{"id":340531,"date":"2016-12-12T01:00:00","date_gmt":"2016-12-12T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/diabete-sucre-et-risque-dinfection-en-2016\/"},"modified":"2016-12-12T01:00:00","modified_gmt":"2016-12-12T00:00:00","slug":"diabete-sucre-et-risque-dinfection-en-2016","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/diabete-sucre-et-risque-dinfection-en-2016\/","title":{"rendered":"Diab\u00e8te sucr\u00e9 et risque d&#8217;infection en 2016"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les infections les plus fr\u00e9quentes concernent la peau et l&#8217;appareil g\u00e9nito-urinaire. Les infections sont plus fr\u00e9quentes \u00e0 partir d&#8217;un taux d&#8217;<sub>HbA1c<\/sub> &gt;8,5%. Les inhibiteurs de SGLT2 sont efficaces dans le traitement du diab\u00e8te sucr\u00e9 de type 2. Mais une bonne hygi\u00e8ne doit \u00eatre discut\u00e9e avec le patient avant le d\u00e9but du traitement. Le pied diab\u00e9tique peut \u00eatre pr\u00e9venu par une inspection r\u00e9guli\u00e8re des pieds et par de bonnes instructions d&#8217;auto-inspection des pieds. Le traitement est toujours interdisciplinaire.<\/strong><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Le diab\u00e8te sucr\u00e9 est une maladie de plus en plus fr\u00e9quente qui, si elle est mal contr\u00f4l\u00e9e, peut entra\u00eener diverses complications au cours de son \u00e9volution chronique.<\/p>\n<p>Actuellement, nous assistons \u00e0 un bouleversement des possibilit\u00e9s th\u00e9rapeutiques et le th\u00e8me de l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 et de ses cons\u00e9quences (entre autres le diab\u00e8te) est largement d\u00e9battu, m\u00eame dans la presse non sp\u00e9cialis\u00e9e.<\/p>\n<p>Cet aper\u00e7u a pour but de fournir des informations sur les relations actuelles entre l&#8217;hyperglyc\u00e9mie et le risque de maladies infectieuses.<\/p>\n<p>Diverses infections peuvent \u00eatre favoris\u00e9es par le diab\u00e8te<strong> (tab.&nbsp;1). <\/strong>Les infections les plus fr\u00e9quentes sont celles de la peau et de l&#8217;appareil g\u00e9nito-urinaire. Ces derni\u00e8res sont plus fr\u00e9quentes depuis l&#8217;introduction du traitement hypoglyc\u00e9miant par les inhibiteurs de SGLT2.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-8130\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/tab1_hp12_s9.png\" style=\"height:666px; width:400px\" width=\"908\" height=\"1511\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/tab1_hp12_s9.png 908w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/tab1_hp12_s9-800x1331.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/tab1_hp12_s9-120x200.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/tab1_hp12_s9-90x150.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/tab1_hp12_s9-320x533.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/tab1_hp12_s9-560x932.png 560w\" sizes=\"(max-width: 908px) 100vw, 908px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans la premi\u00e8re partie qui suit, nous rendons compte de consid\u00e9rations g\u00e9n\u00e9rales sur le risque d&#8217;infection. Dans une deuxi\u00e8me partie, certaines r\u00e9gions sont examin\u00e9es plus en d\u00e9tail.<\/p>\n<h2 id=\"partie-1-apercu-du-lien-diabete-sucre-et-infection\">Partie 1 : Aper\u00e7u du lien &#8220;diab\u00e8te sucr\u00e9 et infection&#8221;.<\/h2>\n<p>\u00c9pid\u00e9miologie et situation actuelle des \u00e9tudes : dans la pratique clinique quotidienne, on constate une incidence accrue d&#8217;infections chez les diab\u00e9tiques.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudes ne sont pas encore claires quant \u00e0 l&#8217;ampleur exacte de la co\u00efncidence entre le diab\u00e8te et la survenue d&#8217;une infection. De nombreuses \u00e9tudes sont contradictoires, sous-puissantes ou non contr\u00f4l\u00e9es en ce qui concerne les facteurs de confusion.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes d&#8217;observation montrent une forte association entre une <sub>HbA1c<\/sub> \u00e9lev\u00e9e et le risque de contracter une infection. Une revue de 2011 [1] a montr\u00e9 qu&#8217;il existe une augmentation substantielle du risque de mortalit\u00e9 li\u00e9e aux infections chez les diab\u00e9tiques.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes randomis\u00e9es et contr\u00f4l\u00e9es montrent qu&#8217;un meilleur contr\u00f4le glyc\u00e9mique entra\u00eene des b\u00e9n\u00e9fices micro et macrovasculaires. Le probl\u00e8me de nombreux essais de ce type est qu&#8217;ils n&#8217;incluent souvent pas les patients \u00e2g\u00e9s. Cependant, chez ces derniers, la mortalit\u00e9 due aux infections est similaire \u00e0 celle due aux complications secondaires du diab\u00e8te.<\/p>\n<p>Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, aucune \u00e9tude n&#8217;a pu prouver de mani\u00e8re concluante (m\u00eame au-del\u00e0 des limites d&#8217;\u00e2ge) que l&#8217;hyperglyc\u00e9mie est un facteur de risque ind\u00e9pendant d&#8217;infection.<\/p>\n<p>De nombreuses \u00e9tudes ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9es \u00e0 la mortalit\u00e9 postop\u00e9ratoire apr\u00e8s un pontage coronarien (PAC) et en cas de chirurgie g\u00e9n\u00e9rale. Par exemple, une \u00e9tude r\u00e9trospective a montr\u00e9 une association claire entre la pr\u00e9sence d&#8217;un diab\u00e8te et un risque accru d&#8217;infection postop\u00e9ratoire (appel\u00e9e &#8220;infection du site chirurgical&#8221;) [2]. Une relation lin\u00e9aire a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie entre l&#8217;ampleur de l&#8217;augmentation de la glyc\u00e9mie et le risque d'&#8221;infection du site chirurgical&#8221;. Cependant, l&#8217;\u00e9tude \u00e9tait r\u00e9trospective et n&#8217;a pas montr\u00e9 les m\u00eames r\u00e9sultats pour les interventions vasculaires.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s t\u00f4t, l&#8217;une des \u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques les plus importantes, le &#8220;Diabetes Control and Complications Trial&#8221; (DCCT), a montr\u00e9 une augmentation des infections chez les personnes atteintes de diab\u00e8te sucr\u00e9 (toutes de type 1) [3]. Par exemple, l&#8217;incidence des infections vaginales a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite de pr\u00e8s de moiti\u00e9 chez les femmes du groupe de traitement intensif. Des r\u00e9sultats similaires ont \u00e9t\u00e9 obtenus en ce qui concerne l&#8217;apparition de nouvelles infections du pied diab\u00e9tique et d&#8217;ulc\u00e8res du pied. A la fin de l&#8217;essai DCCT, l&#8217;\u00e9tude est devenue une partie du suivi de l&#8217;\u00e9tude &#8220;Epidemiology of Diabetes Interventions and Complications&#8221; (EDIC). Dans une sous-analyse &#8211; l&#8217;\u00e9tude Uro-EDIC &#8211; le risque de py\u00e9lon\u00e9phrite \u00e9tait statistiquement r\u00e9duit de mani\u00e8re significative dans le contr\u00f4le intensifi\u00e9 (bien que l&#8217;\u00e9tude ait \u00e9t\u00e9 sous-aliment\u00e9e) par rapport au contr\u00f4le glyc\u00e9mique &#8220;r\u00e9gulier versus intensifi\u00e9&#8221;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8131 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/kasten1_hp12.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/867;height:473px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"867\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/kasten1_hp12.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/kasten1_hp12-800x631.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/kasten1_hp12-120x95.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/kasten1_hp12-90x71.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/kasten1_hp12-320x252.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/kasten1_hp12-560x441.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Plus r\u00e9cemment, une grande \u00e9tude de cohorte britannique sur l&#8217;association entre le contr\u00f4le de la glyc\u00e9mie et l&#8217;incidence des infections chez les personnes atteintes de diab\u00e8te de type 2 a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e en ao\u00fbt 2016 [4]. Le cadre \u00e9tait celui des cabinets de m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes et les infections \u00e9tudi\u00e9es \u00e9taient les infections des voies respiratoires sup\u00e9rieures, les bronchites, les pneumonies, les infections intestinales, l&#8217;herp\u00e8s simplex, les infections cutan\u00e9es et les infections urog\u00e9nitales. Les patients ont \u00e9t\u00e9 class\u00e9s en bons (<sub>HbA1c<\/sub> &lt;7%), mod\u00e9r\u00e9s (7-8,5%) et mal contr\u00f4l\u00e9s (&gt;8,5%). 34 278 patients ont \u00e9t\u00e9 inclus en 2014. Le groupe de contr\u00f4le \u00e9tait compos\u00e9 de 613 052 patients non diab\u00e9tiques. Comme pr\u00e9vu, l&#8217;incidence de toutes les infections \u00e9tait plus \u00e9lev\u00e9e chez les personnes atteintes de diab\u00e8te de type 2 (sauf pour l&#8217;herp\u00e8s simplex).<\/p>\n<p><strong>Existe-t-il des facteurs de risque d&#8217;infection chez les personnes atteintes de diab\u00e8te sucr\u00e9 ?  <\/strong>Les facteurs sp\u00e9cifiques \u00e0 l&#8217;h\u00f4te suivants sont connus :<\/p>\n<ul>\n<li>Suppression de la r\u00e9ponse immunitaire suite \u00e0 une hyperglyc\u00e9mie. Plus d&#8217;informations dans la digression &#8220;Immunologie&#8221;.<\/li>\n<li>L&#8217;art\u00e9riopathie p\u00e9riph\u00e9rique, complication secondaire d&#8217;un diab\u00e8te mal contr\u00f4l\u00e9 depuis de nombreuses ann\u00e9es, entra\u00eene une isch\u00e9mie tissulaire locale. Cela peut \u00e0 son tour favoriser la croissance d&#8217;organismes microa\u00e9rophiles et ana\u00e9robies tout en supprimant la fonction bact\u00e9ricide oxyg\u00e9no-d\u00e9pendante des leucocytes. De plus, la p\u00e9n\u00e9tration tissulaire des antibiotiques peut \u00eatre r\u00e9duite.<\/li>\n<li>La polyneuropathie p\u00e9riph\u00e9rique peut entra\u00eener des ulc\u00e9rations cutan\u00e9es en cas de traumatisme mineur, ce qui entra\u00eene \u00e0 son tour des infections du pied diab\u00e9tique plus fr\u00e9quentes. Malheureusement, lorsque la sensibilit\u00e9 est r\u00e9duite, les patients ne per\u00e7oivent pas le vieillissement de la peau ou le per\u00e7oivent trop tard.<\/li>\n<li>Les patients atteints de neuropathie autonome associ\u00e9e au diab\u00e8te peuvent pr\u00e9senter une r\u00e9tention urinaire. Cette stase peut entra\u00eener une augmentation des infections urinaires.<\/li>\n<li>Chez les diab\u00e9tiques, il existe une colonisation accrue de la peau par le staphylocoque dor\u00e9 et les esp\u00e8ces de Candida. La colonisation est asymptomatique. En raison de la perturbation de la fonction de barri\u00e8re de la peau, des infections invasives (avec bact\u00e9ri\u00e9mie et\/ou fong\u00e9mie) peuvent survenir.<\/li>\n<li>Les infections telles que la candidose vulvo-vaginale sont plus fr\u00e9quentes chez les femmes dont le diab\u00e8te est mal contr\u00f4l\u00e9 que chez les patientes euglyc\u00e9miques.<\/li>\n<li>Par exemple, les prot\u00e9ines induites par le glucose peuvent favoriser l&#8217;adh\u00e9sion de Candida albicans dans un environnement acide (acidoc\u00e9tose).<\/li>\n<\/ul>\n<h2 id=\"partie-2-eclairage-sur-des-regions-specifiques\">Partie 2 : \u00e9clairage sur des r\u00e9gions sp\u00e9cifiques<\/h2>\n<p>Certaines infections (&#8220;infections signal&#8221;) sont pathognomoniques du diab\u00e8te, comme la py\u00e9lon\u00e9phrite emphys\u00e9mateuse, l&#8217;otite externe n\u00e9crosante, la mucormycose et la gangr\u00e8ne de Fournier.<\/p>\n<p><strong>Infections des voies respiratoires sup\u00e9rieures : <\/strong>l&#8217;otite externe n\u00e9crosante (&#8220;maligne&#8221;) et la mucormycose rhinoc\u00e9r\u00e9brale sont deux infections qui surviennent presque exclusivement chez les personnes atteintes de diab\u00e8te sucr\u00e9 de type 2.<\/p>\n<p>L&#8217;otite externe n\u00e9crosante se voit principalement chez les patients de plus de 35 ans. L&#8217;otorrh\u00e9e et les douleurs auriculaires sont les sympt\u00f4mes initiaux. L&#8217;\u00e9tiologie est g\u00e9n\u00e9ralement un <em>Pseudomonas aeruginosa.<\/em> L&#8217;infection peut se propager du conduit auditif externe aux tissus mous environnants, jusqu&#8217;au cartilage et m\u00eame \u00e0 l&#8217;os. Une r\u00e9habilitation chirurgicale et, par cons\u00e9quent, une orientation pr\u00e9coce vers un sp\u00e9cialiste ORL sont essentielles.<\/p>\n<p>La mucormycose rhinoc\u00e9r\u00e9brale se manifeste g\u00e9n\u00e9ralement chez des patients dont la glyc\u00e9mie est tr\u00e8s mal contr\u00f4l\u00e9e. Les moisissures de l&#8217;ordre des Mucorales affectent en premier lieu les sinus et peuvent se propager dans le cerveau via les os. Les douleurs\/sensations de pression p\u00e9riorbitaires et p\u00e9rinasales ainsi que le gonflement et la rougeur sont les sympt\u00f4mes pr\u00e9coces. Un scanner pour faire le bilan de l&#8217;infestation, un d\u00e9bridement chirurgical suivi d&#8217;un traitement antifongique adapt\u00e9 \u00e0 la r\u00e9sistance sont les principaux piliers de la prise en charge.<\/p>\n<p><strong>les infections des voies urinaires :<\/strong> Nous ne reviendrons pas ici sur le taux accru d&#8217;infections li\u00e9es aux nouveaux antidiab\u00e9tiques oraux (SGLT2). Je vous renvoie \u00e0 l&#8217;article de synth\u00e8se de Wiesli et al. dans le Swiss Medical Forum [9].<\/p>\n<p>Les diab\u00e9tiques ont un risque accru de bact\u00e9riurie et d&#8217;infections urinaires ascendantes associ\u00e9es. Le choix du traitement est le m\u00eame que pour les patients non diab\u00e9tiques, mais la dur\u00e9e doit \u00eatre adapt\u00e9e.<\/p>\n<p>Le traitement de la py\u00e9lon\u00e9phrite est \u00e9galement le m\u00eame, mais le seuil d&#8217;hospitalisation doit \u00eatre fix\u00e9 plus bas, car les complications sont plus fr\u00e9quentes.<\/p>\n<p>La py\u00e9lon\u00e9phrite emphys\u00e9mateuse est une infection r\u00e9nale tr\u00e8s rare, n\u00e9crosante et g\u00e9n\u00e9ratrice de gaz, caus\u00e9e par E. coli ou Klebsiella pneumoniae. La pr\u00e9sentation est identique \u00e0 celle d&#8217;une py\u00e9lon\u00e9phrite non compliqu\u00e9e et le diagnostic peut \u00eatre pos\u00e9 en cas de d\u00e9tection de gaz sur une radiographie conventionnelle ou un scanner ou une \u00e9chographie. Sur le plan th\u00e9rapeutique, il faut d&#8217;une part administrer des antibiotiques de mani\u00e8re empirique et, d&#8217;autre part, un d\u00e9bridement chirurgical pouvant aller jusqu&#8217;\u00e0 la n\u00e9phrectomie est g\u00e9n\u00e9ralement indiqu\u00e9.<\/p>\n<p><strong>les infections cutan\u00e9es :<\/strong> Celles-ci sont plus fr\u00e9quentes, car les diab\u00e9tiques dont la glyc\u00e9mie est mal contr\u00f4l\u00e9e depuis longtemps souffrent g\u00e9n\u00e9ralement de limitations sensorielles au niveau des pieds. La polyneuropathie limite les capacit\u00e9s sensorielles et donc la fonction de d\u00e9fense des pieds. En raison d&#8217;une art\u00e9riopathie oblit\u00e9rante, la gu\u00e9rison est retard\u00e9e. Nous ne parlerons pas ici du pied diab\u00e9tique, mais cette complication d\u00e9l\u00e9t\u00e8re est tr\u00e8s exemplaire du risque infectieux chez le diab\u00e9tique [10].<\/p>\n<p>La bullosis diabeticorum est une formation spontan\u00e9e de bulles non inflammatoires qui ne se produit que chez les personnes atteintes de diab\u00e8te. La gu\u00e9rison spontan\u00e9e est fr\u00e9quente, mais les cas de surinfection bact\u00e9rienne ne sont pas rares.<\/p>\n<p>Les infections des tissus mous (y compris les bact\u00e9ri\u00e9mies, selon leur gravit\u00e9) peuvent faire de toute plaie un d\u00e9fi complexe. Le choix de l&#8217;antibiotique doit \u00eatre discut\u00e9 avec un infectiologue. Les infections n\u00e9crosantes de la peau et des tissus sous-cutan\u00e9s sont g\u00e9n\u00e9ralement d&#8217;origine polymicrobienne. Les streptocoques, S. aureus, les ent\u00e9robact\u00e9ries et les ana\u00e9robies sont souvent d\u00e9tect\u00e9s. En cas d&#8217;infection grave, la prise en charge doit \u00eatre discut\u00e9e de mani\u00e8re interdisciplinaire.<\/p>\n<p><strong>Ost\u00e9omy\u00e9lite : <\/strong>Bien entendu, les infections de la peau et\/ou des tissus mous peuvent toujours entra\u00eener une infection de l&#8217;os sous-jacent. Une ost\u00e9omy\u00e9lite a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e dans jusqu&#8217;\u00e0 68% des cas d&#8217;ulc\u00e8res diab\u00e9tiques. L&#8217;IRM, et non la radiographie conventionnelle, doit \u00eatre utilis\u00e9e pour \u00e9tablir le diagnostic. En cas d&#8217;ost\u00e9omy\u00e9lite, une antibioth\u00e9rapie empirique sans pr\u00e9l\u00e8vement bact\u00e9riologique profond est contre-indiqu\u00e9e. La dur\u00e9e de l&#8217;antibioth\u00e9rapie adapt\u00e9e \u00e0 la r\u00e9sistance doit \u00eatre initialement de deux semaines par voie parent\u00e9rale ; g\u00e9n\u00e9ralement suivie de dix semaines de traitement par voie orale.<\/p>\n<p>L&#8217;infection sternale est \u00e9galement une complication redout\u00e9e de la sternotomie chez les diab\u00e9tiques. Dans une revue r\u00e9cente (2016) [11], des facteurs de risque pour ces infections sont postul\u00e9s : Sexe f\u00e9minin, diab\u00e8te sucr\u00e9, ob\u00e9sit\u00e9, greffons mammaires internes bilat\u00e9raux, r\u00e9op\u00e9ration, transfusion sanguine.<\/p>\n<h2 id=\"\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"-2\"><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8132 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/kasten2_hp12_s10.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1099;height:599px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1099\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/kasten2_hp12_s10.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/kasten2_hp12_s10-800x800.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/kasten2_hp12_s10-80x80.png 80w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/kasten2_hp12_s10-120x120.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/kasten2_hp12_s10-90x90.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/kasten2_hp12_s10-320x320.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/kasten2_hp12_s10-560x560.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/h2>\n<h2 id=\"-3\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"conclusion\">Conclusion<\/h2>\n<p>L&#8217;association entre le diab\u00e8te sucr\u00e9 et un mauvais contr\u00f4le de la glyc\u00e9mie avec la survenue fr\u00e9quente d&#8217;infections semble d\u00e9sormais se confirmer dans diverses \u00e9tudes r\u00e9cemment publi\u00e9es. Le risque est plus \u00e9lev\u00e9 lorsque le taux d&#8217;<sub>HbA1c<\/sub> est sup\u00e9rieur \u00e0 8,5%, mais m\u00eame en dessous, les infections et les complications infectieuses peuvent \u00eatre plus fr\u00e9quentes.<\/p>\n<p>Le vieillissement croissant de notre soci\u00e9t\u00e9 rend n\u00e9cessaire la r\u00e9alisation d&#8217;un plus grand nombre d&#8217;\u00e9tudes incluant des diab\u00e9tiques d&#8217;\u00e2ge avanc\u00e9. La &#8220;thin line&#8221; entre des objectifs d&#8217;<sub>HbA1c<\/sub> rel\u00e2ch\u00e9s (hypoglyc\u00e9mie) et des infections plus fr\u00e9quentes en cas de contr\u00f4le glyc\u00e9mique trop d\u00e9tendu doit \u00eatre examin\u00e9e dans d&#8217;autres \u00e9tudes prospectives.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><strong>Remerciements : <\/strong>Je remercie chaleureusement le Dr Adrian Schibli, FMH Infectiologie, Zurich, pour sa pr\u00e9cieuse et critique relecture du manuscrit.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Seshasai SR, et al : Diabetes mellitus, fasting glucose, and risk of cause-specific death. N Engl J Med 2011 ; 364 : 829-841.<\/li>\n<li>Ata A, et al : Hyperglyc\u00e9mie postop\u00e9ratoire et infection du site chirurgical chez les patients en chirurgie g\u00e9n\u00e9rale. Arch Surg 2010 ; 145(9) : 858.<\/li>\n<li>McMahon MM, Bistrian BR : D\u00e9fenses de l&#8217;h\u00f4te et susceptibilit\u00e9 \u00e0 l&#8217;infection chez les patients atteints de diab\u00e8te sucr\u00e9. Infect Dis Clin North Am 1995 ; 9(1) : 1-9.<\/li>\n<li>Hine JL, et al : Association between glycaemic control and common infections in people with Type 2 diabetes : a cohort study. Diabet Med 2016 Aug 22. doi : 10.1111\/dme.13205.  [Epub ahead of print]<\/li>\n<li>Tessier D : Contr\u00f4le optimal de la glyc\u00e9mie chez les personnes \u00e2g\u00e9es : o\u00f9 sont les preuves et qui doit \u00eatre cibl\u00e9 ? Aging Health 2011 ; 7 : 89-96.<\/li>\n<li>McGovern AP, et al : Risque d&#8217;infection chez les personnes \u00e2g\u00e9es avec un contr\u00f4le glyc\u00e9mique r\u00e9duit, Lancet Diabetes Endocrinol 2016 ; 4(4) : 303-304.<\/li>\n<li>Pearson-Stuttard J, et al : Diabetes and infection : assessing the association with glycaemic control in population-based studies. Lancet Diabetes Endocrinol 2016 ; 4(2) : 148-158.<\/li>\n<li>Stegenga ME, et al : L&#8217;hyperglyc\u00e9mie augmente la coagulation et r\u00e9duit la d\u00e9granulation des neutrophiles, tandis que l&#8217;hyperinsulin\u00e9mie inhibe la fibrinolyse pendant l&#8217;endotox\u00e9mie humaine. Blood 2008 ; 112 : 82-89.<\/li>\n<li>Wiesli P, et al : Diab\u00e8te et infections urog\u00e9nitales sous inhibiteurs du SGLT2. Forum Med Suisse 2016 ; 16(16) : 363-368.<\/li>\n<li>Bowling, FL et al : Preventing and treating foot complications associated with diabetes mellitus. Nat Rev Endocrinol 2015 ; 11 : 606-616.<\/li>\n<li>Balachandran S, et al : Risk Factors for Sternal Complications After Cardiac Operations : A Systematic Review. Ann Thorac Surg 2016 Aug 20.  [Epub ahead of print]<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2016 ; 11(12) : 8-11<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les infections les plus fr\u00e9quentes concernent la peau et l&#8217;appareil g\u00e9nito-urinaire. Les infections sont plus fr\u00e9quentes \u00e0 partir d&#8217;un taux d&#8217;HbA1c &gt;8,5%. Les inhibiteurs de SGLT2 sont efficaces dans le&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":62783,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"\u00c9pid\u00e9mologie et \u00e9tudes actuelles","footnotes":""},"category":[11345,11404,11527,11531,11428,11315,11549],"tags":[12708,36865,19179,16369],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-340531","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-contenu-des-partenaires","category-endocrinologie-et-diabetologie","category-etudes","category-formation-continue","category-infectiologie","category-medecine-interne-generale","category-rx-fr","tag-diabete-fr","tag-hba1c-fr","tag-sglt2-fr","tag-sucre","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-05-19 01:06:58","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":340540,"slug":"diabete-mellito-e-rischio-di-infezione-2016","post_title":"Diabete mellito e rischio di infezione 2016","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/diabete-mellito-e-rischio-di-infezione-2016\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":340544,"slug":"diabetes-mellitus-e-risco-de-infeccao-2016","post_title":"Diabetes mellitus e risco de infec\u00e7\u00e3o 2016","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/diabetes-mellitus-e-risco-de-infeccao-2016\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":340549,"slug":"diabetes-mellitus-y-riesgo-de-infeccion-2016","post_title":"Diabetes mellitus y riesgo de infecci\u00f3n 2016","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/diabetes-mellitus-y-riesgo-de-infeccion-2016\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/340531","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=340531"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/340531\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/62783"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=340531"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=340531"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=340531"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=340531"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}