{"id":341297,"date":"2016-06-29T02:00:00","date_gmt":"2016-06-29T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/pneumonie-acquise-en-ambulatoire\/"},"modified":"2016-06-29T02:00:00","modified_gmt":"2016-06-29T00:00:00","slug":"pneumonie-acquise-en-ambulatoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/pneumonie-acquise-en-ambulatoire\/","title":{"rendered":"Pneumonie acquise en ambulatoire"},"content":{"rendered":"<p><strong>La pneumonie acquise en ambulatoire est une pathologie h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. Le diagnostic clinique n&#8217;est pas toujours \u00e9vident. Chez de nombreux patients, en particulier les plus \u00e2g\u00e9s, les signes typiques tels que la toux, les expectorations ou la fi\u00e8vre sont absents. La mise en \u00e9vidence d&#8217;un infiltrat pneumonique sur la radiographie du thorax permet de confirmer le diagnostic. La gravit\u00e9 et donc la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;une hospitalisation peuvent \u00eatre d\u00e9termin\u00e9es \u00e0 l&#8217;aide de param\u00e8tres simples, il faut \u00e9galement tenir compte des comorbidit\u00e9s. Les patients trait\u00e9s en ambulatoire peuvent g\u00e9n\u00e9ralement \u00eatre trait\u00e9s de mani\u00e8re empirique sans recherche d&#8217;agents pathog\u00e8nes causaux ; pour les patients hospitalis\u00e9s, le diagnostic des agents pathog\u00e8nes doit \u00eatre adapt\u00e9 \u00e0 la gravit\u00e9 du cas. En cas d&#8217;\u00e9chec du traitement, il faut en premier lieu penser \u00e0 une complication ou \u00e0 un diagnostic diff\u00e9rentiel. Les infiltrats pulmonaires peuvent \u00e9galement avoir une origine non infectieuse.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les infections respiratoires sont fr\u00e9quentes dans la pratique de la m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale. Les infections des voies respiratoires sup\u00e9rieures, les bronchites aigu\u00ebs, les bronchectasies exacerb\u00e9es, les BPCO exacerb\u00e9es aigu\u00ebs et les pneumonies acquises en ambulatoire ne sont pas toujours faciles \u00e0 distinguer au premier abord. Cependant, seule une d\u00e9limitation de ces entit\u00e9s peut garantir le traitement qui, dans le contexte de la r\u00e9sistance croissante aux antibiotiques et de l&#8217;augmentation des co\u00fbts du syst\u00e8me de sant\u00e9, permet non seulement d&#8217;offrir des soins optimaux aux patients, mais aussi d&#8217;utiliser les antibiotiques de mani\u00e8re raisonnable et de r\u00e9partir efficacement les ressources.<\/p>\n<h2 id=\"pneumonie-acquise-en-ambulatoire-une-maladie-heterogene\">Pneumonie acquise en ambulatoire &#8211; une maladie h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne<\/h2>\n<p>D&#8217;un point de vue clinique, il est utile de classer la pneumonie &#8211; l&#8217;inflammation du parenchyme pulmonaire d&#8217;origine microbienne &#8211; en fonction du lieu d&#8217;acquisition et du statut immunitaire du patient. Les principaux agents pathog\u00e8nes chez les patients ambulatoires non immunod\u00e9prim\u00e9s sont r\u00e9sum\u00e9s dans le <strong>tableau&nbsp;1<\/strong>. Sont \u00e9galement consid\u00e9r\u00e9es comme acquises en ambulatoire les pneumonies survenant lors d&#8217;un s\u00e9jour dans une maison de retraite ou de soins ou lors d&#8217;un traitement chronique par h\u00e9modialyse.<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-7407\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab1_hp7_s11.png\" style=\"height:577px; width:600px\" width=\"893\" height=\"854\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab1_hp7_s11.png 893w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab1_hp7_s11-800x765.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab1_hp7_s11-120x115.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab1_hp7_s11-90x86.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab1_hp7_s11-320x306.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab1_hp7_s11-560x536.png 560w\" sizes=\"(max-width: 893px) 100vw, 893px\" \/><\/p>\n<p>Le terme &#8220;pneumonie acquise en ambulatoire&#8221; englobe un spectre h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne de tableaux cliniques, dont certains se d\u00e9roulent facilement et sans complications, mais qui peuvent aussi constituer des urgences vitales et pr\u00e9senter une mortalit\u00e9 importante (la mortalit\u00e9 de toutes les pneumonies trait\u00e9es \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital est de 10-20%). La pneumonie est \u00e9galement fr\u00e9quente en phase terminale d&#8217;une maladie chronique pulmonaire ou extra-pulmonaire (par ex. insuffisance cardiaque, tumeur maligne, maladie neurologique) ou en fin de vie chez les personnes tr\u00e8s \u00e2g\u00e9es.<\/p>\n<h2 id=\"clinique-pas-toujours-specifique\">Clinique : pas toujours sp\u00e9cifique<\/h2>\n<p>La pneumonie se manifeste d&#8217;une part par des sympt\u00f4mes respiratoires (toux, expectoration purulente, dyspn\u00e9e) et d&#8217;autre part par des sympt\u00f4mes syst\u00e9miques (malaise, fi\u00e8vre ou hypothermie, frissons). Elle doit \u00eatre suspect\u00e9e en cas de maladie aigu\u00eb chez un patient immunocomp\u00e9tent sans autre cause apparente, avec comme sympt\u00f4me principal la toux, une nouvelle d\u00e9couverte focale \u00e0 l&#8217;examen clinique du thorax et une fi\u00e8vre de plus de 4 jours, une dyspn\u00e9e ou une tachypn\u00e9e.<\/p>\n<p>Chez les patients \u00e2g\u00e9s ou atteints d&#8217;une maladie chronique, la r\u00e9ponse immunitaire diminue, de sorte que les sympt\u00f4mes respiratoires ou la fi\u00e8vre peuvent \u00eatre limit\u00e9s ou absents. Confusion, faiblesse, somnolence, d\u00e9compensation d&#8217;autres maladies ou autres sympt\u00f4mes extrapulmonaires non sp\u00e9cifiques peuvent rester les seuls sympt\u00f4mes.<\/p>\n<h2 id=\"la-radiographie-du-thorax-reste-letalon-or\">La radiographie du thorax reste l&#8217;\u00e9talon-or<\/h2>\n<p>Il n&#8217;y a pas de sympt\u00f4mes sp\u00e9cifiques \u00e0 la pneumonie. De m\u00eame, la combinaison de l&#8217;anamn\u00e8se et de l&#8217;examen clinique ne permet pas de distinguer une pneumonie d&#8217;une autre infection des voies respiratoires inf\u00e9rieures (bronchite aigu\u00eb, exacerbation aigu\u00eb d&#8217;une BPCO ou d&#8217;une bronchectasie, grippe) avec une sp\u00e9cificit\u00e9 suffisante pour confirmer le diagnostic et poser ainsi l&#8217;indication d&#8217;une antibioth\u00e9rapie.<\/p>\n<p>La d\u00e9tection d&#8217;un infiltrat pneumonique par radiographie du thorax est n\u00e9cessaire pour \u00e9viter un surtraitement des infections respiratoires basses par des antibiotiques. De plus, la radiographie permet d&#8217;identifier les complications (abc\u00e8s pulmonaire, empy\u00e8me) et la gravit\u00e9 (infiltrats multilobaires) de la pneumonie et donne des indications sur les maladies pulmonaires structurelles (fibrose ou tumeurs pulmonaires).<\/p>\n<h2 id=\"role-des-biomarqueurs\">R\u00f4le des biomarqueurs<\/h2>\n<p>Lorsqu&#8217;une pneumonie est diagnostiqu\u00e9e, elle est syst\u00e9matiquement trait\u00e9e par un antibiotique. Dans les situations incertaines, par exemple lorsqu&#8217;aucun infiltrat certain n&#8217;est identifiable ou en l&#8217;absence de radiographie, la d\u00e9cision th\u00e9rapeutique peut \u00eatre \u00e9tay\u00e9e par des biomarqueurs, mais l&#8217;\u00e9valuation clinique doit toujours pr\u00e9valoir <strong>(tab.&nbsp;2).<\/strong><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7408 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab2_hp7_s12.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/356;height:259px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"356\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab2_hp7_s12.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab2_hp7_s12-800x259.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab2_hp7_s12-120x39.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab2_hp7_s12-90x29.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab2_hp7_s12-320x104.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab2_hp7_s12-560x181.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>\nLes biomarqueurs tels que la procalcitonine (Pro-CT) et la prot\u00e9ine C-r\u00e9active (CRP) peuvent \u00eatre utiles non seulement pour \u00e9tablir le diagnostic, mais aussi pour \u00e9valuer la r\u00e9ponse au traitement et pour d\u00e9terminer la dur\u00e9e du traitement. La procalcitonine est suffisamment sp\u00e9cifique pour distinguer les pneumonies bact\u00e9riennes des pneumonies virales, et il existe des \u00e9tudes d&#8217;intervention sur la procalcitonine pour guider le traitement. Les principales raisons de la diffusion malgr\u00e9 tout h\u00e9sitante de la mesure de la procalcitonine sont la disponibilit\u00e9 limit\u00e9e dans le secteur ambulatoire et les co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n<h2 id=\"diagnostic-microbiologique\">Diagnostic microbiologique<\/h2>\n<p>En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, plus la pneumonie est grave, plus le diagnostic microbiologique est utile. Le diagnostic microbiologique n&#8217;est pas recommand\u00e9 chez les patients trait\u00e9s en ambulatoire, \u00e0 l&#8217;exception des personnes immunod\u00e9prim\u00e9es. Pour les patients plus gravement atteints et n\u00e9cessitant une hospitalisation, elle se fait en fonction du degr\u00e9 de gravit\u00e9. Des cultures de sang et de crachats doivent syst\u00e9matiquement \u00eatre effectu\u00e9es. Cependant, les crachats ne peuvent \u00eatre cultiv\u00e9s de mani\u00e8re significative que dans le cas d&#8217;expectorations purulentes, de crachats de bonne qualit\u00e9 et d&#8217;une logistique adapt\u00e9e (traitement dans un d\u00e9lai de deux \u00e0 quatre heures).<\/p>\n<p>La d\u00e9termination de l&#8217;antig\u00e8ne de la l\u00e9gionelle dans l&#8217;urine est sensible et sp\u00e9cifique et, si elle est positive, elle conduit \u00e0 une modification du traitement. La recommandation concernant la d\u00e9termination de l&#8217;antig\u00e8ne pneumococcique est moins forte, car tout traitement empirique de la pneumonie doit \u00eatre dirig\u00e9 contre le pneumocoque ; une d\u00e9tection positive peut toutefois contribuer \u00e0 la d\u00e9tection de la pneumonie et au ciblage du traitement antibiotique.<\/p>\n<p>S&#8217;il existe une intention de traitement (pneumonie s\u00e9v\u00e8re, sympt\u00f4mes &lt;48 heures) et que la situation \u00e9pid\u00e9miologique s&#8217;y pr\u00eate, la d\u00e9tection de l&#8217;influenza par PCR doit \u00eatre recherch\u00e9e.<\/p>\n<p>La recherche de Mycoplasma, Chlamydophila, Coxiella ou de virus respiratoires n&#8217;est utile que dans des situations particuli\u00e8res, par exemple les pneumonies graves (n\u00e9cessitant des soins intensifs), les \u00e9pid\u00e9mies ou les consid\u00e9rations de diagnostic diff\u00e9rentiel.<\/p>\n<p>Si des m\u00e9thodes invasives sont disponibles, le pr\u00e9l\u00e8vement de s\u00e9cr\u00e9tions trach\u00e9obronchiques par bronchoscopie ou un lavage broncho-alv\u00e9olaire doivent \u00eatre discut\u00e9s en cas de pneumonie s\u00e9v\u00e8re.<\/p>\n<h2 id=\"epanchement-pleural-parapneumonique\">\u00c9panchement pleural parapneumonique<\/h2>\n<p>Un \u00e9panchement pleural concomitant est observ\u00e9 chez 25 \u00e0 50% des patients atteints de pneumonie acquise en ambulatoire. \u00c0 partir de 10 mm d&#8217;extension, il doit \u00eatre \u00e9chographi\u00e9 et ponctionn\u00e9 \u00e0 des fins diagnostiques. Outre l&#8217;aspect macroscopique, la mise en \u00e9vidence d&#8217;agents pathog\u00e8nes ou un pH &lt;7,2, la taille (\u2265 moiti\u00e9 de l&#8217;h\u00e9mithorax) et la mise en \u00e9vidence d&#8217;une localisation ou d&#8217;un sepsis sont \u00e9galement des indications pour un traitement par drainage (et \u00e9ventuellement une fibrinolyse) ou pour un d\u00e9bridement thoracoscopique.<br \/>\nO\u00f9 traiter ?<\/p>\n<p>Chez les patients qui \u00e9taient en bon \u00e9tat fonctionnel avant la maladie, le pronostic et donc la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;une hospitalisation peuvent \u00eatre \u00e9valu\u00e9s par la collecte de param\u00e8tres simples. Le score CRB-65, compl\u00e9t\u00e9 par un relev\u00e9 pulsoxym\u00e9trique de l&#8217;oxyg\u00e9nation, est bien adapt\u00e9 pour d\u00e9terminer la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;une hospitalisation <strong>(Fig.&nbsp;1).<\/strong><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7409 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/abb1_hp7_s13.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/719;height:523px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"719\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/abb1_hp7_s13.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/abb1_hp7_s13-800x523.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/abb1_hp7_s13-120x78.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/abb1_hp7_s13-90x59.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/abb1_hp7_s13-320x209.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/abb1_hp7_s13-560x366.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>Chez les patients souffrant d&#8217;un diab\u00e8te mal contr\u00f4l\u00e9, d&#8217;une insuffisance r\u00e9nale ou h\u00e9patique s\u00e9v\u00e8re ou d&#8217;une maladie cardiaque grave, ces affections peuvent d\u00e9compenser rapidement et violemment sous l&#8217;effet de la pneumonie, de sorte que dans ces cas, l&#8217;hospitalisation aura lieu plus t\u00f4t. Les circonstances sociales et les possibilit\u00e9s d&#8217;autosuffisance peuvent \u00e9galement rendre l&#8217;hospitalisation n\u00e9cessaire.<\/p>\n<h2 id=\"traitement-antibiotique\">Traitement antibiotique<\/h2>\n<p>M\u00eame dans les cas o\u00f9 un diagnostic microbiologique est indiqu\u00e9, l&#8217;agent pathog\u00e8ne ne peut g\u00e9n\u00e9ralement pas \u00eatre d\u00e9tect\u00e9 rapidement. Par cons\u00e9quent, un traitement empirique calcul\u00e9 est mis en \u0153uvre sur la base de l&#8217;\u00e9tat local des agents pathog\u00e8nes et de la r\u00e9sistance, ainsi que des facteurs de risque de germes r\u00e9sistants. Les recommandations pour la Suisse sont pr\u00e9sent\u00e9es dans <strong>le tableau&nbsp;3 <\/strong>, bien qu&#8217;elles puissent varier localement en fonction de la situation de l&#8217;agent pathog\u00e8ne et de la r\u00e9sistance. Pour les pneumonies mod\u00e9r\u00e9es \u00e0 s\u00e9v\u00e8res, un traitement initial combin\u00e9 avec un macrolide reste recommand\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 la stabilisation clinique. Son efficacit\u00e9 ne repose pas uniquement sur la couverture suppl\u00e9mentaire des agents pathog\u00e8nes atypiques, mais on postule entre autres un effet immunomodulateur favorable.<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7410 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab3_hp7_s14.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/480;height:349px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"480\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab3_hp7_s14.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab3_hp7_s14-800x349.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab3_hp7_s14-120x52.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab3_hp7_s14-90x39.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab3_hp7_s14-320x140.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab3_hp7_s14-560x244.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>La dur\u00e9e du traitement est g\u00e9n\u00e9ralement de cinq jours pour les pneumonies l\u00e9g\u00e8res et non compliqu\u00e9es, de cinq \u00e0 sept jours pour les pneumonies mod\u00e9r\u00e9es et jusqu&#8217;\u00e0 dix jours pour les pneumonies s\u00e9v\u00e8res. Une dur\u00e9e de traitement plus longue est n\u00e9cessaire en cas de bact\u00e9ries intracellulaires d\u00e9tect\u00e9es, d&#8217;abc\u00e8s pulmonaires, de cavit\u00e9s et d&#8217;empy\u00e8me.<\/p>\n<h2 id=\"steroides-systemiques\">St\u00e9ro\u00efdes syst\u00e9miques ?<\/h2>\n<p>L&#8217;utilisation des st\u00e9ro\u00efdes syst\u00e9miques dans le traitement des pneumonies acquises en ambulatoire fait l&#8217;objet d&#8217;un regain d&#8217;int\u00e9r\u00eat. Les \u00e9tudes cliniques ont montr\u00e9 que cela permettait d&#8217;atteindre plus t\u00f4t la stabilit\u00e9 clinique chez les patients hospitalis\u00e9s et de r\u00e9duire la dur\u00e9e de l&#8217;hospitalisation ainsi que l&#8217;utilisation d&#8217;antibiotiques parent\u00e9raux, sans que l&#8217;on puisse constater d&#8217;inconv\u00e9nients significatifs \u00e0 court terme. Les sous-groupes de patients atteints de pneumonie qui b\u00e9n\u00e9ficient r\u00e9ellement des st\u00e9ro\u00efdes syst\u00e9miques, la mani\u00e8re dont le traitement doit \u00eatre administr\u00e9 en d\u00e9tail et si l&#8217;effet ne pourrait pas \u00eatre obtenu par une meilleure prise en compte de la clinique (crit\u00e8res de stabilit\u00e9) et une utilisation plus prudente des antibiotiques (&#8220;antibiotic stewardship&#8221;) ne sont pas encore clarifi\u00e9s, de sorte qu&#8217;aucune recommandation ne peut \u00eatre formul\u00e9e \u00e0 ce sujet.<\/p>\n<h2 id=\"autres-medicaments\">Autres m\u00e9dicaments<\/h2>\n<p>Le dextrom\u00e9thorphane ou la cod\u00e9ine peuvent \u00eatre recommand\u00e9s pour le traitement symptomatique d&#8217;une toux irritative p\u00e9nible et improductive. Les expectorants, les mucolytiques, les antihistaminiques et les bronchodilatateurs n&#8217;ont pas fait la preuve de leur efficacit\u00e9.<\/p>\n<h2 id=\"critere-devaluation-du-traitement-stabilite-clinique\">Crit\u00e8re d&#8217;\u00e9valuation du traitement : stabilit\u00e9 clinique<\/h2>\n<p>Les sympt\u00f4mes de la pneumonie acquise en ambulatoire durent g\u00e9n\u00e9ralement bien plus longtemps que le temps n\u00e9cessaire \u00e0 la stabilisation clinique <strong>(tab.&nbsp;4).<\/strong> C&#8217;est pourquoi il ne faut pas consid\u00e9rer la disparition d\u00e9finitive des sympt\u00f4mes, mais la stabilit\u00e9 clinique comme un substitut de la r\u00e9ponse au traitement. Le patient est consid\u00e9r\u00e9 comme cliniquement stable si les crit\u00e8res suivants s&#8217;appliquent :<\/p>\n<ul>\n<li>Pas de fi\u00e8vre<\/li>\n<li>Normocardie et normotonie<\/li>\n<li>Pas de tachypn\u00e9e<\/li>\n<li>Pas d&#8217;hypox\u00e9mie (SpO2 \u226590% ou pO2&nbsp; \u226560&nbsp;mmHg sous air ambiant)<\/li>\n<li>Alimentation orale et prise de m\u00e9dicaments possibles<\/li>\n<li>\u00c9tat mental pr\u00e9existant \u00e0 nouveau atteint.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Une fois la stabilit\u00e9 clinique atteinte, il est possible de passer \u00e0 un traitement per os si un traitement i.v. a \u00e9t\u00e9 administr\u00e9 au pr\u00e9alable.<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"\"><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7411 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab4_hp7_s14.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 856px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 856\/690;height:484px; width:600px\" width=\"856\" height=\"690\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab4_hp7_s14.png 856w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab4_hp7_s14-800x645.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab4_hp7_s14-120x97.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab4_hp7_s14-90x73.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab4_hp7_s14-320x258.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/tab4_hp7_s14-560x451.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 856px) 100vw, 856px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/h2>\n<h2 id=\"echec-therapeutique-precoce-et-tardif\">\u00c9chec th\u00e9rapeutique pr\u00e9coce et tardif<\/h2>\n<p>Une aggravation pr\u00e9coce de l&#8217;\u00e9tat (&lt;72 heures apr\u00e8s le d\u00e9but du traitement = pneumonie progressive) est g\u00e9n\u00e9ralement due \u00e0 une non-r\u00e9ponse au traitement initial. Les raisons incluent un agent pathog\u00e8ne non couvert, une r\u00e9sistance inattendue ou un autre diagnostic (embolie pulmonaire, pneumopathie interstitielle aigu\u00eb), mais la raison principale est le d\u00e9veloppement d&#8217;une septic\u00e9mie. C&#8217;est pourquoi l&#8217;\u00e9chec pr\u00e9coce du traitement doit \u00eatre activement exclu, m\u00eame chez les patients trait\u00e9s en ambulatoire, au moyen d&#8217;un contr\u00f4le clinique 72 heures apr\u00e8s l&#8217;introduction du traitement.<\/p>\n<p>L&#8217;aggravation en deux temps, survenant tardivement apr\u00e8s une r\u00e9ponse initiale au traitement (&gt;72 heures), peut g\u00e9n\u00e9ralement \u00eatre attribu\u00e9e \u00e0 une complication de la pneumonie (surinfection, abc\u00e8s, empy\u00e8me) ou \u00e0 l&#8217;exacerbation d&#8217;une comorbidit\u00e9 (insuffisance cardiaque, insuffisance r\u00e9nale).<\/p>\n<p>Il faut distinguer l&#8217;\u00e9chec du traitement de la pneumonie non r\u00e9solutive (&#8220;non-resolving&#8221;), d\u00e9finie comme la persistance de la modification radiologique pendant plus de quatre \u00e0 huit semaines malgr\u00e9 une r\u00e9ponse clinique au traitement. Dans ces cas, une maladie pulmonaire sous-jacente doit \u00eatre recherch\u00e9e, par exemple un carcinome bronchique, des bronchectasies, une pneumonie organisatrice, une pneumopathie interstitielle idiopathique ou une vascularite.<\/p>\n<h2 id=\"suivi-des-patients\">Suivi des patients<\/h2>\n<p>En cas de pneumonie acquise en ambulatoire, un contr\u00f4le clinique est n\u00e9cessaire le deuxi\u00e8me ou troisi\u00e8me jour apr\u00e8s l&#8217;initiation du traitement afin de d\u00e9tecter un \u00e9ventuel \u00e9chec pr\u00e9coce du traitement. M\u00eame si l&#8217;\u00e9volution est favorable, le patient et ses proches doivent \u00eatre instruits de reprendre contact si la fi\u00e8vre persiste pendant plus de quatre jours, si la dyspn\u00e9e augmente, si l&#8217;alimentation et l&#8217;hydratation par voie orale sont impossibles, si un trouble de la conscience survient ou si un sympt\u00f4me quelconque persiste pendant plus de trois semaines. Il existe peu de preuves pour un contr\u00f4le radiologique quatre \u00e0 six semaines apr\u00e8s la pneumonie, mais il est recommand\u00e9 en cas de sympt\u00f4mes persistants et de risque \u00e9lev\u00e9 de tumeur (fumeur, ant\u00e9c\u00e9dents de tumeur maligne, \u00e2ge &gt;50 ans).<\/p>\n<h2 id=\"prevention-primaire-et-secondaire\">Pr\u00e9vention primaire et secondaire<\/h2>\n<p>Les vaccins contre la grippe et le pneumocoque sont efficaces \u00e0 titre pr\u00e9ventif. Le vaccin conjugu\u00e9 13-valent contre le pneumocoque, nouvellement inclus dans les recommandations, pr\u00e9sente l&#8217;avantage d&#8217;\u00eatre \u00e9galement efficace en termes d&#8217;infections non invasives et de mortalit\u00e9, et de maintenir son efficacit\u00e9 au fil du temps, par rapport au vaccin polysaccharidique 23-valent utilis\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent. Il est recommand\u00e9 aux fumeurs actifs d&#8217;arr\u00eater de fumer. En cas de pneumonie par aspiration suspect\u00e9e ou \u00e9vidente, la dysphagie doit \u00eatre identifi\u00e9e et trait\u00e9e \u00e0 temps. L&#8217;indication d&#8217;une m\u00e9dication continue pouvant favoriser les pneumonies (corticost\u00e9ro\u00efdes inhal\u00e9s, inhibiteurs de la pompe \u00e0 protons) doit \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Prina E, et al : Community-acquired pneumonia. Lancet 2015 ; 386(9998) : 1097-1108.<\/li>\n<li>Musher D, et al : Community-acquired pneumonia. N Engl J Med 2014 ; 371(17) : 1619-1628.<\/li>\n<li>Woodhead M, et al : Guidelines for the management of adult lower respiratory tract infections. Eur Respir J 2005 ; 26(6) : 1138-1180.<\/li>\n<li>Ewig S, et al. : S3-Leitlinie. Prise en charge des patients adultes atteints de pneumonie acquise en ambulatoire et pr\u00e9vention &#8211; Mise \u00e0 jour 2016. Pneumologie 2016 ; 70(3) : 151-200.<\/li>\n<li>Eccles S, et al : Diagnostic et prise en charge de la pneumonie acquise en milieu communautaire et hospitalier chez l&#8217;adulte : r\u00e9sum\u00e9 des lignes directrices du NICE. BMJ 2014 ; 349 : g6722.<\/li>\n<li>Laifer G, et al : Management of community acquired pneumonia (CAP) in adults (ERS\/ESCMID guidelines adapted for Switzerland), www.sginf.ch\/guidelines\/guidelines-of-the-ssi.html (accessed Apr 25, 2016).<\/li>\n<li>Lim WS, et al : BTS guidelines for the management of community acquired pneumonia in adults : update 2009. Thorax 2009 ; 64 Suppl 3 : iii1-55.<\/li>\n<li>Schuetz P, et al : Procalcitonine pour initier ou interrompre les antibiotiques dans les infections aigu\u00ebs des voies respiratoires. Cochrane Database Syst Rev 2012 ; 9 : CD007498.<\/li>\n<li>Chalmers JD, et al : Severity assessment tools for predicting mortality in hospitalised patients with community-acquired pneumonia. Revue syst\u00e9matique et m\u00e9ta-analyse. Thorax 2010 ; 65(10) : 878-883.<\/li>\n<li>Wan YD, et al : Efficacit\u00e9 et s\u00e9curit\u00e9 des corticost\u00e9ro\u00efdes pour la pneumonie acquise dans la communaut\u00e9 : une revue syst\u00e9matique et une m\u00e9ta-analyse. Chest 2016 ; 149(1) : 209-219.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2016 ; 11(7) : 11-15<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La pneumonie acquise en ambulatoire est une pathologie h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. Le diagnostic clinique n&#8217;est pas toujours \u00e9vident. 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