{"id":339930,"date":"2017-04-24T03:00:00","date_gmt":"2017-04-24T01:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/quelles-tumeurs-couper-lesquelles-traiter-localement-lesquelles-irradier\/"},"modified":"2017-04-24T03:00:00","modified_gmt":"2017-04-24T01:00:00","slug":"quelles-tumeurs-couper-lesquelles-traiter-localement-lesquelles-irradier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/quelles-tumeurs-couper-lesquelles-traiter-localement-lesquelles-irradier\/","title":{"rendered":"Quelles tumeurs couper, lesquelles traiter localement, lesquelles irradier ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>La norme pour les tumeurs \u00e9pith\u00e9liales est l&#8217;excision avec marge de s\u00e9curit\u00e9 et fermeture chirurgicale du d\u00e9faut. En outre, selon le type de tumeur et la situation, il existe des approches locales, radioth\u00e9rapeutiques et syst\u00e9miques. Chaque patient peut ainsi se voir proposer le traitement le plus appropri\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les tumeurs \u00e9pith\u00e9liales (&#8220;cancer blanc de la peau&#8221;) sont les tumeurs les plus fr\u00e9quentes chez l&#8217;homme. Le carcinome basocellulaire (CBC) est responsable d&#8217;environ 80% de toutes les tumeurs cutan\u00e9es non m\u00e9lanocytaires. Le type histologique le plus fr\u00e9quent est la forme nodulaire, devant les types scl\u00e9rodermiforme et superficiel. M\u00eame s&#8217;il est peu m\u00e9tastas\u00e9 (dans moins de 0,5% des cas), le CBC se d\u00e9veloppe localement de mani\u00e8re agressive. Un d\u00e9pistage pr\u00e9coce et un traitement coh\u00e9rent sont donc essentiels. Le risque individuel au cours de la vie de subir un CBC est de 30% pour les Caucasiens [1].<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me cancer blanc de la peau le plus fr\u00e9quent est le carcinome spinocellulaire (CSC). Celui-ci se d\u00e9veloppe souvent \u00e0 partir de k\u00e9ratoses actiniques (pr\u00e9canc\u00e9reuses). En Europe, il y a environ 30 nouveaux cas pour 100 000 personnes par an, mais les taux d&#8217;incidence sont en forte augmentation (50-200% au cours des 30 derni\u00e8res ann\u00e9es [2,3]). Le CSC peut rarement (dans 2 \u00e0 5% des cas) m\u00e9tastaser dans les ganglions lymphatiques r\u00e9gionaux et peut \u00e9galement former des m\u00e9tastases \u00e0 distance. En cas de m\u00e9tastases \u00e0 distance, le taux de survie m\u00e9dian est inf\u00e9rieur \u00e0 deux ans.<\/p>\n<p>En raison de l&#8217;augmentation rapide des cas de cancer de la peau en Suisse, les soignants sont de plus en plus souvent confront\u00e9s \u00e0 la question de savoir quelle forme de traitement est la plus appropri\u00e9e pour chaque patient. Cette d\u00e9cision est toujours guid\u00e9e par la radicalit\u00e9 du traitement de la tumeur, qui \u00e9vite au patient atteint de carcinome basocellulaire une r\u00e9cidive qui pourrait conduire \u00e0 un traitement plus pouss\u00e9, voire \u00e0 une tumeur ulc\u00e9reuse destructrice. Dans le cas du SZK, cela permet en outre de r\u00e9duire le risque de m\u00e9tastases.<\/p>\n<p>Mais d&#8217;autres aspects sont importants pour le patient : la fonction de la partie du corps concern\u00e9e doit \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9e dans la mesure du possible. De plus, comme ces tumeurs sont le plus souvent situ\u00e9es sur le visage, le r\u00e9sultat esth\u00e9tique apr\u00e8s l&#8217;ablation de la tumeur joue un r\u00f4le important pour de nombreuses personnes concern\u00e9es.<\/p>\n<h2 id=\"decoupe\">D\u00e9coupe<\/h2>\n<p>L&#8217;excision simple est la meilleure option de traitement pour une grande partie des tumeurs \u00e9pith\u00e9liales, car elle permet d&#8217;\u00e9liminer compl\u00e8tement la tumeur en une seule s\u00e9ance avec relativement peu d&#8217;efforts. De plus, le traitement histologique permet de documenter la totalit\u00e9 de l&#8217;ablation de la tumeur. Dans le cas de petites tumeurs cliniquement typiques, ce traitement peut \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9 simultan\u00e9ment \u00e0 des fins diagnostiques et curatives sans biopsie pr\u00e9alable. Les tumeurs doivent toujours \u00eatre excis\u00e9es avec une marge de s\u00e9curit\u00e9 en bonne sant\u00e9, bien qu&#8217;il n&#8217;y ait pas de consensus dans la litt\u00e9rature sur la taille des marges de s\u00e9curit\u00e9 n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-8554\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/abb1_dp2_s16_1.jpg\" style=\"height:336px; width:600px\" width=\"1098\" height=\"921\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/abb1_dp2_s16_1.jpg 1098w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/abb1_dp2_s16_1-800x671.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/abb1_dp2_s16_1-120x101.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/abb1_dp2_s16_1-90x75.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/abb1_dp2_s16_1-320x268.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/abb1_dp2_s16_1-560x470.jpg 560w\" sizes=\"(max-width: 1098px) 100vw, 1098px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour les carcinomes basocellulaires, la marge de s\u00e9curit\u00e9 doit g\u00e9n\u00e9ralement \u00eatre de 3 \u00e0 5 mm. Pour les CBC nodulaires <strong>(Fig. 1)<\/strong>, on obtient ainsi des taux de r\u00e9cidive inf\u00e9rieurs \u00e0 5%. Toutefois, en cas de CBC \u00e0 croissance infiltrante (cirrhose) <strong>(Fig. 2)<\/strong>, des distances de s\u00e9curit\u00e9 plus importantes sont n\u00e9cessaires pour pouvoir retirer les tumeurs de mani\u00e8re curative. Pour un taux de r\u00e9cidive inf\u00e9rieur \u00e0 5%, des distances de s\u00e9curit\u00e9 cliniques de 13-15 mm sont ici n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8555 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/abb2_dp2_s16.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/865;height:472px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"865\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/abb2_dp2_s16.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/abb2_dp2_s16-800x629.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/abb2_dp2_s16-120x94.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/abb2_dp2_s16-90x71.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/abb2_dp2_s16-320x252.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/abb2_dp2_s16-560x440.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le carcinome spinocellulaire n\u00e9cessite \u00e9galement des marges de s\u00e9curit\u00e9 plus importantes, de 5 \u00e0 7 mm, selon le degr\u00e9 de diff\u00e9renciation histologique.<\/p>\n<p>Le d\u00e9faut d&#8217;ex\u00e9r\u00e8se peut g\u00e9n\u00e9ralement \u00eatre directement referm\u00e9 sur les petites tumeurs retir\u00e9es de cette mani\u00e8re, apr\u00e8s ajout d&#8217;un d\u00e9faut fusiforme. \u00c9tant donn\u00e9 que pratiquement toutes les op\u00e9rations peuvent \u00eatre r\u00e9alis\u00e9es sous anesth\u00e9sie locale avec une tr\u00e8s faible contrainte pour le patient, il n&#8217;y a presque jamais de patients consid\u00e9r\u00e9s comme inop\u00e9rables pour les op\u00e9rations du cancer de la peau. Les m\u00e9dicaments concomitants tels que les anticoagulants ne doivent g\u00e9n\u00e9ralement pas \u00eatre arr\u00eat\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>la chirurgie de Mohs (chirurgie contr\u00f4l\u00e9e par micrographie) :<\/strong> La chirurgie de Mohs permet d&#8217;obtenir des taux de r\u00e9cidive nettement inf\u00e9rieurs, de l&#8217;ordre de 1 \u00e0 2 %, tout en r\u00e9duisant la marge de s\u00e9curit\u00e9. Dans ce cas, les tumeurs sont excis\u00e9es en premier lieu avec une petite marge de s\u00e9curit\u00e9 de 1 \u00e0 2&nbsp;mm. Les excisats sont ensuite examin\u00e9s histologiquement apr\u00e8s cryofixation. Si des cellules tumorales sont encore trouv\u00e9es dans le bord de l&#8217;incision, il est possible de proc\u00e9der directement \u00e0 une nouvelle excision et de r\u00e9p\u00e9ter la m\u00eame proc\u00e9dure. L&#8217;important dans cette m\u00e9thode est que les pr\u00e9parations sont trait\u00e9es \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;une technique sp\u00e9ciale de mani\u00e8re \u00e0 ce que l&#8217;ensemble du bord de la coupe puisse \u00eatre \u00e9valu\u00e9, contrairement \u00e0 l&#8217;histologie transversale normale, o\u00f9 seule une fraction du bord de la coupe est examin\u00e9e \u00e0 chaque fois et o\u00f9 les extensions tumorales formant le bord entre deux coupes peuvent \u00eatre manqu\u00e9es. De plus, avec cette m\u00e9thode, l&#8217;\u00e9valuation de la pr\u00e9paration histologique doit \u00eatre effectu\u00e9e par le dermatochirurgien lui-m\u00eame, car c&#8217;est la seule fa\u00e7on de proc\u00e9der \u00e0 une nouvelle excision pr\u00e9cise sans perte inutile de tissu.<\/p>\n<p>Ainsi, il est possible d&#8217;obtenir des taux de r\u00e9cidive de 1 \u00e0 2 % pour les carcinomes basocellulaires primaires. Dans le cas des carcinomes basocellulaires r\u00e9cidivants, la chirurgie de Mohs permet de r\u00e9duire \u00e0 moins de 5% les taux de r\u00e9cidive, qui peuvent atteindre 17% avec une excision ordinaire. En particulier lorsque les d\u00e9fauts d&#8217;ex\u00e9r\u00e8se deviennent si importants que la reconstruction doit se faire par une plastie par lambeau ou une greffe de peau, il est important que l&#8217;absence de tumeur soit parfaitement \u00e9tablie avant la fermeture du d\u00e9faut. De plus, la chirurgie de Mohs donne g\u00e9n\u00e9ralement des d\u00e9fauts d&#8217;ex\u00e9r\u00e8se plus petits en raison des distances de s\u00e9curit\u00e9 plus faibles, ce qui entra\u00eene des reconstructions moins co\u00fbteuses et de meilleurs r\u00e9sultats esth\u00e9tiques.<\/p>\n<p>Cependant, en raison de la logistique plus complexe et de la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;une collaboration \u00e9troite entre le dermatochirurgien et le laboratoire d&#8217;histologie, cette m\u00e9thode doit \u00eatre limit\u00e9e aux tumeurs de la r\u00e9gion faciale n\u00e9cessitant une reconstruction par lambeau ou greffe de peau totale, aux tumeurs pr\u00e9sentant un sch\u00e9ma de croissance infiltrant qui n\u00e9cessiterait une grande marge de s\u00e9curit\u00e9 (par ex. carcinome basocellulaire cirrhotique), aux tumeurs r\u00e9cidivantes et aux patients pr\u00e9sentant des facteurs de risque particuliers tels qu&#8217;une immunosuppression. <strong> (Tab.&nbsp;1).<\/strong> Pour ces tumeurs, les alternatives de traitement telles que les th\u00e9rapies topiques ne sont pas envisageables dans la plupart des cas. Si l&#8217;infrastructure pour la chirurgie de Mohs n&#8217;est pas disponible et en pr\u00e9sence de tumeurs difficiles \u00e0 \u00e9valuer histologiquement en coupe rapide (par ex. CCS d\u00e9diff\u00e9renci\u00e9s), il est possible de se rabattre sur une variante de la chirurgie contr\u00f4l\u00e9e par le bord de la coupe avec examen histologique sur la coupe en paraffine. Cette derni\u00e8re est toutefois beaucoup plus contraignante pour le patient en raison de plusieurs rendez-vous chirurgicaux. L&#8217;avantage du d\u00e9faut d&#8217;ex\u00e9r\u00e8se le plus petit possible gr\u00e2ce \u00e0 la localisation exacte des parties de la tumeur qui forment les bords est alors perdu.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8556 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/tab1_dp2_s17.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 895px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 895\/598;height:267px; width:400px\" width=\"895\" height=\"598\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/tab1_dp2_s17.png 895w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/tab1_dp2_s17-800x535.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/tab1_dp2_s17-120x80.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/tab1_dp2_s17-90x60.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/tab1_dp2_s17-320x214.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/tab1_dp2_s17-560x374.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 895px) 100vw, 895px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"traitements-locaux\">Traitements locaux<\/h2>\n<p><strong>Cryochirurgie :<\/strong> dans certaines situations, la cryochirurgie \u00e0 l&#8217;azote liquide (-196\u00b0) peut \u00eatre une bonne alternative \u00e0 la chirurgie normale. En particulier, les l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses et les tumeurs superficielles telles que les carcinomes basocellulaires du tronc (CBC superficiels) peuvent \u00eatre trait\u00e9es facilement et avec de bons taux de gu\u00e9rison. Une anesth\u00e9sie n&#8217;est g\u00e9n\u00e9ralement pas n\u00e9cessaire. Le r\u00e9sultat postop\u00e9ratoire peut toutefois \u00eatre affect\u00e9 par des cicatrices hypopigment\u00e9es, en particulier chez les personnes \u00e0 la peau fonc\u00e9e. Pour les tumeurs invasives, la cryochirurgie n&#8217;est utilis\u00e9e que dans des cas exceptionnels, lorsque l&#8217;excision habituelle n&#8217;est pas possible ou est refus\u00e9e par le patient. Cependant, avec un temps de cong\u00e9lation et de d\u00e9cong\u00e9lation adapt\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9paisseur de la tumeur, il est toujours possible d&#8217;obtenir des r\u00e9sultats satisfaisants. L&#8217;absence de contr\u00f4le histologique entra\u00eene des taux de r\u00e9cidive plus \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Traitements topiques :<\/strong> Les traitements topiques avec des cr\u00e8mes ne sont autoris\u00e9s et utiles que pour les l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses et la forme <em>superficiaire<\/em> du CBC (sCBC). Le 5-fluorouracile (5-FU), antim\u00e9tabolite \u00e0 action cytostatique et inhibiteur de la thymidylate synthase, est utilis\u00e9 sous forme de cr\u00e8me deux fois par jour dans les k\u00e9ratoses actiniques, la maladie de Bowen et le sBZK jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;apparition d&#8217;une ulc\u00e9ration. Des taux de gu\u00e9rison d&#8217;environ 80-86% ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9s. Les effets secondaires incluent la formation de cicatrices.<\/p>\n<p>L&#8217;imiquimod 5% cr\u00e8me se lie au r\u00e9cepteur Toll-like 7. Cette activation entra\u00eene la lib\u00e9ration de cytokines pro-inflammatoires et provoque une r\u00e9action inflammatoire. La cr\u00e8me est appliqu\u00e9e trois fois par semaine pour les k\u00e9ratoses actiniques et plus de cinq jours par semaine pour le sBZK. Le taux de gu\u00e9rison histologique du sBZK est d&#8217;environ 80% [4].<\/p>\n<p><strong>Th\u00e9rapie photodynamique (PDT) : <\/strong>elle peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e avec de l&#8217;acide 5-aminol\u00e9vulinique ou son ester, l&#8217;acide m\u00e9thyl-aminol\u00e9vulinique, pour les k\u00e9ratoses actiniques, la maladie de Bowen et les CBC superficiaux (traitement en deux fois de la m\u00eame r\u00e9gion). Les CBC nodulaires minces peuvent \u00e9galement \u00eatre trait\u00e9s par PDT apr\u00e8s curetage, mais les r\u00e9sultats sont moins fiables et le traitement est hors \u00e9tiquette. Il existe \u00e9galement la variante Daylight-PDT, qui utilise la lumi\u00e8re du jour \u00e0 la place de la lampe rouge. Il en r\u00e9sulte une r\u00e9duction significative de la douleur. La PDT donne de tr\u00e8s bons r\u00e9sultats esth\u00e9tiques, avec une absence totale d&#8217;hypopigmentation. Elle peut \u00e9galement \u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9e autant de fois que n\u00e9cessaire, en particulier chez les patients immunod\u00e9prim\u00e9s.<\/p>\n<h2 id=\"radiotherapie\">Radioth\u00e9rapie<\/h2>\n<p>La radioth\u00e9rapie de surface est une autre alternative valable dans le traitement du cancer de la peau non m\u00e9lanique (NMSC). Elle est notamment envisag\u00e9e lorsque la chirurgie est refus\u00e9e, que ce soit en raison du souhait du patient, de l&#8217;\u00e9tendue de la l\u00e9sion ou de l&#8217;\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral et des pathologies associ\u00e9es. En cons\u00e9quence, cette modalit\u00e9 th\u00e9rapeutique est fr\u00e9quemment utilis\u00e9e chez les patients \u00e2g\u00e9s (plus de 60 ans).<\/p>\n<p>En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, on travaille avec des tensions de g\u00e9n\u00e9rateur de 10 \u00e0 50 kV. Les indications classiques de traitement curatif concernent les l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses \u00e9tendues en surface, la maladie de Bowen, les carcinomes basocellulaires nodulaires ainsi que le lentigo malin, o\u00f9 d&#8217;excellents r\u00e9sultats sont obtenus.<\/p>\n<p>Pour le carcinome basocellulaire, des taux de r\u00e9cidive allant de 5% (forme solide bien diff\u00e9renci\u00e9e) \u00e0 31% (formes de croissance scl\u00e9rodermiformes) ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crits en corr\u00e9lation avec l&#8217;histologie sous-jacente [5]. Les taux de r\u00e9cidive \u00e0 5 ans pour les carcinomes spinocellulaires sont d&#8217;environ 10% (tumeurs bien diff\u00e9renci\u00e9es) et d&#8217;environ 23% (formes d\u00e9diff\u00e9renci\u00e9es) [6,7].<\/p>\n<p>Les avantages de la radioth\u00e9rapie sont les excellents r\u00e9sultats esth\u00e9tiques (en particulier sur le visage) et le traitement indolore et respectueux des tissus des formes \u00e9tendues et des cas \u00e0 localisation anatomique difficile. Les inconv\u00e9nients peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme le nombre de s\u00e9ances n\u00e9cessaires, une perte de cheveux permanente et des modifications post-pectinales de la peau (atrophies, t\u00e9langiectasies). De m\u00eame, en cas de r\u00e9cidive \u00e9ventuelle, d&#8217;autres irradiations au m\u00eame endroit ne sont possibles que dans une certaine mesure, voire pas du tout.<\/p>\n<p>Les effets secondaires aigus comprennent l&#8217;\u00e9ryth\u00e8me, la n\u00e9crose tumorale ainsi que la formation de plaies et de cro\u00fbtes suivies d&#8217;une cicatrisation. Ils sont g\u00e9n\u00e9ralement voulus et observ\u00e9s dans le cadre des principes de radiobiologie. Les effets chroniques comprennent la d\u00e9pigmentation et, comme mentionn\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, les atrophies cutan\u00e9es et les t\u00e9langiectasies, qui ne se forment souvent qu&#8217;apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es. Le risque d&#8217;induction de malignit\u00e9 est extr\u00eamement faible si les prescriptions posologiques sont respect\u00e9es.<\/p>\n<h2 id=\"traitement-systemique-du-carcinome-basocellulaire-localement-avance-ou-metastase\">Traitement syst\u00e9mique du carcinome basocellulaire localement avanc\u00e9 ou m\u00e9tastas\u00e9<\/h2>\n<p>Depuis quelques ann\u00e9es, le vismodegib (et maintenant le sonidegib), un inhibiteur sp\u00e9cifique du smoothened, est autoris\u00e9 dans le traitement des CBC localement avanc\u00e9s ou m\u00e9tastatiques pour lesquels un traitement chirurgical ou une radioth\u00e9rapie ne peuvent pas \u00eatre r\u00e9alis\u00e9s. L&#8217;indication doit \u00eatre discut\u00e9e de mani\u00e8re interdisciplinaire dans un centre de lutte contre les tumeurs. Des taux de r\u00e9ponse de 76% pour les CBC localement avanc\u00e9s et de 38% pour les tumeurs m\u00e9tastatiques ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crits pour le vismod\u00e9gib [8]. Les effets secondaires sont fr\u00e9quents et comprennent des crampes musculaires, une alop\u00e9cie diffuse, des troubles du go\u00fbt, une perte de poids et une fatigue. Il est donc souvent n\u00e9cessaire de faire des pauses dans l&#8217;application.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Programme de lignes directrices en oncologie, Deutsche Krebsgesellschaft DK, AWMF : Ligne directrice S3. Pr\u00e9vention du cancer de la peau. 2014.<\/li>\n<li>Lomas A, Leonardi-Bee J, Bath-Hextall F : A systematic review of worldwide incidence of nonmelanome skin cancer. Br J Dermatol 2012 ; 166 : 1069-1080.<\/li>\n<li>Stratigos A, et al : Diagnostic et traitement des carcinomes \u00e9pidermo\u00efdes invasifs de la peau : guide interdisciplinaire europ\u00e9en fond\u00e9 sur le consensus. Eur J Cancer 2015 Sep ; 51(14) : 1989-2007.<\/li>\n<li>Arits AH, et al : Photodynamic therapy versus topical imiquimod versus topical fluorouracil for treatment of superficial basal-cell carcinoma : a single blind, non-inferiority, randomised controlled trial. Lancet Oncol 2013 ; 14 : 647-654.<\/li>\n<li>Zagrodnik B, et al : Radioth\u00e9rapie superficiaire pour les patients atteints de carcinome basocellulaire : taux de r\u00e9cidive, sous-types histologiques, et expression de p53 et Bcl-2. Cancer 2003 ; 98 : 2708-2714.<\/li>\n<li>Barysch MJ, et al : Taux de r\u00e9cidive \u00e0 long terme des carcinomes \u00e9pidermo\u00efdes larges et difficiles \u00e0 traiter apr\u00e8s une radioth\u00e9rapie superficielle. Dermatologie 2012 ; 224 : 59-65.<\/li>\n<li>Panizzon RG, Dummer R, Beyeler M : Radioth\u00e9rapie des tumeurs cutan\u00e9es malignes. Mesures de th\u00e9rapie physique en dermatologie 2003 ; 135-139.<\/li>\n<li>Basset-Seguin N, et al : Vismodegib chez les patients atteints de carcinome basocellulaire avanc\u00e9 (STEVIE) : une analyse int\u00e9rimaire pr\u00e9-planifi\u00e9e d&#8217;un essai international en open-label. Lancet Oncol 2015 ; 16 : 729-736.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>DERMATOLOGIE PRATIQUE 2017 ; 27(2) : 15-18<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La norme pour les tumeurs \u00e9pith\u00e9liales est l&#8217;excision avec marge de s\u00e9curit\u00e9 et fermeture chirurgicale du d\u00e9faut. 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