{"id":340098,"date":"2017-03-18T01:00:00","date_gmt":"2017-03-18T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/connaissances-actuelles-sur-la-population-suisse-sous-dialyse\/"},"modified":"2017-03-18T01:00:00","modified_gmt":"2017-03-18T00:00:00","slug":"connaissances-actuelles-sur-la-population-suisse-sous-dialyse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/connaissances-actuelles-sur-la-population-suisse-sous-dialyse\/","title":{"rendered":"Connaissances actuelles sur la population suisse sous dialyse"},"content":{"rendered":"<p><strong>La Suisse dispose d\u00e9sormais d&#8217;un registre pertinent des patients et des traitements par dialyse. Celui-ci ne donne pas seulement une bonne impression de la situation d\u00e9mographique et de l&#8217;\u00e9volution de la population suisse sous dialyse, mais permet \u00e9galement de r\u00e9pondre \u00e0 moyen et long terme \u00e0 d&#8217;importantes questions \u00e9pid\u00e9miologiques et de politique de sant\u00e9. Il apporte ainsi une contribution pertinente aux soins m\u00e9dicaux de ces patients et \u00e0 l&#8217;acquisition de nouvelles connaissances sur les m\u00e9canismes de la maladie dans l&#8217;insuffisance r\u00e9nale chronique. En principe, il peut \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9 pour le contr\u00f4le et l&#8217;am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 ainsi que comme outil de benchmarking.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>En 2015, 296 millions de francs ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pens\u00e9s en Suisse pour le traitement par dialyse d&#8217;environ 4500 patients souffrant d&#8217;insuffisance r\u00e9nale chronique. Cela repr\u00e9sente 0,4% des co\u00fbts de sant\u00e9 dans notre pays. Il est compr\u00e9hensible que les autorit\u00e9s sanitaires et les organismes payeurs fassent valoir un besoin d&#8217;informations sur la qualit\u00e9 et l&#8217;efficacit\u00e9 des moyens utilis\u00e9s dans ce domaine. En outre, il est \u00e9galement essentiel pour les n\u00e9phrologues de disposer de donn\u00e9es d\u00e9mographiques et de mesures de r\u00e9sultats sur la population dialys\u00e9e en Suisse. Contrairement aux \u00c9tats-Unis, par exemple, o\u00f9 des enqu\u00eates d\u00e9taill\u00e9es sur les traitements par dialyse sont disponibles depuis des d\u00e9cennies, de telles informations faisaient encore d\u00e9faut en Suisse il y a quelques ann\u00e9es. Le registre suisse des dialyses a donc \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 2006 (Swiss Renal Registry and Quality Assessment Program, srrqap). Ce n&#8217;est que depuis 2013, avec l&#8217;introduction d&#8217;une obligation contractuelle de collecte de donn\u00e9es, que l&#8217;on dispose d\u00e9sormais de donn\u00e9es largement compl\u00e8tes sur les patients dialys\u00e9s et les traitements en Suisse. Cet article vise \u00e0 pr\u00e9senter les principaux enseignements tir\u00e9s des analyses disponibles sur les trois premi\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<h2 id=\"demographie-de-la-population-suisse-sous-dialyse\">D\u00e9mographie de la population suisse sous dialyse<\/h2>\n<p>En 2015, 4453 patients sous dialyse ont \u00e9t\u00e9 recens\u00e9s en Suisse. Sur la base d&#8217;une comparaison avec les donn\u00e9es de co\u00fbts des assureurs, on peut supposer que l&#8217;enqu\u00eate est compl\u00e8te \u00e0 pr\u00e8s de 100%. Par rapport \u00e0 l&#8217;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, cela repr\u00e9sente une augmentation de 5,6%. En 2015, l&#8217;\u00e2ge moyen \u00e9tait de 67,9 ans, un patient sur deux \u00e9tant \u00e2g\u00e9 de plus de 70,8 ans <strong>(figure&nbsp;1).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-8401\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/abb1_hp3_s24.png\" style=\"height:596px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1092\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/abb1_hp3_s24.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/abb1_hp3_s24-800x794.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/abb1_hp3_s24-80x80.png 80w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/abb1_hp3_s24-120x120.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/abb1_hp3_s24-90x90.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/abb1_hp3_s24-320x318.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/abb1_hp3_s24-560x556.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Depuis 2013, la structure par \u00e2ge a \u00e9volu\u00e9 de +0,6 an, tant pour l&#8217;\u00e2ge moyen que pour l&#8217;\u00e2ge m\u00e9dian. La question se pose donc de savoir si cette augmentation est la cons\u00e9quence d&#8217;une survie plus longue en dialyse ou d&#8217;un \u00e2ge plus avanc\u00e9 au d\u00e9but du traitement de substitution r\u00e9nale. A cette fin, la structure d&#8217;\u00e2ge des patients existants (pr\u00e9valents) et des nouveaux patients admis dans une proc\u00e9dure de dialyse (incidents) peut \u00eatre utilis\u00e9e. Il en ressort que la pr\u00e9valence des \u226575 ans a augment\u00e9 entre 2014 et 2015, passant de 37,2 \u00e0 40,7%, tandis que l&#8217;incidence dans cette cat\u00e9gorie d&#8217;\u00e2ge a diminu\u00e9 de 36,8 \u00e0 30,7%. Cela signifie que les patients atteints d&#8217;insuffisance r\u00e9nale chronique r\u00e9cente ont tendance \u00e0 rajeunir au cours de cette p\u00e9riode et que les patients en dialyse depuis plus d&#8217;un an sont plus \u00e2g\u00e9s. Toutefois, en raison de la bri\u00e8vet\u00e9 de l&#8217;horizon d&#8217;observation, ces conclusions doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es avec r\u00e9serve. En particulier, la question de savoir si l&#8217;on peut en d\u00e9duire une survie de plus en plus longue des patients dialys\u00e9s reste ouverte pour le moment. Donn\u00e9es relatives \u00e0 la survie ou \u00e0 la mort sur la mortalit\u00e9 ne seront significatives que lorsqu&#8217;on disposera d&#8217;\u00e9valuations sur plusieurs ann\u00e9es. Pour les patients qui ont commenc\u00e9 la dialyse en Suisse en 2014, le taux de survie \u00e0 1 an est de 91,7%. En comparaison, ce taux n&#8217;\u00e9tait que de 82,7% en Europe (donn\u00e9es du registre de la European Renal Association\/European Dialysis and Transplant Association, ERA-EDTA). Cette diff\u00e9rence en faveur de la Suisse s&#8217;explique principalement par un meilleur outcome dans les groupes d&#8217;\u00e2ge sup\u00e9rieurs de 65 \u00e0 74 ans et chez les \u226575 ans (CH : 91,6 et 86,9%, ERA-EDTA : 82,1 et 72,7%).<\/p>\n<h2 id=\"causes-et-comorbidite-de-linsuffisance-renale-necessitant-une-dialyse\">Causes et comorbidit\u00e9 de l&#8217;insuffisance r\u00e9nale n\u00e9cessitant une dialyse<\/h2>\n<p>L&#8217;insuffisance r\u00e9nale chronique est dans une large mesure la cons\u00e9quence de maladies syst\u00e9miques telles que le diab\u00e8te sucr\u00e9, l&#8217;hypertension et les maladies cardiovasculaires. Pour la premi\u00e8re fois, on dispose de donn\u00e9es plus pr\u00e9cises sur les causes et les maladies associ\u00e9es des patients dialys\u00e9s en Suisse. Ainsi, l&#8217;isch\u00e9mie vasculaire et l&#8217;isch\u00e9mie c\u00e9r\u00e9brale sont respectivement pr\u00e9sentes chez environ 17% des patients. n\u00e9phropathie diab\u00e9tique d\u00e9clar\u00e9e comme maladie r\u00e9nale sous-jacente. En cons\u00e9quence, environ un tiers des patients dialys\u00e9s souffrent d&#8217;une maladie coronarienne ou d&#8217;un diab\u00e8te sucr\u00e9 de type 2, ce qui refl\u00e8te une morbidit\u00e9 ou une mortalit\u00e9 cardiovasculaire \u00e9lev\u00e9e. risque cardiovasculaire dans cette population <strong>(Fig.&nbsp;2).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8402 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/abb2_hp3_s24.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/740;height:404px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"740\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/abb2_hp3_s24.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/abb2_hp3_s24-800x538.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/abb2_hp3_s24-120x81.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/abb2_hp3_s24-90x61.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/abb2_hp3_s24-320x215.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/abb2_hp3_s24-560x377.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En particulier dans les groupes d&#8217;\u00e2ge sup\u00e9rieurs \u00e0 70 ans, environ la moiti\u00e9 des patients pr\u00e9sentent une comorbidit\u00e9 de haut niveau bas\u00e9e sur le calcul du score de Charlson. Ainsi, un patient dialys\u00e9 sur quatre en Suisse est \u00e2g\u00e9 et pr\u00e9sente une polymorbidit\u00e9 pertinente. Cette situation a un impact croissant sur la prise en charge de ces personnes. Dans ces conditions, non seulement le traitement par dialyse lui-m\u00eame est plus co\u00fbteux, mais le suivi m\u00e9dical dont les patients ont besoin en g\u00e9n\u00e9ral est de plus en plus exigeant. N\u00e9anmoins, les r\u00e9sultats du traitement par dialyse dans notre pays sont encourageants. Comme nous l&#8217;avons d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9, la survie semble \u00eatre substantiellement plus \u00e9lev\u00e9e par rapport \u00e0 d&#8217;autres pays europ\u00e9ens, du moins pour les donn\u00e9es disponibles concernant la premi\u00e8re ann\u00e9e apr\u00e8s le d\u00e9but du traitement. Sur la base d&#8217;autres donn\u00e9es publi\u00e9es en Suisse, la survie m\u00e9diane entre 2000 et 2010 \u00e9tait d&#8217;environ six ans apr\u00e8s le d\u00e9but de la dialyse, et 95% des personnes \u00e2g\u00e9es de 67 \u00e0 83 ans ont tout de m\u00eame surv\u00e9cu 3,2 \u00e0 4,4 ans [1].<\/p>\n<p>En 2015, 560, soit 12,6% des patients dialys\u00e9s en Suisse, sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9s. La cause de d\u00e9c\u00e8s la plus fr\u00e9quente \u00e9tait l&#8217;arr\u00eat cardiaque\/la mort subite, avec environ 12%. Au total, une complication cardiovasculaire a entra\u00een\u00e9 le d\u00e9c\u00e8s de plus de 25% des patients. Les autres causes fr\u00e9quentes \u00e9taient les n\u00e9oplasies (environ 10%) et les infections (environ 9%). Cependant, la deuxi\u00e8me cause de d\u00e9c\u00e8s la plus fr\u00e9quente \u00e9tait l&#8217;interruption de la dialyse \u00e0 la demande du patient (pr\u00e8s de 11%). Cette proportion \u00e9lev\u00e9e s&#8217;explique certainement par la structure d&#8217;\u00e2ge et la polymorbidit\u00e9 de la population suisse sous dialyse.<\/p>\n<p>Des \u00e9volutions encourageantes ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es en ce qui concerne les maladies infectieuses transmissibles, notamment les h\u00e9patites virales. Par rapport \u00e0 une enqu\u00eate nationale men\u00e9e en 1999, la proportion de patients atteints d&#8217;h\u00e9patite C positive a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite de moiti\u00e9, passant de 5 \u00e0 2,5% actuellement [2]. Ceci est d&#8217;autant plus positif qu&#8217;il n&#8217;existe toujours pas de vaccin actif contre le VHC. En revanche, la pr\u00e9valence du VHB a augment\u00e9 depuis 1999, passant de 1,44 \u00e0 2,5%, mais reste faible par rapport aux autres pays.<\/p>\n<h2 id=\"\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"-2\"><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8403 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/abb3_hp3_s25.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/792;height:432px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"792\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/abb3_hp3_s25.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/abb3_hp3_s25-800x576.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/abb3_hp3_s25-120x86.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/abb3_hp3_s25-90x65.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/abb3_hp3_s25-320x230.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/abb3_hp3_s25-560x403.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/h2>\n<h2 id=\"-3\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"aspects-particuliers\">Aspects particuliers<\/h2>\n<p>Un registre offre \u00e9galement toujours la possibilit\u00e9 de d\u00e9couvrir et d&#8217;analyser des constellations particuli\u00e8res dans un collectif de patients. On remarque par exemple que les hommes sont nettement majoritaires en proportion, avec 64% de la population suisse sous dialyse <strong>(figure&nbsp;3).<\/strong> La moyenne europ\u00e9enne est d&#8217;environ 60%, avec une nette majorit\u00e9 d&#8217;hommes dans toutes les nations participant au registre ERA-EDTA (maximum : Norv\u00e8ge 65% ; minimum : Roumanie 56%). Une analyse approfondie des diff\u00e9rences entre les sexes dans les donn\u00e9es suisses montre que les femmes sont en moyenne plus \u00e2g\u00e9es d&#8217;environ quatre mois et restent en dialyse pr\u00e8s de huit mois de plus. Il est \u00e9galement frappant de constater que la morbidit\u00e9 li\u00e9e aux maladies cardiovasculaires et aux facteurs de risque est nettement plus faible. Ainsi, seules 28,5% des femmes pr\u00e9sentent une maladie coronarienne (41,5% des hommes) et seules 27,8% souffrent d&#8217;un DM de type 2 (33,8% des hommes) <strong>(tableau&nbsp;1).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8404 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/tab1-hp3_s25.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 888px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 888\/2305;height:1038px; width:400px\" width=\"888\" height=\"2305\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/tab1-hp3_s25.png 888w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/tab1-hp3_s25-800x2077.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/tab1-hp3_s25-120x311.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/tab1-hp3_s25-90x234.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/tab1-hp3_s25-320x831.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/tab1-hp3_s25-560x1454.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 888px) 100vw, 888px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, en 2015, &#8220;seulement&#8221; 20,5% des femmes sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9es de complications cardiovasculaires, contre 23,2% des hommes. Cela est \u00e9galement int\u00e9ressant car l&#8217;inverse est observ\u00e9 dans la population g\u00e9n\u00e9rale (chez les femmes, une cause cardiovasculaire a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e dans 35% des d\u00e9c\u00e8s, contre seulement 31,1% chez les hommes selon Sant\u00e9 publique Suisse, Interpharma, 2016). De telles observations \u00e9pid\u00e9miologiques peuvent g\u00e9n\u00e9rer des hypoth\u00e8ses scientifiques, par exemple si le milieu ur\u00e9mique modifie le risque sp\u00e9cifique au sexe pour certaines maladies. De m\u00eame, d&#8217;un point de vue \u00e9pid\u00e9miologique et d&#8217;\u00e9conomie de la sant\u00e9, il sera probablement important d&#8217;\u00e9tudier les raisons de la pr\u00e9valence plus \u00e9lev\u00e9e des hommes en dialyse. Les causes possibles sont une exposition plus faible aux l\u00e9sions r\u00e9nales chroniques chez les femmes, ou une plus grande r\u00e9ticence \u00e0 initier une proc\u00e9dure de remplacement r\u00e9nal chez les femmes. Pour clarifier la premi\u00e8re possibilit\u00e9, il faudrait disposer de donn\u00e9es plus compl\u00e8tes sur la pr\u00e9valence de l&#8217;IRC en Suisse, ce qui n&#8217;est pas le cas syst\u00e9matiquement. Cependant, des \u00e9tudes de moindre envergure n&#8217;indiquent pas qu&#8217;il existe une diff\u00e9rence pertinente entre les sexes, du moins pour les premiers stades de l&#8217;insuffisance r\u00e9nale chronique. On ne peut toutefois pas exclure qu&#8217;en cas d&#8217;atteinte r\u00e9nale \u00e9tablie, les hommes pr\u00e9sentent une progression plus rapide de l&#8217;insuffisance r\u00e9nale en raison d&#8217;une charge cardiovasculaire plus \u00e9lev\u00e9e.<\/p>\n<p>Un autre aspect passionnant de la ventilation des caract\u00e9ristiques sp\u00e9cifiques au genre est que les femmes dialys\u00e9es en Suisse sont proportionnellement beaucoup plus nombreuses que les hommes \u00e0 pr\u00e9senter une maladie r\u00e9nale familiale\/h\u00e9r\u00e9ditaire ou cong\u00e9nitale. Alors que toutes les autres formes de l\u00e9sions r\u00e9nales sont r\u00e9parties entre les femmes et les hommes dans une proportion d&#8217;environ 1:1, le rapport pour les troubles familiaux\/h\u00e9r\u00e9ditaires et cong\u00e9nitaux est d&#8217;environ 1,5 &#8220;en faveur&#8221; des femmes dialys\u00e9es. Sur la base de cette observation, nous avons effectu\u00e9 la m\u00eame analyse \u00e0 partir des donn\u00e9es de registres europ\u00e9ens sur pr\u00e8s de 300 000 patients &#8211; le tableau est analogue. L\u00e0 encore, l&#8217;interpr\u00e9tation de ces r\u00e9sultats reste provisoirement ouverte. Il sera notamment n\u00e9cessaire d&#8217;\u00e9tudier scientifiquement si les femmes souffrent plus souvent de troubles r\u00e9naux h\u00e9r\u00e9ditaires et cong\u00e9nitaux ou si ceux-ci sont associ\u00e9s \u00e0 un risque plus \u00e9lev\u00e9 de d\u00e9velopper une insuffisance r\u00e9nale chez le sexe f\u00e9minin.<\/p>\n<p>L&#8217;un des efforts de ces derni\u00e8res ann\u00e9es a \u00e9t\u00e9 de promouvoir les traitements de dialyse \u00e0 domicile, qui sont majoritairement effectu\u00e9s par le patient lui-m\u00eame sous forme de dialyse p\u00e9riton\u00e9ale (&#8220;dialyse du p\u00e9ritoine&#8221;) ou, dans une moindre mesure, sous forme d&#8217;h\u00e9modialyse \u00e0 domicile. Par rapport \u00e0 l&#8217;h\u00e9modialyse en centre, \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital ou dans un cabinet m\u00e9dical sp\u00e9cialis\u00e9, les traitements \u00e0 domicile permettent une plus grande ind\u00e9pendance du patient et sont en principe aussi moins co\u00fbteux. En 2015, un total de 10,4% des patients dialys\u00e9s vivant en Suisse ont effectu\u00e9 une dialyse \u00e0 domicile. Le pourcentage de patients ayant commenc\u00e9 un nouveau traitement cette ann\u00e9e a m\u00eame atteint 20%, ce qui correspond \u00e0 l&#8217;objectif des partenaires contractuels (payeurs et prestataires de soins). Il semble douteux que la proportion d&#8217;auto-traitements puisse encore \u00eatre augment\u00e9e, car les dialyses \u00e0 domicile ne permettent pas seulement une grande autonomie, mais l&#8217;exigent \u00e9galement. En cons\u00e9quence, les patients de cette cat\u00e9gorie sont \u00e9galement beaucoup plus jeunes (\u00e2ge : 61,2 ans contre 68,7 ans) et moins polymorbides (score de Charlson : 3,8 contre 4,5) que les patients trait\u00e9s par h\u00e9modialyse en centre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Rhyn Lehmann P, et al : Epidemiologic trends in chronic renal replacement therapy over forty years : A Swiss dialysis experience. BMC Nephrol 2012 Jul 2 ; 13 : 52.<\/li>\n<li>Amb\u00fchl PM, Binswanger U, Renner E : \u00c9pid\u00e9miologie de l&#8217;h\u00e9patite chronique B et C chez les patients dialys\u00e9s en Suisse. Revue M\u00e9dicale Suisse 2000 ; 130 : 341-348.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2017 ; 12(3) : 22-26<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Suisse dispose d\u00e9sormais d&#8217;un registre pertinent des patients et des traitements par dialyse. 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