{"id":341059,"date":"2016-08-24T02:00:00","date_gmt":"2016-08-24T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/traitement-de-la-douleur-chez-les-personnes-tres-agees\/"},"modified":"2016-08-24T02:00:00","modified_gmt":"2016-08-24T00:00:00","slug":"traitement-de-la-douleur-chez-les-personnes-tres-agees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/traitement-de-la-douleur-chez-les-personnes-tres-agees\/","title":{"rendered":"Traitement de la douleur chez les personnes tr\u00e8s \u00e2g\u00e9es"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les opiac\u00e9s sont \u00e9galement adapt\u00e9s aux personnes tr\u00e8s \u00e2g\u00e9es. La fonction r\u00e9nale et l&#8217;observance d\u00e9terminent le choix des agents appropri\u00e9s. Un traitement aux opiac\u00e9s est initi\u00e9 avec de tr\u00e8s petites doses. Les effets secondaires d&#8217;un traitement par opiac\u00e9s, tels que la constipation et les naus\u00e9es, sont trait\u00e9s d\u00e8s le d\u00e9but.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>L&#8217;\u00e2ge auquel la derni\u00e8re phase de la vie &#8211; caract\u00e9ris\u00e9e souvent par plusieurs maladies incurables et chroniques \u00e9volutives &#8211; est v\u00e9cue est de plus en plus repouss\u00e9, principalement gr\u00e2ce aux avanc\u00e9es de la m\u00e9decine. La fin de vie et la mort deviennent de plus en plus un ph\u00e9nom\u00e8ne propre aux personnes tr\u00e8s \u00e2g\u00e9es. Au cours des derniers mois de la vie, la douleur est l&#8217;un des sympt\u00f4mes dont les personnes souffrent le plus, quel que soit le diagnostic principal [1].<\/p>\n<p>Un bon traitement de la douleur, qui tient compte des sp\u00e9cificit\u00e9s de l&#8217;organisme \u00e2g\u00e9, peut grandement contribuer \u00e0 am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de vie dans la derni\u00e8re phase de la vie.<\/p>\n<h2 id=\"multimorbidite\">Multimorbidit\u00e9<\/h2>\n<p>Le patient \u00e2g\u00e9 est typiquement caract\u00e9ris\u00e9 par sa multimorbidit\u00e9. Elle repr\u00e9sente un d\u00e9fi pour le traitement de la douleur car, d&#8217;une part, plusieurs causes de douleur coexistent souvent et se chevauchent et, d&#8217;autre part, les diff\u00e9rents diagnostics ont une influence d\u00e9cisive sur le choix des analg\u00e9siques.<\/p>\n<p>La multimorbidit\u00e9 entra\u00eene une polypharmacie avec un potentiel d&#8217;interaction \u00e9lev\u00e9 qui doit \u00eatre surveill\u00e9. Et la diminution des fonctions organiques entra\u00eene une modification de la pharmacocin\u00e9tique et du m\u00e9tabolisme, dont il faut tenir compte dans le choix des analg\u00e9siques [2].<\/p>\n<h2 id=\"conformite\">Conformit\u00e9<\/h2>\n<p>La pr\u00e9valence des limitations fonctionnelles augmente avec l&#8217;\u00e2ge. De ce fait, la d\u00e9tection de la douleur et l&#8217;observance deviennent un d\u00e9fi particulier.<\/p>\n<p>Les d\u00e9ficits cognitifs, les limitations visuelles, les probl\u00e8mes de sensibilit\u00e9 et les restrictions de motricit\u00e9 fine rendent difficile la mise en \u0153uvre d&#8217;un traitement de la douleur prescrit.<\/p>\n<p>De nombreuses personnes tr\u00e8s \u00e2g\u00e9es sont d\u00e9pass\u00e9es par la gestion d&#8217;un traitement m\u00e9dicamenteux prescrit. Faire sortir un comprim\u00e9 de son blister ou ouvrir un flacon compte-gouttes avec s\u00e9curit\u00e9 enfant peut devenir un d\u00e9fi insurmontable !<\/p>\n<p>Le m\u00e9decin prescripteur doit donc s&#8217;assurer que le patient peut mettre en \u0153uvre la th\u00e9rapie \u00e0 domicile.<\/p>\n<h2 id=\"objectifs-du-traitement-de-la-douleur\">Objectifs du traitement de la douleur<\/h2>\n<p>Chez le patient tr\u00e8s \u00e2g\u00e9 et multimorbide, l&#8217;objectif peut rarement \u00eatre d&#8217;atteindre une absence totale de douleur, car trop de facteurs causaux entrent en jeu. L&#8217;\u00e9valuation de la douleur \u00e0 l&#8217;aide de l&#8217;\u00e9chelle visuelle analogique (EVA) est issue de la gestion de la douleur postop\u00e9ratoire et ne tient pas suffisamment compte de la situation de la personne \u00e2g\u00e9e. Il est bien plus important d&#8217;\u00e9valuer l&#8217;impact du probl\u00e8me de la douleur sur les fonctions quotidiennes<strong> (tableau 1)<\/strong> et la qualit\u00e9 de vie et de d\u00e9finir les objectifs en cons\u00e9quence avec le patient. L&#8217;absence de douleur au repos et dans les principales activit\u00e9s de la vie quotidienne est un objectif r\u00e9aliste, mais en m\u00eame temps, d&#8217;autres activit\u00e9s ant\u00e9rieures devront peut-\u00eatre \u00eatre limit\u00e9es ou adapt\u00e9es [3].<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-7153\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/tab1_oh2_s31.png\" style=\"height:411px; width:400px\" width=\"921\" height=\"946\"><\/p>\n<h2 id=\"principes-de-base-du-traitement-de-la-douleur\">Principes de base du traitement de la douleur<\/h2>\n<p>Il n&#8217;existe pas de traitement analg\u00e9sique correct pour la personne \u00e2g\u00e9e, il n&#8217;existe qu&#8217;un traitement analg\u00e9sique individuel optimis\u00e9 qui tient compte des causes de la douleur, des maladies concomitantes, des conditions de vie, des capacit\u00e9s fonctionnelles, des modes de r\u00e9action individuels et des besoins personnels des patients.<\/p>\n<p>Il s&#8217;agit tout d&#8217;abord d&#8217;analyser la douleur en termes de causes pouvant \u00eatre trait\u00e9es de mani\u00e8re causale et de m\u00e9canisme d&#8217;apparition. Une autre question importante concerne la dur\u00e9e de la douleur : les douleurs aigu\u00ebs sont un signal d&#8217;alarme et doivent \u00eatre \u00e9valu\u00e9es parall\u00e8lement \u00e0 la mise en place du traitement, les douleurs chroniques n\u00e9cessitent la d\u00e9finition d&#8217;un objectif th\u00e9rapeutique r\u00e9aliste. Avant de mettre en place un traitement contre la douleur, il est n\u00e9cessaire de recenser les pathologies associ\u00e9es qui influencent le m\u00e9tabolisme et la tol\u00e9rance. Il faut surtout tenir compte des restrictions de la fonction r\u00e9nale et h\u00e9patique, de la cachexie et des probl\u00e8mes de d\u00e9glutition. Apr\u00e8s l&#8217;analyse de la situation globale et des traitements ant\u00e9rieurs, on choisit l&#8217;analg\u00e9sique appropri\u00e9 : on utilise en premier lieu un non-opio\u00efde, puis on passe \u00e0 un opio\u00efde si l&#8217;effet est insuffisant.<\/p>\n<h2 id=\"non-opioides\">Non-opio\u00efdes<\/h2>\n<p><strong>Le parac\u00e9tamol<\/strong> est le m\u00e9dicament d&#8217;entr\u00e9e de gamme par excellence. Son m\u00e9canisme d&#8217;action n&#8217;est \u00e0 ce jour que partiellement expliqu\u00e9, l&#8217;effet \u00e9tant probablement d\u00fb en premier lieu \u00e0 l&#8217;inhibition de la COX-2. La courbe dose-r\u00e9ponse est plate : une augmentation de la dose au-del\u00e0 de 2 g par jour apporte peu d&#8217;effet suppl\u00e9mentaire, mais une inhibition accrue de la COX-1 et donc un risque accru d&#8217;ulc\u00e8res gastro-intestinaux et probablement aussi d&#8217;insuffisance cardiaque [4]. En outre, en cas d&#8217;atteinte h\u00e9patique pr\u00e9existante, il convient de tenir compte de la toxicit\u00e9 h\u00e9patique. Chez les patients anticoagul\u00e9s, l&#8217;INR peut augmenter. Les gros comprim\u00e9s peuvent \u00eatre difficiles \u00e0 avaler pour les personnes \u00e2g\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Le m\u00e9tamizole<\/strong> a une efficacit\u00e9 similaire \u00e0 celle des anti-inflammatoires non st\u00e9ro\u00efdiens (AINS) dans les douleurs aigu\u00ebs et poss\u00e8de en outre une composante spasmolytique. Il ne pr\u00e9sente pas d&#8217;effets secondaires gastro-intestinaux, cardiovasculaires ou r\u00e9naux, mais il est associ\u00e9 \u00e0 un risque rare d&#8217;agranulocytose. Ce risque est le plus \u00e9lev\u00e9 au cours des premi\u00e8res semaines de traitement et diminue avec la dur\u00e9e du traitement. En cas de douleurs chroniques chez les personnes \u00e2g\u00e9es, le m\u00e9tamizole est un choix judicieux et pr\u00e9sente nettement moins d&#8217;effets secondaires que les AINS. La dose journali\u00e8re ne doit pas d\u00e9passer 3 g, r\u00e9partis en trois ou quatre doses individuelles, lorsque l&#8217;enfant est \u00e2g\u00e9. La forme de gouttes disponible facilite la prise.<\/p>\n<p>Les <strong>AINS<\/strong> ont un effet analg\u00e9sique et antiphlogistique en inhibant la COX-2. Chez les patients \u00e2g\u00e9s, ils ne doivent \u00eatre utilis\u00e9s qu&#8217;en cas de douleurs aigu\u00ebs li\u00e9es \u00e0 l&#8217;inflammation, pour une dur\u00e9e limit\u00e9e et pas \u00e0 la dose maximale. Ils ne sont pas adapt\u00e9s aux douleurs d\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives chroniques en raison de leur potentiel \u00e9lev\u00e9 d&#8217;effets secondaires. Les effets secondaires dans le tractus gastro-intestinal sup\u00e9rieur peuvent \u00eatre r\u00e9duits de moiti\u00e9 par l&#8217;utilisation d&#8217;inhibiteurs de la pompe \u00e0 protons (IPP) pour atteindre le niveau des coxibe. Cependant, les IPP ne r\u00e9duisent pas le risque de saignement dans le tractus intestinal inf\u00e9rieur, c&#8217;est-\u00e0-dire environ un saignement sur cinq sous AINS. L&#8217;association d&#8217;AINS avec des anticoagulants et de l&#8217;acide ac\u00e9tylsalicylique (ASA) ou du clopidogrel doit \u00eatre \u00e9vit\u00e9e \u00e0 tout prix en raison du risque de saignement. La toxicit\u00e9 cardiovasculaire des AINS est g\u00e9n\u00e9ralement sous-estim\u00e9e ; \u00e0 l&#8217;exception du naprox\u00e8ne, ils provoquent tous un nombre \u00e9lev\u00e9 d&#8217;infarctus du myocarde. Les AINS et les coxibs provoquent une r\u00e9tention d&#8217;eau et de sel, raison pour laquelle ils ne doivent plus \u00eatre utilis\u00e9s lorsque le DFG est inf\u00e9rieur \u00e0 60 ml\/min en raison du risque de d\u00e9compensation cardiaque et de d\u00e9t\u00e9rioration de la fonction r\u00e9nale [5].<\/p>\n<h2 id=\"opioides\">Opio\u00efdes<\/h2>\n<p>Le principe consistant \u00e0 utiliser d&#8217;abord des opio\u00efdes faibles et seulement en cas d&#8217;effet insuffisant des opio\u00efdes forts est aujourd&#8217;hui consid\u00e9r\u00e9 comme d\u00e9pass\u00e9, car les opio\u00efdes faibles comme la cod\u00e9ine et le tramadol pr\u00e9sentent des inconv\u00e9nients pharmacologiques. Il faut notamment tenir compte des nombreuses interactions. Un opio\u00efde faiblement dos\u00e9 de niveau 3 est donc une option plus judicieuse pour d\u00e9buter avec les opio\u00efdes. Le principe de base est &#8220;start low, go slow&#8221; : la posologie initiale chez les personnes \u00e2g\u00e9es doit \u00eatre r\u00e9duite de moiti\u00e9 par rapport \u00e0 celle des personnes plus jeunes. Il existe des faits n\u00e9gatifs et positifs \u00e0 prendre en compte lors de l&#8217;utilisation d&#8217;opio\u00efdes chez les patients \u00e2g\u00e9s. D&#8217;une part, le risque de chute est multipli\u00e9 par cinq au cours des quatre premi\u00e8res semaines suivant le d\u00e9but du traitement, mais il diminue \u00e0 nouveau en cas d&#8217;utilisation prolong\u00e9e. D&#8217;autre part, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 qu&#8217;un traitement opio\u00efde \u00e0 long terme pouvait avoir une influence positive sur la cognition, les fonctions quotidiennes, l&#8217;\u00e9tat psychique et les facteurs sociaux des r\u00e9sidents des maisons de soins. Tous les opio\u00efdes forts ne sont pas \u00e9galement adapt\u00e9s aux patients tr\u00e8s \u00e2g\u00e9s, comme le montrent les explications suivantes <strong>(tab.&nbsp;2)<\/strong> [6].<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7154 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/tab2_oh2_s32.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/926;height:673px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"926\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p><strong>La morphine<\/strong> reste l&#8217;opio\u00efde de r\u00e9f\u00e9rence : disponible sous diff\u00e9rentes formes gal\u00e9niques, relativement bon march\u00e9, longue exp\u00e9rience. L&#8217;utilisation chez les patients tr\u00e8s \u00e2g\u00e9s est limit\u00e9e par les m\u00e9tabolites actifs qui s&#8217;accumulent en cas d&#8217;insuffisance r\u00e9nale et entra\u00eenent des effets secondaires sur le SNC. La prudence est de mise si le DFG est inf\u00e9rieur \u00e0 60&nbsp;ml\/min, et la morphine ne doit pas \u00eatre utilis\u00e9e en dessous de 30&nbsp;ml\/min.<\/p>\n<p><strong>L&#8217;oxycodone<\/strong> seule ou en association avec la naloxone (pour lutter contre la constipation li\u00e9e aux opio\u00efdes) est bien tol\u00e9r\u00e9e par les personnes \u00e2g\u00e9es et son effet est comparable \u00e0 celui de la morphine. La prudence est de mise en cas d&#8217;insuffisance r\u00e9nale, les m\u00e9tabolites actifs peuvent s&#8217;accumuler et la naloxone peut devenir disponible par voie syst\u00e9mique.<\/p>\n<p><strong>Le tapentadol <\/strong>est un opio\u00efde de puissance moyenne qui agit \u00e9galement comme un inhibiteur de l&#8217;absorption de la noradr\u00e9naline et d\u00e9veloppe ainsi l&#8217;effet analg\u00e9sique avec une dose d&#8217;opio\u00efde plus faible. Il n&#8217;existe pas encore de donn\u00e9es pour les patients tr\u00e8s \u00e2g\u00e9s ; en cas d&#8217;insuffisance r\u00e9nale, les m\u00e9tabolites actifs peuvent s&#8217;accumuler et \u00e9ventuellement provoquer des convulsions.<\/p>\n<p><strong>L&#8217;hydromorphone<\/strong> est un opio\u00efde puissant qui, \u00e0 tol\u00e9rance \u00e9gale, est nettement plus puissant que la morphine et est disponible sous toutes les formes gal\u00e9niques n\u00e9cessaires. Il n&#8217;a pratiquement pas de potentiel d&#8217;interaction ni de m\u00e9tabolites actifs, seule la dur\u00e9e d&#8217;action est prolong\u00e9e en cas d&#8217;insuffisance r\u00e9nale. C&#8217;est l&#8217;opio\u00efde id\u00e9al pour les patients g\u00e9riatriques et multimorbides.<\/p>\n<p><strong>Le fentanyl<\/strong> est principalement utilis\u00e9 sous forme de syst\u00e8me transdermique (STT) et sous forme buccale. Chez les personnes \u00e2g\u00e9es, il existe des incertitudes quant \u00e0 l&#8217;absorption de cette substance tr\u00e8s lipophile en cas d&#8217;atrophie cutan\u00e9e et de cachexie.<\/p>\n<p>Avec l&#8217;\u00e2ge, la demi-vie est prolong\u00e9e et une accumulation peut se produire en cas d&#8217;insuffisance r\u00e9nale, ce qui n\u00e9cessite un ajustement de la dose.<\/p>\n<p><strong>La bupr\u00e9norphine <\/strong>(disponible sous forme de TTS et de formes sublinguales) n&#8217;est qu&#8217;un agoniste partiel du r\u00e9cepteur opio\u00efde. Cela n&#8217;a toutefois pas d&#8217;effet restrictif sur le plan clinique et rend la substance tr\u00e8s bien tol\u00e9r\u00e9e, m\u00eame \u00e0 un \u00e2ge avanc\u00e9. M\u00eame \u00e0 des doses plus \u00e9lev\u00e9es, il est tr\u00e8s efficace, l&#8217;effet de plafond postul\u00e9 in vitro reste insignifiant dans la pratique clinique quotidienne. Le m\u00e9tabolisme se fait presque exclusivement par le foie, ce qui permet d&#8217;utiliser la bupr\u00e9norphine m\u00eame en cas d&#8217;insuffisance r\u00e9nale. De plus, cette substance semble avoir un meilleur effet que les autres opio\u00efdes sur les douleurs neuropathiques.<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es relatives \u00e0 l&#8217;utilisation d&#8217;autres opio\u00efdes chez les patients tr\u00e8s \u00e2g\u00e9s font d\u00e9faut et ne sont donc pas trait\u00e9es ici.<\/p>\n<h2 id=\"combinaisons-et-co-analgesiques\">Combinaisons et co-analg\u00e9siques<\/h2>\n<p>L&#8217;association d&#8217;opio\u00efdes et de parac\u00e9tamol, souvent recommand\u00e9e, ne pr\u00e9sente qu&#8217;un b\u00e9n\u00e9fice discutable, les preuves sont faibles et chez le patient multimorbide polypharmacien, il s&#8217;agit plut\u00f4t d&#8217;un risque suppl\u00e9mentaire. En cas de douleurs neuropathiques, il est recommand\u00e9 de compl\u00e9ter les opio\u00efdes par des co-analg\u00e9siques.<\/p>\n<p>Cependant, chez le patient tr\u00e8s \u00e2g\u00e9, tant les antid\u00e9presseurs tricycliques bien document\u00e9s comme l&#8217;amitriptyline que les anticonvulsivants comme la gabapentine, la pr\u00e9gabaline et la lamotrigine ne sont pas recommand\u00e9s ou doivent \u00eatre utilis\u00e9s avec la plus grande prudence en raison de leur potentiel d&#8217;effets secondaires (risque \u00e9lev\u00e9 d&#8217;effets secondaires sur le SNC comme la confusion).<\/p>\n<h2 id=\"\"><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7155 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/tab3_oh2_s32.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/803;height:584px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"803\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/h2>\n<h2 id=\"effets-secondaires-des-opioides\">Effets secondaires des opio\u00efdes<\/h2>\n<p>Les effets secondaires obligatoires des opio\u00efdes doivent \u00eatre particuli\u00e8rement pris en compte et anticip\u00e9s chez le patient \u00e2g\u00e9<strong> (tableau 3). <\/strong>Dans les premiers jours du traitement, un traitement prophylactique des naus\u00e9es par m\u00e9toclopramide ou halop\u00e9ridol est utile ; il peut \u00eatre interrompu apr\u00e8s environ cinq jours. La constipation doit \u00e9galement \u00eatre trait\u00e9e d\u00e8s le d\u00e9but. La r\u00e9tention urinaire induite par les opio\u00efdes est plus fr\u00e9quente chez les personnes \u00e2g\u00e9es et doit \u00eatre d\u00e9tect\u00e9e \u00e0 temps [7].<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Kelley AS, Morrison RS : Soins palliatifs pour les personnes gravement malades. N Engl J Med 2015 ; 373(8) : 747-755.<\/li>\n<li>Wooten JM : Consid\u00e9rations sur la pharmacoth\u00e9rapie chez les personnes \u00e2g\u00e9es. South Med J 2012 ; 105(8) : 437-445.<\/li>\n<li>Kunz R : La douleur : une r\u00e9alit\u00e9 quotidienne et pourtant un d\u00e9fi complexe. PrimaryCare 2014 ; 14(19) : 311-313.<\/li>\n<li>Liechti ME : Pharmacologie des analg\u00e9siques pour la pratique &#8211; Partie 1 : Parac\u00e9tamol, AINS et m\u00e9tamizole. Forum Med Suisse 2014 ; 14(22-23) : 437-440.<\/li>\n<li>Gosch M : Analg\u00e9siques chez le patient g\u00e9riatrique &#8211; effets ind\u00e9sirables des m\u00e9dicaments et interactions. Z Gerontol Geriat 2015 ; 48 : 483-493.<\/li>\n<li>Pergolizzi J, et al : Opioids and the Management of Chronic Severe Pain in the Elderly : Consensus Statement of an International Expert Panel with focus on the Six Clinically Most Often Used World Health Organization step III Opioids (Buprenorphine, Fentanyl, Hydromorphone, Methadone, Morphine, Oxycodone). Pain Practice 2008 ; 8 : 287-313.<\/li>\n<li>Caraceni A, et al : Utilisation des analg\u00e9siques opio\u00efdes dans le traitement de la douleur canc\u00e9reuse : recommandations fond\u00e9es sur des donn\u00e9es probantes de l&#8217;EAPC. Lancet Oncol 2012 ; 13 : 58-68.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\n<em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c4MATOLOGIE 2016 ; 4(2) : 30-33<\/em><\/p>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2016 ; 11(8) : 16-19<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les opiac\u00e9s sont \u00e9galement adapt\u00e9s aux personnes tr\u00e8s \u00e2g\u00e9es. La fonction r\u00e9nale et l&#8217;observance d\u00e9terminent le choix des agents appropri\u00e9s. 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