{"id":341774,"date":"2016-03-21T01:00:00","date_gmt":"2016-03-21T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/pas-de-prescription-sans-indication-correcte\/"},"modified":"2016-03-21T01:00:00","modified_gmt":"2016-03-21T00:00:00","slug":"pas-de-prescription-sans-indication-correcte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/pas-de-prescription-sans-indication-correcte\/","title":{"rendered":"Pas de prescription sans indication correcte"},"content":{"rendered":"<p><strong>Lors de la 55e formation continue des m\u00e9decins \u00e0 Davos en janvier 2016, un atelier a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9 \u00e0 l&#8217;utilisation correcte des inhibiteurs de la pompe \u00e0 protons (IPP). Le professeur Christoph Beglinger, Claraspital de B\u00e2le, a expliqu\u00e9 les effets et les effets secondaires de ces substances actives et a plaid\u00e9 pour qu&#8217;elles ne soient pas prescrites \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re, mais uniquement en cas d&#8217;indication claire. Bien que les IPP soient g\u00e9n\u00e9ralement bien tol\u00e9r\u00e9s, ils peuvent \u00e9galement provoquer des effets secondaires ind\u00e9sirables lors d&#8217;un traitement \u00e0 long terme.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les inhibiteurs de la pompe \u00e0 protons (IPP) font partie des m\u00e9dicaments les plus prescrits, car ils sont tr\u00e8s efficaces, bien tol\u00e9r\u00e9s &#8211; et en plus, ils sont habilement commercialis\u00e9s, comme l&#8217;a fait remarquer l&#8217;orateur. Une dose d&#8217;IPP (par exemple 40 mg de pantoprazole) inhibe de mani\u00e8re irr\u00e9versible la production d&#8217;acide pendant 12 \u00e0 16 heures, jusqu&#8217;\u00e0 ce que de nouvelles pompes \u00e0 protons soient produites. L&#8217;efficacit\u00e9 de chaque pr\u00e9paration en termes de taux de gu\u00e9rison du reflux gastro-\u0153sophagien (RGO) ou de la maladie ulc\u00e9reuse est \u00e9quivalente, comme le montrent les \u00e9tudes.<\/p>\n<h2 id=\"lheure-de-prise-correcte-une-demi-heure-avant-le-repas\">L&#8217;heure de prise correcte : une demi-heure avant le repas<\/h2>\n<p>Les substances actives ing\u00e9r\u00e9es sont des pro-drugs ; elles ne sont activ\u00e9es dans l&#8217;estomac qu&#8217;en pr\u00e9sence d&#8217;acide. La biodisponibilit\u00e9 orale est bonne, mais la demi-vie est courte. C&#8217;est pourquoi il est tr\u00e8s important de prendre le m\u00e9dicament au bon moment, \u00e0 savoir environ une demi-heure avant le petit-d\u00e9jeuner ou le d\u00eener. avant le repas : La concentration plasmatique maximale d&#8217;IPP chute alors en m\u00eame temps que l&#8217;activation des pompes \u00e0 protons. &#8220;Malheureusement, environ un tiers des m\u00e9decins n&#8217;instruisent pas correctement les patients&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 le professeur Beglinger.<\/p>\n<p>La plupart des IPP sont m\u00e9tabolis\u00e9s par le CYP2C10 et le CYP3A4, donc des facteurs tels que l&#8217;insuffisance h\u00e9patique, l&#8217;\u00e2ge ou des mutations dans le CYP2C19 r\u00e9duisent la clairance. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, les IPP sont bien tol\u00e9r\u00e9s, les effets secondaires gastro-intestinaux les plus fr\u00e9quents \u00e9tant la diarrh\u00e9e, la constipation et les flatulences. L&#8217;arr\u00eat des IPP peut entra\u00eener un ph\u00e9nom\u00e8ne de rebond avec r\u00e9apparition des sympt\u00f4mes, c&#8217;est pourquoi les IPP doivent \u00eatre supprim\u00e9s progressivement.<\/p>\n<h2 id=\"indications-des-ipp\">Indications des IPP<\/h2>\n<p>Les indications d&#8217;utilisation des IPP sont le reflux gastro-\u0153sophagien, les ulc\u00e8res et la pr\u00e9vention des ulc\u00e8res. Dans le reflux, on distingue trois tableaux cliniques explicites : RGO, \u0153sophagite \u00e9rosive et \u0153sophage de Barrett <strong>(tab.&nbsp;1). <\/strong>Ils peuvent tous \u00eatre l\u00e9gers ou graves. &#8220;La st\u00e9nose de reflux, qui \u00e9tait fr\u00e9quente autrefois, a heureusement presque disparu aujourd&#8217;hui gr\u00e2ce aux m\u00e9dicaments&#8221;, a mentionn\u00e9 le professeur Beglinger. Le principal objectif th\u00e9rapeutique du RGO est le contr\u00f4le des sympt\u00f4mes. En cas d&#8217;\u0153sophagite av\u00e9r\u00e9e par endoscopie, il faut chercher \u00e0 gu\u00e9rir les l\u00e9sions pour \u00e9viter les complications et documenter la gu\u00e9rison par endoscopie. En pr\u00e9sence de sympt\u00f4mes typiques de RGO et d&#8217;un r\u00e9sultat endoscopique inconnu, un traitement empirique par IPP est indiqu\u00e9 pendant quatre semaines. Si le patient ne pr\u00e9sente plus de sympt\u00f4mes, les IPP peuvent \u00eatre prescrits \u00e0 faible dose comme m\u00e9dicament \u00e0 la demande (prise &#8220;\u00e0 la demande&#8221;). Si aucune am\u00e9lioration n&#8217;est constat\u00e9e au bout de quatre semaines, il convient de proc\u00e9der \u00e0 un examen endoscopique.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-6900\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab1_hp3_s57.png\" style=\"height:249px; width:400px\" width=\"436\" height=\"271\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab1_hp3_s57.png 436w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab1_hp3_s57-120x75.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab1_hp3_s57-90x56.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab1_hp3_s57-320x199.png 320w\" sizes=\"(max-width: 436px) 100vw, 436px\" \/><\/p>\n<p>Pour \u00e9radiquer H. pylori, le traitement standard consiste en l&#8217;administration d&#8217;un IPP plus deux antibiotiques. Il n&#8217;y a pas de consensus sur la dur\u00e9e du traitement d&#8217;\u00e9radication (7 ou 14 jours), mais les donn\u00e9es actuelles indiquent qu&#8217;un traitement d&#8217;au moins 14 jours avec un IPP plus amoxicilline et clarithromycine, respectivement. IPP plus amoxicilline et nitroimidazole augmente significativement le taux d&#8217;\u00e9radication.<\/p>\n<p>La prophylaxie des ulc\u00e8res par les IPP lors de la prescription d&#8217;AINS et d&#8217;aspirine est \u00e9tablie et utile &#8211; mais uniquement si le patient pr\u00e9sente un profil de risque correspondant <strong>(tab.&nbsp;2).<\/strong> &#8220;Les patients sans profil de risque n&#8217;ont pas besoin d&#8217;une prophylaxie par IPP&#8221;, a expliqu\u00e9 le conf\u00e9rencier.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6901 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab2_hp3_s57.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 449px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 449\/311;height:277px; width:400px\" width=\"449\" height=\"311\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab2_hp3_s57.png 449w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab2_hp3_s57-120x83.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab2_hp3_s57-90x62.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab2_hp3_s57-320x222.png 320w\" data-sizes=\"(max-width: 449px) 100vw, 449px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<h2 id=\"les-ipp-sont-ils-trop-souvent-prescrits\">Les IPP sont-ils trop souvent prescrits ?<\/h2>\n<p>Plusieurs \u00e9tudes montrent que les IPP sont souvent prescrits sans indication correcte. Par exemple, les patients re\u00e7oivent une prophylaxie IPP p\u00e9riop\u00e9ratoire \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital et, plus tard, lorsqu&#8217;ils quittent l&#8217;h\u00f4pital, l&#8217;IPP figure toujours sur leur liste de m\u00e9dicaments. Les fausses indications telles que la gastrite ou une &#8220;protection gastrique&#8221; indiff\u00e9renci\u00e9e constituent un autre probl\u00e8me. Les effets secondaires d&#8217;un tel traitement \u00e0 long terme, souvent inappropri\u00e9, peuvent \u00eatre importants : Une baisse du taux de vitamine B12 (les donn\u00e9es ne sont toutefois pas claires), une diminution de l&#8217;absorption du fer entra\u00eenant une an\u00e9mie ou une r\u00e9duction de l&#8217;absorption du calcium et de la vitamine D, ce qui augmente le risque de fractures ost\u00e9oporotiques.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes bas\u00e9es sur la population montrent \u00e9galement une association entre la prise d&#8217;IPP et les infections \u00e0 Clostridium difficile (augmentation du risque de 2,5 \u00e0 2,9). &#8220;On ne peut certes pas en d\u00e9duire un lien de causalit\u00e9&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 le conf\u00e9rencier. &#8220;N\u00e9anmoins, je recommande la retenue dans la prescription \u00e0 long terme d&#8217;IPP chez les patients qui pr\u00e9sentent un risque accru d&#8217;infection \u00e0 C. difficile, par exemple en cas de traitement antibiotique, d&#8217;\u00e2ge avanc\u00e9 ou d&#8217;insuffisance r\u00e9nale&#8221;. Les IPP augmentent en outre le risque de pneumonies acquises en ambulatoire.<\/p>\n<h2 id=\"take-home-messages\">Take home messages<\/h2>\n<ul>\n<li>Les IPP sont des m\u00e9dicaments efficaces et s\u00fbrs, mais ils ne doivent \u00eatre prescrits qu&#8217;en cas d&#8217;indications claires.<\/li>\n<li>Les IPP sont trop souvent prescrits, m\u00eame dans des situations o\u00f9 aucun b\u00e9n\u00e9fice n&#8217;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9.<\/li>\n<li>Les th\u00e9rapies \u00e0 long terme doivent \u00eatre bien justifi\u00e9es.<\/li>\n<li>Il convient de viser les doses les plus faibles possibles, en particulier chez les personnes \u00e2g\u00e9es.<\/li>\n<li>Il est important de conna\u00eetre les effets secondaires potentiels des IPP.<\/li>\n<\/ul>\n<p><em>Source : 55e formation continue des m\u00e9decins \u00e0 Davos, du 7 au 9 janvier 2016<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2016 ; 11(3) : 56-57<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lors de la 55e formation continue des m\u00e9decins \u00e0 Davos en janvier 2016, un atelier a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9 \u00e0 l&#8217;utilisation correcte des inhibiteurs de la pompe \u00e0 protons (IPP). Le&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":55523,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Inhibiteurs de la pompe \u00e0 protons","footnotes":""},"category":[11414,11315,11464,11535,11549],"tags":[42966,18793,18796],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-341774","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-gastro-enterologie-et-hepatologie","category-medecine-interne-generale","category-pharmacologie-et-toxicologie","category-rapports-de-congres","category-rx-fr","tag-helicobacter-pylori-fr","tag-ppi-fr","tag-reflux-fr","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-04-16 16:17:27","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":341738,"slug":"nessuna-prescrizione-senza-indicazione-corretta","post_title":"Nessuna prescrizione senza indicazione corretta","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/nessuna-prescrizione-senza-indicazione-corretta\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":341745,"slug":"nenhuma-prescricao-sem-indicacao-correcta","post_title":"Nenhuma prescri\u00e7\u00e3o sem indica\u00e7\u00e3o correcta","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/nenhuma-prescricao-sem-indicacao-correcta\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":341753,"slug":"no-prescripcion-sin-indicacion-correcta","post_title":"No prescripci\u00f3n sin indicaci\u00f3n correcta","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/no-prescripcion-sin-indicacion-correcta\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/341774","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=341774"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/341774\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/55523"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=341774"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=341774"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=341774"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=341774"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}