{"id":339933,"date":"2017-04-22T02:00:00","date_gmt":"2017-04-22T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/trois-grandes-tendances-au-banc-dessai\/"},"modified":"2017-04-22T02:00:00","modified_gmt":"2017-04-22T00:00:00","slug":"trois-grandes-tendances-au-banc-dessai","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/trois-grandes-tendances-au-banc-dessai\/","title":{"rendered":"Trois grandes tendances au banc d&#8217;essai"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les produits de protection solaire en tant que dispositifs m\u00e9dicaux &#8211; qu&#8217;est-ce que cela signifie pour le consommateur ? La pertinence du rayonnement IR et le r\u00f4le des photolyases remis en question de mani\u00e8re critique.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Nos loisirs saisonniers en plein air font de&nbsp; Protection solaire un sujet r\u00e9current chaque ann\u00e9e. La pr\u00e9vention primaire est largement abord\u00e9e dans la presse d&#8217;avril \u00e0 ao\u00fbt et s&#8217;accompagne de multiples recommandations.<\/p>\n<h2 id=\"questions-directrices-pour-cet-article\">Questions directrices pour cet article<\/h2>\n<p>Quelles sont les tendances de cette ann\u00e9e ? Cet article est consacr\u00e9 \u00e0 trois th\u00e8mes qui sont examin\u00e9s de plus pr\u00e8s et soumis \u00e0 un examen critique &#8211; car tout ce qui passe pour une tendance ne repose pas forc\u00e9ment sur une information solide des consommateurs.<\/p>\n<p>En Europe et en Suisse, la grande majorit\u00e9 des produits de protection solaire sont class\u00e9s dans la cat\u00e9gorie des cosm\u00e9tiques ou <em>des produits cosm\u00e9tiques <\/em>. Depuis quelques ann\u00e9es, les produits de protection solaire sont d\u00e9sormais \u00e9galement promus en tant que produits de la cat\u00e9gorie <em>des dispositifs m\u00e9dicaux<\/em>. Qu&#8217;est-ce qui se cache derri\u00e8re cette nouvelle cat\u00e9gorie et quels sont les avantages de tels produits ?<\/p>\n<p>Les premiers produits de protection solaire mis sur le march\u00e9 devaient permettre de bronzer sans coup de soleil (\u00e9ryth\u00e8me) (protection contre les rayons UV-B en premier lieu). L&#8217;importance des rayons UV-A a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 reconnue. Depuis le milieu des ann\u00e9es 1980, des produits prot\u00e9geant \u00e9galement dans la gamme des UV-A sont propos\u00e9s. Apr\u00e8s le changement de mill\u00e9naire, l&#8217;importance du rayonnement infrarouge (IR) pour la peau a fait l&#8217;objet d&#8217;intenses discussions. Les dommages potentiels caus\u00e9s par les rayons IR aux structures profondes de la peau ont conduit au d\u00e9veloppement de produits de protection solaire offrant \u00e9galement <em>une protection contre les IR<\/em>. De quoi s&#8217;agit-il exactement ?<\/p>\n<p>Les produits de protection solaire traditionnels servent \u00e0 pr\u00e9venir les dommages cutan\u00e9s et agissent en r\u00e9duisant le rayonnement UV. Les modifications de l&#8217;ADN des cellules de la peau qui ont d\u00e9j\u00e0 eu lieu ne peuvent plus les influencer. Des donn\u00e9es r\u00e9centes indiquent que l&#8217;application topique d&#8217;enzymes de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration de l&#8217;ADN permet de r\u00e9parer de mani\u00e8re cibl\u00e9e les modifications d\u00e9j\u00e0 induites par les UVB. Dans ce contexte, des produits contenant des enzymes de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration de l&#8217;ADN, comme <em>les photolyases<\/em>, sont aujourd&#8217;hui propos\u00e9s. Comment agissent ces pr\u00e9parations ?<\/p>\n<h2 id=\"produits-de-protection-solaire-dans-la-categorie-dispositifs-medicaux\">Produits de protection solaire dans la cat\u00e9gorie Dispositifs m\u00e9dicaux<\/h2>\n<p>Contrairement aux \u00c9tats-Unis ou \u00e0 l&#8217;Australie, o\u00f9 les produits de protection solaire sont class\u00e9s comme des m\u00e9dicaments, en Europe et en Suisse, ces produits sont d\u00e9clar\u00e9s comme des produits cosm\u00e9tiques ou des cosm\u00e9tiques. Pour la premi\u00e8re fois en Suisse (2007), puis dans toute l&#8217;Europe, certains produits de protection solaire sont d\u00e9sormais \u00e9galement promus en tant que dispositifs m\u00e9dicaux. Pour savoir ce qui se cache derri\u00e8re cette cat\u00e9gorie de dispositifs m\u00e9dicaux et quelle est l&#8217;utilit\u00e9 de tels produits, un coup d&#8217;\u0153il sur la l\u00e9gislation actuelle est utile.<\/p>\n<p>En Suisse, les dispositifs m\u00e9dicaux sont r\u00e9gis par la loi f\u00e9d\u00e9rale sur les m\u00e9dicaments et les dispositifs m\u00e9dicaux (812.21, Heilmttelgesetz, HMG). Ils sont d\u00e9finis comme des produits destin\u00e9s \u00e0 un usage m\u00e9dical et <em>[&#8230;]dont l&#8217;effet principal n&#8217;est PAS obtenu par un m\u00e9dicament.<\/em> Les lois suisse et europ\u00e9enne r\u00e9gissent ici une cat\u00e9gorie de produits extr\u00eamement large. L&#8217;ensemble des r\u00e8gles est par cons\u00e9quent tr\u00e8s vaste. La d\u00e9finition d\u00e9finit les dispositifs m\u00e9dicaux  <em>[&#8230;]comme tout instrument, appareil, dispositif, logiciel, substance ou autre article, utilis\u00e9 seul ou en association, y compris le logiciel sp\u00e9cifiquement destin\u00e9 par le fabricant \u00e0 \u00eatre utilis\u00e9 \u00e0 des fins diagnostiques et\/ou th\u00e9rapeutiques et utilis\u00e9 pour assurer le bon fonctionnement du dispositif m\u00e9dical, destin\u00e9 par le fabricant \u00e0 \u00eatre utilis\u00e9 chez l&#8217;homme aux fins suivantes : d\u00e9tection, pr\u00e9vention, surveillance, traitement ou att\u00e9nuation de maladies ; [&#8230;]et dont l&#8217;action principale pr\u00e9vue dans ou sur le corps humain n&#8217;est pas obtenue par des moyens pharmacologiques ou immunologiques ni par m\u00e9tabolisme, mais dont le mode d&#8217;action peut \u00eatre assist\u00e9 par de tels moyens.<\/em><\/p>\n<p>Les produits cosm\u00e9tiques peuvent \u00eatre distingu\u00e9s de ce groupe. Les produits cosm\u00e9tiques sont d\u00e9finis dans l&#8217;Ordonnance sur les denr\u00e9es alimentaires et les objets usuels (ODAIOUs ; RS&nbsp;817.02) comme des substances ou des pr\u00e9parations destin\u00e9es \u00e0 \u00eatre mises en contact, par voie externe, avec les diff\u00e9rentes parties du corps humain (peau, syst\u00e8me pileux, ongles, l\u00e8vres et r\u00e9gions intimes) ou avec les dents et les muqueuses de la cavit\u00e9 buccale,  <em>[&#8230;]dans le but exclusif ou principal de les nettoyer, de les parfumer, d&#8217;en modifier l&#8217;aspect ou l&#8217;odeur corporelle, ou de les prot\u00e9ger ou de les maintenir en bon \u00e9tat. Toute r\u00e9f\u00e9rence, quelle qu&#8217;elle soit, \u00e0 un effet curatif, palliatif ou pr\u00e9ventif des objets usuels (p. ex. propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicales ou th\u00e9rapeutiques, effets d\u00e9sinfectants ou anti-inflammatoires, recommandations m\u00e9dicales) est interdite (art. 31, al. 3, ODAlOUs).  <\/em>Il y a des exceptions ! Pour les produits d&#8217;hygi\u00e8ne dentaire et buccale, les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 des propri\u00e9t\u00e9s anti-caries ainsi qu&#8217;\u00e0 d&#8217;autres propri\u00e9t\u00e9s pr\u00e9ventives en m\u00e9decine dentaire sont autoris\u00e9es si elles peuvent \u00eatre scientifiquement prouv\u00e9es (art.&nbsp;31 al.&nbsp;4 LGV). Actuellement, la loi sur les denr\u00e9es alimentaires ne pr\u00e9voit pas de protection g\u00e9n\u00e9rale contre la tromperie pour les produits cosm\u00e9tiques. La tromperie n&#8217;est inadmissible que si elle peut entra\u00eener un pr\u00e9judice pour la sant\u00e9. Un exemple typique serait la cr\u00e8me solaire qui n&#8217;a pas l&#8217;indice de protection indiqu\u00e9.<\/p>\n<p>Les textes de loi permettent de comprendre rapidement que, contrairement aux produits cosm\u00e9tiques, les dispositifs m\u00e9dicaux peuvent faire l&#8217;objet d&#8217;une promesse de gu\u00e9rison lors de leur promotion. La <em>lotion <sup>Actinca\u00ae<\/sup><\/em> de la soci\u00e9t\u00e9 Spirig Pharma AG (aujourd&#8217;hui Galderma S.A.) a \u00e9t\u00e9 le premier produit de protection solaire au monde \u00e0 \u00eatre notifi\u00e9 et commercialis\u00e9 en tant que dispositif m\u00e9dical en Suisse et en Europe. Dans les \u00e9tudes cliniques, des A) une protection efficace contre diff\u00e9rents types de cancer de la peau, notamment une r\u00e9duction de 53% des k\u00e9ratoses actiniques et l&#8217;absence de nouveaux carcinomes \u00e9pidermo\u00efdes invasifs dans les deux ans suivant l&#8217;utilisation r\u00e9guli\u00e8re du produit ; et B) la pr\u00e9vention des sympt\u00f4mes du lupus \u00e9ryth\u00e9mateux cutan\u00e9 [1,2] prouv\u00e9e.<\/p>\n<p>Entre-temps, un autre produit cosm\u00e9tiquement tr\u00e8s attrayant &#8211; <em>SunsiMed<\/em> de Pierre Fabre &#8211; a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 sur le march\u00e9 suisse, promouvant la pr\u00e9vention des k\u00e9ratoses actiniques, du cancer de la peau (sauf le m\u00e9lanome) et du vieillissement cutan\u00e9 d\u00fb \u00e0 la lumi\u00e8re. De nombreux autres dispositifs m\u00e9dicaux similaires sont apparus sur le march\u00e9 dans toute l&#8217;Europe. Conform\u00e9ment \u00e0 la l\u00e9gislation suisse et europ\u00e9enne, chaque produit doit faire l&#8217;objet d&#8217;une \u00e9valuation clinique. Celle-ci est bas\u00e9e A) sur une \u00e9valuation critique des r\u00e9sultats de tous les essais cliniques r\u00e9alis\u00e9s ; ou B) sur une \u00e9valuation critique de la litt\u00e9rature scientifique pertinente actuellement disponible concernant la s\u00e9curit\u00e9, les performances, les caract\u00e9ristiques de conception et la destination du dispositif. L&#8217;objectif est de d\u00e9montrer la similitude du produit avec le produit auquel les donn\u00e9es se rapportent. On peut deviner qu&#8217;il y a ici une grande marge de man\u0153uvre pour inclure de nombreuses \u00e9tudes scientifiques dans une \u00e9valuation. Afin d&#8217;identifier et d&#8217;\u00e9valuer la valeur ajout\u00e9e de tels produits, il est recommand\u00e9 de se faire remettre un recueil complet des donn\u00e9es cliniques publi\u00e9es AVEC le dispositif m\u00e9dical promu.<\/p>\n<h2 id=\"protection-contre-les-ir\">Protection contre les IR<\/h2>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la protection contre les IR a fait l&#8217;objet de nombreux articles [3] et certains fournisseurs de produits solaires font la promotion de concepts de protection contre les IR. Le rayonnement IR est moins \u00e9nerg\u00e9tique que la lumi\u00e8re ultraviolette, mais il p\u00e9n\u00e8tre plus profond\u00e9ment dans la peau que la lumi\u00e8re UV, et ce quel que soit le type de peau. Elle y endommage la structure du collag\u00e8ne et acc\u00e9l\u00e8re ainsi le vieillissement de la peau. Les mitochondries jouent un r\u00f4le particulier dans les dommages cutan\u00e9s caus\u00e9s par les IR. Le rayonnement IR provoque la formation de radicaux oxyg\u00e9n\u00e9s r\u00e9actifs dans les mitochondries, qui d\u00e9clenchent \u00e0 leur tour une &#8220;transduction r\u00e9trograde du signal&#8221;. La transduction du signal entra\u00eene finalement une augmentation de l&#8217;expression de l&#8217;enzyme m\u00e9talloprot\u00e9inase matricielle-1 (MMP-1, collag\u00e9nase-1), ce qui entra\u00eene une d\u00e9gradation du collag\u00e8ne dans la peau et donc un vieillissement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 de la peau. On ne sait pas encore si l&#8217;augmentation du stress oxydatif provoqu\u00e9 par les IR est \u00e9galement associ\u00e9e \u00e0 une augmentation de la canc\u00e9rog\u00e9nicit\u00e9. Plusieurs groupes ont cr\u00e9\u00e9 des m\u00e9langes sp\u00e9ciaux de diff\u00e9rents antioxydants destin\u00e9s \u00e0 neutraliser les radicaux d&#8217;oxyg\u00e8ne r\u00e9actifs produits par la lumi\u00e8re infrarouge \u00e0 ondes courtes dans les cellules de la peau et leurs composants. Ces effets sont en soi bien document\u00e9s dans de nombreux <em>syst\u00e8mes in vitro<\/em>. Cependant, dans la seule \u00e9tude clinique r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 ce jour, cet effet est modeste [4]. Les donn\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes sont \u00e9galement remises en question, car la quantit\u00e9 de rayons IR utilis\u00e9e exp\u00e9rimentalement, d\u00e9passe de loin la quantit\u00e9 de rayons IR re\u00e7ue par un vacancier affam\u00e9 de soleil sur la plage ou par les ouvriers de certaines professions (souffleurs de verre, ferrailleurs) [5]. Cela remet en question le bien-fond\u00e9 de la protection topique contre les IR.<\/p>\n<p>La protection contre les rayons infrarouges consiste \u00e0 neutraliser un agent nocif propre \u00e0 l&#8217;organisme (radicaux oxyg\u00e9n\u00e9s r\u00e9actifs) cr\u00e9\u00e9 par les rayons infrarouges, tandis que la protection contre les rayons ultraviolets consiste \u00e0 absorber un agent nocif exog\u00e8ne (photons). Il n&#8217;existe pas non plus de substances filtrantes IR pouvant \u00eatre incorpor\u00e9es dans les produits de protection solaire ! En r\u00e9sum\u00e9, cela signifie que la protection contre les rayons infrarouges permet de limiter les dommages et que la protection contre les rayons ultraviolets permet de les \u00e9viter. Sur la base des donn\u00e9es disponibles \u00e0 ce jour, l&#8217;importance et l&#8217;utilit\u00e9 de la protection topique contre les RI ne sont pas encore claires.<\/p>\n<h2 id=\"photolyases\">Photolyases<\/h2>\n<p>Les produits de protection solaire traditionnels agissent en r\u00e9duisant le rayonnement UV. La protection n&#8217;est jamais totale et est parfois appel\u00e9e protection solaire passive. Le terme de protection solaire active (active photoprotection) d\u00e9signe aujourd&#8217;hui des produits qui contiennent des enzymes de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration de l&#8217;ADN, comme les photolyases. La protection solaire active a pour but de r\u00e9parer de mani\u00e8re cibl\u00e9e les alt\u00e9rations d\u00e9j\u00e0 caus\u00e9es par les rayons. La neutralisation des radicaux oxyg\u00e9n\u00e9s r\u00e9actifs dans les cellules de la peau et leurs composants par les antioxydants peut \u00e9galement \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une protection solaire active (voir \u00e9galement Protection IR).<\/p>\n<p>Les photolyases sont des enzymes impliqu\u00e9es dans la r\u00e9paration de l&#8217;ADN. Ils permettent notamment de dissoudre les dim\u00e8res de cyclobutane-pyrimidine (CPD) qui se forment lorsque l&#8217;ADN est expos\u00e9 \u00e0 des rayons ultraviolets. Les photolyases ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvertes en 1958 par Claud S. Rupert. Cette d\u00e9couverte a marqu\u00e9 le d\u00e9but du domaine de la r\u00e9paration de l&#8217;ADN en tant que discipline scientifique. Il a d\u00e9montr\u00e9 que l&#8217;ADN bact\u00e9rien endommag\u00e9 par les UV \u00e9tait r\u00e9par\u00e9 par une enzyme qui utilise la lumi\u00e8re bleue comme source d&#8217;\u00e9nergie. Le m\u00e9canisme de r\u00e9action a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit comme suit : La lumi\u00e8re UV convertit deux pyrimidines adjacentes, y compris les thymines, en un dim\u00e8re de cyclobutane-pyrimindine. L&#8217;enzyme, appel\u00e9e photolyase, utilise l&#8217;\u00e9nergie de la lumi\u00e8re bleue pour rompre les deux liaisons &#8220;anormales&#8221; entre les thymines, ce qui permet de reconvertir le dim\u00e8re de tymine en deux thymines &#8220;normales&#8221;. Les photolyases r\u00e9parent donc l&#8217;ADN et \u00e9liminent les effets ind\u00e9sirables des rayons UV. Un \u00e9l\u00e8ve de Claud Rupert &#8211; Aziz Sancar &#8211; a re\u00e7u, avec deux autres scientifiques, le prix Nobel de chimie en 2015 pour avoir \u00e9lucid\u00e9 les m\u00e9canismes de r\u00e9paration de l&#8217;ADN [6]. Les photolyases repr\u00e9sentent un tr\u00e8s grand groupe de prot\u00e9ines ayant des structures similaires mais des fonctions tr\u00e8s divergentes [7,8]. Une d\u00e9signation pr\u00e9cise de la photolyase utilis\u00e9e est donc syst\u00e9matiquement requise pour toute publication faisant appel \u00e0 des photolyases.<\/p>\n<p>Un certain nombre d&#8217;\u00e9tudes \u00e0 petite \u00e9chelle ont montr\u00e9 que l&#8217;application topique de photolyase dans des produits avec ou sans (filtre) solaire entra\u00eenait une r\u00e9duction des dim\u00e8res de cyclobutane-pyrimidine induits par les UVB et de la mort cellulaire apoptotique. De m\u00eame, chez les patients atteints de xeroderma pigmentosum, l&#8217;application d&#8217;un \u00e9cran solaire contenant de la photolyase a entra\u00een\u00e9 une r\u00e9duction significative des nouvelles formations telles que les k\u00e9ratoses actiniques, les carcinomes basocellulaires et les carcinomes \u00e9pidermo\u00efdes [9,10,11]. Ces r\u00e9sultats ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 salu\u00e9s de mani\u00e8re positive dans diverses revues [12,13]. Souvent, les travaux scientifiques \u00e9tayent l&#8217;effet particulier des produits de protection solaire contenant des photolyases et font \u00e9galement partie de la notification des produits de protection solaire contenant des photolyases en tant que dispositifs m\u00e9dicaux (voir ci-dessus).<\/p>\n<p>Outre le faible nombre de cas, il est frappant de constater dans les travaux scientifiques que le principe actif (photolyase) et le vecteur de la substance active sont rarement d\u00e9crits avec suffisamment de pr\u00e9cision. Il est rarement possible de savoir de quelle photolyase il s&#8217;agit exactement et d&#8217;o\u00f9 provient la substance active et sous quelle forme. La photolyase, produite \u00e0 partir du plancton photo-synth\u00e9tique Anacystis nidulans, est par exemple commercialis\u00e9e par le n\u00e9gociant en mati\u00e8res premi\u00e8res ProTec Ingredia Ltd. UK sous le nom de Photosomes V dans des liposomes multilamellaires (pH 7-8). La teneur ou l&#8217;activit\u00e9 de la photolyase dans les liposomes est d\u00e9termin\u00e9e par le fabricant \u00e0 l&#8217;aide de <em>tests in vitro<\/em>et publi\u00e9e dans un bulletin technique. Ce distributeur recommande d&#8217;incorporer la suspension de liposomes sous forme d&#8217;additif \u00e0 1% dans un v\u00e9hicule topique appropri\u00e9. On ne sait pas si les liposomes sont effectivement stables sous la forme topique choisie et si l&#8217;activit\u00e9 de la photolyase est maintenue (m\u00eame pendant le stockage). Les photolyases ne sont pas seulement pr\u00e9sentes dans les produits solaires actifs, mais \u00e9galement dans une s\u00e9rie de produits cosm\u00e9tiques (par exemple <em>FILORGA SKIN-ABSOLUTE <sup>DAY\u00ae<\/sup><\/em> ou <em>cellcosmet CellLift Serum).<\/em> En raison de la l\u00e9gislation, personne ne s&#8217;attend \u00e0 ce qu&#8217;aucune autre information ne soit pr\u00e9sent\u00e9e pour ces produits, puisqu&#8217;il s&#8217;agit de produits cosm\u00e9tiques. Ce n&#8217;est pas non plus explicitement exig\u00e9 pour un dispositif m\u00e9dical, mais on est en droit d&#8217;en attendre un peu plus pour un produit utilis\u00e9 dans le cadre d&#8217;un essai clinique pour le traitement et la pr\u00e9vention de l\u00e9sions cutan\u00e9es potentiellement malignes.<\/p>\n<p>Les photolyases sont des prot\u00e9ines dont la masse mol\u00e9culaire est sup\u00e9rieure \u00e0 100 000 daltons. Pour les mol\u00e9cules dont la masse mol\u00e9culaire est sup\u00e9rieure \u00e0 500 daltons, il est d\u00e9j\u00e0 difficile, voire impossible, de franchir le stratum corneum [14]. Dans ce contexte, il est difficile de se repr\u00e9senter le mode d&#8217;action et l&#8217;effet de la photolyase apr\u00e8s application topique.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 de nombreux rapports cliniques positifs (les \u00e9tudes portent pour la plupart sur le produit <em>Eryfotona <sup>AK-NMSC\u00ae<\/sup>,<\/em> ISDIN SA, Barcelone, Espagne) sur l&#8217;action de la photolyase dans les produits solaires \u00e0 tr\u00e8s haute protection pour r\u00e9duire les A) des dim\u00e8res de cyclobutane-pyrimidine induits par les UVB et de B) Les n\u00e9oplasmes tels que les k\u00e9ratoses actiniques, les carcinomes basocellulaires et les carcinomes \u00e9pidermo\u00efdes manquent d&#8217;une explication convaincante pour les r\u00e9sultats des rapports cliniques. De plus, dans la plupart des cas, il n&#8217;y a pas de description lege artis des produits utilis\u00e9s dans les essais cliniques.<\/p>\n<p>Sur la base des donn\u00e9es actuelles, il n&#8217;y a aucune raison de privil\u00e9gier ou d&#8217;utiliser exclusivement ces produits.<\/p>\n<h2 id=\"conclusion\">Conclusion<\/h2>\n<p>Pour les produits de protection solaire notifi\u00e9s en tant que dispositifs m\u00e9dicaux, les promesses th\u00e9rapeutiques telles que &#8220;pr\u00e9vention des k\u00e9ratoses actiniques, du cancer de la peau (\u00e0 l&#8217;exception du m\u00e9lanome) et du vieillissement cutan\u00e9 d\u00fb \u00e0 la lumi\u00e8re&#8221; ou &#8220;protection efficace contre diff\u00e9rents types de cancer de la peau claire&#8221; sont autoris\u00e9es. Cela permet de faire une distinction claire avec les produits de protection solaire traditionnels, qui sont class\u00e9s dans la cat\u00e9gorie des produits cosm\u00e9tiques. Afin d&#8217;identifier et d&#8217;\u00e9valuer clairement la valeur ajout\u00e9e de tels produits, il est recommand\u00e9 de se faire remettre un recueil complet des donn\u00e9es cliniques publi\u00e9es AVEC le dispositif m\u00e9dical promu.<\/p>\n<p>La protection contre les rayons infrarouges consiste \u00e0 neutraliser un agent nocif propre \u00e0 l&#8217;organisme (radicaux oxyg\u00e9n\u00e9s r\u00e9actifs) cr\u00e9\u00e9 par les rayons infrarouges, tandis que la protection contre les rayons ultraviolets consiste \u00e0 absorber un agent nocif exog\u00e8ne (photons). \u00c9tant donn\u00e9 que les quantit\u00e9s de rayons IR utilis\u00e9es jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent \u00e0 titre exp\u00e9rimental d\u00e9passent de loin les quantit\u00e9s de rayons IR re\u00e7ues par un vacancier en qu\u00eate de soleil sur la plage ou par les ouvriers de certaines professions (souffleurs de verre, ferrailleurs), les rapports actuels sont \u00e9galement remis en question. Sur la base des donn\u00e9es disponibles \u00e0 ce jour, l&#8217;importance et l&#8217;utilit\u00e9 de la protection topique contre les RI ne sont pas encore claires.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 de nombreux rapports cliniques positifs sur l&#8217;effet de la photolyase dans les \u00e9crans solaires \u00e0 tr\u00e8s haute protection pour r\u00e9duire les dim\u00e8res de cyclobutane-pyrimidine induits par les UVB ou les n\u00e9oformations telles que les k\u00e9ratoses actiniques, les carcinomes basocellulaires et les carcinomes \u00e9pidermo\u00efdes, il manque une explication convaincante pour les r\u00e9sultats des rapports cliniques. Sur la base de ces donn\u00e9es, il n&#8217;y a aucune raison de privil\u00e9gier ou d&#8217;utiliser exclusivement ces produits.<\/p>\n<h2 id=\"take-home-messages\">Take-home-messages<\/h2>\n<ul>\n<li>Les promesses de gu\u00e9rison sont autoris\u00e9es pour les produits de protection solaire notifi\u00e9s en tant que dispositifs m\u00e9dicaux, contrairement aux produits r\u00e9pertori\u00e9s comme cosm\u00e9tiques.<\/li>\n<li>La valeur ajout\u00e9e de tels dispositifs m\u00e9dicaux ne peut \u00eatre \u00e9tablie qu&#8217;apr\u00e8s examen de toutes les donn\u00e9es cliniques publi\u00e9es sur le produit promu.<\/li>\n<li>La protection contre les rayons infrarouges consiste \u00e0 neutraliser un agent nocif propre \u00e0 l&#8217;organisme, cr\u00e9\u00e9 par les rayons infrarouges (radicaux d&#8217;oxyg\u00e8ne r\u00e9actifs), tandis que la protection contre les rayons ultraviolets consiste \u00e0 absorber un agent nocif exog\u00e8ne (photons).<\/li>\n<li>Sur la base des donn\u00e9es disponibles \u00e0 ce jour, l&#8217;importance et l&#8217;utilit\u00e9 de la protection topique contre les RI ne sont pas encore claires.<\/li>\n<li>Malgr\u00e9 de nombreux rapports positifs sur les effets de la photolyase dans les \u00e9crans solaires, il manque une explication convaincante aux r\u00e9sultats des rapports cliniques.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><strong>Conflit d&#8217;int\u00e9r\u00eat :<\/strong> Le professeur Christian Surber est un collaborateur des cliniques universitaires de dermatologie de B\u00e2le et de Zurich. Dans le pass\u00e9, il a \u00e9t\u00e9 en contact avec les entreprises suivantes \u00e0 diff\u00e9rents titres : Actelion Pharmaceuticals, Allschwil ; BASF Personal Care and Nutrition GmbH, Ludwigshafen ; Galderma SA, Lausanne ; CureVac GmbH, T\u00fcbingen;Janssen Research &amp; Development, Beerse ; LEO Pharma GmbH, Neu-Isenburg ; Novartis Consumer Health SA, Nyon ; Novartis AG, B\u00e2le ; Roivant Sciences, Inc, Durham ; Spirig Pharma AG, Egerkingen.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Ulrich C, et al : Br J Dermatol. 2009 ; 161 Suppl 3 : 78-84. doi : 10.1111\/j.1365-2133.2009.09453.x.<\/li>\n<li>Zahn S, et al. : Exp Dermatol. 2014 ; 23(7) : 516-8. doi : 10.1111\/exd.12428.<\/li>\n<li>Schroeder P, et al. : Hautarzt. 2009 ; 60(4) : 301-4. doi : 10.1007\/s00105-008-1626-8.<\/li>\n<li>Grether-Beck S, et al. : Photochem Photobiol. 2015 ; 91(1) : 248-50. doi : 10.1111\/php.12375.<\/li>\n<li>Diffey B : Photochem Photobiol Sci. 2016 ; 15(3) : 361-4. doi : 10.1039\/c5pp00451a.<\/li>\n<li>Sancar A : Angew Chem Int Ed Engl. 2016 ; 55(30) : 8502-27. doi : 10.1002\/anie.201601524.<\/li>\n<li>Liu Z, et al. : Phys Chem Chem Phys. 2015 ; 17(18) : 11933-49. doi : 10.1039\/c4cp05286.<\/li>\n<li>Ozturk N : Photochem Photobiol. 2017 ; 93(1) : 04-111. doi : 10.1111\/php.12676).<\/li>\n<li>Stege H et al : Proc Natl Acad Sci USA. 2000;9 7(4) : 1790-5. PMID : 10660687.<\/li>\n<li>Protection de l&#8217;if, L et al : Br J Dermatol. 2016 ; 175(6) : 1391-1393. doi : 10.1111\/bjd.14721.<\/li>\n<li>Moscarella E, et al. : J Eur Acad Dermatol Venereol. 2017 (in press). doi : 10.1111\/jdv.14209.<\/li>\n<li>Krutmann J, et al. : Skin Pharmacol Physiol. 2015 ; 28(6) : 281-9. doi : 10.1159\/000437272.<\/li>\n<li>Megna M, et al. : G Ital Dermatol Venereol. 2017 (in press). doi : 10.23736\/S0392-0488.17.05567\u20135.<\/li>\n<li>Bos JD, et al : Exp Dermatol. 2000 ; 9(3) : 165-9. PMID : 10839713.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>DERMATOLOGIE PRATIQUE 2017 ; 27(2) : 5-8<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les produits de protection solaire en tant que dispositifs m\u00e9dicaux &#8211; qu&#8217;est-ce que cela signifie pour le consommateur ? 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