{"id":341830,"date":"2016-03-10T02:00:00","date_gmt":"2016-03-10T01:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/evaluation-et-traitement-modernes\/"},"modified":"2016-03-10T02:00:00","modified_gmt":"2016-03-10T01:00:00","slug":"evaluation-et-traitement-modernes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/evaluation-et-traitement-modernes\/","title":{"rendered":"\u00c9valuation et traitement modernes"},"content":{"rendered":"<p><strong>La strat\u00e9gie de traitement est d\u00e9termin\u00e9e en fonction de l&#8217;\u00e2ge et de l&#8217;\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral du patient. Les patients plus jeunes et en bonne sant\u00e9 re\u00e7oivent un traitement intensif avec un traitement d&#8217;induction (au moins quatre cycles), suivi d&#8217;une chimioth\u00e9rapie \u00e0 haute dose\/d&#8217;une transplantation autologue de cellules souches (planification pr\u00e9coce !) et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, d&#8217;un traitement de consolidation court ou d&#8217;un traitement d&#8217;entretien plus long. Les patients \u00e2g\u00e9s re\u00e7oivent un traitement combin\u00e9 incluant une nouvelle substance sur une p\u00e9riode de 12 \u00e0 18 mois. En cas de r\u00e9cidive, de nouvelles substances peuvent \u00eatre utilis\u00e9es. Chez les jeunes patients, une nouvelle autogreffe ou, dans des cas s\u00e9lectionn\u00e9s, une allogreffe de cellules souches peut \u00eatre discut\u00e9e. Les patients doivent \u00eatre surveill\u00e9s pour les effets secondaires des m\u00e9dicaments et le traitement doit \u00eatre adapt\u00e9 en temps utile.  <\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les recommandations du groupe de travail international sur le my\u00e9lome (IMWG) concernant le diagnostic des maladies \u00e0 cellules plasmatiques ont \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9es l&#8217;ann\u00e9e derni\u00e8re [1].<\/p>\n<p>D\u00e9sormais, les patients pr\u00e9sentant un my\u00e9lome plasmocytaire \u00e0 haut risque jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent asymptomatique (\u00e9volution tr\u00e8s probable vers un stade symptomatique dans un d\u00e9lai inf\u00e9rieur \u00e0 deux ans) sont consid\u00e9r\u00e9s comme n\u00e9cessitant un traitement <strong>(tableau&nbsp;1).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-6841\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab1_oh1_s25.png\" style=\"height:594px; width:600px\" width=\"883\" height=\"1311\"><\/p>\n<p>En pratique, cela signifie notamment qu&#8217;une IRM du corps entier est recommand\u00e9e pour les patients sans l\u00e9sion d&#8217;organe terminal (crit\u00e8res CRAB), mais avec 10-60% de plasmocytes et un quotient de cha\u00eenes l\u00e9g\u00e8res de &lt;100 <strong>(fig.&nbsp;1).<\/strong> Il vaut la peine de demander au service de radiologie local si cet examen est possible. Comme on peut le voir sur l&#8217;illustration, les patients doivent \u00eatre pr\u00e9par\u00e9s de mani\u00e8re appropri\u00e9e \u00e0 l&#8217;examen.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6842 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/abb1_oh1_s25.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1171;height:852px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"1171\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>La valeur diagnostique de la concentration de cha\u00eenes l\u00e9g\u00e8res libres (CLL) dans le s\u00e9rum a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9e<strong> (tableau&nbsp;1).<\/strong> Dans les \u00e9tudes, les FLC ont jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent \u00e9t\u00e9 mesur\u00e9es exclusivement par le test FreeliteTM (The Binding Site). En ce qui concerne les crit\u00e8res CRAB, la restriction de la fonction r\u00e9nale a \u00e9t\u00e9 compl\u00e9t\u00e9e par l&#8217;indication d&#8217;une clairance minimale de la cr\u00e9atinine. Formellement, seule l&#8217;alt\u00e9ration de la fonction r\u00e9nale due \u00e0 la n\u00e9phropathie de Cast d\u00e9finit le my\u00e9lome, et non l&#8217;alt\u00e9ration de la fonction r\u00e9nale due, par exemple, \u00e0 l&#8217;amylose AL ou \u00e0 la maladie du d\u00e9p\u00f4t de la cha\u00eene l\u00e9g\u00e8re (LCDD).<\/p>\n<p>Le scanner et le PET-CT ont \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9s comme instruments de diagnostic possibles pour l&#8217;\u00e9valuation des ost\u00e9olyses. Le scanner est actuellement la m\u00e9thode de choix pour le d\u00e9pistage de l&#8217;ost\u00e9olyse.<\/p>\n<p>La stratification du risque a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9e cette ann\u00e9e, car la r\u00e9ponse au traitement s&#8217;est am\u00e9lior\u00e9e depuis la publication du score ISS il y a dix ans [2]. Le score ISS r\u00e9vis\u00e9 (R-ISS) prend d\u00e9sormais en compte l&#8217;analyse iFISH et l&#8217;augmentation de la LDH<strong> (tableau&nbsp;2) <\/strong>[3]. Le R-ISS est applicable \u00e0 tous les patients, y compris les plus \u00e2g\u00e9s (&gt;65 ans) et ceux qui ne re\u00e7oivent pas de chimioth\u00e9rapie \u00e0 haute dose. Le R-ISS n&#8217;a pas encore \u00e9t\u00e9 valid\u00e9 sur un collectif de patients suppl\u00e9mentaire, le suivi m\u00e9dian \u00e9tait d&#8217;un peu moins de quatre ans.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6843 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab2_oh1_s27.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/724;height:527px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"724\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>La fragilit\u00e9 est un facteur important pour l&#8217;\u00e9valuation de la capacit\u00e9 et de l&#8217;adaptation du traitement et du pronostic. Dans la pratique clinique quotidienne, nous utilisons g\u00e9n\u00e9ralement notre exp\u00e9rience clinique pour \u00e9valuer la fragilit\u00e9, mais celle-ci peut \u00e9galement \u00eatre \u00e9valu\u00e9e de mani\u00e8re syst\u00e9matique, par exemple de mani\u00e8re analogue \u00e0 la recommandation de l&#8217;IMW, \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;un outil en ligne (www.myelomafrailtyscorecalculator.net) [4]. Il existe \u00e9galement des recommandations sur la gestion du traitement en fonction de la condition physique, bien que cette approche soit bas\u00e9e sur des experts et n&#8217;ait pas encore fait l&#8217;objet d&#8217;\u00e9tudes prospectives [5].<\/p>\n<p>D&#8217;autres informations importantes sur le pronostic ne sont obtenues qu&#8217;au cours du traitement. Par exemple, l&#8217;obtention d&#8217;une r\u00e9ponse compl\u00e8te chez des patients de tous \u00e2ges est associ\u00e9e \u00e0 une am\u00e9lioration de la survie globale et de la survie sans progression.<\/p>\n<h2 id=\"traitement-de-premiere-ligne-par-autogreffe-de-cellules-souches\">Traitement de premi\u00e8re ligne par autogreffe de cellules souches<\/h2>\n<p>Si une indication th\u00e9rapeutique existe, la premi\u00e8re chose \u00e0 faire est de d\u00e9terminer si un traitement intensif par chimioth\u00e9rapie \u00e0 haute dose et transplantation de cellules souches autologues (HDCT\/ASZT) est envisageable pour le patient.<\/p>\n<p>Les patients \u00e9ligibles pour cette strat\u00e9gie de traitement intensif sont ceux qui ont moins de 65-75 ans et qui ne pr\u00e9sentent pas de comorbidit\u00e9s graves. Pour \u00e9valuer l&#8217;\u00e9ligibilit\u00e9 \u00e0 la transplantation, il est possible de consulter, outre l&#8217;\u00e2ge, diff\u00e9rents scores de comorbidit\u00e9 orient\u00e9s sur la clinique. Le traitement consiste g\u00e9n\u00e9ralement en un minimum de quatre \u00e0 un maximum de six cycles de traitement d&#8217;induction, suivis d&#8217;une HDCT\/ASZT, puis, en fonction de la r\u00e9ponse, d&#8217;un traitement de consolidation plus court et\/ou d&#8217;un traitement d&#8217;entretien plus long.  &nbsp;<\/p>\n<p>L&#8217;induction doit inclure le bort\u00e9zomib, un inhibiteur de prot\u00e9ase, et \u00eatre compos\u00e9e de trois substances au total. Les combinaisons courantes en Europe sont bort\u00e9zomib\/cyclophosphamide\/dexam\u00e9thasone (VCD) ou bort\u00e9zomib\/thalidomide\/dexam\u00e9thasone (VTD) et aux \u00c9tats-Unis bort\u00e9zomib\/l\u00e9nalidomide\/dexam\u00e9thasone (VRD). S&#8217;il existe des contre-indications \u00e0 l&#8217;utilisation du bort\u00e9zomib, on peut utiliser \u00e0 la place le l\u00e9nalidomide, un immunomodulateur (IMiD) de 2e g\u00e9n\u00e9ration et une \u00e9volution du thalidomide, \u00e9galement en combinaison avec la dexam\u00e9thasone (Rd) et \u00e9ventuellement en plus le cyclophosphamide comme troisi\u00e8me substance (RCD). Le l\u00e9nalidomide n&#8217;\u00e9tant pas encore autoris\u00e9 en Suisse dans le cadre d&#8217;un traitement de premi\u00e8re ligne, une demande de prise en charge par l&#8217;assurance maladie doit \u00eatre faite au pr\u00e9alable. Il est important de prendre contact avec le centre de transplantation d\u00e8s le d\u00e9but, juste avant ou juste apr\u00e8s l&#8217;initiation du traitement d&#8217;induction, afin de pouvoir planifier \u00e0 temps la collecte et la transplantation des cellules souches.<\/p>\n<p>Depuis les ann\u00e9es 90, la HDCT\/ASZT est consid\u00e9r\u00e9e comme le traitement standard pour les patients jeunes et en bonne sant\u00e9 [6]. La substance alkylante melphalan est alors administr\u00e9e \u00e0 une dose de 200&nbsp;<sup>mg\/m2<\/sup> (MEL200). Chez les patients \u00e2g\u00e9s de plus de 65 ans et\/ou pr\u00e9sentant des limitations physiques telles qu&#8217;un dysfonctionnement r\u00e9nal, la dose est g\u00e9n\u00e9ralement r\u00e9duite \u00e0 100 ou 140&nbsp;<sup>mg\/m2<\/sup> (MEL100 ou MEL140). Comme le traitement est aujourd&#8217;hui principalement adapt\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e2ge biologique plut\u00f4t qu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e2ge calendaire, m\u00eame les patients en bonne forme physique \u00e2g\u00e9s de 65 \u00e0 70 ans peuvent encore recevoir une dose compl\u00e8te de MEL200, \u00e0 condition qu&#8217;ils ne souffrent d&#8217;aucune limitation physique. En cas de r\u00e9ponse insuffisante apr\u00e8s une HDCT\/ASZT ou chez les patients pr\u00e9sentant un profil de risque cytog\u00e9n\u00e9tique tr\u00e8s d\u00e9favorable (t(4;14), t(14;16) ou del(17p)), une nouvelle HDCT\/ASZT avec du melphalan peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 trois mois d&#8217;intervalle, dans le sens d&#8217;une transplantation dite en tandem, si la premi\u00e8re a \u00e9t\u00e9 bien tol\u00e9r\u00e9e par le patient.<\/p>\n<p>Chez les patients qui n&#8217;ont pas obtenu une r\u00e9ponse compl\u00e8te apr\u00e8s HDCT\/ASZT, deux cycles de traitement suppl\u00e9mentaires peuvent \u00eatre administr\u00e9s en tant que traitement de consolidation. Dans ce cas, on utilise g\u00e9n\u00e9ralement la m\u00eame combinaison de m\u00e9dicaments que pour l&#8217;induction, mais il est \u00e9galement possible d&#8217;utiliser une nouvelle classe de substances. L&#8217;indication d&#8217;un traitement d&#8217;entretien par un inhibiteur de prot\u00e9ase ou un IMiD pendant plusieurs ann\u00e9es ou jusqu&#8217;\u00e0 la progression doit \u00eatre pos\u00e9e sur une base individuelle. En raison de l&#8217;agressivit\u00e9 de la maladie, les patients pr\u00e9sentant une cytog\u00e9n\u00e9tique \u00e0 haut risque se qualifient certainement pour cela. Actuellement, l&#8217;efficacit\u00e9 d&#8217;un inhibiteur oral de la pr\u00e9oth\u00e9ase de troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration, l&#8217;ixazomib, en tant que traitement d&#8217;entretien apr\u00e8s ASZT est \u00e9valu\u00e9e dans le cadre d&#8217;une grande \u00e9tude internationale \u00e0 laquelle participe \u00e9galement l&#8217;h\u00f4pital universitaire de Zurich (https:\/\/clinicaltrials.gov : NCT02181413).<\/p>\n<h2 id=\"traitement-de-premiere-ligne-sans-greffe-de-cellules-souches\">Traitement de premi\u00e8re ligne sans greffe de cellules souches<\/h2>\n<p>Chez les patients \u00e2g\u00e9s qui ne sont pas \u00e9ligibles pour une HDCT\/ASZT, un traitement \u00e0 base de bort\u00e9zomib ou de l\u00e9nalidomide en double ou triple combinaison doit \u00eatre mis en place. Les combinaisons de m\u00e9dicaments courantes sont bort\u00e9zomib\/m\u00e9lphalan\/prednisone (VMP), l\u00e9nalidomide\/dexam\u00e9thasone (Rd) et bort\u00e9zomib\/dexam\u00e9thasone (Vd). La dur\u00e9e du traitement est d\u00e9terminante pour obtenir une r\u00e9ponse profonde et donc durable. Elle doit \u00eatre maintenue sur une p\u00e9riode de 12 (VMP) \u00e0 au moins 18 (Rd) mois. Il s&#8217;agit de surveiller de tr\u00e8s pr\u00e8s les effets secondaires limitant le traitement, tels que la polyneuropathie ou la fatigue, afin d&#8217;adapter \u00e0 temps la dose de m\u00e9dicament ou de suspendre le traitement si n\u00e9cessaire. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, le bort\u00e9zomib ne doit \u00eatre administr\u00e9 qu&#8217;une fois par semaine et par voie sous-cutan\u00e9e, et la dose de dexam\u00e9thasone doit \u00eatre limit\u00e9e \u00e0 un maximum de 10 mg par jour. 40 mg par semaine. De cette mani\u00e8re, il est possible d&#8217;\u00e9viter un arr\u00eat pr\u00e9coce du traitement et d&#8217;augmenter ainsi l&#8217;efficacit\u00e9 du traitement [7].<\/p>\n<p>Pour un aper\u00e7u des effets secondaires les plus fr\u00e9quents, voir le <strong>tableau&nbsp;3<\/strong>. Des indications sur l&#8217;adaptation de la dose chez les patients \u00e2g\u00e9s sont disponibles dans la litt\u00e9rature [8].<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6844 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab3_oh1_s27.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1080;height:785px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"1080\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>Tous les patients diagnostiqu\u00e9s avec un my\u00e9lome plasmocytaire n\u00e9cessitant un traitement devraient \u00e9galement recevoir un traitement antir\u00e9sorptif \u00e0 l&#8217;acide zol\u00e9dronique, car cela a \u00e9galement permis de documenter une am\u00e9lioration de la survie globale [9].<\/p>\n<h2 id=\"deuxieme-et-derniere-ligne-de-traitement\">Deuxi\u00e8me et derni\u00e8re ligne de traitement<\/h2>\n<p>En cas de progression symptomatique de la maladie, il s&#8217;agit \u00e0 nouveau de la contr\u00f4ler par un traitement efficace sur une p\u00e9riode aussi longue que possible. Les patients plus jeunes \u00e9ligibles \u00e0 la transplantation qui n&#8217;ont pas re\u00e7u de HDCT\/ASZT dans le cadre du traitement de premi\u00e8re ligne devraient se la voir proposer en cas de r\u00e9cidive. Chez les patients qui n&#8217;ont pas progress\u00e9 depuis au moins 18 mois apr\u00e8s une HDCT\/ASZT, une deuxi\u00e8me HDCT\/ASZT peut \u00eatre discut\u00e9e comme traitement de rattrapage apr\u00e8s un nouveau traitement d&#8217;induction. Un r\u00e9gime d&#8217;induction appropri\u00e9 est par exemple la triple combinaison bort\u00e9zomib\/doxorubicine\/dexamathasone (PAD). Chez les jeunes patients pr\u00e9sentant une r\u00e9cidive pr\u00e9coce apr\u00e8s HDCT\/ASZT (&lt;18 mois) et\/ou un profil de risque cytog\u00e9n\u00e9tique d\u00e9favorable, la possibilit\u00e9 d&#8217;une transplantation de cellules souches allog\u00e9niques peut \u00e9galement \u00eatre discut\u00e9e avec le centre de transplantation en situation de r\u00e9cidive [10].<\/p>\n<p>Chez les patients non transplantables, si la r\u00e9ponse au traitement de premi\u00e8re ligne est bonne et que l&#8217;intervalle sans progression est long, les m\u00eames substances peuvent \u00eatre utilis\u00e9es dans le sens d&#8217;un &#8220;re-challenge&#8221;. Si l&#8217;intervalle sans progression est plus court, de nouvelles classes de substances doivent \u00eatre utilis\u00e9es, sinon une r\u00e9ponse tumorale durable ne peut \u00eatre attendue. Les patients qui ont re\u00e7u initialement du bort\u00e9zomib doivent \u00eatre trait\u00e9s en deuxi\u00e8me ligne par le l\u00e9nalidomide et vice versa. Pour les lign\u00e9es ult\u00e9rieures, d&#8217;autres substances nouvellement disponibles peuvent \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9es, par exemple la bendamustine, le pomalidomide (IMiD de troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration&nbsp;) ou le carfilzomib (inhibiteur de prot\u00e9ase de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration&nbsp;). Les r\u00e9sultats obtenus avec l&#8217;\u00e9lotuzumab, le premier anticorps monoclonal disponible dans le commerce pour le traitement du my\u00e9lome, en association avec le l\u00e9nalidomide et la dexam\u00e9thasone, sont \u00e9galement prometteurs.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes exp\u00e9rimentales ont montr\u00e9 que le nelfinavir, un inhibiteur de la prot\u00e9ase du VIH, peut re-sensibiliser des cellules de my\u00e9lome r\u00e9sistantes \u00e0 des substances d\u00e9j\u00e0 administr\u00e9es. Le Groupe suisse de recherche clinique sur le cancer (SAKK) teste actuellement cette approche dans deux \u00e9tudes multicentriques chez des patients atteints de my\u00e9lome plasmocytaire r\u00e9cidivant ou r\u00e9fractaire. Le nelfinavir est associ\u00e9 au l\u00e9nalidomide\/dexam\u00e9thasone dans une \u00e9tude (SAKK 39\/10 ; https:\/\/clinicaltrials.gov : NCT01555281) et au bort\u00e9zomib\/dexam\u00e9thasone dans l&#8217;autre (SAKK 39\/13 ; https:\/\/clinicaltrials.gov : NCT02188537). Pour plus de d\u00e9tails sur les r\u00e9sultats d&#8217;\u00e9tudes disponibles et les recommandations th\u00e9rapeutiques actuelles pour la Suisse, nous vous renvoyons \u00e9galement \u00e0 une revue de la litt\u00e9rature r\u00e9cemment publi\u00e9e [11].<\/p>\n<h2 id=\"perspectives-de-nouveaux-produits-therapeutiques\">Perspectives de nouveaux produits th\u00e9rapeutiques<\/h2>\n<p>Ces derniers temps, il est de plus en plus souvent question, lors des congr\u00e8s, de perspectives de gu\u00e9rison pour les patients atteints de my\u00e9lome plasmocytaire. Les immunoth\u00e9rapies de diff\u00e9rents types (IMiDe, th\u00e9rapies par anticorps, inhibiteurs de points de contr\u00f4le, cellules CAR-T, &#8220;vaccins&#8221;, etc.) suscitent de l&#8217;espoir \u00e0 cet \u00e9gard. Aujourd&#8217;hui, le contr\u00f4le \u00e0 long terme de la maladie est d\u00e9j\u00e0 une r\u00e9alit\u00e9, et de nombreux m\u00e9dicaments, dont certains ont de nouveaux m\u00e9canismes d&#8217;action, sont soit d\u00e9j\u00e0 approuv\u00e9s par la FDA et l&#8217;EMA, soit au moins \u00e0 un stade avanc\u00e9 d&#8217;essais cliniques. Cela vaut aussi bien pour le traitement de premi\u00e8re ligne du my\u00e9lome \u00e0 cellules plasmatiques nouvellement diagnostiqu\u00e9 (NDMM) que pour le my\u00e9lome \u00e0 cellules plasmatiques r\u00e9cidivant ou r\u00e9fractaire (RRMM) et le my\u00e9lome \u00e0 smoldering \u00e0 haut risque.<\/p>\n<p><strong>Nouveaux inhibiteurs de prot\u00e9ase et IMiDe : <\/strong>quatre nouveaux inhibiteurs de prot\u00e9ase par voie intraveineuse et orale sont actuellement \u00e0 l&#8217;\u00e9tude dans les NDMM et RRMM. Parmi celles-ci, des donn\u00e9es de phase III sont d\u00e9j\u00e0 disponibles pour le carfilzomib (i.v.) (ASPIRE), d&#8217;autres suivront, et des \u00e9tudes de phase III sont \u00e9galement en cours pour l&#8217;ixazomib (p.o.) (TOURMALINE-MM1, -MM2, -MM3). Le pomalidomide est \u00e9galement \u00e0 l&#8217;\u00e9tude dans le cadre de nouvelles th\u00e9rapies combin\u00e9es efficaces.<\/p>\n<p><strong>les th\u00e9rapies par anticorps : <\/strong>Les antig\u00e8nes cibles les plus courants sont CD38, SLAMF7 (CS1), CD138 et BCMA. L&#8217;anticorps anti-CD38 daratumumab et surtout l&#8217;anticorps anti-CS1 elotuzumab ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s bien \u00e9tudi\u00e9s. Pour l&#8217;\u00e9lotuzumab, qui doit \u00eatre associ\u00e9 \u00e0 d&#8217;autres m\u00e9dicaments pour \u00eatre efficace, des donn\u00e9es de phase III sont disponibles dans le RRMM (ELOQUENT-2). Les m\u00eames \u00e9pitopes sur les plasmocytes peuvent \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9s pour les immunotoxines (conjugu\u00e9s anticorps-m\u00e9dicaments, par exemple l&#8217;indatuximab ravtansine) ou pour les cellules CAR-T. Les cellules CAR-T peuvent \u00eatre utilis\u00e9es pour le traitement de maladies infectieuses.<\/p>\n<p><strong>Autres classes de substances :<\/strong> Des donn\u00e9es de phase III sont disponibles pour le panobinostat, un inhibiteur de HDAC, dans la RRMM (PANORAMA1). Des \u00e9tudes sur des inhibiteurs sp\u00e9cifiques de HDAC6 (ricolinostat) sont en cours. Les inhibiteurs de points de contr\u00f4le (PD-1 et PD-L1) sont \u00e9tudi\u00e9s en combinaison avec d&#8217;autres immunoth\u00e9rapies stimulant les lymphocytes T, mais aucune efficacit\u00e9 n&#8217;a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9e en monoth\u00e9rapie. En raison de la fr\u00e9quence de la d\u00e9r\u00e9gulation du cyclineD dans le my\u00e9lome, des substances qui interf\u00e8rent sp\u00e9cifiquement avec le cycle cellulaire sont \u00e0 l&#8217;\u00e9tude, comme les inhibiteurs de CDK (Seliciclib), les inhibiteurs du transport nucl\u00e9o-cytoplasmique (inhibiteurs SINE, par exemple Selinexor) et les m\u00e9dicaments qui ciblent la prot\u00e9ine du fuseau kin\u00e9sinique (par exemple Filanesib\/Arry-520), pour ce dernier il existe \u00e9galement un biomarqueur (AAG). En outre, comme dans d&#8217;autres domaines de l&#8217;h\u00e9matologie et de l&#8217;oncologie, il existe des approches visant \u00e0 intervenir dans la transduction du signal (PI3K\/AKT\/mTOR, RAF\/MEK\/ERK, JAK\/STAT, NFkB) et \u00e0 inhiber les prot\u00e9ines anti-apoptotiques (Bcl-2, Bcl-xL) (par exemple au moyen d&#8217;ABT-199).  &nbsp;<br \/>\nEn raison de l&#8217;abondance des possibilit\u00e9s th\u00e9rapeutiques, il sera surtout crucial \u00e0 l&#8217;avenir de trouver la bonne combinaison et la bonne s\u00e9quence de th\u00e9rapies pour le bon patient.  &nbsp;<\/p>\n<p>\nLitt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Rajkumar SV, et al : International Myeloma Working Group updated criteria for the diagnosis of multiple myeloma. Lancet Oncol 2014 ; (12) : e538-548.<\/li>\n<li>Greipp PR, et al : Syst\u00e8me international de staging pour le my\u00e9lome multiple. J Clin Oncol 2005 ; 23(15) : 3412-3420.<\/li>\n<li>Palumbo A, et al : Syst\u00e8me international de stadification r\u00e9vis\u00e9 pour le my\u00e9lome multiple : un rapport du groupe de travail international sur le my\u00e9lome. J Clin Oncol 2015 ; 33(26) : 2863-2869.<\/li>\n<li>Palumbo A. et al : Geriatric assessment predicts survival and toxicities in elderly myeloma patients : An International Myeloma Working Group report. Blood 2015 ; 125(13) : 2068-2074.<\/li>\n<li>Larocca A, Palumbo A : Comment je traite les patients atteints de my\u00e9lome fragile. Blood 2015.<\/li>\n<li>Attal M, et al : A prospective, randomized trial of autologous bone marrow transplantation and chemotherapy in multiple myeloma. Intergroupe Fran\u00e7ais du My\u00e9lome. N Engl J Med 1996 ; 335(2) : 91-97.<\/li>\n<li>Palumbo A, et al : Autologous transplantation and maintenance therapy in multiple myeloma. N Engl J Med 2014 ; 371(10) : 895-905.<\/li>\n<li>Wildes TM, et al : Multiple myeloma in the older adult : better prospects, more challenges. J Clin Oncol 2014 ; 32(24) : 2531-2540.<\/li>\n<li>Terpos E, et al : International Myeloma Working Group recommendations for the treatment of multiple myeloma-related bone disease. J Clin Oncol 2013 ; 31(18) : 2347-2357.<\/li>\n<li>Giralt S, et al : American Society of Blood and Marrow Transplant, European Society of Blood and Marrow Transplantation, Blood and Marrow Transplant Clinical Trials Network et International Myeloma Working Group Consensus Conference on Salvage Hematopoietic Cell Transplantation in Patients with Relapsed Multiple Myeloma. Biol Blood Marrow Transplant 2015.<\/li>\n<li>Samaras P, et al : Statut actuel et recommandations mises \u00e0 jour pour le diagnostic et le traitement du my\u00e9lome \u00e0 cellules plasmatiques en Suisse. Swiss Med Wkly 2015 : 145 : w14100.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c4MATOLOGIE 2016 ; 4(1) : 24-29<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La strat\u00e9gie de traitement est d\u00e9termin\u00e9e en fonction de l&#8217;\u00e2ge et de l&#8217;\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral du patient. 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