{"id":342127,"date":"2016-01-24T02:00:00","date_gmt":"2016-01-24T01:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/les-syndromes-des-jambes-sans-repos-sont-frequents-et-durent-generalement-toute-la-vie\/"},"modified":"2016-01-24T02:00:00","modified_gmt":"2016-01-24T01:00:00","slug":"les-syndromes-des-jambes-sans-repos-sont-frequents-et-durent-generalement-toute-la-vie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/les-syndromes-des-jambes-sans-repos-sont-frequents-et-durent-generalement-toute-la-vie\/","title":{"rendered":"Les syndromes des jambes sans repos sont fr\u00e9quents et durent g\u00e9n\u00e9ralement toute la vie."},"content":{"rendered":"<p><strong>Le syndrome des jambes sans repos est une maladie fr\u00e9quente et g\u00e9n\u00e9ralement chronique, dont le traitement doit \u00eatre adapt\u00e9 en permanence au cours de l&#8217;\u00e9volution. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, des \u00e9tudes et des recommandations sur le traitement \u00e0 long terme sont devenues disponibles. Elles accordent une plus grande attention \u00e0 l'&#8221;augmentation&#8221;, un effet secondaire paradoxal des agonistes dopaminergiques, et accordent donc une plus grande place aux ligands \u03b12\u03b4 et parfois aux opiac\u00e9s.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Le syndrome des jambes sans repos (SJSR) est une maladie neurologique fr\u00e9quente qui touche jusqu&#8217;\u00e0 4% de la population f\u00e9minine et 2% de la population masculine. Bien que l&#8217;intensit\u00e9 des sympt\u00f4mes varie souvent d&#8217;un jour \u00e0 l&#8217;autre et sur de longues p\u00e9riodes, le RLS persiste g\u00e9n\u00e9ralement toute la vie. Alors que la question de savoir si les troubles du sommeil caus\u00e9s par un RLS constituent un risque de maladie cardiovasculaire et c\u00e9r\u00e9brovasculaire reste controvers\u00e9e, l&#8217;impact n\u00e9gatif d&#8217;un RLS s\u00e9v\u00e8re sur la qualit\u00e9 de vie de la personne concern\u00e9e et de ses proches est bien \u00e9tabli.<\/p>\n<h2 id=\"diagnostic-penser-aux-mimics\">Diagnostic &#8211; penser aux Mimics<\/h2>\n<p>Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 longtemps m\u00e9connu, le RLS a fait l&#8217;objet d&#8217;une prise de conscience encourageante ces derni\u00e8res ann\u00e9es, tant chez les m\u00e9decins que chez les non-sp\u00e9cialistes de la sant\u00e9. Dans ce contexte, les participants ont \u00e9galement mis en garde contre le risque de surdiagnostic, qui peut entra\u00eener des prescriptions de m\u00e9dicaments inutiles et les co\u00fbts et effets secondaires correspondants. La derni\u00e8re classification des troubles du sommeil et de l&#8217;\u00e9veil (ICSD-3) tient compte de ce probl\u00e8me en recherchant une plus grande sp\u00e9cificit\u00e9 diagnostique. Comme auparavant, le diagnostic du RLS repose sur quatre crit\u00e8res cliniques obligatoires :<\/p>\n<ol>\n<li>Besoin de bouger les jambes, souvent associ\u00e9 \u00e0 des sensations d\u00e9sagr\u00e9ables<\/li>\n<li>&nbsp;Renforcement au repos, c&#8217;est-\u00e0-dire en position assise et couch\u00e9e<\/li>\n<li>Am\u00e9lioration nette pendant l&#8217;activit\u00e9 physique<\/li>\n<li>Augmentation des sympt\u00f4mes le soir ou pendant la nuit.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Pour poser le diagnostic de RLS, les quatre crit\u00e8res doivent \u00eatre remplis ou &#8211; \u00e9tant donn\u00e9 que la dur\u00e9e des troubles peut s&#8217;\u00e9tendre \u00e0 toute la journ\u00e9e en cas de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 croissante de la maladie &#8211; avoir \u00e9t\u00e9 remplis une fois au cours de la maladie. Un cinqui\u00e8me crit\u00e8re, \u00e9galement obligatoire, a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9 : la qualit\u00e9 de vie doit \u00eatre limit\u00e9e par l&#8217;ampleur des troubles.<\/p>\n<p>Ces crit\u00e8res diagnostiques sont obligatoires, mais ne sont pas sp\u00e9cifiques au RLS. Les &#8220;RLS mimics&#8221; tels que les arthropathies, les \u0153d\u00e8mes des jambes, les crampes des jambes ou un &#8220;positional discomfort&#8221; (uniquement en position assise, pas en position couch\u00e9e, avec soulagement par simple changement de position des jambes) sont parfois d\u00e9crits par les personnes concern\u00e9es avec des termes similaires \u00e0 ceux d&#8217;un RLS, mais peuvent g\u00e9n\u00e9ralement \u00eatre bien d\u00e9limit\u00e9s par des questions cibl\u00e9es. Lors du diagnostic diff\u00e9rentiel d&#8217;une polyneuropathie (\u00e0 petites fibres), il faut garder \u00e0 l&#8217;esprit que celle-ci augmente le risque de RLS et qu&#8217;une personne peut donc avoir les deux causes de paresth\u00e9sies et d&#8217;envie de bouger les jambes. Dans les cas peu clairs, les r\u00e9sultats d&#8217;examens compl\u00e9mentaires tels que la mise en \u00e9vidence de mouvements p\u00e9riodiques des jambes pendant le sommeil (PLMS) et l&#8217;\u00e9veil (PLMW), souvent associ\u00e9s au RLS, au moyen d&#8217;une polysomnographie ou &#8211; de mani\u00e8re moins co\u00fbteuse &#8211; d&#8217;une actigraphie ambulatoire des pieds, et tout particuli\u00e8rement la r\u00e9ponse des sympt\u00f4mes \u00e0 de faibles doses de dopaminergiques, peuvent aider. L&#8217;anamn\u00e8se familiale typiquement positive dans le RLS idiopathique n&#8217;est souvent pas fiable et une difficult\u00e9 \u00e0 s&#8217;endormir, bien que typique, est trop peu sp\u00e9cifique comme crit\u00e8re de diagnostic.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le diagnostic syndromique du RLS, un petit nombre d&#8217;examens de laboratoire sont g\u00e9n\u00e9ralement utiles en ce qui concerne les facteurs susceptibles de d\u00e9clencher ou d&#8217;aggraver le RLS, par exemple l&#8217;insuffisance r\u00e9nale ou la carence en fer.<\/p>\n<h2 id=\"qui-a-besoin-dun-traitement\">Qui a besoin d&#8217;un traitement ?<\/h2>\n<p>Toutes les personnes r\u00e9pondant aux crit\u00e8res de diagnostic du RLS n&#8217;ont pas besoin d&#8217;un traitement m\u00e9dicamenteux. On consid\u00e8re g\u00e9n\u00e9ralement que les sympt\u00f4mes n\u00e9cessitent un traitement lorsqu&#8217;ils sont pr\u00e9sents au moins deux \u00e0 trois jours par semaine et qu&#8217;ils affectent clairement le patient dans sa qualit\u00e9 de vie. Diff\u00e9rentes \u00e9chelles sont disponibles pour \u00e9valuer la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de la maladie, ce qui permet une \u00e9valuation tr\u00e8s importante de l&#8217;\u00e9volution. Dans la pratique, l&#8217;\u00e9chelle de Johns Hopkins <strong>(tab.&nbsp;1) <\/strong>est bien adapt\u00e9e, car elle devrait \u00e9galement permettre d&#8217;\u00e9valuer l&#8217;augmentation \u00e0 un stade pr\u00e9coce.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-6636\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab1_09.jpg\" style=\"height:189px; width:399px\" width=\"828\" height=\"392\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab1_09.jpg 828w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab1_09-800x379.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab1_09-120x57.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab1_09-90x43.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab1_09-320x151.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab1_09-560x265.jpg 560w\" sizes=\"(max-width: 828px) 100vw, 828px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il convient tout d&#8217;abord d&#8217;identifier les stimulants et les m\u00e9dicaments qui provoquent le RLS et de les \u00e9viter dans la mesure du possible <strong>(tableau&nbsp;2).<\/strong> Les antid\u00e9presseurs peuvent certes aggraver le RLS dans jusqu&#8217;\u00e0 10% des cas (en particulier la mirtazapine [Remeron\u00ae]), mais environ 70% des patients pr\u00e9sentant une comorbidit\u00e9 de RLS et de d\u00e9pression en b\u00e9n\u00e9ficient. Un traitement causal est surtout possible en cas de RLS secondaire \u00e0 une carence en fer. Bien que l&#8217;on ne sache pas encore de mani\u00e8re d\u00e9finitive quels sont les patients atteints de RLS qui b\u00e9n\u00e9ficient d&#8217;une substitution en fer, celle-ci est recommand\u00e9e lorsque la ferritine &lt;50-75&nbsp;\u03bcg\/l. Si les pr\u00e9parations orales entra\u00eenent une augmentation insuffisante de la ferritine ou sont mal tol\u00e9r\u00e9es, l&#8217;administration de fer par voie intraveineuse est une alternative.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6637 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab2_09.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 828px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 828\/488;height:236px; width:400px\" width=\"828\" height=\"488\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab2_09.jpg 828w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab2_09-800x471.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab2_09-120x71.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab2_09-90x53.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab2_09-320x189.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab2_09-560x330.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 828px) 100vw, 828px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Un traitement m\u00e9dicamenteux des mouvements p\u00e9riodiques des jambes pendant le sommeil (PLMS) sans pr\u00e9sence simultan\u00e9e de troubles du RLS \u00e0 l&#8217;\u00e9tat d&#8217;\u00e9veil sous le concept de &#8220;Periodic Leg Movement Disorders&#8221; (PLMD) ne devrait \u00eatre entrepris qu&#8217;avec une grande prudence, de petites doses de m\u00e9dicaments et sous contr\u00f4le \u00e9troit des troubles subjectifs tels que la fatigue, la somnolence ou l&#8217;insomnie, afin d&#8217;\u00e9viter dans tous les cas une augmentation.<\/p>\n<h2 id=\"le-choix-du-premier-medicament\">Le choix du premier m\u00e9dicament<\/h2>\n<p>Si les mesures mentionn\u00e9es ne permettent pas d&#8217;obtenir une am\u00e9lioration suffisante, diff\u00e9rentes classes de m\u00e9dicaments sont disponibles pour traiter le RLS <strong>(tab.&nbsp;3). <\/strong>Le choix de la pr\u00e9paration d\u00e9pend de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 et de la fr\u00e9quence des troubles, des comorbidit\u00e9s et des effets secondaires potentiels des m\u00e9dicaments <strong>(tab.&nbsp;4).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6638 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab3_10_0.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1128;height:820px; width:800px\" width=\"1100\" height=\"1128\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab3_10_0.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab3_10_0-800x820.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab3_10_0-120x123.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab3_10_0-90x92.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab3_10_0-320x328.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab3_10_0-560x574.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6639 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab4_11.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 829px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 829\/497;height:240px; width:400px\" width=\"829\" height=\"497\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab4_11.jpg 829w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab4_11-800x480.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab4_11-120x72.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab4_11-90x54.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab4_11-320x192.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab4_11-560x336.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 829px) 100vw, 829px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les diff\u00e9rents agonistes dopaminergiques (DA), sans doute les plus prescrits aujourd&#8217;hui, sont bien connus, tandis que la L-DOPA n&#8217;est plus que rarement recommand\u00e9e en cas de troubles intermittents tr\u00e8s l\u00e9gers du RLS.<\/p>\n<p>L&#8217;efficacit\u00e9 <em>\u00e0 court terme<\/em> de l&#8217;AD a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e dans plusieurs \u00e9tudes. Ils constituent g\u00e9n\u00e9ralement un bon choix, en particulier pour les patients qui n&#8217;ont besoin d&#8217;un m\u00e9dicament qu&#8217;occasionnellement, par exemple pour aller au th\u00e9\u00e2tre le soir. Dans ce cas, un AD \u00e0 courte dur\u00e9e d&#8217;action (pramipexole, ropinirole) peut par exemple \u00eatre pris une \u00e0 deux heures avant les sympt\u00f4mes attendus.<\/p>\n<p>Les doutes sur le succ\u00e8s <em>\u00e0 long terme<\/em> avec les dopaminergiques sont devenus de plus en plus actuels en raison de la perte d&#8217;efficacit\u00e9, pas si rare, et de l&#8217;effet secondaire le plus important et malheureusement relativement fr\u00e9quent, l&#8217;augmentation. Outre les effets secondaires g\u00e9n\u00e9ralement faciles \u00e0 identifier, tels que les naus\u00e9es, la somnolence diurne avec risque d&#8217;endormissement ou encore l&#8217;insomnie, il convient d&#8217;attirer particuli\u00e8rement l&#8217;attention des patients, avant le d\u00e9but du traitement et lors des examens de contr\u00f4le, sur les troubles du contr\u00f4le des impulsions souvent m\u00e9connus, tels que l&#8217;alimentation incontr\u00f4l\u00e9e, le shopping et le jeu, mais aussi l&#8217;hypersexualit\u00e9.<\/p>\n<p>R\u00e9cemment, certains experts ont donc recommand\u00e9 les ligands \u03b12\u03b4 (pr\u00e9gabaline et gabapentine) comme m\u00e9dicaments alternatifs de premier choix. En particulier pour les patients pr\u00e9sentant des troubles douloureux comorbides, par exemple dans le cadre d&#8217;une polyneuropathie, leur utilisation primaire est en tout cas judicieuse. La pr\u00e9gabaline peut \u00eatre recommand\u00e9e en compl\u00e9ment en cas de trouble anxieux g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 comorbide, qui est plus fr\u00e9quent dans le RLS. Ces m\u00e9dicaments sont \u00e9galement sujets \u00e0 des effets secondaires fr\u00e9quents mais g\u00e9n\u00e9ralement r\u00e9versibles, tels que la somnolence, les vertiges et la prise de poids. Dans une \u00e9tude comparative d&#8217;un an entre la pr\u00e9gabaline et le pramipexole, la pr\u00e9gabaline a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e plus fr\u00e9quemment en raison d&#8217;effets secondaires, alors que son efficacit\u00e9 \u00e9tait comparable.<\/p>\n<p>Dans l&#8217;\u00e9volution naturelle du RLS, il y a toujours des phases spontan\u00e9es avec peu de sympt\u00f4mes, raison pour laquelle il faut essayer d&#8217;arr\u00eater une pharmacoth\u00e9rapie \u00e9tablie chez un patient asymptomatique ou peu symptomatique.<\/p>\n<p>En cas d&#8217;admission \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital ou dans une maison de retraite, nous recommandons aux patients de t\u00e9l\u00e9charger sur le site www.restless-legs.ch la fiche d&#8217;information pour une admission \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital et de la soumettre aux m\u00e9decins et soignants concern\u00e9s.<\/p>\n<h2 id=\"lorsque-le-traitement-ne-fonctionne-plus\">Lorsque le traitement ne fonctionne plus<\/h2>\n<p>Si un patient atteint de RLS pr\u00e9sente \u00e0 nouveau des sympt\u00f4mes sous un traitement m\u00e9dicamenteux jusqu&#8217;ici efficace, il convient d&#8217;abord de rechercher les changements de comportement et les maladies concomitantes susceptibles d&#8217;aggraver le RLS. Une diminution de l&#8217;activit\u00e9 physique, une augmentation de la consommation d&#8217;alcool ou une insomnie pour d&#8217;autres raisons (par exemple, rester couch\u00e9 trop longtemps) peuvent aggraver un RLS. Les nouveaux m\u00e9dicaments prescrits ou l&#8217;arr\u00eat d&#8217;un traitement opiac\u00e9 pris depuis longtemps sont d&#8217;autres causes d&#8217;aggravation. Comme lors du diagnostic initial, il convient de rechercher \u00e0 nouveau une carence en fer.<\/p>\n<p>Chez les patients sous m\u00e9dicaments dopaminergiques, il faut penser \u00e0 la possibilit\u00e9 d&#8217;une augmentation, dont l&#8217;incidence annuelle est d&#8217;environ 10% chez les personnes trait\u00e9es \u00e0 long terme. On entend par l\u00e0 la r\u00e9apparition ou l&#8217;aggravation rapide des sympt\u00f4mes du RLS sous traitement en l&#8217;espace de quelques semaines, les troubles apparaissant de plus en plus t\u00f4t dans la journ\u00e9e, apr\u00e8s une latence plus courte au repos (apr\u00e8s s&#8217;\u00eatre assis ou couch\u00e9) et impliquant \u00e9galement des r\u00e9gions du corps non touch\u00e9es auparavant, comme les bras. Outre la dur\u00e9e du traitement, une dose \u00e9lev\u00e9e et des aspects pharmacocin\u00e9tiques (plus fr\u00e9quents avec les pr\u00e9parations \u00e0 courte dur\u00e9e d&#8217;action, notamment la L-DOPA) ainsi qu&#8217;une ferritine basse sont susceptibles de favoriser le d\u00e9veloppement de l&#8217;augmentation. A titre pr\u00e9ventif, il est donc pr\u00e9f\u00e9rable d&#8217;\u00e9viter les doses \u00e9lev\u00e9es de m\u00e9dicaments dopaminergiques et d&#8217;utiliser \u00e9ventuellement des formes gal\u00e9niques \u00e0 action prolong\u00e9e.<\/p>\n<p>Si une augmentation se produit sous un AD \u00e0 courte dur\u00e9e d&#8217;action, on peut d&#8217;abord essayer de contr\u00f4ler les sympt\u00f4mes qui apparaissent plus t\u00f4t dans la journ\u00e9e en r\u00e9partissant la dose totale inchang\u00e9e sur plusieurs prises (donc aussi plus t\u00f4t dans la journ\u00e9e). Une autre possibilit\u00e9 est de passer \u00e0 une forme \u00e0 lib\u00e9ration prolong\u00e9e de pramipexole ou de ropinirole, ou \u00e0 l&#8217;AD transcutan\u00e9 et donc actif tout au long de la journ\u00e9e, la rotigotine, ce dernier provoquant parfois une intol\u00e9rance cutan\u00e9e en plus des effets secondaires habituels de l&#8217;AD. L&#8217;augmentation de la dose quotidienne d&#8217;AD entra\u00eene certes un soulagement des sympt\u00f4mes \u00e0 court terme, mais renforce l&#8217;augmentation \u00e0 long terme, ce dont les personnes concern\u00e9es doivent \u00e9galement \u00eatre inform\u00e9es.<\/p>\n<p>Si ces mesures ne donnent pas de r\u00e9sultats, il convient de passer \u00e0 une autre classe de substances, en premier lieu un ligand \u03b12\u03b4. Comme l&#8217;arr\u00eat de la m\u00e9dication dopaminergique aggrave le RLS \u00e0 court terme, il convient d&#8217;augmenter le dosage de la pr\u00e9paration alternative avant de r\u00e9duire progressivement l&#8217;AD dans la fourchette recommand\u00e9e.<\/p>\n<p>Enfin, comme cela a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 en 2013 dans une \u00e9tude de plus grande envergure sur l&#8217;oxycodone\/naloxone, les opiac\u00e9s, y compris la m\u00e9thadone, constituent une option pour les patients dont le SJSR ne peut pas \u00eatre trait\u00e9 de mani\u00e8re satisfaisante par l&#8217;AD et les ligands \u03b12\u03b4 (seuls ou en combinaison). Outre les risques de d\u00e9pendance et de surdosage, \u00e9galement pertinents dans le cadre de l&#8217;utilisation d&#8217;opiac\u00e9s pour d&#8217;autres indications, il convient de souligner, du point de vue de la m\u00e9decine du sommeil, le renforcement possible d&#8217;un trouble respiratoire associ\u00e9 au sommeil. Globalement, l&#8217;utilisation \u00e0 long terme d&#8217;opiac\u00e9s dans le RLS doit \u00eatre discut\u00e9e avec un sp\u00e9cialiste.<\/p>\n<p>Le traitement du RLS pendant la grossesse, qui s&#8217;accompagne malheureusement souvent d&#8217;une augmentation des sympt\u00f4mes, reste difficile. Les ligands DA et \u03b12\u03b4 ne doivent pas \u00eatre utilis\u00e9s pendant cette p\u00e9riode. La substitution d&#8217;une carence en fer rev\u00eat ici une importance particuli\u00e8re.<\/p>\n<p>Bien que les bonnes donn\u00e9es \u00e0 long terme soient encore rares, les m\u00e9dicaments actuellement disponibles permettent d&#8217;aider \u00e0 long terme la plupart des patients atteints de RLS. Des \u00e9volutions graves avec r\u00e9sistance au traitement sont toutefois possibles. Outre une bonne collaboration entre les m\u00e9decins de premier recours et les sp\u00e9cialistes, le soutien des groupes d&#8217;entraide peut alors \u00eatre pr\u00e9cieux pour les personnes concern\u00e9es (www.restless-legs.ch).<\/p>\n<p>\nLitt\u00e9rature compl\u00e9mentaire :<\/p>\n<ul>\n<li>Allen RP, et al : Comparaison de la pr\u00e9gabaline avec le pramipexole pour le syndrome des jambes sans repos. N Engl J Med 2014 ; 370(7) : 621-631.<\/li>\n<li>Garcia-Borreguero D, et al : The long-term treatment of restless legs syndrome\/Willis-Ekbom disease : evidence-based guidelines and clinical consensus best practice guidance : a report from the International Restless Legs Syndrome Study Group. Sleep Med 2013 ; 14 : 675-684.<\/li>\n<li>Sateia M : Classification internationale des troubles du sommeil. Troisi\u00e8me \u00e9dition. Acad\u00e9mie am\u00e9ricaine de la m\u00e9decine du sommeil 2014. ISBN : 0991543416.<\/li>\n<li>Trenkwalder C, et al., RELOXYN Study Group : Prolonged release oxycodone-naloxone for treatment of severe restless legs syndrome after failure of previous treatment : a double-blind, randomised, placebo-controlled trial with an open-label extension. Lancet Neurol 2013 ; 12 : 1141-1150.<\/li>\n<\/ul>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2016 ; 11(1) : 7-11<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le syndrome des jambes sans repos est une maladie fr\u00e9quente et g\u00e9n\u00e9ralement chronique, dont le traitement doit \u00eatre adapt\u00e9 en permanence au cours de l&#8217;\u00e9volution. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, des \u00e9tudes&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":54505,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Traitement \u00e0 long terme du syndrome des jambes sans repos","footnotes":""},"category":[11531,11315,11383,11549],"tags":[43464,43458,43453,32599,43450,18685],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-342127","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-formation-continue","category-medecine-interne-generale","category-neurologie-fr","category-rx-fr","tag-jambes-fr","tag-jambes","tag-restless-fr","tag-rls-fr","tag-syndrome-fr","tag-troubles-du-sommeil","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-05-02 18:34:40","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":342134,"slug":"le-gambe-senza-riposo-sono-comuni-e-di-solito-durano-tutta-la-vita","post_title":"Le gambe senza riposo sono comuni e di solito durano tutta la vita.","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/le-gambe-senza-riposo-sono-comuni-e-di-solito-durano-tutta-la-vita\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":342095,"slug":"as-pernas-inquietas-sao-comuns-e-geralmente-para-toda-a-vida","post_title":"As pernas inquietas s\u00e3o comuns e geralmente para toda a vida","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/as-pernas-inquietas-sao-comuns-e-geralmente-para-toda-a-vida\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":342111,"slug":"las-piernas-inquietas-son-frecuentes-y-suelen-durar-toda-la-vida","post_title":"Las piernas inquietas son frecuentes y suelen durar toda la vida","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/las-piernas-inquietas-son-frecuentes-y-suelen-durar-toda-la-vida\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/342127","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=342127"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/342127\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/54505"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=342127"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=342127"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=342127"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=342127"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}