{"id":341688,"date":"2016-03-31T02:00:00","date_gmt":"2016-03-31T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/le-depistage-precoce-ameliore-le-pronostic\/"},"modified":"2016-03-31T02:00:00","modified_gmt":"2016-03-31T00:00:00","slug":"le-depistage-precoce-ameliore-le-pronostic","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/le-depistage-precoce-ameliore-le-pronostic\/","title":{"rendered":"Le d\u00e9pistage pr\u00e9coce am\u00e9liore le pronostic"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les troubles schizophr\u00e9niques de l&#8217;enfant et de l&#8217;adolescent sont des maladies rares, mais graves. Le diagnostic est un d\u00e9fi, car les sympt\u00f4mes se d\u00e9veloppent souvent de mani\u00e8re insidieuse et &#8211; par rapport \u00e0 ceux des adultes &#8211; sont moins sp\u00e9cifiques. Les maladies schizophr\u00e9niques de l&#8217;enfant et de l&#8217;adolescent sont certes associ\u00e9es \u00e0 un moins bon pronostic que celles de l&#8217;adulte, mais elles ne sont pas pour autant une fatalit\u00e9. Toutefois, des \u00e9tudes montrent que le d\u00e9pistage et le traitement pr\u00e9coces am\u00e9liorent consid\u00e9rablement le pronostic. En cas de suspicion de d\u00e9veloppement schizophr\u00e9nique, il est donc fortement recommand\u00e9 de consulter rapidement des sp\u00e9cialistes. Chez les enfants et les adolescents qui se trouvent \u00e0 un stade at-risk, les sympt\u00f4mes sont r\u00e9guli\u00e8rement surveill\u00e9s et les troubles comorbides trait\u00e9s de mani\u00e8re sp\u00e9cifique. Chez les enfants et les adolescents atteints de schizophr\u00e9nie, le traitement par antipsychotiques est le traitement de premi\u00e8re intention. La cr\u00e9ation d&#8217;un climat de confiance, la transmission d&#8217;une attitude positive et des mesures de r\u00e9int\u00e9gration sp\u00e9cifiques constituent des \u00e9l\u00e9ments importants pour une \u00e9volution positive.  <\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les troubles schizophr\u00e9niques commencent g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 l&#8217;adolescence ou au d\u00e9but de l&#8217;\u00e2ge adulte. Chez l&#8217;enfant, elles sont tr\u00e8s rares et nettement plus difficiles \u00e0 diagnostiquer, car elles se distinguent souvent de la schizophr\u00e9nie de l&#8217;adulte en termes de sympt\u00f4mes <strong>(tableau&nbsp;1). <\/strong>Les sympt\u00f4mes de la maladie peuvent en outre pr\u00e9senter une grande similitude avec diff\u00e9rents troubles du d\u00e9veloppement, ce qui rend encore plus difficile l&#8217;attribution d&#8217;un diagnostic [1,2]. Il n&#8217;est donc pas justifi\u00e9 de transposer un \u00e0 un les crit\u00e8res adultes \u00e0 l&#8217;enfance. Bien que la symptomatologie se rapproche de celle des patients adultes avec l&#8217;\u00e2ge, l&#8217;\u00e9volution chez les adolescents est plus fluctuante que chez les adultes.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-6939\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab1_np2_s10.png\" style=\"height:478px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"657\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab1_np2_s10.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab1_np2_s10-800x478.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab1_np2_s10-120x72.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab1_np2_s10-90x54.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab1_np2_s10-320x191.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab1_np2_s10-560x334.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<h2 id=\"symptomes-dun-trouble-schizophrenique\">Sympt\u00f4mes d&#8217;un trouble schizophr\u00e9nique<\/h2>\n<p>Les troubles schizophr\u00e9niques sont g\u00e9n\u00e9ralement caract\u00e9ris\u00e9s par des sympt\u00f4mes psychotiques persistants qui ne peuvent pas \u00eatre expliqu\u00e9s par d&#8217;autres causes organiques. Les experts font la distinction entre les sympt\u00f4mes positifs et les sympt\u00f4mes n\u00e9gatifs. Les sympt\u00f4mes positifs comprennent des d\u00e9lires, des hallucinations, des troubles du moi et une d\u00e9sorganisation de la pens\u00e9e et de l&#8217;action. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, la prise de perspective sociale se d\u00e9veloppe jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e2ge de six ans. C&#8217;est pourquoi, d\u00e8s l&#8217;\u00e2ge scolaire, les enfants sont capables de d\u00e9velopper des sympt\u00f4mes positifs sous la forme d&#8217;une humeur d\u00e9lirante diffuse, d&#8217;id\u00e9es de relation et de pr\u00e9judice et d&#8217;un v\u00e9cu anormal de la signification. Dans leur structure et leur contenu, les ph\u00e9nom\u00e8nes d\u00e9lirants de l&#8217;adolescence ne sont pas diff\u00e9rents de ceux des adultes. Cependant, \u00e0 l&#8217;adolescence, elles sont moins syst\u00e9matis\u00e9es. Les hallucinations de toutes les modalit\u00e9s sensorielles sont fr\u00e9quentes chez les enfants et peuvent survenir dans le cadre d&#8217;une anxi\u00e9t\u00e9, d&#8217;un stress psychologique exceptionnel ou d&#8217;un \u00e9tat physique exceptionnel tel qu&#8217;une forte fi\u00e8vre. Dans les schizophr\u00e9nies dont la maladie a d\u00e9but\u00e9 dans l&#8217;enfance, 80% des personnes concern\u00e9es rapportent des hallucinations visuelles et 90% des hallucinations auditives [3]. A l&#8217;\u00e2ge adulte, les hallucinations visuelles sont comparativement moins fr\u00e9quentes (35%).<\/p>\n<p>Les sympt\u00f4mes n\u00e9gatifs incluent l&#8217;apathie, le manque de spontan\u00e9it\u00e9, la r\u00e9duction de l&#8217;activit\u00e9, l&#8217;appauvrissement de la parole, le manque d&#8217;initiative et la r\u00e9duction de la communication non verbale. Il n&#8217;est pas rare que l&#8217;aplatissement des affects s&#8217;accompagne d&#8217;une perte de motivation et d&#8217;int\u00e9r\u00eat. Des sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs et dysphoriques accompagnent souvent le d\u00e9but des maladies psychotiques. Il est souvent difficile d&#8217;attribuer les sympt\u00f4mes psychotiques \u00e0 une maladie schizophr\u00e9nique ou affective \u00e0 l&#8217;adolescence [4].<\/p>\n<h2 id=\"debut-de-la-maladie-duree-de-la-psychose-non-traitee-et-pronostic\">D\u00e9but de la maladie, dur\u00e9e de la psychose non trait\u00e9e et pronostic<\/h2>\n<p>Le pronostic en cas de d\u00e9but de la schizophr\u00e9nie dans l&#8217;enfance est nettement moins bon qu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e2ge adulte. Les enfants atteints de schizophr\u00e9nie pr\u00e9sentent des d\u00e9ficits neurod\u00e9veloppementaux et cognitifs plus importants, avec des changements significatifs dans la structure du cerveau [5,6]. Cela entra\u00eene une plus grande alt\u00e9ration du niveau de fonctionnement \u00e0 un moment critique du d\u00e9veloppement personnel, ce qui a des cons\u00e9quences consid\u00e9rables sur la poursuite des \u00e9tudes et l&#8217;int\u00e9gration sociale [7].<\/p>\n<p>La recherche clinique et neurobiologique apporte de plus en plus d&#8217;\u00e9l\u00e9ments indiquant qu&#8217;un traitement pr\u00e9coce peut avoir une influence positive sur l&#8217;\u00e9volution et le pronostic des maladies psychotiques [8]. Des \u00e9tudes ont montr\u00e9 que la dur\u00e9e de la psychose non trait\u00e9e est significativement plus longue chez les adolescents que chez les adultes [9]. Il y a plusieurs raisons \u00e0 cela : une symptomatologie marqu\u00e9e et insidieuse, un tableau atypique souvent mal interpr\u00e9t\u00e9 comme une crise d&#8217;adolescence, ainsi qu&#8217;une mauvaise classification de la symptomatologie parce que d&#8217;autres diagnostics existent d\u00e9j\u00e0. A cela s&#8217;ajoute le fait que les familles concern\u00e9es cherchent d&#8217;abord de l&#8217;aide aupr\u00e8s d&#8217;autres services. Par la suite, les personnes concern\u00e9es sont pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 des p\u00e9dopsychiatres.<\/p>\n<p>R\u00e9duire la dur\u00e9e de la schizophr\u00e9nie non trait\u00e9e semble \u00eatre une bonne approche pour r\u00e9duire \u00e9galement les cons\u00e9quences graves de la maladie [10,11]. Il est pr\u00e9f\u00e9rable d&#8217;identifier, de suivre et de traiter les sympt\u00f4mes d&#8217;un trouble psychotique en d\u00e9veloppement le plus t\u00f4t possible.<\/p>\n<h2 id=\"centres-de-depistage-precoce-de-la-psychose\">Centres de d\u00e9pistage pr\u00e9coce de la psychose<\/h2>\n<p>Des centres de d\u00e9pistage pr\u00e9coce de la psychose ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s dans le monde entier pour aider les experts \u00e0 se consacrer \u00e0 ce trouble complexe et \u00e0 traiter les patients de mani\u00e8re optimale et pr\u00e9coce. La cr\u00e9ation de tels centres a permis de r\u00e9duire la dur\u00e9e des psychoses non trait\u00e9es et de diminuer les diagnostics faussement positifs ou faussement n\u00e9gatifs. Les experts ont \u00e9galement l&#8217;habitude d&#8217;inclure l&#8217;environnement familial et psychosocial des enfants et des adolescents r\u00e9cemment malades dans un traitement indiqu\u00e9 et sp\u00e9cifique. Les m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes et les p\u00e9diatres continuent cependant de jouer un r\u00f4le central dans le d\u00e9pistage pr\u00e9coce des psychoses, car ils peuvent reconna\u00eetre les signes avant-coureurs d&#8217;une maladie psychotique potentielle et devraient les interroger activement afin d&#8217;obtenir rapidement l&#8217;aide d&#8217;experts <strong>(tableau&nbsp;2).<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6940 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab2_np2_s11.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 868px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 868\/1810;height:1251px; width:600px\" width=\"868\" height=\"1810\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab2_np2_s11.png 868w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab2_np2_s11-800x1668.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab2_np2_s11-120x250.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab2_np2_s11-90x188.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab2_np2_s11-320x667.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab2_np2_s11-560x1168.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 868px) 100vw, 868px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>La consultation de d\u00e9pistage pr\u00e9coce des troubles psychotiques de la KJPP Zurich propose un diagnostic d\u00e9taill\u00e9 et un traitement int\u00e9gratif. Les th\u00e9rapies individuelles et de groupe ainsi que le travail en r\u00e9seau avec les diff\u00e9rentes institutions sont des \u00e9l\u00e9ments importants de l&#8217;accompagnement.<\/p>\n<h2 id=\"clarification\">Clarification &nbsp;<\/h2>\n<p>L&#8217;\u00e9valuation diagnostique des troubles psychotiques d\u00e9butants comprend une anamn\u00e8se personnelle d\u00e9taill\u00e9e avec une enqu\u00eate pr\u00e9cise sur le d\u00e9veloppement personnel, scolaire et psychosocial. La consommation pass\u00e9e ou actuelle de drogues doit faire l&#8217;objet d&#8217;une enqu\u00eate approfondie, car la consommation de t\u00e9trahydrocannabinol et de drogues de synth\u00e8se, tr\u00e8s r\u00e9pandue chez les jeunes, peut augmenter le risque de psychose. L&#8217;anamn\u00e8se familiale permet d&#8217;identifier les \u00e9ventuels ant\u00e9c\u00e9dents familiaux. Il est tr\u00e8s important d&#8217;\u00e9valuer les troubles psychiatriques pr\u00e9morbides et comorbides, car les troubles pr\u00e9existants sont associ\u00e9s \u00e0 un risque accru de d\u00e9velopper un trouble psychotique.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9valuation de l&#8217;intelligence, en particulier chez les enfants et les adolescents en formation, peut contribuer \u00e0 d\u00e9tecter des troubles partiels des performances ou des d\u00e9ficits cognitifs pr\u00e9existants ou apparus au cours d&#8217;un d\u00e9veloppement psychotique. Nous consid\u00e9rons qu&#8217;un examen somatique avec laboratoire, EEG et IRM du cr\u00e2ne est tr\u00e8s important pour pouvoir exclure d&#8217;\u00e9ventuelles causes organiques.<\/p>\n<h2 id=\"stade-a-tres-haut-risque\">Stade \u00e0 tr\u00e8s haut risque<\/h2>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 la cr\u00e9ation de centres experts, de plus en plus d&#8217;enfants et d&#8217;adolescents se pr\u00e9sentent avec des sympt\u00f4mes pr\u00e9curseurs<strong> (tab.&nbsp;2). <\/strong>Ces enfants et adolescents se trouvent \u00e0 un &#8220;stade \u00e0 tr\u00e8s haut risque&#8221; (UHR) de d\u00e9veloppement d&#8217;un trouble psychotique, \u00e9galement appel\u00e9 &#8220;\u00e9tat mental \u00e0 risque&#8221; ou &#8220;prodrome&#8221;. Ils doivent \u00eatre surveill\u00e9s r\u00e9guli\u00e8rement afin de d\u00e9tecter \u00e0 temps une \u00e9ventuelle transition vers un premier \u00e9pisode psychotique manifeste.<\/p>\n<p>Cependant, la signification de l&#8217;UHR chez les enfants et les adolescents est plus incertaine que chez les adultes. Une m\u00e9ta-analyse r\u00e9cemment publi\u00e9e sur la valeur pr\u00e9dictive des crit\u00e8res UHR pour le d\u00e9veloppement d&#8217;une psychose d\u00e9crit un taux de transition plus faible apr\u00e8s un an de suivi dans le groupe des enfants et des adolescents par rapport au groupe des adultes. Les recherches actuelles portent sur des crit\u00e8res et des marqueurs plus sp\u00e9cifiques chez les enfants et les adolescents, afin d&#8217;obtenir une meilleure valeur pr\u00e9dictive (pr\u00e9dictivit\u00e9) et une meilleure sp\u00e9cificit\u00e9 [12]. Des instruments sp\u00e9cifiques permettent d&#8217;ores et d\u00e9j\u00e0 d&#8217;\u00e9valuer ces sympt\u00f4mes pr\u00e9curseurs de mani\u00e8re diff\u00e9renci\u00e9e, pr\u00e9coce, qualitative et quantitative ; il s&#8217;agit notamment du &#8220;Schizophrenia proneness instrument for childhood and youth&#8221; (SPICY), du &#8220;Structured interview for prodromal symptoms&#8221; (SIPS) et du &#8220;Comprehensive assessment of at risk mental state&#8221; (CAARMS).<\/p>\n<p>Pour les enfants et les adolescents chez qui un UHR est confirm\u00e9, des interventions psychologiques et psychosociales sp\u00e9cifiques sont recommand\u00e9es dans le but de compenser les pertes de fonctionnalit\u00e9 et d&#8217;emp\u00eacher l&#8217;\u00e9volution vers une psychose manifeste. Un \u00e9l\u00e9ment important du traitement est la th\u00e9rapie des troubles comorbides tels que les addictions, la d\u00e9pression et les troubles anxieux. Le plus important est toutefois un suivi r\u00e9gulier afin de d\u00e9tecter sans d\u00e9lai une transition potentielle vers la psychose. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, il est recommand\u00e9 de commencer un traitement antipsychotique lorsque les sympt\u00f4mes psychotiques sont pr\u00e9sents depuis plus d&#8217;une semaine et qu&#8217;ils sont associ\u00e9s \u00e0 un handicap fonctionnel. Dans ces conditions, les experts parleraient de transition. Il existe \u00e9galement des \u00e9tudes dans lesquelles des antipsychotiques \u00e0 faible dose ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s avant m\u00eame la transition vers la psychose et qui ont montr\u00e9 un effet protecteur sur la progression de la maladie. Mais il manque \u00e0 ce jour des marqueurs qui justifient une utilisation de principe dans ce groupe d&#8217;adolescents, puisque plus de 80% ne d\u00e9veloppent jamais de schizophr\u00e9nie.<\/p>\n<p>Il existe \u00e9galement des preuves que les th\u00e9rapies exp\u00e9rimentales, telles que l&#8217;administration de fortes doses d&#8217;acides gras om\u00e9ga-3, entra\u00eenent une r\u00e9duction significative des transitions psychotiques. Des r\u00e9sultats d&#8217;\u00e9tudes prometteurs sont actuellement examin\u00e9s dans deux \u00e9tudes \u00e0 grande \u00e9chelle [13,14].<\/p>\n<h2 id=\"traitement-dune-maladie-schizophrenique\">Traitement d&#8217;une maladie schizophr\u00e9nique<\/h2>\n<p>Une fois la schizophr\u00e9nie install\u00e9e, un traitement \u00e0 vie est n\u00e9cessaire dans plus de 80% des cas. Il est donc important que la personne concern\u00e9e s&#8217;engage dans un accompagnement qui peut durer plusieurs ann\u00e9es. Cr\u00e9er la confiance, transmettre une attitude positive et assurer la continuit\u00e9 de la relation th\u00e9rapeutique sont des \u00e9l\u00e9ments importants pour une \u00e9volution positive.<\/p>\n<p>Dans la phase aigu\u00eb, le traitement m\u00e9dicamenteux est indispensable. Les m\u00e9dicaments de premi\u00e8re intention sont les antipsychotiques atypiques [15,16]. Dans la phase aigu\u00eb, l&#8217;indication d&#8217;un traitement hospitalier doit \u00eatre m\u00fbrement r\u00e9fl\u00e9chie en raison des cons\u00e9quences traumatiques possibles pour le patient et ses proches. Cependant, une hospitalisation d&#8217;urgence est souvent in\u00e9vitable en cas de danger pour soi-m\u00eame ou pour autrui et de d\u00e9compensation du syst\u00e8me familial.<\/p>\n<p>Souvent, les patients ont perdu la capacit\u00e9 de comprendre la maladie \u00e0 cause de la maladie. La premi\u00e8re difficult\u00e9 dans le traitement des troubles schizophr\u00e9niques est donc de convaincre les patients de se faire traiter \u00e9galement par des m\u00e9dicaments. L&#8217;alliance psychoth\u00e9rapeutique et l&#8217;\u00e9tablissement d&#8217;une relation de confiance entre le patient, ses proches et le th\u00e9rapeute ont ici un effet positif.<\/p>\n<p>Les \u00e9l\u00e9ments constitutifs du traitement psychoth\u00e9rapeutique sont, outre la psycho\u00e9ducation d\u00e9taill\u00e9e, diff\u00e9rentes interventions ayant pour but de r\u00e9duire le stress v\u00e9cu et de d\u00e9velopper un mode de vie sain qui prot\u00e8ge contre les rechutes. En cas d&#8217;id\u00e9es d\u00e9lirantes ou d&#8217;hallucinations persistantes, des approches th\u00e9rapeutiques sp\u00e9cifiques sont utilis\u00e9es. L&#8217;exercice de comp\u00e9tences sociales, accompagn\u00e9 par un th\u00e9rapeute, est un \u00e9l\u00e9ment important de la r\u00e9int\u00e9gration sociale. La KJPP propose une formation de groupe (DBT-2P) : six \u00e0 sept jeunes concern\u00e9s apprennent \u00e0 d\u00e9velopper ensemble des strat\u00e9gies pour mieux g\u00e9rer les sympt\u00f4mes psychotiques et la maladie. Outre des \u00e9l\u00e9ments psychoth\u00e9rapeutiques, des interventions ergoth\u00e9rapeutiques sont \u00e9galement n\u00e9cessaires pour entra\u00eener les fonctions cognitives alt\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n<p>Les smartphones peuvent \u00eatre utiles dans le traitement des enfants et des adolescents : Actuellement, notre centre d\u00e9veloppe une application qui comprend des \u00e9l\u00e9ments psycho\u00e9ducatifs, des listes de comp\u00e9tences et qui permet de surveiller les sympt\u00f4mes et les rappels de m\u00e9dicaments.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la phase aigu\u00eb, la prochaine \u00e9tape importante consiste \u00e0 pr\u00e9parer soigneusement la r\u00e9int\u00e9gration scolaire et professionnelle en informant et en impliquant les institutions concern\u00e9es. Comme l&#8217;ont montr\u00e9 deux \u00e9tudes ind\u00e9pendantes en Australie, la possibilit\u00e9 de rester int\u00e9gr\u00e9 dans le syst\u00e8me scolaire, d&#8217;une part, et le soutien sp\u00e9cifique pour surmonter les \u00e9tapes de d\u00e9veloppement typiques de l&#8217;\u00e2ge, d&#8217;autre part, sont d\u00e9cisifs pour un meilleur r\u00e9sultat [17,18].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Bartlett J : Childhood-onset schizophrenia : what do we really know ? Health Psychol Behav Med 2014 ; 2(1) : 735-747.<\/li>\n<li>Gochman P, et al : Childhood-onset schizophrenia : the challenge of diagnosis. Curr Psychiatry Rep 2011 ; 13(5) : 321-322.<\/li>\n<li>David CN, et al : Schizophr\u00e9nie d\u00e9butant dans l&#8217;enfance : taux \u00e9lev\u00e9 d&#8217;hallucinations visuelles. J Am Acad Child Adolesc Psychiatry 2011 ; 50(7) : 681-686.<\/li>\n<li>Calderoni D, et al : Differentiating childhood-onset schizophrenia from psychotic mood disorders. J Am Acad Child Adolesc Psychiatry 2001 ; 40(10) : 1190-1196.<\/li>\n<li>Ordonez AE, et al : R\u00e9sultats de neuroimagerie de patients schizophr\u00e8nes \u00e0 d\u00e9but pr\u00e9coce et de leurs fr\u00e8res et s\u0153urs non psychotiques. Schizophr Res 2015. pii : S0920-9964(15)00132-2.<\/li>\n<li>Rapoport JL, Gogtay N : Childhood onset schizophrenia : support for a progressive neurodevelopmental disorder. Int J Dev Neurosci 2011 ; 29(3) : 251-258.<\/li>\n<li>Driver DI, et al : Childhood onset schizophrenia and early onset schizophrenia spectrum disorders. Child Adolesc Psychiatr Clin N Am 2013 ; 22(4) : 539-555.<\/li>\n<li>Fusar-Poli P, et al : The psychosis high-risk state : a comprehensive state-of-the-art review. JAMA Psychiatry 2013 ; 70(1) : 107-120.<\/li>\n<li>Schimmelmann BG, et al : Pre-treatment, baseline, and outcome differences between early-onset and adult-onset psychosis in an epidemiological cohort of 636 first-episode patients. Schizophr Res 2007 ; 95(1-3) : 1-8.<\/li>\n<li>Johannessen JO, et al : First-episode psychosis patients recruted into treatment via early detection teams versus ordinary pathways : course and health service use during 5 years. Early Interv Psychiatry 2011 ; 5(1) : 70-75.<\/li>\n<li>Nordentoft M, et al : The rationale for early intervention in schizophrenia and related disorders. Early Interv Psychiatry 2009 ; 3 Suppl 1 : S3-7.<\/li>\n<li>Schultze-Lutter F, et al : EPA guidance on the early detection of clinical high risk states of psychoses. Eur Psychiatry 2015 ; 30(3) : 405-416.<\/li>\n<li>Amminger GP, et al : Long-chain omega-3 fatty acids for indicated prevention of psychotic disorders : a randomized, placebo-controlled trial. Arch Gen Psychiatry 2010 ; 67(2) : 146-154.<\/li>\n<li>Amminger GP, et al : R\u00e9sultats \u00e0 long terme dans la pr\u00e9vention des troubles psychotiques par l&#8217;\u00e9tude Vienna omega-3. Nat Commun 2015 ; 6 : 7934.<\/li>\n<li>Kendall T, et al : Reconnaissance et prise en charge de la psychose et de la schizophr\u00e9nie chez les enfants et les jeunes : r\u00e9sum\u00e9 des lignes directrices du NICE. BMJ 2013 ; 346 : f150.<\/li>\n<li>Schimmelmann BG, et al : Traitement des adolescents pr\u00e9sentant des troubles du spectre schizophr\u00e9nique pr\u00e9coces : \u00e0 la recherche d&#8217;une approche rationnelle et fond\u00e9e sur des donn\u00e9es probantes. Curr Opin Psychiatry 2013 ; 26(2) : 219-230.<\/li>\n<li>Amminger GP, et al : Outcome in early-onset schizophrenia revisited : findings from the Early Psychosis Prevention and Intervention Centre long-term follow-up study. Schizophr Res 2011 ; 131(1-3) : 112-119.<\/li>\n<li>McGorry PD, et al : EPPIC : un syst\u00e8me \u00e9volutif de d\u00e9tection pr\u00e9coce et de gestion optimale. Schizophr Bull 1996 ; 22(2) : 305-326.<\/li>\n<li>Sikich L : Diagnostic et \u00e9valuation des hallucinations et autres sympt\u00f4mes psychotiques chez les enfants et les adolescents. Child Adolesc Psychiatr Clin N Am 2013 ; 22(4) : 655-673.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2016 ; 14(2) : 8-12<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les troubles schizophr\u00e9niques de l&#8217;enfant et de l&#8217;adolescent sont des maladies rares, mais graves. 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