{"id":340584,"date":"2016-12-20T09:39:56","date_gmt":"2016-12-20T08:39:56","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/peut-on-augmenter-lefficacite-de-la-radiotherapie-avec-des-medicaments\/"},"modified":"2016-12-20T09:39:56","modified_gmt":"2016-12-20T08:39:56","slug":"peut-on-augmenter-lefficacite-de-la-radiotherapie-avec-des-medicaments","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/peut-on-augmenter-lefficacite-de-la-radiotherapie-avec-des-medicaments\/","title":{"rendered":"Peut-on augmenter l&#8217;efficacit\u00e9 de la radioth\u00e9rapie avec des m\u00e9dicaments ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>La radiochimioth\u00e9rapie combin\u00e9e avec des cytotoxiques classiques et des inhibiteurs sp\u00e9cifiques de structures mol\u00e9culaires cibles \u00e9largit l&#8217;\u00e9ventail th\u00e9rapeutique et fait partie de la routine clinique pour de nombreuses entit\u00e9s tumorales. Les cytotoxiques classiques augmentent quantitativement et qualitativement les dommages caus\u00e9s \u00e0 l&#8217;ADN en combinaison avec les rayonnements ionisants ; des inhibiteurs sp\u00e9cifiques de structures mol\u00e9culaires cibles augmentent l&#8217;efficacit\u00e9 des dommages caus\u00e9s \u00e0 l&#8217;ADN par les rayonnements. Tant les cascades de signalisation sp\u00e9cifiques aux cellules tumorales que l&#8217;environnement tumoral (hypoxie, syst\u00e8me immunitaire) sont des cibles int\u00e9ressantes pour un traitement combin\u00e9 moderne.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>La radioth\u00e9rapie clinique a \u00e9volu\u00e9 au cours des 100 derni\u00e8res ann\u00e9es, passant d&#8217;une application exp\u00e9rimentale des rayons X \u00e0 une modalit\u00e9 th\u00e9rapeutique complexe, hautement technologique et largement appliqu\u00e9e. Les progr\u00e8s technologiques les plus importants qui ont marqu\u00e9 l&#8217;\u00e9volution de la radioth\u00e9rapie sont sans doute l&#8217;introduction du scanner et de l&#8217;IRM, qui permettent de localiser pr\u00e9cis\u00e9ment la tumeur en 3D, et le d\u00e9veloppement de la technologie des acc\u00e9l\u00e9rateurs lin\u00e9aires, qui permettent aujourd&#8217;hui d&#8217;irradier pr\u00e9cis\u00e9ment la tumeur proprement dite tout en r\u00e9duisant le volume d&#8217;irradiation et en pr\u00e9servant ainsi les tissus sains. Cette \u00e9volution a conduit \u00e0 la technologie IMRT (Intensity-Modulated Radiation Therapy) et \u00e0 la technologie SBRT (Stereotactic Body Radiation Therapy) utilis\u00e9es aujourd&#8217;hui en radioth\u00e9rapie clinique. Cependant, malgr\u00e9 ces progr\u00e8s techniques, une escalade de dose illimit\u00e9e sans autres toxicit\u00e9s majeures des tissus normaux ne sera gu\u00e8re possible \u00e0 l&#8217;avenir [1].<\/p>\n<h2 id=\"radiochimiotherapie-combinee\">Radiochimioth\u00e9rapie combin\u00e9e<\/h2>\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 ces avanc\u00e9es technologiques, d&#8217;\u00e9normes progr\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s dans la compr\u00e9hension biologique des effets des radiations, qui se manifestent aujourd&#8217;hui en clinique dans le domaine de la radiochimioth\u00e9rapie combin\u00e9e. Alors que la combinaison avec des agents chimioth\u00e9rapeutiques classiques a pour objectif d&#8217;augmenter les dommages \u00e0 l&#8217;ADN dans la cellule canc\u00e9reuse, les classes de substances modernes sont cens\u00e9es augmenter l&#8217;efficacit\u00e9 des dommages \u00e0 l&#8217;ADN induits par les radiations et le programme de stress dans la cellule tumorale et le milieu tumoral, ce qui conduit finalement \u00e0 la mort de la tumeur.<\/p>\n<p>Aujourd&#8217;hui, nous comprenons l&#8217;effet des radiations dans diff\u00e9rentes entit\u00e9s tumorales non seulement au niveau des l\u00e9sions de l&#8217;ADN, mais nous nous rendons compte que la diff\u00e9rence de radiosensibilit\u00e9 dans les tumeurs et dans les tissus normaux est due \u00e0 un r\u00e9seau complexe de cascades de signalisation intra- et intercellulaires. Ces connaissances ont conduit au d\u00e9veloppement de nouvelles strat\u00e9gies pour surmonter la radior\u00e9sistance intrins\u00e8que et acquise dans le cadre d&#8217;une radiochimioth\u00e9rapie combin\u00e9e avec des radiosensibilisateurs. Ces strat\u00e9gies comprennent \u00e0 la fois des substances de petite mol\u00e9cule qui inhibent sp\u00e9cifiquement les cascades de transmission de signaux contr\u00f4l\u00e9es par les oncog\u00e8nes et des modulateurs modernes des points de contr\u00f4le immunitaires dans le but d&#8217;\u00e9largir la port\u00e9e th\u00e9rapeutique dans le cadre d&#8217;une radiochimioth\u00e9rapie combin\u00e9e [2,3].<\/p>\n<p>Actuellement, plus de 50% des patients atteints d&#8217;une tumeur solide sont trait\u00e9s soit par radioth\u00e9rapie seule, soit dans le cadre d&#8217;un traitement combin\u00e9 avec la chirurgie et\/ou la chimioth\u00e9rapie. Actuellement, 40% des cancers qui peuvent \u00eatre gu\u00e9ris re\u00e7oivent \u00e9galement une radioth\u00e9rapie dans le cadre d&#8217;un traitement combin\u00e9.<\/p>\n<p>Le carcinome \u00e9pidermo\u00efde (avanc\u00e9) de la t\u00eate et du cou (Head and Neck Squamous Cell Carcinoma, HNSCC) ne concerne qu&#8217;une petite partie de tous les patients atteints de cancer, mais cette entit\u00e9 tumorale illustre tr\u00e8s bien le d\u00e9veloppement de la radiochimioth\u00e9rapie combin\u00e9e. Au niveau de la recherche pr\u00e9clinique, d&#8217;innombrables formes de combinaison de la radioth\u00e9rapie avec des inhibiteurs de petites mol\u00e9cules de diff\u00e9rentes structures cibles ont \u00e9t\u00e9 test\u00e9es au cours des 20 derni\u00e8res ann\u00e9es. Pourtant, jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, tr\u00e8s peu de strat\u00e9gies ont \u00e9t\u00e9 mises en \u0153uvre avec succ\u00e8s dans la clinique.<\/p>\n<h2 id=\"hypoxie-tumorale\">Hypoxie tumorale<\/h2>\n<p>Le manque d&#8217;oxyg\u00e8ne (hypoxie), principalement d\u00fb \u00e0 la vascularisation non structur\u00e9e de la tumeur, est l&#8217;un des plus grands m\u00e9canismes de radior\u00e9sistance dans le HNSCC. Une m\u00e9ta-analyse de 2011 bas\u00e9e sur des preuves de niveau 1a montre clairement que les strat\u00e9gies de modification de l&#8217;hypoxie les plus diverses (apport d&#8217;oxyg\u00e8ne hyperbare, respiration carbog\u00e8ne combin\u00e9e \u00e0 la nicotinamide et aux radiosensibilisateurs, etc.) entra\u00eenent une am\u00e9lioration de la survie sans progression et de la survie globale dans le cas du HNSCC [4]. Il est donc d&#8217;autant plus surprenant que de telles strat\u00e9gies de modification de l&#8217;hypoxie ne fassent pas partie de la routine clinique jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent &#8211; sauf au Danemark avec l&#8217;utilisation du nimorazole.<\/p>\n<p>Le nimorazole appartient \u00e0 la classe des oxyg\u00e9nomim\u00e9tiques (misonidazole, \u00e9tanidazole, pimonidazole), qui ont \u00e9t\u00e9 test\u00e9s cliniquement pendant des d\u00e9cennies en tant que prototypes de radiosensibilisateurs hypoxiques. Cependant, la plupart de ces d\u00e9riv\u00e9s de nitroimidazole entra\u00eenent une forte neurotoxicit\u00e9 \u00e0 des doses \u00e9lev\u00e9es et ne sont donc plus utilis\u00e9s en clinique que comme marqueurs diagnostiques de l&#8217;hypoxie tumorale. Le nimorazole semble toutefois faire son chemin dans la pratique clinique de routine, notamment gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;exp\u00e9rience acquise dans les essais cliniques avec les &#8220;prodrogues hypoxiques&#8221; (tirapazamine, \u00e9vofosfamide) [5,6]. Ces \u00e9tudes montrent qu&#8217;une caract\u00e9risation du statut d&#8217;hypoxie et une stratification correspondante devraient \u00eatre effectu\u00e9es en cas de radiochimioth\u00e9rapie combin\u00e9e avec des radiosensibilisateurs hypoxiques. En g\u00e9n\u00e9ral, il existe de grands efforts pour d\u00e9terminer de mani\u00e8re pr\u00e9dictive l&#8217;\u00e9tat d&#8217;hypoxie avant le d\u00e9but du traitement ainsi que la dynamique de l&#8217;hypoxie tumorale sous radioth\u00e9rapie au moyen de la TEP hypoxie (par exemple avec du misonidazole marqu\u00e9 au F18). Parall\u00e8lement, une signature dite d&#8217;expression de 15 g\u00e8nes a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e pour la classification de l&#8217;hypoxie. Cette signature caract\u00e9rise les tumeurs comme \u00e9tant plus ou moins hypoxiques et compl\u00e8tera la d\u00e9termination directe traditionnelle de la pression partielle d&#8217;oxyg\u00e8ne dans la tumeur en termes de caract\u00e9risation de l&#8217;hypoxie. Ainsi, une \u00e9tude prospective multicentrique EORTC de phase III (EORTC-1219) \u00e9value actuellement l&#8217;effet du nimorazole en association avec une radiochimioth\u00e9rapie \u00e0 base de cisplatine dans le HNSCC localement avanc\u00e9 et n\u00e9gatif pour le VPH\/p16. Il s&#8217;agit \u00e9galement de d\u00e9terminer si cette signature de 15 g\u00e8nes peut \u00eatre utilis\u00e9e comme classificateur pr\u00e9dictif. Une autre grande \u00e9tude de phase III sur le nimorazole (DAHANCA30) est en pr\u00e9paration.<\/p>\n<h2 id=\"le-recepteur-de-legf-comme-cible-therapeutique\">Le r\u00e9cepteur de l&#8217;EGF comme cible th\u00e9rapeutique<\/h2>\n<p>Diff\u00e9rentes \u00e9tudes randomis\u00e9es ainsi que la routine clinique montrent depuis plus de 15 ans que l&#8217;administration simultan\u00e9e de cisplatine en combinaison avec la radioth\u00e9rapie augmente \u00e0 la fois le temps sans progression et la survie globale par rapport \u00e0 la radioth\u00e9rapie seule. D&#8217;un point de vue m\u00e9canique, cet effet est principalement bas\u00e9 sur la modification combin\u00e9e de l&#8217;ADN par le cisplatine et les radicaux r\u00e9actifs de l&#8217;oxyg\u00e8ne g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les radiations, qui, ensemble, entra\u00eenent des dommages complexes de l&#8217;ADN. Mais en m\u00eame temps, cette combinaison entra\u00eene des effets secondaires aigus et chroniques importants [7]. Cela a stimul\u00e9 une recherche intensive sur les traitements alternatifs, qui a abouti \u00e0 la combinaison de la radioth\u00e9rapie avec l&#8217;anticorps monoclonal sp\u00e9cifique de l&#8217;EGFR, le c\u00e9tuximab (<sup>Erbitux\u00ae<\/sup>).<\/p>\n<p>La surexpression de l&#8217;EGFR (epidermal growth factor receptor) est un facteur pronostique fort et ind\u00e9pendant dans le HNSCC. Le c\u00e9tuximab se lie avec une grande affinit\u00e9 \u00e0 son domaine extracellulaire, bloquant ainsi la liaison des ligands activant les r\u00e9cepteurs. Le c\u00e9tuximab en association avec la radioth\u00e9rapie a \u00e9t\u00e9 test\u00e9 cliniquement dans la c\u00e9l\u00e8bre \u00e9tude de Bonn par rapport \u00e0 la radioth\u00e9rapie seule et s&#8217;est distingu\u00e9 par une am\u00e9lioration de la survie sans progression et de la survie globale (49 contre 29 mois) ainsi que par une forte diminution de la toxicit\u00e9 des tissus normaux [8].<\/p>\n<p>Une comparaison directe des deux formes d&#8217;association (cisplatine\/radioth\u00e9rapie vs cetuximab\/radioth\u00e9rapie) n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 document\u00e9e \u00e0 ce jour. Dans l&#8217;optique d&#8217;une d\u00e9sescalade du traitement, trois \u00e9tudes randomis\u00e9es de phase III \u00e9valuent actuellement la valeur de la radioth\u00e9rapie\/c\u00e9tuximab par rapport \u00e0 la radioth\u00e9rapie\/cisplatine dans les cancers oropharyng\u00e9s HPV\/p16 positifs (RTOG 1016, De-ESCALaTE, TROG-12.01) <strong>(tableau&nbsp;1). <\/strong>En partie \u00e0 cause du nombre \u00e9crasant d&#8217;\u00e9tudes sur le cisplatine\/radioth\u00e9rapie &#8211; par rapport aux \u00e9tudes sur l&#8217;association cetuximab\/radioth\u00e9rapie &#8211; le cisplatine reste le traitement de r\u00e9f\u00e9rence en association avec la radioth\u00e9rapie. Le cetuximab\/radioth\u00e9rapie est aujourd&#8217;hui principalement utilis\u00e9 chez les patients atteints de HNSCC dans des situations \u00e0 haut risque, par exemple en cas d&#8217;intol\u00e9rance au cisplatine ou de mauvais \u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral. Il est int\u00e9ressant de noter que la triple combinaison cetuximab\/cisplatine\/radioth\u00e9rapie n&#8217;a pas apport\u00e9 d&#8217;am\u00e9lioration en termes de survie sans progression ou de survie globale dans un essai randomis\u00e9 [9].<\/p>\n<p>M\u00eame si plusieurs aspects de l&#8217;\u00e9tude de Bonn ont \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9s par le pass\u00e9, elle repr\u00e9sente une \u00e9tape importante dans le d\u00e9veloppement de la radiochimioth\u00e9rapie combin\u00e9e. Au niveau pr\u00e9clinique et clinique, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 pour la premi\u00e8re fois que l&#8217;inhibition d&#8217;une structure cible strictement d\u00e9finie sur le plan mol\u00e9culaire (EGFR) dans la cellule tumorale entra\u00eene une radiosensibilisation. L&#8217;\u00e9tude des m\u00e9canismes d&#8217;action de cette forme combin\u00e9e a \u00e9galement montr\u00e9 que les m\u00e9canismes de r\u00e9sistance \u00e0 la radioth\u00e9rapie classiques et cliniquement pertinents sont surmont\u00e9s (repopulation de la tumeur, capacit\u00e9 de r\u00e9paration intrins\u00e8que, seuil d&#8217;apoptose \u00e9lev\u00e9). Il est int\u00e9ressant de noter que le cetuximab peut m\u00eame contr\u00f4ler des processus immunomodulateurs qui influencent \u00e9galement la r\u00e9ponse globale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-8117\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/tab1_14_0.jpg\" style=\"height:338px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"619\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/tab1_14_0.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/tab1_14_0-800x450.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/tab1_14_0-120x68.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/tab1_14_0-90x51.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/tab1_14_0-320x180.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/tab1_14_0-560x315.jpg 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"immunotherapie\">Immunoth\u00e9rapie<\/h2>\n<p>Une recherche pr\u00e9clinique et clinique intensive se concentre aujourd&#8217;hui sur les processus immunologiques pertinents pour la radioth\u00e9rapie. La radioth\u00e9rapie a longtemps \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme un traitement immunosuppresseur, les cellules h\u00e9matopo\u00ef\u00e9tiques \u00e9tant particuli\u00e8rement sensibles aux radiations. N\u00e9anmoins, il s&#8217;av\u00e8re que l&#8217;irradiation de la tumeur a \u00e9galement un effet immunostimulant.<\/p>\n<p>Dans la tumeur, les radiations ionisantes entra\u00eenent l&#8217;activation des cellules tueuses naturelles, l&#8217;infiltration des lymphocytes T CD8 positifs, une pr\u00e9sentation accrue des antig\u00e8nes dans les cellules dendritiques et la production de cytokines immunostimulantes. Cependant, nous ne comprenons que de mani\u00e8re rudimentaire ces processus induits par les radiations [10]. Par exemple, nous observons des sch\u00e9mas de r\u00e9action totalement diff\u00e9rents apr\u00e8s une irradiation fractionn\u00e9e \u00e0 dose profonde et une irradiation \u00e0 dose unique \u00e9lev\u00e9e, ce qui rend la recherche translationnelle en radiobiologie tr\u00e8s attrayante.<\/p>\n<p>L&#8217;accent est mis sur l&#8217;\u00e9tude de la mort cellulaire immunog\u00e8ne induite par les radiations ou sur l&#8217;activation de l&#8217;effet dit &#8220;abskopal&#8221; par la radioth\u00e9rapie. On entend par l\u00e0 un effet syst\u00e9mique de l&#8217;irradiation sur le tissu tumoral dans des endroits non irradi\u00e9s, m\u00e9di\u00e9 par des processus immunologiques. Il y a un grand int\u00e9r\u00eat \u00e0 renforcer l&#8217;effet abscopique, rare en clinique, dans le cadre d&#8217;une radiochimioth\u00e9rapie combin\u00e9e avec des immunomodulateurs. Des protocoles de radiochimioth\u00e9rapie combin\u00e9s \u00e9quivalents avec des inhibiteurs de points de contr\u00f4le immunitaires existent \u00e9galement pour le HNSCC. Cependant, de nombreux points d&#8217;interrogation subsistent \u00e0 l&#8217;heure actuelle et aucune \u00e9tude clinique concluante n&#8217;a encore \u00e9t\u00e9 men\u00e9e \u00e0 bien dans ce domaine d&#8217;application prometteur.<\/p>\n<p>Plusieurs \u00e9tudes de phase I\/II sur la radiochimioth\u00e9rapie combin\u00e9e \u00e0 l&#8217;immunoth\u00e9rapie chez des patients atteints de HNSCC sont actuellement enregistr\u00e9es sur le site web du NCI (https:\/\/clinicaltrials.gov) et des \u00e9tudes randomis\u00e9es de phase III sont en pr\u00e9paration.<\/p>\n<h2 id=\"conclusion\">Conclusion<\/h2>\n<p>La radioth\u00e9rapie moderne est une forme de th\u00e9rapie anticanc\u00e9reuse de haute technologie dans laquelle chaque patient re\u00e7oit un plan de traitement individuel, bas\u00e9 sur les param\u00e8tres cliniques (y compris l&#8217;identit\u00e9, le volume et la localisation de la tumeur). Les agents chimioth\u00e9rapeutiques classiques augmentent alors l&#8217;efficacit\u00e9 de la radioth\u00e9rapie. Dans le cadre d&#8217;une &#8220;m\u00e9decine personnalis\u00e9e&#8221;, des substances sp\u00e9cifiques d\u00e9finies au niveau mol\u00e9culaire permettent d&#8217;am\u00e9liorer encore l&#8217;\u00e9tendue th\u00e9rapeutique de cette forme de th\u00e9rapie individualis\u00e9e. Il s&#8217;agit de surmonter le profil de radior\u00e9sistance bas\u00e9 sur le bagage g\u00e9n\u00e9tique individuel de la tumeur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Baumann M, et al : Radiation oncology in the era of precision medicine. Nat Rev Cancer 2016 ; 16(4) : 234-249.<\/li>\n<li>Begg AC, et al : Strategies to improve radiotherapy with targeted drugs. Nat Rev Cancer 2011 ; 11(4) : 239-253.<\/li>\n<li>Morris ZS, et al : Interaction de la radioth\u00e9rapie avec des agents mol\u00e9culaires cibl\u00e9s. J Clin Oncol 2014 ; 32(26) : 2886-2893.<\/li>\n<li>Overgaard J : Modification hypoxique de la radioth\u00e9rapie dans le carcinome spinocellulaire de la t\u00eate et du cou &#8211; une revue syst\u00e9matique et une m\u00e9ta-analyse. Radiother Oncol 2011 ; 100(1) : 22-32.<\/li>\n<li>Ahn GO, et al : Cibler les tumeurs avec des cytotoxines activ\u00e9es par l&#8217;hypoxie. Front Biosci 2007 ; 12 : 3483-3501.<\/li>\n<li>Brown JM, et al : Exploiter l&#8217;hypoxie tumorale dans le traitement du cancer. Nat Rev Cancer 2004 ; 4(6) : 437-447.<\/li>\n<li>Pignon JP, et al : Meta-analysis of chemotherapy in head and neck cancer (MACH-NC) : an update on 93 randomised trials and 17,346 patients. Radiother Oncol 2009 ; 92(1) : 4-14.<\/li>\n<li>Bonner JA, et al : Radioth\u00e9rapie plus cetuximab pour les cancers de la t\u00eate et du cou locor\u00e9gionalement avanc\u00e9s : donn\u00e9es de survie \u00e0 5 ans issues d&#8217;un essai randomis\u00e9 de phase 3, et relation entre l&#8217;\u00e9ruption cutan\u00e9e induite par le cetuximab et la survie. Lancet Oncol 2010 ; 11(1) : 21-28.<\/li>\n<li>Ang KK, et al : Essai randomis\u00e9 de phase III de radioth\u00e9rapie acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e concomitante plus cisplatine avec ou sans cetuximab pour les carcinomes de la t\u00eate et du cou de stade III \u00e0 IV : RTOG 0522. J Clin Oncol 2014 ; 32(27) : 2940-2950.<\/li>\n<li>Salama AK, et al : Irradiation et immunoth\u00e9rapie : du concept \u00e0 la clinique. 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