{"id":340066,"date":"2017-03-29T02:00:00","date_gmt":"2017-03-29T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/comorbidites-psychologiques-chez-les-patients-oncologiques\/"},"modified":"2017-03-29T02:00:00","modified_gmt":"2017-03-29T00:00:00","slug":"comorbidites-psychologiques-chez-les-patients-oncologiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/comorbidites-psychologiques-chez-les-patients-oncologiques\/","title":{"rendered":"Comorbidit\u00e9s psychologiques chez les patients oncologiques"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les troubles psychologiques les plus courants chez les patients oncologiques sont les troubles de l&#8217;adaptation, les troubles anxieux, les troubles affectifs, la fatigue li\u00e9e au cancer et le d\u00e9lire. Le stress psychologique doit \u00eatre d\u00e9tect\u00e9 \u00e0 un stade pr\u00e9coce et des offres de soutien psycho-oncologique doivent \u00eatre propos\u00e9es \u00e0 temps. Un examen psycho-oncologique de routine et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, un traitement combin\u00e9 psychopharmacologique et psychoth\u00e9rapeutique doivent faire partie de tout plan th\u00e9rapeutique. Les interventions psycho-oncologiques doivent \u00eatre propos\u00e9es en fonction des besoins individuels \u00e0 toutes les \u00e9tapes du traitement de la tumeur.  <\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Le cancer est un terme g\u00e9n\u00e9rique d\u00e9signant un grand nombre de maladies malignes qui peuvent affecter tous les organes ou syst\u00e8mes du corps et dont le pronostic varie en fonction du moment du diagnostic, de la gravit\u00e9 et de la localisation. En Suisse, on constate ces derni\u00e8res ann\u00e9es une augmentation de l&#8217;incidence des cancers. Selon l <em>&#8216;Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS)<\/em>, environ 38 500 personnes sont atteintes d&#8217;un cancer chaque ann\u00e9e, la r\u00e9partition et la fr\u00e9quence d&#8217;une tumeur variant en fonction du sexe. Chez les femmes, le cancer du sein est la tumeur la plus fr\u00e9quente avec 5732 nouveaux cas, tandis que chez les hommes, le cancer de la prostate est le plus fr\u00e9quent avec 6236 nouveaux cas annuels. Les cancers repr\u00e9sentent la deuxi\u00e8me cause de mortalit\u00e9 pour les deux sexes, apr\u00e8s les maladies cardiovasculaires [1].<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce aux \u00e9normes progr\u00e8s m\u00e9dicaux et th\u00e9rapeutiques r\u00e9alis\u00e9s en oncologie gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;am\u00e9lioration du d\u00e9pistage, du diagnostic et des traitements, les taux de survie se sont consid\u00e9rablement am\u00e9lior\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es pour la plupart des types de tumeurs. Toutefois, les patients doivent surmonter une phase th\u00e9rapeutique \u00e9puisante et stressante, qui peut parfois entra\u00eener des cons\u00e9quences et des s\u00e9quelles physiques et psychologiques durables. C&#8217;est pourquoi la qualit\u00e9 de vie des patients concern\u00e9s rev\u00eat une importance capitale dans le traitement oncologique. Les t\u00e2ches importantes du service de consultation et de liaison dans le traitement des patients oncologiques sont le diagnostic psycho-oncologique ainsi que le conseil psychosocial et le soutien dans la gestion de la maladie afin d&#8217;am\u00e9liorer la sant\u00e9 mentale et le handicap fonctionnel [2].<\/p>\n<p>Les troubles de l&#8217;adaptation, les troubles anxieux, les troubles d\u00e9pressifs, mais aussi les troubles du sommeil, la fatigue (Cancer-related Fatigue) et le d\u00e9lire font partie des stress psychologiques les plus fr\u00e9quemment rencontr\u00e9s dans le cadre des consultations psychiatriques et psycho-oncologiques. Cet article est consacr\u00e9 aux troubles mentaux les plus fr\u00e9quents dans le traitement des patients oncologiques dans les services de consultation et de liaison.<\/p>\n<h2 id=\"le-stress-psychologique-des-maladies-oncologiques\">Le stress psychologique des maladies oncologiques<\/h2>\n<p>La confrontation inattendue avec une maladie tumorale repr\u00e9sente pour de nombreuses personnes concern\u00e9es une crise existentielle qui exige un \u00e9norme effort d&#8217;adaptation. Les interventions diagnostiques et les th\u00e9rapies \u00e0 venir, ainsi que leurs cons\u00e9quences sur l&#8217;int\u00e9grit\u00e9 physique et sur l&#8217;environnement social et professionnel, suscitent beaucoup d&#8217;incertitude, d&#8217;angoisse et de sentiments de d\u00e9passement de soi et d&#8217;impuissance. Les effets secondaires dus au traitement de la tumeur (chimioth\u00e9rapie, radioth\u00e9rapie, interventions chirurgicales) peuvent \u00eatre ressentis comme tr\u00e8s p\u00e9nibles et affecter des fonctions importantes de la vie quotidienne. En fonction de la maladie tumorale, la vie peut \u00eatre menac\u00e9e, les douleurs chroniques, l&#8217;immobilisation physique, mais aussi les stigmates physiques visibles (par exemple apr\u00e8s une mastectomie), qui modifient radicalement le cadre de vie des personnes concern\u00e9es et entra\u00eenent une alt\u00e9ration de leurs capacit\u00e9s physiques et psychologiques. Typiquement, les niveaux d&#8217;effort les plus \u00e9lev\u00e9s sont observ\u00e9s chez les patients souffrant d&#8217;une maladie oncologique de mauvais pronostic et \u00e0 forte mortalit\u00e9 [3\u20135].<\/p>\n<h2 id=\"taux-de-prevalence-des-troubles-mentaux-chez-les-patients-oncologiques\">Taux de pr\u00e9valence des troubles mentaux chez les patients oncologiques<\/h2>\n<p>Les taux de pr\u00e9valence des troubles mentaux chez les patients atteints de tumeurs que l&#8217;on trouve dans la litt\u00e9rature varient consid\u00e9rablement en fonction des groupes de patients \u00e9tudi\u00e9s et des outils d&#8217;investigation utilis\u00e9s. Selon les \u00e9tudes actuelles, environ 25 \u00e0 40% des patients oncologiques d\u00e9veloppent un trouble mental n\u00e9cessitant un traitement au cours du traitement de la tumeur [5\u20138]. Plusieurs \u00e9tudes indiquent que les patients atteints de tumeurs pulmonaires, de tumeurs gyn\u00e9cologiques, de cancers du sein, de tumeurs c\u00e9r\u00e9brales et ORL et de tumeurs gastro-intestinales pr\u00e9sentent les niveaux de stress les plus \u00e9lev\u00e9s, tandis que les patients atteints de cancer de la prostate sont ceux qui d\u00e9veloppent le moins de comorbidit\u00e9s psychologiques [9,10]. En outre, une \u00e9tude r\u00e9cente de grande envergure (n=304 118) a montr\u00e9 que  [11]  Les chercheurs ont constat\u00e9 que les patients oncologiques pr\u00e9sentaient un risque accru de d\u00e9velopper des troubles mentaux 10 mois avant le diagnostic de cancer, que le taux de comorbidit\u00e9s psychiques augmentait de mani\u00e8re significative au cours de la premi\u00e8re semaine suivant le diagnostic, puis diminuait \u00e0 nouveau de mani\u00e8re significative, et que le taux de comorbidit\u00e9s psychiques restait \u00e9lev\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 10 ans apr\u00e8s le diagnostic de la tumeur.<\/p>\n<h2 id=\"etiologie-des-troubles-mentaux\">\u00c9tiologie des troubles mentaux<\/h2>\n<p>L&#8217;une des particularit\u00e9s des soins psycho-oncologiques r\u00e9side dans le fait que, dans la plupart des cas, le v\u00e9cu ou le comportement \u00e9motionnel des patients atteints d&#8217;une maladie oncologique ne doit pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un trouble pathologique, mais en grande partie comme une r\u00e9action naturelle de stress \u00e0 la maladie tumorale et \u00e0 son traitement. En fonction des ressources disponibles, des sentiments tels que la tristesse, le d\u00e9sespoir, le sentiment d&#8217;impuissance et de d\u00e9sespoir, la peur de la perte d&#8217;autonomie et de la d\u00e9pendance, et\/ou le fait d&#8217;\u00eatre d\u00e9pass\u00e9 par des questions existentielles, peuvent entra\u00eener une charge mentale \u00e9norme, voire la formation d&#8217;un trouble mental. Les phases particuli\u00e8rement critiques pour la manifestation de troubles mentaux comprennent le moment du diagnostic, la survenue d&#8217;une r\u00e9cidive ou la progression de la tumeur. L&#8217;exp\u00e9rience clinique montre cependant que les patients concern\u00e9s peuvent \u00eatre psychologiquement affect\u00e9s \u00e0 tout moment du traitement d&#8217;une tumeur, m\u00eame longtemps apr\u00e8s la fin du traitement tumoral [12].<\/p>\n<p>Les consid\u00e9rations \u00e9tiopathog\u00e9niques sur le d\u00e9veloppement et la manifestation du stress psychologique chez les patients oncologiques reposent sur des relations multidimensionnelles et multifactorielles. La douleur, un niveau \u00e9lev\u00e9 de sympt\u00f4mes physiques, la fatigue li\u00e9e au cancer (CrF) ainsi que des ant\u00e9c\u00e9dents de troubles psychologiques peuvent par exemple favoriser l&#8217;apparition de troubles psychologiques chez les patients atteints de cancer. Les autres facteurs de vuln\u00e9rabilit\u00e9 au d\u00e9veloppement de troubles mentaux au cours du traitement d&#8217;une tumeur comprennent \u00e0 la fois des facteurs sociod\u00e9mographiques tels que l&#8217;\u00e2ge, le sexe f\u00e9minin, le soutien social, le niveau d&#8217;\u00e9ducation et le statut socio-\u00e9conomique, et des facteurs m\u00e9dicaux tels que la pathologie tumorale, le stade de la tumeur et l&#8217;exposition au traitement sp\u00e9cifique de la tumeur [7,10]. Une \u00e9tude r\u00e9cente de Meyer et al. (2015) [4] montre clairement que le risque de d\u00e9pression augmente avec la progression de la maladie. En r\u00e9sum\u00e9, les troubles psychologiques chez les patients oncologiques peuvent avoir des cons\u00e9quences importantes sur le succ\u00e8s du traitement et la mortalit\u00e9 [13], nuire consid\u00e9rablement \u00e0 la qualit\u00e9 de vie, et entra\u00eener une augmentation des complications postop\u00e9ratoires, des hospitalisations prolong\u00e9es et \u00e9galement une diminution de l&#8217;observance du traitement [14].<\/p>\n<h2 id=\"diagnostic\">Diagnostic<\/h2>\n<p>Les changements dans l&#8217;\u00e9tat psychique\/\u00e9motionnel peuvent \u00e9galement \u00eatre diagnostiqu\u00e9s comme des troubles mentaux dans le sens d&#8217;une comorbidit\u00e9 psychiatrique, en fonction de leur nature, de leur degr\u00e9 et de leur dur\u00e9e. Tout comme l&#8217;identification pr\u00e9coce du besoin de traitement psycho-oncologique, il est essentiel d&#8217;\u00e9tablir un diagnostic diff\u00e9rentiel pr\u00e9cis et de faire la distinction entre une r\u00e9action normale au stress et un trouble psychique, afin de pouvoir mettre en place un soutien sp\u00e9cialis\u00e9 \u00e0 temps et de pr\u00e9venir une \u00e9ventuelle chronicit\u00e9. Le diagnostic des troubles mentaux chez les patients oncologiques est r\u00e9alis\u00e9 en consultation\/liaison selon les crit\u00e8res de la CIM-10 ou du DSM-V. <strong>Le tableau&nbsp;1<\/strong> illustre les crit\u00e8res CIM-10 des comorbidit\u00e9s les plus fr\u00e9quentes chez les patients oncologiques. De plus, il existe aujourd&#8217;hui un grand nombre d&#8217;instruments valides et standardis\u00e9s pour \u00e9valuer la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de la d\u00e9ficience mentale. Dans le cadre clinique, le Distress-Thermometer [15] est souvent utilis\u00e9 pour \u00e9valuer la d\u00e9tresse psychologique et l&#8217;<em>Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS) <\/em>[16] pour diagnostiquer un trouble anxieux ou d\u00e9pressif chez le patient.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-8429\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/tab1_np2_s6_0.png\" style=\"height:813px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1490\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/tab1_np2_s6_0.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/tab1_np2_s6_0-800x1084.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/tab1_np2_s6_0-120x163.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/tab1_np2_s6_0-90x122.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/tab1_np2_s6_0-320x433.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/tab1_np2_s6_0-560x759.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"les-comorbidites-psychologiques-les-plus-frequentes-chez-les-patients-atteints-de-tumeur\">Les comorbidit\u00e9s psychologiques les plus fr\u00e9quentes chez les patients atteints de tumeur<\/h2>\n<p><strong>Trouble de l&#8217;adaptation (CIM-10 : F43.2) : <\/strong>La CIM-10 [17] et le DSM-5 [18] d\u00e9finissent tous deux le trouble de l&#8217;adaptation comme une d\u00e9tresse \u00e9motionnelle r\u00e9sultant d&#8217;un stress identifiable d&#8217;une ampleur non catastrophique (par ex. perte due \u00e0 une s\u00e9paration, un d\u00e9c\u00e8s, une \u00e9migration, une maladie physique grave) dans un d\u00e9lai d&#8217;un mois (CIM-10) ou de trois mois (DSM-V) apr\u00e8s le d\u00e9but du stress. Les sympt\u00f4mes d&#8217;un trouble de l&#8217;adaptation ressemblent \u00e0 ceux des troubles affectifs (r\u00e9action d\u00e9pressive br\u00e8ve ou prolong\u00e9e), n\u00e9vrotiques (anxi\u00e9t\u00e9, soucis, tension), de stress ou somatoformes, ainsi que des troubles du comportement social, mais ne remplissent jamais le tableau complet de ces crit\u00e8res diagnostiques et doivent appara\u00eetre dans le mois suivant l&#8217;exposition et ne pas persister plus de 6 mois, sauf dans le cas de la r\u00e9action d\u00e9pressive prolong\u00e9e, qui peut durer jusqu&#8217;\u00e0 2 ans apr\u00e8s une exposition. Les sympt\u00f4mes doivent \u00eatre cliniquement significatifs, en ce sens qu&#8217;ils provoquent une souffrance \u00e9vidente ou une alt\u00e9ration du fonctionnement professionnel, social ou autre, mais ne peuvent pas \u00eatre expliqu\u00e9s dans le cadre d&#8217;un simple deuil [19]. Les taux de pr\u00e9valence des troubles de l&#8217;adaptation chez les patients oncologiques varient de 8 \u00e0 15,4% [3,6,9,20].<\/p>\n<p><strong>Trouble de stress post-traumatique (CIM-10 : F43.1) :<\/strong> Les patients peuvent r\u00e9agir par une r\u00e9action de stress \u00e0 un diagnostic de cancer, \u00e0 une progression de la maladie, \u00e0 des complications m\u00e9dicales, \u00e0 une transplantation de cellules souches ou \u00e0 un traitement en unit\u00e9 de soins intensifs. Celle-ci se caract\u00e9rise par des \u00e9tats \u00e9motionnels tels que le choc, l&#8217;engourdissement et le d\u00e9ni, le d\u00e9sespoir et la d\u00e9sesp\u00e9rance. Par la suite, des sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs ou anxieux peuvent se manifester. Des \u00e9tudes scientifiques indiquent qu&#8217;un diagnostic de cancer peut \u00e9galement d\u00e9clencher des sympt\u00f4mes de stress post-traumatique (PTSD). Selon les crit\u00e8res de la CIM-10, le PTSD est d\u00e9fini comme un trouble clinique qui comprend des r\u00e9actions cognitives, \u00e9motionnelles, comportementales et physiologiques qui peuvent appara\u00eetre de mani\u00e8re diff\u00e9r\u00e9e en r\u00e9ponse \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement stressant ou traumatique. Les sympt\u00f4mes cliniques sont l&#8217;exp\u00e9rience r\u00e9p\u00e9t\u00e9e du traumatisme sous la forme de souvenirs, de r\u00eaves ou de cauchemars envahissants, sur fond de sensation persistante d&#8217;engourdissement et d&#8217;\u00e9moussement \u00e9motionnel. D&#8217;autres caract\u00e9ristiques sont l&#8217;indiff\u00e9rence, l&#8217;apathie, l&#8217;absence de joie et l&#8217;\u00e9vitement des activit\u00e9s et des situations qui pourraient rappeler le souvenir du traumatisme. S&#8217;y ajoutent une hyperexcitation v\u00e9g\u00e9tative avec augmentation de la vigilance, une sursaut excessif et des troubles du sommeil. L&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 et la d\u00e9pression sont souvent associ\u00e9es \u00e0 ces sympt\u00f4mes et caract\u00e9ristiques. Les donn\u00e9es empiriques sur le PTSD chez les patients oncologiques sont contradictoires. Les taux de pr\u00e9valence varient fortement en fonction des instruments d&#8217;enqu\u00eate utilis\u00e9s, entre 7,3 et 20% [21,22].<\/p>\n<p><strong>Trouble anxieux (CIM-10 : F41) :<\/strong> Selon les crit\u00e8res de la CIM-10, les troubles anxieux sont des troubles psychiques qui se caract\u00e9risent, par rapport \u00e0 un danger r\u00e9el, par des r\u00e9actions d&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 exag\u00e9r\u00e9es ou par une peur concr\u00e8te. Par opposition aux peurs pathologiques, les peurs des patients atteints de tumeurs doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme une r\u00e9action \u00e0 un danger r\u00e9el, au sens d&#8217;une menace existentielle ou d&#8217;une incertitude quant \u00e0 l&#8217;\u00e9volution de la maladie. L&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 chez les patients atteints de tumeurs se manifeste donc particuli\u00e8rement en r\u00e9action \u00e0 la douleur, \u00e0 la perte de contr\u00f4le et d&#8217;autonomie, \u00e0 l&#8217;atteinte \u00e0 l&#8217;int\u00e9grit\u00e9 physique ou \u00e0 la progression de la maladie (angoisse de progression). Les sympt\u00f4mes physiques des troubles anxieux sont l&#8217;agitation motrice, les palpitations cardiaques, les vertiges, les sueurs, les tremblements, la tachycardie, la sensation d&#8217;oppression, les douleurs thoraciques, les difficult\u00e9s respiratoires, les c\u00e9phal\u00e9es de tension, les troubles du sommeil et\/ou les tremblements. Dans le traitement psycho-oncologique, les troubles paniques, les troubles anxieux g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s et les peurs phobiques sont les plus fr\u00e9quents. Les donn\u00e9es sur le taux de pr\u00e9valence des troubles anxieux chez les patients oncologiques varient entre 15 et 19% [6\u20139,20,23,24].<\/p>\n<p><strong>Troubles d\u00e9pressifs (CIM-10 : F32, 33) : <\/strong>La tristesse et l&#8217;abattement en r\u00e9action \u00e0 un diagnostic de cancer sont des r\u00e9actions humaines ad\u00e9quates et normales. Les sympt\u00f4mes, qui se distinguent de ceux de la d\u00e9pression, sont temporaires, moins prononc\u00e9s et fluctuent au cours de la journ\u00e9e ou d&#8217;un jour \u00e0 l&#8217;autre. En revanche, une d\u00e9pression clinique est d\u00e9finie selon les crit\u00e8res de la CIM-10 par la pr\u00e9sence des sympt\u00f4mes cl\u00e9s suivants : humeur d\u00e9prim\u00e9e, diminution de l&#8217;\u00e9lan vital, fatigabilit\u00e9 accrue, rumination (tournoiement des pens\u00e9es), capacit\u00e9 limit\u00e9e \u00e0 \u00e9prouver du plaisir (anh\u00e9donie), perte d&#8217;int\u00e9r\u00eat, troubles de la concentration\/du sommeil et perte d&#8217;app\u00e9tit. A cela s&#8217;ajoutent des perspectives d&#8217;avenir n\u00e9gatives et pessimistes, des sentiments de culpabilit\u00e9 et d&#8217;inutilit\u00e9. De plus, l&#8217;estime de soi et la confiance en soi sont presque toujours affect\u00e9es. Pour un trouble d\u00e9pressif mod\u00e9r\u00e9, au moins quatre des crit\u00e8res ci-dessus doivent \u00eatre remplis et persister sur une p\u00e9riode de 2&nbsp;semaines [10]. Les taux de pr\u00e9valence indiqu\u00e9s pour les troubles d\u00e9pressifs chez les patients oncologiques varient fortement de 4 \u00e0 16,5%, les cancers tels que le cancer du poumon, le cancer du sein, les tumeurs de la t\u00eate et du cou et les tumeurs gastro-intestinales [6\u201310,20,23,24] \u00e9tant associ\u00e9s \u00e0 un risque accru de d\u00e9pression. De plus, la d\u00e9pression chez les patients atteints de tumeur est associ\u00e9e \u00e0 un risque de suicide deux fois plus \u00e9lev\u00e9 que dans la population g\u00e9n\u00e9rale, le risque de suicide \u00e9tant particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9 dans les six premiers mois suivant le diagnostic et chez les patients atteints d&#8217;une tumeur avanc\u00e9e et de mauvais pronostic [25]. Les pens\u00e9es ou les fantasmes suicidaires chez les patients oncologiques atteints d&#8217;une maladie avanc\u00e9e sont fr\u00e9quents dans le sens d&#8217;une possibilit\u00e9 de garder le contr\u00f4le (solution pour mettre fin aux souffrances) ou d&#8217;un appel \u00e0 l&#8217;aide (&#8220;je ne suis plus capable de faire face \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9&#8221;). La suicidalit\u00e9 est une complication \u00e0 prendre au s\u00e9rieux dans le traitement des patients atteints de tumeurs et doit \u00eatre th\u00e9matis\u00e9e selon le sch\u00e9ma suivant pour une estimation et une \u00e9valuation valables : 1) Enqu\u00eate sur les intentions, les id\u00e9es, les pens\u00e9es et les projets de suicide ; 2) Enqu\u00eate sur les facteurs de risque et de protection, y compris les actes suicidaires pass\u00e9s ; 3) D\u00e9terminer les interventions cibl\u00e9es n\u00e9cessaires. Nature des pens\u00e9es suicidaires, projets de suicide [26]. De plus, un soutien psychopharmacologique et psychologique est n\u00e9cessaire pour faire face \u00e0 la situation de la maladie. Comme le montrent les r\u00e9sultats d&#8217;une \u00e9tude, le d\u00e9sir de mourir diminue dans la plupart des cas lorsque les patients peuvent parler de leur d\u00e9tresse, qu&#8217;on les \u00e9coute et qu&#8217;on leur t\u00e9moigne de la compr\u00e9hension [27].<\/p>\n<p><strong>D\u00e9lire (CIM-10 : F05) : <\/strong>Selon la CIM-10, le d\u00e9lire est d\u00e9fini comme un syndrome c\u00e9r\u00e9bral non sp\u00e9cifique sur le plan \u00e9tiologique, caract\u00e9ris\u00e9 par des troubles simultan\u00e9s de la conscience, de l&#8217;attention, de la perception, de la pens\u00e9e, de la m\u00e9moire, de la psychomotricit\u00e9, de l&#8217;\u00e9motivit\u00e9 et du rythme veille-sommeil. Le d\u00e9lire se caract\u00e9rise par un d\u00e9but aigu li\u00e9 \u00e0 une maladie physique, une \u00e9volution fluctuante et une \u00e9tiologie sous-jacente. Les classifications plus pr\u00e9cises selon la CIM-10 sont le d\u00e9lire <em>sans d\u00e9mence (CIM-10 : F05.0), le d\u00e9lire postop\u00e9ratoire d&#8217;\u00e9tiologie multifactorielle (CIM-10 : F05.8) et le d\u00e9lire non sp\u00e9cifi\u00e9 (CIM-10 : F05.9).<\/em> Les facteurs susceptibles de provoquer un d\u00e9lire chez les patients oncologiques sont notamment les s\u00e9datifs, les narcotiques, les anticholinergiques, les infections, la fi\u00e8vre, l&#8217;an\u00e9mie, les d\u00e9s\u00e9quilibres \u00e9lectrolytiques et les interventions chirurgicales. Un \u00e2ge avanc\u00e9 (&gt; 65 ans), la d\u00e9mence et un cancer avanc\u00e9 sont des facteurs de risque importants pour le d\u00e9veloppement d&#8217;un d\u00e9lire. La pr\u00e9valence du d\u00e9lire chez les patients oncologiques hospitalis\u00e9s varie entre 12% et 45% en fonction de la taille de l&#8217;\u00e9chantillon, du groupe de patients et des instruments de test utilis\u00e9s [28\u201331].<\/p>\n<p><strong>Troubles organiques de la personnalit\u00e9 ou du comportement (CIM-10 : F07.0) :<\/strong> Les troubles organiques de la personnalit\u00e9 ou du comportement dus \u00e0 une maladie, une l\u00e9sion ou un dysfonctionnement c\u00e9r\u00e9bral se caract\u00e9risent par une alt\u00e9ration des mod\u00e8les comportementaux pr\u00e9morbides et concernent l&#8217;expression des affects, des impulsions et des besoins, les capacit\u00e9s cognitives telles que l&#8217;attention et la m\u00e9moire, ainsi que le comportement sexuel. Ce trouble est \u00e9galement appel\u00e9 <em>syndrome du cerveau frontal<\/em>, qui survient souvent chez les patients atteints de maladies affectant les lobes frontaux, comme les tumeurs c\u00e9r\u00e9brales. Les donn\u00e9es sur les taux de pr\u00e9valence des troubles organiques de la personnalit\u00e9 chez les patients atteints de tumeurs c\u00e9r\u00e9brales varient de 10% \u00e0 42% [32\u201334].<\/p>\n<p><strong>Fatigue li\u00e9e au cancer (CIM-10 : R53) : <\/strong>Selon les lignes directrices du National Comprehensive Cancer Network (NCCN)  [35]), la fatigue li\u00e9e au cancer  <em>(CrF)<\/em>  est d\u00e9fini comme un &#8220;\u00e9puisement physique, \u00e9motionnel et\/ou cognitif continu (persistant) sous forme de faiblesse et de fatigue, associ\u00e9 \u00e0 un manque subjectif d&#8217;\u00e9nergie et de motivation, typiquement disproportionn\u00e9 par rapport au niveau d&#8217;activit\u00e9, affectant le niveau de fonctionnement habituel et ne pouvant \u00eatre am\u00e9lior\u00e9 par un temps de repos ou de sommeil suffisant&#8221;. Les effets des sympt\u00f4mes de fatigue sont multiples et peuvent concerner les aspects physiques, cognitifs et affectifs. Les patients rapportent ainsi des sentiments de lassitude et de manque d&#8217;\u00e9nergie, une forte diminution des performances physiques, une sensibilit\u00e9 accrue \u00e0 la douleur, des troubles de la m\u00e9moire et de la concentration, voire une perte de motivation et d&#8217;int\u00e9r\u00eat. De nombreuses patientes concern\u00e9es souffrent souvent de troubles psychologiques tels que l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 ou l&#8217;humeur d\u00e9pressive [36]. Ces troubles peuvent avoir un impact consid\u00e9rable sur la qualit\u00e9 de vie et peuvent en outre avoir des cons\u00e9quences d\u00e9vastatrices avec une gestion insuffisante du quotidien, un retrait social, voire une incapacit\u00e9 professionnelle ou de gain avec des charges financi\u00e8res. Les taux de pr\u00e9valence de la CrF sont \u00e9lev\u00e9s et concernent environ 60-96% [37] des patients oncologiques pendant le traitement et environ 34% des patients 5-10 ans apr\u00e8s la fin du traitement [38].<\/p>\n<h2 id=\"options-de-traitement\">Options de traitement<\/h2>\n<p>Outre l&#8217;identification \u00e0 temps d&#8217;une symptomatologie psychiatrique n\u00e9cessitant un traitement, il est important de mettre en place une th\u00e9rapie ad\u00e9quate. En outre, une r\u00e9\u00e9valuation au cours du traitement et une adaptation du traitement seront n\u00e9cessaires. Le traitement d&#8217;un trouble anxieux ou d&#8217;un \u00e9pisode d\u00e9pressif mod\u00e9r\u00e9 \u00e0 s\u00e9v\u00e8re en milieu clinique se fait id\u00e9alement au moyen d&#8217;une th\u00e9rapie de soutien combin\u00e9e psychopharmacologique et psycho-oncologique. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, l&#8217;offre de traitement doit \u00eatre \u00e0 bas seuil et possible de mani\u00e8re ponctuelle et en fonction des besoins individuels. Les offres de traitement doivent \u00e9galement s&#8217;adresser aux proches.<\/p>\n<h2 id=\"therapie-psychopharmacologique\">Th\u00e9rapie psychopharmacologique<\/h2>\n<p>Le recours \u00e0 un traitement psychopharmacologique de l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 et de la d\u00e9pression est recommand\u00e9 en fonction de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9, de la dur\u00e9e et du type de sympt\u00f4mes. Dans le traitement des troubles d\u00e9pressifs mod\u00e9r\u00e9s \u00e0 s\u00e9v\u00e8res, les antid\u00e9presseurs du groupe des inhibiteurs s\u00e9lectifs de la recapture de la s\u00e9rotonine (ISRS), en particulier le citalopram ou la sertraline, sont souvent utilis\u00e9s pour augmenter la motivation et am\u00e9liorer l&#8217;humeur, ou les antid\u00e9presseurs t\u00e9tracycliques comme la mirtazapine pour stabiliser l&#8217;humeur, r\u00e9guler le sommeil et\/ou optimiser l&#8217;app\u00e9tit. Pour l&#8217;anxiolyse ou le traitement des attaques de panique en milieu clinique, il est recommand\u00e9 d&#8217;utiliser des benzodiaz\u00e9pines (par exemple le loraz\u00e9pam) comme traitement symptomatique \u00e0 court terme. Le loraz\u00e9pam a un effet puissant et rapide avec une demi-vie de 12 \u00e0 16 heures. Elle a un effet anxiolytique, s\u00e9datif, anticonvulsivant et favorise le sommeil, mais ne doit \u00eatre utilis\u00e9e que pendant une courte p\u00e9riode en raison de son potentiel de d\u00e9pendance consid\u00e9rable. Les effets secondaires comprennent la s\u00e9dation, la somnolence, la confusion, l&#8217;\u00e9tourdissement, les troubles mentaux ou comportementaux [39].<\/p>\n<p>Le traitement du delirium en milieu clinique est bas\u00e9 sur des proc\u00e9dures standardis\u00e9es pour la pr\u00e9vention, la d\u00e9tection pr\u00e9coce et le traitement du delirium, ainsi que sur l&#8217;utilisation d&#8217;outils d&#8217;\u00e9valuation standardis\u00e9s et valid\u00e9s du delirium (par exemple, The Intensive Care Delirium Screening Checklist [ICDSC] [40]). Le traitement m\u00e9dicamenteux symptomatique du delirium comprend la r\u00e9duction des facteurs d\u00e9clenchant le delirium en combinaison avec des neuroleptiques typiques (halop\u00e9ridol, pipamp\u00e9rone) ou atypiques, comme l&#8217;olanzapine, la qu\u00e9tiapine ou la risp\u00e9ridone. Une modification de l&#8217;intervalle QT a \u00e9t\u00e9 document\u00e9e, c&#8217;est pourquoi ces m\u00e9dicaments ne doivent \u00eatre administr\u00e9s que sous contr\u00f4le ECG. En outre, des mesures non m\u00e9dicamenteuses cibl\u00e9es devraient minimiser les facteurs d\u00e9clenchant le d\u00e9lire, par exemple en r\u00e9gulant le rythme veille-sommeil, en assurant une hydratation suffisante, en mobilisant le patient, en installant des aides \u00e0 l&#8217;orientation, en lui faisant porter des lunettes et des appareils auditifs et en \u00e9vitant la douleur [41].<br \/>\nUn trouble organique de la personnalit\u00e9 (syndrome c\u00e9r\u00e9bral frontal) se traite au mieux par une pharmacoth\u00e9rapie et une psychoth\u00e9rapie combin\u00e9es (antid\u00e9presseurs en cas de tableaux cliniques nettement moins dynamiques et apathiques ou neuroleptiques \u00e0 faible puissance en cas d&#8217;aspect agressif sans distance) [42].<\/p>\n<p>Lors de l&#8217;indication d&#8217;un traitement psychopharmacologique, les b\u00e9n\u00e9fices individuels doivent \u00eatre soigneusement mis en balance avec les effets secondaires possibles (vertiges, somnolence, fatigue, naus\u00e9es, perte de libido) et les interactions avec le traitement de la tumeur doivent \u00eatre \u00e9valu\u00e9es. Les antid\u00e9presseurs tricycliques, certains ISRS (parox\u00e9tine, fluox\u00e9tine, flufoxamine) et le millepertuis (Hypericum), en particulier, ont un effet inhibiteur sur le syst\u00e8me cytochrome (notamment le CYP2D6) et peuvent, par exemple, entra\u00eener une r\u00e9duction du taux de tamoxif\u00e8ne [43]. Il faut \u00e9galement noter que pratiquement tous les ISRS et les neuroleptiques atypiques renforcent l&#8217;effet d&#8217;allongement de l&#8217;intervalle QTc de nombreux m\u00e9dicaments oncologiques [44]. Lors de la recommandation de m\u00e9dicaments psychotropes, le principe suivant s&#8217;applique : moins il y a d&#8217;interactions possibles, mieux c&#8217;est.<\/p>\n<h2 id=\"psychotherapie\">Psychoth\u00e9rapie<\/h2>\n<p>La th\u00e9rapie cognitivo-comportementale (TCC) est consid\u00e9r\u00e9e comme une m\u00e9thode th\u00e9rapeutique efficace dans le traitement de l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 ou des troubles d\u00e9pressifs chez les patients atteints de maladies oncologiques [45]. La TCC vise \u00e0 modifier les cognitions et les comportements dysfonctionnels qui influencent ou renforcent les sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs. Outre le traitement aigu des troubles d\u00e9pressifs, la TCC permet d&#8217;identifier les strat\u00e9gies d&#8217;adaptation mal adapt\u00e9es, de renforcer les ressources individuelles, d&#8217;offrir un soutien dans la gestion de l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 (peur de la progression), des changements physiques et de l&#8217;acceptation de la maladie, et de montrer les possibilit\u00e9s de changement de perspectives de vie.<\/p>\n<p>En psycho-oncologie, outre la TCC, des approches psychoth\u00e9rapeutiques visant \u00e0 trouver un sens \u00e0 la vie et \u00e0 renforcer la dignit\u00e9 et l&#8217;autod\u00e9termination se sont \u00e9tablies ces derni\u00e8res ann\u00e9es. La <em>psychoth\u00e9rapie centr\u00e9e sur les significations individuelles ou de groupe (IMCP)<\/em> selon Breitbart  [46,47]  est une approche bas\u00e9e sur la logoth\u00e9rapie de Viktor Frankl  [48]  qui aborde, par le biais de s\u00e9ances de th\u00e9rapie hebdomadaires, des th\u00e8mes tels que les concepts individuels et les sources de sens, les concepts de vie individuels significatifs et les aspects de l&#8217;histoire de vie personnelle, la responsabilit\u00e9, la cr\u00e9ativit\u00e9 et les r\u00f4les individuels dans la famille, le travail et la soci\u00e9t\u00e9, ainsi que les questions d&#8217;adieu, de fin et d&#8217;espoir pour son propre avenir. Pour la PCIME, une am\u00e9lioration significative du bien-\u00eatre spirituel et de la qualit\u00e9 de vie a \u00e9t\u00e9 scientifiquement d\u00e9montr\u00e9e chez les patients atteints d&#8217;une maladie oncologique avanc\u00e9e, mais aucune am\u00e9lioration de l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9, de la d\u00e9pression ou du d\u00e9sespoir.<\/p>\n<p>La <em>Dignity Therapy (th\u00e9rapie centr\u00e9e sur la dignit\u00e9) <\/em>selon Harvey Chochinov [49] est une intervention \u00e0 court terme visant \u00e0 renforcer la dignit\u00e9 individuelle et l&#8217;autod\u00e9termination des patients atteints d&#8217;une maladie oncologique avanc\u00e9e. La th\u00e9rapie a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e en partant du principe qu&#8217;une maladie oncologique grave et avanc\u00e9e s&#8217;accompagne d&#8217;une perte importante de dignit\u00e9, ce qui peut \u00e0 son tour d\u00e9clencher chez les patients concern\u00e9s le d\u00e9sir de mourir pr\u00e9matur\u00e9ment. En posant des questions cibl\u00e9es et en \u00e9crivant les souvenirs, les souhaits et les pr\u00e9occupations du patient, l&#8217;objectif est d&#8217;augmenter l&#8217;appr\u00e9ciation de sa propre vie, de soutenir la recherche de sens et de reconna\u00eetre ou de renforcer l&#8217;importance de l&#8217;\u0153uvre de sa vie. Cette narration est guid\u00e9e par un guide d&#8217;entretien<strong> (tab.&nbsp;2)<\/strong>, l&#8217;entretien est enregistr\u00e9, transcrit, discut\u00e9 avec le patient, \u00e9dit\u00e9 et finalement remis au patient sous forme de document \u00e9crit (document de g\u00e9n\u00e9rativit\u00e9). La th\u00e9rapie Dignity a montr\u00e9 une am\u00e9lioration significative de la qualit\u00e9 de vie et de l&#8217;autod\u00e9termination chez les patients atteints d&#8217;une maladie oncologique avanc\u00e9e, et a pour effet de renforcer le sentiment de dignit\u00e9. En outre, les proches ont \u00e9galement d\u00e9clar\u00e9 avoir trouv\u00e9 la th\u00e9rapie Dignity utile.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8430 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/tab2_np2_s11_0.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1192;height:650px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1192\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/tab2_np2_s11_0.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/tab2_np2_s11_0-800x867.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/tab2_np2_s11_0-120x130.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/tab2_np2_s11_0-90x98.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/tab2_np2_s11_0-320x347.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/tab2_np2_s11_0-560x607.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La psycho-oncologie propose de nombreuses autres m\u00e9thodes psychoth\u00e9rapeutiques avec des preuves scientifiques dans le traitement de l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9, des troubles d\u00e9pressifs, des douleurs et des troubles du sommeil chez les patients oncologiques, notamment la th\u00e9rapie d&#8217;acceptation et d&#8217;engagement (ACT) [50\u201352], les m\u00e9thodes de relaxation et d&#8217;imagination (Mindfulness-based Therapy) [53], la th\u00e9rapie corporelle (acupuncture, th\u00e9rapie respiratoire, shiatsu, qi-gong, etc.) [54] ou la musicoth\u00e9rapie et l&#8217;art-th\u00e9rapie [55].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS),  <em>Rapport suisse sur le cancer 2015. Situation et \u00e9volution<\/em>, 2015.<\/li>\n<li>Programme de lignes directrices en oncologie (Deutsche Krebsgesellschaft, Deutsche Krebshilfe, AWMF) <em>Diagnostic, conseil et traitement psycho-oncologiques des patients adultes atteints de cancer<\/em>, 2014.<\/li>\n<li>Hund B., Reuter K., Harter M., Brahler E., Faller H., Keller M., Schulz H., Wegscheider K., Weis J., Wittchen H. U., Koch U., Friedrich M., Mehnert A.,  <em>Stressors, Symptom Profile, Stressors, symptom profile, and predictors of adjustment disorder in cancer patients.  <\/em><em>R\u00e9sultats d&#8217;une \u00e9tude \u00e9pid\u00e9miologique avec l&#8217;entretien diagnostique international composite, adaptation pour l&#8217;oncologie (cidi-o).<\/em>  Depress Anxiety, 2016. 33(2) : p. 153-61.<\/li>\n<li>Meyer F., Fletcher K., Prigerson H. G., Braun I. M., Maciejewski P. K., <em>Advanced cancer as a risk for major depressive episodes<\/em>. 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