{"id":342010,"date":"2016-02-19T01:00:00","date_gmt":"2016-02-19T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/comorbidite-entre-le-trouble-bipolaire-et-la-dependance\/"},"modified":"2016-02-19T01:00:00","modified_gmt":"2016-02-19T00:00:00","slug":"comorbidite-entre-le-trouble-bipolaire-et-la-dependance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/comorbidite-entre-le-trouble-bipolaire-et-la-dependance\/","title":{"rendered":"Comorbidit\u00e9 entre le trouble bipolaire et la d\u00e9pendance"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les comportements addictifs sont plus fr\u00e9quents chez les patients atteints de troubles bipolaires que dans la population g\u00e9n\u00e9rale. Le risque de d\u00e9pendance \u00e0 l&#8217;alcool et au tabac, mais aussi aux addictions comportementales telles que le jeu, le sexe, les achats compulsifs ou la cyberd\u00e9pendance, est nettement plus \u00e9lev\u00e9 dans cette population. Dans quelle mesure les comorbidit\u00e9s s&#8217;influencent-elles mutuellement et comment peut-on aider les patients bipolaires \u00e0 se lib\u00e9rer de leur d\u00e9pendance ? Les mesures th\u00e9rapeutiques indiqu\u00e9es dans ce cas sont-elles diff\u00e9rentes de celles qui s&#8217;appliquent aux toxicomanes par ailleurs &#8220;sains&#8221; ?<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>&#8220;Dans l&#8217;\u00e9tude \u00e9pid\u00e9miologique prospective de Zurich (1978-2008), nous avons trouv\u00e9 une incidence cumulative de 34% pour les troubles affectifs graves (majeurs) selon le DSM IV entre 20 et 50 ans&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 le professeur Jules Angst, de la clinique psychiatrique universitaire de Zurich. Les troubles bipolaires sont toutefois largement sous-estim\u00e9s par rapport aux troubles d\u00e9pressifs par les crit\u00e8res du DSM et de la CIM. &#8220;Avec le diagnostic DSM IV, nous avons identifi\u00e9 32,5% de d\u00e9pressions majeures (MDD), mais seulement 1,2% de troubles bipolaires I et 2,2% de troubles bipolaires II. Le diagnostic selon le DSM 5 montre \u00e9galement de nettes lacunes \u00e0 cet \u00e9gard. Si l&#8217;on modifie les crit\u00e8res du DSM 5, le rapport est d&#8217;environ 4:6 (bipolaires\/unipolaires d\u00e9pressifs) chez les moins de 50 ans &#8211; c&#8217;est ce que montrent des donn\u00e9es non encore publi\u00e9es&#8221;.<\/p>\n<h2 id=\"les-addictions-sont-nettement-plus-frequentes-que-dans-la-population-generale\">Les addictions sont nettement plus fr\u00e9quentes que dans la population g\u00e9n\u00e9rale<\/h2>\n<p>Entre 30 et 40 ans, l&#8217;\u00e9tude zurichoise a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu&#8217;un quart des bipolaires (selon le DSM IV) abusaient de l&#8217;alcool, ce chiffre passant m\u00eame \u00e0 un tiers \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 50 ans. L&#8217;abus d&#8217;alcool est donc un probl\u00e8me s\u00e9rieux dans cette population avec l&#8217;\u00e2ge et se refl\u00e8te dans une augmentation du risque d&#8217;environ huit fois par rapport \u00e0 la population normale (les d\u00e9pressifs ont un risque environ trois fois plus \u00e9lev\u00e9 \u00e0 cet \u00e9gard). La bipolarit\u00e9 joue \u00e9galement un r\u00f4le dans l&#8217;abus de cannabis et de s\u00e9datifs. Les taux de pr\u00e9valence sont plus \u00e9lev\u00e9s que chez les personnes d\u00e9pressives. &#8220;En outre, les bipolaires fument beaucoup plus souvent que la population g\u00e9n\u00e9rale et que les patients atteints de TDM. Cependant, dans l&#8217;\u00e9tude de Zurich, nous avons observ\u00e9 une baisse significative de la pr\u00e9valence \u00e0 un an, probablement en raison de la lutte publique contre le tabagisme depuis 1999&#8221;, a expliqu\u00e9 le professeur Angst. Entre 1999 et 2008, les taux sont pass\u00e9s de 54% \u00e0 26% chez les bipolaires, de 40% \u00e0 11% chez les patients atteints de TDM et de 23% \u00e0 7% chez les t\u00e9moins.<\/p>\n<h2 id=\"dependance-au-tabac\">D\u00e9pendance au tabac<\/h2>\n<p>Le Dr Tobias R\u00fcther, de la clinique de psychiatrie et de psychoth\u00e9rapie de l&#8217;universit\u00e9 Ludwig-Maximilian de Munich (D), a \u00e9galement confirm\u00e9 que le risque de d\u00e9pendance au tabac est nettement plus \u00e9lev\u00e9 chez les malades bipolaires que dans la population g\u00e9n\u00e9rale. Selon une m\u00e9ta-analyse de 51 \u00e9tudes men\u00e9es dans 16 pays, le rapport de cotes pour le tabagisme actuel est de 3,5 (IC \u00e0 95% : 3,39-3,54) [1]. Des \u00e9tudes montrent en outre que pr\u00e8s d&#8217;une cigarette sur deux aux \u00c9tats-Unis est fum\u00e9e par des personnes souffrant de troubles psychiatriques. L&#8217;industrie du tabac est consciente de ce groupe cible et s&#8217;adresse \u00e0 lui de mani\u00e8re cibl\u00e9e. &#8220;Le tabagisme est la premi\u00e8re cause de mortalit\u00e9 \u00e9vitable dans les maladies psychiatriques. Il entra\u00eene une perte de 25 ann\u00e9es de vie dans cette population (contre 10 ans chez les personnes sans comorbidit\u00e9 psychiatrique) et r\u00e9duit consid\u00e9rablement la qualit\u00e9 de vie. De plus, c&#8217;est un facteur pr\u00e9dictif de la suicidalit\u00e9, m\u00eame apr\u00e8s avoir contr\u00f4l\u00e9 les facteurs de confusion possibles&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 le Dr R\u00fcther.<\/p>\n<p>La relation entre le tabagisme et le trouble bipolaire est bidirectionnelle et multifactorielle. D&#8217;une part, la vuln\u00e9rabilit\u00e9 sous-jacente aux troubles affectifs (y compris les troubles bipolaires) peut \u00eatre caus\u00e9e par une modification permanente de la neurophysiologie r\u00e9sultant de l&#8217;usage du tabac. D&#8217;autre part, on trouve chez les fumeurs souffrant de troubles bipolaires :<\/p>\n<ul>\n<li>un d\u00e9but plus pr\u00e9coce du premier \u00e9pisode d\u00e9pressif ou maniaque<\/li>\n<li>plus de tentatives de suicide dans le pass\u00e9<\/li>\n<li>comorbidit\u00e9 de troubles anxieux et d&#8217;abus de substances<\/li>\n<li>une dur\u00e9e de maladie plus longue avec des sympt\u00f4mes plus graves (hospitalisation plus longue).<\/li>\n<\/ul>\n<p>&#8220;Dans certaines \u00e9tudes, le tabagisme est \u00e9galement corr\u00e9l\u00e9 avec le rapid cycling, davantage d&#8217;\u00e9pisodes affectifs et un risque accru d&#8217;\u00e9pisodes psychotiques&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 l&#8217;orateur. &#8220;Ce qu&#8217;il ne faut pas oublier lorsqu&#8217;on s&#8217;occupe de ces patients, c&#8217;est que la motivation \u00e0 arr\u00eater de fumer est en principe la m\u00eame chez les malades mentaux que chez les personnes en bonne sant\u00e9 mentale&#8221;.<\/p>\n<h2 id=\"dou-vient-la-dependance\">D&#8217;o\u00f9 vient la d\u00e9pendance ?<\/h2>\n<p>La principale raison du tabagisme continu est la d\u00e9pendance \u00e0 la nicotine. &#8220;Les fumeurs fument \u00e0 cause de la nicotine et meurent \u00e0 cause des produits de combustion&#8221;, a fait remarquer le Dr R\u00fcther. La nicotine se lie aux r\u00e9cepteurs nicotiniques de l&#8217;ac\u00e9tylcholine dans le cerveau. En activant ces r\u00e9cepteurs, elle d\u00e9clenche la lib\u00e9ration de plusieurs neurotransmetteurs, dont la dopamine, la noradr\u00e9naline, le glutamate, la s\u00e9rotonine, le GABA et la \u03b2-endorphine. Ceux-ci influencent \u00e0 leur tour la perception et le comportement. Ils entra\u00eenent notamment des sentiments de bonheur, de satisfaction, d&#8217;\u00e9veil, une augmentation des performances cognitives, une inhibition de l&#8217;app\u00e9tit et une r\u00e9duction de l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9, de la tension, de la peur et de la douleur. Le corps est ainsi &#8220;r\u00e9compens\u00e9&#8221; pour la consommation de nicotine, tout en \u00e9tant &#8220;puni&#8221; par des sympt\u00f4mes de sevrage si la cigarette suivante ne suit pas. La &#8220;r\u00e9compense&#8221; est certes moins forte qu&#8217;avec la coca\u00efne, l&#8217;h\u00e9ro\u00efne ou l&#8217;alcool, mais la nicotine pose de plus grandes difficult\u00e9s pour atteindre l&#8217;abstinence par rapport aux autres substances. Cela s&#8217;explique principalement par la tr\u00e8s forte d\u00e9pendance psychologique. Les rep\u00e8res associ\u00e9s \u00e0 l&#8217;addiction, c&#8217;est-\u00e0-dire les stimuli cl\u00e9s tels que les arr\u00eats de bus, etc.<\/p>\n<h2 id=\"comment-lutter-contre-la-dependance\">Comment lutter contre la d\u00e9pendance ?<\/h2>\n<p>Il est donc imp\u00e9ratif de b\u00e9n\u00e9ficier des conseils et du soutien d&#8217;un professionnel. Il est important d&#8217;aborder sp\u00e9cifiquement la question de l&#8217;arr\u00eat du tabac lors de la consultation. Une consultation m\u00e9dicale minimale (&#8220;Fumez-vous ? Avez-vous d\u00e9j\u00e0 envisag\u00e9 d&#8217;arr\u00eater ?&#8221;) permet d\u00e9j\u00e0 d&#8217;atteindre des taux d&#8217;abstinence nettement plus \u00e9lev\u00e9s que la consultation standard. Le conseil intensif est encore plus efficace. Mais c&#8217;est le conseil combin\u00e9 \u00e0 la pharmacoth\u00e9rapie qui a le plus d&#8217;effet sur l&#8217;abstinence. Selon les lignes directrices, tout m\u00e9decin devrait recommander \u00e0 ses patients fumeurs d&#8217;arr\u00eater de fumer (niveau de preuve A).<\/p>\n<p>Les options th\u00e9rapeutiques m\u00e9dicamenteuses sont le bupropion (<sup>Zyban\u00ae<\/sup>, contre-indiqu\u00e9 pour les patients souffrant de troubles bipolaires), la var\u00e9nicline (<sup>Champix\u00ae<\/sup>) et la nicotine th\u00e9rapeutique (\u00e0 longue dur\u00e9e d&#8217;action, comme les patchs de 16 ou 24 heures, ou \u00e0 courte dur\u00e9e d&#8217;action, comme les gommes \u00e0 m\u00e2cher, les comprim\u00e9s \u00e0 sucer, les microtabs et les inhalateurs). Une combinaison des substances actives est possible. &#8220;Avec la var\u00e9nicline, nous atteignons des taux d&#8217;abstinence d&#8217;environ 33%. Les patchs \u00e0 la dose de 25&nbsp;mg donnent des taux de 27% et les combinaisons de 37%. Le bupropion, qui n&#8217;est pas autoris\u00e9 dans le traitement du trouble bipolaire, se situe dans la m\u00eame fourchette, avec des taux d&#8217;abstinence de 24%&#8221;, a-t-il expliqu\u00e9. Les effets d&#8217;un sevrage tabagique sur la sant\u00e9 mentale sont au moins aussi bons, voire meilleurs, que ceux des antid\u00e9presseurs [2]. Un essai contr\u00f4l\u00e9 randomis\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 par Evins et al. [3] a montr\u00e9 qu&#8217;un traitement d&#8217;entretien par var\u00e9nicline et th\u00e9rapie cognitivo-comportementale (TCC) permettait d&#8217;obtenir une abstinence continue de tabac chez des patients schizophr\u00e8nes ou bipolaires (la diff\u00e9rence avec un placebo plus TCC est rest\u00e9e significative jusqu&#8217;\u00e0 la fin du suivi \u00e0 la semaine 76).<\/p>\n<p>Les points mentionn\u00e9s peuvent \u00eatre r\u00e9sum\u00e9s en sept conseils fond\u00e9s sur des preuves <strong>(tableau&nbsp;1).<\/strong><\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-6701\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/tab1_np1_s43.png\" style=\"height:653px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"898\"><\/p>\n<h2 id=\"trouble-bipolaire-et-addictions-comportementales\">Trouble bipolaire et addictions comportementales<\/h2>\n<p>La question de savoir si les &#8220;addictions comportementales&#8221; telles que l&#8217;addiction aux jeux, l&#8217;addiction \u00e0 Internet, l&#8217;addiction aux achats ou l&#8217;addiction au sexe peuvent r\u00e9ellement \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des addictions et quelle est la pertinence de la composante &#8220;addictive&#8221; par rapport \u00e0 la composante compulsive et impulsive a fait l&#8217;objet de nombreuses controverses dans le pass\u00e9, ce qui se refl\u00e8te dans les diff\u00e9rentes classifications actuelles de ces troubles. En principe, dans le cas des addictions non li\u00e9es \u00e0 des substances, on peut supposer que l&#8217;effet psychotrope se produit gr\u00e2ce \u00e0 des modifications biochimiques propres au corps (et non \u00e0 des substances apport\u00e9es de l&#8217;ext\u00e9rieur). Ces processus sont d\u00e9clench\u00e9s par un comportement de r\u00e9compense excessif sp\u00e9cifique. Selon le professeur Michael Rufer, de la clinique de psychiatrie et de psychoth\u00e9rapie de l&#8217;h\u00f4pital universitaire de Zurich, la d\u00e9pendance comportementale doit souvent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme une sorte d'&#8221;autom\u00e9dication&#8221;. Il peut s&#8217;agir d&#8217;une tentative de coping en cas de sentiment de culpabilit\u00e9 et d&#8217;exp\u00e9riences de vie p\u00e9nibles ou d&#8217;une diversion du stress et de l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 en cas de manque de tol\u00e9rance aux affects n\u00e9gatifs, ou encore d&#8217;une compensation des sentiments d&#8217;inf\u00e9riorit\u00e9 ou d&#8217;une r\u00e9gulation des \u00e9motions n\u00e9gatives telles que la d\u00e9pression ou l&#8217;ennui.<\/p>\n<p>Les recoupements entre les troubles bipolaires et les addictions comportementales sont importants. Cela est illustr\u00e9 par l&#8217;exemple du &#8220;trouble li\u00e9 au jeu&#8221; (&#8220;gambling disorder&#8221;, <strong>tableau&nbsp;2).<\/strong> L&#8217;un des \u00e9l\u00e9ments de la d\u00e9finition de cette addiction, selon les crit\u00e8res du DSM 5, est le suivant : &#8220;Le jeu ne peut pas \u00eatre mieux expliqu\u00e9 par un \u00e9pisode maniaque&#8221;.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6702 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/tab2_s43_np1.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 880px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 880\/616;height:420px; width:600px\" width=\"880\" height=\"616\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>En cas de jeu excessif pendant un \u00e9pisode maniaque, le diagnostic de &#8220;trouble li\u00e9 au jeu&#8221; n&#8217;est pos\u00e9 que si le jeu ne peut pas \u00eatre expliqu\u00e9 par l&#8217;\u00e9pisode maniaque, c&#8217;est-\u00e0-dire s&#8217;il a lieu en dehors des \u00e9pisodes maniaques.<\/p>\n<p>Et inversement : le comportement d&#8217;une personne pr\u00e9sentant un &#8220;trouble li\u00e9 au jeu&#8221; peut ressembler \u00e0 un \u00e9pisode maniaque, de telles caract\u00e9ristiques n&#8217;\u00e9tant plus observables une fois la phase de jeu pass\u00e9e.<\/p>\n<p>Les addictions comportementales \u00e9tant d&#8217;une part souvent comorbides des troubles bipolaires, mais pouvant d&#8217;autre part n&#8217;\u00eatre que l&#8217;expression d&#8217;un trouble bipolaire sous-jacent, il est recommand\u00e9 d&#8217;effectuer un d\u00e9pistage diagnostique [4].<\/p>\n<h2 id=\"la-therapie-cognitivo-comportementale-est-letalon-or\">La th\u00e9rapie cognitivo-comportementale est l&#8217;\u00e9talon-or<\/h2>\n<p>Dans le cas des addictions comportementales, il est important de cibler la motivation du patient \u00e0 changer. Un mod\u00e8le d&#8217;explication personnel (par exemple, une \u00e9valuation individualis\u00e9e du comportement excessif comme tentative de faire face \u00e0 d&#8217;autres probl\u00e8mes) ainsi qu&#8217;une d\u00e9nomination concr\u00e8te des sympt\u00f4mes peuvent aider \u00e0 cet \u00e9gard. Mais attention : Parler de &#8220;d\u00e9pendance&#8221; ne doit pas toujours \u00eatre motivant, mais peut tout aussi bien servir de justification au patient pour rester passif (&#8220;Je suis \u00e0 la merci de ma d\u00e9pendance&#8221;). L&#8217;environnement doit \u00eatre impliqu\u00e9 dans la mesure du possible. Selon le type de comportement excessif, l&#8217;abstinence n&#8217;est pas l&#8217;objectif de la th\u00e9rapie.<\/p>\n<p>La th\u00e9rapie cognitivo-comportementale multimodale, qui peut \u00eatre plut\u00f4t ax\u00e9e sur les sympt\u00f4mes ou sur les causes, poss\u00e8de un niveau de preuve Ia. La pr\u00e9sence d&#8217;un trouble bipolaire comorbide ne s&#8217;oppose pas \u00e0 un traitement cibl\u00e9 sur l&#8217;addiction comportementale (si le trouble bipolaire est stable et en tenant compte des liens fonctionnels possibles). Les inhibiteurs de la recapture de la s\u00e9rotonine, les antagonistes des r\u00e9cepteurs aux opiac\u00e9s et les stabilisateurs d&#8217;humeur (en particulier en cas de trouble bipolaire comorbide) sont recommand\u00e9s avec un niveau de preuve Ib.<\/p>\n<p><em>Source : 11e r\u00e9union annuelle interdisciplinaire de la Soci\u00e9t\u00e9 suisse des troubles bipolaires, 24 octobre 2015, Zurich<\/em><\/p>\n<p>\nLitt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Jackson JG, et al : A combined analysis of worldwide studies demonstrates an association between bipolar disorder and tobacco smoking behaviors in adults. Bipolar Disord 2015 Aug 4. [Epub ahead of print].<\/li>\n<li>Taylor G, et al : Change in mental health after smoking stop : systematic review and meta-analysis. BMJ 2014 Feb 13 ; 348 : g1151.<\/li>\n<li>Evins AE, et al : Maintenance treatment with varenicline for smoking stop in patients with schizophrenia and bipolar disorder : a randomized clinical trial. JAMA 2014 Jan 8 ; 311(2) : 145-154.<\/li>\n<li>W\u00f6lfling K, et al. : Troubles du spectre bipolaire dans un \u00e9chantillon clinique de patients souffrant de cyberaddiction : comorbidit\u00e9 cach\u00e9e ou diagnostic diff\u00e9rentiel ? J Behav Addict 2015 Jun ; 4(2) : 101-105.<\/li>\n<li>Petry NM, Stinson FS, Grant BF : Comorbidity of DSM-IV pathological gambling and other psychiatric disorders : results from the National Epidemiologic Survey on Alcohol and Related Conditions. J Clin Psychiatry 2005 May ; 66(5) : 564-574.<\/li>\n<li>McIntyre RS, et al : Le jeu probl\u00e9matique dans le trouble bipolaire : r\u00e9sultats de l&#8217;Enqu\u00eate sur la sant\u00e9 dans les collectivit\u00e9s canadiennes. J Affect Disord 2007 Sep ; 102(1-3) : 27-34.<\/li>\n<li>Jones L, et al : Gambling problems in bipolar disorder in the UK : prevalence and distribution. Br J Psychiatry 2015 Oct ; 207(4) : 328-333.<\/li>\n<li>Kennedy SH, et al : Fr\u00e9quence et corr\u00e9lations des probl\u00e8mes de jeu chez les outpatients souffrant de troubles d\u00e9pressifs majeurs et de troubles bipolaires. Can J Psychiatry 2010 Sep ; 55(9) : 568-576.<\/li>\n<li>R\u00fcther T, et al ; European Psychiatric Association : EPA guidance on tobacco dependence and strategies for smoking stop in people with mental illness. Eur Psychiatry 2014 Feb ; 29(2) : 65-82.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\n<em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2016 ; 14(1) : 42-44<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les comportements addictifs sont plus fr\u00e9quents chez les patients atteints de troubles bipolaires que dans la population g\u00e9n\u00e9rale. 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