{"id":340444,"date":"2017-01-01T01:00:00","date_gmt":"2017-01-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/comment-eviter-la-progression\/"},"modified":"2017-01-01T01:00:00","modified_gmt":"2017-01-01T00:00:00","slug":"comment-eviter-la-progression","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/comment-eviter-la-progression\/","title":{"rendered":"Comment \u00e9viter la progression ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>Pour ralentir la progression des maladies r\u00e9nales chroniques, il existe des mesures sp\u00e9cifiques \u00e0 la maladie et des mesures non sp\u00e9cifiques. Le diagnostic de base de l&#8217;insuffisance r\u00e9nale chronique comprend un bilan urinaire et une \u00e9chographie des reins. Si la maladie r\u00e9nale ne correspond pas clairement \u00e0 une n\u00e9phropathie hypertensive ou diab\u00e9tique, il est g\u00e9n\u00e9ralement utile de consulter un sp\u00e9cialiste afin de viser un diagnostic pr\u00e9cis et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, de permettre un traitement sp\u00e9cifique. La mesure non sp\u00e9cifique d&#8217;inhibition de la progression la mieux document\u00e9e est le traitement des patients prot\u00e9inuriques par des IEC ou des ARA. Les autres mesures comprennent un contr\u00f4le ad\u00e9quat de la pression art\u00e9rielle, le traitement de l&#8217;acidose si n\u00e9cessaire et une restriction de l&#8217;apport en sel. Les patients atteints de maladies r\u00e9nales chroniques sont sensibles aux &#8220;seconds coups&#8221;. Les AINS, les laxatifs contenant des phosphates et les produits de contraste radiographiques iod\u00e9s doivent donc \u00eatre \u00e9vit\u00e9s.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>L&#8217;incidence et la pr\u00e9valence des maladies r\u00e9nales chroniques (MRC) n&#8217;ont cess\u00e9 d&#8217;augmenter au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies. D&#8217;un point de vue \u00e9tiologique, l&#8217;IRC peut \u00eatre caus\u00e9e par une grande vari\u00e9t\u00e9 de maladies r\u00e9nales. Les n\u00e9phropathies diab\u00e9tiques et hypertensives sont les plus fr\u00e9quentes et les plus responsables de l&#8217;augmentation de la pr\u00e9valence de l&#8217;IRC. Outre le risque d&#8217;aboutir \u00e0 une insuffisance r\u00e9nale terminale, l&#8217;IRC entra\u00eene une morbidit\u00e9 et une mortalit\u00e9 cardiovasculaires nettement plus \u00e9lev\u00e9es [1]. La maladie r\u00e9nale chronique repr\u00e9sente donc un fardeau important pour le syst\u00e8me de sant\u00e9. La plupart des patients atteints d&#8217;IRC sont suivis en premier lieu par un m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste. Il est donc important que les patients n\u00e9cessitant un traitement sp\u00e9cifique soient identifi\u00e9s \u00e0 temps et que les mesures non sp\u00e9cifiques de r\u00e9duction de la progression soient connues et appliqu\u00e9es.<\/p>\n<h2 id=\"traitement-specifique-a-la-maladie\">Traitement sp\u00e9cifique \u00e0 la maladie<\/h2>\n<p>Comme nous l&#8217;avons mentionn\u00e9, un grand nombre de maladies r\u00e9nales \u00e9tiologiquement diff\u00e9rentes peuvent conduire \u00e0 l&#8217;IRC. Pour certains d&#8217;entre eux, il existe des traitements sp\u00e9cifiques (par exemple, immunosuppresseurs). Pour permettre un traitement causal, il faut donc s&#8217;efforcer de diagnostiquer la maladie de base. Un bon triage au cabinet du m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste est essentiel pour que les patients souffrant de maladies r\u00e9nales pouvant \u00eatre trait\u00e9es sp\u00e9cifiquement soient examin\u00e9s en n\u00e9phrologie. Les r\u00e8gles g\u00e9n\u00e9rales suivantes s&#8217;appliquent :<\/p>\n<ul>\n<li>L&#8217;analyse d&#8217;urine et l&#8217;\u00e9chographie des reins font partie du diagnostic de base de tout patient pr\u00e9sentant une diminution significative de la fonction r\u00e9nale qui ne peut pas \u00eatre expliqu\u00e9e par des causes pr\u00e9natales et qui est rapidement r\u00e9versible. L&#8217;\u00e9chographie aide \u00e0 exclure une cause post-r\u00e9nale, peut \u00eatre diagnostique dans les n\u00e9phropathies kystiques et permet parfois de conclure \u00e0 la chronicit\u00e9 ou \u00e0 la r\u00e9versibilit\u00e9 potentielle de la n\u00e9phropathie sur la base de la taille des reins.<\/li>\n<li>Les patients atteints de n\u00e9phropathie hypertensive sont g\u00e9n\u00e9ralement plus \u00e2g\u00e9s, pr\u00e9sentent une d\u00e9gradation de la fonction r\u00e9nale plut\u00f4t lentement progressive, n&#8217;ont g\u00e9n\u00e9ralement pas de prot\u00e9inurie significative (tout au plus une &#8220;microalbuminurie&#8221;), un s\u00e9diment urinaire normal et ont g\u00e9n\u00e9ralement des ant\u00e9c\u00e9dents d&#8217;hypertension de longue date avec d&#8217;autres l\u00e9sions d&#8217;organes terminaux hypertendus. Une autre caract\u00e9ristique typique de ces patients est une capacit\u00e9 d&#8217;autor\u00e9gulation r\u00e9nale limit\u00e9e, avec des variations marqu\u00e9es de la cr\u00e9atinine s\u00e9rique en fonction de l&#8217;hydratation et de la pression art\u00e9rielle. Dans ce cas, il n&#8217;est souvent pas n\u00e9cessaire de consulter un sp\u00e9cialiste chez les patients \u00e2g\u00e9s.<\/li>\n<li>La n\u00e9phropathie diab\u00e9tique se caract\u00e9rise typiquement par une albuminurie lentement progressive, suivie d&#8217;une baisse plus rapide du d\u00e9bit de filtration glom\u00e9rulaire (DFG) par rapport \u00e0 la n\u00e9phropathie hypertensive. D&#8217;ici l\u00e0, on trouve g\u00e9n\u00e9ralement d&#8217;autres complications microvasculaires (r\u00e9tinopathie). En cas d&#8217;\u00e9volution atypique, il vaut la peine de rechercher des causes alternatives.<\/li>\n<li>Chez les patients qui n&#8217;entrent pas dans l&#8217;une des cat\u00e9gories ci-dessus, en particulier ceux qui pr\u00e9sentent une prot\u00e9inurie pertinente, un s\u00e9diment urinaire anormal ou une diminution rapide du DFG, une \u00e9valuation par biopsie r\u00e9nale doit \u00eatre envisag\u00e9e et une orientation vers un n\u00e9phrologue est g\u00e9n\u00e9ralement indiqu\u00e9e. Dans ce cas, il pourrait y avoir une cause sous-jacente pouvant \u00eatre trait\u00e9e sp\u00e9cifiquement (par exemple, vascularite ANCA, n\u00e9phropathie membraneuse, n\u00e9phropathie \u00e0 IgA, etc.)<\/li>\n<\/ul>\n<h2 id=\"facteurs-de-progression-non-specifiques-et-leur-traitement\">Facteurs de progression non sp\u00e9cifiques et leur traitement<\/h2>\n<p>Lorsqu&#8217;une l\u00e9sion r\u00e9nale importante s&#8217;est produite, un certain nombre de m\u00e9canismes inadapt\u00e9s contribuent \u00e0 la poursuite de la d\u00e9t\u00e9rioration de la fonction r\u00e9nale, ind\u00e9pendamment de la maladie sous-jacente <strong>(Fig.&nbsp;1).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-8178\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/abb1_hp12_s36.png\" style=\"height:498px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"685\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Prot\u00e9inurie\/albuminurie :<\/strong> La prot\u00e9inurie ou l&#8217;albuminurie est g\u00e9n\u00e9ralement la cons\u00e9quence d&#8217;un trouble de la perm\u00e9abilit\u00e9 glom\u00e9rulaire <strong>(encadr\u00e9, tab.&nbsp;1).<\/strong> Son ampleur est corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 la progression de l&#8217;insuffisance r\u00e9nale [2]. Les interventions qui r\u00e9duisent la prot\u00e9inurie ou l&#8217;albuminurie entra\u00eenent \u00e9galement un ralentissement de la progression de l&#8217;IRC. Les inhibiteurs de l&#8217;ECA et les bloqueurs des r\u00e9cepteurs de l&#8217;angiotensine (ARA) r\u00e9duisent la pression intraglom\u00e9rulaire, l&#8217;hyperfiltration glom\u00e9rulaire et l&#8217;albuminurie. Leur efficacit\u00e9 pour r\u00e9duire la progression de l&#8217;IRC chez les patients atteints de prot\u00e9inurie est bien \u00e9tablie, tant chez les diab\u00e9tiques [3] que chez les non-diab\u00e9tiques [4]. La posologie doit \u00eatre augment\u00e9e jusqu&#8217;\u00e0 ce que la prot\u00e9inurie soit ramen\u00e9e dans la plage cible (qui varie en fonction de la maladie r\u00e9nale sous-jacente) ou que la dose soit limit\u00e9e par des effets secondaires inacceptables (par ex. hypotension\/vertiges orthostatiques) ou que la dose maximale de m\u00e9dicament autoris\u00e9e soit atteinte. L&#8217;association d&#8217;un IEC et d&#8217;un ARA a \u00e9t\u00e9 largement abandonn\u00e9e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8179 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/kasten_s36_0.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/870;height:316px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"870\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/kasten_s36_0.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/kasten_s36_0-800x633.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/kasten_s36_0-120x95.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/kasten_s36_0-90x71.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/kasten_s36_0-320x253.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/kasten_s36_0-560x443.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8180 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/tab1_hp12_s37.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/448;height:326px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"448\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Hypertension : <\/strong>l&#8217;hypertension art\u00e9rielle peut entra\u00eener une n\u00e9phropathie hypertensive, mais aussi favoriser la progression d&#8217;autres maladies r\u00e9nales, et doit donc \u00eatre trait\u00e9e de mani\u00e8re ad\u00e9quate. Pour la n\u00e9phroprotection, chez les patients sans albuminurie pathologiquement \u00e9lev\u00e9e, les valeurs cibles habituelles de &lt;140\/90&nbsp;mmHg semblent suffisantes et les IEC ou les ARA ne sont pas clairement sup\u00e9rieurs aux autres m\u00e9dicaments. Chez les patients pr\u00e9sentant une albuminurie s\u00e9v\u00e8re et probablement aussi chez les patients pr\u00e9sentant une albuminurie mod\u00e9r\u00e9e, il est raisonnable de viser des valeurs de &lt;130\/80 mmHg. Dans ce cas, il convient de supprimer en premier lieu un inhibiteur de l&#8217;ECA ou un ARA, avant d&#8217;ajouter d&#8217;autres antihypertenseurs si n\u00e9cessaire [5]. Chez la plupart des patients dont la fonction r\u00e9nale est nettement r\u00e9duite, un contr\u00f4le ad\u00e9quat de la pression art\u00e9rielle ne peut \u00eatre obtenu qu&#8217;avec l&#8217;utilisation d&#8217;un diur\u00e9tique de l&#8217;anse. Il convient de noter que les valeurs cibles mentionn\u00e9es s&#8217;appliquent en termes de n\u00e9phroprotection et que la r\u00e9cente \u00e9tude SPRINT a montr\u00e9 un b\u00e9n\u00e9fice possible de valeurs cibles plus basses sur la mortalit\u00e9 globale [6].<\/p>\n<p>L&#8217;acidose <strong>m\u00e9tabolique et sa correction :<\/strong> au fur et \u00e0 mesure que l&#8217;insuffisance r\u00e9nale progresse, la capacit\u00e9 d&#8217;excr\u00e9tion acide des reins diminue et une acidose m\u00e9tabolique s&#8217;installe au fil du temps, ce qui a notamment des effets n\u00e9gatifs sur le m\u00e9tabolisme osseux et les muscles. Mais au-del\u00e0 de ces effets extrar\u00e9naux, la charge acide semble \u00e9galement endommager les reins eux-m\u00eames [7]. Des \u00e9tudes d&#8217;observation ont montr\u00e9 que le bicarbonate de s\u00e9rum est inversement corr\u00e9l\u00e9 \u00e0 la progression chez les patients atteints d&#8217;IRC. En cas d&#8217;acidose r\u00e9nale, le traitement peut consister \u00e0 r\u00e9duire l&#8217;apport d&#8217;acide par l&#8217;alimentation (surtout dans les prot\u00e9ines animales) ou \u00e0 neutraliser l&#8217;acide apport\u00e9 par un traitement oral au bicarbonate de sodium. Quelques petites \u00e9tudes randomis\u00e9es ont montr\u00e9 un effet impressionnant de r\u00e9duction de la progression pour cette intervention simple et peu co\u00fbteuse [6], mais les r\u00e9sultats d&#8217;\u00e9tudes plus importantes sont encore attendus. Les inconv\u00e9nients d&#8217;un traitement au bicarbonate sont le &#8220;pill burden&#8221; \u00e9lev\u00e9 (3 \u00e0 6 g\u00e9lules de 500&nbsp;mg de NaBic sont g\u00e9n\u00e9ralement n\u00e9cessaires pour obtenir un effet suffisant) et l&#8217;apport de sodium qui en r\u00e9sulte.<\/p>\n<p><strong>l&#8217;alimentation et les interventions sur le mode de vie :<\/strong> Bien que l&#8217;influence positive de l&#8217;activit\u00e9 physique et de la recherche d&#8217;un poids &#8220;sain&#8221; (IMC 20-25) sur la progression de l&#8217;insuffisance r\u00e9nale n&#8217;ait pas \u00e9t\u00e9 formellement d\u00e9montr\u00e9e dans des \u00e9tudes contr\u00f4l\u00e9es, ces interventions peuvent avoir un effet b\u00e9n\u00e9fique sur diff\u00e9rents facteurs de risque cardiovasculaire, y compris la prot\u00e9inurie.<\/p>\n<p>Un r\u00e9gime pauvre en prot\u00e9ines a longtemps \u00e9t\u00e9 pr\u00e9conis\u00e9 comme mesure de r\u00e9duction de l&#8217;hyperfiltration glom\u00e9rulaire. Cependant, les donn\u00e9es sur l&#8217;efficacit\u00e9 de la restriction prot\u00e9ique dans l&#8217;IRC ne sont pas tout \u00e0 fait claires, et les \u00e9tudes existantes datent d&#8217;avant l&#8217;utilisation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des IEC et des ARA. En outre, une restriction prot\u00e9ique importante risque d&#8217;entra\u00eener une malnutrition, dont le pronostic est tr\u00e8s d\u00e9favorable en cas de n\u00e9cessit\u00e9 de dialyse ult\u00e9rieure. Par cons\u00e9quent, une forte restriction prot\u00e9ique n&#8217;est plus recommand\u00e9e aujourd&#8217;hui, mais un apport excessif de prot\u00e9ines (par exemple sous forme de suppl\u00e9ments prot\u00e9iques pour la musculation) doit \u00eatre \u00e9vit\u00e9 chez les patients atteints d&#8217;IRC.<\/p>\n<p>Une consommation \u00e9lev\u00e9e de sel a \u00e9t\u00e9 associ\u00e9e dans des \u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques \u00e0 une augmentation de la pression art\u00e9rielle, \u00e0 une augmentation de la prot\u00e9inurie et \u00e0 une diminution plus rapide du DFG chez les insuffisants r\u00e9naux [8]. De plus, une consommation \u00e9lev\u00e9e de sel r\u00e9duit fortement l&#8217;effet antiprot\u00e9inurique et l&#8217;effet pronostique positif des inhibiteurs de l&#8217;ECA et des ARA [9]. Une restriction de l&#8217;apport en sel \u00e0 5-6&nbsp;g NaCl\/jour est recommand\u00e9e chez la plupart des patients souffrant d&#8217;insuffisance r\u00e9nale chronique. Il n&#8217;est pas encore clair si une restriction suppl\u00e9mentaire est utile ou m\u00eame \u00e9ventuellement d\u00e9favorable chez certains patients.<\/p>\n<p>Le tabagisme a \u00e9t\u00e9 associ\u00e9 dans plusieurs \u00e9tudes de population non seulement \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements cardiovasculaires, mais aussi \u00e0 l&#8217;albuminurie et \u00e0 l&#8217;insuffisance r\u00e9nale [10]. De m\u00eame, peu d&#8217;\u00e9tudes d&#8217;intervention ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es sur l&#8217;influence de l&#8217;arr\u00eat de la nicotine sur l&#8217;\u00e9volution de l&#8217;IRC, mais elles ont toutes \u00e9t\u00e9 positives.<\/p>\n<p>Approches th\u00e9rapeutiques \u00e0 l&#8217;efficacit\u00e9 incertaine ou non d\u00e9montr\u00e9e : de nombreuses \u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques montrent une association entre l&#8217;<em>hyperuric\u00e9mie<\/em> et l&#8217;insuffisance r\u00e9nale ainsi que le risque cardiovasculaire, bien que la causalit\u00e9 ne soit pas encore totalement \u00e9tablie [11]. Quelques petites \u00e9tudes ont montr\u00e9 un effet favorable d&#8217;un traitement uricostatique par allopurinol sur l&#8217;\u00e9volution d&#8217;une insuffisance r\u00e9nale chronique. Cependant, comme l&#8217;allopurinol n&#8217;est pas sans risque en termes d&#8217;effets secondaires, en particulier en cas de fonction r\u00e9nale r\u00e9duite, des \u00e9tudes de plus grande envergure sont n\u00e9cessaires pour recommander l&#8217;utilisation de l&#8217;allopurinol chez les patients atteints d&#8217;IRC et ne souffrant pas de la goutte et pour d\u00e9finir, le cas \u00e9ch\u00e9ant, des taux cibles d&#8217;acide urique raisonnables. Le febuxostat, qui n&#8217;est pas \u00e9limin\u00e9 par voie r\u00e9nale et pr\u00e9sente moins d&#8217;effets secondaires, pourrait jouer un r\u00f4le \u00e0 l&#8217;avenir. L&#8217;<em>hyperlipid\u00e9mie<\/em> a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme un facteur de progression possible de l&#8217;IRC sur la base de consid\u00e9rations physiopathologiques et de donn\u00e9es \u00e9pid\u00e9miologiques. Cependant, une \u00e9valuation de l&#8217;\u00e9tude SHARP (la plus grande \u00e9tude sur la r\u00e9duction des lipides chez les patients atteints d&#8217;IRC) n&#8217;a pas permis de d\u00e9montrer un effet positif de la simvastatine et de l&#8217;\u00e9z\u00e9timibe sur la progression de l&#8217;IRC [12]. Les statines ne semblent donc pas avoir d&#8217;effet pertinent sur la progression de l&#8217;IRC, mais elles sont utiles pour r\u00e9duire le risque cardiovasculaire chez de nombreux patients atteints d&#8217;IRC. Les analogues actifs de la vitamine D semblent avoir un effet positif sur la prot\u00e9inurie, mais un effet sur la progression de l&#8217;insuffisance r\u00e9nale reste \u00e0 d\u00e9montrer [13].<\/p>\n<p><strong>&#8220;Second hits&#8221; et leur pr\u00e9vention :<\/strong> les reins pr\u00e9-endommag\u00e9s sont beaucoup plus sensibles aux toxines aigu\u00ebs que les reins sains. Cela signifie que les patients souffrant d&#8217;insuffisance r\u00e9nale chronique ont un risque massivement accru de subir une l\u00e9sion r\u00e9nale aigu\u00eb (acute kidney injury, AKI) [5], qui se r\u00e9tablit souvent incompl\u00e8tement [14].<\/p>\n<p>Les anti-inflammatoires non st\u00e9ro\u00efdiens (AINS) font partie des m\u00e9dicaments les plus prescrits dans le monde. Chez les patients atteints d&#8217;insuffisance cardiaque s\u00e9v\u00e8re ou de fonction r\u00e9nale r\u00e9duite, l&#8217;inhibition de la synth\u00e8se intrar\u00e9nale des prostaglandines peut entra\u00eener une r\u00e9duction critique de la perfusion glom\u00e9rulaire et d\u00e9clencher une IRA [15]. Les AINS sont donc contre-indiqu\u00e9s chez les patients dont la fonction r\u00e9nale est fortement r\u00e9duite et ne doivent \u00eatre utilis\u00e9s qu&#8217;avec retenue et \u00e0 court terme chez les patients dont la fonction r\u00e9nale est l\u00e9g\u00e8rement r\u00e9duite [5].<\/p>\n<p>Les agents de contraste radiographiques iod\u00e9s peuvent entra\u00eener des l\u00e9sions r\u00e9nales aigu\u00ebs en cas d&#8217;alt\u00e9ration pr\u00e9existante de la fonction r\u00e9nale, de d\u00e9shydratation et d&#8217;insuffisance cardiaque d\u00e9compens\u00e9e. Les principales mesures de pr\u00e9vention de la n\u00e9phropathie de contraste chez les patients atteints d&#8217;IRC sont les suivantes : (a) l&#8217;examen critique de l&#8217;indication et des cons\u00e9quences th\u00e9rapeutiques d&#8217;un examen, (b) envisager des m\u00e9thodes d&#8217;examen alternatives en fonction de la question (par ex. \u00e9chographie, scintigraphie), (c) si un examen avec un produit de contraste radiologique est in\u00e9vitable : pr\u00e9-hydrater, minimiser la quantit\u00e9 de produit de contraste appliqu\u00e9e et choisir un produit de contraste radiologique isoosmolaire [5,16].<\/p>\n<p>Les laxatifs \u00e0 base de phosphate sont parfois utilis\u00e9s dans la pr\u00e9paration \u00e0 la coloscopie comme alternative aux laxatifs \u00e0 base de poly\u00e9thyl\u00e8ne glycol. Une quantit\u00e9 consid\u00e9rable de phosphate est alors absorb\u00e9e par l&#8217;intestin. Si la fonction r\u00e9nale est normale, cette charge en phosphate peut \u00eatre \u00e9limin\u00e9e relativement rapidement par les reins. Cependant, lorsque la fonction r\u00e9nale est alt\u00e9r\u00e9e, des niveaux extr\u00eamement \u00e9lev\u00e9s de phosphate sont atteints dans le sang et la concentration tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e de phosphate qui en r\u00e9sulte dans l&#8217;urine primaire peut entra\u00eener une n\u00e9phropathie cristalline aigu\u00eb au phosphate de calcium [17]. Les laxatifs phosphat\u00e9s sont donc contre-indiqu\u00e9s en cas de DFG &lt;60&nbsp;ml\/min\/1,73m2 ; les autres facteurs de risque de n\u00e9phropathie aigu\u00eb \u00e0 cristaux de phosphate sont la d\u00e9pl\u00e9tion vol\u00e9mique, les diur\u00e9tiques, les inhibiteurs de l&#8217;ECA et l&#8217;\u00e2ge [17].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Matsushita K, et al : Association of estimated glomerular filtration rate and albuminuria with all-cause and cardiovascular mortality in general population cohorts : a collaborative metaanalysis. Lancet 2010 ; 375 : 2073-2081.<\/li>\n<li>Gansevoort RT, et al : Chronic Kidney Disease Prognosis Consortium. Un DFG estim\u00e9 plus bas et une albuminurie plus \u00e9lev\u00e9e sont associ\u00e9s \u00e0 des r\u00e9sultats r\u00e9naux d\u00e9favorables. A collaborative meta-analysis of general and high-risk population cohorts. Kidney Int. 2011;80(1) : 93-104.<\/li>\n<li>Kistler AD : Albuminurie chez le diab\u00e9tique : gestion pratique. Pratique (Berne 1994). 2013;102(20) : 1229-35.<\/li>\n<li>Jafar TH, et al : Angiotensin-converting enzyme inhibitors and progression of nondiabetic renal disease. A meta-analysis of patient-level data. Ann Intern Med. 2001 ; 135(2) : 73-87.<\/li>\n<li>KDIGO 2012 Guide de pratique clinique pour l&#8217;\u00e9valuation et la prise en charge de la maladie r\u00e9nale chronique. Kidney Int Suppl 2013;3(1). (www.kdigo.org\/home\/guidelines)<\/li>\n<li>SPRINT Research Group, Wright JT Jr, et al : A Randomized Trial of Intensive versus Standard Blood-Pressure Control. N Engl J Med. 2015 Nov 26;373(22) : 2103-16<\/li>\n<li>Kovesdy CP : Acidose m\u00e9tabolique et maladie r\u00e9nale : le traitement au bicarbonate ralentit-il la progression de l&#8217;IRC ? Nephrol Dial Transplant. 2012;27(8) : 3056-62.<\/li>\n<li>Meier P, et al : Sel et insuffisance r\u00e9nale. Forum M\u00e9dical Suisse 2014;14(04) : 50-53<\/li>\n<li>Lambers Heerspink HJ, et al : Mod\u00e9ration of dietary sodium potentiates the renal and cardiovascular protective effects of angiotensin receptor blockers. Kidney Int. 2012;82(3) : 330-7.<\/li>\n<li>Orth SR, et al : Smoking : a risk factor for progression of chronic kidney disease and for cardiovascular morbidity and mortality in renal patients&#8211;absence of evidence or evidence of absence ? Clin J Am Soc Nephrol. 2008;3(1) : 226-36.<\/li>\n<li>Jalal DI, et al : Uric acid as a target of therapy in CKD. Am J Kidney Dis. 2013;61(1) : 134-46.<\/li>\n<li>Haynes R, et al. pour le groupe de collaboration SHARP : Effets de la r\u00e9duction du cholest\u00e9rol LDL sur la progression de la maladie r\u00e9nale. J Am Soc Nephrol. 2014;25(8) : 1825-33.<\/li>\n<li>de Borst MH, et al : Active vitamin D treatment for reduction of residual proteinuria : a systematic review. J Am Soc Nephrol. 2013;24(11) : 1863-71.<\/li>\n<li>Chawla LS, et. al : Acute kidney injury and chronic kidney disease as interconnected syndromes. N Engl J Med. 2014;371(1) : 58-66.<\/li>\n<li>Harirforoosh S, et al : Renal adverse effects of nonsteroidal anti-inflammatory drugs. Expert Opin Drug Saf. 2009;8(6) : 669-81.<\/li>\n<li>KDIGO 2012 Guide de pratique clinique pour les l\u00e9sions aigu\u00ebs du rein. Kidney Int Suppl 2012;2(1). (www.kdigo.org\/home\/guidelines)<\/li>\n<li>Markowitz GS, et. al : Vers l&#8217;incidence de la n\u00e9phropathie phosphat\u00e9e aigu\u00eb. J Am Soc Nephrol. 2007;18(12) : 3020-2.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2016 ; 11(12) : 35-38<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour ralentir la progression des maladies r\u00e9nales chroniques, il existe des mesures sp\u00e9cifiques \u00e0 la maladie et des mesures non sp\u00e9cifiques. 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