{"id":341495,"date":"2016-05-19T02:00:00","date_gmt":"2016-05-19T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/reduction-du-poids-chez-les-patients-atteints-de-diabete-de-type-2\/"},"modified":"2016-05-19T02:00:00","modified_gmt":"2016-05-19T00:00:00","slug":"reduction-du-poids-chez-les-patients-atteints-de-diabete-de-type-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/reduction-du-poids-chez-les-patients-atteints-de-diabete-de-type-2\/","title":{"rendered":"R\u00e9duction du poids chez les patients atteints de diab\u00e8te de type 2"},"content":{"rendered":"<p><strong>L&#8217;augmentation du poids corporel et le diab\u00e8te sucr\u00e9 vont souvent de pair. M\u00eame si le th\u00e8me de la perte de poids chez les patients diab\u00e9tiques est souvent d\u00e9licat et difficile \u00e0 mettre en \u0153uvre, il vaut la peine de travailler sur ce point avec les patients, car seule une perte de poids (mod\u00e9r\u00e9e) permet de stabiliser la maladie et \u00e9ventuellement m\u00eame de la mettre en r\u00e9mission. Les bases sont des objectifs th\u00e9rapeutiques r\u00e9alistes et mesur\u00e9s et une th\u00e9rapie \u00e0 long terme, sur plusieurs ann\u00e9es, avec diff\u00e9rents modules (suivi m\u00e9dical, conseils nutritionnels, soutien psychologique, th\u00e9rapie m\u00e9dicamenteuse). Si le d\u00e9s\u00e9quilibre m\u00e9tabolique s&#8217;aggrave avec l&#8217;intensification du traitement et l&#8217;augmentation du poids corporel, des mesures chirurgicales doivent \u00e9galement \u00eatre discut\u00e9es avec le patient.<\/strong><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>L&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 augmente le risque de diab\u00e8te de type&nbsp;2 et de maladies du syst\u00e8me cardiovasculaire [1]. Le risque de diab\u00e8te est d&#8217;environ 4% chez les personnes dont l&#8217;IMC est inf\u00e9rieur \u00e0 25&nbsp;<sup>kg\/m2<\/sup>, mais il passe \u00e0 25% en cas d&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 s\u00e9v\u00e8re. Par exemple, chez les femmes, un IMC sup\u00e9rieur \u00e0 30&nbsp;kg\/m2 est associ\u00e9 \u00e0 un risque jusqu&#8217;\u00e0 neuf fois plus \u00e9lev\u00e9 de d\u00e9velopper un diab\u00e8te de type&nbsp;2 (par rapport aux femmes de poids normal) [2]. Il n&#8217;est donc pas surprenant que plus de 75% des patients diab\u00e9tiques souffrent \u00e9galement de surpoids (IMC &gt;25&nbsp;<sup>kg\/m2<\/sup>) ou m\u00eame d&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 avec un IMC sup\u00e9rieur \u00e0 30&nbsp;<sup>kg\/m2<\/sup> [3].<\/p>\n<p>Il semble toutefois qu&#8217;il existe ici une certaine r\u00e9versibilit\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements. Une perte de poids, m\u00eame mod\u00e9r\u00e9e, permet d&#8217;am\u00e9liorer consid\u00e9rablement la r\u00e9alisation des objectifs en mati\u00e8re de glyc\u00e9mie et de tension art\u00e9rielle, ainsi que le contr\u00f4le des lipides sanguins, en particulier des triglyc\u00e9rides et, dans une moindre mesure, du cholest\u00e9rol [4]. Une perte de poids plus importante peut m\u00eame mettre le diab\u00e8te en r\u00e9mission [5,6].<\/p>\n<h2 id=\"moins-de-medicaments-grace-a-la-perte-de-poids\">Moins de m\u00e9dicaments gr\u00e2ce \u00e0 la perte de poids<\/h2>\n<p>La masse des cellules b\u00eata diminue consid\u00e9rablement au cours de la vie. Cela conduit in\u00e9vitablement \u00e0 ce que la m\u00e9dication diab\u00e9tique actuelle ne suffise plus et que le traitement doive \u00eatre intensifi\u00e9 par l&#8217;ajout d&#8217;autres m\u00e9dicaments. Une perte de poids permet de maintenir le traitement au m\u00eame niveau, voire de rendre totalement superflus les m\u00e9dicaments d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9s en cas de perte de poids plus importante [4,6].<\/p>\n<p>Cependant, malgr\u00e9 ces effets b\u00e9n\u00e9fiques, il n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 possible de d\u00e9montrer une baisse de la mortalit\u00e9 cardiovasculaire chez les patients diab\u00e9tiques ayant une perte de poids mod\u00e9r\u00e9e. C&#8217;est ce qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment d\u00e9montr\u00e9 dans une grande \u00e9tude am\u00e9ricaine portant sur plus de 5000 patients atteints de diab\u00e8te de type&nbsp;2 [4]. M\u00eame si aucune diff\u00e9rence n&#8217;a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e entre les deux groupes de traitement en termes d&#8217;\u00e9v\u00e9nements cardiovasculaires, des effets positifs ont \u00e9t\u00e9 constat\u00e9s dans le groupe o\u00f9 la modification du mode de vie et donc la perte de poids \u00e9taient plus intenses. Entre autres, ils ont souffert moins de d\u00e9pression, ont eu besoin de moins de m\u00e9dicaments et ont vu s&#8217;am\u00e9liorer le syndrome d&#8217;apn\u00e9e du sommeil et les troubles musculo-squelettiques [4,7\u20139]. Une r\u00e9duction de poids est donc rentable ! Mais pourquoi est-il si difficile d&#8217;y parvenir et, surtout, de maintenir un poids inf\u00e9rieur ?<\/p>\n<h2 id=\"la-perte-de-poids-une-menace-existentielle\">La perte de poids, une menace existentielle<\/h2>\n<p>Pour mieux comprendre la r\u00e9gulation du poids corporel, il est utile de consid\u00e9rer ce point du point de vue de la nature [10]. Un poids corporel stable, voire en l\u00e9g\u00e8re augmentation, a toujours \u00e9t\u00e9 un avantage \u00e9volutif pour la survie et la pr\u00e9servation de l&#8217;esp\u00e8ce [11]. En revanche, une perte de poids est le signe d&#8217;une menace existentielle. Dans une telle phase, l&#8217;organisme est prot\u00e9g\u00e9 et surmonte la phase de p\u00e9nurie alimentaire. Cela se traduit par de multiples changements dans le corps. Cela permet de r\u00e9duire les niveaux d&#8217;\u00e9nergie, d&#8217;augmenter les hormones de la faim et de modifier la flore intestinale afin de mieux utiliser l&#8217;\u00e9nergie des aliments ing\u00e9r\u00e9s [10\u201314].<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la phase de p\u00e9nurie alimentaire, la compensation se fait en cons\u00e9quence lorsque l&#8217;acc\u00e8s aux sources de nourriture est \u00e0 nouveau possible sans restriction [15]. Il est donc compr\u00e9hensible que le d\u00e9veloppement de l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 soit une cons\u00e9quence presque in\u00e9vitable de la disponibilit\u00e9 croissante et constante d&#8217;aliments \u00e0 haute densit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique.<\/p>\n<h2 id=\"fixer-des-objectifs-realistes\">Fixer des objectifs r\u00e9alistes<\/h2>\n<p>La perte de poids chez les patients atteints de diab\u00e8te de type&nbsp;2 devrait donc \u00eatre un effort \u00e0 long terme. Diff\u00e9rentes mesures peuvent \u00eatre combin\u00e9es de mani\u00e8re modulaire. Les objectifs initiaux doivent \u00eatre r\u00e9alistes. Une r\u00e9duction de 3-4&nbsp;kg en six mois est r\u00e9aliste et r\u00e9alisable dans des conditions quotidiennes. Dans les lignes directrices, on trouve encore souvent des objectifs de poids tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s et irr\u00e9alistes, tels que 10% de r\u00e9duction de poids en 6-12 mois pour les patients ob\u00e8ses atteints de diab\u00e8te. De tels objectifs sont difficilement r\u00e9alisables sans mesures chirurgicales ou programmes very-low calories avec un apport \u00e9nerg\u00e9tique nettement r\u00e9duit, par exemple 800&nbsp;kcal par jour [16,17]. On peut \u00e9galement se demander si une perte de poids initiale aussi importante peut \u00eatre maintenue \u00e0 long terme et si le fait que le poids augmente \u00e0 nouveau au fil du temps ne contribue pas seulement \u00e0 la frustration des personnes trait\u00e9es et des soignants [18].<\/p>\n<p>Les mesures possibles qui peuvent soutenir la perte de poids sont d&#8217;une part les programmes de style de vie qui optimisent le comportement des patients en mati\u00e8re d&#8217;activit\u00e9 physique et d&#8217;autre part les conseils nutritionnels qui analysent le comportement alimentaire et la composition des aliments et les influencent favorablement. Mais le choix des m\u00e9dicaments contre le diab\u00e8te et des m\u00e9dicaments associ\u00e9s peut \u00e9galement avoir un impact positif sur le poids des patients. La base est toutefois le suivi r\u00e9gulier et \u00e0 long terme du patient. Les modules mentionn\u00e9s peuvent ensuite \u00eatre construits sur cette base, en alternance ou en combinaison. Des \u00e9tudes ont clairement d\u00e9montr\u00e9 que l&#8217;intensit\u00e9 du suivi est d\u00e9terminante pour le succ\u00e8s de la perte de poids [19]. Un suivi peut \u00eatre effectu\u00e9 par le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste int\u00e9ress\u00e9, l&#8217;endocrinologue ou le th\u00e9rapeute en nutrition. Dans ce cas, il est souvent crucial de savoir quelle personne peut d\u00e9velopper le meilleur acc\u00e8s \u00e0 la personne concern\u00e9e.<\/p>\n<h2 id=\"combinaison-de-la-therapie-nutritionnelle-de-la-therapie-par-lexercice-et-de-la-therapie-comportementale\">Combinaison de la th\u00e9rapie nutritionnelle, de la th\u00e9rapie par l&#8217;exercice et de la th\u00e9rapie comportementale<\/h2>\n<p>La base de toute perte de poids est une combinaison de th\u00e9rapie nutritionnelle, d&#8217;exercice et de th\u00e9rapie comportementale. La combinaison de ces approches th\u00e9rapeutiques entra\u00eene souvent un succ\u00e8s pond\u00e9ral plus important que les mesures individuelles. Alors qu&#8217;un changement de r\u00e9gime alimentaire seul ne permet de perdre en moyenne que 1,8&nbsp;kg, la perte de poids moyenne r\u00e9sultant d&#8217;une combinaison de th\u00e9rapie nutritionnelle et d&#8217;exercice physique est d\u00e9j\u00e0 de 3,6&nbsp;kg en moyenne [16]. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les effets des programmes de groupe sont plus importants que ceux d&#8217;une th\u00e9rapie individuelle. De plus, les sessions de groupe sont souvent moins co\u00fbteuses.<\/p>\n<p>La gestion du poids ne comprend pas seulement la phase de perte de poids, mais aussi la phase de stabilisation \u00e0 long terme du poids atteint [18]. Le traitement propos\u00e9 pour le poids doit alors \u00eatre bas\u00e9 sur les ressources du patient. L&#8217;implication de la famille ou du cercle d&#8217;amis montre une nette am\u00e9lioration des r\u00e9sultats obtenus, en particulier chez les femmes, et est d\u00e9terminante pour l&#8217;observance \u00e0 long terme [16].<\/p>\n<h2 id=\"changement-de-regime-alimentaire\">Changement de r\u00e9gime alimentaire<\/h2>\n<p>En ce qui concerne la modification de l&#8217;alimentation, il convient de noter que le d\u00e9ficit \u00e9nerg\u00e9tique souhait\u00e9 peut \u00eatre obtenu en r\u00e9duisant la part des lipides ou des glucides, ou en combinant les deux parts. L&#8217;objectif est de r\u00e9duire l&#8217;\u00e9nergie d&#8217;environ 500&nbsp;kcal par jour. Cela permet une r\u00e9duction de poids de 3-4&nbsp;kg en moyenne sur une p\u00e9riode de six mois [17]. La perte de poids est d&#8217;autant plus importante que le poids initial et la consommation de graisse ant\u00e9rieure \u00e9taient \u00e9lev\u00e9s [16].<\/p>\n<p>Il est int\u00e9ressant de noter que le type de r\u00e9gime alimentaire (riche en glucides\/pauvre en lipides, riche en prot\u00e9ines\/pauvre en lipides, riche en lipides et riche en lipides\/prot\u00e9ines) ne semble pas jouer un r\u00f4le important dans la perte de poids et l&#8217;am\u00e9lioration des facteurs de risque associ\u00e9s [19]. Il est donc possible ici de tenir compte des pr\u00e9f\u00e9rences de chaque personne. Les r\u00e9gimes extr\u00eamement d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9s (par exemple le je\u00fbne total ou les r\u00e9gimes acc\u00e9l\u00e9r\u00e9s) doivent \u00eatre rejet\u00e9s par principe, car ils comportent des risques inutiles et incalculables et aucun b\u00e9n\u00e9fice justifiable n&#8217;est visible. Les personnes souffrant de maladies concomitantes, ce qui est souvent le cas des patients diab\u00e9tiques, sont particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables.<\/p>\n<h2 id=\"plus-de-mouvement\">Plus de mouvement<\/h2>\n<p>Outre la modification de l&#8217;alimentation, l&#8217;augmentation de l&#8217;activit\u00e9 physique joue un r\u00f4le important dans le traitement de l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9. En augmentant la consommation d&#8217;\u00e9nergie, il est possible d&#8217;obtenir un bilan \u00e9nerg\u00e9tique n\u00e9gatif. En outre, la th\u00e9rapie par l&#8217;exercice a des effets positifs sur un certain nombre de maladies associ\u00e9es \u00e0 l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 et am\u00e9liore la qualit\u00e9 de vie des personnes concern\u00e9es [7]. Une augmentation de l&#8217;activit\u00e9 physique combin\u00e9e \u00e0 un r\u00e9gime alimentaire \u00e0 faible teneur en \u00e9nergie est consid\u00e9r\u00e9e comme un changement de mode de vie optimal pour perdre du poids. Pour une perte de poids efficace, il faut faire plus de 150&nbsp;minutes d&#8217;exercice par semaine avec une d\u00e9pense \u00e9nerg\u00e9tique suppl\u00e9mentaire de 1200-1800&nbsp;kcal\/semaine [16,17]. La musculation seule est moins efficace pour la perte de poids, c&#8217;est pourquoi la musculation doit toujours \u00eatre compl\u00e9t\u00e9e par un entra\u00eenement d&#8217;endurance [16].<\/p>\n<p>L&#8217;augmentation de l&#8217;activit\u00e9 physique ne concerne pas seulement les activit\u00e9s sportives, mais aussi les activit\u00e9s quotidiennes en g\u00e9n\u00e9ral. Cela permet souvent d&#8217;augmenter la consommation d&#8217;\u00e9nergie quotidienne de mani\u00e8re efficace en termes de temps [20]. C&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment en cas de poids corporel nettement plus \u00e9lev\u00e9, avec un IMC &gt;35&nbsp;<sup>kg\/m2<\/sup>, qu&#8217;il est conseill\u00e9 de proposer aux patients des programmes d&#8217;activit\u00e9 physique qui ne sont pas seulement amusants, mais qui soulagent \u00e9galement l&#8217;appareil locomoteur (p. ex. aqua jogging, aqua cycling, etc.).<\/p>\n<p>Les programmes ambulatoires de r\u00e9adaptation au diab\u00e8te de douze semaines propos\u00e9s dans toute la Suisse (www.diafit.ch) constituent une bonne introduction \u00e0 une r\u00e9duction de poids \u00e0 long terme.<\/p>\n<h2 id=\"therapie-medicamenteuse-pour-la-perte-de-poids\">Th\u00e9rapie m\u00e9dicamenteuse pour la perte de poids<\/h2>\n<p>Le traitement m\u00e9dicamenteux n&#8217;est pas une forme de traitement primaire du surpoids et de l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9. Actuellement, seul l&#8217;orlistat est disponible comme m\u00e9dicament anti-ob\u00e9sit\u00e9 pur. L&#8217;\u00e9tude <sup>XENDOS\u00ae<\/sup> a permis d&#8217;obtenir une perte de poids corrig\u00e9e par placebo de 2,8&nbsp;kg \u00e0 quatre ans chez des patients atteints de diab\u00e8te de type&nbsp;2 et d&#8217;un IMC d&#8217;environ 37&nbsp;<sup>kg\/m2<\/sup> [21]. Cette perte de poids plut\u00f4t faible est toutefois \u00e0 mettre en parall\u00e8le avec les 3 francs de frais de traitement par jour, ce qui correspond \u00e0 environ 1200 francs de frais de traitement par an.<\/p>\n<p>Toutefois, chez les patients diab\u00e9tiques, nous avons actuellement la chance de disposer de plusieurs classes de substances qui, outre la r\u00e9duction de la glyc\u00e9mie, permettent \u00e9galement de r\u00e9duire le poids. Outre la metformine, qui a fait ses preuves, les classes d&#8217;inhibiteurs de SGLT&nbsp;2 et d&#8217;analogues de GLP&nbsp;1 ont un bon potentiel de r\u00e9duction du poids. La metformine entra\u00eene, en fonction de la tol\u00e9rance et de la dose, une l\u00e9g\u00e8re perte de poids d&#8217;environ 2&nbsp;kg [22]. De m\u00eame, la perte de poids observ\u00e9e sous inhibiteurs de SGLT&nbsp;2 [23].<\/p>\n<p>Les analogues du GLP&nbsp;1 semblent avoir l&#8217;effet le plus important sur le poids corporel. Vous pouvez r\u00e9duire le poids d&#8217;environ 3-4&nbsp;kg en moyenne [24]. Dans ce cas, on constate souvent de grandes variations individuelles ; c&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment lors du passage de l&#8217;insuline, de la pioglitazone ou des sulfonylur\u00e9es \u00e0 un analogue du GLP&nbsp;1 que l&#8217;on observe parfois des pertes de poids plus nettes. Ce potentiel est \u00e9galement exploit\u00e9 par le liraglutide, qui a \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9 par l&#8217;EMA \u00e0 une dose allant jusqu&#8217;\u00e0 3&nbsp;mg pour la perte de poids (CAVE : dans le diab\u00e8te de type&nbsp;2, la dose maximale est limit\u00e9e \u00e0 1,8&nbsp;mg de liraglutide). Sous la dose de 3&nbsp;mg, des r\u00e9ductions de poids allant jusqu&#8217;\u00e0 6&nbsp;kg corrig\u00e9es par le placebo ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es dans des \u00e9tudes [25].<\/p>\n<p>Il est donc logique d&#8217;adapter le traitement m\u00e9dicamenteux du diab\u00e8te aux classes de substances mentionn\u00e9es chez les patients qui s&#8217;efforcent de perdre du poids. Il convient de noter qu&#8217;une combinaison d&#8217;inhibiteurs du SGLT&nbsp;2 et d&#8217;analogues du GLP&nbsp;1 ne peut actuellement pas \u00eatre administr\u00e9e.<\/p>\n<h2 id=\"chirurgie-metabolique\">Chirurgie m\u00e9tabolique<\/h2>\n<p>Au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, la place des options chirurgicales dans le traitement de l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 et du diab\u00e8te s&#8217;est accrue. Cette \u00e9volution s&#8217;appuie notamment sur des essais cliniques randomis\u00e9s qui comparent la chirurgie bariatrique \u00e0 une combinaison d&#8217;intervention sur le mode de vie et de traitement m\u00e9dicamenteux optimal du diab\u00e8te en termes de perte de poids et de contr\u00f4le du glucose [26,27]. Les \u00e9tudes montrent non seulement une perte de poids significative, de l&#8217;ordre de 20 \u00e0 40% du poids corporel, mais aussi une am\u00e9lioration massive du contr\u00f4le m\u00e9tabolique. Celle-ci peut \u00eatre si importante que le patient peut esp\u00e9rer une r\u00e9mission compl\u00e8te du diab\u00e8te pour les ann\u00e9es \u00e0 venir, selon la m\u00e9thode chirurgicale utilis\u00e9e. Des analyses de registres indiquent \u00e9galement qu&#8217;il existe un effet positif sur la mortalit\u00e9 des patients op\u00e9r\u00e9s par rapport aux patients non op\u00e9r\u00e9s [28].<\/p>\n<p>Les interventions chirurgicales constituent un compl\u00e9ment aux options de traitement du diab\u00e8te de type 2. Elles doivent \u00eatre envisag\u00e9es lorsque le poids du patient est nettement plus \u00e9lev\u00e9 (par exemple, IMC &gt;40&nbsp;kg\/m2) ou lorsque le traitement m\u00e9dicamenteux sans insuline est d\u00e9j\u00e0 largement d\u00e9velopp\u00e9 et que le contr\u00f4le de la glyc\u00e9mie est susceptible de se d\u00e9grader. Dans de tels cas, il est conseill\u00e9 de se poser la question suivante : &#8220;O\u00f9 en sera le patient dans cinq \u00e0 dix ans ? Le plus souvent, l&#8217;ajout d&#8217;insuline basale et surtout d&#8217;insuline pour les repas acc\u00e9l\u00e8re le probl\u00e8me de poids. Une intervention chirurgicale peut souvent mettre le diab\u00e8te en r\u00e9mission \u00e0 ce stade [27]. La discussion avec le patient sur la chirurgie bariatrique est certainement indiqu\u00e9e dans une telle situation. La poursuite de cette option n&#8217;a toutefois de sens que si l&#8217;intervention est envisageable pour le patient et s&#8217;il peut accepter les changements de conditions de vie qui suivront l&#8217;op\u00e9ration.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une intervention bariatrique, le patient a besoin d&#8217;un suivi interdisciplinaire \u00e0 vie. Celle-ci devrait \u00eatre assur\u00e9e par le centre op\u00e9rant. Les probl\u00e8mes et les complications possibles apr\u00e8s ces interventions sont nombreux et ne sont certainement pas encore enti\u00e8rement compris. Les points essentiels du suivi sont la surveillance&nbsp; des \u00e9ventuelles carences en vitamines et min\u00e9raux et de l&#8217;\u00e9tat psychologique, qui peut se d\u00e9t\u00e9riorer \u00e0 la suite du changement profond de mode de vie et d&#8217;apparence.<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Mokdad AH, et al. : Prevalence of obesity, diabetes, and obesity-related health risk factors, 2001. JAMA 2003 ; 289(1) : 76-79.<\/li>\n<li>Weinstein AR, et al : Relations entre l&#8217;activit\u00e9 physique et l&#8217;indice de masse corporelle avec le diab\u00e8te de type 2 chez les femmes. JAMA 2004 ; 292(10) : 1188-1194.<\/li>\n<li>Nguyen NT, et al : Relations entre l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 et le diab\u00e8te dans une population adulte am\u00e9ricaine : r\u00e9sultats de l&#8217;enqu\u00eate nationale sur la sant\u00e9 et la nutrition, 1999-2006. Obes Surg 2011 ; 21 : 351-355.<\/li>\n<li>Look AHEAD Research Group : Cardiovascular effects of intensive lifestyle intervention in type 2 diabetes. N Engl J Med 2013 ; 369 : 145-154.<\/li>\n<li>Steven S, et al : Very-Low-Calorie Diet and 6 Months of Weight Stability in Type 2 Diabetes : Pathophysiologic Changes in Responders and Nonresponders. Diabetes Care 2016 Mar 21. pii : dc151942. [Epub ahead of print].<\/li>\n<li>Winkler JK, et al : Efficacit\u00e9 d&#8217;un programme de perte de poids \u00e0 faible teneur en calories chez les patients mod\u00e9r\u00e9ment et s\u00e9v\u00e8rement ob\u00e8ses. Obes Facts 2013 ; 6 : 469-480.<\/li>\n<li>Rubin RR, et al : Diabetes Care. Impact de l&#8217;intervention intensive sur le mode de vie sur la d\u00e9pression et la qualit\u00e9 de vie li\u00e9e \u00e0 la sant\u00e9 dans le diab\u00e8te de type 2 : l&#8217;essai Look AHEAD 2014 ; 37(6) : 1544-1553.<\/li>\n<li>Kline CE, et al. :&nbsp; L&#8217;effet des changements de forme cardiorespiratoire et de poids sur la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de l&#8217;apn\u00e9e obstructive du sommeil chez les personnes ob\u00e8ses atteintes de diab\u00e8te de type 2. Sleep 2016 : 39 : 317-325.<\/li>\n<li>White DK, et al. : Un programme intensif d&#8217;alimentation et d&#8217;exercice peut-il pr\u00e9venir la douleur au genou chez les adultes ob\u00e8ses \u00e0 haut risque ? Arthritis Care Res (Hoboken) 2015 ; 67(7) : 965-971.<\/li>\n<li>Speakman JR : Si la graisse corporelle est sous r\u00e9gulation physiologique, alors comment se fait-il que nous ayons une \u00e9pid\u00e9mie d&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 ? Physiology (Bethesda) 2014 ; 29(2) : 88-98.<\/li>\n<li>Sumithran P, Proietto J : La d\u00e9fense du poids corporel : une base physiologique pour la reprise de poids apr\u00e8s une perte de poids. Clin Sci (Lond) 2013 ; 124(4) : 231-241.<\/li>\n<li>Johannsen DL, et al : Ralentissement m\u00e9tabolique avec perte de poids massive malgr\u00e9 la pr\u00e9servation de la masse maigre. J Clin Endocrinol Metab 2012 ; 97(7) : 2489-2496.<\/li>\n<li>Sumithran P, et al : Persistance \u00e0 long terme des adaptations hormonales \u00e0 la perte de poids. N Engl J Med 2011 ; 365(17) : 1597-1604.<\/li>\n<li>Nadal I, et al. : Shifts in clostridia, bacteroides and immunoglobulin-coating fecal bacteria associated with weight loss in obese adolescents. Int J Obes (Lond) 2009 ; 33(7) : 758-767.<\/li>\n<li>Purcell K, et al : The effect of rate of weight loss on long-term weight management : a randomised controlled trial. Lancet Diabetes Endocrinol 2014 ; 2(12) : 954-962.<\/li>\n<li>Wirth A, et al : Clinical practice guideline : La pr\u00e9vention et le traitement de l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9. Dtsch Arztebl Int 2014 ; 111 : 705-713.<\/li>\n<li>American Diabetes Association : Standards of medical care in Diabetes &#8211; 2016. Gestion de l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 pour le traitement du diab\u00e8te de type 2. Diabetes Care 2016 ; 39(Suppl 1) : S47-S51.<\/li>\n<li>Sumithran P, et al : Review of 3-year outcomes of a very- low-energy diet-based outpatient obesity treatment programme. Clin Obes 2016 Feb 3. doi : 10.1111\/cob.12135. [Epub ahead of print].<\/li>\n<li>Sacks FM, et al. : Comparaison de r\u00e9gimes amaigrissants avec diff\u00e9rentes compositions de graisses, de prot\u00e9ines et de glucides. N Engl J Med 2009 ; 360(9) : 859-873.<\/li>\n<li>Levine JA, Kotz CM : NEAT&#8211;non-exercise activity thermogenesis&#8211;egocentric &amp; amp ; geocentric environmental factors vs. biological regulation. Acta Physiol Scand 2005 ; 184(4) : 309-318.<\/li>\n<li>Torgerson JS, et al : XENical in the prevention of diabetes in obese subjects (XENDOS) study : a randomized study offorlistat as an adjunct to lifestyle changes for the prevention of type 2 diabetes in obese patients. Diabetes Care 2004 ; 27(1) : 155-161.<\/li>\n<li>Groupe de recherche sur le programme de pr\u00e9vention du diab\u00e8te : s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 long terme, tol\u00e9rance et perte de poids associ\u00e9es \u00e0 la metformine dans l&#8217;\u00e9tude sur les r\u00e9sultats du programme de pr\u00e9vention du diab\u00e8te. Diabetes Care 2012 ; 35(4) : 731-737.<\/li>\n<li>Vasilakou D, et al : Sodium-glucose cotransporter 2 inhibitors for type 2 diabetes : a systematic review and meta-analysis. Ann Intern Med 2013 ; 159(4) : 262-274.<\/li>\n<li>Aroda VR, et al : Efficacit\u00e9 des agonistes du r\u00e9cepteur du GLP-1 et des inhibiteurs de la DPP-4 : m\u00e9ta-analyse et revue syst\u00e9matique. Clin Ther 2012 ; 34(6) : 1247-1258.<\/li>\n<li>Pi-Sunyer X, et al : A Randomized, Controlled Trial of 3.0 mg of Liraglutide in Weight Management. N Engl J Med 2015 ; 373(1) : 11-22.<\/li>\n<li>Schauer PR, et al : Bariatric surgery versus intensive medical therapy for diabetes &#8211; 3-year outcomes. N Engl J Med 2014 ; 370(21) : 2002-2013.<\/li>\n<li>Mingrone G, et al : Bariatric-metabolic surgery versus conventional medical treatment in obese patients with type 2 diabetes : 5 year follow-up of an open-label, single-centre, randomised controlled trial. Lancet 2015 Sep ; 386(9997) : 964-973.<\/li>\n<li>Sj\u00f6str\u00f6m L, et al : Swedish Obese Subjects Study. Effets de la chirurgie bariatrique sur la mortalit\u00e9 chez les sujets ob\u00e8ses su\u00e9dois. N Engl J Med 2007 ; 357(8) : 741-752.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2016 ; 11(5) : 15-19<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;augmentation du poids corporel et le diab\u00e8te sucr\u00e9 vont souvent de pair. 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