{"id":340454,"date":"2017-01-07T02:00:00","date_gmt":"2017-01-07T01:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/nodules-buccaux-blanchatres-chez-un-nourrisson\/"},"modified":"2017-01-07T02:00:00","modified_gmt":"2017-01-07T01:00:00","slug":"nodules-buccaux-blanchatres-chez-un-nourrisson","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/nodules-buccaux-blanchatres-chez-un-nourrisson\/","title":{"rendered":"Nodules buccaux blanch\u00e2tres chez un nourrisson"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>Rapport de cas : <\/em>Lors d&#8217;un contr\u00f4le \u00e0 deux mois, on remarque de multiples petits nodules blanch\u00e2tres sur la gencive maxillaire d&#8217;un nourrisson de sexe f\u00e9minin en bonne sant\u00e9. L&#8217;enfant boit bien et ne semble pas du tout g\u00ean\u00e9 par l&#8217;alt\u00e9ration de la muqueuse. La question de la gen\u00e8se et de la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;un traitement des nodules se pose.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p><strong>Tableau clinique :<\/strong> nourrisson de 2 mois en tr\u00e8s bon \u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral avec de multiples petits nodules clairs et fermes le long de la cr\u00eate dentaire sup\u00e9rieure <strong>(Fig.&nbsp;1).<\/strong> Le reste de l&#8217;examen du nourrisson est sans particularit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-8063\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/abb1_pad.jpg\" style=\"height:410px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"751\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"quiz\">Quiz<\/h2>\n<p>Sur la base de ces informations, quel est le diagnostic le plus probable ?<br \/>\n<strong>A&nbsp; <\/strong>Epstein Perles<br \/>\n<strong>B<\/strong>&nbsp; Papillomes gingivaux<br \/>\n<strong>C<\/strong>&nbsp; V\u00e9sicules en cas de premi\u00e8re manifestation de l&#8217;herp\u00e8s simplex<br \/>\n<strong>D<\/strong>&nbsp; Kystes gingivaux<br \/>\n<strong>E&nbsp; <\/strong>Epulis cong\u00e9nitale<\/p>\n<p><strong>Bonne r\u00e9ponse et diagnostic : <\/strong>La bonne r\u00e9ponse est D. Il s&#8217;agit de kystes gingivaux.<\/p>\n<p><strong><br \/>\n  <em>Diagnostic et discussion : <\/em><br \/>\n<\/strong>Le tableau clinique, l&#8217;\u00e2ge de la patiente et le bon \u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral concomitant sont typiques des kystes gingivaux.<\/p>\n<ul>\n<li>Les kystes <em>\u00e9pith\u00e9liaux entiers <\/em>chez les petits nourrissons ont \u00e9t\u00e9 class\u00e9s pour la premi\u00e8re fois en 1967 par Fromm sur la base de crit\u00e8res histopathologiques et de la localisation des kystes. Fromm a fait la distinction entre les perles d&#8217;Epstein, les nodules de Bohn et les kystes d&#8217;inclusion [1].<\/li>\n<li>Les perles d&#8217;Epstein se trouvent typiquement sur le raph\u00e9 m\u00e9dian du palais dur et correspondent \u00e0 du tissu \u00e9pith\u00e9lial inclus lors de la fusion du raph\u00e9.<\/li>\n<li><em>Les nodules de Bohn<\/em> sont g\u00e9n\u00e9ralement situ\u00e9s sur la surface linguale et plus rarement vestibulaire de la gencive maxillaire ou sont localis\u00e9s sur le palais dur ant\u00e9rieur. Alors que Fromm pensait que ces kystes contenaient principalement des r\u00e9sidus de glandes muqueuses et des canaux excr\u00e9teurs, d&#8217;autres auteurs pensent qu&#8217;ils ont une sortie de la lame dentinaire lorsqu&#8217;ils sont situ\u00e9s sur le processus alv\u00e9olaire [2].<\/li>\n<li>En revanche, <em>les kystes d&#8217;inclusion dentaires <\/em>se situent principalement sur le processus alv\u00e9olaire sous la forme d&#8217;une \u00e0 de nombreuses petites papules solides blanch\u00e2tres de 1 \u00e0 3&nbsp;mm maximum. Elles se forment \u00e0 partir de restes \u00e9pith\u00e9liaux de la lame dentaire et pr\u00e9sentent, \u00e0 l&#8217;histopathologie, des lamelles de corne \u00e0 stratification concentrique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En raison de la confusion fr\u00e9quente entre les termes et de la difficult\u00e9 de distinguer cliniquement les nodules de Bohn et les kystes dentaires, Jorgenson a introduit d\u00e8s 1982 une nouvelle classification qui distingue d\u00e9sormais les kystes palatins des kystes alv\u00e9olaires et gingivaux en fonction de leur localisation [2].<\/p>\n<p>Les kystes \u00e9nortiques sont g\u00e9n\u00e9ralement pr\u00e9sents de mani\u00e8re cong\u00e9nitale, mais il est plus rarement d\u00e9crit qu&#8217;ils apparaissent en p\u00e9riode n\u00e9onatale. Une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e en 2012 par Monteagudo et al. [3] a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une pr\u00e9valence de 53,7% des kystes palatins et de 13,4% des kystes gingivaux chez 1000 nouveau-n\u00e9s examin\u00e9s. Chez 11% des enfants, des kystes \u00e0 la fois palatins et gingivaux ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s. Dans l&#8217;\u00e9tude, il y avait \u00e9galement une tendance chez les filles ainsi qu&#8217;une augmentation de l&#8217;incidence chez les enfants n\u00e9s \u00e0 terme et les enfants transf\u00e9r\u00e9s. Ces chiffres sont bien compatibles avec d&#8217;autres \u00e9tudes, o\u00f9 des kystes palatins ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s chez 55-86% de tous les nouveau-n\u00e9s et des kystes gingivaux chez 13,8-97% [3,4].<\/p>\n<p>En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, aucune intervention th\u00e9rapeutique n&#8217;a \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire dans ces diff\u00e9rentes \u00e9tudes. Les kystes ont g\u00e9n\u00e9ralement disparu au cours des 6 premiers mois de vie&nbsp;[5].<br \/>\nLes papillomes gingivaux sont extr\u00eamement rares chez les nouveau-n\u00e9s. Elles se pr\u00e9sentent \u00e0 l&#8217;adolescence et \u00e0 l&#8217;\u00e2ge adulte sous la forme de papules enrob\u00e9es de couleur chair, g\u00e9n\u00e9ralement plut\u00f4t molles, sur la gencive, la langue et le palais et sont soit l&#8217;expression d&#8217;une infection \u00e0 HPV, soit dans le cadre de maladies syndromiques telles que le syndrome de Cowden. En cas d&#8217;infection par le virus de l&#8217;herp\u00e8s simplex, il faut s&#8217;attendre \u00e0 des douleurs et \u00e0 une temp\u00e9rature corporelle souvent \u00e9lev\u00e9e chez les nourrissons. De plus, dans ce cas, la flore primaire est une v\u00e9sicule et non une papule solide. Dans le cas d&#8217;une \u00e9pulis cong\u00e9nitale, on observe un gonflement isol\u00e9 et non, comme dans ce cas, de multiples petits nodules fermes.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 : <\/strong>Les kystes \u00e9pith\u00e9liaux entiers sont tr\u00e8s fr\u00e9quents selon la litt\u00e9rature actuelle et peuvent donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des variantes de la norme. Si les perles d&#8217;Epstein &#8211; c&#8217;est-\u00e0-dire les kystes palatins le long du raph\u00e9 m\u00e9dian &#8211; sont bien connues de nombreux coll\u00e8gues m\u00e9decins, l&#8217;existence des kystes gingivaux l&#8217;est un peu moins. Un tel cas sous des formes prononc\u00e9es peut donc susciter un certain d\u00e9sarroi chez les parents et aussi chez les m\u00e9decins traitants.<br \/>\nLa connaissance des diff\u00e9rents kystes buccaux permet de rassurer les parents de l&#8217;enfant concern\u00e9 et d&#8217;\u00e9viter des interventions diagnostiques inutiles et souvent douloureuses.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Fromm A : Epstein&#8217;s pearls, Bohn&#8217;s nodules and inclusion-cysts of the oral cavity. J Dent Child 1967 ; 34 : 275-287.<\/li>\n<li>Jorgenson RJ, et al. : \ufb01nalit\u00e9s et anomalies intra-orales chez les nouveau-n\u00e9s. Pediatrics 1982 ; 69 : 577-582.<\/li>\n<li>Monteagudo B, et al. : Pr\u00e9valence du milia et des kystes palatins et gingivaux chez les nouveau-n\u00e9s espagnols. Pediatric Dermatology 2012 ; 29 : 301-305.<\/li>\n<li>Paula JD, et al : Oral and facial inclusion cysts in newborns. J Clin Pediatr Dent 2006 ; 31 : 127-129.<\/li>\n<li>Van Heerden WFP, et al : Diagnostic et prise en charge des l\u00e9sions et conditions orales chez le nouveau-n\u00e9. South African Family Practice 2010 ; 52 : 6, 489-491.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\n<em>DERMATOLOGIE PRATIQUE 2016 ; 26(6) : 42-43<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rapport de cas : Lors d&#8217;un contr\u00f4le \u00e0 deux mois, on remarque de multiples petits nodules blanch\u00e2tres sur la gencive maxillaire d&#8217;un nourrisson de sexe f\u00e9minin en bonne sant\u00e9. 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