : La diminution de la mati\u00e8re grise c\u00e9r\u00e9brale dans la douleur chronique est la cons\u00e9quence et non la cause de la douleur. The Journal of neuroscience : the official journal of the Society for Neuroscience. 2009 ; 29 : 13746-13750.<\/li>\n<li>Nikolajsen L, et al : Chronic pain following total hip arthroplasty : a nationwide questionnaire study. Acta anaesthesiologica Scandinavica 2006 ; 50 : 495-500.<\/li>\n<li>Seminowicz DA, et al : Cognitive-behavioral therapy increases prefrontal cortex gray matter in patients with chronic pain. The journal of pain : official journal of the American Pain Society 2013 ; 14 : 1573-1584.<\/li>\n<li>Kalin S, Rausch-Osthoff AK, Bauer CM : Quel est l&#8217;effet de l&#8217;entra\u00eenement \u00e0 la discrimination sensorielle sur les douleurs lombaires chroniques ? Une revue syst\u00e9matique. BMC musculoskeletal disorders 2016 ; 17 : 143.<\/li>\n<li>Hashmi JA, et al. Shape shifting pain : la chronicisation de la douleur dorsale modifie la repr\u00e9sentation c\u00e9r\u00e9brale des circuits nociceptifs aux circuits \u00e9motionnels. Brain : a journal of neurology 2013 ; 136 : 2751-2768.<\/li>\n<li>Pomares FB, et al. : Histological Underpinnings of Grey Matter Changes in Fibromyalgia Investigated Using Multimodal Brain Imaging. The Journal of neuroscience : the official journal of the Society for Neuroscience 2017 ; 37 : 1090-1101.<\/li>\n<li>Vrana A, et al. : Traitement sensorimoteur cortical de la pression douloureuse chez les patients souffrant de lombalgie chronique &#8211; \u00c9tude de neuroimagerie optique utilisant la fNIRS. Frontiers in human neuroscience 2016 ; 10 : 578.<\/li>\n<li>Mansour A, et al : Disruption globale de l&#8217;ordre de classement : un hallmark de la douleur chronique. Scientific reports 2016 ; 6 : 34853.<\/li>\n<li>Callan D, et al : A tool for classifying individuals with chronic back pain : using multivariate pattern analysis with functional magnetic resonance imaging data. PloS one (2014) 9 : e98007.<\/li>\n<li>Cauda F, et al : Gray matter alterations in chronic pain : A network-oriented meta-analytic approach. Neuroimage Clin 2014 ; 4 : 676-686<\/li>\n<li>Meier ML, et al : The impact of pain-related fear on neural pathways of pain modulation in chronic low back pain. Rapports PAIN 2017.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2017 ; 15(3) : 4-8<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le cas des douleurs lombaires chroniques, des modifications structurelles et fonctionnelles du cerveau ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9es, qui sont li\u00e9es \u00e0 la dur\u00e9e de la douleur. Les signatures neurologiques identifi\u00e9es&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":66137,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Maux de dos chroniques","footnotes":""},"category":[11531,11383,11505,11549],"tags":[38636,23135,38620,38615,38606,38622,22039,38626],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-339839","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-formation-continue","category-neurologie-fr","category-rhumatologie","category-rx-fr","tag-amygdale","tag-colonne-vertebrale","tag-dos","tag-douleurs-dorsales-chroniques","tag-frais-de-sante","tag-gris-periaquatique","tag-maux-de-dos-fr","tag-pag-fr","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-04-27 00:45:20","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":339856,"slug":"ricerca-sui-cambiamenti-strutturali-e-funzionali-del-cervello","post_title":"Ricerca sui cambiamenti strutturali e funzionali del cervello","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/ricerca-sui-cambiamenti-strutturali-e-funzionali-del-cervello\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":339864,"slug":"investigacao-sobre-mudancas-estruturais-e-funcionais-no-cerebro","post_title":"Investiga\u00e7\u00e3o sobre mudan\u00e7as estruturais e funcionais no c\u00e9rebro","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/investigacao-sobre-mudancas-estruturais-e-funcionais-no-cerebro\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":339867,"slug":"investigacion-de-los-cambios-estructurales-y-funcionales-del-cerebro","post_title":"Investigaci\u00f3n de los cambios estructurales y funcionales del cerebro","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/investigacion-de-los-cambios-estructurales-y-funcionales-del-cerebro\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/339839","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=339839"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/339839\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/66137"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=339839"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=339839"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=339839"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=339839"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}