{"id":340965,"date":"2016-09-27T02:00:00","date_gmt":"2016-09-27T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/les-patients-les-plus-ages-atteints-de-demence-aspects-psychiatriques\/"},"modified":"2016-09-27T02:00:00","modified_gmt":"2016-09-27T00:00:00","slug":"les-patients-les-plus-ages-atteints-de-demence-aspects-psychiatriques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/les-patients-les-plus-ages-atteints-de-demence-aspects-psychiatriques\/","title":{"rendered":"Les patients les plus \u00e2g\u00e9s atteints de d\u00e9mence : Aspects psychiatriques"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le nombre de personnes tr\u00e8s \u00e2g\u00e9es atteintes de d\u00e9mence augmente de fa\u00e7on spectaculaire. La fragilit\u00e9 de ce sous-groupe d&#8217;\u00e2ge peut se traduire par des particularit\u00e9s cliniques et th\u00e9rapeutiques, notamment en ce qui concerne les sympt\u00f4mes comportementaux et psychologiques de la d\u00e9mence (SCPD). Une revue syst\u00e9matique a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e en effectuant une recherche dans la base de donn\u00e9es Medline \u00e0 l&#8217;aide des mots-cl\u00e9s suivants : &#8220;d\u00e9mence&#8221; AND (&#8220;plus \u00e2g\u00e9&#8221; OR &#8220;tr\u00e8s \u00e2g\u00e9&#8221;) AND (&#8220;psychiatrique&#8221; OR &#8220;comportemental&#8221; OR &#8220;BPSD&#8221;). Apr\u00e8s une inspection manuelle des titres et des r\u00e9sum\u00e9s des 292 r\u00e9sultats, sept articles ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9s pour un examen plus approfondi. Les SCPD semblent \u00eatre plus fr\u00e9quents chez les personnes \u00e2g\u00e9es que chez les individus plus jeunes. Les sympt\u00f4mes psychotiques sont fr\u00e9quents chez les personnes \u00e2g\u00e9es, la d\u00e9mence avec d\u00e9lire \u00e9tant la plus courante, surtout chez les personnes atteintes de d\u00e9mence vasculaire. La d\u00e9pression et l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 sont \u00e9galement courantes, mais risquent d&#8217;\u00eatre sous-estim\u00e9es chez les personnes \u00e2g\u00e9es atteintes de d\u00e9mence. Le manque de connaissances sur les aspects psychiatriques de la d\u00e9mence chez les personnes \u00e2g\u00e9es souligne le besoin crucial de recherches suppl\u00e9mentaires.<\/strong><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Dans la plupart des pays \u00e0 revenu \u00e9lev\u00e9, le nombre de personnes &#8220;tr\u00e8s \u00e2g\u00e9es&#8221;, \u00e2g\u00e9es d&#8217;au moins 85 ans [1] ou d&#8217;au moins 90 ans [2], selon la d\u00e9finition exacte utilis\u00e9e, est en constante augmentation [3].<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e2ge repr\u00e9sentant le principal facteur de risque de d\u00e9mence, la d\u00e9mence est tr\u00e8s r\u00e9pandue dans cette population [4]. Pourtant, les patients &#8220;tr\u00e8s \u00e2g\u00e9s&#8221; sont clairement sous-repr\u00e9sent\u00e9s dans la recherche clinique [5] et la plupart des \u00e9tudes sur la d\u00e9mence souffrent d&#8217;une surrepr\u00e9sentation des patients de moins de 70 ans [6]. L&#8217;extrapolation des r\u00e9sultats de ces \u00e9tudes aux patients &#8220;tr\u00e8s \u00e2g\u00e9s&#8221; doit \u00eatre faite avec prudence. En effet, ce groupe d&#8217;\u00e2ge est caract\u00e9ris\u00e9 par une fragilit\u00e9 biologique, psychologique et sociale plus prononc\u00e9e qui peut modifier la pr\u00e9valence de la d\u00e9mence, sa pr\u00e9sentation clinique, ainsi que la r\u00e9ponse et la tol\u00e9rance aux diff\u00e9rentes mesures th\u00e9rapeutiques [3]. De plus, il a \u00e9t\u00e9 signal\u00e9 que les patients &#8220;tr\u00e8s \u00e2g\u00e9s&#8221;, qu&#8217;ils soient atteints ou non de d\u00e9mence, pr\u00e9sentent des caract\u00e9ristiques uniques en ce qui concerne l&#8217;histologie du cerveau, la pathologie de la MA [7,8] et l&#8217;apolipoprot\u00e9ine E (Apo E) [9] qui pourraient se traduire par des caract\u00e9ristiques cliniques et th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<p>Les sympt\u00f4mes comportementaux et psychologiques de la d\u00e9mence (SCPD) sont tr\u00e8s courants dans la d\u00e9mence, affectant \u00e9ventuellement jusqu&#8217;\u00e0 90 % des patients atteints de d\u00e9mence [10]. Les SCPD englobent des composantes affectives, psychotiques et comportementales. Les SCPD sont une source de d\u00e9tresse majeure tant pour le patient que pour le soignant et entra\u00eenent des complications, notamment des chutes et des fractures, des complications cardiovasculaires et le recours \u00e0 la contention physique [11]. Les SCPD sont \u00e9galement un facteur de risque majeur d&#8217;institutionnalisation et sont associ\u00e9s \u00e0 une augmentation des co\u00fbts des soins de sant\u00e9 [10].<\/p>\n<p>Il semble donc raisonnable que les SCPD soient l&#8217;une des principales cibles th\u00e9rapeutiques chez les patients atteints de d\u00e9mence. Cela est particuli\u00e8rement vrai chez les personnes \u00e2g\u00e9es chez qui le risque d&#8217;institutionnalisation est le plus \u00e9lev\u00e9, surtout en pr\u00e9sence de troubles du comportement [12].<\/p>\n<p>La pr\u00e9valence et les pr\u00e9sentations cliniques des SCPD varient probablement avec l&#8217;\u00e2ge. Les approches th\u00e9rapeutiques ciblant les SCPD sont \u00e9galement susceptibles de diff\u00e9rer chez les personnes \u00e2g\u00e9es par rapport aux personnes plus jeunes et souvent moins fragiles.<\/p>\n<p>L&#8217;objectif de cet article est d&#8217;examiner syst\u00e9matiquement les donn\u00e9es publi\u00e9es sur les aspects psychiatriques de la d\u00e9mence chez les personnes \u00e2g\u00e9es, en mettant l&#8217;accent sur les aspects pratiques dans la pratique clinique.<\/p>\n<h2 id=\"methodes\">M\u00e9thodes<\/h2>\n<p>Nous avons effectu\u00e9 une revue syst\u00e9matique en recherchant dans la base de donn\u00e9es Medline tous les articles publi\u00e9s \u00e0 l&#8217;aide des mots-cl\u00e9s suivants : &#8220;d\u00e9mence&#8221; ET &#8220;plus \u00e2g\u00e9&#8221; (OU &#8220;tr\u00e8s \u00e2g\u00e9&#8221;) ET &#8220;psychiatrique&#8221; (OU &#8220;comportement(u)ral&#8221; OU &#8220;BPSD&#8221;) sans appliquer de filtres. Les articles ont \u00e9t\u00e9 inclus s&#8217;ils faisaient r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 tout aspect psychiatrique chez les personnes atteintes de d\u00e9mence de plus de 85 ans. Les articles traitant des personnes atteintes de d\u00e9mence, sans individualiser un groupe de &#8220;tr\u00e8s vieux&#8221; ou de &#8220;vieux&#8221;, n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 inclus.<\/p>\n<h2 id=\"resultats\">R\u00e9sultats<\/h2>\n<p>La recherche sur Medline a donn\u00e9 292 r\u00e9sultats. Apr\u00e8s une inspection manuelle des titres et des r\u00e9sum\u00e9s de ces r\u00e9sultats, sept articles ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9s pour un examen plus approfondi.<\/p>\n<p><strong>Fr\u00e9quence des SCPD chez les patients les plus \u00e2g\u00e9s atteints de d\u00e9mence : <\/strong>Furuta et al. [13] ont compar\u00e9 27 patients tr\u00e8s \u00e2g\u00e9s atteints de MA (\u00e2ge de d\u00e9but \u226585) avec 162 patients moins \u00e2g\u00e9s (\u00e2ge de d\u00e9but &lt;85). Bien que les groupes aient \u00e9t\u00e9 comparables en termes de d\u00e9ficits cognitifs, les SCPD \u00e9taient plus fr\u00e9quents dans le groupe le plus \u00e2g\u00e9 : 96,3% du groupe le plus \u00e2g\u00e9 avait au moins une SCPD (vs 82,1% du groupe le moins \u00e2g\u00e9). Le nombre moyen de SCPD \u00e9tait \u00e9galement plus \u00e9lev\u00e9 dans le groupe des personnes \u00e2g\u00e9es.<\/p>\n<p>Alors que les SCPD augmentaient avec le stade de la stadification de l&#8217;\u00e9valuation fonctionnelle (FAST) dans le groupe moins \u00e2g\u00e9, les SCPD semblaient ne pas \u00eatre li\u00e9s au stade dans le groupe &#8220;tr\u00e8s \u00e2g\u00e9&#8221;.<\/p>\n<p><strong>Sympt\u00f4mes psychotiques chez les patients \u00e2g\u00e9s atteints de d\u00e9mence : <\/strong>Furuta et al.  [13]  ciblait sp\u00e9cifiquement les patients atteints de la MA, de d\u00e9lires et de syndromes d&#8217;identification erron\u00e9e (non sp\u00e9cifi\u00e9s par ailleurs), qui \u00e9taient tous significativement plus fr\u00e9quents chez les personnes \u00e2g\u00e9es (\u00e2ge de d\u00e9but \u226585) que chez les moins \u00e2g\u00e9es (\u00e2ge de d\u00e9but  &lt;85) : 55,6% vs 34,0% et 48,1% vs 20,4% respectivement. Les hallucinations visuelles \u00e9taient beaucoup moins fr\u00e9quentes (3,7% chez les personnes \u00e2g\u00e9es) et ne diff\u00e9raient pas significativement entre les groupes.<\/p>\n<p>Dans une \u00e9tude portant sur un \u00e9chantillon de population de personnes de 85 ans vivant \u00e0 G\u00f6teborg, en Su\u00e8de, la pr\u00e9valence sur un an des sympt\u00f4mes psychotiques chez les personnes atteintes de d\u00e9mence \u00e9tait de 44,2 % [14]. Plus d&#8217;un quart d&#8217;entre eux avaient des hallucinations et environ un tiers des d\u00e9lires. Les hallucinations \u00e9taient principalement visuelles (20,4% des personnes atteintes de d\u00e9mence), mais aussi auditives (chez 14,3%). La pr\u00e9valence des sympt\u00f4mes psychotiques \u00e9tait plus \u00e9lev\u00e9e chez les personnes atteintes de d\u00e9mence vasculaire (53,6 %) que chez les personnes atteintes de MA (53,9 %), mais cette pr\u00e9valence ne diff\u00e9rait pas en fonction du ph\u00e9notype Apo E, ni de la dur\u00e9e de la d\u00e9mence. En outre, la fr\u00e9quence des sympt\u00f4mes psychotiques augmentait avec la gravit\u00e9 de la d\u00e9mence chez les personnes atteintes de la MA, mais pas chez celles atteintes de d\u00e9mence vasculaire. Les hallucinations \u00e9taient plus fr\u00e9quentes chez les patients ayant un niveau d&#8217;\u00e9ducation inf\u00e9rieur [14].<\/p>\n<p><strong>D\u00e9pression et anxi\u00e9t\u00e9 chez les patients \u00e2g\u00e9s atteints de d\u00e9mence : <\/strong>Fichter et al. [15] ont examin\u00e9 la pr\u00e9valence du trouble d\u00e9pressif majeur et de la dysthymie chez les personnes \u00e2g\u00e9es d&#8217;au moins 85 ans dans deux \u00e9chantillons communautaires d&#8217;Allemagne et des \u00c9tats-Unis. Parmi les personnes atteintes de troubles cognitifs, la pr\u00e9valence du trouble d\u00e9pressif majeur (0 % et 2,5 % dans les \u00e9chantillons allemand et am\u00e9ricain respectivement) et de la dysthymie (2,4 % et 3,5 % dans les \u00e9chantillons allemand et am\u00e9ricain respectivement) \u00e9tait plut\u00f4t faible et tendait \u00e0 \u00eatre plus \u00e9lev\u00e9e, bien que de fa\u00e7on non significative, que celle des personnes sans troubles cognitifs  [15].<\/p>\n<p>Dans l&#8217;\u00e9tude de Furuta et al. [13], la pr\u00e9valence de la d\u00e9pression et de l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 chez les personnes \u00e2g\u00e9es (\u226585 ans) atteintes de d\u00e9mence \u00e9tait de 9,1% et 27,3% respectivement, et ne diff\u00e9rait pas des chiffres de leurs homologues plus jeunes (&lt;85 ans). La d\u00e9pression et l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 ne figuraient pas parmi les SCPD les plus courants, ce qui contraste avec les r\u00e9sultats des \u00e9tudes communautaires&nbsp; o\u00f9 l&#8217;on rapporte souvent que la d\u00e9pression et l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 sont les SCPD les plus courants chez les personnes \u00e2g\u00e9es. Cette divergence est probablement due \u00e0 des populations d&#8217;\u00e9tude diff\u00e9rentes : les patients \u00e2g\u00e9s en psychiatrie sont plus susceptibles de pr\u00e9senter des SCPD plus graves, y compris des psychoses et des troubles du comportement, que les personnes vivant dans la communaut\u00e9 ; et les SCPD n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 distingu\u00e9s des \u00e9ventuels troubles affectifs concomitants dans la plupart des \u00e9tudes communautaires [13].<\/p>\n<p>Dans une \u00e9tude de population men\u00e9e en Su\u00e8de aupr\u00e8s de personnes \u00e2g\u00e9es de plus de 85 ans, la d\u00e9pression \u00e9tait plus fr\u00e9quente chez les personnes atteintes de d\u00e9mence que chez les autres (43 % contre 24 %). Parmi les personnes atteintes de d\u00e9mence, la d\u00e9pression n&#8217;\u00e9tait associ\u00e9e \u00e0 aucun des facteurs sociod\u00e9mographiques ou cliniques, \u00e0 l&#8217;exception de la perte d&#8217;un enfant au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es [1]. Cela contraste avec le groupe sans d\u00e9mence, o\u00f9 la d\u00e9pression \u00e9tait associ\u00e9e \u00e0 plusieurs facteurs sociod\u00e9mographiques et cliniques (notamment la solitude, l&#8217;incapacit\u00e9 \u00e0 sortir, l&#8217;utilisation d&#8217;analg\u00e9siques et un nombre total de m\u00e9dicaments plus \u00e9lev\u00e9). De plus, la r\u00e9ponse aux antid\u00e9presseurs \u00e9tait l\u00e9g\u00e8rement moins bonne dans le groupe des d\u00e9ments que dans celui des non-d\u00e9ments [1]. Ces r\u00e9sultats sugg\u00e8rent que les d\u00e9terminants causaux de la d\u00e9pression chez les personnes atteintes de d\u00e9mence peuvent \u00eatre diff\u00e9rents de ceux des personnes non atteintes de d\u00e9mence, avec un r\u00f4le probablement plus important de la pathologie c\u00e9r\u00e9brale dans la gen\u00e8se de la d\u00e9pression chez les patients d\u00e9ments [1]. La d\u00e9pression en tant que SCPD doit \u00e9galement \u00eatre distingu\u00e9e de la d\u00e9pression primaire cooccurrente \u00e0 la d\u00e9mence. Les aspects \u00e9tiopathog\u00e9niques sont tr\u00e8s probablement diff\u00e9rents, ce qui peut donner l&#8217;impression que la r\u00e9ponse \u00e0 certaines options th\u00e9rapeutiques devrait \u00e9galement \u00eatre diff\u00e9rente.<\/p>\n<p>Mall et al.  [16]  a examin\u00e9 les sympt\u00f4mes psychopathologiques chez 58 r\u00e9sidents de maisons de retraite g\u00e9riatriques en Suisse, \u00e2g\u00e9s d&#8217;au moins 90 ans. La plupart (89,7%) avaient un score au Mini Mental State Examination (MMSE) de &lt;24. Le score moyen de gravit\u00e9 totale de l&#8217;inventaire neuropsychiatrique (NPI) de 6,24 \u00b14,60 peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme assez faible (la fourchette de score \u00e9tant de 0-36 [17]). Les sympt\u00f4mes les plus r\u00e9pandus \u00e9taient de type d\u00e9pressif et anxieux, et l&#8217;apathie [16].<\/p>\n<p><strong>Troubles du comportement et du sommeil chez les patients \u00e2g\u00e9s atteints de d\u00e9mence : <\/strong>Dans l&#8217;\u00e9tude de Furuta et al., l&#8217;irritabilit\u00e9, l&#8217;excitation, le d\u00e9lire, l&#8217;inversion du rythme diurne et l&#8217;errance \u00e9taient plus fr\u00e9quents dans le groupe des personnes \u00e2g\u00e9es (\u226585) que dans celui des personnes moins \u00e2g\u00e9es (&lt;85) [13]. Hori et al. [3] ont \u00e9tudi\u00e9 les signes comportementaux chez des patients hospitalis\u00e9s dans la MA et admis pour la premi\u00e8re fois en raison de sympt\u00f4mes comportementaux. Les auteurs ont compar\u00e9 les sympt\u00f4mes et les signes chez 18 patients \u00e2g\u00e9s d&#8217;au moins 90 ans (&#8220;les plus \u00e2g\u00e9s&#8221;) avec 26 patients hospitalis\u00e9s (&lt;90) atteints de la MA \u00e0 d\u00e9but tardif, appari\u00e9s pour le sexe, la gravit\u00e9 de la d\u00e9mence et la dur\u00e9e de la maladie. Le groupe des personnes \u00e2g\u00e9es a obtenu des scores plus \u00e9lev\u00e9s sur les items : &#8220;se r\u00e9veiller et vagabonder la nuit&#8221; et &#8220;dormir excessivement pendant la journ\u00e9e&#8221;, mais moins aux items &#8220;faire les cent pas&#8221;, &#8220;se perdre \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur&#8221; et &#8220;errer sans but \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur ou dans la maison pendant la journ\u00e9e&#8221;. Les auteurs expliquent cette divergence par les r\u00e9sultats de Furuta et al. qui ont constat\u00e9 une d\u00e9ficience cognitive plus avanc\u00e9e dans leur \u00e9chantillon [3].<\/p>\n<p><strong>\u00c9tiopathog\u00e9nie des SCPD chez les patients \u00e2g\u00e9s atteints de d\u00e9mence :<\/strong> Il n&#8217;existe pratiquement aucune litt\u00e9rature sur l&#8217;\u00e9tiopathog\u00e9nie des SCPD chez les personnes \u00e2g\u00e9es atteintes de d\u00e9mence. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que la r\u00e9ponse aux antid\u00e9presseurs est moins bonne chez les personnes \u00e2g\u00e9es atteintes de d\u00e9mence, ce qui refl\u00e8te probablement des facteurs \u00e9tiologiques diff\u00e9rents [1]. De plus, chez les personnes \u00e2g\u00e9es atteintes de d\u00e9mence, les SCPD d\u00e9pressifs d\u00e9pendent probablement d&#8217;une base \u00e9tiopathog\u00e9nique autre que celle expliquant la d\u00e9pression primaire (qui peut coexister avec la d\u00e9mence). Cependant, d&#8217;autres \u00e9tudes sont n\u00e9cessaires pour confirmer ces hypoth\u00e8ses.<\/p>\n<p><strong>Options particuli\u00e8res dans la gestion des SCPD chez les patients \u00e2g\u00e9s atteints de d\u00e9mence : <\/strong>Les \u00e9tudes sur le traitement ou la gestion des caract\u00e9ristiques psychiatriques chez les personnes \u00e2g\u00e9es atteintes de d\u00e9mence sont rares. Nous n&#8217;avons trouv\u00e9 qu&#8217;une seule \u00e9tude qui a individualis\u00e9 un groupe de patients \u00e2g\u00e9s dans un essai clinique d&#8217;opio\u00efdes dans le traitement de l&#8217;agitation dans la d\u00e9mence : Manfredi et al.  [18]  a \u00e9mis l&#8217;hypoth\u00e8se que les opio\u00efdes pourraient s&#8217;av\u00e9rer utiles dans le traitement de l&#8217;agitation chez les patients atteints de d\u00e9mence s\u00e9v\u00e8re, en particulier les personnes tr\u00e8s \u00e2g\u00e9es. En effet, comme les patients sont souvent incapables de transmettre verbalement leur exp\u00e9rience de la douleur, celle-ci est souvent m\u00e9connue comme cause d&#8217;agitation. Dans leur \u00e9tude crois\u00e9e en double aveugle et contr\u00f4l\u00e9e par placebo, ils ont montr\u00e9 que les opio\u00efdes \u00e9taient plus efficaces que le placebo pour diminuer l&#8217;agitation uniquement chez les patients de plus de 85 ans. Ce r\u00e9sultat a persist\u00e9 apr\u00e8s ajustement pour la s\u00e9dation. Les effets des opio\u00efdes sur l&#8217;agitation des patients tr\u00e8s \u00e2g\u00e9s atteints de d\u00e9mence s\u00e9v\u00e8re pourraient s&#8217;expliquer par les effets analg\u00e9siques sur une douleur non reconnue et\/ou par un effet direct sur le comportement des patients [18]. Cependant, bien que des effets positifs aient \u00e9t\u00e9 constat\u00e9s dans des \u00e9chantillons g\u00e9n\u00e9raux [19], l&#8217;effet des analg\u00e9siques sur l&#8217;agitation est incoh\u00e9rent dans ces \u00e9chantillons [20].<\/p>\n<p>M\u00eame si le traitement des SCPD est susceptible de diff\u00e9rer dans une certaine mesure dans le groupe des personnes \u00e2g\u00e9es, la raret\u00e9 de l&#8217;ensemble de donn\u00e9es et la faiblesse des preuves incitent les cliniciens \u00e0 se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 des lignes directrices plus g\u00e9n\u00e9rales [20] et \u00e0 modifier leur point de vue apr\u00e8s avoir soigneusement \u00e9valu\u00e9 chaque patient.<\/p>\n<h2 id=\"conclusion\">Conclusion<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es publi\u00e9es sur les aspects psychiatriques de la d\u00e9mence chez les personnes tr\u00e8s \u00e2g\u00e9es restent \u00e9tonnamment rares. Les cliniciens pourraient supposer que les pr\u00e9sentations cliniques et les options th\u00e9rapeutiques d\u00e9crites dans l&#8217;ensemble de la population des patients atteints de d\u00e9mence devraient \u00e9galement s&#8217;appliquer au groupe des personnes tr\u00e8s \u00e2g\u00e9es. N\u00e9anmoins, les caract\u00e9ristiques biologiques et psychosociales distinguent les personnes tr\u00e8s \u00e2g\u00e9es atteintes de d\u00e9mence de leurs homologues plus jeunes, rendant ainsi l&#8217;extrapolation a priori des conclusions g\u00e9n\u00e9rales \u00e0 ce sous-groupe sp\u00e9cifique et fragile infond\u00e9e et peut-\u00eatre m\u00eame dangereuse.<\/p>\n<p>Les SCPD semblent \u00eatre plus fr\u00e9quents chez les personnes \u00e2g\u00e9es que chez les individus plus jeunes. Cependant, les chiffres exacts de la pr\u00e9valence varient largement d&#8217;une \u00e9tude \u00e0 l&#8217;autre, en fonction principalement de la population \u00e9tudi\u00e9e (r\u00e9sidents de la communaut\u00e9 ou de maisons de retraite, patients psychiatriques externes ou hospitalis\u00e9s). Les sympt\u00f4mes psychotiques sont fr\u00e9quents chez les personnes \u00e2g\u00e9es atteintes de d\u00e9mence (le d\u00e9lire \u00e9tant le plus fr\u00e9quent), notamment chez les personnes atteintes de d\u00e9mence vasculaire. La d\u00e9pression et l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 sont \u00e9galement fr\u00e9quentes, mais probablement sous-estim\u00e9es chez les personnes \u00e2g\u00e9es atteintes de d\u00e9mence.<\/p>\n<p>Un essai en double aveugle, la seule \u00e9tude identifi\u00e9e qui \u00e9value sp\u00e9cifiquement les personnes \u00e2g\u00e9es [18], a montr\u00e9 que les opio\u00efdes peuvent \u00eatre efficaces pour traiter l&#8217;agitation chez les personnes tr\u00e8s \u00e2g\u00e9es, mais pas chez les patients plus jeunes atteints de d\u00e9mence s\u00e9v\u00e8re. Les approches th\u00e9rapeutiques artistiques et le plus souvent non fond\u00e9es sur des preuves dans ce groupe d&#8217;\u00e2ge restent, pour l&#8217;instant, la seule option.<\/p>\n<p>Il est urgent de mener des recherches ciblant les personnes tr\u00e8s \u00e2g\u00e9es atteintes de d\u00e9mence, d&#8217;autant plus que le nombre de cette population augmente rapidement dans la plupart des r\u00e9gions du monde.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>R\u00e9f\u00e9rences :<\/p>\n<ol>\n<li>Bergdahl E, et al : La d\u00e9pression chez les personnes tr\u00e8s \u00e2g\u00e9es atteintes de d\u00e9mence. International Psychogeriatrics\/IPA 2011 ; 23(5) : 756-763.<\/li>\n<li>Yang Z, et al : La d\u00e9mence chez les personnes \u00e2g\u00e9es. Nature Reviews Neurology 2013 ; 9(7) : 382-393.<\/li>\n<li>Hori K, et al : Premiers \u00e9pisodes de sympt\u00f4mes comportementaux chez les patients \u00e2g\u00e9s de 90 ans et plus atteints de la maladie d&#8217;Alzheimer, et maladie d&#8217;Alzheimer \u00e0 d\u00e9but pr\u00e9coce : comparaison avec la d\u00e9mence s\u00e9nile de type Alzheimer. Psychiatrie et neurosciences cliniques 2005 ; 59(6) : 730-735.<\/li>\n<li>Jorm AF, et al : La pr\u00e9valence de la d\u00e9mence : une int\u00e9gration quantitative de la litt\u00e9rature. Acta psychiatrica Scandinavica 1987 ; 76(5) : 465-479.<\/li>\n<li>Lucca U, et al : Une \u00e9tude de population sur la d\u00e9mence chez les personnes \u00e2g\u00e9es : l&#8217;\u00e9tude Monzino 80-plus. BMC Neurology 2011 ; 11 : 54.<\/li>\n<li>Schoenmaker N, et al : L&#8217;\u00e9cart d&#8217;\u00e2ge entre les patients dans les \u00e9tudes cliniques et dans la population g\u00e9n\u00e9rale : un pi\u00e8ge pour la recherche sur la d\u00e9mence. The Lancet Neurology 2004 ; 3(10) : 627-630.<\/li>\n<li>Giannakopoulos P, et al. La d\u00e9mence chez les personnes \u00e2g\u00e9es : analyse quantitative de 12 cas provenant d&#8217;un h\u00f4pital psychiatrique. Dementia 1994 ; 5(6) : 348-356.<\/li>\n<li>von Gunten A, et al : Le vieillissement c\u00e9r\u00e9bral chez les personnes \u00e2g\u00e9es. Recherche actuelle en g\u00e9rontologie et g\u00e9riatrie 2010. doi : 10.1155\/2010\/358531. Epub 2010 Jul 25.<\/li>\n<li>Juva K, et al. L&#8217;APOE epsilon4 ne pr\u00e9dit pas la mortalit\u00e9, le d\u00e9clin cognitif ou la d\u00e9mence chez les personnes \u00e2g\u00e9es. Neurologie 2000 ; 54(2) : 412-415.<\/li>\n<li>Feast A, et al : Les sympt\u00f4mes comportementaux et psychologiques dans la d\u00e9mence et les d\u00e9fis pour les aidants familiaux : revue syst\u00e9matique. The British Journal of Psychiatry 2016 ; 208(5) : 429-434.<\/li>\n<li>Raivio MM, et al : Neither atypical nor conventional antipsychotics increase mortality or hospital admissions among elderly patients with dementia : a two-year prospective study. The American Journal of Geriatric Psychiatry 2007 ; 15(5) : 416-424.<\/li>\n<li>Cepoiu-Martin M, et al : Pr\u00e9dicteurs du placement en soins de longue dur\u00e9e chez les personnes atteintes de d\u00e9mence : une revue syst\u00e9matique et une m\u00e9ta-analyse. Int J Geriatr Psychiatry 2016 ; 4 avril. doi : 10.1002\/gps.4449.  [Epub ahead of print]<\/li>\n<li>Furuta N, et al : Caract\u00e9ristiques des sympt\u00f4mes comportementaux et psychologiques chez les patients les plus \u00e2g\u00e9s atteints de la maladie d&#8217;Alzheimer. Psychog\u00e9riatrie 2004 ; 4 [1] : 11-16.<\/li>\n<li>Ostling S, et al : Sympt\u00f4mes psychotiques dans un \u00e9chantillon de population de personnes de 85 ans atteintes de d\u00e9mence. Journal de psychiatrie g\u00e9riatrique et de neurologie 2011 ; 24 [1] : 3-8.<\/li>\n<li>Fichter MM, et al : Troubles cognitifs et d\u00e9pression chez les personnes \u00e2g\u00e9es dans une communaut\u00e9 allemande et dans une communaut\u00e9 am\u00e9ricaine. Archives europ\u00e9ennes de psychiatrie et de neurosciences cliniques 1995 ; 245(6) : 319-325.<\/li>\n<li>Mall JF, et al : Cognition et psychopathologie chez les nonag\u00e9naires et les centenaires vivant dans des maisons de retraite g\u00e9riatriques en Suisse : un focus sur l&#8217;anosognosie. Psychog\u00e9riatrie 2014 ; 14 [1] : 55-62.<\/li>\n<li>Cummings JL, et al : The Neuropsychiatric Inventory : comprehensive assessment of psychopathology in dementia. Neurologie 1994 ; 44(12) : 2308-2314.<\/li>\n<li>Manfredi PL, et al : Traitement opio\u00efde pour l&#8217;agitation chez les patients atteints de d\u00e9mence avanc\u00e9e. Journal international de psychiatrie g\u00e9riatrique 2003 ; 18(8) : 700-705.<\/li>\n<li>Cummings JL, et al : Effect of Dextromethorphan-Quinidine on Agitation in Patients with Alzheimer Disease Dementia : Un essai clinique randomis\u00e9. Jama 2015 ; 314(12) : 1242-1254.<\/li>\n<li>Savaskan E, et al. : [Recommendations for diagnosis and therapy of behavioral and psychological symptoms in dementia (BPSD)]. Praxis 2014 ; 103(3) : 135-148.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2016 ; 14(5) : 12-14<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le nombre de personnes tr\u00e8s \u00e2g\u00e9es atteintes de d\u00e9mence augmente de fa\u00e7on spectaculaire. 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