{"id":341080,"date":"2016-07-29T02:00:00","date_gmt":"2016-07-29T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/diagnostic-et-diagnostic-differentiel-de-la-fatigue-liee-aux-tumeurs\/"},"modified":"2016-07-29T02:00:00","modified_gmt":"2016-07-29T00:00:00","slug":"diagnostic-et-diagnostic-differentiel-de-la-fatigue-liee-aux-tumeurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/diagnostic-et-diagnostic-differentiel-de-la-fatigue-liee-aux-tumeurs\/","title":{"rendered":"Diagnostic et diagnostic diff\u00e9rentiel de la fatigue li\u00e9e aux tumeurs"},"content":{"rendered":"<p><strong>La fatigue s&#8217;accompagne d&#8217;une sensation p\u00e9nible de fatigue et d&#8217;\u00e9puisement inhabituels et intenses et peut entra\u00eener une baisse consid\u00e9rable des performances, voire une incapacit\u00e9 \u00e0 travailler. De nombreux patients atteints de cancer sont touch\u00e9s par la fatigue li\u00e9e aux tumeurs. Malgr\u00e9 cela, la fatigue reste sous-diagnostiqu\u00e9e. Le diagnostic est toutefois un pr\u00e9alable \u00e0 la th\u00e9rapie et \u00e0 la r\u00e9\u00e9ducation. Une anamn\u00e8se d\u00e9taill\u00e9e, des questionnaires sp\u00e9cifiques et la tenue d&#8217;un journal de bord de la fatigue peuvent \u00eatre utiles pour \u00e9tablir le diagnostic. Lors de l&#8217;\u00e9valuation, il faut toujours garder \u00e0 l&#8217;esprit que la fatigue peut \u00e9galement \u00eatre provoqu\u00e9e par des facteurs non li\u00e9s \u00e0 la tumeur, \u00e9ventuellement faciles \u00e0 traiter, par exemple la d\u00e9pression, les troubles du sommeil ou de l&#8217;alimentation. La plupart du temps, plusieurs causes ou facteurs sont impliqu\u00e9s. Facteurs d&#8217;influence pr\u00e9sents ensemble.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Presque tous les patients atteints de tumeur se plaignent de fatigue, d&#8217;\u00e9puisement ou de manque d&#8217;\u00e9nergie \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre de leur maladie. Ces troubles se manifestent au niveau physique, cognitif et affectif et sont regroup\u00e9s sous le terme g\u00e9n\u00e9rique de &#8220;fatigue associ\u00e9e aux tumeurs&#8221; (cancer-related fatigue, CrF). Elles ne sont g\u00e9n\u00e9ralement pas li\u00e9es \u00e0 un effort ant\u00e9rieur et ne peuvent gu\u00e8re \u00eatre influenc\u00e9es par le repos. Les sympt\u00f4mes peuvent \u00eatre autolimit\u00e9s, mais ils peuvent aussi devenir chroniques et persister pendant des ann\u00e9es apr\u00e8s la fin du traitement de la tumeur [1]. Selon le type et la gravit\u00e9 de la maladie, la souffrance des patients et de leurs proches peut \u00eatre consid\u00e9rable. Selon des \u00e9tudes r\u00e9centes, la fatigue li\u00e9e \u00e0 la tumeur est \u00e9galement associ\u00e9e \u00e0 des dur\u00e9es de survie plus courtes [2].<\/p>\n<p>La fatigue, l&#8217;\u00e9puisement et le manque d&#8217;\u00e9nergie sont des ph\u00e9nom\u00e8nes universels qui peuvent se manifester non seulement dans les maladies tumorales, mais aussi comme sympt\u00f4mes de nombreux autres troubles de sant\u00e9 et comme effets (secondaires) des traitements. De plus, ces sympt\u00f4mes sont \u00e9galement pr\u00e9sents dans la population normale [3]. D&#8217;o\u00f9 l&#8217;importance d&#8217;un diagnostic approfondi et d&#8217;une \u00e9valuation des diagnostics diff\u00e9rentiels.<\/p>\n<h2 id=\"causes-et-facteurs-associes-de-la-fatigue-liee-aux-tumeurs\">Causes et facteurs associ\u00e9s de la fatigue li\u00e9e aux tumeurs<\/h2>\n<p>Si un patient atteint d&#8217;une tumeur souffre de fatigue et d&#8217;\u00e9puisement, cela signifie certes que les troubles sont &#8220;associ\u00e9s \u00e0 la tumeur&#8221; dans le sens o\u00f9 ils apparaissent en m\u00eame temps que la maladie tumorale ou son traitement, mais cela ne signifie pas n\u00e9cessairement qu&#8217;ils en sont la cause.<\/p>\n<p>Si un patient se plaint de fatigue et d&#8217;\u00e9puisement, on se demandera probablement si ces sympt\u00f4mes ne sont pas dus \u00e0 une progression (non encore d\u00e9tect\u00e9e) de la maladie tumorale ou si le traitement en cours ne pourrait pas en \u00eatre responsable. En cons\u00e9quence, on prendra \u00e9ventuellement les mesures diagnostiques n\u00e9cessaires. Mais pour pouvoir identifier des causes ext\u00e9rieures \u00e0 la tumeur (et \u00e9ventuellement les traiter de mani\u00e8re causale), le diagnostic de la fatigue associ\u00e9e aux tumeurs devrait toujours \u00eatre un diagnostic diff\u00e9rentiel. Il faut savoir que la fatigue li\u00e9e aux tumeurs est consid\u00e9r\u00e9e comme un ph\u00e9nom\u00e8ne complexe et multicausal, et que chez la plupart des patients, plusieurs causes ou facteurs d&#8217;influence peuvent \u00eatre pr\u00e9sents simultan\u00e9ment [1]. Les (co)causes et facteurs d&#8217;influence de la fatigue associ\u00e9e aux tumeurs qui sont pertinents pour le diagnostic diff\u00e9rentiel peuvent \u00eatre, par exemple, des m\u00e9dicaments s\u00e9datifs, un stress \u00e9motionnel et des comorbidit\u00e9s <strong>(tableau&nbsp;1).<\/strong><\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-7377\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/tab1_oh3_s21.png\" style=\"height:1212px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"1666\"><\/p>\n<p>Dans le cadre du diagnostic diff\u00e9rentiel, il est en outre utile de faire la distinction avec d&#8217;autres \u00e9tats de fatigue d\u00e9crits dans la CIM-10, tels que le syndrome d&#8217;\u00e9puisement post-viral, la neurasth\u00e9nie ou un syndrome de burnout [4]. Le syndrome de fatigue chronique (SFC) entre \u00e9galement en ligne de compte.<\/p>\n<h2 id=\"diagnostic-et-diagnostic-differentiel\">Diagnostic et diagnostic diff\u00e9rentiel<\/h2>\n<p>La complexit\u00e9 de la situation exige une approche diagnostique diff\u00e9renci\u00e9e (figure 1). Pour la planification du traitement en particulier, il est n\u00e9cessaire de distinguer les patients dont les causes et les facteurs d&#8217;influence peuvent \u00eatre trait\u00e9s de ceux pour lesquels les causes\/facteurs d&#8217;influence concrets ne peuvent pas \u00eatre identifi\u00e9s. Les premiers doivent, dans la mesure du possible, b\u00e9n\u00e9ficier d&#8217;un traitement causal (\u00e9ventuellement compl\u00e9t\u00e9 par un traitement symptomatique), les seconds ne re\u00e7oivent que des propositions de traitement symptomatique [1].  &nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"depistage-de-la-fatigue\">D\u00e9pistage de la fatigue<\/h2>\n<p>La directive actuelle sur la fatigue du National Comprehensive Cancer Network (NCCN) stipule que &#8220;tous les patients devraient \u00eatre d\u00e9pist\u00e9s pour la fatigue lors de leur visite initiale, \u00e0 intervalles r\u00e9guliers pendant et apr\u00e8s le traitement du cancer, et lorsque cela est cliniquement indiqu\u00e9&#8221; [5]. Le d\u00e9pistage permet d&#8217;identifier \u00e0 moindre co\u00fbt les patients susceptibles de souffrir d&#8217;une fatigue associ\u00e9e aux tumeurs cliniquement significative et d&#8217;en \u00eatre affect\u00e9s.<\/p>\n<p>Conform\u00e9ment \u00e0 une proposition du NCCN 2013, on peut utiliser \u00e0 cet effet une \u00e9chelle num\u00e9rique de 0 \u00e0 10. Un seuil de 4 (pour l&#8217;intensit\u00e9) et de 5 (pour la g\u00eane) est consid\u00e9r\u00e9 comme cliniquement pertinent [1]. En suivant Kenneth L. Kirsh et ses coll\u00e8gues, le d\u00e9pistage de la fatigue peut \u00e9galement se faire \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;une question courte (&#8220;\u00cates-vous constamment ou tr\u00e8s souvent fatigu\u00e9 sans qu&#8217;il y ait une raison \u00e0 cela ?&#8221;) et\/ou de questionnaires [6].<\/p>\n<h2 id=\"anamnese\">Anamn\u00e8se<\/h2>\n<p>Comme la fatigue associ\u00e9e aux tumeurs est un \u00e9v\u00e9nement subjectif qui est principalement saisi par les d\u00e9clarations des patients eux-m\u00eames, l&#8217;anamn\u00e8se est consid\u00e9r\u00e9e comme l&#8217;\u00e9l\u00e9ment le plus important du processus de diagnostic [1]. L&#8217;exploration de diff\u00e9rents th\u00e8mes de l&#8217;anamn\u00e8se, tels que les plaintes actuelles et les exp\u00e9riences ant\u00e9rieures d&#8217;\u00e9puisement, s&#8217;est av\u00e9r\u00e9e utile dans la pratique clinique quotidienne<strong> (figure 1).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7378 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/abb1_oh3_s22.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1190;height:865px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"1190\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>La question de la premi\u00e8re apparition des sympt\u00f4mes de fatigue et de la situation dans laquelle les troubles ont d\u00e9but\u00e9 est assez fructueuse sur le plan diagnostique. Par exemple, si un patient rapporte que sa fatigue est apparue pour la premi\u00e8re fois huit ans avant le diagnostic initial de sa tumeur et qu&#8217;on lui a \u00e9galement diagnostiqu\u00e9 une scl\u00e9rose en plaques \u00e0 l&#8217;\u00e9poque, il est peu probable que les sympt\u00f4mes soient (uniquement) dus \u00e0 la fatigue associ\u00e9e \u00e0 la tumeur. La question de l&#8217;\u00e9volution des sympt\u00f4mes (type, intensit\u00e9, am\u00e9lioration, aggravation) peut alors contribuer \u00e0 clarifier davantage la situation.<\/p>\n<p>La question des diff\u00e9rences entre la fatigue ressentie et la &#8220;fatigue quotidienne&#8221; peut \u00e9galement orienter le diagnostic : Presque tous les patients atteints de fatigue associ\u00e9e \u00e0 une tumeur sont capables de distinguer clairement leurs plaintes actuelles de fatigue d&#8217;autres \u00e9tats d&#8217;\u00e9puisement [7]. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, ils d\u00e9clarent \u00e9galement n&#8217;avoir jamais connu un \u00e9tat d&#8217;\u00e9puisement tel que celui qu&#8217;ils connaissent actuellement avant leur tumeur.<\/p>\n<p>La question sur la m\u00e9dication actuelle doit porter non seulement sur les m\u00e9dicaments d\u00e9livr\u00e9s sur ordonnance, mais aussi sur d&#8217;autres m\u00e9dicaments (y compris les m\u00e9decines compl\u00e9mentaires), afin de pouvoir envisager, le cas \u00e9ch\u00e9ant, des interactions pharmacodynamiques comme (co)cause des sympt\u00f4mes de fatigue.<\/p>\n<h2 id=\"questionnaires-sur-la-fatigue-liee-aux-tumeurs\">Questionnaires sur la fatigue li\u00e9e aux tumeurs<\/h2>\n<p>Trois questionnaires, sp\u00e9cialement con\u00e7us pour \u00e9valuer la fatigue associ\u00e9e aux tumeurs, ont \u00e9t\u00e9 valid\u00e9s pour les pays germanophones et peuvent donc \u00eatre utilis\u00e9s pour confirmer le diagnostic (par exemple dans le cadre d&#8217;une proc\u00e9dure d&#8217;expertise) <strong>(tableau 2).<\/strong> Les trois questionnaires ont de bonnes propri\u00e9t\u00e9s psychom\u00e9triques et peuvent \u00eatre utilis\u00e9s rapidement et facilement dans la pratique quotidienne. En outre, le module Fatigue de l&#8217;EORTC, l&#8217;EORTC QLQ-FA 13, est disponible depuis peu pour une utilisation dans les \u00e9tudes [8].<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7379 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/tab2_oh3_s22.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/526;height:383px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"526\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<h2 id=\"criteres-cim-10-pour-la-fatigue-associee-aux-tumeurs\">Crit\u00e8res CIM-10 pour la fatigue associ\u00e9e aux tumeurs<\/h2>\n<p>Pour le diagnostic de la fatigue associ\u00e9e aux tumeurs, la &#8220;Fatigue Coalition&#8221; autour de David Cella a propos\u00e9 pour la premi\u00e8re fois des crit\u00e8res CIM-10, qui n&#8217;ont cependant pas encore \u00e9t\u00e9 pris en compte dans la CIM malgr\u00e9 tous les efforts <strong>(tableau 3)<\/strong> [9]. Ces crit\u00e8res permettent de poser le diagnostic si le patient r\u00e9pond par l&#8217;affirmative \u00e0 au moins 6 des 11 sympt\u00f4mes et si ces sympt\u00f4mes sont apparus presque quotidiennement au cours des quatre derni\u00e8res semaines&nbsp; pendant une p\u00e9riode de 14 jours. L&#8217;un des sympt\u00f4mes doit \u00eatre une fatigue \u00e9vidente, disproportionn\u00e9e par rapport \u00e0 l&#8217;effort pr\u00e9c\u00e9dent. Pour pouvoir poser le diagnostic de &#8220;fatigue associ\u00e9e aux tumeurs&#8221;, la personne concern\u00e9e doit en outre se sentir limit\u00e9e par la fatigue et les sympt\u00f4mes doivent \u00eatre la cons\u00e9quence de la maladie tumorale ou de son traitement.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7380 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/tab3_oh3_s23.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1038;height:755px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"1038\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>Il ressort d&#8217;une r\u00e9cente revue syst\u00e9matique que les crit\u00e8res doivent \u00eatre r\u00e9vis\u00e9s, mais qu&#8217;ils sont fiables et valables. Il n&#8217;est pas clair, par exemple, si six sympt\u00f4mes sont vraiment n\u00e9cessaires pour \u00e9tablir un diagnostic pour le crit\u00e8re A [10]. De plus, il n&#8217;y a pas de preuve scientifique que les sympt\u00f4mes doivent \u00eatre apparus pendant 14 jours cons\u00e9cutifs sur une p\u00e9riode de quatre semaines. L&#8217;exp\u00e9rience clinique montre qu&#8217;il existe des patients qui ne r\u00e9pondent pas \u00e0 ce crit\u00e8re, mais qui souffrent n\u00e9anmoins de fatigue tumorale.<\/p>\n<h2 id=\"journal-de-la-fatigue-et-mesure-en-temps-reel\">Journal de la fatigue et mesure en temps r\u00e9el<\/h2>\n<p>Pour \u00e9tablir le diagnostic et planifier le traitement, il peut \u00eatre utile de demander aux patients de tenir un journal de fatigue dans lequel ils indiquent (par exemple \u00e0 l&#8217;aide de l&#8217;\u00e9chelle de 0 \u00e0 10), \u00e0 des moments pr\u00e9cis de la journ\u00e9e, \u00e0 quel point ils se sentent fatigu\u00e9s \u00e0 ce moment-l\u00e0 et dans quelle situation de la vie quotidienne ils se trouvent. Cela peut \u00e9galement se faire, dans l&#8217;esprit d&#8217;une mesure en temps r\u00e9el (&#8220;Ecological Momentary Assessment&#8221; [EMA]), \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;un &#8220;journal \u00e9lectronique&#8221; dans lequel le patient note plusieurs fois par jour, en r\u00e9ponse \u00e0 un signal sonore, le niveau de fatigue qu&#8217;il ressent \u00e0 ce moment-l\u00e0 [11]. L&#8217;exp\u00e9rience personnelle de cette approche est bonne [12].<\/p>\n<h2 id=\"examen-physique-laboratoire-et-diagnostics-complementaires\">Examen physique, laboratoire et diagnostics compl\u00e9mentaires<\/h2>\n<p>Il n&#8217;y a pas de r\u00e9sultats organiques ni de param\u00e8tres de laboratoire indiquant un diagnostic. Si l&#8217;anamn\u00e8se (d\u00e9taill\u00e9e), l&#8217;examen physique et l&#8217;examen de laboratoire de base orient\u00e9 ne r\u00e9v\u00e8lent pas de troubles fonctionnels sous-jacents, des examens de laboratoire et d&#8217;appareillage plus pouss\u00e9s sont rarement concluants [1].<br \/>\nSi les \u00e9tapes diagnostiques pr\u00e9c\u00e9dentes ont par exemple r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des indices de troubles fonctionnels, ceux-ci doivent \u00eatre clarifi\u00e9s \u00e0 l&#8217;aide de m\u00e9thodes diagnostiques appropri\u00e9es.<\/p>\n<h2 id=\"fatigue-tumorale-ou-depression\">Fatigue tumorale ou d\u00e9pression ?<\/h2>\n<p>L&#8217;\u00e9puisement \u00e9tant un sympt\u00f4me central des troubles d\u00e9pressifs, il convient toujours d&#8217;examiner si les plaintes des patients peuvent \u00eatre attribu\u00e9es \u00e0 une d\u00e9pression unipolaire. Pour cela, on peut par exemple v\u00e9rifier si le patient r\u00e9pond plut\u00f4t aux crit\u00e8res de la CIM-10 pour la d\u00e9pression ou aux crit\u00e8res de la CIM-10 pour la fatigue associ\u00e9e aux tumeurs [13]. L&#8217;utilisation (compl\u00e9mentaire) de questionnaires de d\u00e9pression et de CrF appropri\u00e9s peut aider \u00e0 les diff\u00e9rencier, tout comme la question de la motivation et de l&#8217;impulsion. Les patients souffrant de fatigue associ\u00e9e aux tumeurs ont souvent de l&#8217;\u00e9nergie et de la motivation, alors que les patients d\u00e9pressifs en sont souvent d\u00e9pourvus [4]. Les expressions typiques des patients sont : &#8220;Je veux bien, mais je n&#8217;y arrive pas&#8221;, mais aussi : &#8220;Je ne veux plus, car j&#8217;ai toujours constat\u00e9 que je n&#8217;y arrivais pas&#8221;. La question &#8220;\u00cates-vous triste parce que vous \u00eates si fatigu\u00e9 ou y a-t-il d&#8217;autres raisons \u00e0 cela ?&#8221; peut \u00eatre utile. Il faut toujours garder \u00e0 l&#8217;esprit que certains patients souffrent \u00e0 la fois de fatigue associ\u00e9e aux tumeurs et de d\u00e9pression unipolaire.<\/p>\n<h2 id=\"deficience-cognitive\">D\u00e9ficience cognitive<\/h2>\n<p>La fatigue associ\u00e9e aux tumeurs peut \u00e9galement se manifester au niveau cognitif. Les patients qui en souffrent se plaignent d&#8217;une diminution de leurs capacit\u00e9s intellectuelles, comme des probl\u00e8mes de concentration et de m\u00e9moire. La distinction avec le &#8220;chemobrain&#8221; est floue et n\u00e9cessite une clarification scientifique. M\u00eame si les troubles subjectivement ressentis ne correspondent pas toujours aux r\u00e9sultats des tests de performance cognitive, les troubles doivent \u00eatre pris au s\u00e9rieux et faire l&#8217;objet d&#8217;une \u00e9valuation appropri\u00e9e [14,15].  &nbsp;<\/p>\n<p><em>Pour le groupe de travail sur les mesures de soutien en oncologie, r\u00e9\u00e9ducation et m\u00e9decine sociale de la Soci\u00e9t\u00e9 allemande du cancer (ASORS). www.asors.de<\/em><\/p>\n<p><em>Reproduction autoris\u00e9e par Springer Medizin. Publi\u00e9 dans : Im Focus Oncologie 2013 ; 16(7-8) : 40-44.<\/em><\/p>\n<p>\nLitt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Horneber M, et al : Fatigue associ\u00e9e aux tumeurs : \u00e9pid\u00e9miologie, pathogen\u00e8se, diagnostic et traitement. Dtsch Arztebl Int 2012 ; 109(9) : 161-172.<\/li>\n<li>Trajkovic-Vidakovic M, et al : Symptoms tell all : A systematic review of the value of symptom assessment to predict survival in advanced cancer patients. Crit Rev Oncol Hematol 2012 ; 84(1) : 13-48.<\/li>\n<li>Jason LA, et al. : Qu&#8217;est-ce que la fatigue ? Fatigue pathologique et non pathologique. PM R 2010 ; 2(5) : 327-331.<\/li>\n<li>Heim ME, Feyer P : Le syndrome de fatigue associ\u00e9 aux tumeurs. Journal Oncologie 2011(01) : 42-47.<\/li>\n<li>National Comprehensive Cancer Network (R\u00e9seau national de canc\u00e9rologie) : NCCN Clinical Practice Guidelines in Oncology (NCCN Guidelines\u00ae) Cancer-Related Fatigue. www.nccn.org\/professionals\/ physician_gls\/pdf\/fatigue.pdf.<\/li>\n<li>Kirsh KL, et al : Je me fatigue sans raison : un d\u00e9pistage \u00e0 un seul item pour la fatigue li\u00e9e au cancer. J Pain Symptom Manage 2001 ; 22(5) : 931-937.<\/li>\n<li>Fischer I, et al. : Le syndrome d&#8217;\u00e9puisement associ\u00e9 aux tumeurs du point de vue des patients : Une \u00e9tude qualitative. 2012 (donn\u00e9es non publi\u00e9es).<\/li>\n<li>Weis J, et al. : D\u00e9veloppement d&#8217;un module de qualit\u00e9 de vie de phase III de l&#8217;EORTC pour mesurer la fatigue li\u00e9e au cancer (EORTC QLQ-FA13). Psychooncology 2013 ; 22(5) : 1002-1007.<\/li>\n<li>Cella D, et al : Progress toward guidelines for the management of fatigue. Oncologie (Williston Park) 1998 ; 12(11A) : 369-377.<\/li>\n<li>Donovan KA, et al : A systematic review of research using the diagnosis criteria for cancer-related fatigue. Psychooncology 2013 ; 22(4) : 737-744.<\/li>\n<li>Hacker ED, Ferrans CE : \u00c9valuation \u00e9cologique momentan\u00e9e de la fatigue chez les patients recevant un traitement intensif contre le cancer. 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