{"id":340874,"date":"2016-09-24T02:00:00","date_gmt":"2016-09-24T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/charge-des-proches-et-interventions-possibles\/"},"modified":"2016-09-24T02:00:00","modified_gmt":"2016-09-24T00:00:00","slug":"charge-des-proches-et-interventions-possibles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/charge-des-proches-et-interventions-possibles\/","title":{"rendered":"Charge des proches et interventions possibles"},"content":{"rendered":"<p><strong>La majorit\u00e9 des soins aux personnes atteintes de d\u00e9mence sont prodigu\u00e9s par les proches. Dans plus de 90% des cas, les soins sont prodigu\u00e9s par des femmes et plus de 60% vivent sous le m\u00eame toit que la personne atteinte de d\u00e9mence. Les aidants familiaux sont souvent confront\u00e9s \u00e0 des difficult\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la progression de la maladie et \u00e0 l&#8217;impuissance qui en d\u00e9coule, mais aussi \u00e0 des restrictions personnelles. Il est essentiel d&#8217;annoncer le diagnostic le plus t\u00f4t possible et de fournir des informations sur la maladie. Il existe de nombreuses possibilit\u00e9s de soulagement pour les aidants familiaux, qui doivent \u00eatre inform\u00e9s de ces possibilit\u00e9s. Les m\u00e9thodes psychoth\u00e9rapeutiques sont particuli\u00e8rement utiles. Outre la transmission d&#8217;informations et la modification du comportement probl\u00e9matique chez les proches, elles int\u00e8grent \u00e9galement les composantes \u00e9motionnelles et tiennent compte de la situation de stress individuelle. Le cas \u00e9ch\u00e9ant, les interventions psychoth\u00e9rapeutiques doivent \u00e9galement \u00eatre associ\u00e9es \u00e0 un traitement m\u00e9dicamenteux antid\u00e9presseur et anxiolytique.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les maladies de d\u00e9mence sont, avec la d\u00e9pression, les maladies neuropsychiatriques les plus fr\u00e9quentes chez les personnes \u00e2g\u00e9es. Actuellement, le nombre de patients atteints de d\u00e9mence en Suisse est d&#8217;environ 110 000. On estime que le nombre de nouveaux cas peut atteindre 25 000 par an, avec une augmentation jusqu&#8217;\u00e0 220 000 personnes en 2030 [1]. La pr\u00e9valence des maladies d\u00e9mentielles augmente avec l&#8217;\u00e2ge : chez les personnes \u00e2g\u00e9es de 65 \u00e0 69 ans, seulement 1,4% sont touch\u00e9es, contre 32% chez les plus de 90 ans [2]. La d\u00e9mence la plus fr\u00e9quente est la d\u00e9mence de type Alzheimer, suivie de la d\u00e9mence vasculaire. Le nombre de patients atteints de d\u00e9mence \u00e0 corps de Lewy est en augmentation et repr\u00e9sente aujourd&#8217;hui jusqu&#8217;\u00e0 30% de tous les patients diagnostiqu\u00e9s avec une d\u00e9mence.  [3,4]Outre les troubles cognitifs li\u00e9s \u00e0 la r\u00e9duction du fonctionnement quotidien, les d\u00e9mences se caract\u00e9risent par des troubles du comportement et des syndromes psychopathologiques (sympt\u00f4mes comportementaux et psychologiques de la d\u00e9mence, SCPD), qui contribuent principalement au stress de l&#8217;environnement social et donc des proches.  [5,6].<\/p>\n<p>Il n&#8217;existe pas de traitement curatif pour les maladies d\u00e9mentielles primaires (neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives et vasculaires), m\u00eame si des mesures m\u00e9dicamenteuses et non m\u00e9dicamenteuses peuvent influencer favorablement l&#8217;\u00e9volution de la maladie. En revanche, les SCPD peuvent \u00eatre bien trait\u00e9s dans de nombreux cas par des mesures th\u00e9rapeutiques sp\u00e9cifiques, m\u00e9dicamenteuses et non m\u00e9dicamenteuses [7]. Le traitement dans son ensemble est d&#8217;autant plus prometteur qu&#8217;il est commenc\u00e9 t\u00f4t.<\/p>\n<p>Dans les d\u00e9mences sous-corticales, telles que la maladie de Parkinson et la d\u00e9mence \u00e0 corps de Lewy, les troubles moteurs s&#8217;ajoutent \u00e0 la perte des capacit\u00e9s cognitives et aux troubles du comportement, les soins pour ce groupe de patients comportent donc un aspect suppl\u00e9mentaire.<\/p>\n<h2 id=\"besoin-de-soins-et-aidants-familiaux\">Besoin de soins et aidants familiaux<\/h2>\n<p>Le besoin global de soins passe de 2% dans le groupe d&#8217;\u00e2ge des 65-69 ans \u00e0 14% dans celui des 85-89 ans. L&#8217;augmentation exponentielle de la demande de soins \u00e0 partir de 70 ans est largement d\u00e9termin\u00e9e par la d\u00e9mence [2]. Les soins aux personnes \u00e2g\u00e9es seront confront\u00e9s \u00e0 un d\u00e9fi majeur dans les ann\u00e9es \u00e0 venir en raison de l&#8217;augmentation continue des d\u00e9mences. Il est donc tr\u00e8s important de conna\u00eetre les d\u00e9mences, leurs sympt\u00f4mes et leur \u00e9volution, ainsi que les moyens de les soulager. Les conjoints et les enfants constituent le groupe le plus important des aidants. Des chiffres r\u00e9cemment publi\u00e9s montrent que 90% des aidants familiaux sont des femmes, avec une moyenne d&#8217;\u00e2ge de 56 ans. 71% d&#8217;entre eux s&#8217;occupaient de leurs parents, 65% vivaient avec eux [6].<\/p>\n<h2 id=\"facteurs-influencant-le-fardeau-des-proches\">Facteurs influen\u00e7ant le fardeau des proches<\/h2>\n<p>La charge de travail des soignants d\u00e9pend de la gravit\u00e9 de la maladie [2]. Avec l&#8217;allongement de la dur\u00e9e de la maladie, la progression des pertes cognitives et l&#8217;augmentation des troubles du comportement, la prise en charge des d\u00e9mences de type Alzheimer est de plus en plus lourde. En revanche, dans les d\u00e9mences vasculaires, la prise en charge est plus importante au stade pr\u00e9coce de la maladie, mais moins importante au stade ult\u00e9rieur que dans la maladie d&#8217;Alzheimer [8]. Les sympt\u00f4mes non cognitifs en particulier, et parmi eux l&#8217;apathie et la symptomatologie d\u00e9pressive, contribuent au fardeau des aidants, alors que pour les sympt\u00f4mes cognitifs, cette relation n&#8217;est pas aussi claire [9]. Chez les patients atteints de la maladie d&#8217;Alzheimer, une charge de soins plus importante pour les proches est surtout li\u00e9e \u00e0 l&#8217;alt\u00e9ration du comportement social, alors que chez les patients atteints de d\u00e9mence vasculaire, elle est davantage li\u00e9e \u00e0 l&#8217;alt\u00e9ration de la m\u00e9moire et aux comportements perturbateurs [2]. On peut en d\u00e9duire que le fardeau est encore plus lourd, surtout en cas de d\u00e9mence fronto-temporale, et qu&#8217;il augmente encore en cas de symptomatologie fronto-temporale dans les syndromes parkinsoniens atypiques (bas\u00e9s sur des tauopathies). Une charge plus importante pour les aidants a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 constat\u00e9e pour les d\u00e9mences \u00e0 corps de Lewy, pour lesquelles les troubles moteurs s&#8217;ajoutent aux sympt\u00f4mes primaires et secondaires de la d\u00e9mence (troubles cognitifs, troubles du comportement) [10].<\/p>\n<p>D&#8217;autres facteurs interviennent dans l&#8217;apparition du fardeau des proches. Ceux-ci peuvent \u00eatre divis\u00e9s en conditions contextuelles immuables et en facteurs modifiables [11]. Les conditions contextuelles immuables comprennent l&#8217;\u00e2ge et le sexe, l&#8217;\u00e9tat de sant\u00e9, le rapport entre les g\u00e9n\u00e9rations, les conditions socio-\u00e9conomiques et le contexte culturel. Il est bien connu que le r\u00f4le de soignant p\u00e8se plus lourd sur les femmes que sur les hommes. Cela s&#8217;applique aussi bien aux conjointes qu&#8217;aux filles et aux belles-filles.<\/p>\n<p>D&#8217;autres facteurs associ\u00e9s \u00e0 une charge accrue sont<\/p>\n<ul>\n<li>Soins au conjoint (par rapport aux soins \u00e0 un parent)<\/li>\n<li>\u00c2ge avanc\u00e9 des aidants<\/li>\n<li>Revenu plus faible<\/li>\n<li>Maladies physiques et mentales des aidants<\/li>\n<li>M\u00e9nage commun avec la personne \u00e0 charge<\/li>\n<li>Effort requis par les soins<\/li>\n<\/ul>\n<p>Un autre domaine qui intensifie le fardeau des proches est celui des contraintes personnelles li\u00e9es aux soins. Des conflits apparaissent alors entre les exigences li\u00e9es \u00e0 la prise en charge et les exigences professionnelles, notamment familiales, mais aussi le d\u00e9sir d&#8217;avoir des loisirs et des relations sociales avec des amis. Cela conduit de nombreux proches \u00e0 n\u00e9gliger leurs propres besoins, voire \u00e0 n\u00e9gliger leur propre sant\u00e9 [11,12].<\/p>\n<p>Des difficult\u00e9s et des tensions apparaissent \u00e9galement en raison de l&#8217;\u00e9volution de la relation avec le partenaire ou le parent, qui implique un changement de r\u00f4le.<\/p>\n<p>Le patient atteint de d\u00e9mence est de plus en plus sujet \u00e0 des changements de personnalit\u00e9, le p\u00e8re ou le conjoint n&#8217;est plus ce qu&#8217;il \u00e9tait auparavant. Il peut avoir des r\u00e9actions et des comportements qui n&#8217;\u00e9taient pas connus chez lui, mais qui ne sont pas l&#8217;expression de sa personnalit\u00e9, mais de sa maladie. Le reconna\u00eetre et l&#8217;accepter est un \u00e9l\u00e9ment fondamental d&#8217;un accompagnement r\u00e9ussi.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ces facteurs de stress interpersonnel, de nombreux proches parviennent \u00e0 cr\u00e9er un climat de proximit\u00e9 et d&#8217;intimit\u00e9 et \u00e0 maintenir ainsi le lien \u00e9motionnel avec le patient [11]. Cela se fait d&#8217;autant mieux que la relation entre les partenaires ou avec le parent concern\u00e9 \u00e9tait bonne avant la maladie [13].<\/p>\n<p>Ces multiples contraintes auxquelles le proche aidant est confront\u00e9 peuvent conduire \u00e0 un \u00e9puisement croissant, tant physique que psychologique. En particulier, le sentiment d&#8217;impuissance, tant dans l&#8217;influence du processus de la maladie que dans les situations quotidiennes, le manque d&#8217;estime (que la personne concern\u00e9e ne peut plus donner ou seulement de mani\u00e8re limit\u00e9e) et le manque de soutien de l&#8217;environnement social constituent une constellation de burnout. Si elle n&#8217;est pas corrig\u00e9e, elle peut conduire \u00e0 un \u00e9tat d&#8217;\u00e9puisement (syndrome d&#8217;\u00e9puisement professionnel) et, en fin de compte, \u00e0 une d\u00e9pression ou \u00e0 des troubles anxieux, ou encore \u00e0 des maladies physiques (en particulier des maladies cardiovasculaires) [14].<\/p>\n<p>Les facteurs qui influencent ce processus de stress sont &#8211; au sens du mod\u00e8le de stress de Lazarus &#8211; l&#8217;\u00e9valuation subjective de la situation dans laquelle se trouve le proche et la disponibilit\u00e9 de strat\u00e9gies d&#8217;adaptation pour faire face aux exigences [3,4]. Pour r\u00e9ussir \u00e0 faire face, il faut d&#8217;abord accepter la situation et le stress existant, puis planifier \u00e0 l&#8217;avance et trouver des aides concr\u00e8tes. Le stress augmente lorsqu&#8217;il n&#8217;y a pas de soutien disponible de la part d&#8217;autres membres de la famille, de l&#8217;environnement social ou des services de soins, ou lorsque le soutien disponible n&#8217;est pas per\u00e7u comme utile. L&#8217;\u00e9vitement et le d\u00e9ni ont un effet n\u00e9gatif et favorisent le d\u00e9veloppement d&#8217;un processus d&#8217;\u00e9puisement professionnel. En particulier, l&#8217;acceptation du fait que la maladie du proche est irr\u00e9versible et que le partenaire, autrefois \u00e9gal, ne peut plus se mouvoir sur un pied d&#8217;\u00e9galit\u00e9 et que sa capacit\u00e9 \u00e0 g\u00e9rer le quotidien est de plus en plus alt\u00e9r\u00e9e, est une condition sine qua non pour surmonter les contraintes li\u00e9es au r\u00f4le de proche aidant. Il s&#8217;est av\u00e9r\u00e9 tr\u00e8s utile que les aidants familiaux parviennent \u00e0 donner un sens \u00e0 leur activit\u00e9 de soins, qui leur donne une raison de vivre. La recherche d&#8217;un soutien exclusivement \u00e9motionnel ne suffit pas.<\/p>\n<h2 id=\"interventions-de-soutien-aux-aidants-familiaux\">Interventions de soutien aux aidants familiaux<\/h2>\n<p>Une s\u00e9rie d&#8217;interventions ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es pour r\u00e9duire le fardeau des proches, en raison des multiples facteurs d&#8217;influence et d&#8217;origine. Cependant, celles-ci n&#8217;ont \u00e9t\u00e9 que peu syst\u00e9matis\u00e9es et \u00e9valu\u00e9es de mani\u00e8re contr\u00f4l\u00e9e. On peut en principe distinguer les mesures ax\u00e9es sur les probl\u00e8mes et celles ax\u00e9es sur les \u00e9motions <strong>(tableau&nbsp;1)<\/strong> [11].<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-7695\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/tab1_np5_s10.png\" style=\"height:586px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"806\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/tab1_np5_s10.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/tab1_np5_s10-800x586.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/tab1_np5_s10-120x88.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/tab1_np5_s10-90x66.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/tab1_np5_s10-320x234.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/tab1_np5_s10-560x410.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>Les mesures ax\u00e9es sur les probl\u00e8mes servent en premier lieu \u00e0 r\u00e9duire l&#8217;intensit\u00e9 du stress li\u00e9 aux circonstances objectives, \u00e0 modifier les attitudes du proche aidant et \u00e0 promouvoir les strat\u00e9gies d&#8217;adaptation n\u00e9cessaires. Les strat\u00e9gies ax\u00e9es sur les \u00e9motions se concentrent sur la gestion des sensations n\u00e9gatives et la correction des croyances dysfonctionnelles existantes afin de renforcer la confiance et le bien-\u00eatre. Les interventions ax\u00e9es sur les probl\u00e8mes sont beaucoup plus souvent utilis\u00e9es que les techniques ax\u00e9es sur les \u00e9motions [11]. L&#8217;une des raisons pourrait \u00eatre qu&#8217;il n&#8217;existe pas (encore) suffisamment de services psychoth\u00e9rapeutiques pour aider les proches des personnes atteintes de d\u00e9mence. L&#8217;\u00e9largissement du r\u00e9seau d&#8217;aide, les changements d&#8217;attitude et d&#8217;\u00e9valuation ainsi que le traitement du changement de r\u00f4le et de la perte li\u00e9e \u00e0 la maladie n&#8217;ont \u00e9t\u00e9 que peu mentionn\u00e9s dans les travaux publi\u00e9s jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent. Ces \u00e9l\u00e9ments, qui sont encore sous-repr\u00e9sent\u00e9s dans le soutien aux proches, pourraient \u00eatre trait\u00e9s dans le cadre d&#8217;une approche complexe d&#8217;orientation cognitivo-comportementale.<\/p>\n<p>Huis et al. mettent en \u00e9vidence la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;apprendre aux proches des personnes atteintes de d\u00e9mence \u00e0 s&#8217;autog\u00e9rer, c&#8217;est-\u00e0-dire \u00e0 renforcer, sous la direction de professionnels, les comp\u00e9tences dont les proches ont besoin pour faire face avec succ\u00e8s aux sympt\u00f4mes, au traitement, aux cons\u00e9quences physiques et psychosociales et aux changements de leur mode de vie [15]. Outre les exigences li\u00e9es \u00e0 la prise en charge du patient, les proches doivent \u00e9galement g\u00e9rer leurs propres probl\u00e8mes, par exemple les exigences de la famille et du travail.<\/p>\n<p>En tant que &#8220;soignants informels&#8221;, les proches ont donc souvent besoin du soutien de soignants\/traitements professionnels tels que les m\u00e9decins, les psychologues et le personnel infirmier. Ils offrent un soutien pour les d\u00e9cisions et les actions quotidiennes. Cinq cat\u00e9gories d&#8217;autogestion peuvent \u00eatre d\u00e9crites [16]:<\/p>\n<ul>\n<li>Information sur la maladie (d\u00e9mence)<\/li>\n<li>Relation avec la famille<\/li>\n<li>Maintenir un mode de vie actif<\/li>\n<li>Bien-\u00eatre mental<\/li>\n<li>Disponibilit\u00e9 de techniques pour faire face aux troubles de la m\u00e9moire<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&#8217;\u00e9valuation de ces cat\u00e9gories dans le cadre d&#8217;une m\u00e9ta-analyse a montr\u00e9 que les interventions qui fournissaient des conseils sur l&#8217;am\u00e9lioration du bien-\u00eatre mental et des informations sur la maladie \u00e9taient particuli\u00e8rement efficaces pour g\u00e9rer avec succ\u00e8s le r\u00f4le de soignant [15,17]. Les interventions les plus efficaces \u00e9taient celles qui r\u00e9duisaient sensiblement le stress per\u00e7u par les proches (quelle que soit la m\u00e9thode utilis\u00e9e) et les interventions cognitives qui favorisaient le soutien social des proches et am\u00e9lioraient la relation avec le patient et la qualit\u00e9 de vie en g\u00e9n\u00e9ral [15]. Aucun effet n&#8217;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit pour la cat\u00e9gorie &#8220;Maintien d&#8217;un mode de vie actif&#8221;, mais il convient de noter que cette intervention n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 explicitement identifi\u00e9e dans les travaux disponibles. Les interventions plus longues (plus de 8 semaines) et plus intensives (plus de 16 heures) \u00e9taient plus efficaces que les interventions plus courtes. La psycho\u00e9ducation semble \u00eatre un \u00e9l\u00e9ment indispensable dans le cadre des programmes d&#8217;intervention, car presque tous les programmes efficaces contenaient des \u00e9l\u00e9ments psycho\u00e9ducatifs. En outre, les groupes psycho\u00e9ducatifs ont obtenu de meilleurs r\u00e9sultats en mati\u00e8re de bien-\u00eatre mental et de d\u00e9pression [12,15].<\/p>\n<p>Cependant, les interventions qui visent uniquement \u00e0 transmettre des connaissances n&#8217;am\u00e9liorent que faiblement le bien-\u00eatre psychologique et la qualit\u00e9 de vie des aidants familiaux [11]. N\u00e9anmoins, les informations sur la maladie sont tr\u00e8s importantes, notamment pour expliquer qu&#8217;un certain comportement de la personne concern\u00e9e est directement li\u00e9 \u00e0 la maladie elle-m\u00eame et moins d\u00e9termin\u00e9 par la personne en face d&#8217;elle. Les proches et les gestionnaires de cas ont mentionn\u00e9 qu&#8217;il \u00e9tait particuli\u00e8rement important d&#8217;annoncer le diagnostic le plus t\u00f4t possible en ce qui concerne les choses \u00e0 organiser [18]. Dans l&#8217;ensemble, il ressort de ces travaux qu&#8217;un programme complexe de th\u00e9rapie cognitivo-comportementale, comprenant \u00e0 la fois des strat\u00e9gies d&#8217;intervention ax\u00e9es sur les probl\u00e8mes et les \u00e9motions et con\u00e7u comme une th\u00e9rapie \u00e0 long terme, est le plus efficace pour am\u00e9liorer la sant\u00e9 des proches. Une \u00e9tude a montr\u00e9 que l&#8217;utilisation d&#8217;un tel programme am\u00e9liorait la relation soignant-soign\u00e9 et retardait l&#8217;institutionnalisation du patient.<\/p>\n<p>Un essai contr\u00f4l\u00e9 est en cours d&#8217;\u00e9valuation \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital universitaire de Zurich, dans lequel un programme complexe de th\u00e9rapie cognitivo-comportementale est utilis\u00e9 [12]. Les r\u00e9sultats sont attendus avec impatience. En Suisse, il existe d\u00e9j\u00e0 une offre importante en mati\u00e8re d&#8217;information sur la maladie et de soutien psychosocial. L&#8217;Association Alzheimer Suisse (www.alz.ch) et ses repr\u00e9sentations r\u00e9gionales fournissent des informations \u00e0 ce sujet. Presque toutes les cliniques de la m\u00e9moire et les grands services de g\u00e9rontopsychiatrie proposent des conseils aux proches. Certaines cliniques de la m\u00e9moire proposent \u00e9galement des groupes th\u00e9rapeutiques pour les proches, dans lesquels bon nombre des \u00e9l\u00e9ments mentionn\u00e9s sont abord\u00e9s afin de relever avec succ\u00e8s les grands d\u00e9fis li\u00e9s \u00e0 la prise en charge des patients atteints de d\u00e9mence.<\/p>\n<h2 id=\"conclusion\">Conclusion<\/h2>\n<p>La majorit\u00e9 des soins aux personnes atteintes de d\u00e9mence sont prodigu\u00e9s par les proches. Dans plus de 90% des cas, les soins sont prodigu\u00e9s par des femmes et plus de 60% vivent sous le m\u00eame toit que la personne atteinte de d\u00e9mence. Les aidants familiaux sont soumis \u00e0 de nombreuses pressions, principalement en raison de la progression de la maladie et de l&#8217;impuissance qui en d\u00e9coule, mais aussi en raison des restrictions personnelles, des pertes financi\u00e8res et du conflit entre la prise en charge du proche atteint de d\u00e9mence et le reste de la famille.<\/p>\n<p>Les interventions doivent inclure l&#8217;annonce du diagnostic le plus t\u00f4t possible ainsi que des informations sur la maladie, un interlocuteur constant doit \u00eatre disponible. Il existe de nombreuses possibilit\u00e9s de soulagement pour les aidants familiaux, qui doivent \u00eatre inform\u00e9s de ces possibilit\u00e9s. Les m\u00e9thodes psychoth\u00e9rapeutiques sont particuli\u00e8rement utiles. Outre la transmission d&#8217;informations et la modification du comportement probl\u00e9matique chez les proches, elles int\u00e8grent \u00e9galement les composantes \u00e9motionnelles et tiennent compte de la situation de stress individuelle des proches. Ces programmes psychoth\u00e9rapeutiques complexes doivent imp\u00e9rativement \u00eatre mis en \u0153uvre lorsque les proches ont d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper un syndrome d&#8217;\u00e9puisement professionnel&nbsp;; le cas \u00e9ch\u00e9ant, les interventions psychoth\u00e9rapeutiques doivent \u00e9galement \u00eatre combin\u00e9es \u00e0 un traitement m\u00e9dicamenteux antid\u00e9presseur et anxiolytique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Association Alzheimer Suisse : Pour les proches. Comment pouvons-nous vous aider ?, 2016. www.alz.ch\/index.php\/fuer-angehoerige.html<\/li>\n<li>Rainer M, et al. : Les proches soignants de personnes atteintes de d\u00e9mence : facteurs de stress et leur impact. Psychiatr Prax 2002 ; 29 : 142-147.<\/li>\n<li>Zaccai J, et al. : A systematic review of prevalence and incidence studies of dementia with Lewy bodies. Age Ageing 2005 ; 34(6) : 561-566.<\/li>\n<li>Mollenhauer B, et al. : D\u00e9mence avec corps de Ley et maladie de Parkinson avec d\u00e9mence. Dt. \u00c4rzteblatt 2015 ; 102(39) : 684-689.<\/li>\n<li>Feast A, et al : Behavioural and psychological symptoms in dementia and the challenges for family carers : systematic review. Br J Psychiatry 2016 May ; 208(5) : 429-434.<\/li>\n<li>Storti LB, et al : Sympt\u00f4mes neuropsychiatriques de la personne \u00e2g\u00e9e atteinte de la maladie d&#8217;Alzheimer et d\u00e9tresse de l&#8217;aidant familial. Rev Lat Am Enfermagem 2016 Aug 15 ; 24 : e2751.<\/li>\n<li>Savaskan E, et al. : [Recommendations for diagnosis and therapy of behavioral and psychological symptoms in dementia (BPSD)].<\/li>\n<li>Vetter PH, et al : Vascular dementia versus Alzheimer&#8217;s type dementia : do they have differential effects on caregivers&#8217; burden ? J Gerontol B Psychol Sci Soc Sci 1999 ; 54(2) : S93-98.<\/li>\n<li>Donaldson C, et al : The impact of the symptoms of dementia on caregivers. Br J Psychiatry 1997 ; 170 : 62-68.<\/li>\n<li>Bostr\u00f6m F, et al. : Les patients atteints de d\u00e9mence avec des corps l\u00e2ches ont une qualit\u00e9 de vie plus alt\u00e9r\u00e9e que les patients atteints de la maladie d&#8217;Alzheimer. Alzheimer Dis Assoc Disord 2007 ; 21(2) : 150-154.<\/li>\n<li>Kurz A, et al. : Le fardeau des aidants familiaux dans la d\u00e9mence. Conditions d&#8217;\u00e9mergence et possibilit\u00e9s d&#8217;intervention. Neurologue 2011 ; 82 : 336-342.<\/li>\n<li>Forstmeier S, et al : Cognitive behavioural treatment for mild Alzheimer&#8217;s patients and their caregivers (CBTAC) : study protocol for a randomized controlled trial. Trials 2015 ; 16 : 526.<\/li>\n<li>Steadman PL, et al : Satisfaction de la relation pr\u00e9-morbide et fardeau de l&#8217;aidant chez les aidants atteints de d\u00e9mence. J Geriatr Psychiatry Neurol 2007 ; 20(2) : 115-119.<\/li>\n<li>Hemmeter U : Chevauchement des diagnostics de burnout. In : Burnout for experts : Prevention in the context for Living and working. Springer Science and Media, New York, 2012.<\/li>\n<li>Huis In Het Veld JG, et al : The effectiveness of interventions in supporting self-management of informal caregivers of people with dementia ; a systematic meta review. BMC Geriatr 2015 ; 15 : 147.<\/li>\n<li>Martin F, et al : Perceived barriers to self-management for people with dementia in the early stages. Dementia (London) 2013 ; 12(4) : 481-493.<\/li>\n<li>Vernooij-Dassen M, et al : Cognitive reframing for carers of people with dementia. Cochrane Database Syst Rev 2011 ; 11 : CD005318.<\/li>\n<li>Khanassov V, et al : Family Physician-Case Manager Collaboration and Needs of Patients With Dementia and Their Caregivers : A Systematic Mixed Studies Review. Ann Fam Med 2016 Mar ; 14(2) : 166-177.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2016 ; 14(5) : 8-11<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La majorit\u00e9 des soins aux personnes atteintes de d\u00e9mence sont prodigu\u00e9s par les proches. 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