{"id":342274,"date":"2016-01-01T01:00:00","date_gmt":"2016-01-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/suivi-des-patients-transplantes-renaux-en-medecine-generale\/"},"modified":"2016-01-01T01:00:00","modified_gmt":"2016-01-01T00:00:00","slug":"suivi-des-patients-transplantes-renaux-en-medecine-generale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/suivi-des-patients-transplantes-renaux-en-medecine-generale\/","title":{"rendered":"Suivi des patients transplant\u00e9s r\u00e9naux en m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le travail d&#8217;\u00e9quipe entre le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste, le n\u00e9phrologue, le centre de transplantation et le patient est essentiel. 50% des patients transplant\u00e9s d\u00e9c\u00e8dent avec un greffon r\u00e9nal fonctionnel. Dans la phase pr\u00e9coce qui suit la transplantation, l&#8217;accent est mis sur l&#8217;ajustement de l&#8217;immunosuppression et la d\u00e9tection, en particulier, de la r\u00e9jection et des infections. Le traitement des complications non immunologiques, notamment des facteurs de risque cardiovasculaires, est extr\u00eamement important. Il convient de proc\u00e9der \u00e0 des contr\u00f4les r\u00e9guliers de la tumeur, notamment de la peau. Toujours faire attention aux interactions m\u00e9dicamenteuses, surtout pour les immunosuppresseurs.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>La transplantation r\u00e9nale est la m\u00e9thode de remplacement r\u00e9nal pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e pour la majorit\u00e9 des patients souffrant d&#8217;insuffisance r\u00e9nale chronique, et elle est associ\u00e9e \u00e0 la meilleure qualit\u00e9 et esp\u00e9rance de vie pour le patient. La survie \u00e0 5 ans du greffon r\u00e9nal est actuellement sup\u00e9rieure \u00e0 70% pour les organes provenant de donneurs d\u00e9c\u00e9d\u00e9s, et m\u00eame sup\u00e9rieure \u00e0 80% pour les organes provenant de donneurs vivants [1].<\/p>\n<p>Aujourd&#8217;hui, environ 50% des transplant\u00e9s dont le greffon fonctionne d\u00e9c\u00e8dent en raison de complications cardiovasculaires, suivies de tumeurs et d&#8217;infections graves. C&#8217;est pourquoi le contr\u00f4le et le traitement r\u00e9guliers des comorbidit\u00e9s jouent un r\u00f4le crucial. Le r\u00e9sultat \u00e0 long terme d&#8217;une transplantation d\u00e9pend en grande partie de la qualit\u00e9 et de la r\u00e9gularit\u00e9 du suivi. Dans ce cas, une bonne collaboration entre le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste et le centre de transplantation est essentielle.<\/p>\n<h2 id=\"phase-precoce-apres-la-transplantation\">Phase pr\u00e9coce apr\u00e8s la transplantation<\/h2>\n<p>La phase pr\u00e9coce du monitoring (premi\u00e8re ann\u00e9e postop\u00e9ratoire) se d\u00e9roule principalement directement au centre de transplantation, avec des intervalles de contr\u00f4le qui sont prolong\u00e9s jusqu&#8217;\u00e0 trois mois apr\u00e8s la phase initiale. Apr\u00e8s la premi\u00e8re ann\u00e9e, le n\u00e9phrologue le plus proche du domicile, en coop\u00e9ration avec le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste, prend en charge la majeure partie du suivi r\u00e9gulier, compl\u00e9t\u00e9 par des contr\u00f4les annuels au centre de transplantation.<\/p>\n<p>Un suivi initial \u00e9troit est n\u00e9cessaire pour d\u00e9tecter pr\u00e9cocement les complications immunologiques aigu\u00ebs telles que les r\u00e9actions aigu\u00ebs de rejet. Pour les \u00e9viter, c&#8217;est-\u00e0-dire pour \u00e9viter une sous-immunosuppression ou une surimmunosuppression, il est n\u00e9cessaire d&#8217;ajuster l&#8217;immunosuppression de mani\u00e8re tr\u00e8s individuelle <strong>(fig.&nbsp;1). <\/strong>En outre, les infections, en particulier les infections virales, doivent \u00eatre d\u00e9tect\u00e9es \u00e0 un stade pr\u00e9coce. Il s&#8217;agit notamment de la r\u00e9activation du CMV ou des primo-infections \u00e0 CMV, qui peuvent avoir des cons\u00e9quences graves si elles ne sont pas trait\u00e9es [2]. En outre, une surveillance \u00e9troite est n\u00e9cessaire pour d\u00e9tecter une \u00e9ventuelle r\u00e9plication du BKV (polyomavirus), car une vir\u00e9mie BKV significative peut entra\u00eener une n\u00e9phropathie BK et, en l&#8217;absence de traitement, une perte rapide de la fonction du greffon.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-6588\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/abb1_hp12_s21.jpg\" style=\"height:405px; width:600px\" width=\"900\" height=\"607\"><\/p>\n<h2 id=\"controles-a-long-terme\">Contr\u00f4les \u00e0 long terme<\/h2>\n<p>Au cours de l&#8217;\u00e9volution \u00e0 long terme, le site&nbsp; accorde une plus grande importance \u00e0 la d\u00e9tection des complications non immunologiques, notamment au contr\u00f4le et \u00e0 l&#8217;ajustement de la pression art\u00e9rielle ainsi qu&#8217;aux \u00e9ventuels troubles du m\u00e9tabolisme lipidique et osseux.<\/p>\n<p>En raison de l&#8217;am\u00e9lioration de la survie \u00e0 long terme des patients ayant subi une transplantation r\u00e9nale, nous sommes aujourd&#8217;hui confront\u00e9s aux cons\u00e9quences d&#8217;un traitement immunosuppresseur de longue dur\u00e9e. Il s&#8217;agit notamment du risque accru de tumeurs cutan\u00e9es malignes. Les tumeurs cutan\u00e9es (Non Melanoma Skin Cancer, NMSC) repr\u00e9sentent la part la plus \u00e9lev\u00e9e de toutes les tumeurs malignes post-transplantation, soit 40%.&nbsp;  Dans 90 \u00e0 95% des cas, les NMSC sont des carcinomes \u00e9pidermo\u00efdes et basocellulaires. Le risque d&#8217;un tel carcinome est significativement plus \u00e9lev\u00e9 chez les patients immunod\u00e9prim\u00e9s que dans la population g\u00e9n\u00e9rale [3], le risque g\u00e9n\u00e9ral de tumeur est d&#8217;environ deux \u00e0 trois fois plus \u00e9lev\u00e9 [4]. Pour cette raison, un contr\u00f4le \u00e9troit de la peau est crucial et un changement \u00e9ventuel du traitement immunosuppresseur est n\u00e9cessaire en cas d&#8217;apparition d&#8217;une NMSC.<\/p>\n<p>L&#8217;un des principaux facteurs dans la phase tardive de la prise en charge est le probl\u00e8me des changements chroniques dans le greffon, qui se produisent presque toujours pour une raison encore incertaine et qui r\u00e9duisent la dur\u00e9e de fonctionnement du greffon. L&#8217;\u00e9volution de la cr\u00e9atinine et de la prot\u00e9inurie est d\u00e9terminante dans le diagnostic fonctionnel. Dans ce contexte, une augmentation de la cr\u00e9atinine de plus de 15% m\u00e9rite d&#8217;\u00eatre examin\u00e9e. Pour l&#8217;excr\u00e9tion des prot\u00e9ines, il suffit g\u00e9n\u00e9ralement de d\u00e9terminer le quotient prot\u00e9ine-cr\u00e9atinine ou albumine-cr\u00e9atinine dans l&#8217;urine spontan\u00e9e. L\u00e0 encore, l&#8217;\u00e9volution dans le temps et l&#8217;augmentation de l&#8217;excr\u00e9tion de prot\u00e9ines sont d\u00e9terminantes. Tout changement significatif doit \u00eatre discut\u00e9 avec le centre de transplantation. Le cas \u00e9ch\u00e9ant, il faut alors d\u00e9cider de proc\u00e9der \u00e0 des examens suppl\u00e9mentaires, comme un d\u00e9pistage des anticorps dirig\u00e9s contre le greffon ou m\u00eame une biopsie r\u00e9nale.<\/p>\n<p>Au cours de la phase \u00e0 long terme, il est important de prendre contact avec le centre de transplantation en cas de maladie, de d\u00e9t\u00e9rioration de la fonction r\u00e9nale, de fi\u00e8vre, de douleurs ou d&#8217;intol\u00e9rance aux m\u00e9dicaments, m\u00eame en dehors des rendez-vous convenus, car ces situations n\u00e9cessitent souvent une \u00e9valuation rapide, dans le cadre de laquelle un traitement hospitalier pourrait \u00e9galement \u00eatre n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>Les auto-mesures des patients constituent \u00e9galement un \u00e9l\u00e9ment essentiel du monitorage standard. Il s&#8217;agit notamment de mesurer la pression art\u00e9rielle, le pouls, la temp\u00e9rature et le poids corporel, d&#8217;abord quotidiennement, puis de mani\u00e8re intermittente. En particulier, une temp\u00e9rature corporelle \u00e9lev\u00e9e (g\u00e9n\u00e9ralement une augmentation de plus de 0,5\u00b0C au-dessus de la normale individuelle) et\/ou une prise de poids significative d&#8217;un jour \u00e0 l&#8217;autre de plus de 1&nbsp;kg sont des signes d&#8217;alerte que les patients doivent signaler.  &nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"medicaments-immunosuppresseurs\">M\u00e9dicaments immunosuppresseurs<\/h2>\n<p>La transplantation ne gu\u00e9rit pas le patient, qui doit prendre des m\u00e9dicaments r\u00e9guli\u00e8rement tout au long de sa vie. Les questions relatives aux effets secondaires et aux interactions doivent donc toujours \u00eatre abord\u00e9es avec le centre de transplantation. La norme est la double th\u00e9rapie pour les patients \u00e0 faible risque immunologique ou la triple th\u00e9rapie pour les patients \u00e0 risque plus \u00e9lev\u00e9. Le traitement immunosuppresseur consiste g\u00e9n\u00e9ralement en un inhibiteur de la calcineurine, le plus souvent du tacrolimus (<sup>Prograf\u00ae<\/sup> ou <sup>Advagraf\u00ae<\/sup>, ce dernier \u00e9tant la forme \u00e0 lib\u00e9ration prolong\u00e9e du tacrolimus), ou, dans certains cas, de la ciclosporine (Sandimmun Neoral\u00ae). En outre, une substance antiprolif\u00e9rative est utilis\u00e9e, dans la plupart des cas le mycoph\u00e9nolate (<sup>CellCept\u00ae<\/sup> ou <sup>Myfortic\u00ae<\/sup>), plus rarement l&#8217;azathioprine (<sup>Imurek\u00ae<\/sup>). Dans la phase postop\u00e9ratoire pr\u00e9coce, un glucocortico\u00efde est g\u00e9n\u00e9ralement ajout\u00e9 comme troisi\u00e8me immunosuppresseur, qui est supprim\u00e9 apr\u00e8s environ six mois en fonction du risque immunologique et des directives du centre<strong> (tableau&nbsp;1).<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6589 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/tab1-hp12_s22.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 906px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 906\/1723;height:1141px; width:600px\" width=\"906\" height=\"1723\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>L&#8217;adaptation de la dose, en particulier des inhibiteurs de la calcineurine, se fait sur la base de ce que l&#8217;on appelle le taux de s\u00e9dimentation, la d\u00e9termination de la concentration du principe actif dans le sang douze heures apr\u00e8s la prise de la derni\u00e8re dose. Il s&#8217;agit de viser des taux cibles individuels, adapt\u00e9s \u00e0 la clinique (situation immunologique, complications infectieuses ou tumorales).<\/p>\n<p>En ce qui concerne les immunosuppresseurs, il convient d&#8217;utiliser les pr\u00e9parations recommand\u00e9es par le centre de transplantation. Les changements de traitement, de dose ou le passage \u00e0 des m\u00e9dicaments g\u00e9n\u00e9riques ne doivent \u00eatre effectu\u00e9s qu&#8217;apr\u00e8s consultation.<\/p>\n<p>Les inhibiteurs de la calcineurine, comme de nombreux autres m\u00e9dicaments, sont m\u00e9tabolis\u00e9s par le CYP3A, c&#8217;est pourquoi la plus grande prudence est de mise lors de la prescription de nouveaux m\u00e9dicaments en raison des interactions potentielles. Les antibiotiques macrolides en particulier (notamment la clarithro- et l&#8217;\u00e9rythromycine) peuvent entra\u00eener une toxicit\u00e9 grave des inhibiteurs de la calcineurine en inhibant le CYP3A. Mais les m\u00e9dicaments \u00e0 base de plantes ont \u00e9galement un fort potentiel d&#8217;interaction. Par exemple, une r\u00e9duction significative des taux d&#8217;inhibiteurs de la calcineurine peut se produire sous millepertuis, et une forte augmentation sous jus de pamplemousse, avec un risque de rejet cons\u00e9cutif ou d&#8217;immunosuppression excessive.<\/p>\n<h2 id=\"autres-medicaments\">Autres m\u00e9dicaments<\/h2>\n<p>Lors d&#8217;interventions dentaires et d&#8217;endoscopies avec ou sans biopsies, une prophylaxie antibiotique n&#8217;est pas obligatoire uniquement en raison du fait que le patient a besoin d&#8217;une immunosuppression syst\u00e9mique. Un traitement antibiotique conforme au sch\u00e9ma de prophylaxie de l&#8217;endocardite n&#8217;est g\u00e9n\u00e9ralement indiqu\u00e9 que chez les patients qui recevraient une prophylaxie antibiotique m\u00eame en l&#8217;absence d&#8217;immunosuppression et\/ou lorsque des interventions sont pr\u00e9vues dans une zone infect\u00e9e. En cas de doute, la situation individuelle du patient doit \u00eatre \u00e9valu\u00e9e avec le centre de transplantation en fonction de son statut immunitaire.<\/p>\n<p>En cas de traitement analg\u00e9sique, les AINS et les inhibiteurs de la COX II doivent absolument \u00eatre \u00e9vit\u00e9s en raison de divers effets secondaires r\u00e9naux possibles (insuffisance r\u00e9nale aigu\u00eb d&#8217;origine vasomotrice, n\u00e9phrite tubulo-interstitielle, r\u00e9tention de sel, etc.), comme c&#8217;est g\u00e9n\u00e9ralement le cas chez tous les patients dont la fonction r\u00e9nale est alt\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>La fonction r\u00e9nale doit \u00eatre prise en compte lors du dosage des m\u00e9dicaments. Lorsque le greffon fonctionne tr\u00e8s bien, le d\u00e9bit de filtration glom\u00e9rulaire (DFG) est g\u00e9n\u00e9ralement sup\u00e9rieur \u00e0 60&nbsp;ml\/min et 1,73&nbsp;<sup>m2<\/sup> de surface corporelle. Conform\u00e9ment \u00e0 l&#8217;information professionnelle, la dose doit \u00eatre ajust\u00e9e pour les diff\u00e9rentes plages de DFG.&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"infections-des-voies-urinaires\">Infections des voies urinaires<\/h2>\n<p>Les infections les plus fr\u00e9quentes apr\u00e8s une transplantation r\u00e9nale sont les infections urinaires. En principe, seules les infections urinaires symptomatiques doivent \u00eatre trait\u00e9es sur le long terme. Avant d&#8217;initier un traitement empirique (en g\u00e9n\u00e9ral avec de la ciprofloxacine ou de l&#8217;amoxicilline\/acide clavulanique), il est imp\u00e9ratif de pr\u00e9lever une culture d&#8217;urine pour un traitement ult\u00e9rieur adapt\u00e9 \u00e0 la r\u00e9sistance.<\/p>\n<p>En cas d&#8217;infections urinaires r\u00e9cidivantes, le traitement empirique est d&#8217;une part choisi en fonction des r\u00e9sistances ant\u00e9rieures aux antibiotiques. D&#8217;autre part, il convient de prendre contact avec le centre de transplantation afin de clarifier les causes \u00e9ventuelles (par exemple, reflux dans le greffon, etc.). En outre, la consommation d&#8217;airelles ou de baies est fortement d\u00e9conseill\u00e9e. Le jus de canneberge est recommand\u00e9 comme mesure prophylactique, et dans certains cas, l&#8217;utilisation de L-m\u00e9thionine pour acidifier l&#8217;urine peut \u00e9galement \u00eatre discut\u00e9e.<\/p>\n<h2 id=\"hyperuricemie-et-goutte\">Hyperuric\u00e9mie et goutte<\/h2>\n<p>En raison d&#8217;une diminution de la clairance r\u00e9nale de l&#8217;acide urique, l&#8217;hyperuric\u00e9mie est une complication fr\u00e9quemment observ\u00e9e lors d&#8217;un traitement par inhibiteur de la calcineurine. Des crises de goutte ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites chez 5 \u00e0 10 % des patients, en particulier sous ciclosporine.<\/p>\n<p>Pour le traitement d&#8217;une crise de goutte aigu\u00eb, il est recommand\u00e9 d&#8217;administrer des st\u00e9ro\u00efdes pendant une courte p\u00e9riode de trois \u00e0 cinq jours (env. 20-50&nbsp;mg\/j) est recommand\u00e9e. Les AINS doivent \u00eatre strictement \u00e9vit\u00e9s. Une prophylaxie par l&#8217;allopurinol ne doit pas \u00eatre administr\u00e9e aux patients sous traitement continu par l&#8217;azathioprine, car cette association peut entra\u00eener des neutrop\u00e9nies\/agranulocytoses s\u00e9v\u00e8res.&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"diarrhee-et-troubles-gastro-intestinaux\">Diarrh\u00e9e et troubles gastro-intestinaux<\/h2>\n<p>La diarrh\u00e9e et les troubles gastro-intestinaux sont des probl\u00e8mes fr\u00e9quents chez les personnes immunod\u00e9prim\u00e9es. Si un patient se plaint de diarrh\u00e9e (&gt;3 selles liquides et p\u00e2teuses) qui dure plus de deux jours, il faut d&#8217;abord rechercher une origine infectieuse (bact\u00e9riologie f\u00e9cale g\u00e9n\u00e9rale, norovirus). En cas de persistance et\/ou de fi\u00e8vre simultan\u00e9e, le patient doit \u00eatre envoy\u00e9 au centre de transplantation (recherche d&#8217;une infection \u00e0 CMV\/colite \u00e0 CMV, etc.). En cas de suspicion de diarrh\u00e9e induite par le m\u00e9dicament, qui est souvent observ\u00e9e sous mycoph\u00e9nolate, en particulier lorsqu&#8217;elle est d\u00e9clench\u00e9e par une infection, la dose d&#8217;immunosuppresseurs peut \u00eatre adapt\u00e9e. En cas de diarrh\u00e9e, il est \u00e9galement toujours indiqu\u00e9 de contr\u00f4ler rapidement le taux de tacrolimus, car il peut y avoir une absorption accrue du tacrolimus et donc des taux \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n<h2 id=\"facteurs-de-risque-cardiovasculaire\">Facteurs de risque cardiovasculaire<\/h2>\n<p>Les facteurs de risque cardiovasculaire doivent \u00eatre trait\u00e9s de mani\u00e8re coh\u00e9rente. L&#8217;hypertension art\u00e9rielle est pr\u00e9sente chez 60 \u00e0 80% des patients transplant\u00e9s r\u00e9naux [6]. En principe, toutes les classes de substances des antihypertenseurs peuvent \u00eatre utilis\u00e9es. Au d\u00e9part, on utilise g\u00e9n\u00e9ralement en premier lieu un antagoniste du calcium, mais \u00e9galement des inhibiteurs de l&#8217;ECA ou des bloqueurs de l&#8217;ATII (blocage du SRAA) si la fonction r\u00e9nale du greffon est stable. En cas de prot\u00e9inurie sup\u00e9rieure \u00e0 1&nbsp;g\/24&nbsp;h, une substance destin\u00e9e \u00e0 bloquer le SRAA est le premier choix. La pression art\u00e9rielle cible est de 130\/80&nbsp;mmHg (dans les mesures \u00e0 domicile) pour la plupart des transplant\u00e9s, parfois les valeurs cibles doivent \u00eatre fix\u00e9es individuellement.  &nbsp;<\/p>\n<p>La dyslipid\u00e9mie doit \u00e9galement \u00eatre trait\u00e9e de mani\u00e8re intensive par des mesures de style de vie, notamment le contr\u00f4le du poids. Toutefois, un traitement m\u00e9dicamenteux par statine est souvent n\u00e9cessaire. La valeur cible de LDL est &lt;2,6&nbsp;mmol\/l. Dans ce cas, il faut \u00e9galement tenir compte des interactions avec les immunosuppresseurs.<\/p>\n<p>Les fumeurs devraient toujours \u00eatre encourag\u00e9s \u00e0 arr\u00eater de fumer et des programmes de sevrage tabagique devraient leur \u00eatre propos\u00e9s. Les patients ob\u00e8ses peuvent b\u00e9n\u00e9ficier de conseils nutritionnels. En cas de maladie cardiovasculaire ath\u00e9roscl\u00e9rotique, une prophylaxie par l&#8217;acide ac\u00e9tylsalicylique est recommand\u00e9e.<\/p>\n<h2 id=\"diabete-sucre\">Diab\u00e8te sucr\u00e9<\/h2>\n<p>Le diab\u00e8te sucr\u00e9 ne r\u00e9appara\u00eet souvent qu&#8217;apr\u00e8s la transplantation. Le tacrolimus, le sirolimus, la st\u00e9ro\u00efdoth\u00e9rapie et l&#8217;\u00e2ge avanc\u00e9 sont des facteurs de risque de diab\u00e8te post-transplantation (NODAT). Pour le traitement du NODAT, outre les mesures habituelles li\u00e9es au mode de vie et les antidiab\u00e9tiques oraux tels que les inhibiteurs de la DPP4 (sitagliptine), l&#8217;insuline est souvent envisag\u00e9e de mani\u00e8re pr\u00e9coce. Si l&#8217;immunosuppression peut \u00eatre r\u00e9duite au cours de l&#8217;\u00e9volution, le m\u00e9tabolisme du glucose se normalise \u00e0 nouveau chez une partie des patients pour atteindre une situation m\u00e9tabolique normoglyc\u00e9mique. L&#8217;objectif th\u00e9rapeutique selon les lignes directrices de la KDIGO est une HbA1C &lt;7-7,5%.<\/p>\n<h2 id=\"desir-denfant\">D\u00e9sir d&#8217;enfant<\/h2>\n<p>En cas de d\u00e9sir d&#8217;enfant, il est essentiel de prendre contact avec le centre de transplantation afin de discuter ouvertement des risques et des dangers. De m\u00eame, il est g\u00e9n\u00e9ralement imp\u00e9ratif de modifier la m\u00e9dication avant une \u00e9ventuelle grossesse. Une grossesse chez une femme ayant subi une transplantation r\u00e9nale est en principe une grossesse \u00e0 risque et n\u00e9cessite un suivi interdisciplinaire \u00e9troit au centre de transplantation.<\/p>\n<h2 id=\"vaccins-et-voyages\">Vaccins et voyages<\/h2>\n<p>En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, les vaccinations compl\u00e8tes &#8211; conform\u00e9ment aux recommandations suisses en mati\u00e8re de vaccination des personnes avant et apr\u00e8s la transplantation d&#8217;organes solides &#8211; devraient avoir \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9es avant la transplantation au moment de l&#8217;inscription sur la liste. Apr\u00e8s la transplantation, les vaccins vivants comme ceux contre la rub\u00e9ole ou la rougeole sont contre-indiqu\u00e9s en raison de l&#8217;immunosuppression. Tous les vaccins non-vivants doivent \u00eatre r\u00e9guli\u00e8rement mis \u00e0 jour conform\u00e9ment aux recommandations de vaccination. La vaccination annuelle contre la grippe est \u00e9galement recommand\u00e9e. Il faut toutefois garder \u00e0 l&#8217;esprit que la r\u00e9ponse \u00e0 la vaccination est souvent l\u00e9g\u00e8rement affaiblie sous traitement immunosuppresseur.<\/p>\n<p>En cas de voyage dans des pays pr\u00e9sentant un risque accru d&#8217;infections gastro-intestinales, il est recommand\u00e9 de consulter au pr\u00e9alable, par exemple dans un centre de m\u00e9decine des voyages. Il est possible d&#8217;obtenir des informations sur la situation de la r\u00e9sistance dans ce pays. C&#8217;est sur cette base que sera d\u00e9termin\u00e9 le traitement empirique recommand\u00e9 \u00e0 prendre en cas d&#8217;urgence.<\/p>\n<h2 id=\"conclusion\">Conclusion<\/h2>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, le succ\u00e8s d&#8217;une transplantation, notamment en ce qui concerne la survie du greffon et la qualit\u00e9 de vie du patient, d\u00e9pend de mani\u00e8re d\u00e9cisive de l&#8217;\u00e9troite collaboration entre le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste, le n\u00e9phrologue, le centre de transplantation et le patient.<\/p>\n<p>\nLitt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Matas AJ, et al. : Rapport annuel de donn\u00e9es OPTN\/SRTR 2012 : Kidney.<\/li>\n<li>Kumar D, et al. : The AST Handbook of Transplant<strong> <\/strong>Infections, Wiley-Blackwell, 2011.<\/li>\n<li>Zwald FO, et al : Skin cancer in solid organ transplant recipients : advances in therapy and management part I : Epidemiology of skin cancer in solid organ transplant recipients. J Am Acad Dermatol 2011 ; 65(2) : 253-261.<\/li>\n<li>Engels E, et al : Spectrum of Cancer Risk Among US Solid Organ Transplant Recipients. JAMA 2011 ; 306(17) : 1891-1901.<\/li>\n<li>Kasiske B, et al : KDIGO clinical practice guideline for the care of kidney transplant recipients : a summary. Kidney Int 2010 ; 77 : 299-311.<\/li>\n<li>Danovitch G : Handbook of Kidney Transplantation, Wolters Kluver, 2010.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\n<em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2015 ; 10(12) : 20-24<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le travail d&#8217;\u00e9quipe entre le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste, le n\u00e9phrologue, le centre de transplantation et le patient est essentiel. 50% des patients transplant\u00e9s d\u00e9c\u00e8dent avec un greffon r\u00e9nal fonctionnel. Dans la&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":54310,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Apr\u00e8s une transplantation r\u00e9nale","footnotes":""},"category":[11531,11434,11549],"tags":[43888,12708,19643,17185,17188,22088,43893,43877,43882],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-342274","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-formation-continue","category-nephrologie-fr","category-rx-fr","tag-cox-ii-fr","tag-diabete-fr","tag-diarrhee-fr","tag-goutte","tag-hyperuricemie","tag-infection-des-voies-urinaires","tag-nodat-fr","tag-transplantation-renale","tag-viremie-bkv","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-04-26 02:31:07","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":342283,"slug":"assistenza-al-follow-up-dei-pazienti-con-trapianto-di-rene-nellufficio-del-medico-di-famiglia","post_title":"Assistenza al follow-up dei pazienti con trapianto di rene nell'ufficio del medico di famiglia","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/assistenza-al-follow-up-dei-pazienti-con-trapianto-di-rene-nellufficio-del-medico-di-famiglia\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":342286,"slug":"acompanhamento-de-pacientes-de-transplante-renal-na-pratica-familiar","post_title":"Acompanhamento de pacientes de transplante renal na pr\u00e1tica familiar","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/acompanhamento-de-pacientes-de-transplante-renal-na-pratica-familiar\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":342239,"slug":"seguimiento-de-pacientes-con-trasplante-renal-en-la-medicina-de-familia","post_title":"Seguimiento de pacientes con trasplante renal en la medicina de familia","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/seguimiento-de-pacientes-con-trasplante-renal-en-la-medicina-de-familia\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/342274","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=342274"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/342274\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/54310"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=342274"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=342274"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=342274"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=342274"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}