{"id":341920,"date":"2016-03-06T02:00:00","date_gmt":"2016-03-06T01:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/standards-actuels-de-la-chirurgie-dermatologique\/"},"modified":"2016-03-06T02:00:00","modified_gmt":"2016-03-06T01:00:00","slug":"standards-actuels-de-la-chirurgie-dermatologique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/standards-actuels-de-la-chirurgie-dermatologique\/","title":{"rendered":"Standards actuels de la chirurgie dermatologique"},"content":{"rendered":"<p><strong>La dermatochirurgie s&#8217;occupe du traitement chirurgical des n\u00e9oplasies cutan\u00e9es principalement malignes, mais aussi b\u00e9nignes. Alors que les n\u00e9oplasies cutan\u00e9es \u00e9taient autrefois souvent trait\u00e9es par radioth\u00e9rapie, cryoth\u00e9rapie et \u00e9lectrocaut\u00e9risation, les nouvelles techniques chirurgicales et les proc\u00e9dures de chirurgie plastique reconstructive ont rel\u00e9gu\u00e9 les formes de traitement physique au second plan. L&#8217;augmentation continue de l&#8217;incidence du cancer de la peau refl\u00e8te clairement l&#8217;importance de la chirurgie dermatologique. Les proc\u00e9dures chirurgicales avec contr\u00f4le histologique complet du bord de l&#8217;incision sont de plus en plus perfectionn\u00e9es, notamment dans le but de proc\u00e9der \u00e0 une ablation s\u00fbre et peu invasive de la tumeur cutan\u00e9e. Les d\u00e9fauts importants qui en r\u00e9sultent peuvent \u00eatre ferm\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 des techniques plastiques avec un bon r\u00e9sultat cosm\u00e9tique. Outre l&#8217;\u00e9volution des techniques chirurgicales, certains changements ont \u00e9galement eu lieu dans le domaine p\u00e9riop\u00e9ratoire.&nbsp; <\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Si l&#8217;excision d&#8217;une tumeur cutan\u00e9e est envisag\u00e9e, une documentation \u00e9crite doit \u00eatre r\u00e9dig\u00e9e avant l&#8217;intervention, indiquant la raison, le but, le type et les modalit\u00e9s du traitement, y compris les complications et les risques potentiels, et le consentement du patient doit \u00eatre obtenu. Il est \u00e9galement important d&#8217;indiquer les cons\u00e9quences possibles si le patient refuse le traitement. Il convient de noter que l&#8217;information doit \u00eatre fournie au moins par le biais d&#8217;un formulaire. 24 heures avant l&#8217;intervention, afin de donner au patient un d\u00e9lai de r\u00e9flexion suffisant.<\/p>\n<h2 id=\"gestion-perioperatoire-des-anticoagulants\">Gestion p\u00e9riop\u00e9ratoire des anticoagulants<\/h2>\n<p>L&#8217;un des changements les plus importants de ces derniers temps a eu lieu dans la gestion d&#8217;un traitement anticoagulant existant. Alors qu&#8217;auparavant, l&#8217;anticoagulation \u00e9tait mise en pause ou remplac\u00e9e par de l&#8217;h\u00e9parine de bas poids mol\u00e9culaire avant les interventions de chirurgie dermatologique, un changement de paradigme s&#8217;est op\u00e9r\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es. M\u00eame en cas de plastie capillaire majeure, il est aujourd&#8217;hui recommand\u00e9 de ne pas interrompre ou modifier la prise d&#8217;acide ac\u00e9tylsalicylique, de clopidogrel, de prasugrel, de ticagrelor ou de phenprocoumone [1,2]. Cela est d\u00fb aux donn\u00e9es d&#8217;\u00e9tudes qui ont montr\u00e9 qu&#8217;il existe un risque de complications thromboemboliques en cas d&#8217;arr\u00eat ou de changement d&#8217;anticoagulation. Les donn\u00e9es montrent \u00e9galement que le risque d&#8217;h\u00e9morragie postop\u00e9ratoire est effectivement plus \u00e9lev\u00e9 en cas de poursuite de l&#8217;anticoagulation, mais que la morbidit\u00e9 de ces complications a un poids bien moindre par rapport aux \u00e9v\u00e9nements thromboemboliques.<\/p>\n<p>Si un traitement antiplaquettaire est pris dans le cadre d&#8217;une prophylaxie primaire, il peut \u00eatre interrompu dix jours avant l&#8217;intervention chirurgicale et repris trois jours plus tard, en concertation avec le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste. En cas d&#8217;anticoagulation orale par <sup>Marcoumar\u00ae<\/sup>, l&#8217;INR pr\u00e9op\u00e9ratoire doit \u00eatre \u22643,5. Selon l&#8217;urgence de l&#8217;op\u00e9ration pr\u00e9vue, si l&#8217;INR &gt;est de 3,5, le b\u00e9n\u00e9fice de l&#8217;op\u00e9ration doit \u00eatre mis en balance avec le risque accru d&#8217;h\u00e9morragies [2]. Les donn\u00e9es concernant les nouveaux anticoagulants (rivaroxaban, dabigatran, apixaban, fondaparine) sont encore insuffisantes, ce qui explique l&#8217;absence de recommandations fiables. Le guide S3 allemand recommande de mettre ces pr\u00e9parations en pause au moins 24 heures avant l&#8217;intervention, tandis que les publications am\u00e9ricaines consid\u00e8rent qu&#8217;une pause n&#8217;est pas n\u00e9cessaire [1].<\/p>\n<p>Ind\u00e9pendamment de l&#8217;anticoagulation, il est essentiel de proc\u00e9der \u00e0 une h\u00e9mostase pr\u00e9cise \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;un caut\u00e8re \u00e9lectrique pendant l&#8217;op\u00e9ration afin de pr\u00e9venir les saignements ult\u00e9rieurs. Les vaisseaux provenant de la profondeur de la plaie doivent \u00eatre coagul\u00e9s ou ligatur\u00e9s. Les saignements provenant des bords de la plaie sont g\u00e9n\u00e9ralement stopp\u00e9s par une bonne adaptation de la peau lors de la fermeture. En outre, un pansement compressif doit \u00eatre appliqu\u00e9 pendant 48 heures en postop\u00e9ratoire afin de minimiser le risque d&#8217;h\u00e9matomes ou d&#8217;h\u00e9morragies secondaires. Toutefois, en cas d&#8217;intervention chirurgicale au niveau du visage (avec ou sans anticoagulation), en particulier au niveau p\u00e9riorbitaire, il est important d&#8217;informer le patient en pr\u00e9op\u00e9ratoire de la forte probabilit\u00e9 de suffusions parfois \u00e9tendues. Bien que d\u00e9figurants sur le plan esth\u00e9tique, ces h\u00e9matomes se r\u00e9sorbent spontan\u00e9ment en quelques jours et ne n\u00e9cessitent pas de traitement.<\/p>\n<h2 id=\"antibioprophylaxie\">Antibioprophylaxie<\/h2>\n<p>L&#8217;augmentation mondiale de la r\u00e9sistance aux antibiotiques en m\u00e9decine et les r\u00e9sultats de nombreuses \u00e9tudes ont conduit \u00e0 repenser et \u00e0 adapter l&#8217;utilisation prophylactique pour \u00e9viter l&#8217;endocardite ou l&#8217;infection d&#8217;une proth\u00e8se articulaire ou d&#8217;une plaie. Les recommandations en mati\u00e8re d&#8217;antibioprophylaxie pour les interventions de chirurgie dermatologique ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9es en cons\u00e9quence.<\/p>\n<p>Le taux d&#8217;infection lors d&#8217;op\u00e9rations de dermatochirurgie est g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s faible et est estim\u00e9 \u00e0 0,4-4% dans la litt\u00e9rature [3,4]. On trouve \u00e9galement des taux d&#8217;infection tr\u00e8s bas dans les op\u00e9rations en deux temps (chirurgie de Mohs). M\u00eame en utilisant des gants non st\u00e9riles pour l&#8217;excision primaire dans le cadre de la chirurgie de Mohs, il n&#8217;y a pas eu plus d&#8217;infections par rapport aux interventions \u00e0 incision contr\u00f4l\u00e9e avec des gants st\u00e9riles [5].<\/p>\n<p>Nonobstant les faibles taux d&#8217;infection, une prophylaxie antibiotique est encore trop souvent appliqu\u00e9e en chirurgie dermatologique, comme l&#8217;ont montr\u00e9 plusieurs \u00e9tudes ant\u00e9rieures [6]. Sur la base de ces preuves, l&#8217;indication d&#8217;une antibioprophylaxie doit d\u00e9sormais \u00eatre pos\u00e9e de mani\u00e8re tr\u00e8s restrictive. En cas d&#8217;intervention sur une peau non surinfect\u00e9e, une antibioprophylaxie g\u00e9n\u00e9rale n&#8217;est pas recommand\u00e9e en raison du faible taux d&#8217;infections de plaies, d&#8217;endocardites bact\u00e9riennes et d&#8217;infections de proth\u00e8ses articulaires. L&#8217;administration pr\u00e9op\u00e9ratoire d&#8217;antibiotiques n&#8217;est conseill\u00e9e qu&#8217;en cas de risque \u00e9lev\u00e9 d&#8217;infection de la plaie et d&#8217;intervention sur la muqueuse ou sur une peau infect\u00e9e. Celle-ci doit \u00eatre administr\u00e9e en dose unique per os 30 \u00e0 60 minutes avant l&#8217;op\u00e9ration afin que l&#8217;antibiotique soit contenu dans le caillot de sang et de fibrine au niveau de la plaie. Le <strong>tableau&nbsp;1<\/strong> \u00e9num\u00e8re les pr\u00e9parations possibles pour une prophylaxie pr\u00e9op\u00e9ratoire.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-6804\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab1_dp1_s25.png\" style=\"height:312px; width:600px\" width=\"853\" height=\"443\"><\/p>\n<p>Les infections postop\u00e9ratoires se manifestent g\u00e9n\u00e9ralement le deuxi\u00e8me jour postop\u00e9ratoire. Un contr\u00f4le de suivi effectu\u00e9 \u00e0 ce moment-l\u00e0 permet de d\u00e9tecter pr\u00e9cocement une infection et de proc\u00e9der simultan\u00e9ment au premier changement de pansement. Un suivi est particuli\u00e8rement utile pour les patients \u00e0 risque et les op\u00e9rations dans des r\u00e9gions sp\u00e9cifiques en raison du risque accru d&#8217;infection<strong> (tableau&nbsp;2).<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6805 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab2_dp1_s26.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 861px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 861\/654;height:456px; width:600px\" width=\"861\" height=\"654\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>L&#8217;administration prophylactique d&#8217;antibiotiques postop\u00e9ratoires est contraire aux recommandations actuelles et ne devrait \u00eatre prescrite qu&#8217;en cas d&#8217;infection manifeste de la plaie [6].<\/p>\n<h2 id=\"desinfection-de-la-peau\">D\u00e9sinfection de la peau<\/h2>\n<p>Pour le traitement antiseptique du site chirurgical, il existe principalement des pr\u00e9parations \u00e0 base d&#8217;alcool ou des solutions de PVP iod\u00e9. Les premi\u00e8res n\u00e9cessitent un temps de contact plus court que les solutions de PVP iod\u00e9.<\/p>\n<p>Le choix du d\u00e9sinfectant d\u00e9pend de la r\u00e9gion op\u00e9ratoire. Pour le visage, en particulier pr\u00e8s des yeux, il faut \u00e9viter d&#8217;utiliser un d\u00e9sinfectant \u00e0 base d&#8217;alcool et utiliser par exemple <sup>Octenisept\u00ae<\/sup> \u00e0 la place. En revanche, il est recommand\u00e9 d&#8217;utiliser un d\u00e9sinfectant alcoolique incolore pour la zone chevelue s\u00e9borrh\u00e9ique de la t\u00eate. Sur le reste du corps, on recommande par exemple <sup>Betaseptic\u00ae<\/sup>, qui a une action tr\u00e8s large contre les micro-organismes. L&#8217;un des avantages de <sup>Betaseptic\u00ae<\/sup> est que la couleur brune de la solution permet de savoir si l&#8217;ensemble du site chirurgical a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sinfect\u00e9. Cela peut \u00eatre utile, par exemple, pour les op\u00e9rations de l&#8217;oreille.<\/p>\n<p>Avant de recouvrir le champ op\u00e9ratoire avec du mat\u00e9riel de drapage st\u00e9rile, le d\u00e9sinfectant doit avoir s\u00e9ch\u00e9, surtout si l&#8217;on utilise des d\u00e9sinfectants \u00e0 base d&#8217;alcool. D&#8217;une part, il y a une meilleure adh\u00e9rence du mat\u00e9riau de masquage, d&#8217;autre part, il y a un risque que l&#8217;alcool s&#8217;enflamme lors de l&#8217;utilisation de l&#8217;\u00e9lectrocaut\u00e8re.<\/p>\n<p>Il est recommand\u00e9 de raser les poils juste avant l&#8217;op\u00e9ration, car le fait de se raser avant le jour de l&#8217;op\u00e9ration augmente le taux d&#8217;infection. L&#8217;utilisation de rasoirs jetables entra\u00eene g\u00e9n\u00e9ralement de petites l\u00e9sions cutan\u00e9es avec un risque accru d&#8217;infection de la plaie, c&#8217;est pourquoi il est recommand\u00e9 d&#8217;utiliser une tondeuse \u00e0 cheveux.<\/p>\n<h2 id=\"anesthesie-locale\">Anesth\u00e9sie locale<\/h2>\n<p>Dans la grande majorit\u00e9 des cas, la lidoca\u00efne \u00e0 1% est utilis\u00e9e pour l&#8217;anesth\u00e9sie locale, g\u00e9n\u00e9ralement en combinaison avec l&#8217;\u00e9pin\u00e9phrine comme vasoconstricteur. La dur\u00e9e d&#8217;action de la lidoca\u00efne est d&#8217;environ 30 \u00e0 120 minutes. La bupivaca\u00efne est efficace plus longtemps et constitue une alternative utile, par exemple pour les interventions sur les orteils ou les doigts, afin de minimiser la douleur postop\u00e9ratoire imm\u00e9diate.<\/p>\n<p>L&#8217;injection doit d&#8217;abord se faire par voie sous-cutan\u00e9e. D&#8217;une part, la douleur br\u00fblante est moins ressentie dans l&#8217;hypoderme que dans le derme en raison de l&#8217;anesth\u00e9sique local, et d&#8217;autre part, l&#8217;injection entra\u00eene une l\u00e9g\u00e8re hydrodissection, ce qui facilite la pr\u00e9paration ult\u00e9rieure \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;un objet contondant dans la couche de d\u00e9placement. De plus, le d\u00e9collement de la peau cr\u00e9e une plus grande distance de s\u00e9curit\u00e9 par rapport aux structures vasculaires et nerveuses situ\u00e9es en profondeur. Apr\u00e8s avoir plac\u00e9 un d\u00e9p\u00f4t sous-cutan\u00e9, l&#8217;aiguille peut \u00eatre retir\u00e9e et un autre d\u00e9p\u00f4t peut \u00eatre inject\u00e9 par voie intradermique. Cela permet une anesth\u00e9sie tr\u00e8s rapide.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9duire la douleur caus\u00e9e par l&#8217;anesth\u00e9sique local, il est possible d&#8217;ajouter du bicarbonate de sodium (NaBic) dans un rapport de 1:4 lorsque la lidoca\u00efne est utilis\u00e9e. Cela n&#8217;est pas possible avec la bupivaca\u00efne, il y aurait une r\u00e9action de pr\u00e9cipitation en cas d&#8217;ajout de NaBic.<\/p>\n<p>Lors d&#8217;interventions dermatochirurgicales importantes sous anesth\u00e9sie locale, il convient de respecter les quantit\u00e9s maximales d&#8217;anesth\u00e9siques en raison des complications cardiotoxiques <strong>(tab.&nbsp;3).<\/strong> Pour anesth\u00e9sier de grandes zones cutan\u00e9es, l&#8217;anesth\u00e9sique local peut \u00eatre dilu\u00e9 avec du NaCl, comme pour la solution tumescente, afin de ne pas d\u00e9passer les quantit\u00e9s maximales.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6806 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/tab3_dp1_s26.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 876px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 876\/544;height:373px; width:600px\" width=\"876\" height=\"544\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<h2 id=\"controle-du-bord-de-lincision-chirurgie-controlee-par-micrographie\">Contr\u00f4le du bord de l&#8217;incision, chirurgie contr\u00f4l\u00e9e par micrographie<\/h2>\n<p>En particulier au niveau du visage, une simple fermeture de la plaie avec une adaptation lat\u00e9rale n&#8217;est souvent pas possible en raison de la forte tension cutan\u00e9e qui en r\u00e9sulte. Dans ce cas, des techniques chirurgicales sp\u00e9ciales de type plastie par lambeau sont n\u00e9cessaires. Comme ces interventions impliquent un d\u00e9placement ou une rotation de la peau, il est essentiel que l&#8217;excision soit pr\u00e9alablement totale et histologiquement confirm\u00e9e. La chirurgie de Mohs est consid\u00e9r\u00e9e comme la m\u00e9thode d&#8217;excision la plus s\u00fbre. Si l&#8217;examen histologique de l&#8217;excision n&#8217;est pas possible le jour m\u00eame, la fermeture d\u00e9finitive de la plaie peut \u00eatre effectu\u00e9e quelques jours apr\u00e8s l&#8217;excision. Pour couvrir temporairement les d\u00e9fauts, il est recommand\u00e9 d&#8217;utiliser <sup>Epigard\u00ae<\/sup>.<\/p>\n<h2 id=\"plasties-par-lambeaux\">Plasties par lambeaux<\/h2>\n<p>Il existe diff\u00e9rents types de plasties par lambeau (de d\u00e9placement, de rotation et de transposition),  <strong>Fig. 1-3).<\/strong>  Souvent, il existe plusieurs variantes pour couvrir le d\u00e9faut d&#8217;excision. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, une technique de fermeture simple doit \u00eatre pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e \u00e0 une plastie par lambeau h\u00e9ro\u00efque. Il faut alors \u00e9valuer la possibilit\u00e9 de placer le trac\u00e9 de la cicatrice dans les plis d&#8217;expression du visage. Pour pouvoir mobiliser suffisamment de peau, il convient de d\u00e9terminer o\u00f9 se trouve la meilleure capacit\u00e9 de d\u00e9placement de la peau ou le plus grand &#8220;r\u00e9servoir de peau&#8221; afin d&#8217;obtenir une fermeture cutan\u00e9e la moins tendue possible.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6807 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/abb1_dp1_s25.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/455;height:331px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"455\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6808 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/abb2_dp1_s26.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/550;height:400px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"550\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6809 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/abb3_dp1_s27.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/331;height:241px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"331\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>Pour les tr\u00e8s grosses tumeurs, le recouvrement du d\u00e9faut peut se faire par une peau fendue ou pleine<strong> (Fig. 4) <\/strong>, bien que le r\u00e9sultat cosm\u00e9tique soit g\u00e9n\u00e9ralement inf\u00e9rieur \u00e0 celui d&#8217;une plastie par lambeau.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6810 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/abb4_dp1_s27.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/359;height:261px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"359\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>En dehors de ces proc\u00e9dures sp\u00e9ciales de fermeture par plastie par lambeau, il convient \u00e9galement d&#8217;\u00e9valuer la possibilit\u00e9 d&#8217;une gu\u00e9rison per secundam. Souvent, cela permet d&#8217;obtenir un r\u00e9sultat esth\u00e9tiquement satisfaisant, bien que le temps de cicatrisation soit plus long qu&#8217;avec une fermeture primaire de la plaie. Les zones concaves du visage, comme la r\u00e9gion temporale, le sillon nasog\u00e9nien et le coin m\u00e9dian de l&#8217;\u0153il, s&#8217;y pr\u00eatent particuli\u00e8rement bien. M\u00eame dans le cas d&#8217;op\u00e9rations dans des r\u00e9gions convexes, le r\u00e9sultat cosm\u00e9tique est souvent surprenant <strong>(fig.&nbsp;5). <\/strong>Pour r\u00e9duire le d\u00e9faut primaire, il est possible de proc\u00e9der \u00e0 une suture dite &#8220;en poche de tabac&#8221; lorsque la cicatrisation secondaire est pr\u00e9vue. Cependant, les \u00e9tudes men\u00e9es \u00e0 ce sujet ne documentent pas de meilleurs r\u00e9sultats esth\u00e9tiques et ne montrent qu&#8217;une tendance statistique \u00e0 la r\u00e9duction du temps de cicatrisation [7].<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6811 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/abb5_dp1_s28.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/828;height:602px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"828\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<h2 id=\"procedure-postoperatoire\">Proc\u00e9dure postop\u00e9ratoire<\/h2>\n<p>Une fois la plaie referm\u00e9e, un pansement compressif st\u00e9rile doit \u00eatre appliqu\u00e9 afin de pr\u00e9venir les saignements ult\u00e9rieurs. Dans la r\u00e9gion du cuir chevelu, il est parfois n\u00e9cessaire d&#8217;appliquer un bandage en forme de turban afin d&#8217;exercer une pression suffisante sur le fond de la plaie. Celui-ci doit \u00eatre laiss\u00e9 deux jours et maintenu au sec. Il peut ensuite \u00eatre remplac\u00e9 par un pansement plus petit. Les pansements <sup>Opsite\u00ae<\/sup> ont fait leurs preuves en tant que pansements post-op\u00e9ratoires, car ils adh\u00e8rent tr\u00e8s bien et sont hydrofuges.<\/p>\n<p>Selon la litt\u00e9rature, l&#8217;application de pommades antibiotiques locales sur la suture fra\u00eeche n&#8217;a pas d&#8217;influence sur le taux d&#8217;infection. En ce qui concerne la gestion postop\u00e9ratoire, les r\u00e9sultats des revues Cochrane sont \u00e9galement int\u00e9ressants. Selon ces donn\u00e9es, le type de pansement utilis\u00e9 ne joue aucun r\u00f4le dans le taux d&#8217;infection. Il n&#8217;y a pas non plus de preuve qu&#8217;un changement de pansement ou un bain\/douche pr\u00e9coce favorise la survenue d&#8217;infections [8\u201310]. Cependant, la pertinence des revues est parfois limit\u00e9e au vu des \u00e9tudes incluses.<\/p>\n<p>Si un retrait des fils est n\u00e9cessaire en raison de l&#8217;utilisation de fils non r\u00e9sorbables, il doit \u00eatre effectu\u00e9 apr\u00e8s cinq \u00e0 sept jours pour le visage et apr\u00e8s 10 \u00e0 14 jours pour le tronc, les extr\u00e9mit\u00e9s et le cuir chevelu.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Brown DG, Wilkerson EC, Love WE : A review of traditional and novel oral anticoagulant and antiplatelet therapy for dermatologists and dermatologic surgeons. J Am Acad Dermatol 2015 Mar ; 72(3) : 524-534.<\/li>\n<li>Palamaras I, Semkova K : Gestion p\u00e9riop\u00e9ratoire des m\u00e9dicaments antithrombotiques et recommandations pour les m\u00e9dicaments antithrombotiques en chirurgie dermatologique. Br J Dermatol 2015 Mar ; 172(3) : 597-605.<\/li>\n<li>Napp M, et al. : [Significance and prevention of post-operative wound complications]. Dermatologue 2014 Jan ; 65(1) : 26-31.<\/li>\n<li>Saco M, et al : Topical antibiotic prophylaxis for prevention of surgical wound infections from dermatologic procedures : a systematic review and meta-analysis. J Dermatolog Treat 2015 Apr ; 26(2) : 151-158.<\/li>\n<li>Mehta D, et al : Comparaison de la pr\u00e9valence de l&#8217;infection du site chirurgical avec l&#8217;utilisation de gants st\u00e9riles ou non st\u00e9riles pour la r\u00e9section et la reconstruction lors de la chirurgie de Mohs. Dermatol Surg 2014 Mar ; 40(3) : 234-239.<\/li>\n<li>Bae-Harboe YS, Liang CA : Utilisation d&#8217;antibiotiques p\u00e9riop\u00e9ratoires par les chirurgiens dermatologues en 2012. Dermatol Surg 2013 Nov ; 39(11) : 1592-1601.<\/li>\n<li>Joo J, et al : Purse-string suture vs second intention healing : results of a randomised, blind clinical trial : JAMA Dermatol 2015 Mar ; 151(3) : 265-270.<\/li>\n<li>Toon CD, et al : Bain ou douche post-op\u00e9ratoire pr\u00e9coce versus retard\u00e9 pour pr\u00e9venir les complications de la plaie. Cochrane Database Syst Rev 2015 ; 7 : CD010075.<\/li>\n<li>Toon CD, et al : Early versus delayed dressing removal after primary closure of clean and clean-contaminated surgical wounds. Cochrane Database Syst Rev 2015 ; 9 : CD010259.<\/li>\n<li>Dumville JC, et al : Dressings for the prevention of surgical site infection. Cochrane Database Syst Rev 2014 ; 9 : CD003091.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>DERMATOLOGIE PRATIQUE 2016 ; 26(1) : 24-28<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La dermatochirurgie s&#8217;occupe du traitement chirurgical des n\u00e9oplasies cutan\u00e9es principalement malignes, mais aussi b\u00e9nignes. 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