{"id":340333,"date":"2017-02-01T01:00:00","date_gmt":"2017-02-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/reveler-les-differences-dans-la-prevention-des-avc\/"},"modified":"2017-02-01T01:00:00","modified_gmt":"2017-02-01T00:00:00","slug":"reveler-les-differences-dans-la-prevention-des-avc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/reveler-les-differences-dans-la-prevention-des-avc\/","title":{"rendered":"R\u00e9v\u00e9ler les diff\u00e9rences dans la pr\u00e9vention des AVC"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les femmes sont plus souvent victimes d&#8217;un AVC et \u00e0 un \u00e2ge plus avanc\u00e9. Les femmes ont un moins bon r\u00e9sultat apr\u00e8s un AVC et souffrent particuli\u00e8rement des cons\u00e9quences sur leur ind\u00e9pendance dans la vie quotidienne. Outre les facteurs de risque sp\u00e9cifiques tels que la grossesse et l&#8217;utilisation de contraceptifs oraux, d&#8217;autres facteurs de risque sont particuli\u00e8rement importants chez les femmes : l&#8217;hypertension art\u00e9rielle, la fibrillation auriculaire et les migraines avec aura. Les femmes sont sous-repr\u00e9sent\u00e9es dans les essais cliniques. Une plus grande prise en compte des femmes dans la recherche sur les AVC est essentielle pour am\u00e9liorer les traitements futurs.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>La Suisse compte plus de 4,3 millions de femmes. Les femmes vivent en moyenne environ 4 ans de plus que les hommes. Le type et l&#8217;\u00e9volution de nombreuses maladies diff\u00e8rent entre les sexes. Cela est particuli\u00e8rement vrai pour les accidents vasculaires c\u00e9r\u00e9braux. Malheureusement, les femmes sont sous-repr\u00e9sent\u00e9es dans les essais cliniques, ce qui limite consid\u00e9rablement l&#8217;applicabilit\u00e9 des r\u00e9sultats aux femmes. Afin de prendre en compte les diff\u00e9rences entre les hommes et les femmes en mati\u00e8re d&#8217;AVC, les soci\u00e9t\u00e9s savantes am\u00e9ricaines (American Heart Association\/American Stroke Association) ont \u00e9labor\u00e9 un document de synth\u00e8se commun en 2014 [1]. Les directives qui y sont recommand\u00e9es pour la pr\u00e9vention des AVC isch\u00e9miques chez les femmes seront examin\u00e9es dans le pr\u00e9sent r\u00e9sum\u00e9.<\/p>\n<h2 id=\"incidence-plus-faible-chez-les-femmes-plus-jeunes\">Incidence plus faible chez les femmes plus jeunes<\/h2>\n<p>L&#8217;AVC isch\u00e9mique est beaucoup plus fr\u00e9quent que l&#8217;AVC h\u00e9morragique (environ 85%). L&#8217;am\u00e9lioration de la pr\u00e9vention primaire a permis de r\u00e9duire l&#8217;incidence des AVC isch\u00e9miques dans de nombreux pays occidentaux, en particulier chez les hommes. La mortalit\u00e9 par AVC isch\u00e9mique est d&#8217;environ 74,3\/100 000 chez les femmes, contre 78\/100 000 chez les hommes. La mortalit\u00e9 est plus faible chez les femmes jeunes que chez les hommes, mais avec l&#8217;\u00e2ge, elle rejoint celle des hommes et la d\u00e9passe m\u00eame plus tard (vers l&#8217;\u00e2ge de 75 ans). De plus, les femmes sont en moyenne plus \u00e2g\u00e9es au moment de l&#8217;AVC. Cela est probablement li\u00e9 \u00e0 l&#8217;effet neuroprotecteur des hormones st\u00e9ro\u00efdes f\u00e9minines endog\u00e8nes telles que l&#8217;\u0153strog\u00e8ne et la progest\u00e9rone [2]. C&#8217;est \u00e9galement la raison pour laquelle l&#8217;incidence des AVC est plus faible chez les femmes plus jeunes. L&#8217;effet protecteur diminue avec l&#8217;arriv\u00e9e de la m\u00e9nopause et la baisse des taux d&#8217;hormones. En r\u00e9sum\u00e9, bien que l&#8217;incidence des AVC chez les femmes soit inf\u00e9rieure d&#8217;environ 25% \u00e0 celle des hommes, en raison de l&#8217;esp\u00e9rance de vie plus longue des femmes, il y a, en chiffres absolus, plus d&#8217;AVC chez les femmes que chez les hommes [3].<\/p>\n<h2 id=\"recuperation-apres-un-avc-et-succes-des-therapies-aigues\">R\u00e9cup\u00e9ration apr\u00e8s un AVC et succ\u00e8s des th\u00e9rapies aigu\u00ebs<\/h2>\n<p>M\u00eame en tenant compte de leur \u00e2ge moyen plus \u00e9lev\u00e9, les femmes se remettent moins bien d&#8217;un AVC. Ils sont moins susceptibles de retrouver leurs capacit\u00e9s \u00e0 g\u00e9rer leur vie quotidienne de mani\u00e8re ind\u00e9pendante. Les femmes sont plus susceptibles de souffrir de d\u00e9pression apr\u00e8s un AVC, ce qui a \u00e9galement un impact n\u00e9gatif sur la qualit\u00e9 de vie [2]. Les raisons de ce d\u00e9savantage en mati\u00e8re de r\u00e9cup\u00e9ration ne sont pas tout \u00e0 fait claires ; outre les effets difficiles \u00e0 corriger r\u00e9sultant de la diff\u00e9rence d&#8217;\u00e2ge (statistique) entre les hommes et les femmes concern\u00e9s, des facteurs socio-\u00e9conomiques semblent \u00e9galement jouer un r\u00f4le.<\/p>\n<p>Par exemple, la thrombolyse par activateur tissulaire r\u00e9versible du plasminog\u00e8ne (rtPA), bien qu&#8217;au moins aussi efficace chez les femmes que chez les hommes, est moins souvent utilis\u00e9e chez les femmes [4,5]. Cela ne s&#8217;explique pas par le fait que les femmes demandent une assistance m\u00e9dicale plus tard en raison des sympt\u00f4mes de l&#8217;AVC ou qu&#8217;elles arrivent \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital plus tard. Des \u00e9tudes ont montr\u00e9 que les femmes \u00e9taient moins susceptibles de recevoir des diagnostics plus pouss\u00e9s tels que l&#8217;\u00e9chocardiographie et l&#8217;imagerie c\u00e9r\u00e9brale [6]. Les causes de ces diff\u00e9rences entre les sexes dans l&#8217;\u00e9valuation et le traitement des AVC n&#8217;ont pas encore \u00e9t\u00e9 \u00e9lucid\u00e9es.<\/p>\n<h2 id=\"facteurs-de-risque\">Facteurs de risque<\/h2>\n<p><strong>Hypertension art\u00e9rielle :<\/strong> outre les facteurs de risque sp\u00e9cifiques au sexe, tels que la grossesse et l&#8217;utilisation d&#8217;un traitement hormonal substitutif apr\u00e8s la m\u00e9nopause, d&#8217;autres facteurs de risque sont r\u00e9partis de mani\u00e8re in\u00e9gale entre les sexes<strong> (tableau 1). <\/strong>L&#8217;hypertension art\u00e9rielle joue ici un r\u00f4le important, car elle a une influence particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9e sur le risque d&#8217;AVC. Bien que l&#8217;hypertension art\u00e9rielle soit moins souvent diagnostiqu\u00e9e chez les femmes avant la m\u00e9nopause, sa fr\u00e9quence apr\u00e8s la m\u00e9nopause d\u00e9passe celle des hommes. Ainsi, les femmes victimes d&#8217;un AVC ont plus souvent une hypertension art\u00e9rielle que les hommes. Tout comme les hommes, elles b\u00e9n\u00e9ficient clairement d&#8217;un traitement de l&#8217;hypertension ; le risque d&#8217;AVC peut \u00eatre r\u00e9duit d&#8217;environ 38% par un contr\u00f4le de la pression art\u00e9rielle, le type de traitement \u00e9tant moins important que l&#8217;obtention de valeurs de pression art\u00e9rielle normotendues [7]. Bien que les femmes re\u00e7oivent un traitement contre l&#8217;hypertension et que celui-ci soit adapt\u00e9 aussi fr\u00e9quemment que chez les hommes, il semble que l&#8217;atteinte de la plage cible de pression art\u00e9rielle soit plus difficile chez les femmes m\u00e9nopaus\u00e9es que chez les hommes du m\u00eame \u00e2ge. Les effets secondaires des m\u00e9dicaments antihypertenseurs sont plus fr\u00e9quents chez les femmes. Outre d&#8217;\u00e9ventuels probl\u00e8mes d&#8217;observance (une moins bonne observance des m\u00e9dicaments antihypertenseurs chez les femmes n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent), des facteurs sp\u00e9cifiques au sexe, hormonod\u00e9pendants ou non, impliqu\u00e9s dans la r\u00e9gulation syst\u00e9mique de la pression art\u00e9rielle et la modulation locale de la r\u00e9sistance vasculaire jouent probablement un r\u00f4le.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-8226\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/tab1_np1_s20.png\" style=\"height:926px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1697\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ainsi, m\u00eame s&#8217;il existe des diff\u00e9rences dans la r\u00e9gulation de la pression art\u00e9rielle et la r\u00e9ponse au traitement, les recommandations actuelles pour le traitement de l&#8217;hypertension art\u00e9rielle dans la pr\u00e9vention primaire de l&#8217;AVC sont les m\u00eames pour les femmes et les hommes et devraient \u00eatre appliqu\u00e9es de mani\u00e8re coh\u00e9rente pour les deux sexes.<\/p>\n<p><strong>Ob\u00e9sit\u00e9, syndrome m\u00e9tabolique et facteurs li\u00e9s au mode de vie :<\/strong> L&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 est un facteur de risque ind\u00e9pendant d&#8217;accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral. La forme abdominale en particulier (tour de hanches &gt;88 cm chez les femmes) est associ\u00e9e \u00e0 un risque accru d&#8217;AVC et est plus fr\u00e9quente chez les femmes que chez les hommes. Il existe une relation lin\u00e9aire entre l&#8217;indice de masse corporelle (IMC) et le risque d&#8217;AVC, ind\u00e9pendamment du sexe. On ne sait pas si l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 affecte diff\u00e9remment les r\u00e9sultats des AVC chez les femmes et les hommes. Le syndrome m\u00e9tabolique, qui regroupe plusieurs facteurs cardiovasculaires (type abdominal de l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9, r\u00e9sistance \u00e0 l&#8217;insuline, hypertension art\u00e9rielle, dyslipid\u00e9mie), semble \u00eatre associ\u00e9 \u00e0 un risque plus \u00e9lev\u00e9 d&#8217;AVC chez les femmes, et provoquer davantage d&#8217;AVC chez les femmes. On suppose que des facteurs pro-inflammatoires et pro-thrombotiques en sont la cause. Un mode de vie sain, avec beaucoup d&#8217;exercice, un r\u00e9gime riche en fruits et l\u00e9gumes et pauvre en graisses satur\u00e9es (&#8220;m\u00e9diterran\u00e9en&#8221;), sans tabac et avec une consommation mod\u00e9r\u00e9e d&#8217;alcool, a une influence positive sur le risque d&#8217;AVC chez les femmes et les hommes [8]. Les mesures de soutien \u00e0 un mode de vie sain sont recommand\u00e9es dans le cadre de la pr\u00e9vention, tant pour les femmes que pour les hommes.<\/p>\n<p><strong>La fibrillation auriculaire :<\/strong> La fibrillation auriculaire (Vhfli) augmente en fr\u00e9quence avec l&#8217;\u00e2ge et constitue donc un facteur de risque d&#8217;AVC particuli\u00e8rement pertinent chez les personnes \u00e2g\u00e9es (cause d&#8217;environ 25% des AVC isch\u00e9miques chez les personnes \u00e2g\u00e9es de &gt;80 ans). Comme les femmes atteignent un \u00e2ge plus avanc\u00e9, la Vhfli est plus souvent pr\u00e9sente chez les femmes ayant subi un AVC. En outre, le risque d&#8217;accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral est plus \u00e9lev\u00e9 chez les femmes avec Vhfli &gt;75 ans que chez les hommes du m\u00eame \u00e2ge. Cela se refl\u00e8te dans les scores r\u00e9cents qui doivent \u00eatre utilis\u00e9s pour \u00e9valuer le risque d&#8217;embolie et d\u00e9cider de l&#8217;anticoagulation chez les patients atteints de fibrillation auriculaire, comme le score CHA2DS2-VASc. Selon les recommandations actuelles de l&#8217;AHA, une anticoagulation doit \u00eatre initi\u00e9e chez toutes les femmes &gt;75 ans, m\u00eame en l&#8217;absence d&#8217;autres facteurs de risque. La bonne efficacit\u00e9 des nouveaux anticoagulants (inhibiteurs directs et indirects de la thrombine) par rapport \u00e0 Marcoumar a \u00e9t\u00e9 comparable dans les \u00e9tudes d&#8217;enregistrement pour les femmes et les hommes.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9pression et stress psychosocial : <\/strong>la d\u00e9pression n&#8217;est pas seulement une cons\u00e9quence connue de l&#8217;AVC, elle augmente \u00e9galement le risque d&#8217;AVC. L&#8217;importance est consid\u00e9rable (environ 35% d&#8217;augmentation du risque d&#8217;AVC en cas de sentiment auto-d\u00e9clar\u00e9 de tristesse ou de d\u00e9pression pendant plus de 2 semaines au cours des 12 derniers mois) [9] et \u00e0 peu pr\u00e8s identique pour les deux sexes. L&#8217;influence des th\u00e9rapies ou de la mani\u00e8re dont la d\u00e9pression a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e dans les \u00e9tudes n&#8217;a pas encore \u00e9t\u00e9 clarifi\u00e9e. La d\u00e9pression et le stress psychosocial \u00e9tant plus fr\u00e9quents chez les femmes que chez les hommes, on peut supposer que ces facteurs de risque sont particuli\u00e8rement importants chez les femmes.<\/p>\n<p><strong>Migraine avec aura : <\/strong>de nombreuses personnes souffrent de maux de t\u00eate typiques de la migraine, les femmes \u00e9tant environ quatre fois plus nombreuses que les hommes. Seules les migraines avec aura (pr\u00e9valence de 4-5%) ont \u00e9t\u00e9 associ\u00e9es \u00e0 un risque accru d&#8217;AVC. Les sympt\u00f4mes d&#8217;aura peuvent \u00eatre de diff\u00e9rentes natures (ph\u00e9nom\u00e8nes visuels transitoires, paresth\u00e9sies de fourmillements unilat\u00e9raux, paralysie ou troubles du langage) et apparaissent g\u00e9n\u00e9ralement avant les c\u00e9phal\u00e9es migraineuses. Le risque d&#8217;accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral est multipli\u00e9 par 2 environ chez les personnes souffrant de ce type de migraine. S&#8217;il existe d&#8217;autres facteurs de risque, comme le tabagisme et la prise de contraceptifs contenant des \u0153strog\u00e8nes, le risque augmente consid\u00e9rablement. Les AVC migraineux sont moins graves que les autres et n&#8217;entra\u00eenent g\u00e9n\u00e9ralement pas de limitations fonctionnelles pertinentes. N\u00e9anmoins, compte tenu de l&#8217;augmentation du risque, il est important de soutenir l&#8217;arr\u00eat de la nicotine, en particulier chez les femmes souffrant de migraines.&nbsp;  La r\u00e9duction de la fr\u00e9quence des crises de migraine par une prophylaxie de base peut \u00eatre envisag\u00e9e, mais il n&#8217;est pas prouv\u00e9 que cela r\u00e9duise le risque d&#8217;AVC.<\/p>\n<p><strong>Facteurs de risque sp\u00e9cifiques aux femmes :<\/strong> Les accidents vasculaires c\u00e9r\u00e9braux ne surviennent que rarement pendant la grossesse (34\/100 000 grossesses). Le risque est toutefois plus \u00e9lev\u00e9 par rapport aux femmes non enceintes du m\u00eame \u00e2ge, en particulier au troisi\u00e8me trimestre et en post-partum. Les complications de la grossesse telles que le diab\u00e8te gestationnel, l&#8217;hypertension art\u00e9rielle et la pr\u00e9-\u00e9clampsie sont associ\u00e9es \u00e0 un risque accru d&#8217;AVC ult\u00e9rieur. Les lignes directrices recommandent ici une prophylaxie avec de l&#8217;aspirine \u00e0 faible dose \u00e0 partir de la 12e semaine de grossesse. Les femmes enceintes doivent \u00eatre suivies jusqu&#8217;\u00e0 la fin de la 12e semaine de grossesse si elles souffrent d&#8217;une hypertension art\u00e9rielle primaire ou secondaire chronique ou d&#8217;une hypertension associ\u00e9e \u00e0 une grossesse ant\u00e9rieure. Pour pr\u00e9venir la pr\u00e9-\u00e9clampsie, une suppl\u00e9mentation en calcium peut \u00eatre envisag\u00e9e chez les femmes dont les apports en calcium sont faibles. Le traitement d&#8217;une hypertension art\u00e9rielle doit \u00eatre effectu\u00e9 avec les obst\u00e9triciens traitants et en tenant compte du profil d&#8217;effets secondaires des antihypertenseurs.<\/p>\n<p>La prise de contraceptifs oraux contenant des \u0153strog\u00e8nes est associ\u00e9e \u00e0 une l\u00e9g\u00e8re augmentation du risque d&#8217;AVC isch\u00e9mique, contrairement aux pilules progestatives. L&#8217;augmentation du risque est moins importante que celle due \u00e0 la grossesse. Les femmes pr\u00e9sentant des facteurs de risque suppl\u00e9mentaires (tabagisme, hypertension art\u00e9rielle, \u00e2ge avanc\u00e9, facteurs prothrombotiques) courent un risque encore plus \u00e9lev\u00e9 avec les contraceptifs oraux contenant des \u0153strog\u00e8nes, raison pour laquelle ces pr\u00e9parations doivent \u00eatre \u00e9vit\u00e9es dans ce cas. Le traitement hormonal substitutif post-m\u00e9nopausique n&#8217;est pas recommand\u00e9 pour la pr\u00e9vention primaire ou secondaire des accidents vasculaires c\u00e9r\u00e9braux en raison du risque accru qu&#8217;il comporte \u00e9galement.<\/p>\n<h2 id=\"autres-strategies-de-prevention-des-avc\">Autres strat\u00e9gies de pr\u00e9vention des AVC<\/h2>\n<p>Bien que les femmes soient plus souvent touch\u00e9es par les AVC que les hommes, la sous-repr\u00e9sentation des femmes dans les essais th\u00e9rapeutiques cliniques est flagrante. Cette asym\u00e9trie concerne \u00e9galement d&#8217;autres essais cliniques en dehors de la neurologie. Dans les \u00e9tudes sur le traitement m\u00e9dicamenteux par antiagr\u00e9gants plaquettaires, la proportion de femmes se situait entre 30 et 53%, et m\u00eame entre 25 et 34% seulement dans les \u00e9tudes d&#8217;intervention sur la carotide. Il s&#8217;ensuit que les r\u00e9sultats des \u00e9tudes ne peuvent \u00eatre appliqu\u00e9s aux femmes que de mani\u00e8re limit\u00e9e.&nbsp;  La ligne directrice actuelle de l&#8217;AHA exprime clairement le besoin urgent d&#8217;une meilleure repr\u00e9sentation des femmes dans les essais th\u00e9rapeutiques afin de pouvoir tirer des conclusions sur les diff\u00e9rences entre les sexes. Dans la situation actuelle, les m\u00eames principes th\u00e9rapeutiques devraient s&#8217;appliquer aux femmes et aux hommes concernant<\/p>\n<ol>\n<li>St\u00e9nose symptomatique de degr\u00e9 moyen de l&#8217;art\u00e8re carotide interne (st\u00e9nose carotidienne) : Endart\u00e9rectomie recommand\u00e9e, si possible dans les deux semaines suivant l&#8217;\u00e9v\u00e9nement ; le stenting peut constituer une alternative.<\/li>\n<li>Traitement \u00e0 l&#8217;aspirine en pr\u00e9vention secondaire ; doit \u00eatre commenc\u00e9 t\u00f4t.<\/li>\n<\/ol>\n<p>En pr\u00e9vention primaire, l&#8217;aspirine \u00e0 faible dose doit \u00eatre envisag\u00e9e chez les femmes pr\u00e9sentant un risque accru d&#8217;AVC en raison d&#8217;un diab\u00e8te ou d&#8217;un profil de risque vasculaire \u00e9lev\u00e9, en l&#8217;absence de contre-indications. Le b\u00e9n\u00e9fice en termes de pr\u00e9vention des AVC en pr\u00e9vention primaire semble l\u00e9g\u00e8rement plus \u00e9lev\u00e9 chez les femmes que chez les hommes. Les recommandations concernant le traitement interventionnel en pr\u00e9vention primaire de la st\u00e9nose carotidienne asymptomatique n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 formul\u00e9es dans la pr\u00e9sente prise de position, car les donn\u00e9es sont de toute fa\u00e7on controvers\u00e9es dans ce domaine en raison des \u00e9tudes cliniques plus anciennes sur le sujet et de la nette am\u00e9lioration du traitement conservateur entre-temps. En cas de d\u00e9tection d&#8217;une st\u00e9nose carotidienne asymptomatique de haut grade, il convient de rechercher et d&#8217;ajuster les facteurs de risque et de commencer un traitement par aspirine.<\/p>\n<h2 id=\"meilleure-etude-des-facteurs-lies-au-genre\">Meilleure \u00e9tude des facteurs li\u00e9s au genre<\/h2>\n<p>Les femmes sont plus souvent touch\u00e9es par les AVC que les hommes, ont un moins bon r\u00e9sultat et n&#8217;ont pas le m\u00eame acc\u00e8s aux traitements. L&#8217;\u00e2ge avanc\u00e9 au moment de l&#8217;AVC pourrait jouer un r\u00f4le. Les diff\u00e9rences biologiques et socio-\u00e9conomiques sont certainement en partie responsables de cette situation. Les facteurs de risque sont pr\u00e9sents \u00e0 des degr\u00e9s diff\u00e9rents chez les femmes et les hommes et ont un impact diff\u00e9rent sur le risque d&#8217;AVC. La r\u00e9ponse aux traitements pr\u00e9ventifs n&#8217;est pas non plus la m\u00eame.<\/p>\n<p>Les femmes peuvent donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables. Dans la pratique, il est important de mettre en \u00e9vidence les diff\u00e9rences en mati\u00e8re de pr\u00e9vention et de cr\u00e9er un traitement optimal \u00e9galement pour les femmes. Une meilleure \u00e9tude des facteurs sp\u00e9cifiques au sexe dans la survenue de l&#8217;AVC et dans l&#8217;efficacit\u00e9 des mesures th\u00e9rapeutiques peut aider \u00e0 d\u00e9velopper des th\u00e9rapies qui prot\u00e8gent mieux les femmes contre les AVC.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Bushnell C, et al. : Guidelines for the prevention of stroke in women : a statement for healthcare professionals from the American Heart Association\/American Stroke Association. Stroke . 2014 ; 45(5) : 1545-88.<\/li>\n<li>Girijala RL, Sohrabji F, Bush RL : Sex differences in stroke : Review of current knowledge and evidence. Vasc Med. 2016.<\/li>\n<li>Ovbiagele B. : Tendances nationales sp\u00e9cifiques au sexe dans les taux de stroke hospitaliers. J Stroke Cerebrovasc Dis. 2011 ; 20(6) : 537-40.<\/li>\n<li>Meseguer, et al : Outcomes of intravenous recombinant tissue plasminogen activator therapy according to gender : a clinical registry study and systematic review. Stroke. 2009 ; 40(6) : 2104-10.<\/li>\n<li>Asdaghi N, et al : Sex Disparities in Ischemic Stroke Care : FL-PR CReSD Study (Florida-Puerto Rico Collaboration to Reduce Stroke Disparities). Stroke. 2016 ; 47(10) : 2618-26.<\/li>\n<li>Reeves MJ, et al : Sex differences in stroke : epidemiology, clinical presentation, medical care, and outcomes. Lancet Neurol. 2008 ; 7(10) : 915-26.<\/li>\n<li>Turnbull F et al : Les hommes et les femmes r\u00e9agissent-ils diff\u00e9remment au traitement hypotenseur ? Results of prospectively designed overviews of randomized trials. Eur Heart J. 2008 ; 29(21) : 2669-80.<\/li>\n<li>O&#8217;Donnell MJ, et al. : Effets globaux et r\u00e9gionaux de facteurs de risque potentiellement modifiables associ\u00e9s \u00e0 un accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral aigu dans 32 pays (INTERSTROKE) : une \u00e9tude cas-t\u00e9moins. Lancet . 2016 ; 388(10046) : 761-75.<\/li>\n<li>O&#8217;Donnell MJ, et al. : Risk factors for ischaemic and intracerebral haemorrhagic stroke in 22 countries (the INTERSTROKE study) : a case-control study. Lancet . 2010 ; 376(9735) : 112-23.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2017 ; 15(1) : 19-23<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les femmes sont plus souvent victimes d&#8217;un AVC et \u00e0 un \u00e2ge plus avanc\u00e9. 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