{"id":341446,"date":"2016-06-01T02:00:00","date_gmt":"2016-06-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/nouvelles-approches-therapeutiques-avec-une-survie-sans-maladie-plus-longue\/"},"modified":"2016-06-01T02:00:00","modified_gmt":"2016-06-01T00:00:00","slug":"nouvelles-approches-therapeutiques-avec-une-survie-sans-maladie-plus-longue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/nouvelles-approches-therapeutiques-avec-une-survie-sans-maladie-plus-longue\/","title":{"rendered":"Nouvelles approches th\u00e9rapeutiques avec une survie sans maladie plus longue"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le cancer de l&#8217;ovaire n&#8217;est g\u00e9n\u00e9ralement diagnostiqu\u00e9 qu&#8217;\u00e0 un stade avanc\u00e9 et son pronostic est d\u00e9favorable. La chirurgie cytor\u00e9ductrice la plus large possible est la premi\u00e8re priorit\u00e9 th\u00e9rapeutique et pronostique, suivie d&#8217;une chimioth\u00e9rapie \u00e0 base de platine. Dans les stades III-IV sans r\u00e9op\u00e9ration planifi\u00e9e, l&#8217;ajout de bevacizumab \u00e0 la premi\u00e8re chimioth\u00e9rapie et en traitement d&#8217;entretien est autoris\u00e9 depuis quelques mois. Il en va de m\u00eame pour le traitement des r\u00e9cidives sensibles au platine. La derni\u00e8re indication en date est le bevacizumab dans les cancers de l&#8217;ovaire r\u00e9sistants au platine apr\u00e8s un maximum de deux traitements ant\u00e9rieurs par monochimioth\u00e9rapie. Les femmes atteintes d&#8217;un cancer de l&#8217;ovaire g\u00e9n\u00e9tiquement induit sont trait\u00e9es de la m\u00eame mani\u00e8re que les patientes atteintes de tumeurs sporadiques, mais ont d\u00e9sormais la possibilit\u00e9 de suivre un traitement d&#8217;entretien par olaparib en cas de r\u00e9cidive.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Le cancer de l&#8217;ovaire est le deuxi\u00e8me cancer le plus fr\u00e9quent dans le domaine de l&#8217;oncologie gyn\u00e9cologique et, parmi ces cancers, c&#8217;est celui qui entra\u00eene le plus de d\u00e9c\u00e8s. En Suisse, il touche environ 600 femmes par an (3% de tous les cancers). L&#8217;\u00e2ge moyen au moment du diagnostic est de 63 ans, 14% des femmes ont moins de 50 ans. 90% des cancers de l&#8217;ovaire sont des tumeurs d&#8217;origine \u00e9pith\u00e9liale, les autres sont des tumeurs des cellules germinales, du stroma ou des tumeurs sarcomateuses ou des cancers de l&#8217;ovaire.&nbsp;  les n\u00e9oplasies \u00e0 petites cellules. L&#8217;OMS divise les carcinomes \u00e9pith\u00e9liaux en six classes histologiques. Les carcinomes s\u00e9reux sont les plus fr\u00e9quents (environ 80%), ils peuvent \u00eatre peu ou tr\u00e8s agressifs.<\/p>\n<h2 id=\"diagnostic-et-facteurs-de-risque\">Diagnostic et facteurs de risque<\/h2>\n<p>Les sympt\u00f4mes qui pr\u00e9c\u00e8dent souvent le diagnostic depuis longtemps ne sont pas sp\u00e9cifiques : douleurs abdominales, tensions abdominales, troubles mictionnels et, au cours de l&#8217;\u00e9volution, augmentation du volume de l&#8217;abdomen ou troubles du cycle menstruel. Les facteurs de risque sont le nombre d&#8217;ovulations (plus il y a d&#8217;ovulations, plus le risque est \u00e9lev\u00e9), l&#8217;endom\u00e9triose, les ovaires polykystiques et un g\u00e8ne BRCA 1 ou 2. En revanche, l&#8217;accouchement, l&#8217;allaitement, la contraception orale, la ligature des trompes et l&#8217;hyst\u00e9rectomie r\u00e9duisent le risque.<\/p>\n<p>Le diagnostic est g\u00e9n\u00e9ralement pos\u00e9 \u00e0 un stade avanc\u00e9 (FIGO III et IV), ce qui signifie qu&#8217;environ 15% seulement des cancers de l&#8217;ovaire sont limit\u00e9s \u00e0 un seul ovaire. Les facteurs pronostiques sont le stade, l&#8217;histologie et une op\u00e9ration aussi compl\u00e8te que possible. Le pronostic des cancers de l&#8217;ovaire en tant que groupe reste malheureusement mauvais : seuls environ 40% des patientes au stade FIGO III (m\u00e9tastases en dehors du petit bassin mais intra-abdominales) et seulement environ 19% au stade FIGO IV (m\u00e9tastases \u00e0 distance) survivent cinq ans, ces donn\u00e9es datant d&#8217;avant les possibilit\u00e9s th\u00e9rapeutiques modernes (bevacizumab +\/- traitement d&#8217;entretien, olaparib, HIPEC).<\/p>\n<h2 id=\"evaluation-et-traitement-chirurgical\">\u00c9valuation et traitement chirurgical<\/h2>\n<p>Sans staging chirurgical ou op\u00e9ration, l&#8217;\u00e9tendue exacte de la maladie ne peut pas \u00eatre d\u00e9termin\u00e9e de mani\u00e8re fiable. La plupart du temps, les femmes s&#8217;adressent d&#8217;abord \u00e0 leur gyn\u00e9cologue, qui effectue une \u00e9chographie vaginale pour obtenir un diagnostic <strong>(Fig.&nbsp;1) <\/strong>.  <\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-7149\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/abb1_oh2_s26.jpg\" style=\"height:630px; width:600px\" width=\"914\" height=\"720\"><\/p>\n<p>Si un carcinome est suspect\u00e9, il est suivi d&#8217;un scanner ou d&#8217;un PET-CT <strong>(Fig.&nbsp;2). <\/strong>Le dosage du marqueur tumoral Ca 125 peut \u00e9galement s&#8217;av\u00e9rer utile.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7150 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/abb2_oh2_s27.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/812;height:443px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"812\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>L&#8217;op\u00e9ration comprend une hyst\u00e9rectomie, une annexectomie bilat\u00e9rale, une lymphad\u00e9nectomie r\u00e9trop\u00e9riton\u00e9ale et, selon l&#8217;\u00e9tendue de la tumeur, une omentectomie infracolique et infragastrique, ainsi que de multiples biopsies p\u00e9riton\u00e9ales cibl\u00e9es. L&#8217;exp\u00e9rience du chirurgien (nombre d&#8217;interventions r\u00e9alis\u00e9es chaque ann\u00e9e) est importante, car le pronostic est influenc\u00e9 par le r\u00e9sultat chirurgical obtenu (d\u00e9bullage optimal). Dans la mesure du possible, toutes les tumeurs visibles macroscopiquement doivent \u00eatre enlev\u00e9es, ce qui signifie que l&#8217;op\u00e9ration n\u00e9cessite des gyn\u00e9cologues exp\u00e9riment\u00e9s et, dans certaines circonstances, des chirurgiens visc\u00e9raux capables de pratiquer des interventions abdominales parfois plus importantes, telles que l&#8217;ablation partielle de l&#8217;intestin, la p\u00e9ritonectomie, etc. Le traitement du cancer de l&#8217;ovaire avanc\u00e9 doit faire l&#8217;objet d&#8217;une discussion interdisciplinaire pr\u00e9op\u00e9ratoire et les interventions ou les traitements possibles doivent \u00eatre d\u00e9finis. dont les cons\u00e9quences\/morbidit\u00e9s doivent \u00eatre discut\u00e9es au pr\u00e9alable avec les patientes. La stadification post-op\u00e9ratoire se fait selon la classification FIGO ou TNM [1].<\/p>\n<h2 id=\"traitement-des-stades-precoces-figo-i-iia\">Traitement des stades pr\u00e9coces (FIGO I-IIA)<\/h2>\n<p>En ce qui concerne le traitement des stades pr\u00e9coces, rien n&#8217;a chang\u00e9 au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es. Les patientes \u00e0 ces stades (environ 20%) ont un meilleur pronostic (survie \u00e0 5 ans de 60 \u00e0 90%). Des facteurs tels que le grade, la rupture de la capsule, l&#8217;atteinte unilat\u00e9rale ou bilat\u00e9rale et \u00e9ventuellement l&#8217;\u00e2ge de la patiente sont importants pour d\u00e9cider si un traitement adjuvant doit \u00eatre mis en place. Aucune chimioth\u00e9rapie n&#8217;est recommand\u00e9e aux patientes de stade FIGO IA, G1. Au stade IB, les facteurs suppl\u00e9mentaires et un staging chirurgical optimal sont importants, et l\u00e0 aussi, la chimioth\u00e9rapie peut souvent \u00eatre supprim\u00e9e.<\/p>\n<p>Toutes les autres patientes \u00e0 un stade pr\u00e9coce (tous les stades FIGO II et\/ou tous les gradings histologiques sup\u00e9rieurs \u00e0 1) b\u00e9n\u00e9ficient d&#8217;une chimioth\u00e9rapie adjuvante \u00e0 base de platine. Je n&#8217;entrerai pas ici dans le d\u00e9bat de savoir si le carboplatine seul suffit (six cycles) ou si l&#8217;association carboplatine\/paclitaxel est pr\u00e9f\u00e9rable (trois cycles peuvent \u00e9ventuellement suffire, mais la plupart du temps, six cycles sont administr\u00e9s) [2,3].<\/p>\n<h2 id=\"traitement-des-stades-avances-figo-iib-iv\">Traitement des stades avanc\u00e9s (FIGO IIB-IV)<\/h2>\n<p>Dans les stades avanc\u00e9s, une op\u00e9ration aussi compl\u00e8te que possible est particuli\u00e8rement importante. Les patientes chez qui aucune tumeur n&#8217;est plus visible macroscopiquement ont le meilleur pronostic. Si une tumeur doit \u00eatre laiss\u00e9e en place, les femmes dont les r\u00e9sidus tumoraux mesurent moins de 1&nbsp;cm ont plus de chances que celles dont les r\u00e9sidus tumoraux mesurent plus de 1&nbsp;cm. Pour les patientes ayant subi une op\u00e9ration primaire non optimale (par exemple, pas d&#8217;\u00e9quipe interdisciplinaire &#8211; bien que n\u00e9cessaire), il peut \u00eatre utile de proc\u00e9der \u00e0 ce que l&#8217;on appelle un d\u00e9bullage d&#8217;intervalle. Dans ce cadre, trois cycles de chimioth\u00e9rapie standard \u00e0 base de carboplatine et de paclitaxel sont d&#8217;abord effectu\u00e9s, suivis, en cas de r\u00e9ponse, d&#8217;une deuxi\u00e8me op\u00e9ration et de trois autres cycles de chimioth\u00e9rapie.<\/p>\n<p>Toutes les patientes pr\u00e9sentant des stades avanc\u00e9s sont jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent trait\u00e9es par six cycles de chimioth\u00e9rapie combin\u00e9e \u00e0 base de platine (g\u00e9n\u00e9ralement avec du paclitaxel). L&#8217;ajout d&#8217;autres cytostatiques ou la r\u00e9alisation de plus de six cycles n&#8217;ont pas montr\u00e9 de b\u00e9n\u00e9fice.<\/p>\n<p>En 2009, un groupe japonais a publi\u00e9 un travail sur le &#8220;dose-dense paclitaxel\/carboplatine&#8221;, qui a montr\u00e9 une meilleure survie globale de 72% \u00e0 trois ans, contre 65% dans le groupe de patientes sous traitement standard [4]. &#8220;Dose-dense&#8221; signifie que le paclitaxel est administr\u00e9 chaque semaine sans pause, tandis que le carboplatine continue \u00e0 \u00eatre administr\u00e9 toutes les trois semaines. Les effets secondaires (surtout h\u00e9matologiques) ont \u00e9t\u00e9 un peu plus fr\u00e9quents dans le groupe de patients ainsi trait\u00e9s. Il existe toutefois des sch\u00e9mas d&#8217;utilisation hebdomadaire des deux substances [5].<\/p>\n<h2 id=\"traitement-par-bevacizumab\">Traitement par bevacizumab<\/h2>\n<p>L&#8217;ajout de bevacizumab \u00e0 la chimioth\u00e9rapie est une option th\u00e9rapeutique r\u00e9cente. Le bevacizumab inhibe toutes les isoformes du r\u00e9cepteur du VEGF-A. Il s&#8217;agit d&#8217;un inhibiteur de l&#8217;enzyme de conversion du VEGF. Il existe d\u00e9sormais quatre grandes \u00e9tudes d\u00e9montrant l&#8217;efficacit\u00e9 de l&#8217;inhibition de l&#8217;angiogen\u00e8se dans le cancer de l&#8217;ovaire (GOG 0218 et ICON7 en premi\u00e8re ligne, OCEANS et AURELIA pour la situation de r\u00e9cidive). Toutes les \u00e9tudes ont en commun une am\u00e9lioration de 3,5 \u00e0 4 mois de la survie sans progression (PFS) et du taux de r\u00e9ponse, mais pas de la survie globale. Les \u00e9tudes diff\u00e8rent non seulement par leur indication et leur conception, mais aussi par la dose de bevacizumab et la dur\u00e9e du traitement. Dans ces \u00e9tudes, l&#8217;inhibition de l&#8217;angiogen\u00e8se n&#8217;est pas seulement utilis\u00e9e parall\u00e8lement \u00e0 la chimioth\u00e9rapie, mais surtout comme traitement d&#8217;entretien. Avec le bevacizumab, c&#8217;est la premi\u00e8re fois qu&#8217;un traitement d&#8217;entretien a montr\u00e9 un b\u00e9n\u00e9fice.<\/p>\n<p>Le bevacizumab est autoris\u00e9 en Suisse chez les patientes atteintes d&#8217;un cancer de l&#8217;ovaire avanc\u00e9 (FIGO III-IV), en association avec le carboplatine\/paclitaxel en premi\u00e8re intention, lorsqu&#8217;il n&#8217;est pas possible de proc\u00e9der \u00e0 une deuxi\u00e8me op\u00e9ration ou \u00e0 une troisi\u00e8me intervention chirurgicale. un d\u00e9bouclage d&#8217;intervalle est pr\u00e9vu. Les patientes re\u00e7oivent du bevacizumab 7,5&nbsp;mg\/kgKG toutes les trois semaines en parall\u00e8le \u00e0 six cycles de chimioth\u00e9rapie ; le bevacizumab est ensuite administr\u00e9 en traitement d&#8217;entretien toutes les trois semaines jusqu&#8217;\u00e0 la progression ou l&#8217;arr\u00eat de la maladie. pendant 15 mois au maximum. Le spectre des effets secondaires du bevacizumab est bien connu des autres traitements anti-tumoraux : hypertension art\u00e9rielle, prot\u00e9inurie, rarement des thromboembolies et surtout un taux de perforation intestinale l\u00e9g\u00e8rement plus \u00e9lev\u00e9 sont \u00e0 mentionner &#8211; en plus des co\u00fbts de traitement nettement plus \u00e9lev\u00e9s.  &nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"chimiotherapie-intraperitoneale\">Chimioth\u00e9rapie intrap\u00e9riton\u00e9ale<\/h2>\n<p>D\u00e8s les ann\u00e9es 1970, on a tent\u00e9 d&#8217;augmenter les chances de survie des patientes pr\u00e9op\u00e9r\u00e9es de mani\u00e8re optimale en leur administrant de fortes doses de chimioth\u00e9rapie locale (intrap\u00e9riton\u00e9ale). Cette proc\u00e9dure tr\u00e8s complexe et chronophage a \u00e9t\u00e9 constamment am\u00e9lior\u00e9e au fil des ans. Une chimioth\u00e9rapie intraveineuse est toujours administr\u00e9e parall\u00e8lement \u00e0 la chimioth\u00e9rapie intrap\u00e9riton\u00e9ale. Les substances utilis\u00e9es dans la partie intraveineuse du traitement ont \u00e9t\u00e9 partiellement chang\u00e9es et la chimioth\u00e9rapie intrap\u00e9riton\u00e9ale avec du cisplatine et du paclitaxel est r\u00e9alis\u00e9e par chauffage (chimioth\u00e9rapie intrap\u00e9riton\u00e9ale hyperthermique, HIPEC). La toxicit\u00e9 et les complications restent importantes, de sorte que ce traitement n&#8217;est pas un standard, malgr\u00e9 le b\u00e9n\u00e9fice en termes de survie d\u00e9montr\u00e9 dans certaines \u00e9tudes, mais il est de plus en plus utilis\u00e9 dans les grands centres [6]. Une revue de l&#8217;utilisation et des b\u00e9n\u00e9fices de la chimioth\u00e9rapie intrap\u00e9riton\u00e9ale dans six grands centres am\u00e9ricains a r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e [7]. Au fil du temps (2007-2012), la HIPEC a \u00e9t\u00e9 de plus en plus utilis\u00e9e, mais selon les auteurs, cette proc\u00e9dure est encore utilis\u00e9e chez moins de 50% des patientes \u00e9ligibles. La survie globale \u00e0 trois ans \u00e9tait de 81% dans le bras HIPEC et de 71% dans le bras standard.<\/p>\n<h2 id=\"traitements-des-recidives\">Traitements des r\u00e9cidives<\/h2>\n<p>Comme la plupart des patientes atteintes d&#8217;un cancer de l&#8217;ovaire avanc\u00e9 font une rechute, la question se pose de savoir quel est le traitement de la r\u00e9cidive le plus optimal possible. Pour les patientes avec un long intervalle sans traitement, en bon \u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral et avec une r\u00e9cidive qui peut \u00eatre enlev\u00e9e macroscopiquement in toto, une deuxi\u00e8me op\u00e9ration est une option, bien que les \u00e9tudes ne soient pas tr\u00e8s bonnes dans ce cas. Dans des cas exceptionnels, une HIPEC est \u00e9galement \u00e9valu\u00e9e dans cette situation.<\/p>\n<p>Il s&#8217;agit en premier lieu de d\u00e9terminer si le carcinome est sensible ou r\u00e9sistant au platine (la rechute n&#8217;intervient qu&#8217;apr\u00e8s six ou, mieux, douze mois). En cas de carcinome sensible, on peut \u00e0 nouveau utiliser le doublet carboplatine (mieux tol\u00e9r\u00e9, aussi efficace que le cisplatine) et paclitaxel ou alternativement carboplatine\/doxorubicine liposomale p\u00e9gyl\u00e9e ou carboplatine\/gemcitabine. L\u00e0 encore, la th\u00e9rapie combin\u00e9e est plus efficace que la monoth\u00e9rapie [4]. En cas de maladie r\u00e9fractaire au platine (rechute avant six mois), il convient d&#8217;utiliser des m\u00e9dicaments ne pr\u00e9sentant pas de r\u00e9sistance crois\u00e9e : gemcitabine, \u00e9toposide oral, vinorelbine ou encore docetaxel et oxaliplatine. Il existe \u00e9galement des donn\u00e9es sur la trabect\u00e9dine en association avec <sup>Caelyx\u00ae<\/sup> [8].<\/p>\n<p>Dans les situations de r\u00e9cidive, l&#8217;ajout de bevacizumab (\u00e9galement en traitement d&#8217;entretien) a \u00e9galement montr\u00e9 un avantage en termes de PFS dans une mesure analogue. L&#8217;\u00e9tude OCEANS (phase III, gain de PFS de quatre mois) a inclus des patientes atteintes d&#8217;un cancer de l&#8217;ovaire sensible au platine (figure&nbsp;2) [9]. La chimioth\u00e9rapie consistait en carboplatine\/gemcitabine dans les deux bras. Le bevacizumab a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 dans le bras exp\u00e9rimental \u00e0 raison de 15&nbsp;mg\/kgKG toutes les trois semaines jusqu&#8217;\u00e0 la progression. Les patientes ne devaient pas avoir re\u00e7u de traitement pr\u00e9alable (sauf adjuvant) et un traitement anti-VEGF pr\u00e9alable n&#8217;\u00e9tait pas autoris\u00e9. En Suisse, le bevacizumab est \u00e9galement autoris\u00e9 dans cette situation, mais une garantie de paiement doit \u00eatre obtenue (ce qui est valable pour toutes les indications du bevacizumab).<\/p>\n<p>La derni\u00e8re indication du bevacizumab dans le cancer de l&#8217;ovaire est le cancer r\u00e9sistant au platine (AURELIA) avec au maximum deux traitements ant\u00e9rieurs sans inhibiteurs de l&#8217;angiogen\u00e8se pr\u00e9alables. Le traitement est associ\u00e9 soit au topot\u00e9can, soit au paclitaxel, soit au Caelyx\u00ae. La posologie est de 10&nbsp;mg\/kgKG tous les 14 jours jusqu&#8217;\u00e0 la progression de la maladie. Le gain de PFS est ici aussi de 3,5 mois, ce qui peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme significatif dans cette situation o\u00f9 les patientes survivent g\u00e9n\u00e9ralement moins de 12 mois. AURELIA a en outre montr\u00e9 une am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de vie. Il y a toutefois quelques caviars \u00e0 mentionner dans cette \u00e9tude, notamment le design open-label avec possibilit\u00e9 de cross-over.<\/p>\n<p>On sait depuis longtemps que l&#8217;inhibition de l&#8217;angiogen\u00e8se joue un r\u00f4le dans le cancer de l&#8217;ovaire (y compris dans la gen\u00e8se de l&#8217;ascite). Nous pouvons d\u00e9sormais utiliser ce principe th\u00e9rapeutique. Cependant, le moment le plus optimal n&#8217;est toujours pas clair (\u00e9ventuellement plusieurs fois ?), et les co\u00fbts ne peuvent pas non plus \u00eatre ignor\u00e9s dans la situation actuelle [10].<\/p>\n<h2 id=\"traitement-des-femmes-porteuses-de-brca-1-et-2\">Traitement des femmes porteuses de BRCA 1 et 2<\/h2>\n<p>Environ 10 \u00e0 15% des cancers de l&#8217;ovaire sont d&#8217;origine familiale, les deux g\u00e8nes BRCA \u00e9tant les plus importants. Le risque de cancer de l&#8217;ovaire au cours de la vie d&#8217;une femme porteuse de BRCA 1 est de 25 \u00e0 55%, celui d&#8217;une femme porteuse de BRCA 2 est de 10 \u00e0 25%. Une fois le planning familial termin\u00e9, l&#8217;annexectomie bilat\u00e9rale prophylactique doit \u00eatre discut\u00e9e avec ces patientes (en plus des autres possibilit\u00e9s de pr\u00e9vention).<\/p>\n<p>Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, le traitement de ces cancers de l&#8217;ovaire ne diff\u00e8re pas de celui des cancers sporadiques, et le pronostic n&#8217;est pas plus mauvais [11]. Une nouveaut\u00e9 \u00e0 mentionner ici est un traitement d&#8217;entretien par l&#8217;olaparib.<\/p>\n<p>Jusqu&#8217;\u00e0 50% des carcinomes s\u00e9reux de haut grade pr\u00e9sentent un d\u00e9faut de recombinaison homologue (dans la lign\u00e9e germinale, comme chez les femmes porteuses de BRCA, ou somatique dans les cellules tumorales), une voie importante de correction des dommages \u00e0 l&#8217;ADN. Les enzymes PARP (polym\u00e9rases) sont responsables de la r\u00e9paration des cassures simple brin de l&#8217;ADN. Dans les cellules saines, elles sont recombin\u00e9es de mani\u00e8re homologue. Mais sans un g\u00e8ne BRCA fonctionnel, cela n&#8217;est pas possible. Les inhibiteurs de la PARP entra\u00eenent une instabilit\u00e9 cellulaire et la mort des cellules (&#8220;synthetic lethality&#8221;). Les cellules tumorales sont particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables \u00e0 ce m\u00e9canisme.<\/p>\n<p>Une \u00e9tude de phase II a montr\u00e9 qu&#8217;un traitement d&#8217;entretien par l&#8217;olaparib, un inhibiteur de la PARP par voie orale, apportait un avantage en termes de SSP chez les femmes atteintes d&#8217;un cancer de l&#8217;ovaire tr\u00e8s s\u00e9reux et pr\u00e9trait\u00e9 (au moins deux th\u00e9rapies, sensible au platine, r\u00e9pondant \u00e0 la derni\u00e8re th\u00e9rapie) [12]. Le gain de PFS a \u00e9t\u00e9 principalement d\u00e9montr\u00e9 chez les patientes atteintes de la maladie BRCA-positive (lign\u00e9e germinale ou dans la tumeur) et a tout de m\u00eame \u00e9t\u00e9 de sept mois dans ce groupe (HR 0,35). Un b\u00e9n\u00e9fice OS n&#8217;a pas pu \u00eatre d\u00e9montr\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent. En Suisse, l&#8217;olaparib n&#8217;est pas encore officiellement autoris\u00e9, mais les patientes BRCA-positives peuvent \u00eatre admises dans un programme sp\u00e9cial via l&#8217;entreprise. Les effets secondaires sont acceptables (principalement fatigue, gastro-intestinaux, h\u00e9matologiques) et rarement de grade 3 ou 4.<\/p>\n<p>Le congr\u00e8s ASCO de cette ann\u00e9e a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 l&#8217;occasion de pr\u00e9senter les premi\u00e8res donn\u00e9es cliniques sur les inhibiteurs de points de contr\u00f4le immunitaires avec des anticorps anti-PD-1 et anti-PDL-1. Ces &#8220;immunoth\u00e9rapies&#8221; &#8211; pour simplifier &#8211; l\u00e8vent le frein du syst\u00e8me immunitaire de l&#8217;organisme contre les cellules tumorales, et elles sont d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9es avec de bons r\u00e9sultats dans le m\u00e9lanome et le cancer bronchique. Les inhibiteurs de points de contr\u00f4le immunitaires semblent \u00e9galement avoir un effet sur le cancer de l&#8217;ovaire, en particulier sur les tumeurs induites par des mutations BRCA.<\/p>\n<p>On peut esp\u00e9rer que le pronostic des patientes atteintes d&#8217;un cancer de l&#8217;ovaire avanc\u00e9 s&#8217;am\u00e9liorera bient\u00f4t gr\u00e2ce aux nouvelles options th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Cancer Staging Handbook, AJCC staging Manual <sup>7th<\/sup> edition 2010.<\/li>\n<li>Sandercock J, et al : Traitement de premi\u00e8re ligne pour le cancer ovarien avanc\u00e9 : paclitaxel, platine et les preuves. British Journal of Cancer 2002 ; 87 : 815-824.<\/li>\n<li>The International Collaborative Ovarian Neoplasm Group : Paclitaxel plus carboplatine versus chimioth\u00e9rapie standard avec soit du carboplatine mono-agent soit du cyclo-phosphamide, de la doxorubicine, et du cisplatine chez les femmes atteintes d&#8217;un cancer de l&#8217;ovaire : l&#8217;essai randomis\u00e9 ICON3. Lancet 2002 ; 360 : 505-515.<\/li>\n<li>Katsumata N, et al : Dose de paclitaxel dense une fois par semaine en association avec du carboplatine toutes les 3 semaines pour le cancer de l&#8217;ovaire avanc\u00e9 :&nbsp; a phase 3, open label, randomised controlled trial. Lancet 2009 ; 374 : 1331-1338.<\/li>\n<li>Sehouli J, et al : Weekly paclitaxel and carboplatin for patients with advanced ovarian cancer : results of a multicentre phase II study of the NOGGO. Cancer Chemother Pharmacol 2008 ; 61 : 243-250.<\/li>\n<li>Armstrong DK, et al : Cisplatine et paclitaxel intrap\u00e9riton\u00e9aux dans le cancer de l&#8217;ovaire. N Engl J Med 2006 ; 354 : 34-43.<\/li>\n<li>Wright AA, et al : Utilisation et efficacit\u00e9 de la chimioth\u00e9rapie intrap\u00e9riton\u00e9ale pour le traitement du cancer de l&#8217;ovaire. J Clin Oncol 2015 ; 33 : 2841-2847.<\/li>\n<li>Poveda A, et al : Trabectedin plus doxorubicine liposomale p\u00e9gyl\u00e9e dans le cancer de l&#8217;ovaire en rechute : r\u00e9sultats dans la sous-population partiellement sensible au platine (intervalle sans platine 6-12 mois) de l&#8217;essai randomis\u00e9 OVA-301 phase III. Ann Oncol 2011 ; 22(1) : 39-48. doi.1093\/annonc\/mdq352.<\/li>\n<li>Aghajanian C, et al : OCEANS : un essai de phase III randomis\u00e9, en double aveugle, contr\u00f4l\u00e9 par placebo, de chimioth\u00e9rapie avec ou sans bevacizumab chez des patients atteints de cancer \u00e9pith\u00e9lial de l&#8217;ovaire r\u00e9current sensible au platine, de cancer p\u00e9riton\u00e9al primaire ou de cancer du tube fallopien. J Clin Oncol 2012 ; 30(17) : 2039-2045.<\/li>\n<li>Liu JF, et al : R\u00f4le \u00e9mergent du bevacizumab en association avec la chimioth\u00e9rapie pour les patients atteints de cancer de l&#8217;ovaire r\u00e9sistant au platine. J Clin Oncol 2014 ; 32 : 1287-1289.<\/li>\n<li>Rubin SC, et al : Caract\u00e9ristiques cliniques et pathologiques du cancer de l&#8217;ovaire chez les femmes pr\u00e9sentant des mutations germ-line de BRCA1. N Engl J Med 1996 ; 335 : 1413-1416.<\/li>\n<li>Ledermann J, et al : Olaparib maintenance therapy in platinum-sensitive relapsed ovarian cancer. N Engl J Med 2012 ; 366 : 1382-1392.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c4MATOLOGIE 2016 ; 4(2) : 25-28<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le cancer de l&#8217;ovaire n&#8217;est g\u00e9n\u00e9ralement diagnostiqu\u00e9 qu&#8217;\u00e0 un stade avanc\u00e9 et son pronostic est d\u00e9favorable. 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