{"id":342317,"date":"2015-12-13T02:00:00","date_gmt":"2015-12-13T01:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/raison-de-ladaptation-des-indications\/"},"modified":"2015-12-13T02:00:00","modified_gmt":"2015-12-13T01:00:00","slug":"raison-de-ladaptation-des-indications","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/raison-de-ladaptation-des-indications\/","title":{"rendered":"Raison de l&#8217;adaptation des indications ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le traitement de la st\u00e9nose du tronc principal et de la maladie multivisc\u00e9rale par PCI est \u00e9quivalent \u00e0 la chirurgie de pontage lorsque le score syntaxique est faible. La complexit\u00e9 des st\u00e9noses coronaires est essentielle pour la d\u00e9cision th\u00e9rapeutique : plus elles sont complexes, plus le pontage a des avantages. Les diab\u00e9tiques, en particulier, b\u00e9n\u00e9ficient d&#8217;un pontage en cas de maladie multivisc\u00e9rale. La d\u00e9cision th\u00e9rapeutique individuelle &#8211; prise par une \u00e9quipe de cardiologie comprenant des cardiochirurgiens, des cardiologues et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, des experts d&#8217;autres disciplines &#8211; en tenant compte des comorbidit\u00e9s du patient, est particuli\u00e8rement importante pour les patients souffrant de maladies plus complexes.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Le pontage aorto-coronarien (PAC) \u00e9tait la seule option de revascularisation pour les maladies coronariennes (MC) jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;Andreas Gr\u00fcntzig r\u00e9alise la premi\u00e8re dilatation percutan\u00e9e par ballonnet (PCI) en 1977. Cependant, aux d\u00e9buts de l&#8217;ICP, le taux de complications dues \u00e0 l&#8217;occlusion aigu\u00eb des vaisseaux et le risque de re-st\u00e9nose \u00e9taient \u00e9lev\u00e9s, ce qui emp\u00eachait l&#8217;utilisation de l&#8217;ICP dans les coronaropathies complexes. L&#8217;introduction du stent a permis de garantir le succ\u00e8s de l&#8217;ICP en phase aigu\u00eb, et c&#8217;est ainsi que l&#8217;ICP s&#8217;est rapidement impos\u00e9e comme traitement de l&#8217;infarctus aigu du myocarde et de la maladie mono ou bivasculaire. Le d\u00e9veloppement des stents recouverts de m\u00e9dicaments (DES) a \u00e9galement permis de r\u00e9duire consid\u00e9rablement le risque \u00e9lev\u00e9 de rest\u00e9nose intra-stent en cas d&#8217;utilisation de stents non recouverts et d&#8217;\u00e9largir le champ d&#8217;application de l&#8217;ICP \u00e0 des l\u00e9sions plus complexes, \u00e0 la maladie multivisc\u00e9rale et au tronc principal. Cela a entra\u00een\u00e9 une baisse du nombre de revascularisations chirurgicales et une augmentation du nombre d&#8217;ICP.<\/p>\n<p>La revascularisation myocardique a fait l&#8217;objet d&#8217;un grand nombre d&#8217;\u00e9tudes randomis\u00e9es par rapport \u00e0 la plupart des autres interventions m\u00e9dicales. Jusqu&#8217;en 2009, seules de petites \u00e9tudes comparaient la revascularisation chirurgicale vs l&#8217;ICP avec des stents recouverts de m\u00e9dicaments. Par cons\u00e9quent, il n&#8217;existait aucune preuve scientifique de l&#8217;utilisation de l&#8217;ICP en cas de pathologies multivisc\u00e9rales et\/ou de st\u00e9nose du tronc principal.<\/p>\n<h2 id=\"etude-syntax\">\u00c9tude SYNTAX<\/h2>\n<p>L&#8217;\u00e9tude SYNTAX (SYNergy between percutaneous coronary intervention with TAXus and cardiac surgery) a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue pour d\u00e9terminer la forme de traitement optimale pour les patients atteints de maladie coronarienne multivisc\u00e9rale et\/ou de st\u00e9nose du tronc principal [1]. L&#8217;\u00e9tude prospective randomis\u00e9e multicentrique a inclus 1 800 patients issus de 85 centres en Europe et aux \u00c9tats-Unis qui pr\u00e9sentaient une maladie coronarienne \u00e0 trois vaisseaux av\u00e9r\u00e9e et\/ou une st\u00e9nose du tronc principal. Une nouveaut\u00e9 importante dans la conception de l&#8217;\u00e9tude SYNTAX par rapport aux \u00e9tudes pr\u00e9c\u00e9dentes a \u00e9t\u00e9 qu&#8217;une \u00e9quipe compos\u00e9e d&#8217;un cardiologue interventionnel et d&#8217;un chirurgien cardiaque a \u00e9valu\u00e9 l&#8217;\u00e9ligibilit\u00e9 du patient pour les deux formes de traitement. En outre, la complexit\u00e9 de l&#8217;atteinte coronarienne a \u00e9t\u00e9 quantifi\u00e9e \u00e0 l&#8217;aide du nouveau score SYNTAX<strong> (Fig.&nbsp;1)<\/strong>, qui a permis de diviser la population \u00e9tudi\u00e9e en groupes de faible (&lt;23), interm\u00e9diaire (23-32) ou \u00e9lev\u00e9 (&gt;32). Les patients ont \u00e9t\u00e9 randomis\u00e9s dans un rapport 1:1 pour une approche interventionnelle (groupe PCI) ou une revascularisation myocardique chirurgicale (groupe CABG). L&#8217;ICP a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e avec un DES de premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration, le stent Taxus lib\u00e9rant du paclitaxel. En outre, 1 275 patients non \u00e9ligibles pour une ICP en raison de la complexit\u00e9 de l&#8217;atteinte coronarienne ont \u00e9t\u00e9 affect\u00e9s au registre CABG et les patients inop\u00e9rables pr\u00e9sentant de multiples comorbidit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 affect\u00e9s au registre ICP et suivis dans un registre prospectif sur la m\u00eame p\u00e9riode.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-6508\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/abb1_5_0.jpg\" style=\"height:784px; width:400px\" width=\"1100\" height=\"2156\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/abb1_5_0.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/abb1_5_0-800x1568.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/abb1_5_0-120x235.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/abb1_5_0-90x176.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/abb1_5_0-320x627.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/abb1_5_0-560x1098.jpg 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"resultats-de-letude-syntax\">R\u00e9sultats de l&#8217;\u00e9tude SYNTAX<\/h2>\n<p>Au bout d&#8217;un an, 12,4% des patients ayant subi un pontage aorto-coronarien et 17,8% des patients ayant subi une ICP ont atteint le crit\u00e8re d&#8217;\u00e9valuation combin\u00e9 primaire (p=0,002), la mortalit\u00e9 (3,5% vs 4,4% ; p=0,37) et le taux d&#8217;infarctus du myocarde (4,8 vs 3,3%) ne pr\u00e9sentant pas de diff\u00e9rence statistique. Le facteur d\u00e9terminant pour cette diff\u00e9rence significative \u00e9tait le taux plus \u00e9lev\u00e9 de revascularisation (5,9% vs 13,5% ; p=0,001), le taux d&#8217;AVC \u00e9tant plus \u00e9lev\u00e9 dans le bras chirurgical (2,2% vs 0,6% ; p=0,003). Il s&#8217;est av\u00e9r\u00e9 que la complexit\u00e9 de la maladie coronarienne \u00e9tait d\u00e9terminante : dans le groupe \u00e0 faible risque pr\u00e9sentant une maladie coronarienne simple \u00e0 plusieurs vaisseaux (score SYNTAX &lt;22), l&#8217;ICP \u00e9tait \u00e9quivalente \u00e0 la chirurgie, mais plus la maladie coronarienne \u00e9tait complexe, plus la chirurgie avait des avantages. Le traitement de la st\u00e9nose du tronc principal par PCI semble d\u00e9sormais accessible aux cardiologues interventionnels pour la premi\u00e8re fois sur la base de preuves, car le crit\u00e8re d&#8217;\u00e9valuation combin\u00e9 n&#8217;\u00e9tait pas significativement diff\u00e9rent entre PCI et PAC (15,8% vs 13,7%). Cependant, les lignes directrices 2010 de la Soci\u00e9t\u00e9 europ\u00e9enne de cardiologie (ESC) n&#8217;ont pas encore int\u00e9gr\u00e9 les donn\u00e9es sur l&#8217;\u00e9quivalence de l&#8217;ICP pour la maladie multivisc\u00e9rale moins complexe (score SYNTAX &lt;22) et la st\u00e9nose du tronc principal (recommandation de classe IIb B pour l&#8217;ICP contre une IA pour la chirurgie) [2].<\/p>\n<p>Apr\u00e8s cinq ans de suivi dans l&#8217;\u00e9tude SYNTAX, il est apparu que le taux d&#8217;\u00e9v\u00e9nements cardiaques ou c\u00e9r\u00e9brovasculaires graves (d\u00e9c\u00e8s, infarctus du myocarde, accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral, nouvelle revascularisation) \u00e9tait significativement plus faible dans l&#8217;ensemble du collectif apr\u00e8s chirurgie cardiaque qu&#8217;apr\u00e8s ICP (26,9% contre 37,3%). Cependant, la mortalit\u00e9 globale n&#8217;\u00e9tait pas significativement diff\u00e9rente (11,4% vs 13,7%) et le taux d&#8217;AVC l\u00e9g\u00e8rement plus \u00e9lev\u00e9 apr\u00e8s le pontage n&#8217;\u00e9tait plus non plus significativement diff\u00e9rent apr\u00e8s cinq ans (3,7% vs 2,4%).<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es \u00e0 5 ans ont confirm\u00e9 l&#8217;\u00e9quivalence de l&#8217;ICP et de la chirurgie, m\u00eame sur le long terme, en cas de maladie multivisc\u00e9rale peu complexe et\/ou de st\u00e9nose du tronc principal&nbsp; (score SYNTAX &lt;23) [3]. Chez les patients ayant un score SYNTAX interm\u00e9diaire, le taux global d&#8217;\u00e9v\u00e9nements cardiaques et c\u00e9r\u00e9brovasculaires (25,8% vs 36,0%), le taux d&#8217;infarctus du myocarde (3,6% vs 11,2%) et le taux de revascularisation r\u00e9p\u00e9t\u00e9e (12,7% vs 24,1%) sont tous rest\u00e9s significativement plus faibles apr\u00e8s PAC qu&#8217;apr\u00e8s ICP. Les avantages de la chirurgie coronarienne ont \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement \u00e9vidents dans le groupe de patients ayant un score SYNTAX \u00e9lev\u00e9 (crit\u00e8re d&#8217;\u00e9valuation combin\u00e9 : 26,8% vs 44,0% ; mortalit\u00e9 totale : 11,4% vs 19,2% ; infarctus du myocarde : 3,9% vs 10,1%, nouvelles interventions de revascularisation : 12,1% vs 30,9%). Il a donc \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 qu&#8217;en cas de coronaropathie complexe, la chirurgie coronarienne pr\u00e9sente un avantage en termes de survie par rapport \u00e0 l&#8217;ICP. Cependant, la st\u00e9nose simple du tronc principal ainsi que les maladies multivisc\u00e9rales moins complexes ne sont clairement plus le domaine exclusif des soins chirurgicaux ; ceci a \u00e9t\u00e9 pris en compte dans les nouvelles directives de l&#8217;ESC publi\u00e9es en 2014 et a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9 dans les directives nationales de soins pour la maladie coronarienne<strong> (tableau&nbsp;1, fig.&nbsp;2)<\/strong> [4,5].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6509 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/tab1_6_0.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/732;height:266px; width:400px\" width=\"1100\" height=\"732\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/tab1_6_0.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/tab1_6_0-800x532.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/tab1_6_0-120x80.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/tab1_6_0-90x60.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/tab1_6_0-320x213.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/tab1_6_0-560x373.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6510 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/abb2_6_0.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/672;height:244px; width:400px\" width=\"1100\" height=\"672\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/abb2_6_0.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/abb2_6_0-800x489.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/abb2_6_0-120x73.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/abb2_6_0-90x55.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/abb2_6_0-320x195.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/abb2_6_0-560x342.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"etudes-comparatives-selon-syntax\">\u00c9tudes comparatives selon SYNTAX<\/h2>\n<p>Le stent Taxus recouvert de paclitaxel de la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration de DES utilis\u00e9 dans l&#8217;\u00e9tude SYNTAX a aujourd&#8217;hui c\u00e9d\u00e9 la place \u00e0 des stents plus modernes avec des brins plus fins et des polym\u00e8res biocompatibles. Ceux-ci ont un risque nettement plus faible de thrombose de stent ainsi que de re-st\u00e9nose. Les donn\u00e9es SYNTAX ne sont-elles pas d\u00e9j\u00e0 caduques ? L&#8217;\u00e9tude randomis\u00e9e BEST publi\u00e9e cette ann\u00e9e a compar\u00e9 la PCI avec des DES de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration rev\u00eatus d&#8217;\u00e9v\u00e9rolimus \u00e0 la chirurgie chez 880 patients [6]. En ce qui concerne le crit\u00e8re principal de d\u00e9c\u00e8s, d&#8217;infarctus du myocarde ou de nouvelle revascularisation, les donn\u00e9es (PCI 17% vs PAC 11,7%) semblent clairement confirmer l&#8217;\u00e9tude SYNTAX. Les diab\u00e9tiques ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 plus nettement d&#8217;une intervention chirurgicale, comme dans l&#8217;\u00e9tude Freedom [7], et il est \u00e0 nouveau apparu que le pontage aorto-coronarien pr\u00e9sentait des avantages en cas de&nbsp; maladie multivisc\u00e9rale plus complexe ; mais en cas de faible score SYNTAX, l&#8217;ICP est \u00e0 nouveau \u00e9quivalente. Il convient de noter que, comme dans SYNTAX, seul le taux de revascularisation plus \u00e9lev\u00e9 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminant pour la diff\u00e9rence significative du crit\u00e8re d&#8217;\u00e9valuation primaire. Le pontage coronarien n&#8217;a pas entra\u00een\u00e9 moins d&#8217;infarctus du myocarde ou un avantage en termes de survie par rapport \u00e0 l&#8217;ICP.<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame num\u00e9ro du New England Journal of Medicine, une analyse r\u00e9trospective des donn\u00e9es du registre a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e, comparant r\u00e9trospectivement les r\u00e9sultats de 9223 PCI avec un stent recouvert d&#8217;\u00e9v\u00e9rolimus par rapport \u00e0 9332 patients op\u00e9r\u00e9s [8]. Ici encore, aucune diff\u00e9rence de mortalit\u00e9 n&#8217;a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e, le taux de revascularisation \u00e9tait \u00e0 nouveau plus faible, mais le taux d&#8217;AVC plus \u00e9lev\u00e9 apr\u00e8s PAC. L&#8217;incidence des infarctus du myocarde \u00e9tait identique lorsqu&#8217;une revascularisation compl\u00e8te \u00e9tait obtenue dans les deux groupes, mais plus \u00e9lev\u00e9e dans le groupe PCI lorsqu&#8217;une revascularisation compl\u00e8te n&#8217;\u00e9tait pas possible. Cela indique, comme les donn\u00e9es de l&#8217;\u00e9tude SYNTAX, l&#8217;importance d&#8217;une revascularisation compl\u00e8te [9].<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es \u00e0 5 ans r\u00e9cemment publi\u00e9es de l&#8217;\u00e9tude PRECOMBAT (600 patients&nbsp; stent sirolimus 1:1 vs pontage aorto-coronarien) ont confirm\u00e9 la possibilit\u00e9 d&#8217;une ICP en cas de st\u00e9nose du tronc principal, bien que la puissance de l&#8217;\u00e9tude soit limit\u00e9e en raison de la puissance trop faible des tests [10]. L&#8217;\u00e9tude Excel en cours (DES rev\u00eatu d&#8217;\u00e9v\u00e9rolimus vs PAC en cas de st\u00e9nose de la tige principale avec score SYNTAX &lt;32) apportera des preuves suppl\u00e9mentaires \u00e0 cet \u00e9gard.<\/p>\n<p>Avec les DES modernes de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration, il semble donc qu&#8217;il n&#8217;y ait plus d&#8217;avantage de mortalit\u00e9 en faveur de la chirurgie de pontage, m\u00eame \u00e0 long terme, du moins pour les maladies multivisc\u00e9rales moins complexes et les st\u00e9noses des troncs principaux.<\/p>\n<h2 id=\"maladies-associees\">Maladies associ\u00e9es<\/h2>\n<p>Les patients de l&#8217;\u00e9tude SYNTAX et de l&#8217;essai Best \u00e9taient encore relativement jeunes (environ 65 ans) et facilement op\u00e9rables. Cependant, de plus en plus de nos patients sont d&#8217;un \u00e2ge avanc\u00e9 et pr\u00e9sentent souvent plusieurs comorbidit\u00e9s, de sorte qu&#8217;il convient d&#8217;\u00e9valuer pr\u00e9cis\u00e9ment les avantages d&#8217;un traitement chirurgical. Le score SYNTAX-II tente de pond\u00e9rer cela en prenant en compte, en plus de l&#8217;anatomie coronaire, les facteurs d&#8217;\u00e2ge, d&#8217;AOP, de sexe et de BPCO qui influencent le r\u00e9sultat apr\u00e8s un pontage aorto-coronarien et une ICP [11]. Le calcul des risques est utile, mais il a aussi ses limites. C&#8217;est pourquoi une d\u00e9cision individuelle prise par une \u00e9quipe cardiaque compos\u00e9e de cardiologues, de chirurgiens cardiaques et \u00e9ventuellement d&#8217;autres experts sp\u00e9cialis\u00e9s est essentielle pour les patients plus complexes. L&#8217;\u00e9quipe de cardiologie est \u00e9galement clairement sollicit\u00e9e dans les lignes directrices pour prendre des d\u00e9cisions th\u00e9rapeutiques dans les cas complexes.<\/p>\n<h2 id=\"resume\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n<p>Depuis l&#8217;introduction de la dilatation percutan\u00e9e par ballonnet (PCI), les patients atteints de maladie coronarienne (MC) se posent la question suivante : PCI ou pontage aorto-coronarien (PAC) ? L&#8217;\u00e9volution rapide des possibilit\u00e9s techniques de l&#8217;ICP ainsi que les stents recouverts de m\u00e9dicaments (DES) ont conduit \u00e0 l&#8217;extension de l&#8217;utilisation de l&#8217;ICP, mais sans preuves scientifiques rigoureuses en cas de coronaropathie stable. Gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;\u00e9tude SYNTAX avec le DES de premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration Taxus, l&#8217;ICP a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e sur des preuves en cas de maladie multivisc\u00e9rale et de st\u00e9nose du tronc principal de faible complexit\u00e9 et est conforme aux directives depuis 2014. Toutefois, dans les cas plus complexes et notamment chez les diab\u00e9tiques, l&#8217;ICP est inf\u00e9rieure au pontage aorto-coronarien.<\/p>\n<p>Les DES plus modernes pr\u00e9sentent un risque de complications (notamment de thrombose de stent) nettement plus faible. Cependant, des \u00e9tudes comparatives et des donn\u00e9es de registre r\u00e9cemment publi\u00e9es sur les DES de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration ont continu\u00e9 \u00e0 confirmer un taux de r\u00e9intervention plus \u00e9lev\u00e9 apr\u00e8s une ICP, m\u00eame si cela n&#8217;est plus aussi \u00e9vident qu&#8217;auparavant. D&#8217;autre part, il ne semble plus y avoir d&#8217;avantage de survie clair pour le PAC. L&#8217;ICP se rapproche donc des r\u00e9sultats du pontage aorto-coronarien en cas de maladie multivisc\u00e9rale et\/ou de st\u00e9nose du tronc principal ; toutefois, l&#8217;ICP n&#8217;atteint toujours pas les r\u00e9sultats du pontage aorto-coronarien, en particulier en cas de morphologie complexe de la st\u00e9nose.<\/p>\n<p>Si l&#8217;on consid\u00e8re qu&#8217;une grande partie des patients atteints de maladie coronarienne ne sont pas repr\u00e9sent\u00e9s dans les \u00e9tudes en raison de leur \u00e2ge avanc\u00e9 et de maladies associ\u00e9es, la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;une d\u00e9cision th\u00e9rapeutique individuelle prise en commun par l&#8217;\u00e9quipe de cardiologie est \u00e9vidente pour ces patients.<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Serruys PW, et al : Intervention coronarienne percutan\u00e9e versus pontage coronarien pour maladie coronarienne s\u00e9v\u00e8re. N Engl J Med 2009 ; 360(10) : 961-972.<\/li>\n<li>Wijns W, et al : Guidelines on myocardial revascularization. Eur Heart J 2010 ; 31(20) : 2501-2555.<\/li>\n<li>Mohr FW, et al : Pontage coronarien par greffe versus intervention coronarienne percutan\u00e9e chez les patients atteints de maladie des trois vaisseaux et de coronaropathie gauche principale : suivi \u00e0 5 ans de l&#8217;essai clinique randomis\u00e9 SYNTAX. Lancet 2013 ; 381(9867) : 629-638.<\/li>\n<li>Windecker S, et al. : 2014 ESC\/EACTS Guidelines on myocardial revascularization : The Task Force on Myocardial Revascularization of the European Society of Cardiology (ESC) and the European Association for Cardio-Thoracic Surgery (EACTS). Eur Heart J 2014 ; 35(37) : 2541-2619.<\/li>\n<li>Bundes\u00e4rztekammer (B\u00c4K), K.V.K., Arbeitsgemeinschaft der Wissenschaftlichen Medizinischen Fachgesellschaften (AMWF) : Ligne directrice nationale de soins pour la maladie coronarienne chronique &#8211; version longue 3\u00e8me \u00e9dition version 1, www.khk.versorgungs leitlinien.de, 2014. DOI : 10.6101\/AZQ\/000217.<\/li>\n<li>Park SJ, et al : Trial of everolimus-eluting stents or bypass surgery for coronary disease. N Engl J Med 2015 ; 372(13) : 1204-1212.<\/li>\n<li>Farkouh ME, et al : Strategies for multivessel revascularization in patients with diabetes. N Engl J Med 2012 ; 367(25) : 2375-2384.<\/li>\n<li>Bangalore S, et al : Everolimus-eluting stents or bypass surgery for multivessel coronary disease. N Engl J Med 2015 ; 372(13) : 1213-1222.<\/li>\n<li>Farooq V, et al. : Quantification de la revascularisation incompl\u00e8te et son association avec la mortalit\u00e9 \u00e0 cinq ans dans la synergie entre l&#8217;intervention coronarienne percutan\u00e9e avec taxus et la chirurgie cardiaque (SYNTAX) validation du score SYNTAX r\u00e9siduel. Circulation 2013 ; 128(2) : 141-151.<\/li>\n<li>Ahn JM, et al : Essai randomis\u00e9 de stents versus pontage coronarien pour la maladie coronarienne gauche principale : r\u00e9sultats \u00e0 5 ans de l&#8217;\u00e9tude PRECOMBAT. J Am Coll Cardiol 2015 ; 65(20) : 2198-2206.<\/li>\n<li>Farooq V, et al : Caract\u00e9ristiques anatomiques et cliniques pour guider la prise de d\u00e9cision entre le pontage coronarien et l&#8217;intervention coronarienne percutan\u00e9e pour les patients individuels : d\u00e9veloppement et validation du score SYNTAX II. Lancet 2013 ; 381(9867) : 639-650.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>CARDIOVASC 2015 ; 14(6) : 4-8<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le traitement de la st\u00e9nose du tronc principal et de la maladie multivisc\u00e9rale par PCI est \u00e9quivalent \u00e0 la chirurgie de pontage lorsque le score syntaxique est faible. 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