{"id":341155,"date":"2016-08-06T02:00:00","date_gmt":"2016-08-06T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/possibilites-de-radiotherapie-pour-les-metastases-cerebrales\/"},"modified":"2016-08-06T02:00:00","modified_gmt":"2016-08-06T00:00:00","slug":"possibilites-de-radiotherapie-pour-les-metastases-cerebrales","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/possibilites-de-radiotherapie-pour-les-metastases-cerebrales\/","title":{"rendered":"Possibilit\u00e9s de radioth\u00e9rapie pour les m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales"},"content":{"rendered":"<p><strong>Pour les m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales de 1 \u00e0 3, la radioth\u00e9rapie st\u00e9r\u00e9otaxique est tr\u00e8s efficace, soit en traitement en un temps pour les petites l\u00e9sions, soit en irradiation st\u00e9r\u00e9otaxique fractionn\u00e9e.<\/strong><strong>  En cas d&#8217;irradiation \u00e0 un temps, la dose d&#8217;irradiation doit \u00eatre soit r\u00e9duite, soit remplac\u00e9e par une radioth\u00e9rapie st\u00e9r\u00e9otaxique fractionn\u00e9e, en fonction de la taille des m\u00e9tastases. Une irradiation suppl\u00e9mentaire du cerveau entier am\u00e9liore &#8211; par rapport \u00e0 la radioth\u00e9rapie st\u00e9r\u00e9otaxique ou \u00e0 la chirurgie seules &#8211; de mani\u00e8re significative le contr\u00f4le local des m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales et en emp\u00eache de nouvelles. Cependant, aucun effet sur la survie n&#8217;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent. Par cons\u00e9quent, la proc\u00e9dure \u00e0 suivre dans ces situations doit \u00eatre discut\u00e9e en d\u00e9tail avec le patient et adapt\u00e9e \u00e0 ses besoins. L&#8217;irradiation palliative du cerveau entier est aujourd&#8217;hui principalement pratiqu\u00e9e sur les patients pr\u00e9sentant plus de trois m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales. Elle a un bon effet palliatif, mais il faut s&#8217;attendre \u00e0 une r\u00e9duction de la neurocognition \u00e0 long terme. En pr\u00e9servant le syst\u00e8me hippocampique, il est possible d&#8217;\u00e9viter la d\u00e9t\u00e9rioration de la fonction neurocognitive.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Environ 20 \u00e0 30% des patients atteints de tumeurs d\u00e9veloppent des m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales au cours de leur maladie tumorale. Chez les hommes, la tumeur primaire la plus fr\u00e9quente est le carcinome pulmonaire, suivi du carcinome r\u00e9nal et du m\u00e9lanome [1]. Chez les femmes, la tumeur primaire la plus fr\u00e9quente est le carcinome mammaire, suivi du carcinome pulmonaire et du m\u00e9lanome. Les m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales peuvent certes appara\u00eetre t\u00f4t dans l&#8217;histoire d&#8217;un patient atteint d&#8217;une tumeur et donc provoquer les premiers sympt\u00f4mes d&#8217;une maladie tumorale. Cependant, les m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales apparaissent g\u00e9n\u00e9ralement lorsque la tumeur est \u00e0 un stade avanc\u00e9.<\/p>\n<p>En raison des troubles, notamment de la symptomatologie de pression intracr\u00e2nienne avec naus\u00e9es, vomissements et r\u00e9duction cons\u00e9cutive de l&#8217;\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral, la qualit\u00e9 de vie des patients est r\u00e9duite. En l&#8217;absence de traitement, les patients meurent g\u00e9n\u00e9ralement dans un d\u00e9lai d&#8217;un \u00e0 trois mois. Le traitement est souvent difficile, car de nombreux patients ont d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u toute une s\u00e9rie de th\u00e9rapies \u00e0 ce stade, comme des chimioth\u00e9rapies, des radioth\u00e9rapies et des op\u00e9rations, de sorte que les r\u00e9serves th\u00e9rapeutiques des patients sont globalement limit\u00e9es. Inversement, chez certains patients pr\u00e9sentant une m\u00e9tastase c\u00e9r\u00e9brale unique, un traitement ad\u00e9quat permet encore d&#8217;obtenir une survie \u00e0 long terme, de sorte que le traitement doit \u00eatre organis\u00e9 de mani\u00e8re optimale.<\/p>\n<p>La radioth\u00e9rapie est un \u00e9l\u00e9ment essentiel du traitement des m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales. Cet aper\u00e7u pr\u00e9sente les options de radioth\u00e9rapie pour les m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales.<\/p>\n<h2 id=\"irradiation-du-cerveau-entier\">Irradiation du cerveau entier<\/h2>\n<p>Lors de l&#8217;irradiation du cerveau entier, le cerveau, le cervelet ainsi que tous les espaces du liquide c\u00e9phalorachidien et les m\u00e9ninges sont inclus dans les champs d&#8217;irradiation<strong> (fig.&nbsp;1). <\/strong>L&#8217;irradiation du cerveau entier permet d&#8217;am\u00e9liorer les sympt\u00f4mes neurologiques et d&#8217;escompter une am\u00e9lioration du pronostic pour les patients.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-7490\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/abb1_oh4_s17.jpg\" style=\"height:587px; width:600px\" width=\"903\" height=\"883\"><\/p>\n<p>\nL&#8217;irradiation du cerveau entier comme irradiation prophylactique (pour \u00e9viter de nouvelles m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales) s&#8217;est impos\u00e9e dans le cas du cancer bronchique \u00e0 petites cellules (SCLC). Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que l&#8217;irradiation prophylactique du cerveau entier apr\u00e8s une chimioth\u00e9rapie ou une radiochimioth\u00e9rapie permettait de r\u00e9duire le taux de m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales de 40% \u00e0 moins de 20%, aussi bien dans les stades de maladie limit\u00e9e que dans les stades de maladie \u00e9tendue [2]. Dans le cas du SCLC, cela a permis d&#8217;am\u00e9liorer le pronostic des patients aux deux stades. Ce traitement est donc consid\u00e9r\u00e9 comme la norme pour le SCLC. Dans d&#8217;autres entit\u00e9s tumorales, comme le cancer bronchique non \u00e0 petites cellules (NSCLC), l&#8217;irradiation prophylactique du cerveau entier n&#8217;a pas pu s&#8217;imposer, car elle a certes permis de r\u00e9duire les m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales, mais pas d&#8217;am\u00e9liorer le taux de survie.<\/p>\n<p>L&#8217;irradiation du cerveau entier a \u00e9t\u00e9 de plus en plus critiqu\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es en raison de l&#8217;augmentation des effets neurocognitifs tels que la r\u00e9duction des fonctions cognitives, la fatigue, la perte d&#8217;app\u00e9tit et la r\u00e9duction de l&#8217;\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral apr\u00e8s une irradiation du cerveau entier [3,4]. Plusieurs \u00e9tudes ont \u00e9galement montr\u00e9 que l&#8217;irradiation du cerveau entier n&#8217;avait pas d&#8217;effet sur le pronostic de survie des patients par rapport \u00e0 l&#8217;irradiation st\u00e9r\u00e9otaxique seule en cas de m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales jusqu&#8217;\u00e0 trois. Il faut toutefois tenir compte du fait que le taux de nouvelles m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales a \u00e9t\u00e9 significativement r\u00e9duit par l&#8217;irradiation du cerveau entier. Cela s&#8217;applique aussi bien \u00e0 la zone des r\u00e9gions irradi\u00e9es par st\u00e9r\u00e9otaxie qu&#8217;\u00e0 celle des m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales nouvellement apparues <strong>(tableaux&nbsp;1-3).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7491 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/tab1-3_oh4_s17.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1663;height:1209px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"1663\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<h2 id=\"preservation-de-lhippocampe\">\nPr\u00e9servation de l&#8217;hippocampe<\/h2>\n<p>Une possibilit\u00e9 de r\u00e9duire les effets secondaires cognitifs de l&#8217;irradiation du cerveau entier a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es dans le sens d&#8217;une r\u00e9duction de la dose au niveau de l&#8217;hippocampe par une irradiation \u00e0 modulation d&#8217;intensit\u00e9 [5]. On sait qu&#8217;une perte de l&#8217;hippocampe peut entra\u00eener une perte grave et ant\u00e9rograde de la fonction de m\u00e9moire, de l&#8217;orientation spatiale et de la capacit\u00e9 \u00e9motionnelle [6]. L&#8217;hippocampe est tr\u00e8s sensible \u00e0 l&#8217;irradiation, car la dose susceptible d&#8217;entra\u00eener ces effets secondaires n&#8217;est que de 10 \u00e0 20&nbsp;Gy [7]. Comme tr\u00e8s peu de m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales se manifestent au niveau de l&#8217;hippocampe (0,3-2,3%) [5,8\u201310], les premi\u00e8res \u00e9tudes randomis\u00e9es comparant l&#8217;irradiation du cerveau entier avec et sans pr\u00e9servation de l&#8217;hippocampe sont en cours. Gondi et al. ont rapport\u00e9, dans le cadre d&#8217;une \u00e9tude de phase II \u00e0 un bras (RTOG 0933), que chez 113 patients trait\u00e9s par une dose de 10\u00d73&nbsp;Gy, les fonctions neurocognitives (mesur\u00e9es par le &#8220;Hopkins Verbal Learning Test&#8221; et le &#8220;Revised Delayed Recall Test&#8221;) se sont nettement moins d\u00e9t\u00e9rior\u00e9es lorsque l&#8217;hippocampe a \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9 (par rapport aux t\u00e9moins historiques).  <strong>(Fig.&nbsp;2).<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7492 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/abb2_oh4_s18.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1155;height:840px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"1155\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<h2 id=\"irradiation-stereotaxique\">Irradiation st\u00e9r\u00e9otaxique<\/h2>\n<p>L&#8217;irradiation st\u00e9r\u00e9otaxique consiste \u00e0 irradier un volume tumoral relativement petit, bien d\u00e9limit\u00e9 par rapport aux tissus sains voisins, avec une dose d&#8217;irradiation plus \u00e9lev\u00e9e (4-22 Gy). On distingue la radiochirurgie, qui consiste \u00e0 appliquer une irradiation st\u00e9r\u00e9otaxique unique \u00e0 forte dose (13-22&nbsp;Gy), de l&#8217;irradiation st\u00e9r\u00e9otaxique fractionn\u00e9e, qui consiste \u00e0 appliquer une irradiation st\u00e9r\u00e9otaxique multiple \u00e0 dose r\u00e9duite, par exemple 4\u00d7 10&nbsp;Gy \u00e0 12\u00d7 4&nbsp;Gy.<\/p>\n<p>Dans les premi\u00e8res ann\u00e9es, les patients \u00e9taient positionn\u00e9s avec pr\u00e9cision \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;un syst\u00e8me de fixation sanglant. C&#8217;est quelque chose qui a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9 de nos jours. Les patients re\u00e7oivent aujourd&#8217;hui un masque en plastique standard, des blocs \u00e0 mordre, etc. Dans le pass\u00e9, on utilisait surtout le syst\u00e8me &#8220;Gammaknife&#8221; pour la st\u00e9r\u00e9otaxie ; aujourd&#8217;hui, on dispose \u00e9galement d&#8217;acc\u00e9l\u00e9rateurs lin\u00e9aires d\u00e9di\u00e9s, comme le syst\u00e8me d&#8217;acc\u00e9l\u00e9ration Novalis, ou d&#8217;un appareil Cyberknife. Il est \u00e9galement possible de r\u00e9aliser une st\u00e9r\u00e9otaxie avec la plupart des acc\u00e9l\u00e9rateurs disponibles dans le commerce.<\/p>\n<h2 id=\"avantages-et-inconvenients-de-la-radiochirurgie\">Avantages et inconv\u00e9nients de la radiochirurgie<\/h2>\n<p>Les avantages de la radiochirurgie sont notamment l&#8217;approche peu ou pas invasive. Gr\u00e2ce au volume cible d\u00e9fini avec pr\u00e9cision au millim\u00e8tre pr\u00e8s et \u00e0 la forte diminution du bord de la dose, on obtient une pr\u00e9servation maximale des tissus sains environnants <strong>(fig.&nbsp;3).<\/strong> Un autre avantage de l&#8217;irradiation st\u00e9r\u00e9otaxique est qu&#8217;elle peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e plusieurs fois, notamment lorsque les patients d\u00e9veloppent des m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales dans de nouvelles localisations [12]. Toutefois, l&#8217;inconv\u00e9nient par rapport \u00e0 la chirurgie est qu&#8217;il n&#8217;est pas possible de confirmer le diagnostic par histologie.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7493 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/abb3_oh4_s19.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/581;height:423px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"581\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>L&#8217;irradiation st\u00e9r\u00e9otaxique, au sens de la radiochirurgie, a d&#8217;abord \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e en pr\u00e9sence d&#8217;une m\u00e9tastase d&#8217;une taille allant jusqu&#8217;\u00e0 1-2&nbsp;cm de diam\u00e8tre. Cela a permis d&#8217;obtenir des taux de contr\u00f4le local de 70-90% apr\u00e8s l&#8217;application de 20-22&nbsp;Gy. Aujourd&#8217;hui, jusqu&#8217;\u00e0 trois m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales sont \u00e9galement r\u00e9guli\u00e8rement trait\u00e9es, soit par irradiation st\u00e9r\u00e9otaxique \u00e0 temps unique pour les diam\u00e8tres &lt;2&nbsp;cm, soit par radioth\u00e9rapie st\u00e9r\u00e9otaxique fractionn\u00e9e pour les diam\u00e8tres plus importants. M\u00eame une radioth\u00e9rapie st\u00e9r\u00e9otaxique seule de 5 \u00e0 10 m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales peut \u00eatre tout \u00e0 fait efficace [13].<\/p>\n<p>Les effets secondaires de la radiochirurgie sont, en aigu, un \u0153d\u00e8me symptomatique (7-10%), des naus\u00e9es, des vomissements et, tr\u00e8s rarement, des convulsions. \u00c0 long terme, la radioth\u00e9rapie peut parfois provoquer des saignements intral\u00e9sionnels. Les radion\u00e9croses sont beaucoup plus fr\u00e9quentes et il est souvent tr\u00e8s difficile de les distinguer d&#8217;une progression tumorale. Kohutec et al. ont trouv\u00e9 des radion\u00e9croses chez jusqu&#8217;\u00e0 25% des patients, dont 17% sont devenus cliniquement symptomatiques, c&#8217;est-\u00e0-dire ont souffert d&#8217;un \u0153d\u00e8me c\u00e9r\u00e9bral croissant. C&#8217;est surtout la taille de la tumeur qui est responsable de la radion\u00e9crose. Pour les m\u00e9tastases tumorales de moins de 0,5 cm, les radion\u00e9croses sont survenues dans moins de 10% des cas, et jusqu&#8217;\u00e0 60% pour une tumeur de plus de 1,5&nbsp;cm. A cela s&#8217;ajoute la dose appliqu\u00e9e. Une dose de 20-22&nbsp;Gy est aujourd&#8217;hui consid\u00e9r\u00e9e comme bien tol\u00e9r\u00e9e. Toutefois, en cas de m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales importantes, la dose doit \u00eatre r\u00e9duite et le contr\u00f4le local peut donc \u00e9galement se d\u00e9grader. Le &#8220;Radiation Therapy Oncology Group&#8221; (RTOG) recommande une dose dans le cadre de l&#8217;irradiation en un temps de 20-22&nbsp;Gy pour les m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales jusqu&#8217;\u00e0 2 cm, de 18&nbsp;Gy pour les tumeurs de 2-3&nbsp;cm et de 15&nbsp;Gy pour les tumeurs de plus de 3&nbsp;cm.<\/p>\n<p>En raison de la dose limit\u00e9e dans les tumeurs de grande taille, de plus en plus de groupes de travail se tournent vers une irradiation st\u00e9r\u00e9otaxique fractionn\u00e9e plut\u00f4t que vers une irradiation en un temps pour ces tumeurs. Les doses d&#8217;irradiation appliqu\u00e9es sont de 10\u00d7 4&nbsp;Gy, 7\u00d7 5&nbsp;Gy, 6\u00d7 6&nbsp;Gy, etc. Une analyse r\u00e9trospective a montr\u00e9 que l&#8217;irradiation st\u00e9r\u00e9otaxique fractionn\u00e9e permettait de r\u00e9duire consid\u00e9rablement le taux de n\u00e9crose par rapport \u00e0 l&#8217;irradiation en un temps (de 17% \u00e0 5% ; p &lt;0,05), tout en conservant le m\u00eame contr\u00f4le local (69% contre 71%) [15]. Des r\u00e9sultats \u00e9quivalents sont \u00e9galement rapport\u00e9s pour d&#8217;autres groupes de faisceaux [16].<\/p>\n<h2 id=\"irradiation-a-temps-unique-seule-ou-cerveau-entier-plus-irradiation-a-temps-unique\">Irradiation \u00e0 temps unique seule ou cerveau entier plus irradiation \u00e0 temps unique ?<\/h2>\n<p>L&#8217;ajout d&#8217;une irradiation st\u00e9r\u00e9otaxique (15-24&nbsp;Gy) \u00e0 une irradiation du cerveau entier (2,5-37,5&nbsp;Gy) am\u00e9liore le pronostic des patients atteints de m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales singuli\u00e8res et de petites m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales : La dur\u00e9e m\u00e9diane de survie est pass\u00e9e de 4,9 \u00e0 6,5 mois (p=0,039) dans une \u00e9tude [17]. De plus, la radioth\u00e9rapie st\u00e9r\u00e9otaxique appliqu\u00e9e en compl\u00e9ment a permis d&#8217;am\u00e9liorer significativement l&#8217;\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral de ces patients et de r\u00e9duire de mani\u00e8re significative la consommation de st\u00e9ro\u00efdes.<\/p>\n<p>Dans le cadre de toute une s\u00e9rie d&#8217;\u00e9tudes randomis\u00e9es, on a maintenant examin\u00e9 si les r\u00e9sultats th\u00e9rapeutiques d&#8217;une irradiation st\u00e9r\u00e9otaxique ou d&#8217;une r\u00e9section microchirurgicale pouvaient \u00eatre am\u00e9lior\u00e9s par une irradiation suppl\u00e9mentaire du cerveau entier (tab.&nbsp;1-3) [18\u201321]. Toutes les \u00e9tudes ont montr\u00e9 que l&#8217;irradiation suppl\u00e9mentaire du cerveau entier permettait d&#8217;am\u00e9liorer le contr\u00f4le local des m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales pr\u00e9existantes, passant de 67-90% \u00e0 84-100%. De plus, l&#8217;irradiation du cerveau entier a permis de r\u00e9duire significativement l&#8217;apparition de nouvelles m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales : Apr\u00e8s une irradiation st\u00e9r\u00e9otaxique seule, de nouvelles m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales sont apparues dans 32-63% des cas, contre 10-50% seulement apr\u00e8s une irradiation c\u00e9r\u00e9brale totale suppl\u00e9mentaire. Cependant, aucune \u00e9tude n&#8217;a montr\u00e9 que le pronostic des patients s&#8217;\u00e9tait am\u00e9lior\u00e9. Le pronostic des patients \u00e9tait quasiment identique dans les \u00e9tudes, mais chez Chang et al. le pronostic \u00e9tait m\u00eame r\u00e9duit en cas d&#8217;irradiation suppl\u00e9mentaire du cerveau entier.<\/p>\n<p>Tout r\u00e9cemment, les r\u00e9sultats de l&#8217;\u00e9tude NCCTG N0574 (Alliance) de phase III ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s lors du congr\u00e8s ASCO 2015 [22]. Dans ce travail, qui n&#8217;a pas encore \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 sous forme de manuscrit complet, on constate \u00e9galement, en accord avec les quatre travaux cit\u00e9s, une am\u00e9lioration du contr\u00f4le intracr\u00e2nien par l&#8217;ajout de l&#8217;irradiation du cerveau entier, mais aucune am\u00e9lioration de la survie globale.<\/p>\n<p>Dans une analyse r\u00e9cente men\u00e9e au Japon, Aoyama et al. montrent en revanche que, dans certains groupes de patients pr\u00e9sentant un bon pronostic (score DS-GPA 2,5-4,0), l&#8217;adjonction d&#8217;une irradiation du cerveau entier permet d&#8217;am\u00e9liorer la survie globale (taux de survie \u00e0 2 ans de 20% sans irradiation du cerveau entier, de 50% avec irradiation du cerveau entier, p=0,04) [23].<\/p>\n<p>En raison du taux d&#8217;effets secondaires dans le domaine cognitif, de tr\u00e8s nombreux groupes de travail ont d\u00e9cid\u00e9 de ne plus effectuer d&#8217;irradiation du cerveau entier en cas de 1 \u00e0 3 m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales, mais uniquement une irradiation st\u00e9r\u00e9otaxique des diff\u00e9rentes m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales. En revanche, nous pr\u00e9f\u00e9rons une approche gradu\u00e9e en fonction de l&#8217;histologie et du nombre de m\u00e9tastases :<\/p>\n<ul>\n<li>Chez les patients pr\u00e9sentant une m\u00e9tastase c\u00e9r\u00e9brale unique, une irradiation st\u00e9r\u00e9otaxique est le plus souvent r\u00e9alis\u00e9e, sauf pour les SCLC.<\/li>\n<li>En cas de 2-3 m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales, le m\u00e9lanome malin, le carcinome du c\u00f4lon et le carcinome des cellules r\u00e9nales sont \u00e9galement trait\u00e9s par irradiation st\u00e9r\u00e9otaxique seule. Les patients atteints d&#8217;un cancer du poumon non \u00e0 petites cellules ou d&#8217;un cancer du sein re\u00e7oivent une information d\u00e9taill\u00e9e qui leur permet de d\u00e9cider s&#8217;ils veulent une radioth\u00e9rapie st\u00e9r\u00e9otaxique seule ou une radioth\u00e9rapie st\u00e9r\u00e9otaxique plus une irradiation du cerveau entier.<\/li>\n<\/ul>\n<h2 id=\"radiotherapie-postoperatoire\">Radioth\u00e9rapie postop\u00e9ratoire<\/h2>\n<p>Des \u00e9tudes plus anciennes ont montr\u00e9 que l&#8217;irradiation postop\u00e9ratoire du cerveau entier pouvait am\u00e9liorer le pronostic des patients apr\u00e8s l&#8217;ablation chirurgicale d&#8217;une m\u00e9tastase c\u00e9r\u00e9brale [24\u201326]. En particulier, le contr\u00f4le intracr\u00e2nien des m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales \u00e9tait nettement am\u00e9lior\u00e9 chez ces patients. Cet effet a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 dans l&#8217;\u00e9tude EORTC 22952-26001 [27]. Apr\u00e8s une chirurgie seule, les m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales r\u00e9apparaissaient chez 60% des patients, mais l&#8217;ajout d&#8217;une irradiation du cerveau entier a permis de r\u00e9duire ce taux de moiti\u00e9, \u00e0 30%. Malgr\u00e9 cela, le pronostic des patients ne s&#8217;est pas am\u00e9lior\u00e9 dans l&#8217;\u00e9tude EORTC. Par cons\u00e9quent, l&#8217;irradiation postop\u00e9ratoire du cerveau entier a \u00e9t\u00e9 de plus en plus remise en question.<\/p>\n<p>Comme alternative, la radioth\u00e9rapie locale de la cavit\u00e9 de r\u00e9section est de plus en plus pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e. Cela permet \u00e9galement d&#8217;obtenir de tr\u00e8s bons taux de contr\u00f4le local, jusqu&#8217;\u00e0 90% [28]. En cas de m\u00e9tastases uniques, nous effectuons donc g\u00e9n\u00e9ralement une radioth\u00e9rapie st\u00e9r\u00e9otaxique locale ; en cas de foyers multiples, les patients sont inform\u00e9s des risques et des chances de l&#8217;irradiation du cerveau entier et sont impliqu\u00e9s dans le processus de d\u00e9cision.<\/p>\n<h2 id=\"recidive-de-metastases-cerebrales\">R\u00e9cidive de m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales<\/h2>\n<p>La radioth\u00e9rapie st\u00e9r\u00e9otaxique peut \u00e9galement \u00eatre efficace pour les m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales qui r\u00e9apparaissent apr\u00e8s une irradiation du cerveau entier. Pour les m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales qui r\u00e9apparaissent apr\u00e8s une irradiation du cerveau entier, une \u00e9tude a montr\u00e9 qu&#8217;une irradiation st\u00e9r\u00e9otaxique \u00e0 un temps de 20-22&nbsp;Gy permettait d&#8217;obtenir un contr\u00f4le local de 50-60% suppl\u00e9mentaires [29]. Toutefois, les patients doivent \u00eatre inform\u00e9s du taux accru d&#8217;effets secondaires.<\/p>\n<p>Il n&#8217;est pas certain qu&#8217;une irradiation du cerveau entier soit encore efficace apr\u00e8s de multiples irradiations st\u00e9r\u00e9otaxiques. Il existe peu de donn\u00e9es fiables \u00e0 ce sujet. Dans ces situations, nous appliquons \u00e0 nouveau 12-20\u00d7 2&nbsp;Gy en m\u00eame temps qu&#8217;une chimioth\u00e9rapie. Les patients doivent \u00e9galement \u00eatre inform\u00e9s de l&#8217;augmentation des effets secondaires.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><strong>Bibliographie chez les auteurs<\/strong><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c4MATOLOGIE 2016 ; 4(4):16-20<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour les m\u00e9tastases c\u00e9r\u00e9brales de 1 \u00e0 3, la radioth\u00e9rapie st\u00e9r\u00e9otaxique est tr\u00e8s efficace, soit en traitement en un temps pour les petites l\u00e9sions, soit en irradiation st\u00e9r\u00e9otaxique fractionn\u00e9e. 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