{"id":340497,"date":"2016-12-14T02:00:00","date_gmt":"2016-12-14T01:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/situation-actuelle-en-suisse-et-consequences-cliniques\/"},"modified":"2016-12-14T02:00:00","modified_gmt":"2016-12-14T01:00:00","slug":"situation-actuelle-en-suisse-et-consequences-cliniques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/situation-actuelle-en-suisse-et-consequences-cliniques\/","title":{"rendered":"Situation actuelle en Suisse et cons\u00e9quences cliniques"},"content":{"rendered":"<p><strong>L&#8217;\u00e9pid\u00e9miologie des bact\u00e9ries multir\u00e9sistantes a chang\u00e9 en Suisse : nette diminution des SARM et forte augmentation des ent\u00e9robact\u00e9ries productrices de BLSE. Les germes ESBL peuvent \u00eatre acquis par le biais d&#8217;aliments (viande de volaille, l\u00e9gumes, etc.). Les patients de retour de voyage et les patients rapatri\u00e9s de l&#8217;\u00e9tranger pr\u00e9sentent un risque accru de micro-organismes multir\u00e9sistants. En cas d&#8217;absence de r\u00e9ponse \u00e0 une antibioth\u00e9rapie empirique, un examen microbiologique est indiqu\u00e9 en raison d&#8217;une possible r\u00e9sistance. Les <em>E. coli<\/em>, y compris les isolats de BLSE, sont toujours bien sensibles \u00e0 la fosfomycine et \u00e0 la nitrofuranto\u00efne.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>La r\u00e9sistance croissante aux antibiotiques menace de nombreux acquis de la m\u00e9decine moderne. Les autorit\u00e9s sanitaires de l&#8217;UE et des \u00c9tats-Unis estiment que la r\u00e9sistance aux antibiotiques est responsable d&#8217;environ 25 000 d\u00e9c\u00e8s par an chacune. Les patients sont d\u00e9stabilis\u00e9s par les articles de presse sur les infections bact\u00e9riennes qui ne peuvent plus \u00eatre trait\u00e9es.<\/p>\n<p>Les bact\u00e9ries multir\u00e9sistantes sont r\u00e9sistantes \u00e0 plusieurs classes d&#8217;antibiotiques. Les micro-organismes multir\u00e9sistants posent de gros probl\u00e8mes dans les h\u00f4pitaux du monde entier, notamment diverses ent\u00e9robact\u00e9ries, <em>Pseudomonas aeruginosa, Acinetobacter baumannii, Staphylococcus aureus<\/em> et ent\u00e9rocoques. Par rapport \u00e0 de nombreux autres pays, la plupart des taux de r\u00e9sistance sont plus faibles en Suisse. Dans notre pays, un m\u00e9decin de premier recours est principalement confront\u00e9 \u00e0 des <em>Escherichia coli<\/em> multir\u00e9sistants <em>,<\/em> plus rarement \u00e0 d&#8217;autres isolats d&#8217;ent\u00e9robact\u00e9ries r\u00e9sistantes et \u00e0 des <em>S. aureus<\/em> r\u00e9sistants \u00e0 la m\u00e9thicilline (SARM). Il n&#8217;entre en contact qu&#8217;occasionnellement avec d&#8217;autres germes multir\u00e9sistants, parmi lesquels des campylobacters, des gonocoques et des agents de la tuberculose r\u00e9sistants. Selon le syst\u00e8me de surveillance suisse Anresis (www.anresis.ch), la pr\u00e9valence des bact\u00e9ries multir\u00e9sistantes a \u00e9volu\u00e9 diff\u00e9remment au cours des 12 derni\u00e8res ann\u00e9es [1]. Alors que la proportion d&#8217;isolats de SARM a nettement diminu\u00e9, les ent\u00e9robact\u00e9ries r\u00e9sistantes aux c\u00e9phalosporines \u00e0 large spectre et \u00e0 d&#8217;autres classes de substances ont connu une augmentation constante et importante <strong>(figure 1 <\/strong>) [1].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-8142\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/abb1_hp12_s17_0.png\" style=\"height:642px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"883\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/abb1_hp12_s17_0.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/abb1_hp12_s17_0-800x642.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/abb1_hp12_s17_0-120x96.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/abb1_hp12_s17_0-90x72.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/abb1_hp12_s17_0-320x257.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/abb1_hp12_s17_0-560x450.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<h2 id=\"\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"sarm\">SARM<\/h2>\n<p>En 2015, en Suisse al\u00e9manique, pr\u00e8s de 6% des isolats de S. aureus test\u00e9s chez des patients ambulatoires \u00e9taient encore r\u00e9sistants \u00e0 la m\u00e9thicilline (SARM). Dans les pays du sud et du centre de l&#8217;Europe, le taux de SARM \u00e9tait en revanche nettement plus \u00e9lev\u00e9, par exemple en France 17%, en Italie 34% et au Portugal m\u00eame 47%. Auparavant, les SARM se propageaient principalement dans les h\u00f4pitaux et autres institutions m\u00e9dicales (healthcare-associated MRSA). Depuis plusieurs ann\u00e9es, de nouvelles souches aux caract\u00e9ristiques diff\u00e9rentes apparaissent et peuvent provoquer des infections agressives dans les services ambulatoires, m\u00eame chez des patients plus jeunes et sans contact pr\u00e9alable avec les services de sant\u00e9 (community-associated MRSA). Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, on a \u00e9galement observ\u00e9 que les personnes en contact \u00e9troit avec des animaux avaient plus de risques d&#8217;\u00eatre porteuses de SARM. Le SARM a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 chez diff\u00e9rents animaux, en particulier chez les chevaux et les chiens, mais surtout chez les animaux d&#8217;\u00e9levage comme les poulets et les porcs [2]. En Suisse, le taux de colonisation de SARM chez les porcs d&#8217;engraissement \u00e0 l&#8217;abattoir a augment\u00e9 depuis 2009, passant de 2% \u00e0 26,5% en 2014. Le responsable est une lign\u00e9e clonale de SARM (CC398) que l&#8217;on trouve \u00e9galement fr\u00e9quemment chez les animaux d&#8217;\u00e9levage d&#8217;autres pays europ\u00e9ens. Elle fait partie des SARM &#8220;associ\u00e9s aux animaux d&#8217;\u00e9levage&#8221; (livestock-associated), qui affectent particuli\u00e8rement les personnes en contact professionnel avec les porcs, comme les agriculteurs et les v\u00e9t\u00e9rinaires [3]. Les autres personnes \u00e0 risque pour les infections \u00e0 SARM sont les personnes et les voyageurs de retour d&#8217;Europe du Sud ou des \u00c9tats-Unis, les patients et les employ\u00e9s des \u00e9tablissements de sant\u00e9 tels que les centres de r\u00e9\u00e9ducation ou les maisons de soins qui pr\u00e9sentent un taux \u00e9lev\u00e9 de SARM.<\/p>\n<h2 id=\"mesures-a-prendre-en-cas-de-sarm\">Mesures \u00e0 prendre en cas de SARM<\/h2>\n<p>En cas d&#8217;infections agressives de la peau et des tissus mous et\/ou d&#8217;absence de r\u00e9ponse aux antibiotiques b\u00eatalactames (tels que l&#8217;amoxicilline-acide clavulanique), le SARM doit \u00eatre suspect\u00e9 et un diagnostic microbiologique doit \u00eatre demand\u00e9. Le meilleur moyen de d\u00e9tecter les porteurs est d&#8217;effectuer un pr\u00e9l\u00e8vement dans le nez et la gorge. Apr\u00e8s un contact avec un patient dans un cabinet m\u00e9dical, il est important de d\u00e9sinfecter les mains et les surfaces de contact avec des pr\u00e9parations \u00e0 base d&#8217;alcool. En cas de contact plus \u00e9troit, par exemple lors d&#8217;un examen, il est pr\u00e9f\u00e9rable de porter une surblouse, un masque et des gants. Les patients hospitalis\u00e9s doivent \u00eatre isol\u00e9s par contact. En raison de la r\u00e9sistance crois\u00e9e aux p\u00e9nicillines et aux c\u00e9phalosporines, tous les antibiotiques b\u00eatalactamines per os actuellement disponibles sont inefficaces. En monoth\u00e9rapie, la clindamycine, le cotrimoxazole ou le lin\u00e9zolide (<sup>Zyvoxid\u00ae<\/sup>) par voie perorale conviennent en ambulatoire en cas de sensibilit\u00e9 av\u00e9r\u00e9e. La clindamycine ne doit \u00eatre utilis\u00e9e que si la souche a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 test\u00e9e sensible aux macrolides ou si la r\u00e9sistance aux MLSB a \u00e9t\u00e9 exclue. Un traitement de d\u00e9colonisation du SARM peut \u00eatre administr\u00e9 aux patients immunod\u00e9prim\u00e9s colonis\u00e9s ou au personnel des \u00e9tablissements de sant\u00e9, apr\u00e8s consultation d&#8217;un centre.<\/p>\n<h2 id=\"enterobacteries-productrices-de-blse\">Ent\u00e9robact\u00e9ries productrices de BLSE<\/h2>\n<p>En Suisse, 7% des <em>isolats d&#8217;Escherichia coli<\/em>provenant du tractus urog\u00e9nital de patients ambulatoires sont actuellement r\u00e9sistants aux c\u00e9phalosporines de troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration <strong>(tab.&nbsp;1). <\/strong>Environ 95% de ces souches produisent des b\u00eatalactamases \u00e0 large spectre (extended-spectrum beta-lactamases, ESBL), dont les g\u00e8nes sont localis\u00e9s de mani\u00e8re mobile sur des plasmides. Elles peuvent ainsi \u00eatre transmises \u00e0 d&#8217;autres cellules bact\u00e9riennes, esp\u00e8ces et genres, et se propager rapidement. Ces souches sont souvent multir\u00e9sistantes.<\/p>\n<p>Avant l&#8217;an 2000, les isolats <em>d&#8217;E. coli <\/em>et de Klebsiella pneumoniae produisant des BLSE \u00e9taient principalement pr\u00e9sents chez les patients des h\u00f4pitaux et des maisons de soins. Aujourd&#8217;hui, les E<em>. coli <\/em>ESBL sont majoritairement acquis en dehors des institutions m\u00e9dicales. Les bact\u00e9ries produisant des BLSE peuvent \u00eatre trouv\u00e9es dans divers aliments [2,4]. Ainsi, des E<em>. coli <\/em>ESBL ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9s dans 66% des \u00e9chantillons de viande de poulet de production suisse, et m\u00eame dans 86% des \u00e9chantillons de viande de poulet d&#8217;origine \u00e9trang\u00e8re [2]. De telles souches ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9es dans des \u00e9chantillons d&#8217;autres viandes de volaille, de porc et de b\u0153uf, ainsi que dans divers \u00e9chantillons de l\u00e9gumes. L&#8217;utilisation d&#8217;antibiotiques en m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire favorise la s\u00e9lection, la multiplication et la propagation de bact\u00e9ries r\u00e9sistantes chez les animaux d&#8217;\u00e9levage et dans l&#8217;agriculture. En 2014, pr\u00e8s de 50 000&nbsp;kg d&#8217;antibiotiques destin\u00e9s \u00e0 la m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire ont \u00e9t\u00e9 vendus en Suisse [2]. Aux \u00c9tats-Unis, la quantit\u00e9 d&#8217;antibiotiques utilis\u00e9e pour les animaux est quatre fois plus importante que celle utilis\u00e9e pour les humains. M\u00eame si un chauffage suffisant des aliments tue les bact\u00e9ries, des germes peuvent \u00eatre transmis \u00e0 l&#8217;homme par des ustensiles de cuisine, des mains et des aliments crus contamin\u00e9s. Nos propres recherches ont montr\u00e9 qu&#8217;apr\u00e8s le traitement de la viande de poulet, 8% des planches de cuisine chez les particuliers et 16% dans les cuisines d&#8217;h\u00f4pitaux \u00e9taient contamin\u00e9es par des germes ESBL [5]. Les gants des cuisiniers \u00e9taient m\u00eame positifs pour les BLSE dans 50% des cas. Les voyages \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger repr\u00e9sentent un autre risque : Les voyageurs suisses en Inde \u00e9taient 87% \u00e0 \u00eatre colonis\u00e9s par ESBL-E<em>. coli<\/em> par voie rectale \u00e0 leur retour, alors que seulement 3% \u00e9taient porteurs d&#8217;ESBL avant leur d\u00e9part <strong>(Fig.&nbsp;2)<\/strong> [6]. Un taux de portage d&#8217;au moins 30 % a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 chez les voyageurs en provenance d&#8217;autres pays du sous-continent indien, d&#8217;Asie du Nord et du Sud-Est, d&#8217;Afrique et d&#8217;Am\u00e9rique du Sud [7]. Les autres personnes pr\u00e9sentant un risque accru de BLSE sont les employ\u00e9s des abattoirs, les cuisiniers, les r\u00e9sidents des maisons de retraite et de soins, les patients de plus de 65 ans ou ceux qui ont re\u00e7u un pr\u00e9traitement antibiotique [8].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8143 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/abb2_hp12_s18.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 914px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 914\/960;height:420px; width:400px\" width=\"914\" height=\"960\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/abb2_hp12_s18.png 914w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/abb2_hp12_s18-800x840.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/abb2_hp12_s18-120x126.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/abb2_hp12_s18-90x95.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/abb2_hp12_s18-320x336.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/abb2_hp12_s18-560x588.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 914px) 100vw, 914px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<h2 id=\"-2\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"traitement-des-infections-a-blse\">Traitement des infections \u00e0 BLSE<\/h2>\n<p>ESBL-E<em>. coli<\/em> ont \u00e9galement augment\u00e9 de mani\u00e8re dramatique en Suisse [1]. Entre 2004 et 2014, leur proportion d&#8217;<em>isolats<\/em> invasifs <em>d&#8217;E. coli<\/em> a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9e par dix (de 1 \u00e0 10%). Des taux similaires ou plus \u00e9lev\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s dans la plupart des pays europ\u00e9ens, avec des taux d\u00e9passant m\u00eame 25% en Italie, en Roumanie et en Bulgarie. La prolif\u00e9ration des bact\u00e9ries productrices de BLSE dans toutes les r\u00e9gions de Suisse, tant chez les enfants que chez les patients adultes et \u00e2g\u00e9s, a rendu le traitement des infections \u00e0 E. coli et K. pneumoniae plus difficile. Le tableau&nbsp;1 r\u00e9sume la r\u00e9sistance actuelle des <em>isolats d&#8217;E. coli<\/em>provenant de patients ambulatoires. Le tableau montre \u00e9galement la multir\u00e9sistance des isolats de BLSE, avec des taux de r\u00e9sistance de 70% aux quinolones et au cotrimoxazole. En revanche, la fosfomycine, la nitrofuranto\u00efne et les carbap\u00e9n\u00e8mes pr\u00e9sentent des taux de r\u00e9sistance faibles, compris entre 0 et 4%, ce qui peut \u00eatre utilis\u00e9 \u00e0 des fins th\u00e9rapeutiques pour les infections urinaires non compliqu\u00e9es. Le traitement d&#8217;autres infections par des souches de BLSE peut \u00eatre difficile et n\u00e9cessite un test de r\u00e9sistance aux antibiotiques. Pour les infections graves, les carbap\u00e9n\u00e8mes sont consid\u00e9r\u00e9s comme le traitement de choix. Comme l&#8217;ertap\u00e9n\u00e8me (<sup>Invanz\u00ae<\/sup>) ne doit \u00eatre administr\u00e9 qu&#8217;une fois par jour (1 g i.v.), il peut \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9 en ambulatoire. L&#8217;effet clinique de l&#8217;amoxicilline-acide clavulanique est incertain, m\u00eame en cas de sensibilit\u00e9 av\u00e9r\u00e9e de l&#8217;agent pathog\u00e8ne BLSE, sauf en cas d&#8217;infections des voies urinaires. Les porteurs de BLSE sont d\u00e9tect\u00e9s de la mani\u00e8re la plus fiable \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;un frottis rectal ou d&#8217;un \u00e9chantillon de selles, d&#8217;urine et d&#8217;\u00e9chantillons pr\u00e9lev\u00e9s sur des sites cliniquement infect\u00e9s [8]. Cependant, jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, aucun sch\u00e9ma de d\u00e9colonisation n&#8217;a malheureusement montr\u00e9 de succ\u00e8s \u00e0 long terme. Comme la transmission de ESBL-E<em>. coli<\/em> s&#8217;est d\u00e9plac\u00e9e de l&#8217;h\u00f4pital vers la communaut\u00e9 et que le taux de transmission dans les h\u00f4pitaux de soins aigus est faible, de nombreux h\u00f4pitaux de soins aigus ont abandonn\u00e9 l&#8217;isolement de contact strict pour ESBL-E<em>. coli<\/em> [8]. Pour les patients colonis\u00e9s ou infect\u00e9s par d&#8217;autres ent\u00e9robact\u00e9ries productrices de BLSE (par ex. K. pneumoniae), l&#8217;isolement par contact reste recommand\u00e9.<\/p>\n<h2 id=\"le-cauchemar-des-carbapenemes\">Le cauchemar des carbap\u00e9n\u00e8mes<\/h2>\n<p>On conna\u00eet aujourd&#8217;hui plus de 1000 b\u00eatalactamases bact\u00e9riennes diff\u00e9rentes. Parmi elles, les carbap\u00e9n\u00e8mases sont les plus redoutables, car elles inactivent non seulement les carbap\u00e9n\u00e8mes, mais aussi pratiquement tous les antibiotiques b\u00eatalactames. La plupart des b\u00e2tonnets \u00e0 Gram n\u00e9gatif producteurs de carbap\u00e9n\u00e9mases sont \u00e9galement extr\u00eamement multir\u00e9sistants. M\u00eame un test avanc\u00e9 de r\u00e9sistance aux antibiotiques ne r\u00e9v\u00e8le souvent que 1 ou 2 substances actives, comme la colistine. Parfois, aucune des pr\u00e9parations disponibles sur le march\u00e9 n&#8217;est plus efficace in vitro. Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, de telles souches n&#8217;apparaissaient que sporadiquement en Suisse et \u00e9taient presque toujours import\u00e9es d&#8217;autres pays. Les carbap\u00e9n\u00e8mases de type KPC sont plus fr\u00e9quentes en Italie, en Gr\u00e8ce, en Isra\u00ebl et aux Etats-Unis et sont jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent le type le plus fr\u00e9quent en Suisse (environ 45% des carbap\u00e9n\u00e8mases identifi\u00e9es) [9]. Les carbap\u00e9n\u00e8mes de type NDM se sont principalement r\u00e9pandus en Inde et dans les Balkans et ont \u00e9t\u00e9 transport\u00e9s dans d&#8217;autres pays par des voyageurs, des patients et des migrants. Les enzymes du groupe OXA-48 ont \u00e9t\u00e9 introduites dans les pays europ\u00e9ens depuis la Turquie, l&#8217;Afrique du Nord et le Moyen-Orient et repr\u00e9sentent environ un tiers des carbap\u00e9n\u00e8mases en Suisse. R\u00e9cemment, un m\u00e9canisme de r\u00e9sistance \u00e0 la colistine (MCR-1) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert dans des isolats provenant de Chine et d&#8217;autres pays, y compris la Suisse, et s&#8217;est propag\u00e9 par le biais de plasmides [10]. Il est recommand\u00e9 \u00e0 un praticien qui prend en charge un patient atteint d&#8217;une bact\u00e9rie productrice de carbap\u00e9n\u00e9mase de consulter un service d&#8217;infectiologie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique. Anresis.ch : D\u00e9clarations d&#8217;une s\u00e9lection de micro-organismes multir\u00e9sistants en Suisse. Bulletin 2016 ;(35) : 530.<\/li>\n<li>Office f\u00e9d\u00e9ral de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et des affaires v\u00e9t\u00e9rinaires OFAG : ARCH-Vet. Rapport sur la distribution des antibiotiques en m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire et la surveillance de la r\u00e9sistance aux antibiotiques chez les animaux de rente en Suisse. Rapport g\u00e9n\u00e9ral 2014. www.blv.admin.ch\/blv\/de\/home\/tiere\/tierseuchen\/tierarzneimittel\/antibiotika\/vertrieb.html<\/li>\n<li>Larsen J, et al : Evidence for human adaptation and foodborne transmission of livestock-associated methicillin-resistant Staphylococcus aureus. Clin Infect Dis 2016 ; Sep 20. pii : ciw532.  [Epub ahead of print]<\/li>\n<li>Zogg AL, et al. : Caract\u00e9ristiques des ent\u00e9robact\u00e9ries productrices de BLSE et des Staphylococcus aureus r\u00e9sistants \u00e0 la m\u00e9thicilline (SARM) isol\u00e9s \u00e0 partir de viande de volaille crue suisse et import\u00e9e collect\u00e9e au niveau du commerce de d\u00e9tail. Schweiz Arch Tierheilkd 2016 ; 158(6) : 451-456.<\/li>\n<li>Tschudin-Sutter S, et al. : Enterobacteriaceae produisant de la \u03b2-lactamase \u00e0 spectre \u00e9tendu (ESBL) : une menace de la cuisine. Infect Control Hosp Epidemiol 2014 ; 35(5) : 581-584.<\/li>\n<li>Kuenzli E, et al : High colonization rates of extended-spectrum \u03b2-lactamase (ESBL)-producing Escherichia coli in Swiss travellers to South Asia &#8211; a prospective observational multicentre cohort study looking at epidemiology, microbiology and risk factors. BMC Infect Dis 2014 ; 14:528.<\/li>\n<li>Ostholm-Balkhed A, et al : Travel-associated faecal colonization with ESBL-producing Enterobacteriaceae : incidence and risk factors. J Antimicrob Chemother 2013 ; 68(9) : 2144-2153.<\/li>\n<li>Tissot F, et al. : Enterobacteriaceae avec b\u00eata-lactamases \u00e0 large spectre (BLSE) \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital : nouvelles recommandations Swissnoso 2014. www.swissnoso.ch\/wp-content\/uploads\/pdf\/v18_2_de.pdf<\/li>\n<li>Babouee B, et al. : Emergence de quatre cas de Klebsiella pneumoniae porteuse de KPC-2 et KPC-3 introduits en Suisse, 2009-10. Euro Surveill 2011 ; 16(11). pii : 19817.<\/li>\n<li>Nordmann P, et al : Plasmid-mediated colistin resistance : an additional antibiotic resistance menace. Clin Microbiol Infect 2016 ; 22(5) : 398-400.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2016 ; 11(12) : 16-19<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;\u00e9pid\u00e9miologie des bact\u00e9ries multir\u00e9sistantes a chang\u00e9 en Suisse : nette diminution des SARM et forte augmentation des ent\u00e9robact\u00e9ries productrices de BLSE. 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