{"id":341367,"date":"2016-06-22T02:00:00","date_gmt":"2016-06-22T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/les-lesions-oculaires-font-partie-des-sequelles-les-plus-frequentes-chez-les-diabetiques\/"},"modified":"2016-06-22T02:00:00","modified_gmt":"2016-06-22T00:00:00","slug":"les-lesions-oculaires-font-partie-des-sequelles-les-plus-frequentes-chez-les-diabetiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/les-lesions-oculaires-font-partie-des-sequelles-les-plus-frequentes-chez-les-diabetiques\/","title":{"rendered":"&#8220;Les l\u00e9sions oculaires font partie des s\u00e9quelles les plus fr\u00e9quentes chez les diab\u00e9tiques&#8221;."},"content":{"rendered":"<p><strong>CARDIOVASC a interview\u00e9 le PD Dr Daniel Barthelmes, m\u00e9decin-chef \u00e0 la clinique ophtalmologique de l&#8217;h\u00f4pital universitaire de Zurich, sur le th\u00e8me des maladies oculaires diab\u00e9tiques. Il a \u00e9t\u00e9 question du risque de telles complications, de la d\u00e9tection pr\u00e9coce et du contr\u00f4le diagnostique. Comment traiter les diff\u00e9rents stades de la r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique et l&#8217;\u0153d\u00e8me maculaire, quand utiliser quelle proc\u00e9dure ? Y a-t-il des innovations th\u00e9rapeutiques qui vont nous occuper dans les ann\u00e9es \u00e0 venir ? La coop\u00e9ration entre les diff\u00e9rentes disciplines a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 abord\u00e9e.<\/strong><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p><strong>Dr Barthelmes, combien de diab\u00e9tiques sont touch\u00e9s par des l\u00e9sions oculaires au cours de leur maladie ?<\/strong><br \/>\n<em><br \/>\n  <strong>PD Dr. Barthelmes : <\/strong><br \/>\n<\/em>L&#8217;\u0153il, et plus particuli\u00e8rement la r\u00e9tine au fond de l&#8217;\u0153il, est l&#8217;organe qui est le premier touch\u00e9 par les l\u00e9sions dues au diab\u00e8te et qui est aussi le plus fr\u00e9quent. Le risque pour un diab\u00e9tique de souffrir d&#8217;une maladie oculaire associ\u00e9e est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9.<\/p>\n<p>Il s&#8217;agit toutefois d&#8217;une complication qui se d\u00e9veloppe au fil du temps et qui ne se manifeste parfois qu&#8217;apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es [1]. Chez les jeunes patients atteints de diab\u00e8te de type 1, environ 86% pr\u00e9sentent une r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique apr\u00e8s 15 ans. Bien entendu, l&#8217;ampleur de ces dommages varie consid\u00e9rablement d&#8217;un individu \u00e0 l&#8217;autre.<\/p>\n<p><strong>Y a-t-il des groupes \u00e0 risque parmi les diab\u00e9tiques qui sont particuli\u00e8rement expos\u00e9s \u00e0 des l\u00e9sions oculaires pr\u00e9coces et prononc\u00e9es ?<\/strong><br \/>\nLes facteurs de risque connus et bien \u00e9tudi\u00e9s sont les niveaux de glyc\u00e9mie et de pression art\u00e9rielle. Les patients souffrant d&#8217;hyperglyc\u00e9mie prolong\u00e9e d\u00e9veloppent tr\u00e8s t\u00f4t des l\u00e9sions oculaires prononc\u00e9es. Mieux et plus t\u00f4t la glyc\u00e9mie est contr\u00f4l\u00e9e, plus la progression est lente et moins les dommages sont importants au d\u00e9but. Les personnes souffrant d&#8217;hypertension art\u00e9rielle subissent une acc\u00e9l\u00e9ration suppl\u00e9mentaire. Mais m\u00eame si vous contr\u00f4lez tr\u00e8s bien ces deux facteurs, vous finirez par voir des changements au fond de l&#8217;\u0153il.<\/p>\n<p>Ce que l&#8217;on peut constater, c&#8217;est que chez les diab\u00e9tiques de type 1, le diagnostic de diab\u00e8te est souvent pos\u00e9 \u00e0 un jeune \u00e2ge, car ces patients sont symptomatiques tr\u00e8s t\u00f4t (par exemple, perte de poids, urines fr\u00e9quentes, etc.). Les modifications du fond de l&#8217;\u0153il sont rares dans ce groupe au moment du diagnostic du diab\u00e8te (environ 6%), car le d\u00e9lai entre l&#8217;\u00e9tablissement du diab\u00e8te et le diagnostic est court.<\/p>\n<p>En revanche, le diab\u00e8te de type 2 peut s&#8217;installer sur plusieurs ann\u00e9es, ce qui fait qu&#8217;au moment du diagnostic, plus d&#8217;un tiers des patients pr\u00e9sentent d\u00e9j\u00e0 des modifications du fond de l&#8217;\u0153il [1,2].<\/p>\n<p><strong>Comment une r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique s&#8217;annonce-t-elle, \u00e0 quoi le m\u00e9decin de premier recours doit-il faire attention ? Et quand doit-il orienter le patient vers le sp\u00e9cialiste ?<\/strong><br \/>\nUne fois le diagnostic de diab\u00e8te \u00e9tabli, il convient \u00e9galement d&#8217;orienter le patient vers un ophtalmologue. Ensuite, on examine les modifications de l&#8217;\u0153il \u00e0 intervalles r\u00e9guliers. Le probl\u00e8me est que si le diab\u00e8te n&#8217;est pas encore diagnostiqu\u00e9, il n&#8217;y a pas d&#8217;autres indicateurs rouges clairs qui indiquent clairement une r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique. Dans tous les cas, un patient dont la vision se d\u00e9t\u00e9riore doit \u00eatre r\u00e9orient\u00e9, ce qui est \u00e9vident et se produit g\u00e9n\u00e9ralement. Il se peut que les dommages soient alors d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s avanc\u00e9s ou, au contraire, qu&#8217;ils soient encore relativement faciles \u00e0 traiter. Il n&#8217;existe pas de score indiquant \u00e0 quel moment il convient d&#8217;adresser \u00e0 un ophtalmologue un patient pr\u00e9sentant des probl\u00e8mes oculaires et soup\u00e7onn\u00e9 de r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique. C&#8217;est aussi la raison pour laquelle les patients dont le diab\u00e8te a \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9 doivent \u00eatre suivis r\u00e9guli\u00e8rement &#8211; l&#8217;\u00e9valuation se fait par un ophtalmologue.<br \/>\nLes limitations visuelles des l\u00e9sions oculaires dues au diab\u00e8te sont globalement non sp\u00e9cifiques, non homog\u00e8nes et peuvent couvrir tout le spectre de la vision \u00e0 travers un brouillard jusqu&#8217;\u00e0 la r\u00e9duction de la vision aux diff\u00e9rences de luminosit\u00e9 et d&#8217;obscurit\u00e9. Le simple fait de signaler de tels changements, sans mesurer la glyc\u00e9mie, ne permet pas encore de diagnostiquer une r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique chez le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste.<\/p>\n<p><strong>Quels sont les intervalles d&#8217;examen ophtalmologique pour les diab\u00e9tiques en ce qui concerne la pr\u00e9vention ou le contr\u00f4le des l\u00e9sions oculaires ?<\/strong><br \/>\nComme indiqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, un contr\u00f4le ophtalmologique est indiqu\u00e9 pour tous les patients chez qui un diab\u00e8te a \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9. Elle fait donc partie de l&#8217;enqu\u00eate de base. Les recommandations concernant le suivi et le traitement d\u00e9pendent ensuite du stade ou de la gravit\u00e9 des l\u00e9sions oculaires. On distingue une r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique non prolif\u00e9rative (RNP) l\u00e9g\u00e8re, mod\u00e9r\u00e9e et s\u00e9v\u00e8re, et une forme prolif\u00e9rative (RDP). Par exemple, si le NPDR est l\u00e9ger, c&#8217;est-\u00e0-dire le stade initial, et que la glyc\u00e9mie est bien contr\u00f4l\u00e9e, un intervalle de contr\u00f4le d&#8217;environ un an est suffisant. En cas de diab\u00e8te tr\u00e8s avanc\u00e9 et de l\u00e9sions oculaires plus graves, un contr\u00f4le mensuel peut s&#8217;av\u00e9rer n\u00e9cessaire, bien que cela soit plut\u00f4t rare dans notre pays &#8211; \u00e0 moins qu&#8217;un plan de traitement n&#8217;exige une visite mensuelle. Pour les patients \u00e0 risque qui ne n\u00e9cessitent pas encore de traitement, des intervalles d&#8217;environ trois mois sont courants.<\/p>\n<p><strong>Qu&#8217;en est-il des patientes enceintes et des diab\u00e9tiques qui souhaitent tomber enceintes ?<\/strong><br \/>\nLes femmes diab\u00e9tiques en \u00e2ge de procr\u00e9er doivent \u00eatre contr\u00f4l\u00e9es autant que possible avant de tomber enceintes et doivent \u00e9galement suivre les traitements n\u00e9cessaires au niveau des yeux. Cela suppose une certaine planification de la grossesse &#8211; si cela est possible. Les patientes qui d\u00e9veloppent un diab\u00e8te gestationnel n&#8217;ont g\u00e9n\u00e9ralement pas encore de l\u00e9sions oculaires et ne doivent donc pas encore \u00eatre trait\u00e9es. Pendant la grossesse, il s&#8217;agit d&#8217;agir par le biais de la th\u00e9rapie syst\u00e9mique, c&#8217;est-\u00e0-dire de contr\u00f4ler le diab\u00e8te (et la tension art\u00e9rielle) le mieux possible. Il est heureusement tr\u00e8s rare qu&#8217;un traitement ophtalmologique doive \u00eatre effectu\u00e9 pendant la grossesse.<\/p>\n<p><strong>Quelle est la fr\u00e9quence de passage de la forme non prolif\u00e9rative \u00e0 la forme prolif\u00e9rative de la r\u00e9tinopathie ? Quand y a-t-il un risque d&#8217;\u0153d\u00e8me maculaire cliniquement significatif ?<\/strong><br \/>\nLa NPDR comprend principalement des modifications des petits vaisseaux sanguins qui peuvent former des micro-an\u00e9vrismes ou pr\u00e9senter des fuites, ce qui signifie que la paroi du vaisseau n&#8217;est plus \u00e9tanche et que le liquide passe du vaisseau sanguin dans le tissu nerveux. Il peut \u00e9galement y avoir des h\u00e9morragies dans la r\u00e9tine ou &#8211; et c&#8217;est l\u00e0 que le passage au stade prolif\u00e9ratif intervient &#8211; la formation de nouveaux vaisseaux sanguins au fond de l&#8217;\u0153il, les n\u00e9ovascularisations. Ceux-ci peuvent \u00e0 leur tour provoquer de graves h\u00e9morragies \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de l&#8217;\u0153il.<br \/>\nJusqu&#8217;\u00e0 un tiers des patients d\u00e9veloppent une PDR qui, si elle n&#8217;est pas trait\u00e9e, entra\u00eene la c\u00e9cit\u00e9 dans la majorit\u00e9 des cas [1,2]. Aujourd&#8217;hui, nous disposons de m\u00e9dicaments antidiab\u00e9tiques efficaces qui contr\u00f4lent efficacement le diab\u00e8te, c&#8217;est pourquoi de telles cons\u00e9quences n\u00e9gatives sont devenues plus rares.<\/p>\n<p>L&#8217;\u0153d\u00e8me maculaire est une entit\u00e9 distincte qui peut s&#8217;ajouter aux modifications p\u00e9riph\u00e9riques mentionn\u00e9es. Parfois, il survient alors que le patient pr\u00e9sente d\u00e9j\u00e0 une prolif\u00e9ration s\u00e9v\u00e8re, parfois des modifications mineures du fond de l&#8217;\u0153il, telles que des micro-an\u00e9vrismes isol\u00e9s, s&#8217;accompagnent d&#8217;un \u0153d\u00e8me maculaire. Le moment exact o\u00f9 l&#8217;\u0153d\u00e8me maculaire se produit n&#8217;est pas encore tout \u00e0 fait clair. Les diab\u00e9tiques de type 1 ont certes tendance \u00e0 \u00eatre un peu moins touch\u00e9s que les diab\u00e9tiques de type 2. Il n&#8217;existe cependant pas de facteurs de risque sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<p>La maladie p\u00e9riph\u00e9rique avec n\u00e9ovascularisation est associ\u00e9e \u00e0 un risque tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 de c\u00e9cit\u00e9 totale. En revanche, l&#8217;\u0153d\u00e8me maculaire n&#8217;entra\u00eene pas la c\u00e9cit\u00e9 au sens d&#8217;une perte totale de la vision. Le patient subit certes une r\u00e9duction de l&#8217;acuit\u00e9 visuelle, mais l&#8217;\u0153il en tant qu&#8217;organe continue de fonctionner en soi.<\/p>\n<p><strong>Quels sont les traitements ophtalmologiques actuellement disponibles dans le domaine de la r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique ou de l&#8217;\u0153d\u00e8me maculaire ? Quels sont les objectifs du traitement ?<\/strong><br \/>\nAujourd&#8217;hui, lorsqu&#8217;un patient pr\u00e9sente des n\u00e9ovascularisations, le traitement au laser du fond de l&#8217;\u0153il reste le traitement de premi\u00e8re ligne. Si un \u0153d\u00e8me maculaire est associ\u00e9, il est \u00e9galement trait\u00e9, g\u00e9n\u00e9ralement avec des inhibiteurs du VEGF. Si la personne n&#8217;a pas de n\u00e9ovascularisation ni d&#8217;\u0153d\u00e8me maculaire, on ne fait pas de traitement et on contr\u00f4le cliniquement. On ne traite donc que s&#8217;il existe d\u00e9j\u00e0 des l\u00e9sions sous forme de n\u00e9ovascularisation ou d&#8217;\u0153d\u00e8me maculaire. Le traitement &#8220;prophylactique&#8221; au laser de toutes les personnes concern\u00e9es pour \u00e9viter la prolif\u00e9ration ne fonctionne pas [3]. Le contr\u00f4le ophtalmologique a pour but de d\u00e9tecter les modifications respectives afin de pouvoir traiter de mani\u00e8re cibl\u00e9e.<\/p>\n<p>Le traitement ne permet pas de pr\u00e9venir ou d&#8217;exclure compl\u00e8tement une nouvelle progression. Le probl\u00e8me du diab\u00e8te est que la maladie endommage les capillaires. Tant que l&#8217;on a du diab\u00e8te, les l\u00e9sions de ces petits vaisseaux se poursuivent. Le traitement de l&#8217;\u0153il, c&#8217;est-\u00e0-dire des n\u00e9ovascularisations p\u00e9riph\u00e9riques ou de l&#8217;\u0153d\u00e8me maculaire, n&#8217;est pas un traitement de la microangiopathie en tant que telle, qui est la cause r\u00e9elle de la r\u00e9tinopathie, mais une lutte contre les dommages d\u00e9j\u00e0 caus\u00e9s ou les complications cons\u00e9cutives. Il n&#8217;existe pas \u00e0 ce jour de traitement de la microangiopathie elle-m\u00eame.<\/p>\n<p><strong>Quelles sont les possibilit\u00e9s offertes par la th\u00e9rapie au laser et quand est-elle utilis\u00e9e ?<\/strong><br \/>\nIl faut ici faire la distinction entre la th\u00e9rapie laser p\u00e9riph\u00e9rique et la th\u00e9rapie laser maculaire. La premi\u00e8re &#8211; appel\u00e9e coagulation panr\u00e9tinienne au laser &#8211; coagule les tissus du fond de l&#8217;\u0153il avec des sortes de petits &#8220;points de soudure&#8221;. Ce qui se passera ensuite n&#8217;est pas encore clair. On pense que la production de VEGF dans l&#8217;\u0153il est r\u00e9duite apr\u00e8s le traitement au laser. Les n\u00e9ovascularisations r\u00e9tiniennes r\u00e9gressent et on peut obtenir une stabilisation de la vision \u00e0 long terme et une pr\u00e9servation de l&#8217;\u0153il. Il faut environ trois \u00e0 cinq s\u00e9ances, puis des r\u00e9\u00e9valuations et des suivis r\u00e9guliers, tous les deux ou trois mois au d\u00e9but, puis tous les six mois ou tous les ans en cas de stabilit\u00e9. Chez la plupart des patients, cela fonctionne bien, mais il se peut que les n\u00e9ovascularisations r\u00e9apparaissent, par exemple chez les diab\u00e9tiques mal contr\u00f4l\u00e9s ou en cas d&#8217;\u00e9volution longue, ou qu&#8217;elles ne soient pas encore suffisamment trait\u00e9es et n\u00e9cessitent un suivi. Comme mentionn\u00e9, une progression ne peut pas \u00eatre exclue avec certitude.<\/p>\n<p>L&#8217;\u0153d\u00e8me maculaire \u00e9tait autrefois plus souvent trait\u00e9 au laser qu&#8217;aujourd&#8217;hui, o\u00f9 nous disposons de bonnes th\u00e9rapies m\u00e9dicamenteuses. Par rapport \u00e0 la variante p\u00e9riph\u00e9rique, le traitement au laser s&#8217;effectue sur une plus petite \u00e9chelle et avec une faible \u00e9nergie. Le m\u00e9canisme est probablement diff\u00e9rent ici, car les foyers laser sont si petits qu&#8217;il ne faut pas s&#8217;attendre \u00e0 une forte baisse du VEGF. Cependant, le m\u00e9canisme n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement \u00e9tudi\u00e9. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que le traitement au laser modifie l&#8217;expression de certaines prot\u00e9ines dans l&#8217;\u0153il et am\u00e9liore la barri\u00e8re h\u00e9mato-r\u00e9tinienne. Les vaisseaux sont &#8220;scell\u00e9s&#8221;, non pas par le laser, mais par des changements m\u00e9taboliques qui se produisent dans la r\u00e9tine. Le laser pr\u00e9serve la vision et emp\u00eache sa d\u00e9t\u00e9rioration.<\/p>\n<p><strong>Comment agissent les inhibiteurs du VEGF ?<\/strong><br \/>\nEn Suisse, les inhibiteurs du VEGF sont le traitement de premi\u00e8re ligne de l&#8217;\u0153d\u00e8me maculaire. Contrairement au laser, les m\u00e9dicaments anti-VEGF permettent non seulement de pr\u00e9server, mais aussi d&#8217;am\u00e9liorer (parfois consid\u00e9rablement) l&#8217;acuit\u00e9 visuelle &#8211; et donc la qualit\u00e9 de vie &#8211; en cas d&#8217;\u0153d\u00e8me maculaire.<\/p>\n<p>Deux substances sont actuellement autoris\u00e9es en Suisse : Le ranibizumab (Lucentis\u00ae) et l&#8217;aflibercept (<sup>Eylea\u00ae<\/sup>). Le bevacizumab (<sup>Avastin\u00ae<\/sup>) est \u00e9galement utilis\u00e9 en partie, mais hors \u00e9tiquette [4]. Le traitement (injection intravitr\u00e9enne avec une aiguille de calibre 30, volume d&#8217;environ 0,05&nbsp;ml) est relativement court et ne cause g\u00e9n\u00e9ralement aucune douleur au patient. L&#8217;ensemble est r\u00e9\u00e9valu\u00e9 au bout d&#8217;un mois. Ensuite, la th\u00e9rapie est r\u00e9p\u00e9t\u00e9e sur une longue p\u00e9riode (parfois plus de six mois), g\u00e9n\u00e9ralement tous les mois. Chez les personnes qui r\u00e9pondent tr\u00e8s bien, chez qui l&#8217;\u0153d\u00e8me maculaire dispara\u00eet et dont la vision est bonne, la fr\u00e9quence du traitement peut \u00eatre fortement r\u00e9duite, voire arr\u00eat\u00e9e, apr\u00e8s environ trois ou quatre ans. C&#8217;est le cas de plus de 50% des patients [5]. Un peu moins de la moiti\u00e9 des patients continuent \u00e0 avoir besoin de traitements environ deux ou trois fois par an. Mais il y a aussi une proportion qui ne b\u00e9n\u00e9ficie pas du traitement anti-VEGF. Il peut y avoir plusieurs raisons \u00e0 cela. Si l&#8217;on ne constate pas d&#8217;am\u00e9lioration significative au bout de six mois, par exemple, il faut discuter d&#8217;alternatives telles que la th\u00e9rapie au laser ou, dans certains cas, un traitement \u00e0 la cortisone.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes ont montr\u00e9 que le traitement par inhibiteurs m\u00e9dicamenteux du VEGF seul entra\u00eenait \u00e9galement une diminution des n\u00e9ovascularisations p\u00e9riph\u00e9riques [6]. Bien entendu, une telle th\u00e9rapie serait moins rentable et nettement plus complexe que la th\u00e9rapie au laser. Elle montre toutefois que l&#8217;effet de la th\u00e9rapie au laser sur les n\u00e9ovascularisations est probablement d\u00fb \u00e0 la r\u00e9duction du VEGF. Toutefois, le traitement m\u00e9dicamenteux n&#8217;est pas encore autoris\u00e9 dans cette indication. En outre, nous ne disposons pas d&#8217;exp\u00e9riences \u00e0 long terme sur pr\u00e8s de 40 ans, comme c&#8217;est le cas pour le laser, notamment en ce qui concerne l&#8217;effet de la suppression du VEGF par les m\u00e9dicaments \u00e0 long terme.<\/p>\n<p><strong>Quelle est la place de la vitrectomie dans le concept th\u00e9rapeutique ?<\/strong><br \/>\nL\u00e0 encore, il faut distinguer les maladies p\u00e9riph\u00e9riques des maladies centrales. Les patients atteints de prolif\u00e9rations \u00e9taient autrefois plus souvent victimes d&#8217;h\u00e9morragies du vitr\u00e9 qu&#8217;aujourd&#8217;hui, c&#8217;est-\u00e0-dire de saignements provenant des vaisseaux sanguins nouvellement form\u00e9s vers l&#8217;int\u00e9rieur de l&#8217;\u0153il. Si ces saignements ne s&#8217;\u00e9claircissent pas, la vitrectomie est une option de traitement. Dans d&#8217;autres pays, on observe de nombreux d\u00e9collements de la r\u00e9tine dus au diab\u00e8te, pour lesquels la vitrectomie est le traitement de choix &#8211; dans notre pays, ce probl\u00e8me est heureusement devenu rare.<\/p>\n<p>Dans le cas de la maladie maculaire, une vitrectomie peut \u00eatre propos\u00e9e dans des cas s\u00e9lectionn\u00e9s. Les donn\u00e9es sur l&#8217;efficacit\u00e9 montrent une grande variabilit\u00e9 interindividuelle et ne permettent pas de recommander clairement une intervention chirurgicale. Il existe des situations o\u00f9 les patients en tirent profit, mais en m\u00eame temps, de fortes d\u00e9t\u00e9riorations ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es apr\u00e8s une vitrectomie.<\/p>\n<p>Un travail r\u00e9cemment publi\u00e9 par Jackson et al. [7] conclut que la vitrectomie pr\u00e9sente un taux de complications consid\u00e9rable et que la s\u00e9lection des patients doit donc \u00eatre tr\u00e8s rigoureuse. N\u00e9anmoins, la vitrectomie a sa place dans le concept th\u00e9rapeutique et ne doit pas \u00eatre compl\u00e8tement oubli\u00e9e. Elle joue un r\u00f4le plus important dans les h\u00e9morragies non r\u00e9sorbables et surtout dans le d\u00e9collement de la r\u00e9tine, o\u00f9 il n&#8217;existe aucune autre option th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<p><strong>Y a-t-il des nouveaut\u00e9s th\u00e9rapeutiques ou des d\u00e9veloppements pertinents dans le domaine des l\u00e9sions oculaires dues au diab\u00e8te ?<\/strong><br \/>\nNon, il n&#8217;y a pas de nouvelles approches significatives qui r\u00e9volutionneraient la th\u00e9rapie dans les un ou deux ans \u00e0 venir. La derni\u00e8re grande avanc\u00e9e a \u00e9t\u00e9 le traitement anti-VEGF. Actuellement, on \u00e9tudie dans quelle mesure on peut influencer la composante inflammatoire dans l&#8217;\u0153il du diab\u00e9tique avec des immunomodulateurs, par exemple des antagonistes de l&#8217;interleukine 6. Le concept est connu depuis longtemps, depuis 2005 environ, mais il n&#8217;y a pas encore de r\u00e9sultats vraiment bons ou solides. Une autre approche th\u00e9rapeutique consiste \u00e0 influencer la cascade inflammatoire via des pr\u00e9parations intraoculaires \u00e0 base de cortisone.<\/p>\n<p>Il existe \u00e9galement diff\u00e9rentes approches de recherche dans le domaine syst\u00e9mique. On tente de s&#8217;attaquer \u00e0 la microangiopathie en soutenant la fonction de r\u00e9paration de l&#8217;endoth\u00e9lium dans les vaisseaux sanguins, par exemple au moyen d&#8217;une th\u00e9rapie par cellules souches. L&#8217;endoth\u00e9lium est renouvel\u00e9 ou r\u00e9par\u00e9 en permanence par certaines cellules de la moelle osseuse. En cas de diab\u00e8te, la fonction de r\u00e9paration est fortement r\u00e9duite. La recherche vise d\u00e9sormais \u00e0 stimuler davantage ces cellules \u00e0 quitter la moelle osseuse, y compris chez les diab\u00e9tiques. En outre, leur activit\u00e9 de r\u00e9paration serait stimul\u00e9e. Les m\u00e9dicaments peuvent par exemple aider \u00e0 l&#8217;\u00e9vacuation des cellules dans le sang. On pourrait aussi pr\u00e9lever le sang du patient, enrichir les cellules et les r\u00e9injecter.<\/p>\n<p><strong>D&#8217;apr\u00e8s votre exp\u00e9rience, la collaboration interdisciplinaire (m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste, diab\u00e9tologue, ophtalmologue) fonctionne-t-elle bien ?<\/strong><br \/>\nD&#8217;apr\u00e8s mon exp\u00e9rience, la coop\u00e9ration fonctionne bien. Lorsqu&#8217;un diab\u00e8te est d\u00e9tect\u00e9, que ce soit chez nous \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital ou dans le cabinet du m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste, le patient est syst\u00e9matiquement inscrit pour un contr\u00f4le oculaire. Il est important que les patients soient r\u00e9guli\u00e8rement convoqu\u00e9s pour les contr\u00f4les. La bonne collaboration se refl\u00e8te \u00e9galement dans les taux de c\u00e9cit\u00e9 et de vitrectomie dus au diab\u00e8te, qui sont tr\u00e8s bas en Suisse par rapport aux autres pays. La sensibilisation \u00e0 la sant\u00e9 et l&#8217;acc\u00e8s au syst\u00e8me de sant\u00e9 sont bons dans notre pays.<\/p>\n<p><em><strong>Entretien : Andreas Grossmann<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Yau JW, et al : Pr\u00e9valence globale et facteurs de risque majeurs de la r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique. Diabetes Care 2012 Mar ; 35(3) : 556-564.<\/li>\n<li>Fong DS, et al : R\u00e9tinopathie dans le diab\u00e8te. Diabetes Care 2004 Jan ; 27 (Suppl 1) : S84-87.<\/li>\n<li>Early Treatment Diabetic Retinopathy Study Group : Photocoagulation pr\u00e9coce pour la r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique. Rapport ETDRS num\u00e9ro 9. Ophthalmology 1991 May ; 98(5 Suppl) : 766-785.<\/li>\n<li>R\u00e9seau de recherche clinique sur la r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique : Aflibercept, bevacizumab, ou ranibizumab pour l&#8217;\u0153d\u00e8me maculaire diab\u00e9tique. N Engl J Med 2015 Mar 26 ; 372(13) : 1193-1203.<\/li>\n<li>Elman MJ, et al : Ranibizumab intravitr\u00e9en pour l&#8217;\u0153d\u00e8me maculaire diab\u00e9tique avec traitement laser imm\u00e9diat ou diff\u00e9r\u00e9 : r\u00e9sultats d&#8217;un essai randomis\u00e9 sur 5 ans. Ophthalmology 2015 Feb ; 122(2) : 375-381.<\/li>\n<li>Diabetic Retinopathy Clinical Research Network : Panretinal Photocoagulation vs Intravitreous Ranibizumab for Proliferative Diabetic Retinopathy : A Randomized Clinical Trial. JAMA 2015 Nov 24 ; 314(20) : 2137-2146.<\/li>\n<li>Jackson TL, et al : The Royal College of Ophthalmologists&#8217; National Ophthalmology Database Study of Vitreoretinal Surgery : Report 6, Diabetic Vitrectomy. JAMA Ophthalmol 2016 Jan 1 ; 134(1) : 79-85.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>CARDIOVASC 2016 ; 15(3) : 26-30<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CARDIOVASC a interview\u00e9 le PD Dr Daniel Barthelmes, m\u00e9decin-chef \u00e0 la clinique ophtalmologique de l&#8217;h\u00f4pital universitaire de Zurich, sur le th\u00e8me des maladies oculaires diab\u00e9tiques. 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