{"id":341248,"date":"2016-07-07T02:00:00","date_gmt":"2016-07-07T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/cancer-du-pancreas-sans-chirurgie-les-patients-ont-peu-de-chances-de-survivre\/"},"modified":"2016-07-07T02:00:00","modified_gmt":"2016-07-07T00:00:00","slug":"cancer-du-pancreas-sans-chirurgie-les-patients-ont-peu-de-chances-de-survivre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/cancer-du-pancreas-sans-chirurgie-les-patients-ont-peu-de-chances-de-survivre\/","title":{"rendered":"Cancer du pancr\u00e9as : sans chirurgie, les patients ont peu de chances de survivre"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le deuxi\u00e8me jour de la Gastrointestinal Cancer Conference \u00e0 St.&nbsp;Gallen \u00e9tait consacr\u00e9 au cancer du pancr\u00e9as. En termes de fr\u00e9quence, le cancer du pancr\u00e9as est l&#8217;un des cancers les plus mortels. Certes, le pronostic s&#8217;est am\u00e9lior\u00e9 au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, mais malheureusement de mani\u00e8re limit\u00e9e. L&#8217;ablation chirurgicale compl\u00e8te de la tumeur reste la condition la plus importante pour que les patients concern\u00e9s puissent survivre \u00e0 la maladie \u00e0 long terme.  <\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Le cancer du pancr\u00e9as (PC) ne repr\u00e9sente que 3,2% de tous les nouveaux cas de cancer en Suisse, mais il repr\u00e9sente 7% de tous les d\u00e9c\u00e8s par cancer chaque ann\u00e9e. Dans les pays industrialis\u00e9s, le PC est la quatri\u00e8me ou cinqui\u00e8me cause de d\u00e9c\u00e8s par cancer, et la tendance est \u00e0 la hausse. Les facteurs li\u00e9s au mode de vie et le vieillissement de la population sont probablement responsables de cette augmentation de l&#8217;incidence. On estime que le PC sera la deuxi\u00e8me cause de d\u00e9c\u00e8s par cancer aux \u00c9tats-Unis en 2020.  &nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"le-tabagisme-est-a-lorigine-de-20-des-cancers-du-pancreas\">Le tabagisme est \u00e0 l&#8217;origine de 20% des cancers du pancr\u00e9as<\/h2>\n<p>Le Dr Patrick Maisonneuve, de l&#8217;Institut europ\u00e9en d&#8217;oncologie, Milan (I), a parl\u00e9 de l&#8217;\u00e9pid\u00e9miologie et des facteurs de risque du PC. Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de PC <strong>(tableau&nbsp;1). <\/strong>Des facteurs h\u00e9r\u00e9ditaires et g\u00e9n\u00e9tiques rares augmentent fortement le risque, mais ils ne sont responsables que d&#8217;une tr\u00e8s petite partie des PC. Des ant\u00e9c\u00e9dents familiaux de cancer du pancr\u00e9as doublent le risque. Le principal facteur de risque dans la population g\u00e9n\u00e9rale est le tabagisme, qui est \u00e0 l&#8217;origine d&#8217;environ 20% de toutes les PC. Des facteurs m\u00e9taboliques tels que l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9, une mauvaise tol\u00e9rance au glucose et un diab\u00e8te de longue dur\u00e9e augmentent \u00e9galement le risque, tandis qu&#8217;une pr\u00e9disposition atopique et l&#8217;utilisation de la metformine r\u00e9duisent le risque.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-7353\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/tab1_oh3_s26.png\" style=\"height:785px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"1080\"><\/p>\n<p>Environ deux tiers des facteurs de risque d\u00e9pendent du mode de vie, ce qui signifie qu&#8217;en prenant des mesures pr\u00e9ventives coh\u00e9rentes (ne pas fumer, r\u00e9duire la consommation d&#8217;alcool, avoir une alimentation \u00e9quilibr\u00e9e riche en fruits et l\u00e9gumes et pauvre en viande rouge, faire suffisamment d&#8217;exercice), l&#8217;incidence de la PC pourrait \u00eatre r\u00e9duite de 30%.<\/p>\n<h2 id=\"possibilites-de-detection-precoce-dans-les-groupes-a-haut-risque\">Possibilit\u00e9s de d\u00e9tection pr\u00e9coce dans les groupes \u00e0 haut risque<\/h2>\n<p>Le professeur Marco Bruno, University Medical Center Rotterdam (NL), a pr\u00e9sent\u00e9 les options de d\u00e9tection pr\u00e9coce de la PC. Les mesures de d\u00e9pistage peuvent \u00eatre importantes pour les personnes qui pr\u00e9sentent un risque nettement accru de d\u00e9velopper la maladie en raison d&#8217;une pr\u00e9disposition h\u00e9r\u00e9ditaire. On distingue principalement deux groupes cibles. La plus grande comprend les personnes ayant au moins trois parents au premier degr\u00e9 atteints de PC, mais sans anomalie g\u00e9n\u00e9tique connue (cancer du pancr\u00e9as familial, CPF) &#8211; leur risque de d\u00e9velopper une PC est 17 \u00e0 32 fois plus \u00e9lev\u00e9 par rapport \u00e0 la population normale. Le second groupe est constitu\u00e9 de personnes pr\u00e9sentant un syndrome g\u00e9n\u00e9tique bien d\u00e9fini qui augmente le risque de d\u00e9velopper diff\u00e9rents cancers <strong>(tableau&nbsp;2).<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7354 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/tab2_oh3_s27.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/777;height:565px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"777\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>La surveillance des personnes \u00e0 haut risque de PC a pour but de pr\u00e9venir les d\u00e9c\u00e8s (trop) pr\u00e9coces, soit en d\u00e9tectant le cancer \u00e0 un stade pr\u00e9coce pouvant encore \u00eatre trait\u00e9 de mani\u00e8re curative, soit en diagnostiquant les l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses avant qu&#8217;un cancer invasif ne se d\u00e9veloppe. Parmi les pr\u00e9curseurs (encore) b\u00e9nins d&#8217;une PC figurent les n\u00e9oplasies intra\u00e9pith\u00e9liales du pancr\u00e9as (PanIN), les n\u00e9oplasies mucineuses intrapancr\u00e9atiques (IPMN) et les cystad\u00e9nomes mucineux. Les l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses mettent environ douze ans \u00e0 se d\u00e9velopper en carcinome invasif. Cette fen\u00eatre d&#8217;opportunit\u00e9 peut \u00eatre utilis\u00e9e pour des mesures de d\u00e9tection pr\u00e9coce, mais les proc\u00e9dures techniques doivent \u00e9galement pouvoir d\u00e9tecter les stades pr\u00e9coces.<\/p>\n<p>Actuellement, le d\u00e9pistage repose principalement sur l&#8217;endosonographie (annuelle) et l&#8217;IRM, mais des recherches intensives sont men\u00e9es sur d&#8217;\u00e9ventuels biomarqueurs pouvant \u00eatre d\u00e9tect\u00e9s dans le suc pancr\u00e9atique, le sang, la salive ou les selles. Un d\u00e9pistage r\u00e9gulier de la PC est recommand\u00e9 pour les personnes dont le risque de PC est multipli\u00e9 par au moins 10. Mais \u00e0 ce jour, il n&#8217;existe aucune preuve que la surveillance des personnes \u00e0 haut risque de PC am\u00e9liore la survie.<\/p>\n<h2 id=\"lamelioration-de-la-chirurgie-ameliore-le-pronostic\">L&#8217;am\u00e9lioration de la chirurgie am\u00e9liore le pronostic<\/h2>\n<p>Le Dr Jens Werner, de la Clinique de l&#8217;Universit\u00e9 de Munich (D), a donn\u00e9 des informations sur les facteurs qui peuvent am\u00e9liorer le pronostic de la PC. Au cours des 40 derni\u00e8res ann\u00e9es, le pronostic s&#8217;est certes am\u00e9lior\u00e9, mais malheureusement tr\u00e8s peu. L&#8217;une des raisons est probablement que de nombreux patients atteints de PC &#8220;localis\u00e9e&#8221; pr\u00e9sentent d\u00e9j\u00e0 des microm\u00e9tastases au moment du diagnostic. Le taux de survie \u00e0 5 ans est actuellement compris entre 15 et 25%. Elle d\u00e9pend toutefois fortement de facteurs de risque<br \/>\nqui permettent une \u00e9valuation pr\u00e9cise des pr\u00e9visions.<\/p>\n<p>Le facteur le plus important pour une \u00e9ventuelle gu\u00e9rison est la r\u00e9section curative R0 du carcinome, y compris une lymphad\u00e9nectomie standard. L&#8217;ablation compl\u00e8te du carcinome ne peut parfois \u00eatre obtenue que par une pancr\u00e9atectomie totale ; si les vaisseaux ne sont pas encore infiltr\u00e9s, la survie \u00e0 5 ans est de 25%. La qualit\u00e9 de vie des patients concern\u00e9s est bonne et le diab\u00e8te est g\u00e9n\u00e9ralement bien contr\u00f4l\u00e9.<\/p>\n<p>Cependant, malgr\u00e9 l&#8217;importance de la chirurgie, selon une \u00e9tude de 2007, l&#8217;intervention n&#8217;est pas propos\u00e9e \u00e0 tous les patients pour lesquels une op\u00e9ration serait possible et utile [2]. Les chimioth\u00e9rapies et les th\u00e9rapies cibl\u00e9es contribuent \u00e9galement \u00e0 am\u00e9liorer le pronostic.<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, les mesures suivantes sont n\u00e9cessaires pour am\u00e9liorer le pronostic du plus grand nombre possible de patients :<\/p>\n<ul>\n<li>Op\u00e9ration la plus rapide possible apr\u00e8s le diagnostic<\/li>\n<li>R\u00e9section radicale de la tumeur (R0)<\/li>\n<li>R\u00e9section \u00e9tendue, si n\u00e9cessaire<\/li>\n<li>R\u00e9section de l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses ; pas de &#8220;watch and wait&#8221;.<\/li>\n<li>Th\u00e9rapie multimodale, y compris Chimioth\u00e9rapie et th\u00e9rapies cibl\u00e9es<\/li>\n<\/ul>\n<h2 id=\"quelle-est-lefficacite-de-la-radiochimiotherapie-neoadjuvante\">Quelle est l&#8217;efficacit\u00e9 de la radiochimioth\u00e9rapie n\u00e9oadjuvante ?<\/h2>\n<p>Lors du diagnostic d&#8217;un PC, les patients peuvent \u00eatre class\u00e9s en diff\u00e9rents groupes :<\/p>\n<ul>\n<li>15-20% ont une maladie localis\u00e9e et sont directement op\u00e9rables ;<\/li>\n<li>30 \u00e0 40% ont une maladie localement avanc\u00e9e (en partie op\u00e9rable, en partie inop\u00e9rable) ;<\/li>\n<li>40% ont une maladie m\u00e9tastatique trait\u00e9e par chimioth\u00e9rapie.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pour les patients dont la maladie est localis\u00e9e, la question se pose de savoir si une chimioth\u00e9rapie n\u00e9oadjuvante, voire une radiochimioth\u00e9rapie, peut am\u00e9liorer les chances de gu\u00e9rison. Le professeur Karin Haustermans, UZ Leuven (Belgique), a parl\u00e9 de l&#8217;option de la radiochimioth\u00e9rapie lors du congr\u00e8s.<\/p>\n<p>Les organes qui entourent le pancr\u00e9as (intestin gr\u00eale, reins, moelle \u00e9pini\u00e8re, foie) sont tr\u00e8s sensibles aux radiations, c&#8217;est pourquoi la radioth\u00e9rapie est un d\u00e9fi particulier. Pour la radioth\u00e9rapie adjuvante, il existe quelques \u00e9tudes dont les r\u00e9sultats sont n\u00e9gatifs, mais pour la radioth\u00e9rapie n\u00e9oadjuvante, deux \u00e9tudes ont montr\u00e9 une am\u00e9lioration de la survie m\u00e9diane [3,4].<\/p>\n<p>Le traitement n\u00e9oadjuvant pr\u00e9sente certains avantages :<\/p>\n<ul>\n<li>Pour les patients dont la maladie \u00e9volue rapidement, le re-staging apr\u00e8s radiochimioth\u00e9rapie permet d&#8217;\u00e9viter une op\u00e9ration inutile.<\/li>\n<li>Les microm\u00e9tastases sont trait\u00e9es rapidement.<\/li>\n<li>Les chances d&#8217;une r\u00e9section R0 ult\u00e9rieure peuvent \u00eatre augment\u00e9es.<\/li>\n<li>La vascularisation de la tumeur est encore intacte, ce qui signifie que la chimioth\u00e9rapie peut mieux p\u00e9n\u00e9trer et que la radioth\u00e9rapie est plus efficace (oxyg\u00e9nation des cellules tumorales).<\/li>\n<li>Le volume cible pour l&#8217;irradiation est plus petit.<\/li>\n<li>La dur\u00e9e totale du traitement est plus courte.<\/li>\n<li>Apr\u00e8s l&#8217;op\u00e9ration, l&#8217;histologie des tissus trait\u00e9s peut \u00eatre \u00e9valu\u00e9e ; la r\u00e9action histologique est un marqueur pronostique.<\/li>\n<li>Aucun retard de traitement d\u00fb \u00e0 des plaies qui gu\u00e9rissent mal.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le professeur Haustermans a soulign\u00e9 qu&#8217;il \u00e9tait important de continuer \u00e0 am\u00e9liorer les techniques de radioth\u00e9rapie. L&#8217;une d&#8217;entre elles est la radioth\u00e9rapie st\u00e9r\u00e9otaxique (SBRT), qui oblige les patients \u00e0 retenir leur respiration pendant un court laps de temps afin d&#8217;\u00e9viter tout mouvement des organes et donc toute &#8220;co-irradiation&#8221; des tissus sains. L&#8217;avantage de la SBRT est qu&#8217;elle d\u00e9truit \u00e9galement les endoth\u00e9liums, les membranes cellulaires et les vaisseaux, ce qui se traduit par un meilleur effet antitumoral. Mais en principe, la r\u00e8gle suivante s&#8217;applique \u00e9galement \u00e0 la chimioradioth\u00e9rapie n\u00e9oadjuvante : &#8220;The therapy must not be worse than the disease&#8221;.<\/p>\n<p><em>Source : <sup>3rd<\/sup> St. Gallen-International Gastrointestinal Cancer Conference, 10-12 mars 2016, Saint-Gall<\/em><\/p>\n<p>\nLitt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Maisonneuve P, Lowenfels AB : Risk factors for pancreatic cancer : a summary review of meta-analytical studies. Int J Epidemiol 2015 ; 44(1) : 186-198.<\/li>\n<li>Riall TS, Lillemoe KD : Sous-utilisation de la r\u00e9section chirurgicale chez les patients atteints de cancer du pancr\u00e9as localis\u00e9. Ann Surg 2007 ; 246(2) : 181-182.<\/li>\n<li>Breslin TM, et al : Chimioradioth\u00e9rapie n\u00e9oadjuvante pour l&#8217;ad\u00e9nocarcinome du pancr\u00e9as : variables du traitement et dur\u00e9e de la survie. Ann Surg Oncol 2001 ; 8(2) : 123-132.<\/li>\n<li>White R, et al : Significance of histological response to preoparative chemoradiotherapy for pancreatic cancer. Ann Surg Oncol 2005 ; 12 : 214-221.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\n<em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c4MATOLOGIE 2016 ; 4(3) : 25-27<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le deuxi\u00e8me jour de la Gastrointestinal Cancer Conference \u00e0 St.&nbsp;Gallen \u00e9tait consacr\u00e9 au cancer du pancr\u00e9as. 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