{"id":341412,"date":"2016-06-08T02:00:00","date_gmt":"2016-06-08T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/prolongation-de-la-vie-grace-a-la-therapie-multimodale-et-au-traitement-en-centre\/"},"modified":"2016-06-08T02:00:00","modified_gmt":"2016-06-08T00:00:00","slug":"prolongation-de-la-vie-grace-a-la-therapie-multimodale-et-au-traitement-en-centre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/prolongation-de-la-vie-grace-a-la-therapie-multimodale-et-au-traitement-en-centre\/","title":{"rendered":"Prolongation de la vie gr\u00e2ce \u00e0 la th\u00e9rapie multimodale et au traitement en centre"},"content":{"rendered":"<p><strong>Depuis la premi\u00e8re description d&#8217;une r\u00e9section pancr\u00e9atique par le chirurgien de K\u00f6nigsberg Walter Kausch en 1909, la chirurgie pancr\u00e9atique s&#8217;est d\u00e9velopp\u00e9e pour devenir un traitement central interdisciplinaire. La chirurgie du pancr\u00e9as est la seule chance de gu\u00e9rison pour les patients atteints d&#8217;un cancer du pancr\u00e9as. Le d\u00e9pistage pr\u00e9coce de la maladie ainsi que la mise en place rapide d&#8217;un traitement multidisciplinaire personnalis\u00e9 sont d\u00e9cisifs. Les nouvelles techniques radiologiques, les traitements (radio)oncologiques n\u00e9oadjuvants et adjuvants ainsi qu&#8217;une meilleure prise en charge p\u00e9riop\u00e9ratoire dans des centres hautement sp\u00e9cialis\u00e9s constituent la base d\u00e9cisive du succ\u00e8s th\u00e9rapeutique.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Avec une incidence d&#8217;environ 10\/100 000 habitants par an, le cancer du pancr\u00e9as repr\u00e9sente la quatri\u00e8me \u00e0 la cinqui\u00e8me cause de mortalit\u00e9 li\u00e9e au cancer dans les pays industrialis\u00e9s, et la tendance est \u00e0 la hausse. Alors que la mortalit\u00e9 de nombreuses maladies malignes s&#8217;am\u00e9liore, le cancer du pancr\u00e9as reste l&#8217;un des cancers les plus mortels malgr\u00e9 les nouveaux concepts de traitement. Il faut s&#8217;attendre \u00e0 ce que le cancer du pancr\u00e9as soit la premi\u00e8re cause de mortalit\u00e9 par cancer d&#8217;ici 2025.<\/p>\n<p>La difficult\u00e9 de traitement r\u00e9sulte de la biologie agressive de la tumeur, avec des m\u00e9tastases pr\u00e9coces, ainsi que du diagnostic tardif en l&#8217;absence prolong\u00e9e de sympt\u00f4mes. C&#8217;est la raison pour laquelle seuls 20% des patients atteints de cancer du pancr\u00e9as ont une chance de gu\u00e9rir. Dans l&#8217;ensemble, les taux de survie \u00e0 5 ans pour le cancer du pancr\u00e9as approchent tout juste les 5%. Chez les patients pour lesquels une approche chirurgicale est possible, le taux de survie \u00e0 5 ans passe \u00e0 plus de 20% [1]. L&#8217;accent devrait donc \u00eatre mis sur la pr\u00e9vention et la d\u00e9tection pr\u00e9coce de la maladie, de pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un stade pr\u00e9coce ou en tant que l\u00e9sion pr\u00e9curseur, et sur le rattachement rapide du patient concern\u00e9 \u00e0 un centre sp\u00e9cialis\u00e9.<\/p>\n<h2 id=\"detection-precoce\">D\u00e9tection pr\u00e9coce<\/h2>\n<p>La d\u00e9tection pr\u00e9coce du cancer du pancr\u00e9as est un d\u00e9fi majeur. Il manque des tests de d\u00e9pistage ainsi que des programmes de d\u00e9tection pr\u00e9coce syst\u00e9matique. Il est essentiel que les sympt\u00f4mes cliniques d&#8217;alerte pr\u00e9coce soient reconnus \u00e0 temps par le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste. La Fondation suisse du pancr\u00e9as mise donc sur des programmes de sensibilisation et met \u00e0 disposition des fiches d&#8217;information (www.pankreasstiftung.ch).<\/p>\n<p>Les sympt\u00f4mes possibles tels que la perte de poids, la r\u00e9duction de l&#8217;\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral, des douleurs abdominales non sp\u00e9cifiques ainsi que des douleurs dorsales peu claires dues \u00e0 une infiltration des plexus nerveux r\u00e9trop\u00e9riton\u00e9aux doivent faire penser \u00e0 un cancer du pancr\u00e9as. Un diab\u00e8te sucr\u00e9 nouvellement apparu et, classiquement, un ict\u00e8re indolore peuvent \u00e9galement \u00eatre les premi\u00e8res manifestations. Si une tumeur maligne est d\u00e9tect\u00e9e \u00e0 un stade pr\u00e9coce et qu&#8217;elle peut \u00eatre compl\u00e8tement enlev\u00e9e, un taux de survie \u00e0 5 ans de 50% est possible en cas de biologie tumorale favorable [2].<\/p>\n<p>La taille de la tumeur au moment du diagnostic est un facteur pronostique important. C&#8217;est pourquoi, lors des examens radiologiques, il convient de contr\u00f4ler l&#8217;\u00e9volution des plus petites l\u00e9sions ou des tumeurs kystiques du pancr\u00e9as, car il pourrait d\u00e9j\u00e0 s&#8217;agir d&#8217;un carcinome ou de son pr\u00e9curseur. Les marqueurs tumoraux seuls ne sont pas appropri\u00e9s comme test de d\u00e9pistage, car aucun antig\u00e8ne tumoral sp\u00e9cifique n&#8217;est connu \u00e0 ce jour. Toutefois, en combinaison avec l&#8217;anamn\u00e8se, la clinique et l&#8217;examen radiologique, les marqueurs tumoraux peuvent \u00eatre utiles \u00e0 l&#8217;\u00e9valuation.<\/p>\n<h2 id=\"algorithme-de-diagnostic\">Algorithme de diagnostic<\/h2>\n<p>L&#8217;\u00e9chographie, examen simple et peu co\u00fbteux, peut confirmer la congestion des voies biliaires. Cependant, l&#8217;\u00e9valuation de l&#8217;organe est souvent difficile en raison de sa position r\u00e9trop\u00e9riton\u00e9ale. Pour l&#8217;\u00e9valuation de la r\u00e9s\u00e9cabilit\u00e9 et le staging, la tomodensitom\u00e9trie du thorax et de l&#8217;abdomen est le gold standard [3].<br \/>\nL&#8217;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique combin\u00e9e \u00e0 l&#8217;angio-IRM et \u00e0 la MRCP (=cholangio-pancr\u00e9atographie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique) peut aider \u00e0 diff\u00e9rencier les tumeurs kystiques du pancr\u00e9as et les m\u00e9tastases h\u00e9patiques douteuses.<\/p>\n<p>L&#8217;endosonographie peut compl\u00e9ter d&#8217;autres techniques d&#8217;imagerie. Les petites tumeurs, en particulier, peuvent \u00eatre facilement diff\u00e9renci\u00e9es. Parall\u00e8lement, la biopsie \u00e0 l&#8217;aiguille fine guid\u00e9e par endosonographie est la meilleure m\u00e9thode de confirmation histologique, par exemple avant une chimioth\u00e9rapie palliative. Une biopsie de routine avant r\u00e9section n&#8217;est pas recommand\u00e9e.<\/p>\n<p>La cholangio-pancr\u00e9atographie r\u00e9trograde endoscopique (CPRE) occupe une place importante en raison de ses possibilit\u00e9s diagnostiques et th\u00e9rapeutiques (pose de stents). La pose pr\u00e9op\u00e9ratoire d&#8217;un stent pour soulager les voies biliaires congestionn\u00e9es est de plus en plus controvers\u00e9e. Une \u00e9tude randomis\u00e9e men\u00e9e aux Pays-Bas a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des taux de complications p\u00e9riop\u00e9ratoires plus \u00e9lev\u00e9s chez les patients ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&#8217;un drainage pr\u00e9op\u00e9ratoire des voies biliaires par rapport aux patients ayant subi une intervention chirurgicale imm\u00e9diate [4]. Il est donc important de faire appel rapidement \u00e0 un chirurgien sp\u00e9cialis\u00e9 en cas d&#8217;obstruction des voies biliaires afin de d\u00e9terminer le meilleur r\u00e9gime th\u00e9rapeutique de mani\u00e8re interdisciplinaire. La laparoscopie diagnostique est utilis\u00e9e en cas de suspicion de carcinose p\u00e9riton\u00e9ale (ascite, taux de CA-19-9 tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9) ou de m\u00e9tastases h\u00e9patiques. Dans environ 30% des cas, les r\u00e9sultats obtenus excluent une r\u00e9section curative.<\/p>\n<p>Parmi les marqueurs s\u00e9riques connus pour les tumeurs du pancr\u00e9as (CA 19-9, CEA et NSE), le CA 19-9 a la plus grande sensibilit\u00e9 (80%) avec une sp\u00e9cificit\u00e9 de 75% pour un carcinome. Il convient de noter qu&#8217;un taux \u00e9lev\u00e9 de CA 19-9 peut \u00e9galement \u00eatre li\u00e9 \u00e0 une cholestase. Le CA 19-9 d\u00e9pend \u00e9galement des antig\u00e8nes de groupe sanguin selon Lewis : chez les patients antig\u00e8nes a et b n\u00e9gatifs (5-7% de la population), le CA 19-9 n&#8217;est pas exprim\u00e9. <strong>La figure&nbsp;1<\/strong> donne un aper\u00e7u de la proc\u00e9dure diagnostique en cas de suspicion de cancer du pancr\u00e9as.<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-7158\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/abb1_oh2_s35.png\" style=\"height:535px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"735\"><\/p>\n<h2 id=\"risque-operationnel\">\nRisque op\u00e9rationnel<\/h2>\n<p>Le traitement chirurgical reste la seule chance potentielle de gu\u00e9rison pour les patients atteints de cancer du pancr\u00e9as. La r\u00e9section \u00e0 risque doit \u00eatre effectu\u00e9e dans des centres interdisciplinaires disposant d&#8217;une expertise appropri\u00e9e afin de r\u00e9duire au minimum la morbidit\u00e9 et la mortalit\u00e9 p\u00e9riop\u00e9ratoires. Les r\u00e9sultats chirurgicaux et oncologiques d\u00e9pendent dans une large mesure du nombre de cas [5]. La morbidit\u00e9 postop\u00e9ratoire est d&#8217;environ 40% dans les centres exp\u00e9riment\u00e9s [6]. Les principaux probl\u00e8mes postop\u00e9ratoires sont les fistules (5-30%), les fuites biliaires (0,4-8%), les h\u00e9morragies postop\u00e9ratoires (1-8%) et le retard de vidange gastrique avec difficult\u00e9 de s&#8217;alimenter (19-23%), qui est g\u00e9n\u00e9ralement r\u00e9versible apr\u00e8s 14 jours. Dans environ 5% des cas, une relaparotomie est n\u00e9cessaire. Une chirurgie pancr\u00e9atique r\u00e9ussie passe donc par une bonne gestion des complications. L&#8217;exp\u00e9rience du chirurgien, en collaboration avec les anesth\u00e9sistes, les gastroent\u00e9rologues et les radiologues interventionnels, joue ici un r\u00f4le crucial. Le taux de mortalit\u00e9 apr\u00e8s une intervention sur le pancr\u00e9as est de 2 \u00e0 4 % dans les centres de r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<h2 id=\"chirurgie-du-pancreas\">Chirurgie du pancr\u00e9as<\/h2>\n<p>La majorit\u00e9 des patients atteints de cancer du pancr\u00e9as pr\u00e9sentent des m\u00e9tastases \u00e0 distance au moment du diagnostic, de sorte que seul un traitement palliatif est possible. Les tumeurs du pancr\u00e9as qui sont localis\u00e9es et ne pr\u00e9sentent pas d&#8217;infiltration vasculaire ni de m\u00e9tastases \u00e0 distance sont consid\u00e9r\u00e9es comme r\u00e9s\u00e9cables. Le cancer du pancr\u00e9as localement avanc\u00e9 doit faire l&#8217;objet d&#8217;une discussion interdisciplinaire concernant un traitement multimodal. Dans chaque cas, il s&#8217;agit de choisir entre une r\u00e9section primaire et un traitement n\u00e9oadjuvant pr\u00e9alable (chimioth\u00e9rapie ou radiochimioth\u00e9rapie) <strong>(fig.&nbsp;2)<\/strong> [7].<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7159 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/abb2_oh2_s36.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/692;height:503px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"692\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>\nLes tumeurs localement avanc\u00e9es infiltrent souvent la veine porte, l&#8217;art\u00e8re m\u00e9sent\u00e9rique sup\u00e9rieure ou le tronc coeliaque. Contrairement \u00e0 la r\u00e9section art\u00e9rielle, la r\u00e9section veineuse (veine porte ou veine m\u00e9sent\u00e9rique sup\u00e9rieure) peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e dans des centres sp\u00e9cialis\u00e9s avec une morbidit\u00e9 et une mortalit\u00e9 comparables \u00e0 celles de la r\u00e9section pancr\u00e9atique sans r\u00e9section vasculaire [8]. Dans des cas isol\u00e9s s\u00e9lectionn\u00e9s, une r\u00e9section art\u00e9rielle peut \u00e9galement \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e dans une intention curative, mais elle s&#8217;accompagne d&#8217;une morbidit\u00e9 et d&#8217;une mortalit\u00e9 p\u00e9riop\u00e9ratoires \u00e9lev\u00e9es [9].<\/p>\n<h2 id=\"therapie-curative\">Th\u00e9rapie curative<\/h2>\n<p>La r\u00e9section d&#8217;une tumeur de la t\u00eate du pancr\u00e9as n\u00e9cessite une duod\u00e9no-pancr\u00e9atectomie partielle (op\u00e9ration de Whipple) <strong>(fig.&nbsp;3), <\/strong>qui peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e soit de mani\u00e8re classique en incluant l&#8217;estomac distal, soit en conservant le pylore <strong>(fig.&nbsp;4).<\/strong> Les cancers du pancr\u00e9as distal sont op\u00e9r\u00e9s par une r\u00e9section en bloc de la queue du pancr\u00e9as avec inclusion de la rate pour compl\u00e9ter la lymphad\u00e9nectomie. La pancr\u00e9atectomie totale est une troisi\u00e8me option th\u00e9rapeutique, en particulier pour les cancers du pancr\u00e9as localement avanc\u00e9s ou en cas de l\u00e9sions pr\u00e9curseurs \u00e9tendues ou multiples (par ex. IPMNs). L&#8217;atteinte des ganglions lymphatiques \u00e9tant un facteur pronostique fort, une lymphad\u00e9nectomie standardis\u00e9e est toujours pratiqu\u00e9e dans le cadre de la chirurgie oncologique du pancr\u00e9as.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7160 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/abb3-oh2_s36-.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 888px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 888\/654;height:442px; width:600px\" width=\"888\" height=\"654\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<h2 id=\"therapie-palliative\">\nTh\u00e9rapie palliative<\/h2>\n<p>Le traitement palliatif du cancer du pancr\u00e9as est le domaine de la chimioth\u00e9rapie syst\u00e9mique. Des interventions endoscopiques ou chirurgicales sont souvent n\u00e9cessaires en raison de st\u00e9noses tumorales des voies biliaires et\/ou du duod\u00e9num. Dans tous les cas, le choix de la proc\u00e9dure (stent vs chirurgie) doit \u00eatre effectu\u00e9 de mani\u00e8re interdisciplinaire en fonction de l&#8217;\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral du patient. Si l&#8217;exploration chirurgicale d&#8217;un cancer du pancr\u00e9as r\u00e9v\u00e8le une contre-indication \u00e0 l&#8217;op\u00e9ration de Whipple pr\u00e9vue (m\u00e9tastases \u00e0 distance), la mise en place d&#8217;une &#8220;double d\u00e9rivation&#8221; est recommand\u00e9e \u00e0 des fins palliatives <strong>(Fig.&nbsp;5).<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7161 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/abb4-5_oh2_s37.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/618;height:449px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"618\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<h2 id=\"suivi-des-patients\">\nSuivi des patients<\/h2>\n<p>Pour les patients qui ne se plaignent pas (bien-\u00eatre, pas de douleur, pas de perte de poids), aucun suivi n&#8217;est \u00e9tabli apr\u00e8s une r\u00e9section du pancr\u00e9as. Il est n\u00e9anmoins utile de proc\u00e9der \u00e0 un examen clinique r\u00e9gulier des patients (par exemple tous les trois \u00e0 six mois) et \u00e0 un contr\u00f4le en laboratoire des param\u00e8tres initialement pathologiques.  &nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"malnutrition-et-maldigestion\">Malnutrition et maldigestion<\/h2>\n<p>En pr\u00e9- et p\u00e9ri-op\u00e9ratoire, de nombreux patients perdent beaucoup de poids [10]; cette perte de poids ne peut souvent \u00eatre compens\u00e9e qu&#8217;insuffisamment en post-op\u00e9ratoire. L&#8217;absence de prise de poids est due \u00e0 une r\u00e9cidive du cancer du pancr\u00e9as, \u00e0 un apport calorique insuffisant, \u00e0 une intol\u00e9rance alimentaire ou \u00e0 une insuffisance pancr\u00e9atique exocrine.<\/p>\n<h2 id=\"insuffisance-pancreatique-exocrine\">Insuffisance pancr\u00e9atique exocrine<\/h2>\n<p>Le dosage des enzymes digestives d\u00e9pend de la gravit\u00e9 de l&#8217;insuffisance et de la teneur en graisse des aliments. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, on peut commencer par 2000 unit\u00e9s de lipase par gramme de graisse alimentaire et augmenter encore la dose si les sympt\u00f4mes persistent. La dose quotidienne ne doit pas d\u00e9passer 15 000 \u00e0 20 000 unit\u00e9s de lipase par kg de poids corporel. La pr\u00e9paration enzymatique doit \u00eatre prise pendant les repas. En ce qui concerne l&#8217;efficacit\u00e9, il convient de noter que l&#8217;acide gastrique est normalement neutralis\u00e9 par le bicarbonate produit par le pancr\u00e9as. Si cette neutralisation n&#8217;a pas lieu, le bol alimentaire reste acide dans l&#8217;intestin. Cela entra\u00eene une activit\u00e9 limit\u00e9e des enzymes pancr\u00e9atiques, y compris celles qui sont substitu\u00e9es par des m\u00e9dicaments. L&#8217;inhibition de la pompe \u00e0 protons (IPP) doit \u00eatre discut\u00e9e. De plus, il faut savoir que chez les patients ayant subi une r\u00e9section gastrique ou prenant des IPP, l&#8217;absence ou l&#8217;insuffisance d&#8217;alcalinisation entra\u00eene une dissolution incompl\u00e8te ou tardive de la protection contre l&#8217;acidit\u00e9, ce qui emp\u00eache les m\u00e9dicaments d&#8217;\u00eatre suffisamment efficaces. Dans ce cas, soit il faut administrer des enzymes pancr\u00e9atiques non prot\u00e9g\u00e9es contre les acides, soit le patient ouvre la capsule et en ing\u00e8re le contenu pendant le repas.<\/p>\n<p>En outre, la duod\u00e9no-pancr\u00e9atectomie classique et la duod\u00e9no-pancr\u00e9atectomie avec conservation du pylore entra\u00eenent toutes deux une asynchronie pancr\u00e9atico-colique. Cela signifie que les enzymes pancr\u00e9atiques sont s\u00e9cr\u00e9t\u00e9es au bon moment, mais qu&#8217;en raison de l&#8217;absence de duod\u00e9num, elles n&#8217;entrent en contact avec le chyme qu&#8217;au niveau du j\u00e9junum moyen, elles courent en quelque sorte derri\u00e8re le chyme. A cela s&#8217;ajoute la &#8220;rupture il\u00e9ale&#8221;, une lib\u00e9ration des hormones GLP-1 et PYY induite par le passage rapide des aliments dans l&#8217;il\u00e9on, qui entra\u00eene une inhibition de la s\u00e9cr\u00e9tion pancr\u00e9atique et une diminution de l&#8217;app\u00e9tit [11].<\/p>\n<h2 id=\"carence-en-vitamines-et-en-fer\">Carence en vitamines et en fer<\/h2>\n<p>Une consommation continue d&#8217;alcool, une insuffisance exocrine marqu\u00e9e et\/ou un apport en graisses tr\u00e8s limit\u00e9 peuvent entra\u00eener un d\u00e9ficit en vitamines liposolubles [12]. Pour \u00e9viter des carences qui entra\u00eeneraient \u00e0 long terme l&#8217;ost\u00e9oporose et l&#8217;ost\u00e9omalacie, mais aussi des modifications de la vision et de la peau, il est n\u00e9cessaire de contr\u00f4ler chaque ann\u00e9e les taux de vitamines et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, de les remplacer. La d\u00e9tection est possible par le dosage de la 25-OH-vitamine D3 dans le s\u00e9rum. Une carence en vitamine K peut \u00eatre \u00e9valu\u00e9e par l&#8217;INR. Les taux s\u00e9riques de vitamines A et E ne sont malheureusement pas fiables, la mesure du \u03b2-carot\u00e8ne peut \u00e9ventuellement \u00eatre utile dans ce cas. La prise de vitamines sous forme de comprim\u00e9s n&#8217;est utile que si l&#8217;absorption est s\u00fbre. Si une op\u00e9ration classique de Whipple avec antrectomie a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e, une injection intramusculaire mensuelle de vitamine B12 peut \u00eatre n\u00e9cessaire. Une \u00e9ventuelle carence en fer (absence d&#8217;absorption duod\u00e9nale) doit g\u00e9n\u00e9ralement \u00eatre substitu\u00e9e par voie parent\u00e9rale.<\/p>\n<h2 id=\"insuffisance-pancreatique-endocrine\">Insuffisance pancr\u00e9atique endocrine<\/h2>\n<p>Un diab\u00e8te sucr\u00e9 pancr\u00e9atique peut se manifester en postop\u00e9ratoire. Celui-ci peut \u00e9galement se d\u00e9velopper de mani\u00e8re retard\u00e9e, c&#8217;est pourquoi des contr\u00f4les de l&#8217;\u00e9volution de l&#8217;HbA1c sont indiqu\u00e9s tous les trois \u00e0 six mois.  &nbsp;<\/p>\n<p>\nLitt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Neoptolemos JP, et al : Chimioth\u00e9rapie adjuvante avec fluorouracil plus acide folique vs gemcitabine apr\u00e8s r\u00e9section d&#8217;un cancer du pancr\u00e9as. Un essai contr\u00f4l\u00e9 randomis\u00e9. J Am Med Ass 2010 ; 304 : 1073-1081.<\/li>\n<li>Hartwig W, et al : La chirurgie du cancer du pancr\u00e9as dans le nouveau mill\u00e9naire. Meilleure pr\u00e9diction des r\u00e9sultats. Ann Surg 2011 ; 254 : 311-319.<\/li>\n<li>Callery MP, et al : Pretreatment assessment of resectable and borderline resectable pancreatic cancer. D\u00e9claration de consensus d&#8217;experts. Ann Surg Oncol 2009 ; 16 : 1727-1733.<\/li>\n<li>van der Gaag NA, et al : Drainage biliaire pr\u00e9op\u00e9ratoire pour le cancer de la t\u00eate du pancr\u00e9as. N Engl J Med 2010 ; 362(2) : 129-137.<\/li>\n<li>Gooiker GA, et al : Systematic review and meta-analysis of the volume-outcome relationship in pancreatic surgery. Br J Surg 2011 ; 98 : 485-494.<\/li>\n<li>H\u00fcttner FJ, et al. : Pylorus-preserving pancreaticoduodenectomy (pp Whipple) versus pancreaticoduodenectomy (classic Whipple) for surgical treatment of periampullary and pancreatic carcinoma. Cochrane Database Syst Rev 2016.<\/li>\n<li>Werner J, et al : Advanced-stage pancreatic cancer : therapy options. Nat Rev Clin Oncol 2013 ; 10(6) : 323-333.<\/li>\n<li>M\u00fcller SA, et al : R\u00e9section vasculaire dans la chirurgie du cancer du pancr\u00e9as. D\u00e9terminants de la survie. J Gastrointest Surg 2009 ; 13(4) : 784-792.<\/li>\n<li>Mollberg N, et al : R\u00e9section art\u00e9rielle lors d&#8217;une pancr\u00e9atectomie pour cancer du pancr\u00e9as. A systematic review and meta-analysis. Ann Surg 2011 ; 254(6) : 882-893.<\/li>\n<li>Bachmann J, et al : La cachexie diminue le pronostic chez les patients atteints d&#8217;un cancer du pancr\u00e9as r\u00e9s\u00e9cable. J Gastrointest Surg 2008 ; 12 : 1193-1201.<\/li>\n<li>Maljaars PW, et al. : Bris de l&#8217;il\u00e9on. Une cible alimentaire sensible pour le contr\u00f4le de l&#8217;app\u00e9tit. Une revue de la question. Physiol Behav 2008 ; 95 : 271-281.<\/li>\n<li>Marotta F, et al. : Concentration de vitamines liposolubles dans la pancr\u00e9atite chronique induite par l&#8217;alcool. Relation avec la st\u00e9atorrh\u00e9e. Dig Dis Sci 1994 ; 39 : 993-998.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\n&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c4MATOLOGIE 2016 ; 4(2) : 34-38<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis la premi\u00e8re description d&#8217;une r\u00e9section pancr\u00e9atique par le chirurgien de K\u00f6nigsberg Walter Kausch en 1909, la chirurgie pancr\u00e9atique s&#8217;est d\u00e9velopp\u00e9e pour devenir un traitement central interdisciplinaire. 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