{"id":340785,"date":"2016-10-16T02:00:00","date_gmt":"2016-10-16T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/nouveautes-dans-le-diagnostic-et-le-traitement-de-larterite-a-cellules-geantes\/"},"modified":"2016-10-16T02:00:00","modified_gmt":"2016-10-16T00:00:00","slug":"nouveautes-dans-le-diagnostic-et-le-traitement-de-larterite-a-cellules-geantes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/nouveautes-dans-le-diagnostic-et-le-traitement-de-larterite-a-cellules-geantes\/","title":{"rendered":"Nouveaut\u00e9s dans le diagnostic et le traitement de l&#8217;art\u00e9rite \u00e0 cellules g\u00e9antes"},"content":{"rendered":"<p><strong>En cas de suspicion d&#8217;art\u00e9rite \u00e0 cellules g\u00e9antes, il convient de proc\u00e9der imm\u00e9diatement \u00e0 un examen plus approfondi et \u00e0 un traitement. Les sympt\u00f4mes typiques tels que les maux de t\u00eate ou les douleurs \u00e0 la m\u00e2choire et les troubles de la vision peuvent \u00eatre absents. Le RZA oligosymptomatique peut \u00eatre diagnostiqu\u00e9 par imagerie. La biopsie de l&#8217;art\u00e8re temporale est l&#8217;\u00e9talon-or du diagnostic. Le tocilizumab (Actemra), un antagoniste des r\u00e9cepteurs de l&#8217;IL-6, est tr\u00e8s efficace dans le traitement des patients r\u00e9fractaires aux st\u00e9ro\u00efdes et sera utilis\u00e9 plus fr\u00e9quemment \u00e0 l&#8217;avenir &#8211; et vraisemblablement en traitement de premi\u00e8re intention.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Historiquement, nous entendons par art\u00e9rite \u00e0 cellules g\u00e9antes (ACG) la maladie de Horton ou art\u00e9rite temporale, c&#8217;est-\u00e0-dire une inflammation auto-immune de l&#8217;art\u00e8re temporale. Des sympt\u00f4mes cr\u00e2niens peuvent appara\u00eetre, tels que des maux de t\u00eate et des douleurs \u00e0 la m\u00e2choire, des troubles de la vision comme la neuropathie optique isch\u00e9mique ant\u00e9rieure (AION) ou encore un accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral, accompagn\u00e9 d&#8217;une r\u00e9action inflammatoire syst\u00e9mique. Cela correspond \u00e9galement aux crit\u00e8res de classification de la Soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine de rhumatologie (ACR) \u00e9tablis il y a plus de 25 ans pour la RZA : \u00e2ge &gt;50 ans, c\u00e9phal\u00e9es d&#8217;apparition r\u00e9cente, BSG &gt;40 mm\/1h, art\u00e8re temporale anormale (absence de pouls, art\u00e8re durcie) et mise en \u00e9vidence d&#8217;une inflammation transmurale dans la biopsie de l&#8217;art\u00e8re temporale. Il convient de noter que ces crit\u00e8res sont destin\u00e9s \u00e0 la classification des patients \u00e0 des fins d&#8217;\u00e9tude et non \u00e0 des fins de diagnostic.<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-7777\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/kasten_faelle_hp9.png\" style=\"height:867px; width:600px\" width=\"871\" height=\"1259\"><\/p>\n<p>\nLe cas 1 est un patient typique. En outre, ces patients peuvent pr\u00e9senter d&#8217;autres sympt\u00f4mes isch\u00e9miques tels que des douleurs \u00e0 la mastication, une sensibilit\u00e9 du cuir chevelu, des troubles visuels (vision brumeuse, vision double). Une polymyalgie rhumatismale (PMR) concomitante et\/ou des sympt\u00f4mes g\u00e9n\u00e9raux sont possibles.<\/p>\n<p>Cependant, avec le d\u00e9veloppement et la disponibilit\u00e9 plus large de m\u00e9thodes de diagnostic telles que l&#8217;\u00e9chographie, l&#8217;IRM et le PET-CT, nous enregistrons de plus en plus de patients pr\u00e9sentant une vascularite des gros vaisseaux sans implication de l&#8217;art\u00e8re temporale et sans sympt\u00f4mes cr\u00e2niens. Le spectre des maladies diagnostiqu\u00e9es s&#8217;\u00e9largit donc. Comme illustr\u00e9 dans le cas 2, la pr\u00e9sentation clinique peut varier consid\u00e9rablement. En particulier, les crit\u00e8res ACR mentionn\u00e9s sont insuffisamment ou pas du tout remplis par nombre de ces patients.<\/p>\n<h2 id=\"examen-de-larterite-temporale-classique\">Examen de l&#8217;art\u00e9rite temporale &#8220;classique<\/h2>\n<p>Si un patient se pr\u00e9sente \u00e0 votre cabinet comme le cas&nbsp;1, le diagnostic de RZA est \u00e9vident. Un traitement rapide avec de fortes doses de cortisone pour pr\u00e9venir une perte de vision irr\u00e9versible ou un accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral est critique dans cette situation. Si le patient y r\u00e9pond rapidement et bien, on est souvent tent\u00e9 de renoncer \u00e0 d&#8217;autres diagnostics. Bien que cela puisse \u00eatre possible sans probl\u00e8me dans certains cas, il est recommand\u00e9 de chercher \u00e0 \u00e9tablir un diagnostic d\u00e9finitif pour plusieurs raisons.<\/p>\n<p><strong>Sp\u00e9cificit\u00e9 insuffisante de nombreux sympt\u00f4mes de RZA :<\/strong> L&#8217;exemple volontiers cit\u00e9 du patient gripp\u00e9 de 70 ans montre que des myalgies, des c\u00e9phal\u00e9es et\/ou une r\u00e9action inflammatoire ne constituent pas une vascularite. De m\u00eame, l&#8217;excellente r\u00e9ponse des sympt\u00f4mes \u00e0 un traitement \u00e0 la cortisone est suggestive, mais pas sp\u00e9cifique d&#8217;une RZA. La PMR, qui partage de nombreux sympt\u00f4mes avec la RZA, ou d&#8217;autres maladies inflammatoires syst\u00e9miques, r\u00e9pondent \u00e9galement \u00e0 des doses plus \u00e9lev\u00e9es de prednisone. Les incertitudes quant au diagnostic d\u00e9finitif ou \u00e0 la marche \u00e0 suivre ne sont alors pas rares. Souvent, le diagnostic est malheureusement infructueux \u00e0 ce stade, car les patients sont d\u00e9j\u00e0 sous traitement de prednisone depuis longtemps, ce qui rend l&#8217;interpr\u00e9tation des examens difficile, voire impossible.<\/p>\n<p>D&#8217;autre part, nous devons \u00e9viter les traitements inutilement longs et intensifs \u00e0 la cortisone. En fin de compte, l&#8217;exclusion des diagnostics diff\u00e9rentiels possibles <strong>(tab.&nbsp;1) <\/strong>peut \u00eatre co\u00fbteuse et ne pas \u00eatre justifi\u00e9e dans tous les cas.<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7778 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/tab1_hp9_s23.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1074;height:781px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"1074\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>\nEn raison de la n\u00e9cessit\u00e9 de commencer rapidement le traitement en cas de sympt\u00f4mes cr\u00e2niens, le reste du diagnostic devrait \u00e9galement \u00eatre effectu\u00e9 id\u00e9alement dans les 24&nbsp;heures, car la sensibilit\u00e9 des m\u00e9thodes de test diminue consid\u00e9rablement apr\u00e8s quelques jours de traitement. Dans les h\u00f4pitaux centraux, des cliniques dites &#8220;fast-track&#8221; s&#8217;\u00e9tablissent de plus en plus, auxquelles les prestataires de soins primaires peuvent envoyer les patients en urgence pour un diagnostic rapide en cas de suspicion.<\/p>\n<p><strong>\u00c9chographie :<\/strong> une \u00e9chographie de l&#8217;art\u00e8re temporale est souvent r\u00e9alis\u00e9e. Celle-ci a une tr\u00e8s bonne sensibilit\u00e9 (88%) et sp\u00e9cificit\u00e9 (97%) pour le diagnostic d&#8217;art\u00e9rite des art\u00e8res temporales [1]. De plus, les carotides et les art\u00e8res axillaires peuvent \u00eatre visualis\u00e9es au cours de la m\u00eame s\u00e9ance, ce qui augmente la sensibilit\u00e9. La d\u00e9tection positive d&#8217;une vascularite par \u00e9chographie Doppler repose g\u00e9n\u00e9ralement sur la mise en \u00e9vidence d&#8217;un \u00e9paississement hypo\u00e9chog\u00e8ne de la paroi vasculaire, par opposition aux modifications focales hyper\u00e9chog\u00e8nes observ\u00e9es dans l&#8217;ath\u00e9roscl\u00e9rose.  <strong>(Fig.&nbsp;1A, B).<\/strong>  Les nouveaux d\u00e9veloppements techniques des appareils de TEP, de scanner et d&#8217;IRM permettent d\u00e9sormais de visualiser les art\u00e8res temporales, ce qui peut constituer un outil de diagnostic suppl\u00e9mentaire.<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7779 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/abb1_hp9_s24.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1592;height:1158px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"1592\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>\n<strong>Confirmation positive du diagnostic :<\/strong> la confirmation positive du diagnostic par histologie fournit la preuve de la pr\u00e9sence d&#8217;un RZA. Celle-ci montre une infiltration de lymphocytes et de macrophages qui parcourent toute la paroi vasculaire <strong>(Fig.&nbsp;1C).<\/strong> La pr\u00e9sence de cellules g\u00e9antes, des macrophages multinucl\u00e9\u00e9s fusionn\u00e9s, est pathognomonique <strong>(fig.&nbsp;1D).<\/strong> Ces cellules sont cependant absentes chez pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des patients. D&#8217;autres signes peuvent \u00eatre un \u00e9paississement de l&#8217;intima avec r\u00e9tr\u00e9cissement de la lumi\u00e8re vasculaire, une fragmentation de la lamina elastica interna ou une inflammation dans l&#8217;adventice. Ces derniers r\u00e9sultats ne sont toutefois en faveur d&#8217;une RZA que si un infiltrat inflammatoire est \u00e9galement mis en \u00e9vidence. Lorsqu&#8217;elles se produisent sans inflammation, elles peuvent \u00e9galement \u00eatre d\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives en raison de l&#8217;\u00e2ge. Il convient \u00e9galement de noter qu&#8217;apr\u00e8s 7 \u00e0 14 jours de traitement par la prednisone, l&#8217;infiltrat inflammatoire dispara\u00eet, ce qui entra\u00eene une biopsie &#8220;faussement n\u00e9gative&#8221;. Il convient de noter qu&#8217;une biopsie n\u00e9gative avec une clinique typique n&#8217;exclut jamais le diagnostic, car la biopsie peut \u00eatre n\u00e9gative chez jusqu&#8217;\u00e0 40% des patients. Comme il s&#8217;agit toujours d&#8217;une intervention invasive (bien que mineure), on s&#8217;efforce d&#8217;\u00e9tablir d&#8217;autres algorithmes de diagnostic qui rendent la biopsie superflue dans certains sc\u00e9narios cliniques<strong> (Fig. 2).<\/strong><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"\"><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7780 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/abb2_hp9_s25.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/714;height:519px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"714\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/h2>\n<h2 id=\"le-rza-oligosymptomatique-un-diagnostic-differentiel-important\">\nLe RZA oligosymptomatique &#8211; un diagnostic diff\u00e9rentiel important<\/h2>\n<p>De plus en plus souvent, le diagnostic de RZA est pos\u00e9 chez des patients pr\u00e9sentant une inflammation syst\u00e9mique au premier plan, souvent apr\u00e8s de longues investigations. L&#8217;imagerie est alors souvent d\u00e9terminante pour le diagnostic de ces patients. Une imagerie r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 la recherche d&#8217;une tumeur\/d&#8217;une infection ou m\u00eame intentionnellement \u00e0 la recherche d&#8217;une ACR r\u00e9v\u00e8le alors des modifications correspondantes de l&#8217;aorte et de ses branches, qui permettent de suspecter le diagnostic <strong>(Fig. 2).<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7781 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/abb3_hp9_s25.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/963;height:700px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"963\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>\nIl faut penser au RZA chez les patients \u00e2g\u00e9s, avec une inflammation syst\u00e9mique et l&#8217;absence de signes \u00e9vidents d&#8217;infection ou de malignit\u00e9 [2]. M\u00eame si ces derniers ne se plaignent pas de maux de t\u00eate, de perte d&#8217;acuit\u00e9 visuelle ou de douleurs \u00e0 la mastication (voir l&#8217;exemple de cas 2). L\u00e0 encore, une biopsie de l&#8217;art\u00e8re temporale peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e. Dans le cas positif, le diagnostic est confirm\u00e9, dans le cas n\u00e9gatif, il n&#8217;est pas exclu, car en l&#8217;absence de &#8220;symptomatologie cr\u00e2nienne&#8221;, les art\u00e8res temporales ne sont pas n\u00e9cessairement enflamm\u00e9es. C&#8217;est pourquoi on parle aussi de vascularite des gros vaisseaux. Diff\u00e9rentes techniques d&#8217;imagerie (IRM, TEP, scanner) sont capables de visualiser l&#8217;inflammation de la paroi vasculaire. Ils peuvent se pr\u00e9senter sous la forme d&#8217;un \u00e9paississement de la paroi (\u00e9chographie), avec par exemple une prise de contraste au scanner. Le PET repr\u00e9sente &#8211; via un traceur de m\u00e9decine nucl\u00e9aire &#8211; l&#8217;absorption du glucose dans les tissus. L&#8217;inflammation a besoin de plus de glucose, c&#8217;est pourquoi une paroi vasculaire enflamm\u00e9e s&#8217;allume sur le PET <strong>(Fig.&nbsp;3). <\/strong>Comme la repr\u00e9sentation est bas\u00e9e sur l&#8217;activit\u00e9 m\u00e9tabolique, l&#8217;examen TEP est probablement proche d&#8217;une v\u00e9ritable d\u00e9termination de l&#8217;activit\u00e9. Ceci contrairement au scanner, \u00e0 l&#8217;IRM et \u00e0 l&#8217;\u00e9chographie, o\u00f9 les changements chroniques post-inflammatoires sont parfois difficiles \u00e0 distinguer de l&#8217;inflammation active.<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7782 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/tab2-hp9_s24.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/415;height:302px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"415\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>\nL&#8217;un des avantages de l&#8217;imagerie des gros vaisseaux est qu&#8217;elle permet de visualiser simultan\u00e9ment d&#8217;\u00e9ventuelles complications vasculaires pr\u00e9existantes, telles que des st\u00e9noses ou des an\u00e9vrismes. Comme le RZA est associ\u00e9 \u00e0 un risque nettement accru de telles complications vasculaires, il est g\u00e9n\u00e9ralement recommand\u00e9 de proc\u00e9der \u00e0 une imagerie initiale des gros vaisseaux chez tous les patients atteints de RZA <strong>(tab.&nbsp;2).<\/strong> L\u00e0 encore, un traitement est indispensable, car ces patients peuvent tout \u00e0 fait d\u00e9velopper des complications isch\u00e9miques ou an\u00e9vrismales\/st\u00e9notiques au cours de l&#8217;\u00e9volution. Une proposition d&#8217;\u00e9tapes d&#8217;\u00e9valuation diagnostique en cas d&#8217;art\u00e9rite \u00e0 cellules g\u00e9antes est pr\u00e9sent\u00e9e dans la <strong>figure&nbsp;2<\/strong>.<\/p>\n<h2 id=\"traitement-a-la-prednisone-a-haute-dose-et-de-longue-duree\">Traitement \u00e0 la prednisone \u00e0 haute dose et de longue dur\u00e9e<\/h2>\n<p>Les st\u00e9ro\u00efdes sont toujours la base du traitement. La dose habituellement utilis\u00e9e est de 1&nbsp;mg\/kg PC, un maximum de 60 mg\/jour \u00e9tant recommand\u00e9 [1]. Les exceptions sont les \u00e9v\u00e9nements isch\u00e9miques graves. Il s&#8217;agit notamment de troubles de la vision\/c\u00e9cit\u00e9 ou d&#8217;un accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral. Dans ce cas, des doses plus \u00e9lev\u00e9es sont utilis\u00e9es initialement sous la forme d&#8217;une th\u00e9rapie de choc afin d&#8217;\u00e9viter de nouvelles isch\u00e9mies.<\/p>\n<p>La dose de st\u00e9ro\u00efdes doit \u00eatre r\u00e9duite au fil du temps, l&#8217;objectif \u00e9tant d&#8217;atteindre 5&nbsp;mg vers 6 mois [1]. Pendant cette phase, la clinique et les param\u00e8tres inflammatoires doivent \u00eatre r\u00e9guli\u00e8rement contr\u00f4l\u00e9s. En cas d&#8217;indication de r\u00e9cidive, la dose doit \u00eatre ajust\u00e9e en cons\u00e9quence. Plus de la moiti\u00e9 des patients pr\u00e9sentent une ou plusieurs rechutes [3]. C&#8217;est pourquoi un traitement de pr\u00e9servation des st\u00e9ro\u00efdes est g\u00e9n\u00e9ralement suivi \u00e0 titre pr\u00e9ventif. Il existe peu de donn\u00e9es concernant la meilleure dur\u00e9e et la meilleure dose de ce traitement. En particulier, il n&#8217;existe pas \u00e0 ce jour de facteurs pr\u00e9dictifs permettant d&#8217;identifier les patients pr\u00e9sentant un risque plus \u00e9lev\u00e9 de rechute. Le plus souvent, le traitement se fait avec 5(-7,5)&nbsp;mg de prednisone pendant une ann\u00e9e suppl\u00e9mentaire \u00e0 18 mois maximum [1,4].<\/p>\n<p>Le revers de la m\u00e9daille du contr\u00f4le de la maladie, ce sont les effets secondaires des st\u00e9ro\u00efdes. Ceux-ci sont extr\u00eamement fr\u00e9quents en raison de l&#8217;\u00e2ge et des comorbidit\u00e9s, de sorte que presque tous les patients d\u00e9veloppent au moins un probl\u00e8me. Parmi eux, les plus fr\u00e9quents sont la cataracte, les fractures et les infections (31%). De plus, une hypertension (22%) ou un diab\u00e8te sucr\u00e9 (9%) sont souvent pr\u00e9sents [5].<\/p>\n<p>Outre le traitement immunosuppresseur et le contr\u00f4le des effets secondaires, plusieurs autres mesures prophylactiques sont recommand\u00e9es [1]. Il est probable que les patients pr\u00e9sentent moins d&#8217;\u00e9v\u00e9nements isch\u00e9miques sous acide ac\u00e9tylsalicylique (ASA), raison pour laquelle l&#8217;EULAR recommande un traitement ASA \u00e0 faible dose (75-150&nbsp;mg\/jour). En cas d&#8217;association ASA et cortisone, un inhibiteur de la pompe \u00e0 protons doit \u00eatre prescrit. En outre, tous les patients doivent recevoir une prophylaxie de l&#8217;ost\u00e9oporose et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, un traitement. En cons\u00e9quence, nous effectuons syst\u00e9matiquement une \u00e9valuation des risques et une ost\u00e9odensitom\u00e9trie au d\u00e9but du traitement.<\/p>\n<h2 id=\"evolution-refractaire-et-traitement-des-recidives\">Evolution r\u00e9fractaire et traitement des r\u00e9cidives<\/h2>\n<p>Une r\u00e9cidive est souvent suivie d&#8217;une deuxi\u00e8me. Des augmentations r\u00e9p\u00e9t\u00e9es de la cortisone conduisent alors \u00e0 des doses cumulatives \u00e9lev\u00e9es qui potentialisent les effets secondaires et peuvent compromettre le syst\u00e8me immunitaire \u00e0 long terme.<\/p>\n<p>Dans une m\u00e9ta-analyse d&#8217;essais randomis\u00e9s, seul le m\u00e9totrexate s&#8217;est jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00eatre un m\u00e9dicament \u00e0 faible \u00e9pargne st\u00e9ro\u00efdienne. Parmi les traitements alternatifs, le tocilizumab (antagoniste des r\u00e9cepteurs IL6 Actemra\u00ae) s&#8217;est impos\u00e9 au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es. Des am\u00e9liorations \u00e9tonnantes et rapides ont \u00e9t\u00e9 constat\u00e9es chez des patients r\u00e9fractaires [6]. L&#8217;IL-6 \u00e9tant \u00e9galement le principal stimulus de la production de prot\u00e9ines de phase aigu\u00eb dans le foie, le blocage de l&#8217;IL-6 entra\u00eene une normalisation rapide de la CRP et de la BSG.<\/p>\n<h2 id=\"le-blocage-de-lil6-marque-t-il-le-debut-dune-nouvelle-ere\">Le blocage de l&#8217;IL6 marque-t-il le d\u00e9but d&#8217;une nouvelle \u00e8re ?<\/h2>\n<p>Il existe d\u00e9sormais des donn\u00e9es sur l&#8217;utilisation du tocilizumab en traitement de premi\u00e8re intention. Une \u00e9tude randomis\u00e9e contr\u00f4l\u00e9e men\u00e9e \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital universitaire de Berne a montr\u00e9 que les patients ayant re\u00e7u du tocilizumab en premi\u00e8re intention n&#8217;ont pratiquement pas eu de r\u00e9cidives malgr\u00e9 une r\u00e9duction relativement rapide du traitement \u00e0 la prednisone, avec un effet d&#8217;\u00e9pargne st\u00e9ro\u00efdienne significatif [7]. Les donn\u00e9es d&#8217;une \u00e9tude r\u00e9glementaire internationale sur le traitement initial par tocilizumab (GiACTA) aboutissent \u00e0 la m\u00eame conclusion, bien que les donn\u00e9es d\u00e9finitives ne soient pas attendues avant fin 2016. Il est probable que cela conduise \u00e0 une utilisation plus fr\u00e9quente et plus pr\u00e9coce du tocilizumab chez les patients atteints de RZA.<\/p>\n<p>Il convient de noter que la CRP est supprim\u00e9e sous tocilizumab, ce qui peut masquer des infections. Ainsi, chez ces patients, une \u00e9valuation et un traitement pr\u00e9coces sont indispensables en cas d&#8217;infection pr\u00e9sum\u00e9e. Les autres effets secondaires incluent, outre les augmentations des transaminases et des lipides, une neutrop\u00e9nie et une thrombocytop\u00e9nie rares mais potentiellement dangereuses. Les perforations intestinales ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es plus fr\u00e9quemment chez les patients atteints de diverticulite lors des \u00e9tudes r\u00e9glementaires initiales.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\nLitt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Mukhtyar C, et al : Recommandations de l&#8217;EULAR pour la prise en charge de la vascularite des gros vaisseaux. Ann Rheum Dis 2009 ; 68(3) : 318-23.<\/li>\n<li>Muto G, et al : Large vessel vasculitis in elderly patients : early diagnosis and steroid-response evaluation with FDG-PET\/CT and contrast-enhanced CT. Rheumatology International. 2014 ; 34(11):1545-54.<\/li>\n<li>Alba MA, et al : Relapses in patients with giant cell arteriitis : prevalence, characteristics, and associated clinical findings in a longitudinally followed cohort of 106 patients. Medicine (Baltimore) 2014 ; 93(5) : 194-201.<\/li>\n<li>Weyand CM, et al. : Pratique clinique. Art\u00e9rite \u00e0 cellules g\u00e9antes et polymyalgia rheumatica. N Engl J Med 2014 ; 371(1) : 50-7.<\/li>\n<li>Proven A, et al : Glucocorticoid therapy in giant cell arteritis : duration and adverse outcomes. Arthritis Rheum 2003 ; 49(5) : 703-8.<\/li>\n<li>Osman M, et al : Le r\u00f4le des agents biologiques dans la prise en charge de la vascularite des gros vaisseaux (VGV) : une revue syst\u00e9matique et une m\u00e9ta-analyse. PLoS One 2014;9(12):e115026.<\/li>\n<li>Villiger PM, et al : Tocilizumab for induction and maintenance of remission in giant cell arteritis : a phase 2, randomised, double-blind, placebo-controlled trial. Lancet 2016 ; 387(10031) : 1921-7.<br \/>\n\t&nbsp;<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2016 ; 11(9) : 22-26<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En cas de suspicion d&#8217;art\u00e9rite \u00e0 cellules g\u00e9antes, il convient de proc\u00e9der imm\u00e9diatement \u00e0 un examen plus approfondi et \u00e0 un traitement. 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