{"id":341976,"date":"2016-02-24T01:00:00","date_gmt":"2016-02-24T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/maux-de-tete-parfois-tout-sauf-banals\/"},"modified":"2016-02-24T01:00:00","modified_gmt":"2016-02-24T00:00:00","slug":"maux-de-tete-parfois-tout-sauf-banals","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/maux-de-tete-parfois-tout-sauf-banals\/","title":{"rendered":"Maux de t\u00eate : parfois tout sauf banals"},"content":{"rendered":"<p><strong>La r\u00e9union annuelle de la Soci\u00e9t\u00e9 suisse de neurologie s&#8217;est tenue fin octobre 2015 \u00e0 Berne. Une s\u00e9rie de conf\u00e9rences a pr\u00e9sent\u00e9 et expliqu\u00e9 les diff\u00e9rentes causes des maux de t\u00eate. Il est apparu que chez certains patients, les maux de t\u00eate peuvent avoir des origines complexes &#8211; par exemple la surconsommation d&#8217;analg\u00e9siques ou des fluctuations hormonales. La prise en charge et le traitement des patients concern\u00e9s sont par cons\u00e9quent complexes et souvent longs.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Le professeur Peter Sandor, de la RehaClinic Zurzach, a donn\u00e9 un aper\u00e7u des c\u00e9phal\u00e9es li\u00e9es \u00e0 la surconsommation de m\u00e9dicaments (Medication Overuse Headache, MOH). Compar\u00e9 \u00e0 d&#8217;autres types de c\u00e9phal\u00e9es comme les c\u00e9phal\u00e9es de tension (60% de la population) et les migraines (15%), le MOH est plut\u00f4t rare avec une pr\u00e9valence de 2%. Mais cela concerne tout de m\u00eame environ 160 000 personnes en Suisse, ce qui est consid\u00e9rable.<\/p>\n<h2 id=\"les-maux-de-tete-chroniques-modifient-le-cerveau\">Les maux de t\u00eate chroniques modifient le cerveau<\/h2>\n<p>Le MOH est ce que l&#8217;on appelle une &#8220;c\u00e9phal\u00e9e de transformation&#8221; : les crises de c\u00e9phal\u00e9es fr\u00e9quentes se transforment en c\u00e9phal\u00e9es chroniques si le patient prend trop souvent des m\u00e9dicaments <strong>(tab.&nbsp;1).<\/strong> Pratiquement tous les m\u00e9dicaments courants contre les maux de t\u00eate peuvent d\u00e9clencher un MOH. Le MOH est fortement associ\u00e9 \u00e0 des troubles psychiatriques (d\u00e9pression dans plus de 20% des cas, troubles anxieux dans 3,5% des cas) et la structure de la personnalit\u00e9 des patients est souvent similaire \u00e0 celle des toxicomanes (r\u00e9duction du contr\u00f4le des impulsions). D&#8217;un point de vue physiopathologique, il est \u00e9galement possible de mettre en \u00e9vidence des modifications de la substance grise frontale et du tronc c\u00e9r\u00e9bral chez les patients, qui r\u00e9gressent apr\u00e8s un sevrage r\u00e9ussi.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-6697\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/tab1_np1_s40.png\" style=\"height:578px; width:600px\" width=\"918\" height=\"885\"><\/p>\n<p>Une premi\u00e8re tentative de sevrage peut \u00eatre effectu\u00e9e en ambulatoire si le MOH n&#8217;est pas pr\u00e9sent depuis plus de deux ans, si le patient ne souffre pas de comorbidit\u00e9s psychiatriques importantes et s&#8217;il n&#8217;est pas d\u00e9pendant aux s\u00e9datifs ou aux opio\u00efdes. Si ces conditions ne sont pas remplies, un sevrage en milieu hospitalier est n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>Pendant le sevrage hospitalier, le patient ne prend plus de m\u00e9dicaments contre les c\u00e9phal\u00e9es aigu\u00ebs et re\u00e7oit 100&nbsp;mg\/j de prednisone (en association avec un IPP) pendant cinq jours. Pendant cette p\u00e9riode, il faut essayer d&#8217;\u00e9tablir un traitement prophylactique des maux de t\u00eate, en fonction du type de maux de t\u00eate. Le patient doit \u00e9galement tenir un journal de ses maux de t\u00eate.<\/p>\n<h2 id=\"rehabilitation-apres-un-sevrage\">R\u00e9habilitation apr\u00e8s un sevrage<\/h2>\n<p>Le sevrage hospitalier est trop court pour qu&#8217;une \u00e9ducation compl\u00e8te du patient ainsi que des mesures suppl\u00e9mentaires telles que la th\u00e9rapie par l&#8217;exercice ou la th\u00e9rapie comportementale puissent \u00eatre mises en place. C&#8217;est pourquoi une r\u00e9\u00e9ducation ult\u00e9rieure peut s&#8217;av\u00e9rer utile. Elle est particuli\u00e8rement indiqu\u00e9e pour les patients qui ont d\u00e9j\u00e0 subi des \u00e9checs th\u00e9rapeutiques r\u00e9p\u00e9t\u00e9s ou pour ceux qui ont des probl\u00e8mes psychosociaux importants (couple, travail, maladie psychiatrique). Pendant la r\u00e9\u00e9ducation, qui dure deux \u00e0 trois semaines, diff\u00e9rentes composantes th\u00e9rapeutiques sont appliqu\u00e9es <strong>(tableau&nbsp;2). <\/strong>A Zurzach, il existe un groupe de r\u00e9\u00e9ducation compos\u00e9 exclusivement de patients souffrant de c\u00e9phal\u00e9es.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6698 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/tab2_np1_s41.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 877px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 877\/686;height:469px; width:600px\" width=\"877\" height=\"686\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>La fr\u00e9quence des crises de maux de t\u00eate apr\u00e8s le sevrage d\u00e9pend de la substance abus\u00e9e : en cas de surconsommation de triptans, la douleur dispara\u00eet plus rapidement qu&#8217;en cas de surconsommation d&#8217;autres classes de substances. Apr\u00e8s le sevrage, il n&#8217;est pas interdit aux patients d&#8217;utiliser des m\u00e9dicaments contre les maux de t\u00eate. Ils doivent toutefois \u00eatre utilis\u00e9s de mani\u00e8re s\u00e9lective, et pas plus de dix jours par mois. Ou comme l&#8217;a dit le conf\u00e9rencier : &#8220;Hit hard or don&#8217;t hit at all&#8221;.<\/p>\n<h2 id=\"aspects-hormonaux-chez-les-patientes-migraineuses\">Aspects hormonaux chez les patientes migraineuses<\/h2>\n<p>Le professeur Anne MacGregor, MD, Londres, Royaume-Uni, a donn\u00e9 des informations sur les migraines menstruelles et les crises menstruelles. Ces deux types de c\u00e9phal\u00e9es ne sont pas identiques : dans le cas d&#8217;une migraine menstruelle, les crises de c\u00e9phal\u00e9es surviennent principalement (voire exclusivement) pendant les r\u00e8gles ; les crises menstruelles concernent les patientes qui connaissent des crises de c\u00e9phal\u00e9es tout au long du cycle, y compris pendant les r\u00e8gles. Cette distinction est importante pour les cons\u00e9quences th\u00e9rapeutiques. En cas de migraine menstruelle, la prophylaxie se fait de mani\u00e8re p\u00e9rimenstruelle, et en cas de crise menstruelle, selon la prophylaxie standard de la migraine. Pour cette raison, les patients doivent d&#8217;abord tenir un journal pr\u00e9cis de leurs maux de t\u00eate, de mani\u00e8re \u00e0 pouvoir d\u00e9terminer le sch\u00e9ma des crises de migraine.<\/p>\n<h2 id=\"crises-menstruelles-dosage-suffisamment-eleve-des-analgesiques\">Crises menstruelles : dosage suffisamment \u00e9lev\u00e9 des analg\u00e9siques<\/h2>\n<p>En cas de crises menstruelles, le traitement doit \u00eatre optimis\u00e9. De nombreuses femmes sont sous-trait\u00e9es parce qu&#8217;elles n&#8217;osent pas prendre d&#8217;analg\u00e9siques plusieurs jours de suite. Or, cela est souvent n\u00e9cessaire. Il faut donc informer les patientes que ce ne sont pas les doses individuelles qui comptent, mais le nombre de jours par mois o\u00f9 elles prennent des analg\u00e9siques. Le professeur MacGregor a recommand\u00e9 une combinaison d&#8217;un triptan \u00e0 longue dur\u00e9e d&#8217;action et d&#8217;un anti-inflammatoire non st\u00e9ro\u00efdien (AINS), qui devrait \u00e9ventuellement \u00eatre utilis\u00e9e peu avant le d\u00e9but des menstruations. Il est \u00e9galement important d&#8217;identifier les d\u00e9clencheurs possibles de crises &#8211; par exemple la d\u00e9shydratation, les repas saut\u00e9s, les longs voyages, l&#8217;alcool ou le manque de sommeil.<\/p>\n<h2 id=\"prophylaxie-des-migraines-menstruelles\">Prophylaxie des migraines menstruelles<\/h2>\n<p>Plusieurs options sont disponibles pour la prophylaxie p\u00e9rimenstruelle des migraines menstruelles. Les triptans pendant 5 \u00e0 7 jours ont des niveaux de preuve A et B. Ils doivent \u00eatre pris environ deux jours avant le d\u00e9but des menstruations. Chez les femmes qui n&#8217;ont pas de cycle r\u00e9gulier &#8211; c&#8217;est-\u00e0-dire la plupart ! &#8211; c&#8217;est difficile. Le m\u00eame probl\u00e8me se pose avec l&#8217;utilisation d&#8217;un gel \u0153strog\u00e9nique pendant sept jours, car le traitement doit \u00e9galement commencer environ cinq jours avant les r\u00e8gles. L&#8217;administration d&#8217;\u0153strog\u00e8nes prolonge en outre le cycle et la privation d&#8217;\u0153strog\u00e8nes augmente le risque de migraine. La prise d&#8217;AINS pendant les r\u00e8gles est la solution la plus pratique pour de nombreuses femmes.<\/p>\n<p>Pour les femmes qui ne souhaitent pas avoir d&#8217;enfant actuellement, la contraception hormonale par pilule, patch ou anneau vaginal est \u00e9galement une possibilit\u00e9. Cependant, il y a \u00e9galement une privation d&#8217;\u0153strog\u00e8nes au bout de 21 jours pour qu&#8217;une h\u00e9morragie de rupture se produise. Des \u00e9tudes ont montr\u00e9 que les contraceptifs hormonaux sont plus efficaces contre les crises de migraine lorsque les patientes deviennent am\u00e9norrh\u00e9iques. L&#8217;am\u00e9norrh\u00e9e peut \u00eatre obtenue par un st\u00e9rilet (DIU), des injections \u00e0 lib\u00e9ration prolong\u00e9e ou la prise continue de contraceptifs (sans saignement d&#8217;arr\u00eat). Chez les patientes souffrant de migraines avec aura, les contraceptifs hormonaux sont contre-indiqu\u00e9s avec l&#8217;indication de contraception, mais pas avec l&#8217;indication de prophylaxie de la migraine. Il faut toutefois informer les patientes du risque accru d&#8217;accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral &#8211; qui est toutefois tr\u00e8s faible, m\u00eame sous contraception.<\/p>\n<p>\n<em>Source : R\u00e9union annuelle de la Soci\u00e9t\u00e9 suisse de neurologie, 29-30 octobre 2015, Berne<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2016 ; 14(1) : 40-41<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La r\u00e9union annuelle de la Soci\u00e9t\u00e9 suisse de neurologie s&#8217;est tenue fin octobre 2015 \u00e0 Berne. 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